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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 13 mars 2026 10 min

Pierre-Alexandre Anglade, député Renaissance, est l'invité de la matinale de Franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour euh Pierre Alexandre Anglad, député euh ensemble pour la République des Français établis euh hors euh hors de France, mais aussi euh président de la Commission des affaires européennes. Alors, la nouveauté, triste nouveauté de la nuit, euh c'est le président de la République qui l'a annoncé, un soldat français a été euh tué en Irak, l'adant chef Arnaud Frion du bataillon de chasseur alpin lors d'une attaque de drone provoquée par un groupe iraakien mais proiranien. Euh déjà une une première, est-ce que ça veut dire que la France, si elle n'est pas en guerre, est clairement une cible ?

Moi, je voudrais d'abord rendre un hommage appuyé à ce militaire qui a perdu la vie cette nuit, à ses frères d'armes qui ont aussi été blessés pour certains c blessés raison à leurs frères d'armes qui se trouvent aussi également en France, à leur famille, à leurs proches parce que c'est évidemment un choc et une déflagration extrêmement importante parce qu'on vit maintenant depuis une dizaine de jours au rythme de cette guerre qui est une guerre brutale, violente et on on voit aujourd'hui les conséquences sur nos soldats mais je précise que ces soldats ne sont pas engagés dans le cadre de cette opération militaire américanoisraélienne pour une action Exactement. Ils sont dans contre, ils sont dans la région au titre d'engagement et de partenariat que nous avons noué avec les autorités iraakiennes du Kurdistan pour lutter contre le terrorisme dans la région. Mais pour autant, ce groupe iraakien armé proiranien à Shabalf a annoncé qu'il voulait prendre pour cible hein tous les intérêts français en Irak et dans la région après le déploiement du porte-avion français Charles de Gaulle.

Euh ça veut dire clairement que pour eux et peut-être commandité par euh par l'Iran, la France est clairement une cible certes au Kurdistan iraquien, mais peut-être aussi là où nous avons mis notre force aéronavale en Méditerranée. Mais la France n'a pas déclenché cette guerre. La position défensive détenable toujours et elle n'est pas partie prenante à ce conflit.

Nous sommes présents dans la région depuis très longtemps pour lutter contre le terrorisme pour venir en soutien d'un certain nombre de nos partenaires qui se trouvent dans la région. Nous avons renforcé notre présence euh euh dans le golf précisément pour venir en soutien d'abord et en protection de nos ressortissants qui se trouvent pour œuvrer au aux capacités de de rapatriement vers la France et pour venir aussi en soutien d'un certain nombre de pays du golf avec lesquels nous avons des accords de défense, le Kuwait, les Émirats arabes unis, le Qatar, mais aussi la Jordanie et l'Irak avec lesquels nous avons des des liens forts depuis de nombreuses années et puis aussi pour essayer d'être une puissance de désescalade et de médiation dans ce conflit. Donc je le redis, la France n'est pas partie prenante du conflit aujourd'hui et de l'offensive américano-israélienne.

Ça c'est clairement le la position, le mantra de l'exécutif et du président de la République en particulier. Mais si des intérêts français comme c'était le cas donc là directement des militaires même s'ils ne sont pas engagés dans la guerre contre contre l'Iran au Moyen-Orient, est-ce que la position de la France peut être encore une position défensive ? Si d'autres attaques de ce type et apparemment ça peut bien sûr arriver, est-ce que cette position défensive agressive parce qu'on a quand même déployé de de lourds moyens est tenable dans le temps ne serait-ce que pour l'opinion publique.

Est-ce qu'on peut continuer ? On ne le souhaite pas bien évidemment mais à perdre éventuellement des soldats tout en disant nous ne sommes pas dans cette guerre. Mais la France, vous l'avez très justement dit, est dans une posture défensive.

Elle protège les siens, défend les intérêts, protège les siens, nos militaires, nos bases militaires et elle vient et nos ressortants qui sont sur place et elle vient en soutien de nos partenaires dans la région. En aucune manière nous ne sommes dans une position offensive où nous ne participons à ce conflit tout simplement parce que nous respectons le droit international et que le et que cette opération américano-israélienne, on en pense ce que l'on veut, mais elle se fait en dehors du cadre du droit international et la France respecte et agit toujours dans le cadre international. Et donc pour cette raisonlà, la posture défensive qui est celle de la France qui est pas une posture de naïveté ou de faiblesse, mais qui une qui est une posture également forte puisque nous sommes le seul pays européen à être de manière aussi clairement affirmé dans la région et là pour être en soutien de nos de nos hommes sur le terrain et de nos partenaires.

Alors Emmanuel Macron est à la manœuvre he dans le dans le bon sens du terme. Vous parliez de cette volonté de désescalade. Pour l'instant, est-ce qu'on peut dire que les messages portés par la France sont restés lettrre morte, que ce soit à Washington ou chez Benjamin Netaniaou, c'est leur guerre et ce que disent les autres, on a aucun écho.

Moi je rappelle une chose qui est quand même assez simple, c'est que le déclenchement de cette guerre est quand même du fait de la volonté iranienne de poursuite coûte que coûte et vaille que vaille le programme nucléaire iranien, le programme balistique de ce pays et de menacer l'ensemble de la région et en particulier d'appeler à la destruction d'Israël. Il y a eu la réaction des Américains et des Israéliens qui se placent de fait en dehors du droit international mais qui vient répondre à une menace directe portée par l'Iran. Et donc dans ce contexte-là, moi je crois que la France a raison devrait le plus possible pour essayer de faire en sorte de faire baisser l'attention.

Pour le moment, voyons bien que nous sommes dans une sorte d'embrasement et que chaque jour nous montre que l'intensité de ce conflit augmente. Nous avons malheureusement des soldats qui ont été euh touchés hier et nous voyons bien que les Iraniens ont fait le choix d'une forme de fuite en avant en essayant d'embraser l'ensemble de la région peut-être pour exercer une forme de pression sur les Américains pour que la guerre puisse s'arrêter. Et puis ensuite vous parliez de ce qui peut se passer au Liban.

Moi, je voudrais rappeler une chose assez simple sur le Liban. Le Esbola a commis une lourde faute en attaquant Israël, mais Israël commet aussi une lourde faute en voulant envahir en tout cas le sud du Liban et générer des centaines de milliers de déplacés dans le pays. Moi, je considère qu'on ne combat pas lebala, on ne l'éradique pas en s'en prenant directement à l'État libanais.

Il faut renforcer l'État libanais pour être sûr que et bien ce pays puisse se débarrasser une bonne fois pour toute dubola. Vous faisiez partie euh mercredi euh j'allais dire de la délégation qui a qui a été reçue par le Premier ministre pour expliquer le conflit, pour donner un certain nombre d'informations dont certaines étaient confidentielles puisque les portables étaient confisqués à l'entrée. Qu'est-ce que vous retenez du message du premier ministre qui est le message de la France à la représentation nationale ?

Il y avait les partis politiques mais aussi les groupes à l'Assemblée au Sénat. Le message c'est quoi ? Faisons bloc. il a appelé à l'unité nationale, même si on entend déjà un certain nombre d'échos un peu divergents en fonction des formations politiques.

Le premier ministre et les ministres qui étaient présents ont présenté la la position qui était celle de la France, le dispositif qui était celui de notre pays dans la région, les contacts qui pouvaient être les nôtres avec nos partenaires européens mais aussi les les acteurs dans la région, le le processus de rapatriement de nos concériens et de nos compatriotes qui sont encore pour beaucoup d'entre eux dans dans la région et qui sont évacués. Il y a un gros travail qui est mené par le par le qu d'ors à cette à cet effet et puis effectivement un moment de de responsabilité, c'est au fond un moment de transparence, c'est de mettre au même niveau l'ensemble des responsables politiques de ce pays, du Rassemblement national à la France insoumise en passant par les différents partis qui composent l'Assemblée nationale pour être sûr que tout le monde ait le bon niveau d'information et pour effectivement essayer de de faire bloc. Et moi, je crois que dans ce moment, il faut évidemment éviter les déclarations à l'emporte-pièce qui peuvent parfois être celles des uns et des autres. parce que la situation est grave et elle est sérieuse.

On ce qui s'est passé pas senti un moment de bascule dans le discours du premier ministre. On est toujours sur la position qu'on évoque depuis le début de cet entretien d'une position défensive, je dirais ardemment défendue. Oui.

Oui. Mais ce qui s'est passé cette nuit nous rappelle la réalité et la brutalité de ce conflit parce que pour nous ça pourrait paraître parfois un peu lointain. Ça sucide ça suscite beaucoup de d'inquiétudes avec ce titre mais nous ne sommes pas effectivement directement impliqués. ce qui s'est passé cette nuit vient rappeler à nos compatriotes que euh toute la brutalité de ce conflit et les conséquences que cela pourrait emporter.

Il y aura un débat à l'Assemblée nationale sans doute lorsque vous aurez repris euh une activité normale, j'allais dire après les municipales. Euh c'est important, nécessaire ou c'est juste le respect de la Constitution de s'exprimer devant la représentation nationale parce que c'est après coup et que le président de la République ne fait pas ce qu'il veut mais peut agir sans forcément vous consulter vous les députés. Oui, moi je trouve que c'est très important que le que le Parlement, l'Assemblée puisse être consulté, puisse s'exprimer, puisse débattre.

Euh Parlement, l'Assemblée nationale a est un très beau parlement, mais les questions européennes et internationales sont souvent un peu de côté. Et on voit qu'avec l'accélération de la guerre depuis qu' plusieurs années maintenant en Europe avec l'Ukraine, ce qui se passe aujourd'hui au proche-rient, les questions européennes internationales prennent une place de plus en plus importante dans les débats politiques. Et donc je trouve que c'est très important que le premier ministre, les ministres concernés, les armées, le qu d'ors viennent rendre compte de l'action qui est celle de la France devant le Parlement.

Alors, il y a une autre guerre hein qui a commencé il y a bien plus longtemps entre l'Ukraine et la Russie, l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Valodimir Zelenski est aujourd'hui pour rencontrer le président Macron. Euh vous étiez en Ukraine il y a peu de temps.

Il vient dire quoi euh Vol Zelenski ? N'oubliez pas qu'il y a toujours la guerre en Ukraine. D'abord rappeler que ce qui se passe en Ukraine c'est notre priorité parce que c'est aujourd'hui la plus grande menace pour la sécurité de l'Europe et la sécurité de la France et la sécurité des Françaises et des Français.

Et donc tout ce qui est déployé par la France et les Européens pour venir en soutien de la résistance ukrainienne est absolument vitale et essentiel pour les Ukrainien eux-mêmes, mais aussi pour notre propre sécurité. Et donc dans ce moment où le prochain Orient s'embrase, où la guerre est présente, c'est très important de rappeler ce principe et de réaffirmer à l'Ukraine notre notre soutien défectible. Ne pas faire croire qu'on pourrait les abandonner. de ne pas faire croire qu'on pourrait les abandonner, de ne pas permettre à la Russie de se racheter une virginité en en étant à nouveau disponible notamment pour distribuer des hydrocarbures.

C'est très important. Une Russie qui bénéficie de la guerre au Moyen-Orient en terme de de pétrole, d'une certaine manière, cette guerre enrichi la Russie. Oui, c'est très important de ne pas baisser la pression sur la Russie, même de l'augmenter parce qu'elle n'a renoncé elle n'a bien sûr parce qu'elle elle n'a renoncé à aucun de ses objectifs militaires en Ukraine.

Moi, j'étais en Ukraine il y a il y a une dizaine de jours. J'ai rencontré des Ukrainiens qui vivent pour certains au pied des immeubles dans les barnomes parce qu'il n'a plus d'électricité, plus de chauffage. Heureusement, l'hiver est en train de se terminer et donc une situation peu plus normale va pouvoir se se faire.

Mais le soutien financier, militaire, énergétique à l'Ukraine est essentiel. Et de la même manière que nous avons su bâtir la coalition des volontaires à l'initiative de la France et de la Grande-Bretagne et de plusieurs autres pays cette l'année passée, il faut continuer de travailler sur les conditions des garanties de sécurité pour permettre le jour où un accord de paix ou un cesser le feu pourrait être retrouvé et bien de sécuriser le conflit en Ukraine et s'assurer que une bonne fois pour toute Vladimir Poutine renonce à ses véléités dans ce pays et sur le reste de l'Europe. Pierre Alexandre, merci d'être passé sur le plateau de France info ce matin.