Dissolution surprise : pari loupé pour le chef de l’Etat ? - C à Vous - 12/07/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteÉludée
Est-ce qu'on a vu le futur Premier ministre dans ceux qui sont intervenus?
- 3:00OuverteRéponse directe
C'est ingouvernable?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quel que soit le temps que laisse E.Macron aux coalitions de se constituer?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Les Français comprennent-ils encore E.Macron? A-t-il dissous la Macronie en même temps que l'Assemblée nationale?
- 6:00RelanceÉludée
Ca veut dire que vous dites ce soir que LFI n'intégrera pas le gouvernement français, même si c'est ce que vous demande une partie des forces politiques françaises?
- 7:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les Français comprendront que, si le NFP se met d'accord sur un nom, E.Macron laisse encore traîner les choses?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00J.BardellaPromesse
« Si les Français nous font confiance, s'ils me font l'honneur d'être leur Premier ministre, je serai le Premier ministre de chacun d'entre eux. »
- 2:30J.-L.MélenchonFait
« Je viens de dire que je m'en sens capable, mais je ne m'impose pas. »
- 3:00O.PérouFait
« Aucun de ceux qu'on a vus n'a la majorité numérique pour gouverner, pour réformer à l'Assemblée nationale. »
- 4:00E.MacronFait
« Je ne ferai aucun commentaire depuis Washington sur la situation politique intérieure. »
- 5:00E.MacronFait
« Certaines décisions se font seul. C'est ainsi qu'elles peuvent se faire. »
- 6:00E.MacronFait
« Je ne répondrai pas davantage à des questions de politique intérieure. »
- 7:00C.Vigogne Le CoatFait
« Les Français auront du mal à comprendre qu'on reste dans une situation de blocage. »
- 8:00G.AttalFait
« Cette dissolution, je ne l'ai pas choisie mais j'ai refusé de la subir. »
- 9:00N.Saint-CricqFait
« Dans la lettre, c'est: "Débrouillez-vous." »
- 10:00O.PérouFait
« En faisant cette dissolution, il a trouvé le petit interstice pour créer une crise institutionnelle. »
- 11:00F.RuffinFait
« J'en appelle à M.Tondelier, F.Roussel, O.Faure, M.Bompard, pour qu'on se mette derrière une bannière Front populaire. »
- 12:00N.BeytoutFait
« Ils ont été en partie élus par ce fameux front républicain. »
- 13:00N.BeytoutFait
« La seule solution, ce serait une majorité d'abstention. »
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et plus vite pour d'autres... - A.-E.Lemoine: C'est bien la première fois...
On reprend notre sérieux. Vous pouvez partir, maintenant. 4 semaines, 3 journées d'élection, 1 France chamboulée et inquiète.
Le président voulait clarifier. On l'accuse d'avoir provoqué le chaos. L'extrême droite a cru décrocher Matignon.
La gauche revendique la victoire mais n'a pas trouvé de capitaine pour son équipe unifiée. Les macronistes, déboussolés, veulent rester dans la course. Ce soir, le 12 juillet, la France cherche toujours un Premier ministre.
Pourtant, ce ne sont pas les candidats qui manquent. - J.Bardella: Si les Français nous font confiance, s'ils me font l'honneur d'être leur Premier ministre, je serai le Premier ministre de chacun d'entre eux. - J.-L.Mélenchon: Je viens de dire que je m'en sens capable, mais je ne m'impose pas. - F.Ruffin: Je m'en sens capable aussi.
S'il y a un consensus qui aboutirait à un nom, je suis prêt à prendre la place qu'on souhaitera pour transformer la vie des gens. - R.Glucksmann: Je pense à L.Berger. - F.Roussel: Il y a plusieurs personnalités parmi vous qui pourraient être capables de construire une majorité, de tendre la main, de rassembler. - Vous en faites partie? - F.Roussel: J'ai dit que j'étais capable de faire ça. - O.Faure: Je suis prêt à assumer cette fonction.
Mais ce sera dans le dialogue avec nos partenaires. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'on a vu le futur Premier ministre dans ceux qui sont intervenus? - O.Pérou: Non, ou si on l'a vu, il ne restera pas longtemps en poste.
On se demande tous qui sera Premier ministre. Mais la vraie question, c'est: combien de temps va-t-il rester Premier ministre? Aucun de ceux qu'on a vus n'a la majorité numérique pour gouverner, pour réformer à l'Assemblée nationale.
Sa durée de vie est limitée au pire à 24 heures ou, au mieux, à un mois, voire jusqu'au vote du budget. La somme des adversaires des gens qu'on a vus est forcément majoritaire par rapport à eux. Ils risquent la motion de censure. - A.-E.Lemoine: C'est ingouvernable? - N.Beytout: Ca l'est d'autant plus que tous ces Premiers ministres ont tous dit qu'ils gouverneraient avec l'ensemble du NFP qui contient un répulsif puissant: LFI, dirigée par J.-L.Mélenchon et M.Bompard. - A.-E.Lemoine: Qui est maintenant inclus dans la liste. - N.Beytout: Ils sont 4 potentiels candidats au nom LFI.
Toutes les autres forces politiques hors du NFP disent: "Hors de question. Motion de censure s'il y a un ministre de LFI." - A.-E.Lemoine: Quel que soit le temps que laisse E.Macron aux coalitions de se constituer?
Même s'il laisse le temps au temps, on ne trouvera pas de résolution durable? - C.Vigogne Le Coat: On verra.
On a l'impression que chaque parti politique, chaque camp politique réfléchit avec les siens sans conciliabules extérieurs, là où on aimerait les mettre dans une salle fermée en leur disant: "Vous ne sortirez que quand vous aurez un Premier ministre." On voit mal quel consensus il peut y avoir. On entend qu'il pourrait y avoir un Premier ministre à l'italienne, une personnalité qui pourrait être respectée hors partis, comme des dirigeants d'une organisation internationale...
Ca fait partie... - N.Saint-Cricq: Draghi avait été adoubé par le gouvernement. - A.-E.Lemoine: Pendant ce temps, le président de la République s'exprime par écrit dans une lettre adressée aux Français et publiée dans la presse régionale.
Hier, à l'issue du sommet de l'Otan, il a esquivé toutes les questions sur la situation politique actuelle en France. - Le NFP devrait dévoiler le nom d'un Premier ministre demain. Vous nommerez à Matignon cet homme ou cette femme qui sera désigné? - E.Macron: Je ne ferai aucun commentaire depuis Washington sur la situation politique intérieure. - Vous êtes optimiste?
Qu'est-ce que vous diriez du calendrier, de la date limite que vous attendez pour nommer ce nouveau gouvernement? - E.Macron: Je ne voudrais pas que vous vous sentiez obligé de me poser aucune question sur l'Otan, la défense, l'Ukraine...
Ne vous sentez pas réfréné. - Ca veut dire que vous dites ce soir que LFI n'intégrera pas le gouvernement français, même si c'est ce que vous demande une partie des forces politiques françaises qui estiment être arrivées en tête? - E.Macron: Je ne répondrai pas davantage à des questions de politique intérieure.
Je ne peux pas vous reprocher d'avoir essayé. - A.-E.Lemoine: C'est la première fois qu'il ne fait pas de commentaire sur la situation politique. - N.Beytout: Il est très embarrassé.
Il est arrivé en position de grande faiblesse au sommet de l'Otan. Ses homologues lui ont beaucoup posé de questions sur ce qui peut se passer et quelle part la France doit conserver dans ce système de défense crucial au moment où l'Ukraine est attaquée par la Russie. - A.-E.Lemoine: Est-ce que les Français comprendront que, si le NFP se met d'accord sur un nom, E.Macron laisse encore traîner les choses? - C.Vigogne Le Coat: Les Français auront du mal à comprendre qu'on reste dans une situation de blocage.
Il y a une envie forte d'éclaircissement, d'avoir un chef et un gouvernement à la tête du pays qui surpassent toutes les craintes par rapport à tel ou tel gouvernement. Il y a l'envie d'avoir une réponse aux questions au moins à l'issue de l'été. - A.-E.Lemoine: Les Français comprennent-ils encore E.Macron?
A-t-il dissous la Macronie en même temps que l'Assemblée nationale? Est-il plus seul et isolé que jamais? - E.Macron: Certaines décisions se font seul.
C'est ainsi qu'elles peuvent se faire. - B.Le Maire: Ce n'est pas une décision qui a été prise en me consultant. - G.Attal: Cette dissolution, je ne l'ai pas choisie mais j'ai refusé de la subir. - On aurait pu faire ça plus tôt ou plus tard. - Les Français ne veulent pas la chienlit! - E.Macron: Moi non plus. - G.Attal: Je mène cette campagne en tant que chef de la majorité. - E.Macron a choisi la forme de la lettre aux Français pour s'exprimer. ... - G.Attal: Je remettrai demain matin ma démission au président. - La Macronie est terminée.
Le macronisme, c'est fini. - Cette formidable promesse n'a pas été tenue. En tout cas, elle n'a pas rempli tous les effets qu'on aurait pu attendre. - E.Philippe: D'une certaine façon, le président de la République l'a dissoute. - A.-E.Lemoine: Un mot sur la lettre? - N.Saint-Cricq: Au début, les Français pouvaient se dire qu'on ouvre...
Dans la lettre, c'est: "Débrouillez-vous." - A.-E.Lemoine: C'est Ponce Pilate? - N.Saint-Cricq: Ca a un côté: "Vous êtes bien sympathique..." Les Français vont lui dire que c'est lui qui les a mis dans cette situation.
La situation économique ne peut pas traînasser pendant 107 ans. - O.Pérou: C'est là le grand talent d'E.Macron.
On a une Ve République construite d'une telle manière à ce qu'il n'y ait pas de crise institutionnelle. En faisant cette dissolution, il a trouvé le petit interstice pour créer une crise institutionnelle qui pose un problème fondamental. Les Français ne comprennent plus leurs institutions.
La carte du vote au premier tour qui met majoritairement le vote RN et le basculement total au 2e tour, où les Français votent différemment...
Les Français ne comprennent plus comment les institutions fonctionnent. Il y a une ambiance de fin de Ve. Le président ne peut que présider.
Or, il gouverne. Il fait de la politique. Ce n'est pas possible. - A.-E.Lemoine: Fin de règne, fin de Macronie, fin de Ve? - N.Beytout: Je ne pense pas, fin de Ve République.
Le "en même temps" est fracassé. Les fidèles et les troupes se sont retournés contre le président. Ca m'est arrivé souvent d'entendre des ministres dire du mal de leur président.
Mais à ce point-là... - A.-E.Lemoine: B.Le Maire, G.Attal... - N.Beytout: En public et en privé, c'est une dévastation. - A.-E.Lemoine: C'est quoi, le pire que vous avez entendu? - N.Beytout: C'est le fait qu'ils ont perdu tout lien d'affection, toute fidélité.
Ils considèrent qu'il a fait le geste le plus égoïste qui soit. Il s'est essuyé les pieds sur 7 ou 8 ans de vie politique qu'ils lui ont donné. C'est terrible. - C.Vigogne Le Coat: On entend parler d'hubris, de déconnexion totale, de vanité présidentielle, d'un président isolé, de narcissisme... - N.Saint-Cricq: Les députés ou même les ministres disent: "Il nous amène à l'abattoir.
Qu'il se démerde." Ils ne veulent plus en entendre parler, sauf R.Ferrand et F.Bayrou, qui restent fidèles. - A.-E.Lemoine: L'image que vous retenez de cette campagne, c'est le président version "Top Gun", veste en cuir et casquette pour aller voter.
Un président qui vous a fait penser à un grand classique de C.Aznavour, "Mes emmerdes". ...
Pourquoi cette chanson? - N.Beytout: C.Aznavour raconte l'histoire de quelqu'un qui a fait une ascension en s'appuyant sur ses amis et qui les a oubliés, ses amis, ses amours, ses emmerdes.
Il a gâché tout ce qui a fait son plaisir de vivre, son succès et ce qu'il est devenu comme personnage. - A.-E.Lemoine: Camille, quand on vous a demandé un mot pour résumer ces 33 jours, vous avez choisi "vertige".
Pour la première fois, on a vraiment cru que le RN pouvait accéder au pouvoir. Tout s'est enrayé en une semaine pour finir 3e. Retour sur un parcours en forme de montagnes russes. ...
On n'a pas le magnéto? - J.Bardella: En 3 mots: nous sommes prêts. - On veut essayer quelque chose de nouveau. - Il ne faut pas amalgamer le fait que le RN de maintenant n'est plus le RN de l'autre fou, de Jean-Marie. - Elle n'aurait pas dû être ministre du fait de sa double nationalité? - J.Bardella: Il y a parfois des brebis galeuses. - Je voyais une candidate avec une casquette nazie sur la tête. - M.Le Pen: La marée monte.
Notre victoire n'est que différée. - A.-E.Lemoine: Autrement dit, c'est une "fausse défaite", une défaite "en trompe-l'oeil" et 2027 lui tend les bras?
C'est ce qu'elle dit? - C.Vigogne Le Coat: C'est un élément de langage lepéniste qu'on entend à chaque lendemain de soirée électorale.
J'ai passé quelques soirées électorales...
J'étais avec elle aux résultats du second tour des législatives. Ils ont choisi publiquement de relativiser cette contre-performance du second tour en rappelant que 10 millions de Français ont glissé dans les urnes un bulletin du RN. Ils passent de 89 députés à 143.
Pour un parti qui a connu des défaites très lourdes, ça n'en est pas une. Il y a la résurgence du front républicain qui, pour eux, est une mauvaise nouvelle. Une mobilisation très forte de Français qui ont voulu faire barrage.
C'est un concept qu'on pensait dépassé. On l'avait enterré trop vite. On l'a vu ressurgir à l'aune de cette campagne. - A.-E.Lemoine: Ce front républicain qu'on croyait moribond...
Mais voilà que la jeunesse de 2024 a fait de cette chanson de 2004 son hymne. ...
Pourquoi le front républicain a mieux marché? - C.Vigogne Le Coat: Ca a permis de réactiver le fait que, dans le parti, il reste une certaine dose de radicalité, que le parti n'est pas lisse, normalisé, professionnel, comme le clament J.Bardella sur les plateaux de télé et M.Le Pen.
Il y a aussi l'éminence de la possibilité d'une victoire d'un parti qui était arrivé en tête dans plus de 1 circonscription sur 2 au premier tour. L'arc républicain, le front républicain n'a pas fonctionné partout. Il faut regarder une carte électorale dans le détail.
Ca a fonctionné là où il y avait une marge de progression. Dans le Nord et le bassin méditerranéen, on a des candidats RN qui ont gagné, y compris en duel. Ca reste inédit dans ces proportions. - N.Beytout: Ce qui a réveillé le front républicain, qui était mort, qui s'était largement effondré en 2022, c'est la proximité du pouvoir du RN et, surtout, cette dynamique.
Des élections, c'est une dynamique. Ce qui s'est créé entre les européennes, forte dynamique RN, et le premier tour des législatives, donnait une dynamique qui faisait penser à une grande partie de la population que cette fois-ci, c'était la bonne pour le RN. Ca donnait un sentiment de danger.
L'autre élément qui a joué et qui laissera des traces, c'est cette déclaration de G.Attal qui rentre dans la réflexion de tous ceux qui ne voulaient pas du RN: "Votez LFI, cette fois-ci, ils ne pourront pas gagner." Beaucoup de Français ont voté pour des gens qu'ils ne voulaient pas, uniquement pour faire barrage face au RN. - N.Saint-Cricq: Le programme était sans arrêt...
Il y avait déjà la vieille trace de M.Le Pen avec l'Europe...
Sur les retraites, surtout, il y a eu sans arrêt... - N.Beytout: Oui, mais c'est une façon de capter...
C'est le parti attrape-tout. C'est un parti qui est premier en nombre de voix dans toutes les catégories de population et les classes d'âge. C'est le résultat...
Ils ont travaillé avec une gomme. Ils ont écrit leur programme avec une gomme. Toutes les aspérités ont été mises à la poubelle. - C.Vigogne Le Coat: Il y avait encore le droit du sol...
Il y avait la préférence nationale... - N.Beytout: Il y a 2 campagnes pour le RN.
Il y a la première campagne qui est une dynamique forte vers le premier tour de l'élection législative. La mécanique s'inverse avec le front républicain et avec l'histoire des binationaux, les "zozos", les "dingues"...
Je n'épilogue pas. Entre les 2 tours des élections législatives, on a la même campagne qu'entre les 2 tours de la présidentielle de 2022. - M.Bouhafsi: Vous enquêtez depuis plusieurs années sur l'extrême droite.
On entendait parler depuis 2 ans du plan Matignon. Les Français ont constaté l'impréparation et le manque de crédibilité de certains députés. On parle des erreurs de J.Bardella.
Est-ce que cette campagne va laisser des traces chez J.Bardella et M.Le Pen quand on sait...
J.Bardella pensait déjà à 2027. Il peut y avoir des traces entre les 2? - C.Vigogne Le Coat: Je n'ai pas senti de tension dans le duo.
Ils ont conscience des choses. Pour J.Bardella, c'est la première relative défaite...
C'est la vraie première contre-performance qui sera associée à son nom. Il a endossé la responsabilité des erreurs. On va avoir une réorganisation interne qui va permettre de faire du ménage.
Il y a déjà eu une annonce de démission. Gilles Pennelle, le secrétaire général du parti... de cadres compétents, c'est une arlésienne dans le parti. "Vous réfléchissez encore comme si c'était le FN..." - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas le RN qui est arrivé en tête, c'est le NFP, une union montée en 4 jours. - F.Ruffin: J'en appelle à M.Tondelier, F.Roussel, O.Faure, M.Bompard, pour qu'on se mette derrière une bannière Front populaire. - O.Faure: Avec des gens qui se respectent. - R.Glucksmann: On ne va pas refaire la Nupes.
Il y a eu une inversion des rapports de force. - S.Rousseau: Le moment est grave.
Il faut que tu gagnes. - M.Tondelier: Nous avons réussi à nous mettre d'accord. - Il est de retour. - Je suis heureux de vous revoir. - Cette union a présenté son pouvoir. (-Abrogation de la réforme des retraites.) - A.Corbière et R.Garrido n'ont pas été investis par LFI dans leur circonscription. - L'alliance avec LFI, ça ne passe pas. - J.-L.Mélenchon est un boulet? - R.Glucksmann: C'est un problème immense. - J.-L.Mélenchon: Je fais partie de la solution, pas du problème. - On a vécu 3 semaines dures parce qu'on a un boulet. - J.-L.Mélenchon: Quand le vent souffle fort, il emporte aussi les girouettes. - A.-E.Lemoine: Un Front populaire qui a permis de faire barrage au RN est arrivé en tête.
Le NFP...
E.Macron avait pourtant parié sur les gauches irréconciliables. Il s'est trompé. - O.Pérou: E.Macron dit souvent qu'il adore l'histoire politique française.
Si on regarde l'histoire politique française, de tout temps, la gauche, face au spectre de l'extrême droite, s'est réunie, malgré ses nombreuses différences. L'élément déclencheur de la création du NFP, ce n'est pas l'annonce de la dissolution. C'est E.Ciotti qui ouvre la possibilité de l'union des droites.
Ce jour-là, quand E.Ciotti fait cela, ceux qui étaient anti-Mélenchon, de R.Glucksmann à C.Delga, se sont dit qu'il fallait faire une alliance.
Il y a eu une inversion des rapports de force au sein de la gauche. Quand les socialistes sont entrés en négociation, ils sont rentrés gourmands. Ils ont réclamé beaucoup.
Les négociations ont été très dures, même très violentes. Parmi les négociateurs, il y avait un personnage qui n'est pas membre du PS mais qui connaît très bien J.-L.Mélenchon: B.Payan.
C'est le maire de Marseille. Il est assez malin. Il est très dur à la négociation.
Il avait été capable de faire le printemps républicain. Il avait bataillé très fort avec les insoumis marseillais. Il est arrivé aux négociations.
Ils n'ont pas laissé les clés de la négo à O.Faure, qui aurait pu céder plus facilement à J.-L.Mélenchon.
J.-L.Mélenchon a recédé du terrain aux sociaux-démocrates.
Il a vu le retour de F.Hollande. - N.Saint-Cricq: A se demander si, depuis le début, il n'est pas inscrit que J.-L.Mélenchon et LFI feront capoter l'affaire en disant: "Je recule, je reviens..." - O.Pérou: Leurs électeurs ne comprendront pas. - N.Saint-Cricq: Est-ce que le but de J.-L.Mélenchon n'est pas d'attendre 2027, 2026? - O.Pérou: Ca marche quand les socialistes sont faibles et les Ecologistes aussi. - N.Saint-Cricq: Vous croyez que ça va marcher? - O.Pérou: Je ne sais pas.
Mais les socialistes ont remis une main sur le flambeau de la gauche. J.-L.Mélenchon aujourd'hui n'est pas le roi du cimetière.
Il n'est pas le seul à gauche à ouvrir des possibilités de gouvernance. - P.Lescure: On passe à droite.
On revient à E.Ciotti, qui a provoqué le divorce, un divorce chez Les Républicains, en s'alliant avec le RN. Est-ce qu'il leur a rendu service ou il les a affaiblis, ces LR? - N.Beytout: Si on compte le nombre de députés qui ont survécu à cette vague terrible, il leur a rendu service.
Ils ont été en partie élus par ce fameux front républicain. Je pense qu'il pourrait rendre service à terme aux Républicains si ça permet de clarifier les choses. La voie est libre pour L.Wauquiez. - P.Lescure: Qui, visiblement, vise 2027. - N.Beytout: Il ne veut pas de coalition.
Il est prêt à fixer un certain nombre de domaines sur lesquels il laisserait faire un gouvernement. A la question que vous posiez sur le temps qu'un gouvernement pourrait tenir...
La seule solution, ce serait une majorité d'abstention. On n'a pas les extrêmes de droite, on n'a pas les extrêmes de gauche, et il y a un gouvernement qui n'est majoritaire sur rien mais qui peut essayer de bâtir un programme de bric et de broc, sur lequel il y aura toujours une majorité d'abstention, ou en tout cas suffisamment pour que les voix majoritaires soient supérieures à l'addition du RN et de LFI. Ca peut permettre de tenir quelques semaines, peut-être quelques mois.
Ce n'est pas très ambitieux. Par rapport aux enjeux qui sont ceux de la France, en particulier budgétaires, dont on a le souffle froid de Bruxelles sur la nuque dès lundi, ce n'est pas terrible. - O.Pérou: Les petits groupes sont très importants.
Ce sont des groupes pivots. Si on a des petits groupes, on peut faire passer des textes. On se souvient de Liot.
On allait souvent les séduire pour faire passer des textes. - C.Vigogne Le Coat: Personne ne peut dire qui est vraiment le chef de la droite française et quel projet ils portent pour la France.
C'est la grosse claque qu'ils se sont pris dans la figure avec le départ d'E.Ciotti. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 3.
Emmanuel Macron