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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 26 janvier 2026 22 min

Sébastien Chenu : « Le budget construit par Sébastien Lecornu va ruiner la France »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Sébastien Chenu, merci beaucoup d'avoir écouté notre invitation. Je vous en prie, installez-vous, vous êtes député du Nord, vice-président du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.

0:27
Sébastien Chenu

Bonjour Auriane, Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour Monsieur.

0:30
Présentateur

Sébastien Chenu, on va reparler du budget. Après l'échec des motions de censure, dont la vôtre vendredi, Sébastien Lecornu a donc de nouveau sorti le 49-3 pour la suite du texte. Est-ce qu'il y aura d'autres motions de censure du RN ?

0:42
Invité

Mais nous, on ne s'empêche de rien. C'est-à-dire qu'à la différence des autres, nous considérons que nos idées, notre programme, priment sur nos choix. Lorsque nous sommes d'accord, nous votons. Lorsque nous sommes en désaccord et nous le sommes sur ce budget, nous opposons. C'est le principe d'une opposition. On a des idées, on a l'impression que les autres n'en ont plus. Et en tous les cas, sur ce budget qui était un budget, là aussi, de hausse de la dépense publique, 7 milliards de plus de dépenses, zéro économie, ce qui fait qu'on repartira exactement, non pas au même niveau, mais à un niveau encore pire l'année prochaine, en ce qui concerne le budget de la France.

On ne peut pas accepter ça.

1:19
Présentateur

Mais il y aura des motions de censure ou pas ? Vous vous dites, comme elles ont échoué vendredi, les autres sont peut-être voies à l'échec, ce n'est pas la peine.

1:26
Invité

La motion de censure, elle a aussi une forte valeur symbolique, celle de s'y opposer et de montrer qu'on peut faire autrement. Donc voilà, on n'exclut rien. Et a priori, il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas de motion de censure. On est plutôt dans un état d'esprit dans lequel on a envie, évidemment, de censurer le gouvernement.

1:44
Sébastien Chenu

Mais au-delà de la symbolique, est-ce que le gouvernement peut encore tomber ? Sur quoi est-ce que vous pourriez appuyer pour renverser la table,

1:51
Invité

renverser la vapeur au niveau de l'Assemblée ? D'abord, j'aimerais que les députés LR, qui nous disent matin, midi et soir, et les sénateurs LR disent la même chose dans cette maison, qu'ils sont contre la fiscalité, l'augmentation de la fiscalité, mettent en application leurs actes avec leurs idées. Dans ce budget du gouvernement Lecornu, vous avez une hausse de la CSG importante qui va toucher, évidemment, par exemple, les plans épargne retraite. Donc, si à un moment, les députés LR ont un peu de courage, un peu de dignité, un peu de respect de leurs électeurs, de ceux qui leur restent, vous me direz, il n'en reste pas beaucoup, mais on peut peut-être imaginer... Vous les entendez, les LR.

2:28
Présentateur

Ils disent qu'on n'est pas d'accord avec ce budget, c'est un mauvais budget, mais il faut qu'il y ait un budget.

2:32
Invité

Non, non, ils disent qu'on n'est pas d'accord avec ce budget, c'est un mauvais budget, mais nos ministres ont envie de rester ministres parce qu'ils aiment bien les voitures, les chauffeurs et les titres, et surtout, les LR ont tellement peur...

2:41
Présentateur

Vous ne vous dites pas qu'il faut qu'il y ait un budget ?

2:44
Invité

Non, mais la réalité, c'est qu'ils ont peur de retrouver devant les électeurs... Mais il faut qu'il y ait un budget, mais pas ce budget-là. Ce budget-là...

2:50
Présentateur

Mais quelle est l'alternative aujourd'hui ?

2:51
Invité

L'alternative, c'est une élection législative anticipée pour construire un autre budget, une autre politique.

2:57
Présentateur

Et donc, pas de budget avant avril ?

2:58
Invité

Non, mais madame, il y a une loi spéciale qui permet de continuer. Il faut arrêter de nous dire... On ne peut pas continuer indéfiniment. D'accord, il faut arrêter de nous dire que le monde va continuer. Le budget qui est là, qui est en train d'être construit par Sébastien Lecornu, est un budget qui va ruiner la France. C'est un pas de plus vers la ruine. Ces gens-là sont en train de ruiner notre pays. Il est temps d'arrêter. On va dans le mur et on klaxonne. Donc nous, on dit stop, on préfère une dissolution. Il y a les municipales qui arrivent dans un mois et demi. On pourrait très bien dissoudre. Le président de la République pourrait très bien dissoudre.

On vote dans un mois et demi pour les deux. Et on repart avec une majorité pour que les 15 mois qui viennent soient utiles à la France.

3:32
Sébastien Chenu

Est-ce que vous pensez que le Sénat devrait s'emparer du texte à son tour ? Là, il est question d'une question préalable qui paraît de renvoyer l'ensemble à l'Assemblée très vite, sans examen. Est-ce que ça servirait à quelque chose ? Que le Sénat reprenne ce texte et le retravaille à nouveau.

3:45
Invité

En fait, voilà. À quoi cela servirait-il ? La réponse, elle est dans la question. Si c'est pour qu'effectivement, on puisse revisiter totalement ce budget, qu'on fasse baisser la fiscalité, etc. Oui, mais ça peut être intéressant. Mais je ne vois pas de courage politique chez les LR, les macronistes, les socialistes. Y compris au Sénat. Tout ça est tellement hypocrite.

4:06
Présentateur

Mais qu'est-ce qui vous garantit qu'en cas de dissolution, on ne se trouvera pas avec une Assemblée qui est peu ou prou dans la même configuration ?

4:12
Invité

Rien ne le garantit, mais rien ne garantit l'inverse non plus. Et je pense que ceux qui tiennent ce discours en disant « Ah mais oui, mais ce sera pareil », ce sont ceux qui ont peur de la voix des Français. Dans une démocratie, on se tourne vers les Français lorsque la situation est bloquée. On perd du temps. Écoutez, depuis la dissolution de 2024, le pays est à l'arrêt. C'est du bricolage et de la ruine. La France croule sous la dette et sous l'immigration. Qu'est-ce qui est fait face à ça ? Rien. Le macronisme allié au LR et aux socialistes entraîne la ruine du pays.

4:43
Sébastien Chenu

– Bon là, il n'est plus tellement question de dissolution, c'est plutôt d'un remaniement gouvernemental dont il est question. Parce que Rachida Dati a annoncé qu'elle quitterait le gouvernement pour faire campagne municipale à Paris. Sébastien Lecornu va réajuster son dispositif, ça veut dire qu'il va rester jusqu'à la présidentielle. Qu'est-ce que ça change pour le Rassemblement national ?

4:58
Invité

– Non mais ce bricolage n'intéresse pas les Français. Enfin, et heureusement d'ailleurs, moi je n'ai pas un Français qui me dit « Mais qui sera ministre de la Culture après Rachida Dati ? » Mais les gens s'en contrefichent et ils ont raison. Les priorités des Français, ce n'est pas les jeux de chaises musicales, ce n'est pas les macronistes qui se partagent la fin du pouvoir avec les LR et les socialistes, ce n'est pas leur bricolage. C'est indécent, je vais vous dire tout ça. C'est indécent. On a un pays qui est en train de reculer, qui perd des places au niveau international, jour après jour, dans lequel il y a eu 68 000 défaillances d'entreprises en 2025.

La situation économique est catastrophique. La situation sécuritaire et migratoire, elle est tout autant. Je note que Gérald Darmanin d'ailleurs nous dit « Ah ben on va, je propose d'arrêter l'immigration pendant trois ans ». Mais enfin, ça fait des années qu'on leur dit ça. Est-ce qu'ils sont en train de réaliser que ceux qui disent qu'ils font les bons conseils, apportent les bonnes solutions, c'est le Rassemblement national ? Oui, probablement.

Il suffit de regarder d'ailleurs les législatives partielles de dimanche dernier où nos candidats RN et UDR ont été, en ce qui concerne notre Savoie, très largement en tête avec Antoine Valentin et très hauts au second tour dans une circonscription très difficile avec Tiffany Rabot. Oui, les Français veulent le champion.

6:07
Présentateur

Qui a été battu.

6:08
Invité

C'est une réponse d'ailleurs, c'est une très mauvaise circonscription à Orléans pour nous, traditionnellement. On n'a jamais été aussi hauts que là. C'est une réponse d'ailleurs partielle à votre réponse. Est-ce qu'il pourrait y avoir une autre majorité ? Oui.

6:18
Présentateur

Un mot sur un point de subject qui concerne les collectivités. Le Rassemblement national a fait voter une baisse de près de 5 milliards de la DGF. C'est la dotation globale de fonctionnement, la principale dotation aux collectivités. C'est facile à assumer pour vos candidats aux municipales ?

6:30
Invité

Non, nous on assume une politique mais on n'a pas voté une baisse de la fiscalité pour les mairies. On a fait voter d'ailleurs, aujourd'hui j'ai regardé, on a fait voter une hausse de crédit d'ailleurs pour les collectivités locales de mémoire d'un milliard et demi. Donc ça, sur les collectivités en ce qui concerne les mairies, on a souhaité qu'elles soient aidées. Mais c'est la DGF et vous pensez que ça impactera pas les communes ? Non, ce n'est pas la DGF. Vous savez bien que ce n'est pas la DGF qui est touchée parce que le mécanisme de financement des collectivités n'est pas celui-ci. Nous, on a une vision qui est celle de la commune, le département, l'État.

Et on s'oppose à ceux qui ont la vision des communautés de communes, de la région et de l'Union européenne. Donc par conséquent, comme on est favorable à communes, départements, État, on va soutenir ce mécanos-là, si j'ose dire. Et tout ce qu'il y a, entre autres, comme collectivités, qui sont des collectivités qui coûtent très cher, qui sont souvent très inutiles, qui superposent les responsabilités, les communautés d'agglos, la région, évidemment l'Union européenne, nous allons chercher à amoindrir ce qu'elles absorbent en matière de finance publique. Donc votre but, c'est de les assécher financièrement ? On veut donner moins à l'Union européenne.

Le budget de l'Union européenne augmente encore de 5 milliards d'euros. Mais sur les collectivités ? Le corps nu. On veut donner moins aux EPCI et aux régions parce qu'on considère que c'est une strate administrative qui n'a pas d'utilité, ou en tous les cas qui ne la démontre pas. Ce sont des organismes de fléchage qui complexifient la décision des maires. Et on veut donner plus aux maires, plus aux conseillers départementaux, plus à l'État, parce qu'on pense que ce sont eux qui décident et qui doivent décider des politiques.

8:00
Sébastien Chenu

– Ce n'est pas du tout comme ça que ça avait été présenté par Sébastien Lecornu, le jour où il avait fait son allocution sur le perron du Matignon. En fait, il vous reprochait nommément, ou quasi nommément, si je me souviens bien, de baisser de 5 milliards la dotation globale de fonctionnement pour les communes. Il parlait des communes et des intercommunalités, en disant que c'était des services qui n'iraient pas aux Français.

8:19
Invité

– M. Lecornu dit n'importe quoi, mais ça fait longtemps qu'il dit n'importe quoi pour se maintenir au pouvoir. Il n'y a pas de DGF, avant il y avait une DGF, maintenant il y a une fraction de TVA. Enfin, on peut rentrer dans… – Pour les régions. – Pour les régions, on peut rentrer dans la…

8:31
Sébastien Chenu

– Et l'amendement que vous aviez proposé ne concernait que cette fraction de TVA et que les régions, sauf que ce n'était pas précis.

8:37
Invité

– Et nous avons voté un amendement qui était une hausse budgétaire d'un milliard et demi pour les collectivités, pour les mairies. Donc nous, on ne veut pas assécher les mairies, on veut empêcher les communautés de communes et les régions de décider à la place des élus locaux et surtout d'absorber les finances publiques qui sont destinées aux mairies et aux départements.

8:57
Présentateur

– On va parler des municipales Stéphane.

8:58
Sébastien Chenu

– Oui, un point ou un mot sur la charte que vous aviez proposée pour les municipales. – Combien de maires l'ont signé aujourd'hui ?

9:06
Invité

– Alors je n'ai pas du tout fait le point sur cette charte. – Peut-être un ordre de grandeur ? – Vous voulez dire combien de candidats finalement ?

9:13
Sébastien Chenu

– La charte, ce n'était pas tout à fait ça. Vous avez vos candidats et puis vous proposiez à les maires de signer une charte.

9:18
Invité

– Je n'ai pas du tout en tête. Je peux vous dire par exemple, hier je faisais le point dans le Nord où on aura 50 listes dans le département du Nord, là où on en avait 40, des listes RN, des listes UDR et des listes de gens indépendants qui ont signé effectivement cette charte. Je n'ai pas le chiffrage au niveau national.

9:35
Sébastien Chenu

– Mais la démarche fonctionne de votre point de vue ou pas ?

9:37
Invité

– Oui, ça fonctionne puisqu'en fait on en avait 40 dans le Nord, la dernière fois on en a 50. On est souvent dans des grandes villes, dans les petites communes, souvent il n'y a pas d'étiquetage politique. Les maires sont des maires d'intérêts locaux. Mais oui, j'ai l'impression qu'il y a un certain nombre de candidats qui ne sont pas RN mais qui veulent travailler avec le RN et qui ont signé cette charte pour bénéficier notre soutien.

9:58
Sébastien Chenu

– Sur les grandes villes aujourd'hui, vous pensez que quelles sont les grandes villes à porter du RN dans ce scrutin ? Je ne parle pas des villes que vous avez déjà mais des villes que vous pourriez conquérir.

10:06
Invité

– Oui, bien sûr. Elles sont je crois nombreuses. Si on prend, alors je vais commencer si vous n'y voyez pas d'inconvénients, par le Nord qui est mon département. On identifie des villes importantes comme Cambrai, avec Stéphane Maurice, comme Douai, avec le député Thierry Tesson. Plus petites peut-être comme Douchy-Lémin avec Brian Ménager, Denain évidemment avec Joshua Auchard, ou côté Pas-de-Calais, Lens avec Bruno Clavet. Et puis dans le Sud, évidemment, moi je pense que Marseille aujourd'hui est à notre portée avec Franck Alizio, absolument. Toulon, vous l'avez cité, on peut parler de Menton, Alexandre Amanson, Carcassonne, Christophe Barthès, Cagne, Brian Masson.

Oui, je crois que dans le Sud et dans le Nord…

10:47
Sébastien Chenu

– C'est l'année où vous pensez que votre parti va faire la bascule en fait, s'implanter au-delà des petites villes dans les…

10:53
Invité

– Je pense qu'on est en train de relever le défi de l'implantation locale, oui.

10:58
Présentateur

– À Marseille, juste un mot de Marseille, est-ce que vous allez appeler dans l'entre-deux-tours à une alliance avec Martine Vassal ?

11:04
Invité

– C'est plutôt à elle qu'il faudra se poser la question. Dans tous les sondages, Martine Vassal est troisième, est en chute libre.

11:10
Présentateur

– Qui est la candidate de la droite.

11:11
Invité

– Oui, donc Martine Vassal devra dire ce qu'elle souhaite faire. Vous savez, nous ce qu'on veut, c'est que la gauche ne gère plus Marseille, parce que la gauche, c'est la ruine et l'insécurité, et Marseille en est le symbole. C'est une élection très politique, l'élection municipale.

11:26
Présentateur

– Mais ça veut dire que vous êtes prêts à une alliance avec elle ? Alors que vous critiquez les macronistes et à l'air ?

11:30
Invité

– On n'est pas forcément… On ouvre les bras à tous ceux qui voudront chasser la gauche hors de Marseille. On verra ce que Franck Mme Vassal, c'est elle qui l'avait évoqué. Pour être très honnête, c'est elle qui avait évoqué la possibilité de rejoindre Franck Alizio. Franck Alizio verra ça au second tour. Pour ça, il faut qu'on soit très haut.

Et nous, on dit aux électeurs, si vous êtes contre les politiques qui sont menées actuellement, si vous voulez faire payer la facture de ce gouvernement, eh bien mettez, glissez la facture dans l'urne, la facture de ce budget, la facture de la Macronie, la facture des complicités LR et socialistes, glissez-la dans l'urne à travers le bulletin du Rassemblement national. Votez politique au municipal.

12:05
Présentateur

– Il y a une ville, en revanche, où vous êtes très bas, c'est Paris. Votre candidat Thierry Mariani fait 5% dans le dernier sondage. Est-ce qu'il va se retirer ?

12:12
Invité

– Non, il ne va pas se retirer. On est historiquement bas à Paris. C'est la ville la plus difficile pour nous. Donc aujourd'hui, Thierry Mariani entame sa campagne. Vous avez noté d'ailleurs que la campagne municipale, au niveau national, elle commence beaucoup plus tard que les autres années. Moi, je note ça. Il y a des années, il y avait des campagnes qui faisaient six mois. Aujourd'hui, et je regarde tous les candidats, à Paris ou d'ailleurs dans les départements, les candidats se mettent à peine en route, annoncent à peine leur liste de candidats. – Comment vous l'expliquez ? – Les réseaux sociaux ont probablement aussi un peu remplacé les campagnes de terrain pendant longtemps.

Thierry Mariani se met en route. – Donc il ne se retirera pas ? – Ah ben non, puisque nous avons des électeurs qui veulent être représentés.

12:48
Présentateur

– Mais est-ce qu'ils ne vont pas vers Saracnafo et Reconquête, ces électeurs ? Est-ce que ce n'est pas aussi le problème du RN à Paris ?

12:53
Invité

– Je pense que Reconquête, qui fait ses voix historiquement à Paris, dans les beaux quartiers, est une candidature, j'allais dire, de beaux quartiers, le 16e arrondissement, le 7e, c'est là où Éric Zemmour faisait ses scores les plus hauts, et a plus de difficultés à toucher l'électorat populaire auquel Thierry Mariani peut parler. Donc on a des électeurs à Paris, ils auront un candidat pour porter leur...

13:14
Présentateur

– Et vous excluez toute alliance avec Saracnafo ?

13:16
Invité

– Oui, je pense qu'on ne défend pas la même chose. Nous, on défend un programme municipal. Quand Saracnafo a des idées, baisse de la fiscalité, lutte contre l'insécurité, Saracnafo, elle a un agenda personnel. On voit bien qu'elle utilise l'élection municipale de Paris pour essayer de construire son propre personnage. Thierry Mariani n'a pas besoin de ça.

13:33
Présentateur

– Mais vous ne dites pas que vous êtes trompé de candidat à Paris ?

13:35
Invité

– Mais pourquoi ?

13:36
Présentateur

– Parce que, est-ce que c'était le bon candidat, Thierry Mariani, qui est un temps candidat dans le Sud, qui maintenant est candidat à Paris ?

13:42
Invité

– Il vit à Paris depuis très longtemps, il est député européen, il a été ministre, il a l'expérience. – Est-ce qu'il fait le poids face aux personnalités,

13:47
Présentateur

telles que Saracnafo, Rachida Dati ?

13:49
Invité

– Oui, je pense que dans un débat, oui, il fait largement le poids. Thierry Mariani, c'est un homme d'expérience. Il n'y va pas pour lui. Il sait très bien que pour nous, gagner Paris est quand même quelque chose de compliqué. Donc il y va pour porter les voix et faire entrer des élus RN dans les conseils d'arrondissement et au conseil de Paris.

14:03
Présentateur

– Et avec Rachida Dati, est-ce que vous pourriez faire alliance dans l'entre-deux-tours ?

14:06
Invité

– Non, encore, c'est assez LR de savoir ce qu'ils veulent réellement. Est-ce que Rachida Dati serait capable de tendre la main pour battre la gauche à Thierry Mariani au Rassemblement National ? – Est-ce qu'elle va vous tendre la main ? – Écoutez, nous on veut sortir la gauche partout parce que, je vous le redis, la gauche, c'est l'insécurité et la ruine. Et à Paris, si on parle de ruines des comptes publics et d'insécurité, je pense que là, ils ont coché toutes les cases. Donc on verra, ne faisons pas la campagne de second tour. Avant celle du premier tour, nous on se bat à Paris comme partout pour que nos idées soient le plus haut possible et pour sortir la gauche partout.

14:40
Présentateur

– Il y a une ville que vous avez, c'est Perpignan, avec Louis Alliot qui est actuellement jugé en appel dans le procès des assistants présumés fictifs au Parlement européen. Est-ce que ça compromet vos chances de garder Perpignan ?

14:51
Invité

– Je crois que Louis Alliot sera très très bien réélu. J'ai eu la chance d'aller à Perpignan il y a quelques jours, quelques semaines, pour les voeux de ma collègue députée Sandrine de Gorsuch. J'ai pu mesurer dans Perpignan, en m'y baladant, combien Louis Alliot était populaire et combien la politique qu'il a menée à Perpignan de redressement de cette ville en matière de sécurité, en matière de fiscalité, le rend populaire. Je crois qu'il sera très très bien réélu et je lui souhaite de tout mon cœur car ça fait longtemps qu'à Perpignan, ils n'ont pas eu un maire aussi dynamique et aussi épris de sa ville.

15:22
Sébastien Chenu

– Est-ce que vous pensez que Marine Le Pen peut obtenir un allégement de sa peine dans le cadre de l'appel de son procès en cours ?

15:30
Invité

– Je l'ignore, j'ignore, je ne sais pas et personne ne sait la façon dont ce procès en appel se conclura. Ce que je sais, ce que je vois, c'est que Marine Le Pen fait la démonstration de sa non-intentionnalité de commettre un délit. Elle explique qu'il n'y a pas de volonté délibérée de commettre un délit. Elle entend ce qui a été dit, ne pas l'entendre…

15:51
Présentateur

– Elle a un peu changé de stratégie quand même.

15:52
Invité

– Elle a entendu ce qui a été dit. – Là on est dans la non-intentionnalité maintenant. – On est en appel, il y a eu un procès, elle a entendu et pris acte des reproches qui lui ont été faits et je pense que faire autrement…

16:02
Présentateur

– Visiblement elle a aussi pris acte des faits.

16:04
Invité

– Elle a pris acte de ce qui lui a été reproché. Elle conteste ces faits, elle explique qu'elle n'a jamais voulu commettre un délit, elle explique d'ailleurs très bien et il ne lui est pas reproché d'avoir utilisé des emplois fictifs, il n'y a pas d'emplois fictifs là-dedans, il n'y a pas de détournement d'argent pour des raisons personnelles, Marine Le Pen n'a pas mis un euro dans sa poche, donc elle explique qu'il y a une différence fondamentale d'appréciation sur le rôle et le boulot des collaborateurs parlementaires avec le Parlement européen, on n'est pas d'accord avec eux, ils ne sont pas d'accord avec nous.

La justice dit en première instance que ça crée un délit, Marine Le Pen dit j'entends, j'entends que vous me reprochez ce délit, moi je vous démontre que je n'ai jamais voulu commettre ce délit. On en est là et la sanction qui a été prononcée en première instance était, il faut bien le dire, extraordinaire de sévérité dans le fait de priver Marine Le Pen de l'élection présidentielle.

16:53
Sébastien Chenu

Si elle était empêchée de se présenter en 2027, la peine en appel confirmait cet empêchement, est-ce que Jordan Bardella sera automatiquement candidat du Rassemblement National ou ça fera l'objet de discussions au sein du parti ?

17:05
Invité

Non, je pense que le président de notre parti politique aura vocation à immédiatement prendre la relève. C'est déjà acté, il n'y a pas de souci ? Acté, ça s'acte par un congrès, mais il n'y a pas de difficulté chez nous, Marine Le Pen l'a toujours dit, notre mouvement s'est organisé de façon à ce que nos idées puissent être portées au plus haut par Jordan Bardella et qui, à mon avis, défendra non seulement les mêmes idées mais aura les mêmes chances de victoire que Marine Le Pen, elle l'a dit elle-même.

Mais aujourd'hui, notre candidate, c'est Marine Le Pen, tant que ce procès n'est pas purgé, elle fait la démonstration, elle est en train de faire, nous nous parlons encore cette semaine, la démonstration de son innocence et moi je crois qu'à un moment, les faits deviennent, le masque des faits reprochés va tomber, la réalité s'impose. Marine Le Pen est une femme honnête et combative, elle fait la démonstration de cette honnêteté en ce moment.

18:00
Présentateur

Un dernier mot politique avant de passer à l'international, est-ce que votre ambition après ces municipales, c'est d'avoir un groupe au Sénat ici en septembre ?

18:06
Invité

– Bien sûr, et c'est nécessaire. – Et c'est possible ? – Et c'est possible, nous nous pensons que le renouvellement sénatorial qui va avoir lieu devrait nous amener de bonnes surprises, que ce soit les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, mais pourquoi pas l'Aisne, pourquoi pas d'autres départements, le Gard, l'Hérault, nous avons la capacité de faire entrer des sénateurs en nombre et créer un groupe ici. Je crois que, oui, c'est à d'autres portées. – Vous les cimez à combien ? – Ça va dépendre des municipales, très difficile, mais il faut 10 sénateurs.

18:34
Présentateur

– Vous ne citez pas les Alpes-Maritimes, vous n'avez pas très optimiste sur les champs d'Éric Ciotti ?

18:37
Invité

– Alors je peux citer les Alpes-Maritimes, je peux citer la Gironde, moi je crois que Ciotti va gagner Nice, non, je peux tous les citer et regarder ça dans le détail avec vous si vous le souhaitez. Mais non, je pense qu'on peut gagner, que nos trois sénateurs, Duroc, Zurek et Auchard, seront rejoints par effectivement…

18:53
Présentateur

– Il y aura des députés candidats au sénatorial ?

18:55
Invité

– Ce n'est pas impossible, oui, ce n'est pas impossible. Vous savez, nous ce qu'on veut, c'est gagner pour que nos idées gagnent et on veut se donner les meilleures chances. Donc si on doit avoir des députés qui mènent des listes au sénatorial parce qu'ils sont les plus implantés, parce qu'ils connaissent le mieux le territoire, parce qu'ils parlent le mieux aux grands électeurs, pas de problème.

19:13
Présentateur

– On termine avec l'international, Stéphane.

19:16
Sébastien Chenu

– Oui, il y a une levée de boucliers, on assiste à une levée de boucliers contre Donald Trump aujourd'hui, vis-à-vis de son chantage, notamment sur le Groenland, il y a une unanimité du côté des Européens, mais aussi de la classe politique française, même le Rassemblement National critique les positions de Donald Trump. Si vous étiez aux commandes demain, quelle stratégie est-ce que vous adopteriez vis-à-vis des États-Unis ?

19:36
Invité

– C'est toujours la stratégie que nous, nous avons expliquée, c'est qu'on peut avoir des pays amis et alliés, les États-Unis sont un pays ami de la France, alliés, on est dans l'OTAN ensemble, mais on peut tout de même être exigeants. Ils sont aussi des concurrents, ils sont aussi des alliés extrêmement agressifs en matière de politique commerciale, et donc par conséquent, il faut leur tenir la dragée haute. Et d'ailleurs, je pense que Donald Trump ne respecte que ceux qui sont forts.

20:02
Présentateur

– Est-ce qu'au Rassemblement National, Sébastien Chenu, vous regrettez votre trumpisme ?

20:06
Invité

– Ah non, et je vais vous dire, on n'a jamais été trumpiste, puisqu'on nous a reproché au moment où Trump a envahi le Venezuela, enfin, pas envahi le Venezuela, a capturé le président du Venezuela, pardon, on nous a dit, mais vous êtes moins trumpiste qu'Emmanuel Macron, même Emmanuel Macron est davantage trumpiste que vous.

20:21
Présentateur

– Oui, ça c'est maman, en 2016-2017, vous étiez quand même très trumpiste.

20:24
Invité

– Je vous rappelle ce que nous avons toujours dit, et pour rebondir sur le Venezuela, la souveraineté des peuples doit être décidée par les peuples, pas par un président d'un pays voisin qui vient décider de votre avenir. C'est la raison pour laquelle nous on est assez cohérents là-dessus, et les autres sont mal à l'aise, parce que ceux qui défendaient le fait que Trump capture Maduro, Maduro était un salaud, tout le monde était content de le voir sorti du jeu.

20:44
Présentateur

– Qui défendait Donald Trump en 2016, si ce n'est Marine Le Pen par exemple ? Marine Le Pen, elle était devant la Trump Tower après l'élection de Donald Trump, elle a tweeté, l'élection de Donald Trump est une bonne nouvelle pour notre pays.

20:54
Invité

– Il s'est passé beaucoup de choses entre temps, vous parlez de fait qu'il y a 10 ans, Trump a été battu puis il a été réélu, parce qu'on l'a vu au pouvoir, Trump a été battu puis il a été réélu.

Nous ce qu'on a toujours dit, c'est que Trump, ce qu'il avait de séduisant, parce qu'il a des choses séduisantes, on a une personnalité que moi je n'aime pas beaucoup, mais le côté séduisant c'est qu'il fait ce qu'il dit, il se bat pour défendre les intérêts des siens, c'est-à-dire qu'il a cette capacité à faire bouger les lignes, qui effectivement peut plaire, nous on a tellement un président qui ne défend pas les nôtres, qu'effectivement on est ébahi de voir quelqu'un qui défend les siens, ce qu'il a d'épouvantable. – Bon mais est-ce que Marine Le Pen ne défend que les intérêts des Américains ?

21:27
Présentateur

– Aujourd'hui ce qu'elle a dit en 2016, l'élection de Donald Trump est une bonne nouvelle pour notre pays, est-ce que vous regrettez aujourd'hui ces propos ?

21:32
Invité

– Non mais pour notre pays, l'élection de Donald Trump, la réélection de Donald Trump n'est pas une bonne nouvelle, mais l'élection de la démocrate n'aurait pas été une bonne nouvelle. Les Américains défendent leurs intérêts, ils ont raison, le problème c'est que nous on ne défend pas les nôtres, Emmanuel Macron nous a laissé crouler sous la dette et l'immigration, ce qui nous rend faibles, ce qui rend Donald Trump fort, ce sont nos faiblesses.

21:53
Présentateur

– Merci Sébastien Chenu. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage ST' 501