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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 septembre 2024 24 min

Gouvernement Barnier, retraites, procès des assistants parlementaires... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu, Emmanuel Macron au Havre hier soir indique que la France ne va pas se mettre en pause, ce sont ses mots jusqu'en 2027, qu'il va donc continuer à y avoir des réformes, est-ce que vous le croyez ?

0:14
Sébastien Chenu

J'aimerais pouvoir le croire mais la première des choses ce serait de convoquer l'Assemblée Nationale en session extraordinaire pour que nous ne soyons pas en pause. Le premier démenti déjà à cette déclaration d'Emmanuel Macron c'est la réalité, il avait la possibilité de convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée Nationale, Marine Le Pen l'a demandé d'ailleurs, elle lui a exprimé avec Jordan Bardella lorsqu'ils sont allés le voir et rien n'est fait. Or nous avons besoin de débattre, nous avons besoin de travailler sur des projets de loi issus du futur gouvernement mais sur des propositions de loi issues des députés et Emmanuel Macron n'a pas choisi de réunir l'Assemblée Nationale.

0:51
Présentateur

Je crois que c'est plutôt Emmanuel Macron qui dit voilà je serai à la manœuvre, je serai là jusqu'en 2027, déjà je serai là jusqu'en 2027 c'est important et surtout je serai à la manœuvre, il va y avoir des réformes, vous le veuillez ou non.

1:01
Sébastien Chenu

Excusez-moi le président de la République ne va pas dire l'inverse, il ne va pas dire écoutez je rentre chez moi, je pars avec Brigitte au Touquet et vous n'entendrez plus parler de moi jusqu'à la fin du mandat.

1:09
Invité

Vous pourrez acter le résultat des législatives d'une façon un peu différente.

1:12
Sébastien Chenu

Non, le président de la République a d'abord un rôle institutionnel dans notre pays et il est normal qu'il l'assume, ce serait très étrange. L'inverse serait très étrange.

1:22
Invité

Pardon mais ça va à l'encontre de ce que laisse entendre Marine Le Pen qui a l'air de considérer qu'il n'ira pas au bout.

1:27
Sébastien Chenu

Alors j'allais dire, il nous dit qu'il ira effectivement, il semble dire que lui il ira jusqu'au bout. Bon d'abord il ne va pas dire le contraire aujourd'hui mais Emmanuel Macron nous a montré qu'il était tout à fait capable de changer de pied assez régulièrement, assez facilement. Vous savez quand vous êtes capable d'imaginer nommer Premier ministre Thierry Baudet ou Bernard Cazeneuve des socialistes et terminer avec Michel Barnier ou d'avoir nommé Blanquer et Papendiaï parce que vous n'avez pas vraiment de liste.

1:51
Présentateur

Vous croyez vraiment à l'idée qu'Emmanuel Macron pourrait démissionner ou est-ce que vous ne voulez pas plutôt le pousser à démissionner ?

1:57
Sébastien Chenu

Ah mais moi je crois que tout est possible. C'est-à-dire que je pense que si le pays venait à se bloquer, pour une raison ou pour une autre, un blocage institutionnel, c'est-à-dire qu'on n'arrive plus à faire avancer le pays, à voter des textes à l'Assemblée nationale parce que les trois blocs finalement se neutralisent les uns les autres, ou un blocage, on l'a déjà vu dans le pays à travers une crise, on a connu les gilets jaunes, les banlieues, etc. Je pense qu'effectivement le président de la République peut d'abord redissoudre à partir de juin 2025, premier levier d'action, mais aussi peut démissionner.

Et ce que nous dit Emmanuel Macron aujourd'hui ne l'engage que finalement jusqu'à demain matin.

2:32
Invité

Vous parlez des trois groupes et vous avez raison. Il ne faut pas oublier, et j'imagine que vous n'oubliez pas, que le RN ne pourra pas seul renverser le gouvernement Barnier. Même avec les Ciotis où vous êtes 143, il faut 289 voix pour que la censure passe. Ça veut dire que la gauche, vous pouvez aussi vous retrouver en minorité si la gauche décidait de collaborer d'une façon...

2:52
Sébastien Chenu

Nous ne sommes pas majoritaires, ça n'a échappé à personne, mais nous avions dit, et Jordan Bardella l'avait dit, et Dieu sait ce qu'on avait entendu pendant la campagne législative, il avait dit, quand on n'a pas la majorité absolue, c'est pour ça que je demande une majorité absolue, c'est très difficile voire impossible de gouverner. Nous y sommes, ce que nous avions dénoncé, et bien nous le vivons actuellement. Mais nous sommes aussi le premier groupe de l'Assemblée nationale, et j'allais dire, nous sommes la seule opposition à Emmanuel Macron. Tous les autres, à un moment ou un autre, ont voté pour Emmanuel Macron ou pour leur candidat.

La gauche a voté pour Emmanuel Macron en second tour des présidentielles, la gauche a voté en se retirant pour des candidats macronistes. Donc les LR ont participé de ce sketch éternellement, ils n'ont jamais voté de motion de censure lors de la précédente législature. Nous sommes les plus importants, mais nous sommes la seule opposition à Emmanuel Macron.

3:38
Présentateur

Alors l'enjeu, c'est moins Emmanuel Macron désormais, vous le disiez vous-même, que Michel Barnier. Est-ce que Marine Le Pen s'est entretenue, va s'entretenir avec lui ? C'est prévu ?

3:46
Sébastien Chenu

Écoutez, si le Premier ministre souhaite s'entretenir avec Marine Le Pen, elle a toujours répondu favorablement à ses demandes d'entretien. Ça n'a pas été le cas jusqu'ici, vous le confirmez ? Ça n'a pas été le cas jusqu'ici. Michel Barnier semble recevoir des oppositions, je crois qu'il reçoit aujourd'hui les écologistes, il reçoit des gens... S'il suffit de perdre, en fait, pour attirer l'attention de Michel Barnier et vouloir gouverner, on a le sentiment qu'il reçoit tous les gens qui ont perdu, mais à qui il propose de gouverner. C'est une conception assez originale de la démocratie parlementaire. Nous, en tous les cas, les choses sont claires.

Michel Barnier n'est pas un allié, Michel Barnier est un adversaire politique, nous le combattons depuis fort longtemps, mais nous lui avons donné, parce que le Premier ministre devait être nommé, et qu'il ne pouvait pas être de notre couleur politique, nous lui donnons une chance de nous montrer qu'il est capable de changer de logiciel, et capable de prendre à bras-le-corps des grands sujets sur lesquels nous l'attendons, pouvoir d'achat, immigration, sécurité. S'il ne le fait pas, nous serons évidemment au rendez-vous de la censure, s'il ne travaille pas dans l'intérêt du pays tel que vous le voyez.

4:46
Invité

Vous dites gouvernement sous surveillance, c'est ça l'expression ? Votre surveillance va porter sur quoi, prioritairement ?

4:52
Sébastien Chenu

Michel Barnier est sous surveillance, évidemment, du premier groupe d'opposition, du premier groupe de l'Assemblée nationale, le Rassemblement national. Il est sous surveillance aussi, il faut bien en être conscient, de toutes les agences de notation de l'Union européenne. Je veux dire, Michel Barnier est sous la surveillance de beaucoup de monde.

5:10
Invité

Mais dans votre cas, quels sont les casus belli, si on est en train d'un peu concret ? On a entendu censure si hausse d'impôts, par exemple.

5:15
Sébastien Chenu

La première des choses, c'est que nous lui avons donné la possibilité d'avancer, c'est-à-dire d'aller jusqu'à la construction d'un budget. Et c'est là qu'on va voir si Michel Barnier... Dans quel sens avance Michel Barnier ? S'il y a des hausses d'impôts, évidemment, alors que nous demandons, nous, une politique en faveur du pouvoir d'achat des Français, nous irons jusqu'à la censure si nous nous apertenons que les classes populaires et la France qui bosse est encore plus sûre.

5:37
Présentateur

Alors voilà, parce que vous avez dit hausse d'impôts, effectivement, pour que chacun comprenne bien. S'il y a, par exemple, des hausses d'impôts sur les hauts revenus, les 1%, par exemple, est-ce que là, vous censurez ? Ou est-ce que vous dites, ça, c'est plutôt de la justice fiscale ?

5:49
Sébastien Chenu

Non, mais là, on peut voter contre, parce que vous savez qu'on peut voter contre un budget, et puis ensuite, si le budget... On peut même voter contre des mesures. Voilà, et on peut voter contre des mesures. Et là, nous nous donnons toute l'attitude pour le faire. Nous, ce que nous attendons, c'est évidemment que Michel Barnier privilégie le pouvoir d'achat des Français. Et qu'en matière de fiscalité, il puisse ouvrir le débat sur ce que nous portons depuis longtemps, pas les seuls. Je sais que le modem, vous voyez ça d'un bon oeil, sur, par exemple, la taxation des super profits, voire aussi la taxation des rachats d'actions. Il y a deux pistes. Ça, c'est pour faire évoluer la fiscalité.

Donc, quand on parle d'impôts, il ne s'agit pas de montrer des catégories sociales, forcément, et de dire, attention, c'est aussi avoir une vision beaucoup plus large de la refonte d'une certaine fiscalité au plus juste.

6:33
Présentateur

On n'a pas très, très bien compris votre position ces derniers jours, parce que Marine Le Pen a dit, ce qui est un peu quelque chose d'assez constant, on ne peut pas voter un budget quand on est dans l'opposition, parce qu'on devient dans la majorité. Jean-Philippe Tanguy a été un petit peu plus ouvert ces derniers jours. Est-ce que, je vous pose la question simplement, est-ce que vous pourriez voter pour ce budget ?

6:51
Sébastien Chenu

Écoutez, moi, ça me semble, aujourd'hui, ce serait original et ce serait inattendu qu'on vote le budget dans le sens où nous sommes l'opposition. Moi, je le dis, mais je ne sais pas ce qu'il y a dans le projet de budget. Et c'est là aussi tout l'intérêt du débat parlementaire. Si Michel Barnier fait de nos propositions le centre de ses priorités budgétaires, ça vaudra le coup de regarder. Moi, je pense que ce qui nous guide, c'est l'intérêt national, c'est l'intérêt du pays.

7:18
Présentateur

Mais l'abstention, vous savez, pardon, je vous coupe Sébastien Chenu, mais ça a du sens, parce que pour ceux qui nous écoutent comprennent bien, l'abstention, on peut aussi faire passer des textes grâce à des abstentions. Donc, est-ce que vous pourriez avoir aussi une forme d'abstention ?

7:30
Sébastien Chenu

Mais je ne peux pas vous répondre aujourd'hui dans le sens où je ne sais pas. Et vous n'excluz pas. Non, mais nous n'excluons rien pour, contre ou abstention. Par définition, nous avons déjà démontré que nous étions capables de voter pour des textes présentés par d'autres, contre des textes ou de nous abstentir. Nous n'excluons rien, et c'est d'ailleurs en cela que nous mettons le Premier ministre sous surveillance, voire même sous une certaine forme de pression.

7:51
Invité

C'est vrai que ce n'est pas extrêmement clair, et pour rebondir sur ce que disait Adrien, vous dites qu'on est dans l'opposition. Vous dites aussi, et je vous écoute depuis tout à l'heure, nous lui avons donné la possibilité d'avancer, etc. Ça, c'est le vocable, enfin je veux dire, vous êtes en train de travailler avec Michel Barnier.

8:07
Sébastien Chenu

Ben non, on ne travaille pas avec Michel Barnier, sinon il nous aurait reçus.

8:09
Invité

Non mais d'accord, mais à distance, mais je veux dire, et quand on entend l'ELR hier dire...

8:14
Sébastien Chenu

Non, les choses sont simples. Les choses sont simples. Un, nous on n'est pas pour le chaos, on n'est pas pour le blocage du pays. Il fallait un Premier ministre, il n'allait pas être Rassemblement National, on avait donné les lignes qui ne nous permettaient pas de valider un Premier ministre, Nouveau Front Populaire, ou Xavier Bertrand, ou Bernard Cazeneuve. A partir de là, un Premier ministre allait être désigné. Nous avons considéré que Michel Barnier remplissait la première condition, qui était le respect de l'opposition et du Rassemblement National. Il en fallait un qui n'était pas Rassemblement National, voyons donc, c'est lui. La deuxième chose, Michel Barnier construit un budget.

Il est en train de le construire. Donc on ne le censure pas avant de connaître le budget. On va regarder comment on se positionne sur le budget. Pour, contre ou abstention, on va regarder ce qu'il y a dedans. Pas plus vous que nous ne savons aujourd'hui quelles vont être les grandes priorités de Michel Barnier. J'entends qu'il nous dit que la priorité, c'est le grand âge. J'entends qu'il nous dit, moi j'écoute ce que dit Michel Barnier. Donc je veux bien que tout soit une priorité, mais nous, nous lui avons fait quelque part une liste de courses. Pouvoir d'achat, sécurité, immigration. Et évidemment, sur ces sujets-là, je n'ai pas entendu beaucoup.

Aujourd'hui, en tous les cas, sur les trois sujets que j'ai énoncés, Michel Barnier se positionnait. Je n'ai pas entendu dire, par exemple, que nous allions revisiter les accords de 68 avec l'Algérie. Ça pourrait être, on est en dehors du budget d'ailleurs, mais il y a des répercussions très importantes. Le coût de l'immigration est un tabou auquel aucun des gouvernements ne s'est attaqué. Et donc si Michel Barnier...

9:35
Invité

Que vous avez travaillé, enfin, si on est concret, le chiffrage de tout ça, par exemple, le coût de l'immigration... Le coût de l'immigration, on l'avait travaillé pendant l'élection présidentielle,

9:42
Sébastien Chenu

15 milliards d'euros d'économies à faire sur les prestations sociales. En particulier, c'était le gros, j'ai le détail ici.

9:49
Invité

Mais ça veut dire qu'on coupe tout ? On est dans la pure préférence nationale ? Non, non, pas du tout.

9:52
Sébastien Chenu

On avait expliqué qu'effectivement, il y avait des prestations sociales qui étaient réservées aux citoyens français, et d'autres, lorsqu'on avait contribué à travers son travail qui pouvait être accordé au bout de 5 ans. Donc, non, non, il ne s'agit pas de tout couper, il s'agit de rationaliser les choses et de mettre en place ce qu'on appelle, nous, la priorité nationale, dans l'accès au logement, par exemple, aussi, qui existe dans d'autres pays. Oui, qui va poser des problèmes constitutionnels. C'est pour ça qu'on veut faire un référendum sur l'immigration. Mais là encore, Emmanuel Macron aurait pu se saisir de tous ces moments pour donner la parole aux Français.

10:21
Présentateur

D'un mot, Sébastien Chenu, vous dites 15 milliards d'économies sur l'immigration. Alors, c'est un chiffre qui est discuté et débattu, bien évidemment. Mais quand bien même... Tous les chiffres sont discutés et débattus. Il faut faire des économies d'ici la fin de l'année, l'année prochaine. Ces 15 milliards d'euros sur l'immigration que vous promettez, ils seraient faits dans les prochains mois ? Non, mais d'accord, mais par exemple... C'est un travail de longue haleur, on imagine.

10:38
Sébastien Chenu

Bien sûr, mais je vous donne un exemple. Refonte de l'AME. L'AME, c'est 1,2 milliard à peu près par an. L'aide médicale d'État, c'est une aide qui est accordée aux gens qui sont en situation irrégulière, donc qui n'ont pas de raison d'être sur notre territoire et qui est accordée chaque année. Elle coûte 1,2 milliard par an. Nous, on est pour une aide médicale d'urgence, c'est-à-dire soigner des gens qui sont à l'article de la mort, évidemment, on laisse pas mourir quelqu'un sur le territoire français et également travailler dans la lutte contre les épidémies qui pourraient éventuellement apparaître.

11:08
Invité

Précisément, beaucoup de socialistes disent qu'il ne faut pas modifier le périmètre. Avec les socialistes, il ne faut jamais... C'est important. Vous avez peut-être entendu l'argument d'Edouard Philippe là-dessus, précisément, qui avance cet enjeu de santé publique en disant ne pas soigner les personnes malades sur le sol français. Je viens de vous dire l'inverse. Oui, mais vous dites qu'on va réduire le périmètre.

11:26
Sébastien Chenu

Oui, parce qu'en fait, cette aide médicale d'État, elle est contournée. Il y a un panier de soins tellement large qu'en réalité, elle fonctionne comme un appel d'air. D'ailleurs, ce sont les députés Horizon qui, je le rappelle, avaient déposé une proposition de loi lors du précédent mandat pour revoir, avec l'ELR, l'aide médicale d'État. Ça, par exemple, c'est une économie qu'on peut évaluer à 700 millions d'euros si on réduit le périmètre. Donc, vous voyez, vous dites qu'on ne peut pas ramener immédiatement 15 milliards d'euros. On en est évidemment d'accord. Mais là, on a déjà des sommes conséquentes. 700 millions, 15 milliards, c'est...

D'accord, mais je vous parlais tout à l'heure des taxations, des surprofits. Là, on a aussi des marges qui peuvent immédiatement être reconquises.

12:05
Présentateur

Le 8.30 France Info, Bérangère Bonte, Adrien Beck.

12:10
Invité

Et Sébastien Cheney, notre invité, ce matin député du Nord, porte-parole du Rassemblement National. Les Républicains ont reçu Michel Barnier hier à Annecy. Ils lui ont promis leur soutien, très clair, en échange d'une politique de droite, de rupture, avec plus de sécurité, ont-ils dit, et moins d'immigration. Michel Barnier-Lium, d'ailleurs, dit, les Français ont le sentiment que les frontières sont des passoires. D'abord, si c'était des passoires, on n'aurait pas 8000 morts par an aux frontières. On est d'accord là-dessus ?

12:39
Sébastien Chenu

Non, enfin, on entre très facilement dans l'Union européenne et encore plus à cause de Schengen en France. La réalité, c'est que nous avons évidemment une inflation de l'immigration, année après année, une inflation des demandes d'asile, du contournement du droit d'asile dans notre pays, qui fait que s'établissent dans notre pays des gens qui n'ont rien à y faire, qui sont issus de pays qui ont certes des difficultés économiques, mais parfois qui ne sont pas issus de pays en guerre. Or, si on se met à accepter, évidemment, sur notre territoire, l'arrivée de gens qui viennent de pays qui ont des difficultés économiques, on n'en sortira pas.

13:14
Invité

Les mots sont importants. Quand on dit des passoires, encore une fois, il y a quelque chose d'indécent dans l'idée que, quand on regarde le bilan aux frontières...

13:23
Sébastien Chenu

Non, mais moi, je veux dire les choses telles qu'elles sont. La plupart en Méditerranée, 8000 morts par an. Ce n'est pas géré. Et c'est bien parce que l'immigration n'est pas gérée qu'il y a des morts dans les mers qui entourent notre continent européen. C'est bien parce que l'immigration n'est pas gérée. Parce que, évidemment, le message qu'on doit envoyer aussi aux autres continents, c'est que nous ne pouvons pas accueillir. Ce n'est pas le message de la France uniquement. Ce n'est pas uniquement la parole que j'aimerais entendre du président de la République. C'est celle que j'entends aujourd'hui du chancelier allemand. Là aussi, il faut quand même entendre quelque chose.

Pendant les élections européennes, j'avais beaucoup entendu d'analystes, de journalistes, d'adversaires politiques, moquer la proposition de Jordan Bardella sur la nécessaire double frontière. C'est-à-dire, en réalité, gestion des frontières extérieures de l'Union européenne et puis contrôle aux frontières françaises, comme on le proposait.

14:12
Invité

Vous moquez, comme vous dites, parce que difficilement applicable, déjà. Oui, d'accord.

14:15
Sébastien Chenu

Mais enfin, l'Allemagne...

14:16
Invité

Voir impossible à appliquer.

14:17
Sébastien Chenu

Non, mais non, pas impossible à appliquer. D'abord, ça a déjà été fait. En période Covid, comme Emmanuel Macron avait indiqué, on ferme les frontières. Moi qui suis, et vous êtes nordiste également, frontalier de la Belgique, on ne pouvait plus aller en Belgique comme on le souhaitait. Il y avait des contrôles. Bon, l'Allemagne...

14:31
Invité

On ne peut pas durablement remettre des doubles contrôles, vous le savez personnellement. Dans un contexte en plus budgétaire...

14:35
Sébastien Chenu

Mais l'Allemagne le fait là pour six mois, d'ailleurs, ce qui est dans le parfait respect des textes. Elle montre ainsi la faisabilité et la nécessité de contrôler ses frontières. Pourquoi elle le fait ? Parce qu'elle a une pression migratoire très importante. parce qu'elle voit bien qu'elle ne s'en sort pas.

14:50
Présentateur

C'est un petit peu plus compliqué que ça, si je peux me permettre, Sébastien Chenu. La Pologne n'est pas d'accord. L'Autriche a des réserves. Enfin, tout ça est un tout petit peu plus complexe que simplement...

14:58
Sébastien Chenu

Non, mais le chancelier allemand, logique du chancelier allemand, c'est de mettre un contrôle aux frontières. Je rappelle qu'aujourd'hui, avec les moyens dont nous disposons, les drones, etc., et autres matériels sophistiqués, le contrôle aux frontières ne veut pas dire le rétablissement de douaniers et de gardes barrières. À un moment, il faut aussi être réaliste. « Nous pouvons aujourd'hui contrôler et maîtriser nos frontières. » Et puis, c'est un signal qu'on envoie. Et puis, ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, c'est la nécessaire refonte de Schengen.

Et là, pour le coup, il y a beaucoup de pays, contrairement à ce que vous dites, qui sont dans l'Union européenne, très favorables à ce qu'on réouvre une discussion sur les accords de Schengen.

15:34
Présentateur

Venons-en, Sébastien Chenu, à un sujet qui va sans doute marquer cette rentrée politique, cette rentrée parlementaire. La réforme des retraites, elle revient avec l'idée de l'abrogé. Vous avez déposé hier une proposition de loi d'abrogation qui sera examinée le 31 octobre dans votre journée réservée. Est-ce que vous vous êtes mis d'accord sur ce que vous vouliez à la place des 64 ans ?

15:55
Sébastien Chenu

Non, mais c'est toujours, nous, on défend toujours la même logique. Si vous travaillez plus tôt, vous devez pouvoir, avec 40 annuités, partir plus tôt. Si vous travaillez avant 20 ans et que vous avez vos 40 annuités, vous pouvez devoir partir à partir de 60 ans. Et ensuite, de façon progressive, jusqu'à 42 annuités à partir de 62 ans. Ce qui fait, j'ai le comparatif avec la réforme actuelle, qui fait gagner jusqu'à 25 ans, un à deux ans de vie en retraite en bonne santé pour les Français.

Ce qui pose problème aujourd'hui, c'est que la réforme qu'on nous a vendue, et ce n'est pas moi qui le dis, je regardais les chiffres du comité de suivi des retraites, c'est que cette réforme, à long terme, elle va coûter cher. Elle devait rapporter 18 milliards d'euros, et elle est en train de coûter cher. Pourquoi ? Parce qu'il y a évidemment aussi des coûts d'assurance maladie, des gens qui vont arriver en retraite malades, qui vont arriver en retraite en n'étant pas capables d'aller jusqu'au bout, et qui vont s'arrêter, qui vont se mettre en arrêt maladie.

On voit bien qu'il y a une logique qui a présidé à cette réforme de retraite, qui était une logique comptable, mais qui se heurte au mur de la réalité.

17:00
Invité

Ça va coûter tellement cher que Marine Le Pen manifestement a hésité à accepter les 43 annuités de cotisation, au lieu de 42. C'est ce que laisse entendre notamment nos conférences de l'opinion ce matin. Je vous ai expliqué. Pourquoi finalement ?

17:13
Sébastien Chenu

Mais parce que nous privilégions une logique qui est celle de la qualité de vie des Français, notamment des carrières longues. Ce n'est pas uniquement une logique comptable.

17:21
Invité

Mais si il y a une exigence comptable...

17:23
Sébastien Chenu

Mais de l'autre côté, ce n'est pas uniquement une histoire de comptabilité, cette réforme de retraite. Nous, on est pour, par exemple, que les jeunes puissent rentrer beaucoup plus tôt sur le marché du travail. Parce qu'on nous dit, oui, il faut travailler plus longtemps, parce que sinon, c'est déséquilibré. Oui, mais de l'autre côté, ce qu'on ne fait pas, et à travers l'apprentissage, on a aussi une révolution culturelle à faire, c'est faire rentrer les jeunes beaucoup plus tôt sur le marché du travail. Beaucoup de jeunes qui s'enferment parfois dans des parcours scolaires qui n'ont pas d'aboutissement. Nous, on souhaite

17:51
Invité

s'il y a une façon aussi de piéger, disons-le, le Nouveau Front Populaire et de les contraindre, finalement, à voter avec vous, avec le RN.

18:00
Sébastien Chenu

Non, mais madame, nous, nous proposons la progression de la réforme des retraites au travers de ce qu'on appelle une niche parlementaire, c'est-à-dire un ordre du jour que nous pouvons maîtriser une fois par an. Il se trouve que nous sommes les premiers à pouvoir, c'est le fait, parce que nous sommes le plus grand groupe, à pouvoir déposer des textes. Moi, je ne cherche pas à piéger qui que ce soit.

18:16
Invité

Mais vous avez besoin du soutien. Bien sûr, tout le monde a besoin

18:19
Sébastien Chenu

de tout le monde dans cette assemblée. Et vous imaginez bien qu'ils vont essayer de trouver les moyens pour ne pas voter avec vous. Mais c'est leur problème. Nous, nous disons, aux Français, nous mettons sur la table l'abrogation de la réforme des retraites qui est souhaitée par une majorité de Français. Nous mettons ça sur la table. Le votera. Qui souhaitera le voter et rendra compte à ses électeurs ? Si la gauche ne veut pas le voter, ça veut dire qu'il privilégie la petite tambouille politicienne à l'intérêt des Français.

18:42
Présentateur

Est-ce qu'il privilégie la petite tambouille politicienne aussi vos alliés d'Éric Ciotti ? Qui peut-être... Éric Ciotti, il a défendu les 65 ans. Mais je vais vous dire, des alliés,

18:55
Sébastien Chenu

ce ne sont pas des clones. Ils feront ce qu'ils voudront. S'ils n'ont pas envie de voter notre texte... Sur ce sujet-là, clairement, ils ne sont pas en phase. Vous y êtes censé gouverneur. Vous avez bien vu qu'Éric Ciotti avait bougé sur ça aussi, notamment pendant la campagne législative. Des alliés, ce ne sont pas des clones. Moi, je crois qu'à la fin, au bout du compte, les élus d'Éric Ciotti voteront une abrogation de la réforme des retraites parce qu'ils ont conscience qu'il faut créer un nouveau chapitre, il faut ouvrir un nouveau chapitre de négociation sur ce sujet-là.

Mais la gauche, dans son cynisme le plus absolu, sera donc capable de taper sur des casseroles, de manifester, de faire réélire Elisabeth Borne ensuite et de ne pas voter l'abrogation de la réforme des retraites lorsque ça arrive devant eux. Sincèrement, est-ce que tout ça est très sérieux et très respectueux des électeurs ?

19:40
Invité

Sébastien Chenu, avant-hier, le bureau national du RN a planché sur une réforme du parti qui doit encore être présentée au Conseil national et qui doit connaître plusieurs étapes. L'idée, c'est de mieux vous préparer en cas de nouvelle dissolution de l'Assemblée. Ça veut dire que la casquette nazie les propos racistes, etc., ça n'arrivera plus.

19:56
Sébastien Chenu

Non, mais ça concernait, et je ne le relativise pas, ça concernait une dizaine de candidats problématiques. Donc, il faut mettre fin à cela. C'est anecdotique ? Non, je vous ai dit, je ne compte pas mettre ça sous le boisseau. J'aimerais aussi qu'on regarde les autres partis politiques qui, parfois, ont eu des candidats problématiques. Oui, d'accord, mais on n'a pas le même niveau d'exigence vis-à-vis des autres. Tant mieux pour nous, quelque part. Est-ce que c'est vraiment

20:18
Invité

des dérapages ? Roger Chudeau, mais non, mais Roger Chudeau, certains voyaient déjà le ministre de l'Éducation qui explique que Najat Vallaud-Belkacem, ah non, chez vous aussi, pardon, que Najat Vallaud-Belkacem n'aurait pas d'être ministre parce que pas franco-française. En gros, il a failli être élu, accessoirement, 49, 72%. Il est élu. Pardon, il est élu. Est-ce qu'il a sa place à l'Assemblée nationale ?

20:40
Sébastien Chenu

Il a fait un mea culpa, je crois, très sincère, et je pense qu'on peut, aujourd'hui, considérer qu'il a commis une erreur de quart, il a commis, effectivement, il a tenu des propos qui ont été démentis immédiatement par Marine Le Pen et qui l'ont fait reculer. Au-delà de ça, nous, enfin, ce en quoi il faut nous juger, c'est notre capacité à, évidemment, sanctionner des gens qui ne sont pas dans la ligne politique que nous édictons ou qui ont des propos qui sont inacceptables. Nous le faisons. Ce n'est pas le cas dans les autres partis. Sincèrement, on ne va pas parler de la France Insoumise, mais eux, leur candidat dérape matin, midi et soir...

Je ne parle pas de la France Insoumise, en l'occurrence, quels autres partis que la France Insoumise... Non, mais moi, je parle de la France Insoumise, là. Je parle de la France Insoumise. Les propos de Mme Rima Hassan, tout ça, personne ne trouve rien à redire dans ce mouvement. Au contraire, ils sont souvent encouragés. Donc, nous, quand quelqu'un se conduit mal, on le sanctionne. Et c'est bien normal.

21:32
Invité

Alors, quand Jordan Bardella, si on en croit un journaliste de libération, Tristan Berthelot, dans un livre qui s'appelle Machine à gagner, qui paraît au seuil, il est dit qu'il aurait, lui aussi, bénéficié d'un emploi fictif d'assistants parlementaires. On est à 15 jours du début du procès. Lui a démenti. Est-ce qu'il a déposé plainte contre ce livre ?

21:51
Sébastien Chenu

J'ignore s'il a déposé plainte. En général,

21:53
Invité

voilà.

21:53
Sébastien Chenu

Non, non, en général, on ne dépose pas plainte, nous, contre la presse. C'est assez rare qu'on poursuive la presse.

22:01
Invité

Quand les faits sont faux, si vous considérez que c'est faux, vous déposez plainte.

22:04
Sébastien Chenu

Évidemment, nous contestons ça tout à fait formellement. Jordan Bardella le conteste. Bon, M. Berthelot est un militant politique qui a fait de la lutte contre le Rassemblement National. Oui, ça n'empêche pas d'être un militant politique. On peut être journaliste et militant politique. On peut avoir une carte de journaliste et être un militant politique. Il a fait en tous les cas de la lutte.

22:20
Invité

Sans rigueur professionnelle.

22:21
Sébastien Chenu

Il a fait de la lutte contre le Rassemblement National, l'alpha et l'oméga de son engagement. Donc, nous contestons cela formellement. Un procès sur l'affaire des assistants parlementaires va avoir lieu. Nous contestons les reproches qu'ils nous ont fait. Nous mettrons aussi en lumière les pratiques du Parlement européen, notamment de son bras armé, l'OLAF, qui nie les droits de la défense, qui aujourd'hui nous montre que l'Union européenne ne respecte pas bien souvent les droits de la défense, alors qu'elle-même est très exigeante.

22:45
Présentateur

Marine Le Pen va disparaître pendant ces deux mois d'audience, comme François Bayrou, qui s'était un peu mis en retrait

22:50
Sébastien Chenu

à l'époque. Non, pas du tout. Je ne crois pas que ce soit le tempérament de Marine Le Pen de se planquer. Je crois que Marine Le Pen, au contraire, va prendre à bras-le-corps ce procès pour démontrer toutes les... comment dire... les mensonges et les procès qui sont faits à l'Assemblée nationale par l'Union européenne qui ne supporte pas que nous contestions en réalité son fonctionnement. On est assez sereins. Moi, je dois vous le dire parce qu'on a vu François Bayrou qui, dans le même genre de procès, lui-même a été relaxé. Donc, on ne voit pas pourquoi il aurait pour les mêmes reproches un traitement différencié d'une autre.

Je crois que Jean-Luc Mélenchon va devoir répondre des mêmes choses. Bon, voilà. On est assez sereins mais Marine Le Pen est combattie. Sébastien Genu,

23:31
Invité

pour finir une question d'actualité. La Fondation Abbé Pierre et Emmaüs qui poursuivent son action pour les déshérités ont décidé de faire disparaître son nom de leur intitulé après la révélation de nouvelles de 17 nouveaux témoignages d'agressions sexuelles. Est-ce qu'il faut totalement invisibiliser l'Abbé Pierre de la société française ?

23:46
Sébastien Chenu

Réponse courte, Sébastien. Très compliqué. Je n'ai pas de vraie réponse. L'Abbé Pierre ne peut pas, évidemment, se défendre. Moi, j'ai vraiment confiance dans le témoignage des femmes qui portent ces accusations. Je ne vois pas pourquoi elles inventeraient ça. donc il faut écouter cette parole. Il n'y a pas de vache sacrée. Je vous pose la question

24:04
Invité

parce que quand c'était Gérard Depardieu, vous aviez dit la Légion d'honneur ne s'enlève pas sur des propos

24:08
Sébastien Chenu

ou des critères. La Bébière Gérard Depardieu, ce n'est pas le même service rendu à la société. On va s'arrêter là. Merci Sébastien Chenu d'avoir été l'invité

24:18
Présentateur

du 830 France Info.

24:19
Sébastien Chenu

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