Sandrine Josso a fait condamner le sénateur Joël Guerriau à de la prison
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'ancien sénateur, je l'ai dit, qui vous a lourdement drogué en 2023, donc été condamné hier à une peine de 4 ans de prison dont 18 mois ferme sans exécution provisoire. C'est-à-dire qu'il est encore en liberté. Le tribunal a jugé qu'il vous a drogué en vue de commettre un viol ou une agression sexuelle.
Quelle est votre réaction sur la peine et comment est-ce que vous avez vécu ce procès ? Bonsoir. Bonsoir.
Alors, ce process euh bien sûr quelque chose de difficile pour moi. Oui. Euh maintenant, ce qui était important, c'était euh qu'on puisse reconnaître sa culpabilité.
Euh la peine est lourde. Voilà ce que je peux dire ce soir. Il y aura un procès en appel.
Donc, c'est pas confirmé, mais ce que je sais, c'est que son avocat a l'a dit. Hier soir. On attend la confirmation.
On l'a pas encore à l'heure qu'il est. Pas encore mais c'est ce qui semble avoir dit hier soir. Qu'est-ce qui était le plus dur à gérer pendant ce procès ?
Il a duré combien de temps le procès ? 2 jours. La première journée, c'était la plus difficile parce que je me suis retrouvée à la barre en fait vraiment à 70 cm de mon agresseur en fait.
Ça c'était assez perturbant pour moi. Et puis bah raconter de nouveau ce que j'ai vécu, ça aussi c'était c'était compliqué. Vous vous étiez pas venu tout seul et vous aviez du soutien.
Vous étiez venu, je crois qu'on a une image, vous étiez venu avec vos filles. Oui. Et puis une amie, je crois.
C'est ça. C'était important que qu'elle soit là. C'est important qu'elle soit là.
En fait, on a toujours besoin de de soutien quand on est victime. Et ça c'est la première chose, c'est à partir du moment où une victime est soutenue, elle va avoir plus de force pour s'en sortir. Et vous en aviez ?
J'en avais grâce à ces soutiens là et puis grâce aussi à mon avocat qui m'a aussi bien préparé, Arnaud Gottefroid. Euh c'était euh une expérience difficile euh que j'ai préparé euh on va dire dans les meilleures conditions possible malgré euh on va dire toute la complexité de d'une première fois dans une salle d'audience. Et puis euh j'avais aussi ce double statut, c'est-à-dire de victime et aussi de députés qui peut aussi représenter toutes les victimes de l'ombre qui n'ont pas cette possibilité de parler, qui sont marginalisés, parfois désocialisés.
Et puis du traumatisme aussi toujours présent 2 ans après les faits. 2 ans après l'effet, le traumatisme toujours présent euh qui euh en fait au fur et à mesure du temps euh bien sûr diminue, mais il faut du travail. Il faut euh aussi reconnaître que dans la société, il y a ce qu'on appelle de la victimisation secondaire en fait par manque d'empathie, parfois, vous savez, le manque d'empathie, c'est quelque part la première marge de la violence. euh minimiser euh parfois euh vous inv la victimisation secondaire.
Bien sûr. Euh à quel est-ce que vous pouvez nous donner un exemple ? C'est ça.
En fait, il y a plusieurs choses. C'est-à-dire que euh quand on parle, il faut savoir que c'est bien la libération de la parole, c'est bien, il faut vraiment féliciter les personnes qui peuvent parler, mais il y a ce que j'appelle moi vraiment le retour de bâton. Quand on parle, il y a on peut aussi appeler ça par exemple le sexisme de conséquences.
Et ça se manifeste de plein de manières. C'est-à-dire que on peut vous dire moi je l'ai vécu hein, j'habite à la Baule, à la gare de la Baule. On m'a dit mais il faut le laisser monsieur Guerriot.
Il est gentil monsieur Guerriot. En fait c'est plein de petites choses des gens qui vous croisent et qui vous disent ça. Tout à fait. où par exemple il a attendu plusieurs mois pour pour prendre sa retraite même plusieurs années et il a démissionné et justement parce que il attendait d'avoir le nombre de de mois de retraite nécessaire, c'est à ce moment-là qu'il est parti.
Et donc je me suis fait entendre dans l'hémicide que c'était bien qu'il attende d'avoir le nombre de mois suffisant de retraite pour démissionner. Vous savez, c'est c'est toutes ces choses comme ça, ces petites phrases à l'emporte pièce, on s'en rend pas compte, mais ajouter, ça fait voilà, c'est et ça c'est pas normal dans notre société. Ça ça m'interpelle.
Il y a beaucoup de choses à à changer, à commencer par l'éducation de nos enfants. Mais on va parler de de ça dans un instant. Juste avant, Juliette, tu as assisté au procès.
Oui, le procès, vous l'avez dit, il a duré 2 jours. Bah, c'était long, un intens, c'est aussi forcément un peu intéressant. On l'appelé le procès parlementaire des viols de Mazan et juste le président a commencé par le rappel des faits.
Donc on va le rappeler, c'était une soirée 14 novembre 2023, vous êtes invité chez Joël Guerriot, un ami politique de longue date depuis 10 ans. Vous arrivez chez lui, deux surprises. Un, vous êtes l'unique invité et de il a il est en jogging décontracté alors qu'il est souvent plutôt bien habillé.
Et puis il vous propose du champagne entre du champagne blanc et du champagne rosé. Vous choisissez le blanc et vous trouvez que le champagne, il a un goût gluant. Oui.
Voilà. Et surtout ce qui est ce qui est marquant, c'est que pendant que vous buvez, lui il s'amuse à jouer avec la lumière de la pièce. Il raconte aussi, il vous fait des petits tours de magie très évocateur justement, pénétration sexuelle.
Enfin, vous le racontez, il le raconte. Et surtout 20 minutes plus tard, bah là vous décrivez ce que vous avez des symptômes assez bizarres et là vous avez le réflexe de commander un taxi, d'aller à l'Assemblée nationale, d'être récupéré par vos collègues et justement d'être transporté à l'hôpital. Et là bah les analyses toxicologiques sont assez claires.
Vous êtes vous avez de la MDMA pure à 91,1 % à des doses vraiment très élevées qui sont pas normales. Et voilà bah c'est super marquant. Et vous parlez de victimisation secondaire et il y a un témoignage qui a vraiment choqué parce que le président a lu lecture des faits mais il a aussi lu le témoignage de la femme de Joël Guillot.
Je sais pas si vous vous en souvenez et pour nous c'était marquant en salle d'audience parce que la femme de l'ex sénateur dit Sandrine Joso aime bien être au centre de l'intention. Elle aime la lumière. Elle a déjà souvent porté plainte je crois.
Ou et donc c'était assez dingue d'entendre une femme dire ça auprès d'une autre femme et il y a toujours cette femme qui prend la défense de son mari et qui ferme encore les yeux aujourd'hui alors que toutes les preuves sont là. Enfin comment vous avez réagi quand vous avez entendu ce témoignage ? Vous vous l'avez vous étiez déjà au courant de ce témoignage ?
J'avais lu ce qui ce qu'elle avait écrit dans dans sa déposition. Après, c'est vrai que c'est préoccupant quand même, voyez, d'entendre des choses comme ça. Je crois qu'il faut faire attention quand même à tout ça.
Il faut pas laisser passer ça. Est-ce que Joël Guerriillot s'est adressé à vous lors de ces deux jours de procès ? Juliet T l'a dit, c'était un ami, vous le connaissiez extrêmement bien.
Est-ce que depuis cette agression, depuis depuis ce jour-là, est-ce qu'il y a eu des échanges entre vous ? Non, absolument pas. En fait, bien sûr, il a il a dit des choses euh à la barre euh mais on ne peut pas effacer.
Il y a interdiction. Bien sûr. Non, c'est ça.
Ouais, bien sûr. Et on peut pas effacer les choses par quelques mots. Euh vous savez, la soumission chimique, c'est pas une technique de drague, c'est une technique de viol.
Voilà. Et c'est surtout une confiance trahie d'un ami que que je connaissais depuis plus de 10 ans. Alors GHB, GBL, effet point de vente drogue du violeur, danger, bonne réaction si on est victime.
Ça, ce sont les mots clés tapés sur l'ordinateur de l'ancien sénateur un mois avant les faits. H com comment il est comment il explique ça ? Il y a plein de choses.
Alors, ce qui est ce qui est intéressant, c'est de comprendre que il faut être très factuel. C'est vrai que par exemple ses recherches sur son téléphone, sur son ordinateur, ça a été très intéressant et c'est important d'aller regarder ça parce que ça ça fait partie des des preuves aussi. Euh donc tout ça additionné, ben en fait tout ça ça a amené quoi à à vraiment euh bah le euh le rendre coupable euh de de soumission chimique.
C'est euh tout un mode opératoire savamment orchestré. Et c'est en cela que euh ce qu'il faut bien comprendre sur euh ces modes opératoires, c'est que en général, ils sont sériels. Les prédateurs améliorent en fait leur mode opératoire au fur et à mesure du temps.
J'ai eu l'occasion de regarder ça de très près lors de ma mission gouvernementale sur ce sujet. Et donc ce qu'il faut faire en fait aujourd'hui, c'est qu'on puisse tous dans notre société avoir les bons réflexes pour faire en sorte que si il y a quelqu'un qui tente ou qui commet en fait une soumission chimique, il faut tout de suite tendre la main aux victimes. Garder le verre par exemple qui peut être suspect.
Les victimes parfois peuvent aussi vomir, garder les vêtements où on a pu recracher aussi ces substances là. En fait, on doit tous avoir des bons réflexes dans la société. Et ce que j'aimerais vraiment aujourd'hui, c'est qu'il y ait comme la réglementation de mon rapport une vraie grande campagne de sensibilisation grand public pour qu'on puisse en fait tous voilà être solidaire et puis écarter cette soumission chimique.
Et puis sur ces termes qu'il a cherché sur son ordinateur, trois trois arguments de défense. Un, il se souvient de rien. Je me souviens absolument de rien.
De c'est non mais c'est une amie de ma fille qui aurait été violée. Donc forcément je fais ces recherches et encore troisème défense. Mais vous savez, un parlementaire doit s'intéresser à ces sujets d'actualité.
Donc à chaque fois tout change et on comprend pas grand-chose justement à la barre quand ils vous avez raison et j'ai eu l'occasion d'assister à plusieurs procès comme ça sur la soumission chimique lors de mes travaux pour ma mission et en fait c'est toujours la même chose c'est-à-dire que c'est un tissu de de mensonge un peu une caricature où finalement le mis en cause et bien il se victimise et puis finalement il trouve par la russe beaucoup d'explications parfois terri terriblement grotesque. Et je voudrais parler de quelque chose qui a complètement hallucinant. Joël Guerriot a déclaré que c'était un collègue sénateur qui lui avait fourni de la drogue.
Pourquoi on ne sait pas de qui il s'agit ? Est-ce qu'il y a des dealers au Sénat ? Est-ce qu'une enquête est menée ?
H là ça interroge beaucoup. Dès le départ monsieur le président du Sénat avait la possibilité de convoquer un comité de déontologie. C'est dans le règlement du Sén.
Tout à fait. C'était c'est dans le règlement intérieur du Sénat. Il ne l'a pas fait.
Il n'a pas déclenché d'enquête. Pourquoi ? Est-ce qu'il vous a d'ailleurs écrit Gérard Larchet ?
Jamais. Jamais. Même après le jugement d'hier ?
Jamais. Et d'après vous pourquoi il l'a pas fait ? Faut lui nander.
On parle là de gens qui font la loi. C'est-à-dire que dans un lieu où on fait la loi en France, il y a des législateurs qui ont de la drogue dans la poche et qui en donnent à leurs copains. Si si ce que dit Joël Garot est vrai.
Si ce qu'il dit est vrai, mais enfin personne n'a cherché à savoir si c'était vrai quoi. Et hormis cette enquête déclenchée par l'archer, il y a il y a aucun autre moyen de savoir qui est le fameux sénateur si ce qu'il dit vrai. Alors qu'on soit bien clair, monsieur l'archer en fait a eu au fur et à mesure des mois qui passaient, des années qui passaient, il a eu une sorte de pression.
Donc enfin, il a décidé de convoquer, on va dire, un comité déontologie. Sauf que ça c'était euh en juin de l'année dernière et euh bah le sénateur il attendait et il préparait déjà sa sortie. Donc le comité de déontologie n'a pas pu se mettre en place.
Mais l'attitude du Sénat que vous nous racontez là depuis 2 minutes est hallucinante. Gérard Archer n'a jamais échangé avec vous. Jamais.
Depuis que c'est arrivé. Jamais. Vous lui en voulez ?
Ça pose des questions sur sa responsabilité. Euh vraiment, j'aimerais qu'il s'explique et qu'il nous disent un jour sincèrement pourquoi B et à nous qui sommes citoyens français, on aimerait aussi savoir et ça pose des questions à tout le monde en fait. C'est inadmissible.
Tu as raison. Et puis Joë Guillot quand on lui pose la question qui lui a donné cette fameuse drogue, qui était ce sénateur qui lui a donné, il répond si je vous disais le nom du sénateur, ça relancerait le débat sur une institution à laquelle je suis attaché. Voilà ça réponse à la barre quand le président lui pose la question. insupportable.
Hm. Il y a un sénateur qui découte quand même, on a envie de savoir qui c'est. Évidemment, h est-ce que vous voulez rajouter quelque chose ?
Je pense en fait à à tout le travail qui a été fait tout au long de cette enquête. Vous dites que la justice la justice a fonctionné. C'est pas parfait mais la justice a fonctionné.
Ça a été très bien fait. Ça a été le travail a vraiment de a été de qualité tout au long euh de cette instruction puis après lors lors du procès. Moi je pense aux victimes aujourd'hui euh celles qui euh voilà sont dans l'ombre, celles qui parfois arrivent par exemple dans un commissariat ou qui en parlent à quelqu'un de leur entourage parce que je répète que souvent c'est quelqu'un de notre entourage.
Voilà, je je pense à elle parce que je me dis que c'est important qu'elle soit crue. Aujourd'hui, évidemment, il y a eu la culpabilité de de ce sénateur, mais on sait au combien ce mode que ce mode opératoire est de plus en plus présent et en plus accéléré par les réseaux sociaux. Et ça, il faut quand même le savoir.
Donc, on doit tous être vigilants par rapport à ça et tous accompagner les victimes du mieux possible. Et que les vraies victimes, c'est les femmes. Oui.
Et puis aussi Et puis aussi, il y a les enfants. Les enfants, l'inceste par mission chimique. Euh ça peut être aussi euh les personnes vulnérables en situation de handicap.
C'est je vous dis c'est vraiment euh voilà une technique de de viol qui est là qui est présente et c'est insupportable. Bien sûr. Puis vous parlez de vous parler de victime.
Il y a 1 an c'était le procès de Dominique Péico pour avoir drogué et violé livra des inconnus son ex-épouse Giselle Pélico. Et ça tombe bien parce qu'au procès, il y avait deux de ses enfants de ses enfants David Péico et Caroline Darian qui vous soutenaient. Le message est assez fort, j'ai trouvé parce qu'il y a un an étiez d'ailleurs dans la salle d'audience pour Giselle Péico pour la soutenir et là c'est l'inverse.
Oui. Et c'était c'était euh pour moi important d'avoir toutes ces personnes qui se mobilisent depuis des années. Je vois aussi Laila Shawashi pour l'association Mandorpa et puis pour cette cause un procès, ça ne fait pas tout avancer.
Je crois que il y a quelque chose de majeur à faire dans notre société, dans l'éducation avec nous tous euh pour endiguer ce phénomène et puis arrêter aussi tous ces réflexes sexistes euh parce que ça fait des ravages et je crois qu'on gagnerait beaucoup euh à en fait se libérer de sous tous ces carcans finalement et de se dire que peut-être que la meilleure des choses à faire, c'est d'être ensemble et d'avancer sur le sujet mais aussi partout et peut-être aussi dans les politiques publiquon est des politiques publiques beaucoup plus ambitieux sur le sujet. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Donc je continuerai à mobiliser partout à l'Assemblée nationale mais pas que. et vous pouvez aussi le faire et c'est important et on espère que les sénateurs nous ont entendu aussi ce soir.
Sandrine Josso