"On n’augmente pas nos tarifs", assure Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas
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Questions et réponses
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Allez-vous baisser vos tarifs ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Est-ce que les tarifs vont continuer à augmenter ?
- 1:57OuverteRéponse partielle
Est-ce que BNP Paribas pourrait renoncer aux commissions sur les incidents ?
- 3:03RelanceRéponse partielle
L'UFC que choisir propose de supprimer les commissions sur les incidents. Est-ce que BNP Paribas pourrait y renoncer ?
- 4:08FerméeRéponse directe
Y aura-t-il une hausse générale des salaires chez BNP Paribas cette année ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Quel est le plus grand risque pour BNP Paribas aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Vous venez de publier vos résultats annuels, plus de 7 milliards de bénéfices en 2018. »
- 0:30InvitéFait
« Alors déjà les tarifs, on ne les augmente pas. »
- 0:33InvitéFait
« Bon, stabilité depuis maintenant deux ans pour BNP Paribas. »
- 0:33InvitéPromesse
« D'ailleurs c'est un engagement sur cette année qu'ont pris toutes les banques françaises, c'est le premier point. »
- 0:50InvitéChiffre
« Nickel aujourd'hui, qui est un modèle d'inclusion bancaire extraordinaire, dont le succès ne se dément pas, plus de 30 000 entrent en relation tous les mois. »
- 0:57InvitéFait
« C'est le compte bancaire au bureau de tabac. »
- 0:57InvitéChiffre
« C'est le compte bancaire, 20 euros par an, on va au bureau de tabac. »
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« Et d'après la FUB, les établissements réalisent en moyenne une marge de 88% sur ces frais d'incident. »
- 4:12InvitéFait
« Non, la NAO, la négociation annuelle obligatoire, est derrière nous. »
- 4:19InvitéFait
« Nous avons d'ailleurs participé fin janvier aux mesures Macron. La prime Macron a été distribuée au maximum que la loi permettait de le faire dans le cadre de la défiscalisation sociale et fiscale. »
- 4:41InvitéChiffre
« Il y a une prime qui a été donnée, plus la prime de 1 000 euros qui a été donnée aux collaborateurs. »
- 5:22InvitéFait
« Ce que l'on voit aujourd'hui, c'est quand même la croissance au plan mondial reste quand même soutenue, même si elle baisse un peu. »
- 6:32InvitéChiffre
« En 2018, nous avons une encours des crédits aux entreprises à plus de 5,5% en France, un peu moins en Europe. Mais c'est le triple de la progression du PIB européen. »
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Bonsoir à tous, on parle de banque et de pouvoir d'achat ce soir dans l'interview éco. Bonsoir Thierry Laborde. Bonsoir Jean. Directeur général adjoint de BNP Paribas, première banque française. Vous venez de publier vos résultats annuels, plus de 7 milliards de bénéfices en 2018. Vous le savez, on en parle beaucoup, les français veulent plus de pouvoir d'achat. Question très simple, allez-vous baisser vos tarifs ?
Alors déjà les tarifs, on ne les augmente pas. Bon, stabilité depuis maintenant deux ans pour BNP Paribas. D'ailleurs c'est un engagement sur cette année qu'ont pris toutes les banques françaises, c'est le premier point.
Le gel.
Le gel, exactement. Ensuite c'est un deuxième mouvement important que nous avons réalisé l'année dernière, c'est faire une opération d'acquisition sur une fintech à succès qui s'appelle Compte Nickel. Nickel aujourd'hui, qui est un modèle d'inclusion bancaire extraordinaire, dont le succès ne se dément pas, plus de 30 000 entrent en relation tous les mois. C'est le compte bancaire au bureau de tabac. C'est le compte bancaire, 20 euros par an, on va au bureau de tabac. L'avantage du bureau de tabac, c'est qu'on n'est ni jugé, ni jaugé, il n'y a pas d'historique. C'est un système de distribution alternative et en même temps on peut payer et être payé partout dans le monde pour 20 euros par an.
Donc ça c'est un très beau modèle qui répond à ces sujets de pouvoir d'achat par exemple.
Au-delà du gel, engagement cette année des banques françaises, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que les tarifs vont continuer à augmenter ? Est-ce qu'il y aura un rattrapage en 2020, c'est ça ?
Non, il n'y aura pas de rattrapage en 2020 parce que la concurrence est intense et on sait bien qu'aujourd'hui la différence ne se fera plus par des prix que l'on augmente régulièrement, mais bien par la qualité de service. En revanche, l'engagement qu'ont pris les banques dans la situation un peu criante de demande de pouvoir d'achat, c'est de plafonner leurs frais d'impayé, leurs frais de rejet pour les clientèles les plus fragiles. Ça c'est un engagement important. Il est en place dès ce mois-ci, dès le mois de janvier, pas plus de 25 euros par mois pour les clientèles fragiles. C'est 3 600 000 français, donc c'est en gros 650 millions de pouvoir d'achat.
Sur ce sujet, l'UFC que choisir a une idée, supprimer carrément les commissions touchées par les banques en cas d'incident. Par exemple, quand un client dépasse son autorisation de découvert, d'après l'association de consommateurs, cette mesure rendrait 2 milliards, 2 milliards 800 millions d'euros chaque année aux Français. Est-ce que BNP Paribas pourrait y renoncer, Thierry Labore ?
Non, je crois qu'on y renonce. En tout cas, on les plafonne sur les clientèles les plus fragiles. Ça c'est bien. C'est un engagement qu'il fallait prendre et qui est pris, qui sera encore une fois... Vous n'irez pas au-delà ? On n'ira pas au-delà. Pourquoi ? Parce qu'encore une fois, on ne peut pas donner la prime à la mauvaise gestion et faire que n'importe quel client qui a les moyens de gérer son compte, aujourd'hui, avec les outils qui donnent toute l'autonomie au client, franchement, pour gérer ses comptes, c'est très facile. On sait en temps réel où l'on en est. On a toutes les solutions d'alerting.
Pour éviter un débit, sachez par exemple qu'à la fin de ce semestre, nous serons capables de dire à un client, attention, si tu continues comme ça, à la fin du mois, tu vas tomber en découvert et là, les frais vont t'arriver. C'est de lui dire avant que les frais ne surviennent. La vraie réponse est celle-là. Plutôt que de supprimer le frais, les frais, c'est d'éviter que le client ne tombe dans une situation de découvert.
J'insiste, Thierry Laborde. L'Association française des usagers des banques, la FUB, que vous connaissez bien, a fait ses propres calculs. Et d'après la FUB, les établissements réalisent en moyenne une marge de 88% sur ces frais d'incident. C'est combien chez vous ?
Non, ça ne se calcule pas en termes de marge, si vous voulez. Il y a un travail qui est fait quand tous les matins, on regarde la situation d'un compte pour savoir si l'on peut payer, si la situation est normale, s'il n'y a pas une fraude, si la sécurité est bien respectée.
Oui, mais il y a toujours un conseiller qui derrière décide.
Ce n'est pas la machine qui décide seule, puisque le conseiller décide, je paye ou je ne paye pas. Systématiquement, il y a une décision humaine. On n'est pas sur des mécaniques non humaines pour décider de l'argent, ou en tout cas de la situation de nos clients. Donc j'insiste, je crois que la nouveauté, et qui arrive dès cette année, c'est les systèmes d'alerting qui permettent aux clients d'être autonomes. C'est d'ailleurs ce qu'ils nous demandent, plus d'autonomie, et ça, c'est ce qu'apporte la transformation digitale de nos systèmes.
Le pouvoir d'achat, c'est aussi celui de vos salariés. On est forcément obligés de parler d'eux aussi, parce que ça les intéresse, c'est leur salaire. Y aura-t-il une hausse générale des salaires chez BNP Paribas cette année ?
Non, la NAO, la négociation annuelle obligatoire, est derrière nous. Nous avons d'ailleurs participé fin janvier aux mesures Macron. La prime Macron a été distribuée au maximum que la loi permettait de le faire dans le cadre de la défiscalisation sociale et fiscale. C'est fait, c'est derrière nous. Donc toute la négociation annuelle obligatoire a eu lieu. Avec 7 milliards de bénéfices, on ne peut pas mettre du beurre dans les épinards ? Déjà, on continue à nourrir l'emploi, on continue à donner... Il y a une prime qui a été donnée, plus la prime de 1 000 euros qui a été donnée aux collaborateurs. Mais ce qui compte aussi, c'est de pouvoir investir pour la suite.
Il faut bien oublier qu'on doit maintenir l'attractivité pour ceux qui investissent dans l'entreprise. C'est ça le marché aujourd'hui. Une entreprise peut se développer en fonction du capital que les investisseurs souhaitent y investir. Et ensuite, on distribue participation, l'intéressement sont des montants considérables.
Mais pas de hausse générale ?
Pas de hausse générale, c'est derrière nous, ça a été fait. Il y a eu une prime qui a été versée, plus la prime Macron.
L'économie européenne ralentit, les marchés sont chahutés, même très chahutés pour certains. Quel est le plus grand risque pour vous, BNP Paribas, aujourd'hui ?
Le plus grand risque, c'est le risque de la guerre commerciale au plan mondial. Ce que l'on voit aujourd'hui, c'est quand même la croissance au plan mondial reste quand même soutenue, même si elle baisse un peu. On est en Europe, par exemple, sur des prévisions de croissance cette année à 1,5. C'est un cycle de croissance moyen qui est plutôt bon. Le risque maximal pour moi, ce serait vraiment que les Américains et les Chinois ne s'entendent pas. Mais ça, je n'y crois pas. Il y aura un accord bilatéral qui sera trouvé entre ces grandes puissances.
Et le Brexit, vous qui surveillez notamment les marchés européens pour BNP Paribas, le risque du Brexit ?
Le risque du Brexit, c'est un vrai risque pour les entreprises, en particulier les entreprises françaises qui peuvent exporter au UK. C'est aussi un risque important pour les entreprises britanniques, pour les britanniques. Nous, nous avons très largement anticipé, en ce qui nous concerne, cette évolution, puisque vous savez que nous sommes à la fois une grande banque du continent et aussi une grande banque de l'économie britannique. Et là, il y a encore beaucoup d'opportunités pour nous au Royaume-Uni. On va voir comment les choses aboutissent dans les jours qui viennent.
La grande crise que certains voient arriver, vous ne la voyez pas ?
Moi, je ne la vois pas. Et dans les comportements des clients...
Quand Christine Lagarde, la numéro 1 du FMI, parle de risque de tempête sur l'économie mondiale.
Il peut y avoir un peu de souffle. Mais moi, je ne crois pas à cela. Je vois une économie qui reste solide et des comportements de dirigeants d'entreprise qui restent rationnels. N'oublions pas que l'année dernière, en 2018, nous avons une encours des crédits aux entreprises à plus de 5,5% en France, un peu moins en Europe. Mais c'est le triple de la progression du PIB européen. Donc, on voit bien que les entreprises ont des projets, qu'elles trouvent leur financement. C'est aussi important par le crédit bancaire et pour les plus grandes sur les marchés. Thierry Laborde, merci. Le directeur général adjoint de BNP Paribas, première banque française.
Vous étiez ce soir l'invité de l'interview éco. Merci à vous.