Carole Delga : « La politique de zigzag du PS ne peut plus continuer »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Carole Delga. Bonjour. Merci beaucoup d'être notre invitée ce matin, présidente socialiste de la région Occitanie, présidente de Région de France. On va revenir évidemment sur les régions aujourd'hui, événement au Sénat. Grande journée sur les 10 ans des nouvelles régions, on en parle. Mais d'abord, l'actualité, c'est Donald Trump qui s'est donc adressé aux Américains cette nuit. Il veut continuer à frapper durement l'Iran et demande aux pays qui en dépendent de frapper directement le détroit d'Ormose.
Du coup, le prix du baril de pétrole remonte, ce qui aura des conséquences sur les prix à la pompe qui continuent de grimper. Hier, un cap symbolique a été franchi, le sans-plomb, 2 euros le litre en moyenne dans le pays. Est-ce que ce matin, vous demandez au gouvernement de prendre des mesures pour aider les Français où on n'en a plus les moyens ?
Je pense qu'il faut avoir des mesures d'aide qui sont ciblées, tout d'abord pour les professionnels, bien sûr les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs. Mais il ne faut pas oublier tous les services à domicile. Je pense aux infirmiers, je pense également aux aides à domicile. Donc, il faut avoir des aides ciblées pour les professionnels qui n'ont pas le choix que d'utiliser des véhicules. Il faut élargir les secteurs touchés. Il faut élargir les secteurs touchés, tout d'abord. Ensuite, il faut faire en sorte que les mobilités pour les particuliers soient aidées. Donc, c'est-à-dire dans les territoires denses, diminuer le prix des transports en commun.
C'est la question du train, du bus à 1 euro ou à 2 euros. C'est par une politique tarifaire plus basse qu'on va pouvoir aider à prendre les transports en commun là où il y en a. Et dans des territoires ruraux où il n'y a pas de transport en commun, là, il faut avoir des aides ciblées en fonction des revenus des personnes pour faire des chèques énergie mais pour celles et ceux qui n'ont pas les moyens financiers parce qu'on doit avoir aussi une attention particulière au budget de la France qui est en grande difficulté. Donc, il faut des aides ciblées en fonction du revenu mais aussi plus pour les habitants des zones rurales ? Il faut avoir en effet une adaptation.
S'il n'y a pas de transport en commun, il faut avoir des aides pour celles et ceux qui n'ont pas d'autre choix que de faire le plein. Et vous le voyez, au niveau du diesel, on dépasse les 2,20 euros, ce qui quand même est énorme. Et ensuite, sur les transports en commun, s'inspirer de ce que fait la région Occitanie, le train à 1 euro ou le car bus à 2 euros, c'est possible de le faire. Et il faut envoyer ce message fort pour le pouvoir d'achat de nos concitoyens.
Est-ce que vous redoutez que la colère monte, notamment effectivement dans les zones rurales qui n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture et qui est finalement un des nouveaux gilets jaunes ?
Je pense qu'il faut démontrer que le gouvernement est à l'écoute de la population. Nous l'avons vu à travers les municipales. Il y a un niveau d'abstention qui est quand même le plus élevé qu'on n'ait jamais vu. C'est-à-dire qu'il y a un sentiment de désintérêt pour l'action publique qui est dans la réciprocité. Les Français ne se déplacent pas pour les élections parce qu'ils ont l'impression que le pouvoir ne s'occupe pas assez d'eux. C'est pourquoi il faut avoir des mesures qui sont ciblées, qui soient justes, parce que nous avons peu de marge budgétaire, mais néanmoins, il faut aider ceux qui en ont besoin, ceux qui prennent la voiture. Mais c'est une impression ou c'est réel ?
Est-ce qu'aujourd'hui le gouvernement ne s'occupe pas assez de ces Français ? Je pense qu'en effet, il y a un manque de proximité, un manque de réactivité de la part du gouvernement. Et il est nécessaire de démontrer qu'on peut avoir des politiques qui connaissent la réalité de vie des gens et qui répondent. La politique, elle doit changer la vie.
Le gouvernement qui parle désormais d'éventuels surplus de recettes fiscales. Quand vous entendez ça, est-ce que vous dites que le gouvernement a menti en disant qu'il n'y avait pas de profit de crise ?
Il y aura bien entendu surplus de recettes fiscales. Chacun connaît le mécanisme budgétaire, la part des taxes justement dans le prix du carburant et il va y avoir des recettes supplémentaires. Oui, c'est une quasi-certitude.
Mais jusqu'à maintenant, le gouvernement disait que l'État ne profite pas de cette crise.
Non mais le terme « profiter » n'est pas adapté. Mais dans tous les cas, plus de 50% du prix du carburant est lié aux taxes. C'est pourquoi il va y avoir des recettes fiscales qui sont quand même assez indispensables vu le niveau d'endettement qui a été mené ces dernières années de façon irresponsable par les précédents gouvernements.
Recettes fiscales que le gouvernement veut affecter au financement des mesures prioritaires du plan d'électrification. C'est le bon fléchage selon vous ?
Oui, parce qu'il est nécessaire d'avoir des mesures à court terme pour ceux qui n'ont pas les moyens de faire le plein de leurs voitures. Mais il faut avoir une politique énergétique. En France, la bonne solution, c'est le mix énergétique, c'est-à-dire bien sûr le nucléaire, nous avons un savoir-faire, il faut continuer à investir, mais également les énergies renouvelables. Et c'est pour ça que dans les propositions au niveau de la production et de la consommation d'énergie renouvelable, il faut être plus offensif, il faut savoir investir dans l'éolien flottant, il faut savoir investir aussi dans l'hydrogène vert, dans la méthanisation, dans le solaire.
Donc il faut avoir un investissement fort dans la diversification de l'énergie pour que nous soyons maîtres de notre production énergétique et que nous ne soyons pas dépendants du pétrole parce que nous voyons bien que cela a des graves conséquences pour la vie de nos concitoyens, mais aussi pour nos entreprises. Le secteur de la chimie ou du plastique est fortement impacté par les prix du baril de pétrole.
Sur les secteurs en difficulté, vous nous en avez un peu parlé, il y a eu des aides, 70 millions pour les transporteurs, les pêcheurs, les agriculteurs, les agriculteurs qui disent de la FNSEA, ils sont au Congrès, ils disent « s'il n'y a pas de nouvelles mesures dans les prochains jours, on appellera de nouveau à la mobilisation ». Vous êtes d'accord avec ça ?
Il faut en effet qu'il y ait une enveloppe budgétaire plus importante et comme je l'ai dit, on doit avoir d'autres mesures pour des professionnels de santé qui vont à domicile. Mais est-ce qu'il faut de nouvelles mesures pour les agriculteurs ?
Ou est-ce que les mesures ont été suffisantes pour eux ?
Il faut avoir une enveloppe budgétaire plus élevée parce qu'en effet, avec les 70,5 millions qui sont prévus, ce n'est pas suffisant. Et puis également, il est nécessaire d'avoir de nouveaux secteurs.
On va parler des régions de France. Dix ans, des nouvelles régions, c'est un colloque, une grande journée qui a lieu aujourd'hui au Sénat. Quel bilan vous faites, vous, de ces nouvelles régions, dix ans après ?
Ce n'est pas le bilan que je fais, moi. C'est le bilan que portent les Français puisque nous avions commandé une étude IFOP en fin d'année et 75% des Français veulent plus de pouvoir aux régions. Et ce qui était assez étonnant dans cette étude, c'est qu'il y a une part significative de Français qui sont intéressés par le fédéralisme. Ce qui est assez nouveau, parce qu'il y a une tradition jacobine, très centralisatrice dans ce pays. Le président de la République, Macron, a beaucoup recentralisé. La décentralisation a reculé ces huit dernières années.
Et à rebours, les Français ont envie qu'il y ait des régions qui aient plus de pouvoir pour la stratégie du développement, de l'énergie, de la réindustrialisation, de la production agricole aussi. Mais pour vous, il faut aller vers ce fédéralisme ? Et il faut aller vers une France des régions. Oui, je pense qu'on doit franchir un cap très élevé dans le cadre de la prochaine présidentielle. Ça sera un sujet. Il faut réformer la France pour avoir en effet la capacité de plus agir à l'échelon local. Si je prends un exemple, le total des budgets des 18 régions françaises, c'est le même montant que le budget de l'Andalousie.
C'est-à-dire une seule région espagnole, l'Andalousie, qui n'est pas la plus peuplée et de loin, eh bien son budget, il est supérieur, c'est 47 milliards, au total du budget des 18 régions. Quand on regarde en euros par habitant, les dotations de l'État qui sont données aux régions françaises, c'est à peu près 650 euros par habitant. En Allemagne, c'est 6 500 euros, c'est-à-dire c'est 10 fois plus. On voit bien que nous avons eu des grandes régions et c'était absolument indispensable pour pouvoir structurer des filières économiques. Je pense aux énergies renouvelables, je pense à la biosanté, mais c'est nécessaire aussi d'avoir des moyens financiers.
Et clairement, nous avons une politique gouvernementale qui, cette année, quand même, nous a diminué encore nos dotations de 1 milliard d'euros. Nous sommes en train d'asphyxier les régions. Donc une envie de plus de régions…
Aujourd'hui, les régions, elles sont asphyxiées ?
Elles sont asphyxiées budgétairement, oui. C'est-à-dire pas bon ? Il y a une envie de plus de régions par les Français et il y a un gouvernement qui, encore dans la loi de finances 2026, a demandé un effort disproportionné aux régions, alors que nous, présidents de région, nous avions toujours dit que, de par la situation budgétaire de la France qui est extrêmement dégradée, tout le monde allait devoir faire des efforts. Mais l'effort déjà demandé aux collectivités locales est disproportionné par rapport à celui de l'État.
Et au sein du bloc des collectivités locales, les régions sont trop pénalisées et nous allons être dans des tensions budgétaires et avec un sous-investissement qui va être défavorable à l'économie française et défavorable aux entreprises.
Donc vous demandez plus de moyens, plus de compétences. Justement, est-ce qu'il faut revoir le périmètre de ces régions ou est-ce qu'il ne faut plus y toucher ?
Je pense quand même que, vu les problèmes de la France, nous avons une situation géopolitique qui est extrêmement préoccupante, avec des guerres qui se multiplient. Nous avons à lutter contre le réchauffement climatique. Nous avons des problèmes de pouvoir d'achat pour les Français qui sont de plus en plus nombreux. Ce n'est pas le moment de s'amuser à faire des redécoupages. On doit être concentré sur les urgences du pays.
Oui. Plus d'une France des régions, ça veut dire aussi plus de décentralisation. Sébastien Lecornu avait promis de la décentralisation. Il y a un texte qui va arriver, mais qui finalement est coupé en trois. Est-ce que vous êtes un peu déçus de ce qui se profile ou pas ?
Oui, je pense que, déjà, le temps politique ne permet pas, puisque nous sommes à un peu plus d'un an d'une présidentielle, d'avoir un vrai travail sur quelle est l'organisation optimum pour la France et pour la République des territoires.
Donc, vous n'attendez pas plus, pas mieux ?
Donc, voilà, je n'attendais pas plus. Il n'y a pas de majorité. Mais c'est vrai que, dans le projet présidentiel de 2027, la question de l'organisation territoriale, de la République des territoires, va être essentielle. Et nous allons devoir bâtir une France des régions avec des France, de la France, qui va pouvoir donner des moyens aux régions, des moyens budgétaires, des moyens aussi en matière d'orientation scolaire et plus de moyens au niveau des aides aux entreprises.
Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une relation de confiance entre Sébastien Lecornu, son gouvernement et les régions ?
Il y a une relation qui est très distendue, puisque, malheureusement, nous écrivons au Premier ministre sous différentes formes et qu'il n'y a pas de réponse. Et voilà, je le regrette profondément. Il ne répond pas à l'Association des régions de France. Il ne répond pas au président de la région. Voilà, c'est très regrettable. Vous l'avez rencontré ? Oui, nous l'avions rencontré lors du Congrès des régions. Il est venu à votre Congrès, mais depuis ? Mais depuis, nous ne l'avons pas rencontré, alors qu'il nous avait promis d'avoir, en début d'année, une réunion. Votre Congrès, c'était en novembre, on le rappelle. Donc, depuis novembre, vous ne l'avez plus vu ? Je ne l'ai plus vu.
Et même quand on le saisit sur des sujets, par exemple comme Fibre Excellence, où il y a plus de 700 emplois directs en jeu, plusieurs milliers d'emplois sur la filière bois. Alors, Fibre Excellence, c'est la dernière entreprise de fabrique de pâte à papier française. C'est un sujet de souveraineté, d'indépendance de la France. C'est 700 salariés qui, au 15 avril, peuvent voir leur emploi supprimé. Pas de réponse de la part du Premier ministre. Alors que des solutions existent. Dans ce pays, il faut agir. Il y a un manque de volontarisme politique.
Et je redemande solennellement au Premier ministre d'organiser en urgence une réunion parce que nous avons besoin de producteurs de pâte à papier. Et ces 700 salariés ont droit à un travail qui est bon pour la France, qui est bon aussi pour leur vie.
Vous dites que ce n'est pas le moment de redécouper les régions. Alors, il y a un texte qui est examiné en ce moment à l'Assemblée. Il arrivera en séance la semaine prochaine pour le retour d'une région Alsace. pour doter l'Alsace de compétences d'une région et la sortir de facto du Grand Est. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative ? C'est un texte du groupe Renaissance, EPR.
Oui, tout à fait. J'en ai parlé avec la députée, qui est à l'origine de cette proposition de loi. Je lui ai dit que c'était déjà très étonnant comme calendrier. Parce que la France, elle a d'autres urgences que ce sujet. parce qu'il y a des problèmes, en effet, de rémunération du travail. Nous avons trop de travailleurs pauvres. Nous avons des enjeux sur l'investissement dans les infrastructures de transport. Donc, moi, d'expliquer que l'urgence du travail parlementaire, c'est de faire une région à deux départements, je trouve que ce n'est pas très sérieux. Ensuite, vouloir présenter les régions comme des territoires trop éloignés des préoccupations de nos concitoyens. Tout ça, c'est facile.
C'est facile parce que la démonstration, c'est que ces grandes régions, je suis à la tête de la région qui a le plus grand nombre de départements, 13, donc je peux en parler, ça a permis de faire des économies. Pour la région Occitanie, c'est 170 millions d'euros. Je vais citer un exemple très concret. Sur le transport scolaire, quand nous avons eu le transfert de la compétence des départements aux régions, sur mes 13 départements, deux avaient un transport scolaire gratuit. À budget constant, sans aucune augmentation d'impôts et avec une diminution des dotations. J'ai réussi à faire le transport scolaire gratuit sur 13 départements.
Ça, c'est bon pour le pouvoir d'achat des familles, c'est bon aussi pour la transition écologique. Donc, ce débat, il est tronqué. Ce n'est pas le moment d'avoir ce genre de débat-là. Et de dire que les régions sont trop éloignées et n'ont pas la capacité de répondre aux besoins de son administré, c'est faux. Les rapports de la Cour des comptes le démontrent. Nous avons besoin d'avoir une bonne répartition des missions entre les régions, les départements, les communes. Et cette solution d'une région à deux États, ce n'est pas sérieux.
Quand vous entendez le Rassemblement national dire qu'il faut supprimer les régions, est-ce que vous dites aujourd'hui que vous êtes un échelon menacé quand même ?
Alors, nous sommes un échelon fragilisé. Oui, nous sommes un échelon fragilisé par une politique gouvernementale qui, vraiment, nous a diminué les dotations de plusieurs milliards d'euros. Alors que nous avons joué le jeu de la relance économique. Nous avons doublé nos budgets pour les transports en commun. Nous avons aidé énormément d'entreprises et de TPE et de PME. Mais qu'est-ce que vous dites au RN qui vous supprimez les régions ? Nous avons, en effet, un gouvernement qui nous asphyxie budgétairement, qui va ralentir l'investissement des régions et donc la croissance du pays.
Et il y a l'extrême droite qui explique qu'il faut supprimer les régions, mais tout simplement par dogmatisme électoral. Parce que comme ils n'arrivent pas à accéder au pouvoir dans ces régions-là, ils veulent tout simplement les supprimer. Donc je trouve que nous sommes un échelon fragilisé alors que l'Europe s'appuie sur les régions, sur les questions des aides aux entreprises, sur la question des politiques de transport, sur la question des politiques aussi agricoles. C'est pourquoi je trouve que nous devrions être dans un partenariat. Les 18 présidents de régions, ils ne font que tendre la main au gouvernement parce que nous sommes dans l'équipe de France.
Et c'est incroyable dans ce pays de voir que l'on refuse de travailler collectivement.
On va parler des conséquences des municipales et de la présidentielle. On commence par votre région et la ville de Toulouse qui est finalement restée dans les mains de Jean-Luc Moudingue du centre-droit. La gauche a échoué à la conquérir. Vous l'attribuez à quoi ? À l'alliance PSLFI ?
Je pense qu'il était nécessaire d'avoir beaucoup de clarté dès le départ. J'ai soutenu le candidat socialiste qui était le candidat de l'union de la gauche. Je pense qu'avec plus de clarté… – Vous ne l'avez plus soutenu jusqu'au soir du premier tour. Mais après, chacun sait que pour moi, l'alliance avec LFI n'est pas souhaitable parce que nous n'avons pas les mêmes priorités pour le pays. Et surtout, nous n'avons pas la même vision pour le pays. Nous, ce que nous voulons, c'est des Français qui sont rassemblés et n'ont pas une fracturation perpétuelle.
Donc, sur Toulouse, je pense qu'il y avait un besoin de changement parce que la dynamique municipale ne correspond pas à la dynamique démographique, à la dynamique économique de Toulouse qui est très liée à l'aéronautique. – Mais est-ce que vous allez juste à dire… – Nous n'avons pas réussi à faire une proposition assez forte. – Mieux vaut Jean-Luc Moudin que François Picmal, le candidat LFI ? – Non, non, si vous préférez, je n'ai pas donné de consigne de vote, que ce soit bien clair. J'ai dit que j'entendais, et j'entends tous les jours, l'envie de changement. Il y en a marre à Toulouse de ce ronronnement perpétuel.
Mais pour autant, je n'approuverai jamais une union avec LFI parce que ce n'est pas ma vision de la République. Moi, je suis pour une République laïque, une République rassemblée. Je suis contre le communautarisme et je suis profondément européenne. Ça fait beaucoup de différence. – Vous êtes contente que Jean-Luc Moudin qu'elle garde LFI ? – Je pense qu'il est important de bâtir l'avenir avec les valeurs de gauche. – Est-ce que vous regrettez qu'Olivier Faure lui ait dit de comprendre ces accords PS-LFI ? Est-ce que pour vous, il a brouillé la ligne de votre parti ?
Je pense que les déclarations du premier secrétaire du Parti socialiste ont été très préjudiciables dans l'entre-deux-tours et ont vraiment donné une image d'un parti qui se vendait en fonction d'accords électoraux. Et donc, les Français, au deuxième tour, nous ont sanctionnés parce qu'ils en ont ras-le-bol des magouilles. Et c'est vrai que sur le terrain, c'est les socialistes, vous êtes que des menteurs, on vous achète pour pas cher, vous êtes des magouilleurs.
Et c'est pour ça qu'il est nécessaire d'avoir en politique une clarté et au Parti socialiste qu'il y ait un changement parce que la politique du zigzag, elle ne peut plus continuer, elle va nous amener dans vraiment des grandes difficultés. C'est pourquoi… – Un changement, c'est quoi ? Un changement à la tête du PS ?
Olivier Faure ne peut plus rester premier secrétaire ?
– Maintenant, nous sommes dans un débat en interne, nous devons avoir une ligne claire. Elle avait été approuvée début mars, le Bureau national avait fait une déclaration très claire d'aucune union avec LFI, de par en plus les derniers propos à Roland antisémite de Jean-Luc Mélenchon. – Elle n'a pas été respectée par certains candidats. – Mais non, le premier secrétaire n'a pas respecté ce vote et moi je pense qu'il doit en tirer toutes les conséquences. – Donc partir. – En responsabilité. – Donc partir. – En responsabilité. Tout cela, ça se débat au sein du parti. – Est-ce que vous pourriez quitter le parti ? – C'est-à-dire que c'est des sujets en effet sur lesquels j'ai pu réfléchir.
– Vous avez envie de partir ? – J'ai un désaccord maintenant depuis 4 ans, puisque déjà au moment de la NUPES, j'avais refusé de signer le papier Jean-Luc Mélenchon Premier ministre. Et c'est vrai que j'ai de nombreux désaccords depuis 4 ans avec la direction du Parti socialiste. Je pense que ce sont des positions prises par la direction qui affaiblit les valeurs socialistes. J'y ai pensé, mais à chaque fois, j'ai pu voir l'attachement des militants et je sais ce que je dois aux militants socialistes. Et donc oui, je reste par fidélité. – Mais vous pourriez faire comme David Lysnard, qui est votre homologue président de la station des maires. Est-ce que vous pourriez faire la même chose ?
– Je ne fais pas comme David Lysnard, mais il faut que nous ayons un vrai changement au niveau du Parti socialiste. On ne peut pas continuer à être dans le flou, à être dans l'approximation. On ne peut pas donner cette image d'un parti qui s'achète à la découpe. Il faut avoir de l'éthique en politique, il faut avoir de la droiture, il faut avoir de la conviction et la clarté, ça donne de la force. Et je pense que les Français, ils recherchent des élus, des représentants qui incarnent de la force, de la clarté et de la sincérité. – Est-ce que vous réfléchissez à la présidentielle ? – Je réfléchis au projet. – Mais à être candidate ? – Je réfléchis non, je pense qu'il y a assez de candidats.
J'aimerais qu'à gauche, il y ait plus de projets et moins de candidats. – Comment on les départage tous ces candidats ? – Je pense qu'il est nécessaire, en effet, de se mettre autour d'une table. Et c'est avec celui ou celle qui connaît le mieux la France qu'il y aura une évidence. – C'est qui pour vous ? – Je pense qu'en effet, aujourd'hui, Raphaël Glucksmann permet cette vision d'une France profondément européenne et avec plus de justice sociale parce que les Français veulent avoir une plus grande attention. Et puis il est nécessaire de retrouver la puissance de la France, que ce soit au niveau industriel ou que ce soit au niveau énergétique.
– Merci Carole Delga, merci beaucoup d'avoir été notre invitée ce matin.
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Carole Delga