Interview événement avec Volodymyr Zelensky
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 47 %Attaque 33 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous des Européens ? La paix est-elle imaginable en 2026 ?
- 0:24OuverteRéponse partielle
Comment vous vivez, vous, Volodymyr Zelensky, toutes ces épreuves sur le plan personnel ?
- 0:36OuverteRéponse directe
Si vous prenez la parole aujourd'hui, est-ce que c'est aussi pour dire aux Français « Ne vous détournez pas de ce qui se passe en Ukraine, ne nous oubliez pas » ?
- 3:17OuverteRéponse directe
Est-ce que vous la trouvez légitime, cette guerre au Moyen-Orient, avec des buts de guerre qu'on a du mal à comprendre ?
- 3:23RelanceRéponse directe
Est-ce que vous la comprenez, cette guerre décidée par les États-Unis et par Israël ?
- 5:06RelanceRéponse directe
Vous considérez qu'il y a un deux poids, deux mesures. Vous aimeriez que Donald Trump ait la même sévérité à l'égard de Vladimir Poutine qu'il n'en a à l'égard d'autres dirigeants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Invité politiqueFait
« Je suis reconnaissant envers Emmanuel Macron et son équipe pour toute cette aide et son soutien à l'Ukraine depuis le début de cette guerre. »
- 2:56Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, l'Ukraine, sur le plan des drones, est un leader. »
- 6:48Invité politiqueFait
« Poutine profite des prix sur les hydrocarbures. Deuxièmement, fournit des déchets à l'Iran. »
- 7:30Invité politiqueFait
« Si on devait regarder cette situation de manière simple, bien, vous levez les sanctions de contrôle, Poutine gagne de l'argent, Poutine investit cet argent dans l'armement exclusivement. »
- 8:33Invité politiqueFait
« Les pays de l'Union Européenne doivent tenir ensemble. Il y a 27 pays. Il y a une Union puissante. »
- 10:06Invité politiquePromesse
« Ce que nous voulons, c'est la protection des civils. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Je présente mes condoléances assez proches à votre pays. Nous avons discuté avec Emmanuel Macron aujourd'hui sur comment pourrions-nous aider la partie française avec les drones intercepteurs. »
- 16:41Invité politiqueFait
« Il faut faire preuve de force, leur mettre à sa place. »
- 17:22Invité politiqueFait
« J'ai toujours dit qu'il fallait exercer davantage de pression sur Poutine. »
- 25:10Invité politiqueFait
« On a toujours dit que quelle que soit la solution, c'est le peuple qui décidera au cours d'un référendum s'il y a des défis importants. »
- 28:38Invité politiqueFait
« La France ne pourra rien faire sans l'OTAN ou alors l'OTAN va éclater. »
- 29:13Invité politiqueFait
« Nous avons utilisé différentes armes, les armes américaines, nous avons toujours rendu des comptes à la France pour dire ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas. »
- 36:53Invité politiqueFait
« je pense qu'on compare les gens quand on les aime ou quand on les déteste »
- 37:12Invité politiqueFait
« j'aimerais qu'on se souvienne de moi que le peuple ukrainien se souvienne de moi et qu'il s'en souvienne de manière positive »
- 37:31Invité politiqueFait
« je considère que la défense de notre indépendance c'est déjà une victoire pour notre état »
- 37:55Invité politiquePromesse
« je souhaite que mes enfants et mes petits-enfants j'espère en avoir et qu'ils vont vivre en Ukraine »
Temps de parole
- Invité politique54 %
- Présentateur27 %
- Invité19 %
≈ 5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour M. le Président. Bonjour. Merci d'avoir choisi France Inter pour prendre la parole aujourd'hui dans ce studio de la Maison de la Radio. Depuis plus de 4 ans, chacune de vos prises de parole dans un média français est un événement pour mesurer le courage du peuple ukrainien qui résiste face à la Russie, le vôtre aussi. On a beaucoup de questions à vous poser. Qu'attendez-vous des Européens ? La paix est-elle imaginable en 2026 ? Comment vous vivez, vous, Volodymyr Zelensky, toutes ces épreuves sur le plan personnel ? Mais d'abord, vous avez donc rencontré Emmanuel Macron alors que le Moyen-Orient s'embrase, les frappes américaines, israéliennes sur Téhéran continue.
Si vous prenez la parole aujourd'hui, est-ce que c'est aussi pour dire aux Français « Ne vous détournez pas de ce qui se passe en Ukraine, ne nous oubliez pas » ?
Tout d'abord, je voudrais remercier les Français.
Je suis reconnaissant envers Emmanuel Macron et son équipe pour toute cette aide et son soutien à l'Ukraine depuis le début de cette guerre. Je suis reconnaissant aux gens, aux Français. À mon avis, le plus important, c'est qu'il y ait un dialogue entre les gens, qu'il y ait une confiance. C'est là-dessus que se base tout le reste, qu'on partage les mêmes valeurs. De mon point de vue, les Français, les citoyens français ont soutenu les citoyens ukrainiens. Ce n'est pas tant des institutions, une question de déclaration tonitruante. Les gens soutenaient le fait que les Ukrainiens devaient résister à cette occupation russe, au meurtre des simples citoyens.
Il est très important que la France ait ressenti ça de manière douloureuse.
Bien sûr, ils ne l'ont pas ressenti de la même manière que les Ukrainiens. La guerre n'est pas sur votre sol. Mais il y a quand même des parallèles historiques. Et les Français savent ce que c'est. Nous, malheureusement, nous ne le savons pas que par le passé. Nous le ressentons aujourd'hui. Je suis très reconnaissant aux journalistes français, à vos collègues. Je suis tout à fait d'accord avec vous. Toute guerre, vous vous souvenez de l'histoire, la guerre entre Israël et les Palestines. Nous comprenons qu'aujourd'hui, le Proche-Orient et cette guerre détournent l'attention de l'Ukraine.
Nous devons être sincères, car quand on a envie de combattre un problème, il faut d'abord le reconnaître. Je suis parfaitement conscient que les défis sont importants. Sur le cas de l'Iran, le fait que nous allons manquer de moyens de défense anti-aérienne qui sont déjà utilisés dans le Proche-Orient, tout ça, ce sont des défis. Ce que je peux dire aux Français, c'est que je leur suis reconnaissant. Aujourd'hui, l'Ukraine, sur le plan des drones, est un leader. Nous partageons nos connaissances avec les Français, car vous nous avez soutenus dès le début.
Et on va parler, Volodymyr Zelensky, des conséquences de ce qui se passe au Moyen-Orient sur l'Ukraine. Vous parliez de la question des drones il y a un instant, c'est essentiel. D'abord, pour comprendre votre regard, est-ce que vous la trouvez légitime, cette guerre au Moyen-Orient, avec des buts de guerre qu'on a du mal à comprendre, les conséquences dans la région, le risque de chaos ? Est-ce que vous la comprenez, cette guerre décidée par les États-Unis et par Israël ?
C'est une question de lutte contre des régimes criminels.
Je sais que les discussions sont multiples, les disputes, mais de mon point de vue, cette guerre doit être terminée. C'était notre message dès le départ. Nous savons que tout conflit, toute opération, tout combat, si on ne l'arrête pas dès le départ, ça peut mener à une guerre longue. C'est la raison pour laquelle l'opération de changement du régime, lancée par les Américains, peut dégénérer en une grande guerre. Il faut trouver des forces nécessaires, des forces diplomatiques pour mettre fin à cette guerre le plus vite possible. Sinon, elle va s'étendre, les criminels doivent être punis. Et comme nous parlons de justice, eh bien, il est juste de punir les criminels.
Mais malheureusement, tous les criminels ne sont pas punis. Et le côté sélectif, à mes yeux, n'est pas correct. Je pense qu'il doit y avoir un regard ouvert pour tout régime criminel qui emprisonne les gens, qui les torture, qui détruit les libertés, qui attaque les autres pays, qui les menace, qui menace l'arme nucléaire, etc. Je pense que tous ces régimes doivent être remis à leur place. Et le régime iranien en fait partie. Mais nous ne voyons pas le même traitement à l'égard du régime russe.
Oui, vous parlez de régime criminel. Vous considérez qu'il y a un deux poids, deux mesures. Vous aimeriez que Donald Trump ait la même sévérité à l'égard de Vladimir Poutine qu'il n'en a à l'égard d'autres dirigeants, dictateurs, Nicolas Maduro au Venezuela, l'ayatollah Ramenei en Iran ?
Oui, je considère qu'il y a différents formats de dialogue. Je considère tout d'abord qu'il y a le droit international qui doit être au-dessus de tout. Et si le droit de passé ne fonctionne pas, il y a d'autres dialogues. Si ces dialogues ne fonctionnent pas, alors on peut entreprendre des opérations. Mais si nous devons être ouverts, tous les terroristes du monde doivent savoir qu'il y a un plan A, B, et il y aura un plan C. Si vous n'acceptez pas le plan A, le plan civilisé, ni le plan B, le plan le plus soft, à ce moment-là, on viendra au plan C.
Mais nous devons être honnêtes et avoir à l'égard de tout le monde le même traitement, la même attitude, quelle que soit la question énergétique ou autre.
Justement sur les questions énergétiques, ça fait partie des conséquences de la guerre au Moyen-Orient. La question du pétrole. Les Etats-Unis ont décidé de lever temporairement les sanctions sur une partie du pétrole russe, ce qui a donc comme effet immédiat d'enrichir la Russie de Vladimir Poutine. Donc en fait, Volodymyr Zelensky, cette guerre au proche Moyen-Orient, même si vous soutenez ses objectifs, c'est une aubaine pour Vladimir Poutine. Il s'en félicite ?
Je suis tout à fait d'accord. Tout d'abord, c'est un allié de l'Iran, du régime iranien. Je veux dire, je ne parle pas du peuple, bien évidemment.
Et le peuple, c'est des gens simples qui ont besoin de calme et ils ne souhaitent pas la guerre. Poutine profite des prix sur les hydrocarbures. Deuxièmement, fournit des déchets à l'Iran. Et nous savons, nos renseignements nous l'assurent. Et nous avons vu déjà les résultats des frappes sur les pays voisins de l'Iran, les pays du Proche-Orient. L'Iran a transmis des milliers de drones russes avec lesquels il tuait nos civils ou frappait nos infrastructures énergétiques ou autre. Maintenant, c'est l'inverse. La Russie transmet des armes.
Nous venons d'avoir une conférence de presse avec Emmanuel Macron et j'ai dit que de mon point de vue, si on devait regarder cette situation de manière simple, bien, vous levez les sanctions de contrôle, Poutine gagne de l'argent, Poutine investit cet argent dans l'armement exclusivement et nous en sommes conscients. Il met cet argent dans les chèdes et il prend ces drones pour les transmettre à l'Iran et le régime iranien les utilise pour frapper les bases américaines et les européens. Alors où est la logique ? C'est quoi ce cercle vicieux ? À mon sens, lever les sanctions de la Russie, ce n'est pas bon.
Tenir bon. Il faut tenir bon sur les sanctions à des pays européens qui pourraient, parce que vous parliez de ces Européens qui s'inquiètent du prix à la pompe, qui pourraient dire qu'il faudrait peut-être là lever le pied sur les sanctions. Il faut tenir.
Je considère qu'il ne faut pas seulement tenir.
Un pays ne peut pas tenir sans être suffisamment fort et a suffisamment les moyens de refuser tout ce que la Russie demande. Les ultimatums sont nécessaires. Les pays de l'Union Européenne doivent tenir ensemble. Il y a 27 pays. Il y a une Union puissante. Vous avez tous les moyens aujourd'hui sur le continent européen de tenir et de garantir la sécurité. Un pays qui peut être un peu plus fort dans le domaine énergétique devrait soutenir son voisin. Un pays qui a davantage de drones doit soutenir son voisin. Celui qui a une défense antiaérienne plus importante doit soutenir. C'est pour ça que ça s'appelle l'Union Européenne.
Sur la question des drones, les bases américaines subissent des frappes de drones iraniens. Les pays du Golfe, vous avez même un soldat français qui est mort dans la nuit de jeudi à vendredi, touché par un drone Shahed. Ces drones que vous connaissez si bien, Volodymyr Zelensky, puisqu'il frappe l'Ukraine. Ces drones de création iranienne que les Russes ont appris à fabriquer. Vous avez proposé aux Américains, aux pays de la région, votre aide. Et là, on est dans une sorte d'inversion de l'histoire assez stupéfiante. Ça fait quatre ans que vous demandez à la communauté internationale qu'elle vous aide, qu'elle vous envoie des missiles, qu'elle vous envoie des systèmes de défense.
Et là, c'est vous qui proposez votre aide. Est-ce qu'il y a une forme de sentiment de revanche chez vous, Volodymyr Zelensky ?
C'est un sentiment totalement différent.
Je me souviens de mes sentiments les premiers jours de guerre,
lorsque nous attendions cette aide et que nous ne l'avions pas. Je sais ce que c'est, les frappes sur les civils, les drones, les missiles, tout le monde est choqué, il faut se réunir, se mobiliser. Mais nous sommes tous des êtres vivants, nous avons besoin d'aide et de soutien. A l'époque, nous avions besoin de cette aide. Aujourd'hui, la demande vient des États-Unis et des pays du Proche-Orient, qui me demandent d'aider avec les drones intercepteurs, car il y a un grand nombre de drones Shahed qui sont lancés.
Bien évidemment, nous avons réagi immédiatement, et ma réaction est toute simple.
Donc, ce qu'on nous a demandé, c'est « qu'est-ce que vous voulez en échange ? » Ce que nous voulons, c'est la protection des civils.
Ça, c'est le point numéro un, et c'est ce dont nous avions besoin dès le départ, lorsque nos concitoyens étaient en train de mourir.
Tout le monde a mis du temps à réfléchir à comment aider l'Ukraine. Là, nous avons décidé d'envoyer des experts. C'est ce qu'on nous a demandé, et nous avons réagi immédiatement. Et je vous présente bien évidemment mes condoléances. Je sais qu'il y a un militaire français qui a péri, donc je présente mes condoléances assez proches à votre pays. Nous avons discuté avec Emmanuel Macron aujourd'hui sur comment pourrions-nous aider la partie française avec les drones intercepteurs. Nous ne demandons rien à la France. La France nous a aidés. Nous aidons la France.
Il y a un an, Volodymyr Zelensky, et le monde entier était resté stupéfié devant ces images de vous au bureau Oval, face à Donald Trump, face au vice-président J.D. Vance. J.D. Vance qui n'arrêtait pas de vous dire, avec ce ton, de remercier les États-Unis, comme si au fond vous étiez ingrat. Est-ce que là, il vous a remercié, Donald Trump, pour l'aide que vous lui proposez ? Pour l'instant, non.
Je ne m'attends pas à une reconnaissance. Je pense que dans cette situation, l'essentiel est que le peuple américain nous a aidés. Et aujourd'hui, au début de cette guerre, il y a une demande de la part des Américains. Nous sommes conscients qu'il s'agit de militaires américains, de ceux qui protègent l'Amérique, et pour nous, ce sont des représentants d'un peuple. C'est une demande logique et compréhensible, et notre réaction est tout aussi compréhensible, bien qu'évidemment, on aimerait que quelqu'un nous remercie.
Mais peut-être que ça arrivera, peut-être en écoutant cette interview, Volodymyr Zelensky, ce qui est quand même frappant, et là, il faut revenir sur la relation singulière que vous entretenez avec Donald Trump, selon les jours, selon peut-être son humeur, il est capable de dire des choses épouvantables sur vous. À d'autres moments, il est capable de considérer que vous êtes presque le leader du monde libre. Un an après cette scène fondatrice, est-ce que vous avez compris le mode d'emploi pour lui parler ? Est-ce que vous pouvez nous donner le mode d'emploi pour comprendre et pour parler à Donald Trump ?
Je pense que j'ai beaucoup de choses. Je pense que j'ai compris beaucoup de choses.
Personne n'était content de ce qui s'est passé, et nous aimerions avoir avec nos partenaires une relation de type mer calme, alors que nous sommes dans une espèce de tempête constante d'émotions, de défis.
Nous devons avoir des relations stables, au moins avec nos partenaires stratégiques, les Américains, le président américain. Je considère que nous pouvons rester le partenaire stratégique,
et c'est la raison pour laquelle j'ai toujours parlé de l'Union de l'Europe et de l'Amérique sur le plan sécuritaire.
Autrement, je pense que ça sera difficile. Même l'exemple du Proche-Orient montre que, là où il y a des Américains et des Européens,
la sécurité générale doit fonctionner. C'est pourquoi je pense que nous apprenons l'un auprès de l'autre avec le président américain. Comment nous devons vivre, communiquer et nous battre. Je pense que nous sommes tous du même côté.
Est-ce que vous avez confiance en lui, Donald Trump ? Est-ce que vous diriez que... Peut-être que le mot est un peu fort, que c'est un ami ?
Je ne peux pas dire ça. Les présidents ont des relations particulières.
Emmanuel Macron, c'est votre ami ? Emmanuel Macron, c'est mon ami dans le sens
que nous traversons cette époque ensemble.
Nous réglons les problèmes, nous sommes dans une bonne relation et dans des moments difficiles.
À différents moments, nous nous sommes aidés. Et je pense que ma première visite, avant même que je devienne président, je l'ai effectué en France. Et c'est là, il y a plusieurs années, que nous avons fait connaissance.
Nous comprenons, nous sommes proches et nous entouragent aussi. Et je pense que le fait que nous ayons ce genre de relation fait que l'Ukraine et la France
sont dans un contact plus proche que pour le passé. Avec le président Trump, la situation est un peu plus difficile. Parce qu'il est plus âgé. Peut-être parce qu'il s'attend à ce qu'on instaure une relation filiale et que j'ai un rapport de fils au père. Mais moi, j'ai des enfants aussi, déjà.
Vous pensez qu'il vous voit comme son fils ?
Je ne sais pas.
Mais peut-être que le fils, pas le plus aimé de tous.
Pourquoi pas l'un de ses gestes ? Je sais qu'il aime bien me rencontrer. Certains gestes. Ah, c'est des monstratifs.
Il défend bien l'intérêt de son pays.
Vous parliez de cette rencontre avec Emmanuel Macron ce vendredi. Vous avez eu des mots très durs. C'était à Davos en janvier dernier, contre l'Europe. Une Europe qui était, selon vous, trop lente, trop timide, trop intellectuelle même. Qu'est-ce que les Européens n'ont pas compris dans la psychologie de Vladimir Poutine, dans la façon dont il fallait gérer la Russie et dans l'aide à l'Ukraine ?
Nous avons grandi dans des familles différentes.
Certains ont grandi dans des familles d'intellectuels et d'autres ont grandi dans la rue. Ce sont des faits. Les différences existent. Les leaders européens, si on devait faire une analogie, ont grandi dans des familles d'intellectuels. La Russie ne le comprend pas. Poutine ne le comprend pas.
C'est un autre homme. Pour lui, le gentleman, la légalité, ce sont des faiblesses.
C'est comme ça qu'il les perçoit. Et il ne faut pas chercher des approches, modifier les choses. Il considère que, déjà, chercher des contacts avec lui, c'est un signe de faiblesse. Et nous comprenons qu'il y ait des gens qui ne comprennent que la force, qu'il faut faire preuve de force, comme dans la rue, comme ceux qui ont grandi selon les lois de la jungle, que cela nous plaise ou non. C'est comme ça. Donc, il faut faire preuve de force, leur mettre à sa place. Mais il peut regarder son économie, il peut regarder l'économie européenne. Nous, l'Union européenne, nous sommes 27. Si, chez nous, il y a quelqu'un qui a une dissonance, eh bien, on va lui indiquer sa place.
Nous sommes une grande union. Nous assurons la sécurité chez nous. Les gens deviennent riches. Chez toi, dans ton pays, les gens sont des otages.
Ils sont pauvres. Ils n'ont pas de droits. Donc, au moins,
nous devons discuter avec lui d'égal à égal.
Et c'est alors que je pense que
ça pourrait fonctionner.
J'ai toujours dit qu'il fallait exercer davantage
de pression sur Poutine. et que ça l'incitera à parler.
Davantage de pression. Et vous venez de dire, Volodymyr Zelensky, que les tentatives de prise de contact avec Vladimir Poutine, au fond, il les percevait comme un aveu de faiblesse. Quand vous entendez Emmanuel Macron dire « Moi, je suis prêt à reprendre le contact avec Vladimir Poutine », c'est quoi ? C'est un piège qui est tendu à votre ami, celui que vous appelez votre ami, Emmanuel Macron ?
Je connais les intentions d'Emmanuel Macron et qui sont très positives. Je le comprends en tant qu'homme, en tant que politique, en tant que maître des pourparlers avec beaucoup d'expérience. Et il connaît Poutine. Il sait très bien qu'elles peuvent être les difficultés. La question est de savoir, de mon point de vue, qu'il ne soit pas seul. Car l'Europe doit dire « Nous sommes représentés lors de ces pourparlers par Emmanuel Macron. » Peut-être quelqu'un d'autre
et ses leaders représentent l'Europe. Emmanuel Macron
représente la France. Un pays fort. Mais je considère qu'avec les Russes,
il serait plus fort
de parler au nom de toute l'Europe. Est-ce que vous haïssez Vladimir Poutine ?
On me pose souvent
cette question. Et vous répondez souvent « Oui ».
Presque toujours,
pour être tout à fait honnête. Cette personne ne me touche pas. Ça m'est égal.
Ce qu'il fait ne mérite pas
les émotions.
Nous pouvons parler de la haine mutuelle. Car oui, les Russes sont radicalisés. Leur société a été radicalisée par la politique d'information. On leur a appris,
on leur a inculqué la haine des Ukrainiens parce qu'on les préparait pour cette agression. Sans remonter ce degré de haine, ils n'auraient pas pu entrer dans notre territoire et combattre les Ukrainiens. Se battre contre nous. C'était la haine qui était le moteur. Les Ukrainiens n'avaient pas cette haine. Cette haine est venue chez les Ukrainiens en réponse, avec cette colère, en réaction de cette injustice que les Russes font à l'Ukraine. C'est comme ça que je vois les choses. Il est venu avec sa haine pour nous tuer. C'est un fait. C'est ce qu'il veut. On sent ses intentions et c'est pour cette raison que nous pouvons le détester.
Mais quand il y a cette haine, vous dites et vous souhaitez dans le cadre des pourparlers en vue d'un éventuel cessez-le-feu, vous dites moi je veux rencontrer Vladimir Poutine éventuellement avec le président américain. Est-ce que quand il s'est passé ce qui s'est passé, la volonté de vous éliminer, Boucha, ces massacres, est-ce que vous pourriez le regarder dans les yeux et lui serrer la main et vous mettre autour d'une table ?
Serrer la main, c'est un signe de respect.
Je pense que nous ne sommes pas prêts à nous serrer la main. Nous ne serons jamais des amis. J'en suis parfaitement conscient et je n'en ai pas besoin.
je ne vous le veux pas. La question est du fait
que nous devons nous entendre sur cette question des pourparlers.
Nous devons trouver un compromis, sinon ça ne marchera pas. Quelle que soit son attitude, quelles que soient ses gesticulations,
je pense qu'il n'a pas assez de force pour qu'il se permette ce genre de comportement. tout le monde est conscient que derrière ces manifestations, ces gesticulations, il est beaucoup plus faible et ils n'ont pas réussi à nous conquérir, ils n'ont pas pu atteindre leur objectif militaire, donc ils ont parlé publiquement et ils n'ont pas assez de force. Alors, on a besoin tous de compromis. Nous avons suffisamment de force, mais nous manquons de détermination.
sinon Poutine aurait été rejeté sur son territoire comme les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Proche-Orient auraient dû lui dire « Camarade Poutine, tu as besoin de retourner sur ton territoire, respecter le droit international car nous tous, nous respectons l'intégralité territoriale les uns des autres. Nous pouvons nous détester, nous pouvons ne pas être des amis, nous pouvons être ou ne pas être des partenaires, mais nous nous respectons tous les intégrités territoriales les uns des autres. C'est la base des relations internationales et cette pression qui est exercée sur lui n'est pas suffisante. »
Pour avancer vers ce cessez-le-feu, vous avez Donald Trump qui a une conversation qu'il dit positive avec Vladimir Poutine. Il considère, vous, Volodymyr Zelensky, que vous êtes un obstacle. Est-ce que vous avez vraiment le sentiment qu'on a approché la possibilité d'atteindre un cessez-le-feu ? En 2026, on se pose cette question-là de ce qui pourrait débloquer des conversations, des discussions qui paraissent totalement bloquées.
de mon point de vue,
c'est comme dans la physique.
Dans la vie,
il faut faire des pas avec la moindre résistance. C'est le chemin le plus court lorsque les deux parties veulent mettre fin à la guerre. C'est ça la condition et la précondition.
Lorsque les deux parties
ont envie de finir cette guerre, alors le cessez-le-feu serait peut-être le plus juste. Ce n'est pas de la justice, mais c'est la voie de compromis la plus rapide. Car toute cette fable, tout le monde comprend très bien, même les régimes que nous avons évoqués. Tout le monde comprend ce que veut dire le cessez-le-feu là où les parties se tiennent maintenant. Ensuite, on se met autour de la table. On essaie de s'entendre.
C'est la loi dans l'histoire de l'humanité. C'est comme ça que ça a toujours fonctionné. Et si une des parties n'est pas prête
à ce compromis, eh bien c'est aussi une réponse dont on a des précédents dans l'histoire. Ça veut dire que cette partie joue, ment et veut continuer la guerre.
C'est pourquoi lorsque vous posez cette question oui ou non,
est-il possible de terminer cette guerre ? La réponse est unique. Lorsque les deux parties sont prêts à un cessez-le-feu, la guerre peut être arrêtée même aujourd'hui.
Est-ce que ça peut être en 2026 ? Oui, c'est possible. Qu'est-ce qu'il faut
faire pour cela ? Pour que les deux parties le souhaitent, l'Ukraine le confirme publiquement, la Russie ne le confirme pas, il faut faire les pas nécessaires pour obliger la Russie à vouloir mettre fin à la guerre.
vous parlez de ce que les parties seraient prêts à céder. Est-ce que vous, Volodymyr Zelensky, quand on est président de l'Ukraine, on peut avoir des convictions, parfois il faut prendre des décisions impopulaires. Est-ce que vous pourriez dire à votre peuple, qui est évidemment, c'est tout à fait légitime, extrêmement attaché à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, dire on ne pourra pas arrêter cette guerre sans céder le Donbass ?
Vous voulez dire
récupérer le Donbass ou le donner ?
Sans céder le Donbass aux Russes et dire de toute façon c'est une partie de l'Est de l'Ukraine qui est perdue.
On ne peut pas parler
dans ces termes
à son peuple.
On a toujours dit que quelle que soit la solution, c'est le peuple qui décidera au cours d'un référendum s'il y a des défis importants. Je pense que nous ne devons pas mentir au peuple, nous devons lui parler franchement. le fait de quitter le Donbass n'est pas une question de compromis. C'est une question de guerre future et des risques plutôt très importants de la part de la Russie de continuer la guerre et l'occupation avec un résultat plus positif et supplémentaire pour la Russie car quitter le Donbass c'est quitter les zones fortifiées et donc la zone urbanisée. Et quand on quitte la zone urbanisée, et bien les militaires ils risquent que de mourir en cas d'attaque importante
et ils devront
ou ils devront se retirer. Pour nous, la vie humaine est au-dessus de tout. C'est pourquoi si les Ukrainiens se retirent, les Russes accéderont à cet espace et les Ukrainiens ne seront plus protégés. C'est donc une question de sécurité. Lorsque nous avons parlé avec les Américains d'une base, je leur disais toujours vous voulez que nous nous retirions ? C'est une question et si nous nous retirons est-ce que les Russes se retirent aussi ? Non.
On doit discuter
de cela avec lui. Je dis à ce moment-là aller discuter si nous nous retirons
et les Russes se retirent. Est-ce qu'au milieu il y aura des forces d'interposition
américaines ou européennes ? Est-ce que quelqu'un viendra dans cette ligne de contact ? Est-ce que vous permettrez à vos militaires de se mettre sur cette ligne de contact ? Est-ce que vous en êtes sûr ?
Ils disent on peut réfléchir là-dessus. Mais je vous réponds et je le dis en toute sincérité. Si vous proposez aux Russes qu'entre nous et eux
il y a des militaires et des russes qui partent enfin acceptent cette condition alors ça voudra dire que Poutine est prêt à cesser le feu et donc à la fin de la guerre. S'il dit ce n'est pas possible qu'il ne peut y avoir aucune présence alors il n'a pas envie de vous voir. Et ça veut dire qu'il veut continuer l'occupation. Les américains ont demandé les russes ont dit ils sont contre la présence des européens. C'est leur réponse. Ils veulent continuer. Ils veulent poursuivre.
Volodymyr Zelensky vous rendiez hommage au soutien des français tout à l'heure et c'est vrai que c'est un peuple qui soutient l'Ukraine même si on commence à voir dans certaines enquêtes d'opinion peut-être une forme de lassitude. Pour la première fois en février dernier le soutien des français aux livraisons d'armes à l'Ukraine est passé sous la barre des 50% même si ça reste majoritaire il y en a davantage de français qui souhaitent qu'on continue à vous livrer des armes plutôt que l'inverse. Qu'est-ce que vous dites aux français aux auditeurs de France Inter qui se disent à quoi ça sert de continuer à livrer des armes à l'Ukraine puisque au fond le conflit semble gelé ?
C'est une décision
de la partie française exclusivement
dans quelle mesure
la France soutient l'Ukraine
Deuxièmement ce n'est pas du tout un conflit gelé
car même la question de geler le conflit
les russes
ne l'acceptent pas
ce qui veut dire
qu'ils veulent continuer et ils ne peuvent pas continuer ils sont bloqués et ils vont chercher à ouvrir d'autres fronts
et ce sera sans doute les pays de l'OTAN je suis persuadé que la France
ne pourra rien faire sans l'OTAN ou alors l'OTAN va éclater ou bien on va défendre un autre pays qui est membre de l'OTAN donc je considère que c'est très risqué pour les pays de l'OTAN ce sera déjà la guerre des pays de l'OTAN avec la Russie c'est une guerre alors mondiale même si je suis persuadé que Poutine l'a déclenché depuis longtemps
la question est de savoir
si nous parviendrons à l'arrêter et c'est la question de est-ce qu'on va impliquer entraîner les français dans la guerre mondiale est-ce que les ukrainiens font ils protègent ensuite c'est la connaissance nous avons utilisé différentes armes les armes américaines nous avons toujours rendu des comptes à la France pour dire ce qui fonctionne ce qui ne fonctionne pas et ce qui peut être changé
et vous avez modifié vos équipements qui étaient excellents
maintenant ils sont vraiment merveilleux grâce à nous les connaissances que nous avons eues sur le champ de bataille notamment avec les petits drones les drones intercepteurs tout cela n'existait pas en Europe et maintenant existe
encore un mot sur la France Volodymyr Zelensky je vais vous parler de personnalités du champ politique je ne sais pas si je vous dis Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon est-ce que ça vous dit quelque chose ? bien sûr
je les connais j'ai entendu parler d'eux
alors je vais donner deux exemples qu'est-ce que vous savez de Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon ?
je ne suis pas électeur je suis venu voir le président Macron
aujourd'hui c'est mon choix
et je pense que ça peut être ma réponse à votre question mais à vrai dire je ne voudrais pas être accusé d'intervenir
dans le processus électoral en France je suis conscient que peut-être ils ne soutiennent pas tellement l'Ukraine ou peut-être qu'ils ont d'autres visions sur ce qui se passe
mais je n'ai jamais
parlé à ces personnes
je donne deux exemples Jordan Bardella qui refusent de voter le plan de 90 milliards d'euros au Parlement européen Jean-Luc Mélenchon qui dit que vous êtes un président de rien parce qu'il n'y a pas eu d'élection en Ukraine bien sûr vous ne voulez pas vous immiscer dans le débat politique français mais l'inquiétude de voir en 2027 puisqu'on aura une élection présidentielle un président français qui ne soutiendra pas l'Ukraine
ce danger existe et nous réagissons à tout cela nous l'observons et bien évidemment l'Ukraine en dépend malgré tout
puisque de toutes les manières il s'agit d'un choix interne souverain mais la politique du président détermine quand même la politique de l'état et nous l'observons de très près nous en sommes inquiets bien évidemment
je voudrais qu'on parle Vladimir Zelensky d'un certain nombre d'épreuves que vous traversez à l'intérieur de votre pays il y a un certain nombre de scandales de corruption une opposition qui vous reproche une gestion du pouvoir trop concentré autoritaire il y a des déserteurs aussi comment est-ce qu'on vit ça quand on est un président en guerre est-ce qu'on se dit c'est ça le fait d'être une démocratie mais ces critiques là elles existent la critique existe
mais la critique est ouverte et le fait même que vous soyez au courant témoigne du fait que nous sommes un pays démocratique
car il n'y a pas de critique
en Russie par exemple et c'est ça la grande différence même en temps de guerre lorsque la guerre limite les droits des citoyens malheureusement c'est un fait il y a la mobilisation les gens doivent être en Ukraine défendre leur pays c'est leur devoir constitutionnel lorsqu'ils réunissent les conditions de conscription donc bien évidemment il y a des limitations des droits et des libertés en temps de guerre mais vous savez quand on regarde la Russie quand il n'y a pas d'institution quand tout est entre les mains d'une personne toutes les décisions sont prises par cette personne peut-être que certains processus sont accélérés et sont plus rapides chez nous c'est différent mais c'est normal et c'est la vie
quelques questions peut-être plus plus personnelles Volodymyr Zelensky nos auditeurs vous connaissent ils vous ont entendu ils vous voient depuis le début de la guerre il y a il y a 4 ans mais peut-être quelques questions un peu plus intimes je voudrais d'abord pour commencer Volodymyr Zelensky vous faire écouter une musique
c'est le générique
de la série Serviteurs du Peuple dans laquelle vous jouiez un président on est en mars 2026 vous avez l'impression que c'est j'imagine une éternité quand vous entendez ça est-ce que vous vous dites vous êtes toujours la même personne vous avez tellement changé celui qui était avec son Natashe Kess et à qui on disait du jour au lendemain ça y est vous allez être président ukrainien et qui est arrivé un peu pâteau qui ne savait pas prendre le bon tapis rouge c'est plus le même
j'ai beaucoup changé
en raison de la guerre
je ne peux pas dire que j'ai changé quand je suis devenu président
donc je comprenais les défis de ce nouveau rôle il y a une vision du monde du développement du pays mais la guerre a tout modifié
et bien
qu'est-ce que je peux y faire c'est comme ça il y a des choses sur lesquelles on se concentre
on pense à une chose en temps de paix et en temps de guerre on pense uniquement à comment survivre aujourd'hui comment faire en sorte que demain soit plus sécurisé qu'aujourd'hui comment ne pas perdre car perdre
signifie perdre des gens perdre l'état perdre l'indépendance et toutes ces années il y a eu tant de victimes déjà
tant de personnes qui ont donné leur vie qui se sont sacrifiées la guerre bien évidemment
nous a tous changé pas seulement moi en tant que président oui donc j'ai changé en tant que père en tant que mari et tout notre peuple a beaucoup changé
vous parlez de votre votre famille Volodymyr Zelensky il y a un documentaire formidable que peut-être nos auditeurs ont vu qui a été diffusé sur sur Arte et on voit un de vos proches dire Volodymyr Zelensky quand il a deux téléphones s'il y a en même temps Joe Biden qui appelle l'ancien président américain et sa mère il répond à sa mère avant Joe Biden
bon
Biden ne m'appelle plus
si il y a Donald Trump et votre mère ma mère
oui parce qu'une mère c'est sacré
si ma maman m'appelle
et bien je décroche
je ne vais pas mentir c'est quand même un peu exagéré donc je pense que la personne
qui a dit ça doit beaucoup m'aimer ma maman se vexe parfois parce qu'elle m'appelle plusieurs fois par jour et parfois c'est difficile pour moi de répondre parce qu'elle peut appeler à tout moment mais si je ne décroche pas à vrai dire il y aura 12, 16, 20 autres appels donc c'est pour ça qu'il vaut mieux décrocher rapidement car sinon maman me coincerait quelque part mais une maman ça reste une maman et c'est sacré
comment est-ce que vous aimeriez qu'on parle de vous dans les livres d'histoire dans un siècle est-ce que vous aimeriez par exemple Volodymyr Zelensky qu'on vous compare à puisqu'on est en Europe à Churchill ou au général de Gaulle
je ne sais pas
je pense qu'on compare les gens quand on les aime ou quand on les déteste
je pense que chaque personne
ressemble à personne chacun a sa vie particulière Churchill a eu une vie particulière De Gaulle aussi c'était des grands leaders du monde bien évidemment j'aimerais qu'on se souvienne de moi que le peuple ukrainien se souvienne de moi et qu'il s'en souvienne de manière positive je suis un être vivant du moins je fais tout pour pour que nous ne perdions pas cette guerre
j'aimerais que nous gagnions
je considère que la défense de notre indépendance c'est déjà une victoire pour notre état
ce que nous allons encore obtenir
ça dépend des Ukrainiens mais aussi c'est une grande responsabilité et on verra on verra ça sera comme ça sera
je considère que
je souhaite que mes enfants et mes petits-enfants j'espère en avoir et qu'ils vont vivre en Ukraine et j'aimerais beaucoup que lorsqu'on les voit et qu'on se souvienne de moi et qu'il n'ait pas honte je pense que c'est ça qui compte pour moi
merci infiniment Volodymyr Zelensky d'avoir accordé cet entretien exceptionnel à France Inter à France Inter merci pour pour votre courage merci infiniment
merci beaucoup pour cette invitation vous avez un très beau studio ça me fait vraiment plaisir merci merci