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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 mars 2026 24 min

Alliances avec LFI, violences en politique, prix du carburant... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour Agathe Lambret. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci Olivier Faure d'être avec nous. Bonjour, bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info au lendemain d'un bureau national du PS très tendu après les municipales. Dites-nous juste, est-ce qu'il faut toujours vous appeler monsieur le premier secrétaire ? Absolument. Vous allez nous dire si vous comptez le rester longtemps et dans quelles conditions. Mais d'abord, ce nouveau rebondissement au Moyen-Orient. Donald Trump a proposé un plan de paix à l'Iran. Quand Téhéran indique qu'il laissera passer les navires non hostiles par le détroit d'Hormuz, le président américain se montre satisfait et optimiste.

0:36
Locuteur non identifié

Je peux vous dire qu'en face, ils veulent vraiment trouver un accord. On pourrait facilement les tuer aussi. Mais on va leur donner une chance. Hier, ils ont fait un geste important. Ils nous ont fait un très gros cadeau. Quelque chose d'une valeur énorme.

0:48
Présentateur

Après 26 jours de guerre, Olivier Faure, est-ce une bonne nouvelle ?

0:52
Olivier Faure

Tout ce qui permet de détendre l'atmosphère est une bonne nouvelle. Mais enfin, reprenons les choses en l'ordre. Cette guerre est une guerre qui a été lancée par à la fois Donald Trump et Benjamin Netanyahou. Elle est une guerre dont on ignore encore quels sont les réels buts, qui a des conséquences terribles pour les populations concernées et des conséquences pour le reste du monde. Sans que ce qui avait été affiché comme l'éventuelle justification à ce nouveau conflit, qui devait être la chute du régime des Mola, chacun l'a bien compris, ce n'est plus le sujet. Donald Trump considère que le travail a déjà été fait, que le régime a déjà changé. Oui, il a déjà changé.

Mais il est plus dur encore que la veille. Et maintenant, nous avons des conséquences qui sont des conséquences évidentes pour le reste du monde. Le ministre de l'économie et des financières à l'Assemblée a parlé d'un choc pétrolier. Chacun en mémoire les chocs pétroliers que nous avons connus dans les années 70, qui ont contribué à la fin des Trente Glorieuses, à la fin de cette période de prospérité, et en train d'être dans une crise continue jusqu'à ce jour.

2:08
Présentateur

Ça vous inquiète ces mots « choc pétrolier » que le ministre de l'économie a lâché ?

2:12
Olivier Faure

Ce n'est pas les mots qui m'inquiètent, c'est en réalité ce qui va se passer pour l'ensemble des Françaises et des Français, notamment les plus modestes, parce que c'est à eux qu'il faut penser. Il y a toujours des gens qui s'en tirent dans les crises. Vous avez des gens qui, même dans les crises, font des super profits. Mais vous avez des gens, pendant ce temps-là, qui sont, au contraire, dans la super dèche, et qui, malheureusement, connaissent des périodes de galère, et en sorte d'une campagne municipale. Mais qu'est-ce que vous croyez que les gens nous ont évoqués ? J'entends bien que tout à l'heure, on va évoquer les problèmes internes des uns, des autres, etc.

Mais ce n'est pas ce dont ils nous ont parlé. Ils nous ont dit « Je suis étudiant. Je n'arrive pas à me nourrir. Je suis salarié. Je suis au SMIC. Je n'arrive pas à vivre parce que j'ai des problèmes de logement, parce que je ne peux pas trouver un logement. Quand j'en trouve un, c'est un logement qui est souvent une façon thermique. Je suis dans une situation où, en fait, je n'arrive pas à rentrer dans la vie active et à fonder un foyer. » Voilà ce que les jeunes nous ont dit. Et vous étiez venu il y a quelques jours. Voilà ce que l'on devrait quand même entendre, écouter, et pas simplement être en permanence en train de gloser.

Et ce que je crois, vraiment, c'est qu'on a aujourd'hui, à la tête de grands pays, de grandes nations, des gens qui sont parfaitement inconséquents et qui, en réalité, sont pris par leur propre hubris. Je pense là à Donald Trump et à Netanyahou, qui, au fond, se considèrent comme les maîtres du monde et n'ont aucune considération pour ce qui peut se passer pour le commun des mortels.

3:38
Invité

Olivier Faure, au début de cette guerre, vous étiez venu ici même dans le 8h30 de France Info et vous vouliez à l'époque un chèque ciblé. L'exécutif vous a répondu que c'était absolument hors de question. Est-ce que vous en avez fait le deuil ? J'entends que désormais, c'est ce qu'ils disent. Pas totalement. Pas ce que vous vouliez.

3:51
Présentateur

Alors, on va écouter le Premier ministre, si vous voulez, Sébastien Lecornu, hier à l'Assemblée. Il assume des aides uniquement ciblées. On l'écoute. Nous avons l'intime conviction qu'aucun chèque général, aucune mesure globale ne seront utiles. C'est très coûteux pour les finances publiques et derrière un chèque, très vite, se cache en général un impôt ou une répercussion très grave pour les déficits publics. Olivier Faure, aucune mesure globale, dit le Premier ministre. Est-ce que le gouvernement peut s'exonérer de toute mesure globale vu la gravité de la situation ?

4:26
Olivier Faure

Mais ce que j'étais venu dire ici même, ce n'était pas de demander une mesure globale générale. Il y a des gens qui, fort heureusement, ont des revenus qui leur permettent de se mettre à l'abri et qui n'ont pas besoin d'être accompagnés, aidés.

4:40
Invité

De ceux qui sont dans la superdèche, c'est ça, pour reprendre votre expression dans quelques minutes.

4:43
Olivier Faure

Oui, il y a des gens qui, aujourd'hui, ont besoin de leur voiture pour aller travailler, qui sont des gens qui sont très modestes, qui sont des salariés, par exemple, au SMIC, et qui n'ont pas d'autres possibilités pour continuer à travailler que de se déplacer avec leur voiture. Ces gens-là, ils voient le prix, en fait, à la pompe qui ne cesse d'augmenter. Et évidemment, ça a des conséquences très fortes sur leur budget et sur ce qu'ils peuvent faire pour leurs enfants, ce qu'ils peuvent faire pour leurs vacances, leurs loisirs, parce que chacun devrait avoir droit, quand même, à cette possibilité. Et donc, nous avons là, évidemment, des mesures qu'il faut prendre.

Et ce que j'avais proposé, il y a quelques semaines, et que je continue à proposer devant vous ce matin, c'est un chèque ciblé sur ces personnes-là, précisément.

5:22
Invité

Mais combien ça vous coûterait ? Parce que la porte-parole du gouvernement est venue ici même pour dire que le quoi qu'il en coûte du temps du Covid n'est plus possible.

5:28
Olivier Faure

Mais je ne parle pas d'un quoi qu'il en coûte. Je dis qu'il y a des gens qui méritent d'être aidés, parce qu'il faut les accompagner. Et il faudrait aussi, d'ailleurs, que les entreprises pensent salaire, parce qu'on ne peut pas non plus continuer à avoir des gens qui, chaque année, ont des super dividendes. Et pendant ce temps-là, des salariés qui, eux, sont en train de se serrer à la ceinture d'un cran supplémentaire chaque jour. Donc vous l'avez chiffré, ce chèque ? Ce chèque, pardon. Mais ça dépend du nombre de bénéficiaires.

Mais ce que je vois aussi, c'est que vous avez, pendant que les tarifs à la pompe augmentent, il y a des taxes qui sont prélevées et qui sont des taxes qui, j'allais dire, qui enrichissent l'État. L'État est tellement pauvre qu'il ne s'agit pas de dire que ça l'enrichit.

6:08
Présentateur

Vous ne faites pas partie de ceux qui disent que le gouvernement profite de cette crise ?

6:11
Olivier Faure

Non, je ne dis pas qu'il profite. Je ne crois pas que le gouvernement ait sollicité une crise et qu'il soit très heureux qu'il y ait une crise à laquelle il doit faire face désormais. Mais ce que je dis quand même, c'est que l'État engrange aussi des taxes pendant ce temps-là et ces taxes, ce surcroît d'argent récupéré grâce ou à cause de la montée des prix de l'énergie, doivent être réutilisés pour venir au secours de celles et ceux qui ont le plus de difficultés à finir leur fin de mois.

6:41
Présentateur

Sébastien Lecornu a dit hier qu'on ne pouvait pas laisser s'installer cette idée que l'État était un profiteur de crise, que ce serait bien la première fois qu'un choc énergétique profiterait à l'État. Juste cette mesure ciblée dont vous parlez, je sais, je sais, mais je précise ce qu'il a dit. Cette mesure ciblée dont vous parlez, est-ce que vous en avez parlé à Matignon ? Et qu'est-ce qu'on vous a répondu ?

6:59
Olivier Faure

Non, je n'en ai pas encore parlé à Matignon. J'ai croisé le Premier ministre hier, mais en fait, on a évoqué d'autres sujets. Avec quel ? Ça ne relève pas de... Politiquement ? Vous avez parlé politique avec le Premier ministre ? J'ai parlé avec le Premier ministre, mais on n'a pas eu le temps de parler de ça. On s'est croisés en fait au moment des questions d'actualité. Mais évidemment, je lui en parlerai à nouveau parce que je souhaite que sur ces questions-là, nous ayons la possibilité de trouver des mesures qui fassent consensus entre nous parce que nous avons besoin de venir soulager des Français qui, aujourd'hui, n'en peuvent déjà plus.

Je vous ai évoqué ce qu'a été cette campagne municipale. On a parlé beaucoup de l'abstention, mais vous croyez que les gens s'abstiennent ? Pourquoi ? C'est parce qu'ils sentent, ils croient que la politique, aujourd'hui, est impuissante à répondre à leurs besoins premiers. Eh bien, moi, je souhaite que nous leur fassions la démonstration que la politique peut encore quelque chose, que nous pouvons encore venir en aide à celles et ceux qui en ont besoin et que nous ne sommes pas condamnés à regarder Donald Trump agir en notre nom ou en dehors de notre nom, mais enfin le laisser agir sans avoir la capacité, nous, à réagir, justement.

8:04
Présentateur

Olivier Faure, vous aviez demandé, notamment d'autres partis aussi, un débat sur cette guerre au Moyen-Orient. Il aura lieu demain à l'Assemblée et au Sénat, mais sans vote. Est-ce que ça sert à quelque chose, ce débat ?

8:18
Olivier Faure

Ça sert à quelque chose, oui. Ça sert à ce que chaque formation politique vienne exprimer sa position sur le sujet et qu'on puisse, dans le débat démocratique, savoir qui pense quoi et pourquoi. Moi, je serais très curieux de savoir ce que pense l'extrême droite. Vous avez une extrême droite qui, vous avez vu que Marine Le Pen était hier en Hongrie pour soutenir M. Orban, qui est lui-même un soutien de M. Poutine. Vous avez, en fait, les mêmes qui soutiennent Benjamin Netanyahou, qui est à l'origine de tout ce que l'on connaît désormais, qui le soutiennent aveuglément, qui sont dans un soutien inconditionnel.

J'aimerais qu'ils viennent nous expliquer, maintenant, on ne peut pas à la fois dire « Je soutiens Trump, je soutiens Netanyahou, je soutiens Orban » et après nous dire « Ah, c'est terrible pour les Français, regardez, ils n'ont plus rien dans leur assiette ». Mais, en fait, ils sont eux-mêmes, par leur soutien à ces dirigeants, la cause des malheurs des Français.

9:17
Invité

Marine Le Pen, qui est à l'instant sur France Inter, dit que le gouvernement participe à créer à la fois la restriction et une forme de panique. Comment vous jugez-vous l'action de la France ?

9:26
Olivier Faure

Écoutez, je pense que c'est une situation très difficile, que la France, malheureusement, n'a pas su se faire entendre à la hauteur de ce qu'elle représente dans ce conflit, qu'elle a beaucoup hésité sur la réaction à avoir sur les premières frappes, puis ensuite sur la guerre qui s'étend à l'Iran et au Liban. Je regrette que nous n'ayons pas eu une parole plus forte, notamment par rapport à nos amis libanais. Il y a une histoire longue avec le Liban. Et aujourd'hui, vous avez un sixième de la population qui est déplacée dans des conditions humanitaires qui sont déplorables, avec un pays qui va avoir du mal à se reconstruire.

Et tout ça parce que la France n'ose pas, aujourd'hui, contredire le gouvernement israélien, le gouvernement d'extrême droite israélien. Et Emmanuel Macron n'ose pas contredire Benjamin Tenio ? Malheureusement, de manière trop faible. J'ai à un moment pensé qu'il avait pris un tournant lorsqu'il a la France a reconnu l'état de Palestine, ce qui était une très bonne décision et que j'ai approuvé. Mais j'aimerais qu'aujourd'hui, par exemple, on fasse peser sur ce gouvernement nos préoccupations. Et par exemple, ça fait longtemps qu'on le demande, qu'il y ait en fait la suspension des accords de coopération de l'Union Européenne avec Israël.

Parce que pendant que nous continuons à gloser, vous avez un gouvernement qui a rasé Gaza, qui continue à coloniser la Cédardanie, qui maintenant parle de coloniser une partie du Liban, et tout le monde reste muet. Mais vous comprenez que ce qui se passe actuellement, ce n'est pas simplement un conflit périphérique, loin de nous, etc. C'est qu'ils sont en train de mettre à bas tout ce que nous avons construit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le droit international est bafoué chaque jour. Chaque jour. Les institutions internationales sont totalement méprisées.

Et nous avons aujourd'hui le retour d'empire, le retour de la force qui remplace le droit, soit tout ce que nous avons cherché à conjurer depuis 80 ans. Le 8.30 France Info.

11:40
Présentateur

Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Olivier Faure, un premier secrétaire du Parti Socialiste sous le feu des critiques de son propre camp ces derniers jours. Gaudille, ambiguïté stratégique, échec, tambouille, magouille. C'est ce qu'on a entendu à votre propos. Et c'est ce que vous avez dû entendre jusqu'à une heure du matin environ hier.

11:58
Invité

Dans un bureau national agité, certains, M. Faure, ont même appelé à votre démission. C'est le cas par exemple de Karim Boindram de Saint-Ouen sur les ondes de France Info.

12:05
Locuteur non identifié

Il se demande la démission d'Olivier Faure. Il a perdu les présidentielles, il a perdu les régionales. Il n'arrête pas de se tromper. Il se trompe tout le temps parce qu'il n'a pas de captaire. Quand on sous-traite la colère du peuple pour une alliance avec LFI pour se sauver entre les deux tours, eh bien on perd. Et c'est ce qui s'est passé.

12:21
Olivier Faure

Vous avez quand même eu chaud hier, non ? Ah bon ? Non ? Ben non, en fait, Karim Boindram s'exprime comme chaque semaine pour donner ma démission. Ce n'est pas nouveau. Il évoque la présidentielle. Je dois avouer avec une certaine... J'ai du mal à comprendre ce qu'il me dit parce que précisément, la campagne présidentielle était conduite par l'une de ses amis. et que là, pour le coup, la ligne stratégique qu'elle avait posée était très exactement celle de Karim Boindram et elle a permis de faire 1,7%. Donc, j'estime que la réalité est très différente de celle qu'il décrit et fort heureusement, ceux qui étaient hier au bureau national, parmi ses amis, n'ont pas été aussi caricaturaux.

13:06
Présentateur

Mais ça a chauffé quand même, Olivier Faure.

13:07
Olivier Faure

Ça a chauffé. On vous a dit que ça avait chauffé. Dont Boris Vallaud, qui est le patron du DPS, qui vous lâche aussi. Vous avez des gens qui... Un problème dans la vie, c'est que la seule chose qu'ils savent faire, c'est des congrès. Et donc, qui passent d'un congrès à l'autre et qui estiment que...

13:22
Présentateur

Vous parlez de vos amis, là ? Vos amis socialistes ?

13:24
Olivier Faure

Je dis qu'il y a une malédiction au Parti socialiste, c'est que même quand on gagne... Vous aviez dimanche soir, des gens sur les plateaux de télévision qui arrivaient et qui disaient « J'ai gagné les élections ». Tout le monde avait gagné les élections. Vous avez Gabriel Attal qui, hier matin, disait « J'ai gagné les élections. La preuve, j'ai gagné deux villes. » Nous en avons gagné 800. Et j'entends qu'il y a des gens qui viennent se plaindre et qui disent « Ah, quand même, c'est terrible. On a gagné. » Donc, il faudrait qu'on explique que nous avons perdu. Mais on a des génies, en fait, qui transforment l'or en plomb.

Et donc, moi, je préférais qu'on fasse l'inverse et qu'on revendique le fait, tout simplement, que la stratégie que nous avons posée dans l'élection municipale, elle a permis de faire en sorte que le Parti socialiste redevienne la première force à gauche qu'il est le parti le mieux implanté de France dans les territoires, qu'il est la seule digue possible face à la montée de l'extrême droite l'année prochaine.

14:22
Présentateur

Ça, c'est ce que vous dites, Olivier Faure. Pardon, mais eux, hier soir, ils ont passé la soirée à vous reprocher votre manque de sincérité et de cohérence. Olivier Faure, à 19h, vous dites « Pas d'alliance avec LFI. » Et le lendemain, à 21h, vous embrassez LFI et vous dites « Je comprends très bien ceux qui ont fait des alliances. » C'est ce que vous reproche notamment François Calfon. Tout doux, par exemple.

14:42
Olivier Faure

Très bien.

14:42
Présentateur

Un socialiste. Et ce n'est pas le seul à vous reprocher ce manque de cohérence. Vous avez changé de discours, Olivier Faure.

14:47
Olivier Faure

Mais pas du tout. Je suis venu ici vous dire qu'il n'y aurait pas d'accord national avec la France insoumise. Il n'y en a pas eu. Il y en a eu un avec les écologistes, il y en a eu un avec les communistes. Mais vous jouez avec les mots, Olivier Faure. Il n'y a pas d'accord national,

15:00
Présentateur

mais des dizaines d'accords locaux partout et que vous dites que vous comprenez totalement ces accords. Ce n'est pas vrai.

15:04
Olivier Faure

Là aussi, il y a 0,6% des candidats socialistes qui ont noué un accord de second tour avec la France insoumise.

15:11
Présentateur

Mais dans des villes aussi symboliques. Vous voyez bien qu'on n'a parlé que de ça.

15:15
Olivier Faure

Mais des villes symboliques. Vous n'avez parlé que de ça. Parce que vous avez un problème avec la France insoumise, une obsession avec la France insoumise.

15:21
Présentateur

Moi, ça n'est pas ma vie.

15:23
Olivier Faure

Je ne suis pas obsédé par Jean-Luc Mélenchon. Ce que je dis et ce que je répète, ce que j'ai dit dans le Rodeaux-Tours, ce que j'ai dit tous les jours, ce que j'ai dit depuis, c'est que Jean-Luc Mélenchon est un boulet. Il est d'abord même un boulet pour ses propres amis. Parce que s'il n'avait pas à supporter ses outrances, ses dérapages verbaux continuels, eh bien sans doute qu'il aurait fait d'autres scores au deuxième tour des élections municipales. La réalité, c'est que nous avons gagné, je l'ai dit, 800 villes. Les insoumis, c'est 7 villes. D'ailleurs, ils en ont perdu 2. Les 2 seules qui les avaient. Vous voulez qu'on m'explique maintenant que nous sommes soumis aux insoumis ?

Mais quelle est cette histoire ? Et vous leur avez dit ça

15:59
Présentateur

aux camarades socialistes qui vous désapprouvez hier. Vous vous êtes même désavoué par Boris Vallaud, grâce à qui vous avez été désigné premier secrétaire ? Non, pas du tout. Sans sa motion, vous étiez minoritaire. Oui, mais vous avez fait alliance au Congrès. Olivier Faure, vous avez fait alliance.

16:13
Olivier Faure

Et je regrette, mais ce que je vais vous dire, une chose, je ne regrette pas d'avoir fait alliance, je dis, je regrette simplement les propos qu'ils ont tenus aujourd'hui. C'est trop facile. Parce que, en fait, qu'il s'agisse d'amis de Boris Vallaud ou des amis de François Hollande et les autres, ce sont eux qui ont essentiellement fait ces accords de second tour avec la France insoumise. Et venir me les coller sur le dos derrière en expliquant que c'est moi qui serai à l'origine de tout cela, moi, ce que j'ai fait, Agathe Lambret, c'est que j'ai fait ce que doit faire tout premier secrétaire.

Quand il y a des hommes, des femmes qui sont au combat, qui se battent contre la droite ou l'extrême droite, je les soutiens et je les comprends. Parce que la droite et la gauche, ce n'est pas la même chose. Mais est-ce que vos électeurs... Parce que, par exemple, pour prendre l'exemple de Nantes, quand vous avez quelqu'un qui, en réalité, a un discours qui est proche de celui d'Éric Ciotti, est-ce que vous voulez vraiment que les Nantais, demain, vivent avec un maire qui viendra supprimer toute une série de mesures qui ont été prises depuis Jean-Marc Ayrault jusqu'à Johanna Roland ? M. Fort, je vais vous prendre un autre exemple, s'il vous plaît.

Parce que le clivage gauche-droite, il n'a pas cessé et que ce n'est pas notre combat à nous ne se résume pas à un combat contre l'extrême droite. Vous prenez une métaphore intéressante, M. Fort. Je me bats aussi pour que dans les municipales, il y ait des mesures qui soient prises. L'encadrement des loyers, la construction de logements sociaux, la possibilité pour les enfants d'avoir un goûter, d'avoir un petit déjeuner. Et pourquoi vous avez pas vous avez refusé de passer au vote une résolution soutenue par Boris Vallaud et Carole Villiers ? J'ai laissé parler de tout le monde et la résolution dont vous parlez, elle était sur les réseaux sociaux avant même d'être discutée.

Donc ça, ce n'est pas des méthodes.

17:44
Présentateur

Mais pourquoi avoir refusé qu'elle soit votée ? Parce qu'elle était sur les réseaux sociaux ? Parce que vous désapprouvez la méthode ?

17:49
Olivier Faure

Mais je désapprouve la méthode. Je désapprouve aussi le fait que nous ne sommes pas là... Enfin, vous imaginez quand même. Nous venons de parler dans cette première partie de l'émission des sujets qui intéressent vraiment les Français. Et je crois qu'il y a un profond dégoût pour la politique, pour ce que nous sommes quand au lendemain d'une élection municipale, au moment où il y a une crise pétrolière qui s'annonce, au moment où il y a des Français qui sont vraiment dans la difficulté, que la seule chose que nous ayons à faire c'est de savoir quel est le sort des uns et des autres dans la perspective d'un prochain congrès ou d'une présidentielle. Est-ce que je peux juste poser une question

18:25
Invité

s'il vous plaît ? Merci beaucoup. Dans la perspective d'une prochaine présidentielle, il y a aussi des questions très importantes des alliances. On va prendre un autre exemple, on va prendre l'exemple de Toulouse. L'alliance LFI-PS a perdu plus de 3 500 voix entre le premier et le second tour et le maire sortant de centre droit, Philippe Moudinck, a récupéré 17 000 voix d'abstentionnistes au premier tour. C'est l'exemple de Toulouse. Est-ce que vous l'interprétez autrement que comme un rejet massif de l'alliance LFI-PS ?

18:48
Olivier Faure

Alors comment vous m'expliquez le fait que par exemple à Nantes, le total entre les deux...

18:53
Invité

Je parle de Toulouse.

18:54
Olivier Faure

Oui, mais c'est trop facile. Vous me prenez un exemple.

18:57
Invité

Non, mais les situations varient selon les villes. Là, je vous parle vraiment de Toulouse.

19:00
Olivier Faure

Très bien. À Toulouse, effectivement, il y a eu 80% des électeurs du Parti Socialiste qui sont vraisemblablement revenus voter pour l'alliance et puis 20% qui, effectivement, ont fait défection. Avec Jean-Luc Moudinck. Mais si on prend d'autres exemples, parce qu'il faut essayer d'être complet et objectif, la réalité, c'est qu'à Nantes, le total gauche est supérieur au deuxième tour de 15% à ce qu'il était au premier. À Grenoble, de 16%. Et je pourrais prendre l'exemple de Tours. Je pourrais prendre l'exemple de Lyon. Si nous avions perdu Lyon dimanche soir, quand il vous dit, vous auriez dit la gauche, elle est défaite. J'entends toutes les autres villes,

19:37
Invité

mais répondez-moi sur Toulouse.

19:39
Olivier Faure

Mais je vous ai répondu.

19:40
Invité

Est-ce que vous avez une métaphore très intéressante en tant qu'alchimiste en disant qu'ils transforment l'or en plomb ? Mais vos amis disent mais ce n'est pas de l'or, c'est du plan. Nos électeurs ne veulent pas qu'on fasse alliance avec Al-Afee et ils ont quand même des exemples, eux aussi.

19:50
Olivier Faure

Mais vous me donnez un exemple, vous me dites qu'il a manqué 3500 voix. Je vous réponds, c'est vrai. Mais est-ce que vous pouvez comprendre, c'est une sorte de calcul assez simple, quand vous avez 20% de gens qui ne viennent pas, ça veut dire qu'il y en a 80% qui sont venus. Et donc vous, vous considérez que nous devrions nous intéresser essentiellement aux 20%. Et moi, je vous dis qu'il faut s'intéresser aussi aux 80% qui sont venus et qui, eux, parce que j'étais faire campagne à Toulouse au premier tour, j'ai vu les gens et qui espéraient une alternance et qui même imploraient l'union.

Ce qui s'est passé, c'est que malheureusement, François Briançon, le socialiste, est arrivé derrière le candidat insoumis et que vraisemblablement, quand vous avez un candidat insoumis qui est en tête et que c'est lui qui conduit cet accord, eh bien la réalité, c'est qu'il sécrète davantage d'anticorps qu'il ne produit en réalité de capacité à gagner. Et donc, ce qui s'est passé à Toulouse, ce n'est pas tellement une question de défection, lisez tout ce que les journalistes ou vos confrères ont pu écrire partout, c'est qu'il y a eu une surmobilisation de la droite et de l'extrême droite pour faire face à un candidat de LFI. C'est bien ça le problème.

Et d'ailleurs, si vous regardez les choses, puisqu'on se parle de LFI, puisque c'est l'obsession générale, eh bien LFI gagne sept villes en France. Il en gagne une contre la droite. Il en gagne six contre la gauche. C'est vous dire à quel point, et je le dis à celles et ceux qui sincèrement suivent la France insoumise. Et on peut comprendre qu'ils aient ce souci d'une radicalité qu'ils ne trouvent peut-être pas autant ailleurs. Mais je leur dis, en fait, le problème de la France insoumise, c'est qu'elle ne permet pas d'être un barrage face à la droite ou face à l'extrême droite. Elle ne permet rien.

Elle n'est en réalité que, en fait, dans une bataille de leadership à gauche, cherchant essentiellement ses victoires, sur la gauche et non pas sur la droite et sur l'extrême droite. Or, ce que vous avez comme exemple à l'inverse, c'est que les socialistes, les écologistes, les communistes, qu'est-ce qu'ils ont produit à Paris, à Lyon, à Marseille ? C'est que c'est eux qui ont permis de se battre contre la droite et contre l'extrême droite et qui ont permis à ces Français-là dans ces villes-là de ne pas vivre sous l'emprise de la droite et de l'extrême droite.

22:03
Présentateur

Olivier Faure, c'est le moment de la question qui, aujourd'hui, la question qui brutalise dans plusieurs villes conquises par la gauche et notamment par la France insoumise, mais pas seulement, des maires défaits ont été insultés et hués par des foules menaçantes. À Creil, la socialiste battue a dû être protégée par la police. Tension et huée aussi contre le PS à voie en velin, contre un LR au Blanc-Ménil. Qu'est-ce que ces images disent de la politique à la française ?

22:31
Olivier Faure

Je veux dire que c'est honteux. C'est même un scandale démocratique que de voir des gens hués des maires qui ont fait leur travail, qui l'ont fait avec conscience. Ils peuvent avoir déçu et les électeurs, en l'occurrence, parfois, les ont battus, mais ils ne méritent pas ce type de traitement. Je suis contre toute forme de hooliganisation de la vie politique. Il y a, justement, dans notre pays, la possibilité de s'exprimer, de s'exprimer par des manifestations, par des pétitions, et ensuite de sanctionner les élus. On peut les battre à une élection. Et c'est comme ça que nous devons vivre ensemble.

Et que toutes celles et ceux qui cherchent à passer par d'autres moyens, ne se rendent pas compte qu'ils mettent à mal ce qui a été si difficile à construire, une démocratie, et s'ils veulent voir ce que c'est qu'une dictature, qu'ils aillent voir ailleurs dans le monde.

23:33
Présentateur

Merci beaucoup, Olivier Faure. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.