SECTE « LA FAMILLE » : ENFERMÉ PENDANT 14 ANS, IL RACONTE L’ENFER
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous allez voir et découvrir, il y a une communauté religieuse secrète au sein de Paris qui s'appelle la famille. Le monde se se définit et se réduit par les quatre murs d'enceinte de la propriété. Joël venait en salle de classe et il venait faire le relevé de notes.
En fonction de la note qu'on avait eu, soit on se faisait frapper, soit on se faisait pas frapper. Ça pouvait être aussi des enfermements à la cave. Personnellement, j'ai déjà passé toutes les vacances d'été en étant fermé à la cave.
Il frapp que les enfants ou pas ? Je l'ai vu frapper des adultes, pas n'importe quel adulte parce que je l'ai vu frapper ma mère. Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende.
Aujourd'hui, émission exceptionnelle sur le thème des dérives sectaires. Vous allez voir et découvrir, il y a une communauté religieuse secrète au sein de Paris qui s'appelle la famille dans lequel il y a plusieurs personnes qui sont parties fonder des communautés partout en France comme celle de Malrevers. On va avoir Joseph qui a été à l'intérieur, qui est né là-bas, qui est sorti pour la première fois du bâtiment à l'âge de 11 ans pour aller au collège et ensuite à 14 ans pour avoir le droit de sortir quand ils ont été mis à la porte et bannis de cette communauté.
Va nous raconter comment ça s'est passé de l'intérieur. On va d'abord parler et expliquer comment la famille s'est construit, comment la communauté de mal revers s'est construite. Ensuite, on va expliquer tout ça.
En tout cas, merci d'être là de plus en plus nombreux sur légendes. Abonnez-vous avant que ça commence si vous voulez bien. Ça nous aide beaucoup.
Vous êtes environ 150000 à 200000 à nous rejoindre chaque mois. Donc merci beaucoup pour tout ça. Abonnez-vous, hésitez pas à commenter l'émission, à nous dire ce que vous en avez pensé.
Si vous avez d'autres idées aussi sur le thème euh des dérives sectaires, hésitez pas à le mettre. Euh vous pouvez liker la vidéo, la petite cloche pour être au courant des trois prochaines sorties. On vous met trois vidéos, trois interviews, trois documentaires par semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche.
Et on est en podcast audio aussi sur Spotify, sur 10h, sur Apple Podcast, Amazon Podcast. On vous met le son des interviews. Vous pouvez écouter comme ça quand vous êtes en train de courir, en train de faire du sport sur la route avec les écouteurs.
En tout cas, merci beaucoup. C'est un plaisir d'être avec vous de plus en plus nombreux chaque semaine sur les gendes. Et c'est parti.
On y va avec Joseph Fer qui est de la communauté qui était de la communauté de Malrevers sur légende. On y va. Bonjour, moi c'est Joseph.
Je suis né au sein de la communauté religieuse de Malrevert dérivée de la famille. J'y ai grandi jusqu'à mes 14 ans et je viens aujourd'hui vous raconter mon histoire. [Musique] Bienvenue Joseph.
Je vais te reprendre le clap. C'est un dérivé la communauté de mal reverte de la secte qui s'appelle la famille. Il y a 3000 personnes je crois qui sont à l'intérieur.
On va refaire l'histoire exacte de cette secte avec Seb. Merci d'être venu là sur Seb. il a bossé euh euh donc le contenu l'histoire de la secte pour bien comprendre ce dont on va parler parce que tu vas nous expliquer comment tu es sorti pour la première fois à l'âge de 11 ans pour aller à l'école et à 14 ans tu as découvert le monde extérieur que tu ne connaissais pas avant.
Ça qui est fou. Alors, tu as bossé l'histoire Sébastien justement de donc de la famille. C'est une communauté communauté secrète d'ailleurs qui a été révélée qu'en 2020 par un journal français.
Donc c'est très très tardivement. Il y a 3000 personnes qui en font partie apparemment dans Paris même intramuros et après à l'extérieur il y a d'autres communautés qui en sont dérivés comme la tienne justement Joseph qui s'appelle la communauté de mal revers qui est d'ailleurs un dérivé peut-être même plus dur ou encore plus radical je sais pas comment on peut dire tout fait oui différent plus radical oui tout à fait on va expliquer vous sortiez pas du tout justement tu vas tu vas nous raconter d'ailleurs porté plainte un pour de torture et et barbarie même pour en 2021 va nous raconter tout ce que tu as vécu, tu as vécu un calvaire à l'intérieur et comment et qu'est-ce qu'on peut en dire ? Qu'est-ce que c'est que cette communauté de départ ?
Sébastien, ça vient d'où ? Il faut remonter au 17e siècle, faut remonter à l'époque de Louis XIV, il y a un courant qui s'appelle le gencinisme qui pense que des gens peuvent être sauvés, aller au paradis et d'autres qui vont être condamnés. Mais ça c'est la religion de base hein.
Oui, mais là c'est très poussé avec des méthodes aussi qui sont un peu différentes puisque il y a du du sévis un peu poussé. Les gens vont se seul flageller, vont se scarifier, vont même aller jusqu'à la crucifixion. C'est un courant très à part quand même, assez radical et la personne qui va faire qui va pratiquer ce courant du gencinisme euh est justement devenue un peu une icône religieuse et et va fonder un petit peu les prémisses de la secte la famille justement parce que beaucoup de gens se sont mis à le suivre et là on passe au 19e siècle dans une époque plus récente où des gens vont continuer un peu ce courant-l et décider que dans deux arrondissements de Paris, deux trois arrondissements de Paris, 11e, 19e, 20e, des gens vont vivre à en vase clos.
Il y aura h familles qui vont après avoir des descendants, des descendants, des descendants. Ce qui fait que tu disais 3000 membres aujourd'hui en fait 3000 membres ce sont les gens des h familles d'origine qui ne se sont reproduits qu'entre eux les Ah oui c'est h familles qui font aujourd'hui 3000. Donc il y a beaucoup de mariage entre cousins et cetera.
Ex ce n'est que ça et je pense que Joseph pourra le confirmer. Tu ne peux pas t'interdit d'aller en dehors. C'est la règle qui a été décidée en dehors de ces huit familles là.
Et le nom de Joseph Fer, si je peux me permettre est un de ces huit noms sûr. Il y a que huit noms de familleig euh à l'origine au sein de la donc ceux qui ont créé la famille justement qui porte voilà c'est un c'est un courant sectaire c'est ça c'est considéré exactement plus sectaire plus plus traditionnaliste, plus extrême en fait avec des règles bien précises. Les femmes n'ont pas le droit de se couper les cheveux.
On n pas le droit d'accéder à des postes à responsabilité. Il faut qu'on reste toujours dans des professions qui ne sont pas par exemple ni le juridique ni le médical parce que sont des c'est le c'est Dieu qui doit décider du droit et qui doit faire en sorte que les corps survivent ou pas. C'est c'est tiré du catholicisme et de la religion judaïque.
He c'est ça c'est un mélange je crois de mal revers. Il y a les deux symboles religieux. Tout à fait à mal rever effectivement le courant judaïque est très présent ce qui n'est pas forcément le cas à Paris d'ailleurs.
Et alors comment ça a pris la forme d'aujourd'hui en fait ? Comment ça a évolué ? Il y a des gens parmi les fondateurs de la secte de la famille.
Donc on est au milieu du 19e siècle en 1819 ça commence mais 1850 qui vont avoir donc ces noms-là vont se reproduire et un jour certains d'entre eux vont vouloir créer des communautés indépendantes. D'abord commençant par celle de Pardaillan qui a coulé au bout de 3 ans parce qu'elle n'a pas fonctionné et cette même personne donc Vincent Tibou a voulu créer donc la communauté de mal revers quelques années plus tard inspiré des modèles de kibout israélien en l'occurrence. C'est pour ça que le modèle de vie clos en vas clos comme a connu du coup Joseph est inspiré à la fois d'une méthode un peu du coup judaïque mais aussi avec une aspiration chrétienne et que ça fait un mélange des deux.
C'est pour ça qu' a été créé mal revert. Ce qui a perduré beaucoup plus longtemps qui a perduré jusqu'à aujourd'hui d'ailleurs aujourd'hui. Ils sont combien aujourd'hui tu dis à peu plus de 3000 4000 3000 à 4000 la secte de la famille on parle.
Après, je j'ai pas les chiffres exacts de ce qui concerne malrevers si c'est considéré comme étant la famille ou si ça regroupe tous les groupes. Mais en tout cas, c'est 3 4000 personnes et aujourd'hui encore, il continue à se mailler que entre cousins. C'est toujours pas ouvert en 2025.
Tu tu vas nous raconter après Joseph. On va rentrer vraiment en détail dans ce que tu as vécu, vous puissiez comprendre vraiment l'histoire de quelqu'un qui a vécu ça de l'intérieur. Est-ce que donc c'est une secte ou c'est pas une secte ?
Qu'est-ce qu'on peut en dire exactement à ce niveau-là ? officiellement, c'est considé comme étant un groupe avec des dérives sectaires, mais donner le terme de secte, ça ne l'est pas exactement. Euh mais par contre, on peut dire officiellement que ça en est une par rapport à un mode de vie classique.
Ce n'est pas classique et les problèmes de consanguinité qui sont irrités depuis maintenant 200 à 300 ans ont des impacts puisque beaucoup de gens sont en mauvaise santé euh dans ces groupes-là, de plus en plus. Et comme le médical n'est pas une profession dans lesquelle on peut exercer ni trop la côtoyer, certains tombent malades gravement et n'ont pas accès à tous les soins. C'est le nom de la ville malrever.
C'est Oui. Oui. C'est le nom du village.
Enfin, c'est c'est un lieu mal reverse, c'est le nom de la commune et on a un lieu dit qui s'appelle Boissier qui est c'est boissier mal revert. Exactement. Pourquoi Vincent Thibou ne s'est pas contenté juste de graisser dans la secte de la famille et qu'il a voulu créer d'abord son courant à lui dans le gerers puis après à Malrevers ?
On aurait dit à Vincent Thibou que la fin du monde arriverait le jour où les juifs reconnaîtront en Jésus le un prophète. ce qui explique le lien judaïque qu'il y a avec Malre où j'ai grandi et qui est un petit peu moins présent dans la communauté de de Malrevers. Donc Vincent Tibou s'est cru investi d'une mission et il a proposé à certaines personnes de la famille de Paris ce nouveau projet et de quitter la famille de Paris pour aller s'installer dans un autre endroit et fonder une communauté qui aurait un mode de vie plus proche d'un kibout israélien que le mode de vie communautaire de Paris.
Oui, ça a été créé en 72. C'est ça ? Ça a été créé dans les années 60.
Ça a été créé dans les années 60. La version mal reverse en 72. Mal reenroverse est en 72.
Effectivement, si je peux me permettre sur Vincent Tibou, la version qui nous a raconté, c'est celle-là, celle d'une vision prophétique de la mission. Il y a une autre version qui existe et qui elle pour le coup a des éléments factuels, c'est que Vincent Tibou était un commerçant. Il a fait faillite, il devait de l'argent à l'État et il s'est enfui en Israël pour se faire oublier pendant 2 3 ans.
Il a vécu dans un kibout israélien. Ça lui a donné des idées. Il est revenu en France.
Ah ouais. Et il a embarqué certaines personnes de la famille dans un ce que moi je qualifie aujourd'hui de délire. Toi tu es toi tu es né hein et tu as grandi dans la communauté. tu es né là-bas à Malreversit euh tu vas y rester jusqu'à tes 14 ans.
On va raconter ça en fait dans le petit groupe qui va partir et qui va s'installer à Malrever, il y a tes quatre grands-parents. Donc tu as vraiment ta famille vraiment voilà mes quatre grands-parents qui étaient à Pardaillan d'ailleurs et eux ils étaient à Pardaillan avant donc ils ont suivi l'échec de Pardaillant mais ils ont quand même ressuivi après Oui. à ce même monsieur pour créer une deuxième communauté.
Tout à fait. Oui. C'était des fidèles fidèles quoi.
C'était des fidèles. Oui. Et toi tes parents ils se sont rencontrés à l'intérieur de la communauté.
Du coup, ils ont grandi dedans. En fait, ils ont grandi ensemble. Si les deux grands-parents étaient là-bas, c'est que tu connaissais, il y avait tout le monde.
Tes parents étaient ensemble. Mes par mes parents effectivement euh se sont comment dire se sont rencontrés au sein de la communauté de de Malre. C'est ça.
Depuis qu'ils sont petits en fait, ils ont été élevés ensemble. Ils ont été ensemble. Tout à fait.
Ils sont arrivés à Malrevers alors qu'ils avaient 5 6 ans mes parents. Je dis élever ensemble parce que les vous allez voir, tu vas nous expliquer plus précisément mais les enfants sont mis ensemble et les parents ne les voient que une quelques minutes le vendredi et le reste du temps ils sont élevés par la communauté en général. Euh merci Sébastien pour euh pour pour la précision sur l'histoire pour qu'on comprenne un peu mieux histoire de ce courant de cette voilà qu'il y a des dérives sectaires.
Donc n on juge pas, on écoute, on essaie de comprendre juste ce que tu as vécu euh surtout sur la communauté mal revers du coup qui était bien plus traditionnaliste, on va dire. On va continuer l'émission et maintenant on va parler de ton parcours à toi. Donc là, on va faire ton parcours maintenant si tu veux bien Joseph de comprendre.
On va se focusser sur toi, sur ta vie euh et sur donc sur la communauté de mal revers pour essayer de comprendre parce que toi tu l'as vécu, nous on a jamais abordé avec vous sur les gens ici le sujet des sectes. On n jamais vraiment expliqué ce que c'était, comment on vivait de l'intérieur. On a du mal à l'imaginer tant qu'on y est, enfin quand on y est pas bien sûr.
Combien vous étiez dans cette communauté là ? Vous étiez dans un énorme bâtiment, une sorte de ferme. C'était une de ce que j'en sais, c'était une ancienne colonie de vacances, donc un grand bâtiment, une grande propriété.
On était une petite centaine. Vous êtes une centaine ? Une petite centaine.
Je me rappelle pas du chiffre exact mais oui, une petite centaine de personnes. Donc tout le monde habite au même endroit. Vous dormez au même endroit.
Oui, tout à fait. Il y a différents étages avec des pièces de vie, des pièces de vie commune et des dortoirs en fait. Donc de retoir collectif pour les enfants ou les adolescents ou les jeunes adultes célibataires et puis des chambres plus individuelles pour les couples et la la propriété est divisée en plusieurs bâtiments pour les lieux de vie et les bâtiments pour le travail puisque Malre est vraiment autonome en fait d'un point de vue financier financier.
Voilà. Mais c'est que vous cultivez votre nourriture aussi ou non ? travailler pour vendre des choses.
Non, ils sont voilà, ils travaillent pour vendre des choses. Ils ont une entreprise familiale dans le textile. Euh, j'ai envie de dire la terre, ils ont essayé à part d'aillant, on voit ce que ça a donné, ils ils ont pas réussi à en vivre.
Donc non, non, c'était à mal reenrovers, c'était leur le textile, leur leur moyen de voilà leur gangain. Voilà. Donc ils étaient en capacité en fait de créer des vêtements enfin toute la chaîne de production de A à Z puisque ça commence depuis le rouleau de fil et ça se termine des habits confectionnés sous plastique en carton expédié et cetera.
Qui travaillent ? Les adultes ? Oui tout à fait les adultes.
Tous les adultes travaillent. Donc il y a une organisation en fait l'un des maîtres mots de cet endroit c'est vraiment organisation. Il y a pas de place qui est laissée au hasard.
Quel que soit le moment de la journée, chaque personne sait exactement où elle doit être et ce qu'elle doit faire, qu'on soit un enfant ou un adulte. Et euh les ateliers également sont divisés, il y a plusieurs postes de travail, du tricotage, de la confection, de la découpe et cetera. Et euh chaque personne a son propre poste de travail à titrer.
Les femmes et les hommes sont dans des ateliers différents. Il y a un responsable pour chaque atelier et euh voilà, c'est une machine qui est bien huilée. Et donc là, on va voir voilà, je vous mets des photos.
Si vous regardez sur YouTube, vous verrez comme ça les le bâtiment hein. C'est donc le bâtiment de la communauté de Malv qui est encore comme ça aujourd'hui ça existe. Il y a encore du monde là-bas.
Oui, tout à fait. Ils y sont toujours une grande majorité des personnes que j'ai connu lorsque j'étais enfant. Euh il y a toujours du monde.
Ils sont ils sont encore et Oui. Oui, tout à fait. Euh qui dirige la communauté là-bas ?
Est-ce qu'il y a un chef ? Euh est-ce qu'il y a le aujourd'hui le même chef qu'il avait à ton époque enfin qui qui dirigeait ? Vous leur poseriez la question aujourd'hui.
Officiellement, ils disent qu'ils ont un fonctionnement euh démocratique avec des assemblées et qui prennent les décisions de manière collégiale et ils se refusent à dire qu'il y a un chef. Euh de la vie que j'ai eu là-bas euh pendant les 14 premières années de ma vie, il y avait effectivement un chef qui était parfaitement bien identifié. De mon vécu aujourd'hui plus contemporain, il y a toujours un chef.
Ça a un petit peu ça a un petit peu évolué de ce qu'il de ce que je comprends, mais il y a toujours il y a toujours un chef, il y a toujours une direction dans cette dans cette communauté. Est-ce que est-ce que vous pouviez sortir de cette communauté ou c'était vraiment porte fermée ? On ne pouvait pas sortir, c'était en vase clos avec euh bah un mur d'enceinte tout autour de de la propriété qu'on ait pas le droit de de franchir.
Et si jamais tu sortais, imagine tu t'en enfin tu fais le mur comme je sais pas et bien ça nous venait pas l'idée aussi fou que ça puisse paraître. On n'y a jamais pensé. Euh en fait ce qu'il faut comprendre par rapport à et c'est c'est une différence en fait quand on parle de mouvement religieux, de sectes et cetera.
Euh une secte généralement va chercher à convertir des personnes extérieures. Euh la différence qu'il y a avec Valrever, c'est que c'est une secte euh ou un mouvement religieux à dérive sectaire dans lequel on grandit et on est dedans. Donc notre réalité c'est de vivre làdedans.
Tu n'as que ça. C'est ton monde. C'est notre monde en fait.
Donc on n pas forcément l'envie de découvrir ce qu'il y a dehors puisque ce que ce que l'on vit au quotidien depuis qu'on est né correspond à la à la réalité du du monde. En fait, on ne sait on n'envisage même pas ce qu'il y a à l'extérieur. En fait, on n'y pense pas.
Notre monde se réduit pas, on l'imagine pas. Non, on y pense pas. C'est c'est un petit peu fou he dit comme ça, je peux le comprendre mais le le monde se se définit et se réduit par les quatre murs d'enceinte de la propriété.
Ouais. Donc tu imaginais pas ce qu'il pouvait y avoir, comment les autres enfants évoluaient. Tu avais pas envie d'aller jouer, je sais pas dans dans la rue s'il y avait des gens qui faisaient du vélo, des des enfants ?
Quand tu avais 10 11 ans, tu as envie de jouer avec les autres enfants de la rue, quoi. Oui, mais là il faut aussi regarder l'emplacement géographique de la communauté qui est tout de même relativement isolé et il y a très peu de voisinage, très peu de passage et il nous arrivait jamais de voir passer d'autres enfants de notre âge à proximité. Est-ce que Est-ce que vous savez ce que les gens du village pensaient de vous ?
Non, je ne savais pas ce que les gens depuis pouvaient penser. Tu disais pas tiens en fait euh tiens, ils savent que c'est une secte, est-ce que maintenant avec du recul euh tu l'as su ça ? Est-ce que les gens au collège disaient tiens il y a une sec là-bas, ça c'est un c'est des gens bizarres ?
J'en sais rien. Est-ce qu'il y avait un jugement du village sur cette communauté ? Apparemment, il y avait une curiosité.
Il y avait une curiosité. Euh mais il y avait pas vraiment de jugement parce que du fait queon est dans un environnement euh très fermé, secret, un vaso, ça n'attire pas l'attention en fait. C'est c'est encore une fois quelque chose d'assez spécifique à eux, c'est que ils sont par définition très discret, ils sont invisibles.
Donc ce qui se passe à l'intérieur n'est connu que des personnes qui y sont et on entend jamais parler d'eux. On va parler du du mode de vie vraiment parce que là on va rentrer dans le vif du sujet, les anecdotes, tu vas nous raconter donc on va parler des mariages en interne victime de violence aussi parce que le chef va changer à un moment donné, on va l'expliquer et va devenir beaucoup plus dur, violent et même plus juste on parle déjà des habits. Est-ce qu'on s'habille comme on veut pour essayer d'imaginer ?
Tu vois, on s'habille pas tout à fait On s'habille pas tout à fait comme on veut. Alors après euh je ne saurais dire parce que je suis parti, j'étais assez jeune. Donc comment les adultes enfin en fait tout simplement comment les adultes se fournissaient en vêtement ?
C'est une question qui peut être légitime puisque les personnes ne faisaient pas les magasins, les personnes n'avaient pas la maîtrise de leur de leur budget, donc ils avaient des habits. Après pourrait parler d'une sorte de dress code, c'était toujours un pantalon assez simple, une chemise pour les pour les hommes, euh t-shirt en été pour travailler dans les ateliers et pour les femmes et ben c'était forcément une robe longue dans tous les cas en dessous des genoux. Les enfants étaient habillés comment ?
On était la majorité du temps en short. Ah oui, la majorité même en hiver par exemple. Parfois vous étiez en short.
Oui, on était en short en hiver. Oui. Comment géit son argent à l'époque ?
Est-ce que tu disais vous travaillez, il y avait une usine de textile ? Est-ce que chacun participait, avait son salaire, acheter ses propres trucs ou est-ce qu'il y avait un pot commun ? Comment on gérait son argent là-bas ?
Les adultes ne géraient pas leur argent, ils travaillaient toute l'année. Il faut préciser que le mode de travail était assez cétait assez propre à cette entreprise. Il n'y avait pas de vacances, il n'y avait pas de congé payé, il n'y avait pas non plus de weekend he au sens propre, on l'entend puisque le samedi, le jour du shabbat, mais dès le dimanche, on retournait travailler dans les ateliers.
Ça travaillit 6 jours sur 7. Ça travaillait 6 jours sur 7 et les adultes ne bénéficiaient pas de leur salaire en fait tout simplement. D'accord.
Donc c'était un pot commun quoi. Enfin il y avait même pas d'argent. Vous parliez pas d'argent.
On ne parlait pas d'argent. Il y avait un qui achetait la bouffe pour tout le monde, un qui acheté enfin la nourriture, l'autre qui acheté qui payait les factures et cetera pour l'ensemble du truc. Vous aviez pas d'argent.
En fait, il y avait une direction centralisée qu'on appelait le bureau. C'est une petite annexe à côté des ateliers. L'administration.
Tout à fait. Et c'est ici qu' était prises les décisions pour la communauté. C'était ici qu' était géré euh les dépenses et cetera.
Et pour les courses, il y avait une personne à qui on lui disait une fois dans la semaine d'aller faire les courses à tel magasin. On lui donnait un budget respecté. les il prévoyait un petit peu à l'avance les recettes, les repas qui allaient être fait dans la semaine et donc il devait aller à tel endroit faire les courses, revenir.
Il faut se préciser que quand il y avait un adulte qui était chargé de partir soit faire des courses, soit au niveau du travail pour le textile faire les livraisons d'habits terminés, les trajets étaient chronométrés. Il savaient entre la communauté, l'endroit où la personne devait aller faire ce qu'elle avait à faire et revenir à peu près le temps qu'il fallait. et les attaques chronométrés.
Ah oui, donc c'était très contrôlé tout le temps. Tu étais pas libre quoi. Tout à fait.
Effectivement comme je l'ai dit le un des maîtres mots organisation et effectivement un autre maître mot pour être contrôle. Tout était fait pour eux. Ça ressemblait à quoi une journée type à Malrevers ?
Une journée type ça commence à 6h du matin. Donc 6h du matin, un office religieux dans une dans une pièce dédiée qu'on appelait la salle de prière. On pourra appeler ça un temple.
Voilà. Donc un office religieux à 6h du matin. Ensuite un petit déjeuner qui était pris dans une salle commune.
À la fin de ce petit- déjeuner, il y avait certaines tâches ménagères qui étaient réparties entre les différents adultes. Donc la vaisselle à faire du petit-déjeuner et puis du dîner de la veille. Ensuite enfin dans le même temps, ménage des sols, des WC et cetera.
Les enfants les plus âgés devaient participer. On avait un planning avec encore une fois des tours. Donc chaque enfance savait en fonction du jour de la semaine sur quel poste il devait aller aider euh à travailler au niveau du ménage.
Et ensuite la journée en tant que telle commençait. Donc les adultes allaient aux ateliers, au poste de travail et les enfants, ils allaient en salle de classe sous la surveillance d'une détente. Donc il y avait pas de loisir, tu disais tout quoi.
Non, le le il y avait pas de temps dédié dans la journée pour les pour les loisirs ou pour la détente. Non non non non. Euh je vous mets des photos de la communauté qui qui apparaissent à l'image.
On voit des des grandes des grandes tablées. Vous mangiez toujours ensemble comme ça vraiment côte à côte. C'était vraiment des comme des grands repas de famille tout le temps pour le coup.
Oui. Une salle commune avec des grandes tables où c'était une quinzaine de personnes, enfin 12 15 personnes par table. Les personnes avaient leur place qu'on leur avait attribué.
Encore une fois, il y avait pas de place qui était laissée au hasard. les chaque personne devait aller à la place qu'on lui avait qu'on lui avait attribué. Les couples mangaient côte à côte et puis après au niveau des enfants, on était réparti sur différentes euh ça rigolait c'était c'était quoi l'ambiance quand vous étiez à table ?
Vous avez quand même de la joie, enfin vous pouvez rire avec les autres enfants machin ou tout le monde doit se taire. Tu vois, c'était les enfants, on nous comment dire, on nous encourageait plutôt à être assez assez discret. C'était pendant le temps du repas, les adultes échangaient entre eux.
Le sujet de discussion, c'était généralement le travail. Il y avait pas grand-chose d'autre à à discuter. Et les enfants, non, on était pas on était pas très sollicité pendant les pendant les repas.
Donc, il y avait pas il y avait pas de rire. Le repas c'était pas forcément un temps de plaisir particulier. Ah oui, mais si vous étiez 15 à table, on me dire tiens comme un repas de famille, c'est quand même sympa, ça rigole machin.
Non, c'était pas le cas. Non. Et d'ailleurs, en fait, ils avaient une phrase parce que dès que il pouvait y avoir une table où il y avait une discussion qui pouvait s'animer un petit peu, ils avaient une phrase qui qui est assez drôle.
Justement, il disait "On n'est pas à la famille à Paris. Ici, on n'est pas à la famille." C'est-à-dire que il faisait un justement un lien sur l'image que en tout cas on m'avait inculqué de la famille parisienne qui justement eux font des grandes des grandes tablées, des grandes fêtes où ça boit, où ça crie, où ça parle fort et cetera.
Euh oui, effectivement, ils font ils font des fêtes où c'est un petit peu joyeux. Et à l'inverse, quand ça commença à faire un petit bro dans la salle commune à Malrevert, il nous rappelait que justement c'était entre parenthèses ici à Malore, c'était pas le bordel quoi. Donc on devait descendre.
On voit une photo de la salle de prière là qui s'affiche à l'image que tu nous as donné. Donc on voit l'étoile de David avec la croix catholique au centre. Tout à fait.
Donc c'est un un mix des deux. C'est une double croyance. C'est quoi exactement en quoi cette communauté croit ?
Pour faire les choses simplement, ils reconnaissent Jésus et ils reconnaissent également la religion juive. Donc ils font Noël par exemple. Donc ils font Noël.
Ils font Noël Shabbat et Noël. Ils font shabbat et Noël. Voilà tout simplement.
Et donc ils font enfin toutes les toutes les autres la fête du pardon. Ils font la fête du pardon au yom Kipour des juifs. Ils font Pâqu.
Ils font pâqu aussi. Donc ils font vendredi saint effectivement qui pourrait être un petit peu le jour du pardon des des chrétiens. Alors, ce qui est fou, c'est euh justement c'est l'éducation des enfants.
En fait, ils vont être mélangés. Alors, ça c'est pas très clair, j'ai du mal à l'imaginer. Ouais.
Euh c'est-à-dire qu'en fait, vous vous est-ce que vous dormez avec vos parents enfin dans une chambre euh à côté de vos parents ou est-ce que vous dormez vraiment dans des dortoirs ? Vous voyez vos parents une fois par semaine, tout le monde t'élève de la même manière en fait. Tout le monde a un peu ta maman et ton papa finalement dedans.
Comment ça marche ? Au niveau des enfants ? Il y avait trois groupes d'enfants, on va dire.
Il y a les plus jeunes qui sont à la nurserie, on va dire tout ce qui est inférieur à 5 ans, en dessous de 5 ans. La nurserie maternelle ou maternelle crèche la crèche plutôt. Et ensuite, il y avait un groupe d'enfants, on va dire les moyens.
Là, c'était on va dire la primaire et enfin il y avait les grands pour le collège. Voilà. Donc euh tant qu'on était à la nurserie, il y avait quelques contacts avec les parents puisque les parents quand il terminait le travail euh avant de partager le dîner du soir, il pouvaient faire un un petit passage à la nurserie pour voir quelques minutes euh leur leurs enfants.
C'était un temps qui était assez court et c'était surtout un petit peu s'enquérir de comment s'était passé la journée. voir s'il devait craindre des remontrances qui leur seraiit faites si leur enfant malgré qu'il soient quand même assez jeune nurserie se soit mal comporté aprè parce que tu pouvais te faire engueuler en tant que parent si ton enfant se comporte mal oui c'est un petit peu schizophrénique dans le raisonnement puisque ils empêchent totalement les parents d'élever leurs enfants. Donc pour eux l'enfant une fois qu'il est là c'est l'enfant de la communauté.
Euh mais si l'enfant se comporte mal, c'est de la faute des parents qui l'ont fait. Donc euh c'est c'est un petit peu tu as les emmerdes et pas les avantages. Exactement.
Donc et donc du coup toi tes parents, tu les as quasiment pas vu quand tu étais petit ? Non, mes parents, j'ai j'ai très très peu, voire même quasiment aucun souvenir euh en compagnie de mes parents. Il y avait un temps qui était prévu le vendredi soir une fois qu'il faisait la prière pour l'entrée dans le shabbat qui il y avait une petite heure qui était tolérée pour les parents pour justement aller chercher leurs petits à la nurserie et passer 1 heure environ dans la chambre parentale un temps avec eux.
Mais au-delà de ça, il n'y a absolument aucun moment d'échange privilégié privé avec leur progéniture. Mais donc, tu dors avec qui du coup ? Tu dors dans dans les dortoirs et tous les autres enfants ?
C'est ça les dortir il a pas de Il y a pas un bisou de papa maman avant de dormir. Non. Et qui s'occupe de toi ?
Il y a bien quelqu'un qui te borde quand tu es petit. Alors pour la nurserie, il y a une tante c'est-à-dire une femme de la communauté. une femme de toutes les femmes de la communauté, on les appelait des tantes.
Tous les hommes, on les appelait des oncles. Donc pour les petits, il y avait une tente. Une tente qui c'était son travail à titré de la journée de s'occuper d'eux.
Et pour la nuit, il y avait un tour de garde, on va dire, on va dire un tour de garde, une tente qui se relayait chaque nuit différente pour garder les les enfants de la nurserie. tu avais peu de peu d'amour finalement, tu vois, de les parents sont là normalement pour te couver, pour te dire que tu es meilleur, que tu es un super garçon, que tu es un super petit garçon, que tu es génial, tu vois, tu es là pour ça. Tu as pas eu du coup ?
Non, effectivement, on l'avait pas. On l'avait pas mais on comment dire ? C'est un petit peu de la même façon que je disais tout à l'heure qu'on n'avait pas l'idée d'aller voir ce qu'il y avait derrière le mur.
Quand on est dans un environnement où notre réalité c'est ce qu'on vit au côté en fait, on n pas de comparatif en fait. On ne sait pas comment ça pourrait se passer autrement parce qu'on en ignore l'existence. Du coup, on n pas conscience du manque affectif qui qu'on a.
C'est ça. C'est une enfin ce qui m'a manqué quand j'étais plus jeune, je m'en suis rendu compte plus tard. Quand j'ai quand j'étais à l'extérieur, tout le monde a de la a de l'autorité sur les enfants ou tes parents ils ont plus d'autorité que le droit d'avoir plus d'autorité que les autres.
C'est limite l'inverse en fait. les parents ont moins de pouvoir d'autorité que les autres que les autres adultes. Euh les parents limite avaient un petit peu peur de leurs propres enfants parce que comme je l'ai expliqué, si l'enfant se comportait mal, c'était de leur faute.
Alors, c'est dans leur perception des choses, c'est que si leur si on devait faire des reproches à à un enfant, c'est que en fait les parents, enfin c'était entre parenthèses une mauvaise progéniture mais euh c'était de la faute, c'était de la faute des parents parce que c'était pas des c'était pas des bons croyants ou ils avaient des choses enfin ils avaient ils avaient mal engendré d'une certaine manière. Euh donc les parents avaient tendance à prendre de même beaucoup de distance avec euh avec leur leurs enfants. Tous les adultes avaient un rôle éducatif.
Tu les appelles papa et maman ? Non. Tu les appelles comment ?
Bah on les identifiait en tant que papa et maman, mais on les comment dire euh tu les appelles, tu leur parles et tout une heure par par semaine, le vendredi, tu leur dis euh Bernard et Monique, enfin tu les appelles par leur prénom ou par euh Ah non, on alors quand on s'adressait à un adulte, c'était mon oncle, ma tante et si jamais on devait s'adresser directement à nos géniteurs, on disait papa ou maman. Mais quand on enfin il nous arrivait pas de parler d'eux et de dire euh ah bah je voudrais aller voir mon papa, je voudrais aller voir ma maman, enfin tu es petit, tu pleures, tu dis pas je veux voir ma ma maman la nuit, tu fais un cauchemar 5 ans, 6 ans comme tous les enfants. Non, en fait il y avait un transfert qui je pense qui se faisait euh il y a un transfert affectif qui se faisait envers la tente ou l'oncle qui nous éduquait le plus au quotidien.
Mais qui changeait tout le temps la tente ou c'est toujours la même ? toujours la même. Ça change tout le temps pour la garde de nuit, pour la journée, c'est toujours la même.
Ah, donc toi, tu as un petit frère qui s'appelle Mathieu. Oui. Euh, et tu as deux sœurs, il s'appelle Latitia et et Cynthia.
Ils sont tes petites sœurs. Tu es né toi. C'est ça.
Tout à fait. Euh tu tu es proche d'eux ? Tu es proche d'eux ou pas aujourd'hui ?
Aujourd'hui, j'ai des contacts avec eux. Ils sont toujours dedans ou pas ? Non, ils sont partis.
Ils sont partis aussi. Ils sont partis. Euh, ils sont partis il y a longtemps comme moi.
J'ai J'aimerais être plus proche d'eux que ce que je ne le suis. Euh, aujourd'hui, euh quand j'étais à l'intérieur de la de la communauté, je n'avais pas de lien avec mes petites sœurs parce que elles étaient à la nurserie et moi j'étais avec les grands. Donc, je n'avais pour le coup aucun contact avec elle. et j'avais quelques contacts avec mon petit frère, mais pareil, on était dans des groupes d'enfants différents.
Il était chez les moyens quand vu que je suis l'aîné, j'ai été un des premiers aller au collège. Non, j'ai pas vraiment grandi avec eux. Alors que pourtant tu étais dans la même maison.
Oui. Oui, c'est surprenant. Mais c'est fou, c'est fou, c'est fou.
Tu as pas eu de relation particulière avec eux proche quoi, de proximité ? Ah oui non ben on peut même dire qu'on était des des étrangers hein. C'est enfin mes petites sœurs du fait qu'elles étaient à l'anurcerie les croais une fois une fois par semaine le jour du shabbat quand euh parce que le jour du shabbat les petits enfants de la nurserie étaient autorisés à descendre 1 heure ou deux avec les avec les grands.
Donc je les croisais. Donc je savais que c'était mes petites sœurs mais enfin il y avait même pas de contact. Il y avait rien du tout.
Oui. Tu allais pas leur faire un bisou avant de dormir quoi. Ah, pas du tout.
Non. Donc il y a des photos de vous là. On vous voit pareil petit en train de manger.
On te voit sur un sur un vélo. C'est ta grand-mère qui va être chassée de la communauté alors que pourtant elle a participé à la création de la communauté de Malrevers. Donc est une fermée avec Vincent Thibou à l'époque en 72.
Pourquoi elle va être bannie ta grand-mère ? Alors, ma grand-mère, elle va être euh elle va pas vraiment être bannie, elle va être mis dehors. C'est un petit peu c'est un petit peu plus euh c'est un petit peu différent.
Il l'un de mes oncles, l'un de mes oncles, donc euh le plus jeune des fils de ma grand-mère, le petit frère de mon père, va à un moment donné faire une fugue de la de la communauté et à cause de cette fugue, ils vont prendre la décision de l'écarter de la communauté. compte tenu du fait qu'il est mineur, il faut que ces deux parents ou que l'un de ces deux parents parte parce que il parce qu'il peut pas l'enver. Le fils de ta grand-mère, donc ton oncle.
Mon oncle, le plus jeune de mes oncles. Oui. Et ben après, c'était une famille très nombreuse du côté de de ma grand-mère.
Donc si d'ailleurs, ils ont combien d'enfants dans la communauté ? Ma génération, ma génération à moi, c'est des familles avec trois, quatre enfants. La génération d'avant qui était plutôt sur le modèle parisien, c'est des familles avec 10, 12, 15 enfants.
C'est c'est costaud. 10 12, 15, ouais. Ah oui oui oui oui oui.
Euh et donc ce qui fait que mon oncle le plus jeune de mes oncles n'a que 3 années d'écart avec moi. En fait, il on pourrait être frère en fait. Et donc cet oncle là en particulier euh qui s'appelle Jonathan a un moment donné une scolarité difficile et cetera.
Bref, il a fugué. Les gendarmes l'ont ramené à la communauté. Encore une fois, ils ont craint que ça puisse un petit peu attirer l'attention sur eux.
Donc il décident de l'écarter. Pour l'écarter, il faut faire partir les parents. Donc ils font partir de fils son père donc qui est mon grand-père.
Et en ce qui concerne sa mère, donc ma grand-mère, il lui expose un choix. Tu peux partir de la communauté et suivre ton fils, tu peux rester dans la maison. Euh le ce choix en fait, il est fait tout simplement parce que là c'est la très grosse différence avec la famille de Paris, c'est que mal revers, je vais dire comme ils le disaient eux, ils vomissent l'esprit de famille justement le fait d'avoir une unité soudée entre des enfants et ses parents ou une fraterie, c'est justement ce qu'ils essayent de casser dès le plus jeune âge.
Donc ce choix qui est laissé à ma grand-mère, c'est soit tu fais esprit de famille et tu suis ton fils, soit tu choisis la maison et l'instruction et Dieu et tout ce qu'il y a dans cette maison. La première réaction de ma grand-mère, c'est de choisir de rester dans la communauté. Donc elle laisse partir son fils avec son mari, avec tout seul, il pouvait pas.
Euh donc il part avec son mari. Quelques mois plus tard, il revient aux oreilles de la communauté que son fils Jonathan a des difficultés de comportement qui tourne mal, qu'au niveau de la scolarité et cetera, ça se passe mal et cetera. Elle demande à ce moment-là au niveau de la direction si elle peut partir les rejoindre.
Il est à 1 an, je crois, de sa majorité. Donc elle voilà, elle se dit c'est le dernier de ses enfants. En plus, elle demande à à rejoindre son mari.
Quelques mois après son départ, on apprend que elle est tombée malade, ma grand-mère et euh assez rapidement, on sait que c'est un cancer. Et donc euh quand on apprend ça, quand on apprend ça, la ma grand-mère en fait, elle a fait des elle a fait des examens et on se rend compte que c'est un cancer des intestins qui appelé foudroyant. J'étais assez jeune à l'époque he quand même.
Euh mais on comprend que elle probablement elle ne va pas s'en sortir. Euh ma grand-mère quand elle comprend ça, elle demande à la communauté si elle peut revenir pour y finir ses jours en fait tout simplement. Et en fait, cette chose-là, elle est importante dans mon histoire parce que quand on a vu partir notre grand-mère quelques mois auparavant euh en pleine forme et qu'on la voit revenir à peine 6 mois après en fauteuil roulant avec une perruque, le teint jaune, une poche sur le côté, enfin vraiment extrêmement diminué, euh ces derniers jours en fait ont été une espèce de mise en scène euh à notre intention les enfants la la la secte organisé le concert de ta grand-mère pour faire passer un message.
Voilà. Oui, effectivement, ils nous ont fait passer un message. Alors, c'était pas tout le temps mais dès que elle devait prendre l'air, se promener en fauteuil roulant, bon, il y avait une de de mes tentes qui devait l'aider à se déplacer et cetera.
Elle allait dans le parc dans la communauté. Donc elle passait devant la salle de classe où on était et la tente qui s'occupait de nous ne manquait pas une occasion de attirer notre attention dessus, nous faire venir aux fenêtres, qu'on aille la regarder un peu comme si c'était une bête de foire euh en nous disant "Bah vous voyez les enfants, il y a quelques mois vous l'avez vu partir, elle était en pleine santé. Euh on lui avait laissé la possibilité de de rester dans cette maison.
Finalement, elle a fait le choix de choisir son fils à la maison à regarder ce qui lui arrive. Je dire ouais c'est c'est de sa faute quoi. C'est de sa faute.
C'est une punition divine. Sorti regardez ce qui se passe dehors. Exactement.
Euh quand ça ça quand tu es enfant ça te marque ? Bien sûr ça a marqué. Je j'étais pas encore en 6e quand quand c'est arrivé ça.
Donc je sais pas quel âge j'avais mais je devais avoir 9 10 ans. Effectivement ça c'est des choses qui restent c'est c'est des choses qui restent profondément en tête. Oui.
En en 1999, le chef de la communauté de l'époque s'appelle Albert va décéder des suite d'une maladie. Il avait nommé avant de partir déjà son successeur Joël Fertille que toi. Tu savais Joseph Fert Fert.
Albert a prétendu que que Dieu lui parlait. Euh c'est c'est c'était quoi ? C une sorte de de de Qu'est-ce qui lui disait Dieu d'après lui ?
Alors, on a évoqué le sujet de Vincent Tibou qui avait eu une révélation divine euh quand il a fondé Parayan. Sur cette première tentative de communauté à Paran, Albert Tibou y était. Albert, c'est un des cousins.
Alors, à quel degré, je ne sais pas, mais bon. Donc, Albert Tibou a été à Paran, il a vécu l'échec de Pardillan et il a très mal vécu cet échec de Paryanillan. Donc en fait Albert Tibou de ce qu'on m'a raconté n'était pas du tout motivé pour repartir dans une expérience communautaire.
Quand Vincent Thibou une dizaine d'années après l'échec de pardaillant décide de retenter l'expérience à Malrevers, euh il est aidé par des personnes pour lui trouver le lieu où ils vont fonder cette nouvelle expérience. Mais Vincent Tibou en fait ne va quasiment pas y vivre. il ne va il ne va même quasiment jamais y aller en fait. il est en région parisienne, il y on va dire un petit tour de temps en temps, mais comme il faisait à part d'Ayan d'ailleurs à part d'Aday, en fait Vincent Tibou n'y vivait pas vraiment euh il va chapoter un peu le projet de loin et euh il va ensuite fonder une troisème et dernière communauté avant de décéder, comment dire dans le dans la Marne, un village qui s'appelle Mil sur Sox.
Et cette troisème et dernière communauté qu'il va fonder, il va y décéder et d'ailleurs, il est il est enterré à Ménish sur Source. Donc Malrevers, il l'a fondé mais sans vraiment trop s'en occuper. Dans les années 70, Albert Tibou vient à Malrevers et il et il prétend que malgré ses réticences, Dieu s'est adressé en personne à lui pour lui dire que en gros euh ses agneaux de mal revers avaient besoin d'un berger.
C'est comme ça que la chose a été présentée et que le berger en question, ben ça serait Albert. Dieu lui ordonne d'aller à Malre pour remettre de l'ordre dans la communauté puisque depuis qu'elle a été faite une dizaine d'années auparavant, euh les personnes ne travaillent pas, elles sont laissées un petit peu à elle-même, elles vivent des prestations sociales. Enfin, c'est on est très très loin du projet initial de de Vincent Tibou.
Et donc dans les années 70, Albert arrive dans cette communauté de cette manière-là. C'est du moins le c'est le mythe qui est entretenu. Voilà.
Joël va prendre la place d'Albert qui vient de décéder. Il va devenir il va prendre une place mais il va arriver très vite, très fort. Il va être violent assez rapidement.
Alors Joël effectivement va être violent assez rapidement. Ceci étant dit, c'est une place qui lui a été donnée par Albert de son vivant. Euh les les premiers contacts que je me rappelle avec Albert, j'étais j'étais assez jeune en primaire, je ne sais plus pourquoi.
Euh mais je me rappelle queon m'avait demandé euh de me rendre depuis la salle de classe où j'étais jusqu'au bureau pour aller voir Albert et lui raconter que j'avais fait une bêtise afin que Albert me sanctionne en fait. Euh et Albert en fait euh a voulu me je m'en rappelle assez bien Albert a voulu me frapper par rapport à la bêtise que j'ai fait et il s'est rendu compte de lui-même que euh peut-être vieillesse, peut-être maladie, mais d'après lui les coûts portés n'étaient pas assez forts. et il a fait appeler Joël de son poste de travail pour qu'il vienne me donner une correction à sa place estimant que Joël était plus jeune, plus vigoureux et cetera.
Et c'est un petit peu comme ça que les choses ont commencé à se faire en fait. Il a je il a donné le sal boulot à faire. Pour moi, Joël a été un petit peu notre crockmitten à tous les enfants qu'on a été qui qui ont grandi là-bas.
Mais celui qui lui a mis le bâton dans la main, c'est Albert. Ça veut dire quoi d'ailleurs faire donner une sanction ? C'était quoi ?
Au début, c'était simplement battre, c'était simplement des coups et après, au même titre que tout était très organisé au niveau de leur travail, au niveau euh des comment dire de de ce que tout le monde avait à faire dans cette communauté, les sanctions en fait et l'éducation des enfants a été également très organisée. Assez rapidement, il y a eu la décision de mettre en place un carnet de comportement, un carnet de note. L'attente qui s'occupait de nous au quotidien était chargé à la fin de chaque jour de la semaine de nous attribuer une note de comportement.
Et à la fin de la semaine, une moyenne était faite de ces de ces notes et c'était le vendredi le vendredi avant le repas du midi, euh Joël venait en salle de classe et il venait faire le relevé de note. En fonction de la note qu'on avait eu, c'est assez simple, soit on se faisait frapper, soit on se faisait pas frapper. C'était c'était aussi simple que ça.
Et d'aussi loin que je me souvienne, très sincèrement, je ne me rappelle pas un seul vendredi où il y a pas eu au moins des coups sur l'un d'entre nous. C'est ce n'est jamais arrivé. Donc après prendre des coups, c'était on va dire la sanction minimum.
Ça pouvait avoir plusieurs formes. C'était simplement des gifles ou alors une fessée ou alors une fessée déculottée devant tout le monde si on voulait être un peu plus humiliant. Mais ça pouvait être aussi les coups portés avec le point euh avec le pied ou avec le bâton.
Euh et ensuite assez rapidement aussi euh les punitions euh physiques à l'instant ont laissé place à des mises en place de punition sur un temps plus long. En fait, encore une fois, en fonction de la gravité de la note, il pouvait être décidé que en plus de se faire battre à l'instant pour nous récompenser de la note, pour ainsi dire, euh toute la semaine qui allait suivre jusqu'au prochain relevé de note, on allait être puni. Euh ça pouvait être une punition de ligne, c'est-à-dire sur les quelques temps de libre qu'on pouvait avoir, on devait recopier une phrase et en remplir des cahiers et des cahiers et des cahiers.
Des punitions. Ouais. Voilà.
Ça pouvait être aussi des enfermements à la cave. Euh ça pouvait être enfermé dans la cave. Oui, bien sûr.
J'ai été enfermé dans la cave et mes cousins et mes cousines ont eux aussi étaient enfermés à la cave. Il frappaient que les enfants ou pas ? Je l'ai vu frapper des adultes et pas n'importe quel adulte parce que je l'ai vu frapper ma mère à côté de mon père sans que mon père ne lève le petit doigt.
Oh la vache ! Ah oui, il pouvaiit frapper les adultes aussi. C'est un climat de violence générale, c'est pas que sur un enfant, sur l'éducation.
Non. Alors après attention les violences sur les enfants, elles étaient sincèrement devenues extrêmement banales quotidienne et moi, je j'ai déjà employé l'expression de institutionnalisation de la violence parce que vraiment c'était institutionnalisé et n'importe quel adulte mais vraiment n'importe lequel, quel que soit on va dire son rang hiérarchique dans la communauté pouvait se croire autoriser à lever la main sur un enfant. C'était vraiment d'une banalité, c'était normal.
Euh et je vais même dire entre nous, les gamins, on savait des fois on on donnait des notes en fait sur les adultes en fonction de ceux qui quand il nous frappaient en fait ça nous faisait plus rire qu'autre chose et ceux qui nous faisaient vraiment mal. C'était on en était arrivé à ce genre de de plaisanterie entre nous tellement tellement c'était c'était normal banal de de se faire frapper dessus par les par les adultes. En 96, tu disais vers l'âge de 5 7 ans comme les autres enfants, tu vas quitter l'âge des petits pour rejoindre les les adultes.
Oui. Là, tu vois plus de violence parce que Oui. À la nurcerie, à la nurserie, il y avait pas ce système de carnet de not et cetera.
C'est vraiment quand on descendait chez les grands en fait qu'il y avait qu'il y avait ce qu'on rentrait dans ce système là de de violence. Euh alors à la nurcerie, on peut pas dire qu'on entendait jamais des coups ou des pleurs, mais c'était simplement la tente qui s'occupait des enfants euh de la nurserie qui euh qui pouvait se croire autorisé à leur mettre une petite gifle ou une fessée et cetera. Mais euh Joël intervenait moins au niveau de la nurserie, mais les petits nurseries avaient peur de Joël.
Il savaiit si qu'on leur disait si on va appeler Joël, ils savaient ce que ça voulait dire et enfin limite le simple fait d'entendre son nom, ça suffisait généralement à à c'était le grand méchant loup he pour les pour les petits et tu vas tu vas être enfermé à la cave, tu dis il te le fait souvent ça c'est régulier, c'est exceptionnel. Oui, les informs à la cave, je les ai j'en ai eu plusieurs. Ça a été assez régulier.
Oui, parce que c'est un truc qui peut rendre, tu vois, il y a des ser killers qui sont devenus killers suite à des enfermements dans la cave, je sais plus lequel. Sa grand-mère ou sa mère le mettait dans la cave dans le noir et il en est devenu fou. C'est un traumatisme extrême pour un enfant d'être mais je je le confirme.
Ce qui était le plus difficile, c'est la perte de notion du du temps. Euh parce que on était la peur du noir en fait c'est quelque chose quand on est enfermé assez régulièrement dans un dans un cachot c'est c'est quelque chose qu'on perd assez vite. Par contre, la ce qu'on ce qu'on craignait le plus en étant en France, c'était le fait d'être oublié.
Et c'était ça en fait qui finissait toujours à un moment donné par nous rendre dingue, à nous finir par nous faire péter un plomb, à crier, à taper sur la porte euh parce que ce qui te laissait longtemps dans la cave ? Oui, on pouvait Bah on y quand on y allait de toute façon c'était minimum pour toute la journée. Euh Ah oui, c'est pas une demi-heure ou 10 minutes ou 5 minutes.
Oui. Ben en fait, on avait tout le temps cette peur de on va nous oublier, on va nous oublier d'un on est beaucoup d'enfants, euh ils vont finir le travail, ils vont aller manger et puis on va on va nous oublier. Euh mais on avait euh on avait un espèce de saut qui était mis dans un coin pour qu'on fasse nos excréments si on avait besoin.
Mais enfin, aller essayer de faire des excréments quand on est enfermé dans le noir. Ça se terminait généralement pas très bien. Euh il y avait des enfants, enfin bon, quand j'étais vraiment plus jeune, ça m'est arrivé aussi, mais j'ai d'autres cousins cousines à qui ça arrivait plus régulièrement, on se faisait dessus en fait de du fait d'avoir peur de d'être enfermé dans le noir.
Il y avait un moment donné, on finissait toujours demander par paniquer. Il donnait à manger, à boire ou pas du tout ? Pendant le temps qu'on était enfermé, non.
Après, on sortait le soir pour le dîner. Si la punition avait été décidée sur un temps un peu plus long, le lendemain matin, on retournait à la cave et personnellement, j'ai déjà passé euh toutes les vacances d'été en étant en étant puni la moitié du temps enfermé à la cave. Oui.
La moitié des vacances d'été. Oui. On va reparler après de la psychologie.
Euh juste est-ce que un jour quand tu disais je tapais à la porte, j'urlais et cetera, est-ce que tu as le Joël qui venait qui te qui venait encore plus énervé parce que tu faisais du bruit ? Alors Joël, je pense ne pouvait pas nous entendre. Euh il y avait les ateliers, il y avait les bâtiments, les bâtiments d'atelier, les cachot, les caves dans lesquelles on était enfermé se trouvaient dans les sous-sols de la partie habitation de de la maison.
Donc c'était dans un autre bâtiment. On pouvait nous entendre mais les personnes qui nous entendaient, c'était essentiellement justement les autres enfants qui pouvaient être dans la salle de classe qui était pas très loin ou la tante qui s'occupait de des enfants dans la salle de classe. Si vraiment il trouvait qu'on faisait trop de bruit, ben c'était assez simple en fait.
Il faisait descendre quelqu'un qui ouvrait la porte qui nous fait des mettait des coups de bâton pour nous faire terre et il refermait la porte derrière. C'est et vous aviez quand même pas la enfin vous n'imaginiez pas le monde extérieur donc vous n'aviez pas le l'idée de vous enfuir. Non, sincèrement, j'ai jamais pensé à ça et je suis persuadé qu'il y a aucun de mes cousins cousines enfin tant qu'on était pas allé au collège et qu'on avait pas été confronté un peu au monde extérieur, ce ne sont pas des choses auxquelles on pensait.
On on parlait d'endogamie donc de de fait que tout le monde finalement c'est dans un cercle fermé de tribus donc qui amène de la constangité. Oui. Euh donc il peut amener parfois des problèmes de santé hein.
La consorganité ça peut être dangereux quand c'est un très haut niveau. Euh pour parler d'école et d'éducation parce que vous avez il vous apprennent que le sexe c'est mal, il faut cacher. Enfin ils essayent de il diabolise un peu le truc.
Les cours sont donnés directement sur place. Il y a une salle de classe, on voit des des photos. Donc c'est vous ne sortiez pas pour aller à l'école jusqu'au collège.
He c'est ça tout à fait. Donc jusqu'à 11 ans à peu près en France. Si vous habitez à l'étranger, c'est à peu près 11 ans.
Pour la 6e, donc vous vous les 10 premières années, tu n'es pas sorti du bâtiment ? Non, les 10 premières années, je les ai vécu à l'intérieur de la de la communauté et j'ai fait toute ma scolarité jusqu'à la fin du CM2 à l'intérieur de la communauté. Tu tu dis, c'est un peu un père de substitution le le Joël dont on parlait avant, c'està-dire c'est un peu le père de tous les enfants de la communauté.
Tu tu expliques ça ? C'est celui qui représente l'autorité en tout cas. Bah c'est c'est notre père à tous dans le sens que c'est la figure la figure qu'on craint et la figure en même temps à qui on a envie de faire plaisir.
C'est c'est pour lui qu'on fait en sorte d'avoir une bonne note de comportement à la fin de la semaine par exemple. C'est c'est et et c'est de lui qu'on a peur qu'il soit déçu de nous ou qu'il soit mécontent. Euh et d'ailleurs une petite anecdote qui peut être assez parlante.
Je ne connaissais pas les dates d'anniversaire de mes parents. Je connaissait la date d'anniversaire de Joël. Je ne faisais pas de cadeaux d'anniversaire pour mes parents.
On faisait des cadeaux d'anniversaire pour pour l'anniversaire de Joël. Tu sais quoi comme cadeau d'anniversaire si tu sortais pas ? Ah bah c'était des trucs qu'on faisait entre nous.
Les enfants euh là-bas, on avait pas beaucoup de moyens de faire des cadeaux. C'était soit on faisait des ce qu'on appelait des travaux manuels en fait, des bricolag, voilà, des petits trucs qu'on bricollait sur le peu de temps libre qu'on avait en salle de classe, des maquettes, ce genre de choses. Euh et sinon, on avait un seul petit truc, c'est que le jour du shabbat, le samedi, c'était le seul jour de la semaine où on avait le droit de manger des bonbons.
Et ça, si j'ai certains de mes chers cousins qui m'écoutent, ça va tout de suite leur parler. Les enfants, on avait le droit de prendre deux bonbons. C'était le seul jour de la semaine, on avait le droit de Et quand on avait envie de se faire des cadeaux entre nous, les enfants ou quand on voulait faire un cadeau à Joël, en fait ce qu'on faisait c'est qu'on ne mangeait pas nos bonbons.
C'était les seuls bonbons qu'on avait le droit d'avoir de la semaine. Mais on les mangeait pas, on les gardait. Et de semaine en semaine en semaine, on se faisait une collection de de bonbons qui étaient les seules sucreries.
Un enfant, c'est gourmand quand même. C'était c'était important de pour nous les bonbons. Mais on les gardait pour en faire une petite collection pour faire un gros paquet de bonbons qu'on allait donner au chef à Joël.
Euh, tu vas sortir pour la première fois à 11 ans moment tu donc on disait tu vas rentrer au collège. C'est c'est en fait c'est l'agrément en fait de l'éducation nationale qui était limité à l'école et qui s'arrêtait au collège. Vous avez pas le droit de Oui. qui s'arrêtait à la fin de l'école primaire, pardon.
Donc vous pouviez pas aller au collège dans l'école. Donc tu dois être scolarisé. C'est la loi française, on est obligé d'y aller et donc vous êtes obligé de sortir.
Et là vous êtes accompagné. Est-ce que vous découvrez, tu arrives dans la classe, tu as jamais vu personne d'autre pendant 10 années ? Vous partiez pas en vacances ?
Non, on partait pas en vacances. Donc c'est la première fois que tu vois le monde extérieur. Oui.
Comment tu le vis ? Est-ce que tu t'en rappelles ? Mal.
Je le vis très mal. Le alors déjà, il nous scolarisait quand même dans un établissement privé. L'école publique, c'était pas la peine d'en parler pour eux.
Et j'ai très très mal vécu cette confrontation au monde extérieur. Il y avait un choc déjà de par l'habillement. Euh effectivement euh voir quelqu'un arriver qui habillé en short toute l'année, euh qui a un cartable sur le dos euh des années 80 et euh qui n'est pas capable de s'intégrer à un groupe parce qu'il ne sait pas il ne sait pas ce que c'est que des camarades de classe, il sait pas ce que c'est que que de que de sympathiser avec avec d'autres enfants qui ne comprend pas la manière qu'ils ont aussi de s'exprimer.
Chaque chaque enfant des ont des expressions un petit peu Oui, tu es complètement tu es pas dans la mode actuelle, c'est que tu connais pas les expressions à la mode. Tu as pas les vêtements totalement déconnectés. Effectivement, déconnecté.
Ouais, tu es déconnecté. Tu as pas les références de dessins animés peut-être enfin dessin animé mais de film de machin. Tu étais peut-être plus dans le coup en fait.
Moi j'ai commencé à fréquenter le collège au début des années 2000 donc si il y avait quand même encore je sais pas quels étaient les personnages phares les dessins animés que les enfants regardaient dans ces années-là. Mais bien sûr, c'était des discussions de cours d'école, mais on ne peut participer à rien parce qu'on ne connaît rien en fait. Et en fait, assez rapidement, on se trouve mis de côté parce qu'en fait, est-ce que tu arrives à te faire justement des amis ?
Ce que j'allais dire, est-ce que tu arrives à t'intégrer ? Non, c'est impossible. Parce que tu es tu as une coupe au bol.
Oui. Tous les enfants ont une coupe au bol. Tous les enfants ont une coupe au bol.
On vous arrivez coupe au bol. Oui. Donc en fait, on vous reconnaît.
Ah bah oui, on est les directeurs, les profs savaient que vous veniez de d'un de la communauté justement d'une d'une secte ou ce qu'on ce qu'on veut. Mais non parce que l'établissement scolaire enfin c'est sur la la ville du Pu en volet, c'est quand même assez éloingué de mal revers. Euh et on est comment dire ?
Ils ont pas encore trop entendu parler de de cette communauté. Donc non en fait ils font pas de lien et et moi encore je suis l'aîné de la nouvelle génération. Donc en fait quand j'arrive à l'école euh il quelques années après à force de voir des filets des fers des déchelettes et cetera dans l'établissement et que ça soit toujours le même référent qui vient les inscrire, ils ont commencé peut-être à se dire tiens mais moi quand j'arrive à l'école en fait je suis le premier faire qu'ils connaissent ici à l'établissement du du voilà du puit en volet.
Donc euh non, il se pose pas de questions particuliers. Je suis juste quelqu'un d'un petit peu euh bizarre euh pas intégré. Euh et donc euh tu vas tu vas tenir les le le niveau, les notes par rapport à l'éducation que tu as dans la maison, euh l'éducation que tu as eu.
Est-ce que c'était tu es arrivé beaucoup trop faible ou tu es arrivé à de niveau quand même ? Non, pour le plutôt bon élève, plutôt bon élève et plutôt un bon niveau. Oui.
Vous avez quand même une bonne éducation. Il y avait un bon niveau scolaire. Il y avait un bon niveau scolaire.
Tout à fait. Oui. En 2003, tu as rentré en 5e cette fois-ci.
Tu vas être tu vas être dans un pensionnat la semaine en fait. Tu pars en pensionnat, donc tu dors plus dans la communauté la semaine. Euh mais tu vas voir une histoire qui va se passer avec Joël, ça va être le drame ce genre-là.
Tu vas te tu vas te battre, je crois quand vous ramassez les feuilles mortes, quand tu rentres un weekend, si je dis pas de bêtises, tu vas te battre avec ton cousin. Enfin, tu vas chauter, enfin, tu vas te tu joues à la bagarre, quoi. Oui, effectivement en en 5e, je suis en pension.
Ils ont décidé de me mettre en pension sur mon année de 5e pour m'éloigner un petit peu de mes autres cousins cousines qui eux commencé à aller au collège parce qu'ils estiment que je ne peux pas être dans le même établissement scolaire que celui où j'ai été en 6e parce que mon année 6e c'est mal terminé. justement le choc que j'ai ressenti, enfin mon incapacité à m'intégrer durant toute l'année scolaire auprès des autres enfants a terminé assez mal puisque j'ai été pris dans une bagarre, j'ai été blessé, j'ai été à l'hôpital et cetera. Encore une fois, ça attiré l'attention sur eux, ils n'aiment pas qu'on attire l'attention sur eux.
Donc ils ne veulent plus que je sois scolarisé dans cet établissement où l'année suivante, j'ai d'autres cousins et cousines qui y vont et donc ils me mettent dans un établissement scolaire en pensionnat. Et dans ce pensionnat euh je rencontre les mêmes difficultés que j'ai pu avoir en 6e au niveau de l'intégration. Ça ne se passe pas bien.
Euh et là en plus où en 6e c'était mes journées qui se passaient pas bien mais le soir je rentrais dans la communauté. Là maintenant même les nuits se passent dans un environnement différent. Et euh je rencontre en fait les mêmes difficultés hein, les les enfants qui sont particulièrement méchants.
Euh vous savez, les enfants sont cruels, hein, entre donc dès qu'ils identifient quelqu'un qui est bizarre, qui est étrange, qui s'intègre pas, euh c'est plutôt source à minimquerie. Euh mais sinon, c'est plutôt effectivement aussi de la violence, hein. Donc, qu'est-ce qui va se passer avec Joël ?
Donc sur cette année scolaire là, je rentre un weekend euh et pendant la journée du dimanche dans la communauté, on me donne la tâche avec mon père et l'un de mes cousins de nettoyer le parc parce qu'on est sur la fin de l'automne, il y a plein de feuilles mortes. On passe la journée ensemble, la journée se passe plutôt bien. C'est une belle journée d'automne.
On est content de de faire ce qu'on ce qu'on fait à la fin de la journée sous le coût on va dire de de l'euphorie ou simplement parce qu'on est de gamins, il nous prend l'idée avec mon cousin de chahuter un petit peu dans les feuilles pendant qu'on charge les cartons de feuilles dans le dans le carton. Euh, on poursuit notre chau en montant dans le camion qui va, c'est mon père qui conduit, qui va emmener euh ce chargement de feuille dans un champ voisin pour vider les feuilles. Et en fait, au moment où on chahute dans ce camion, mon père en conduisant passe devant le bureau et notre chau est aperçu depuis le bureau par les dirigeants.
Donc, je sais pas si Joël lui-même a vu mais bon, voilà. vous aperçu. Et donc quand on revient d'avoir vidé, on a un comité d'accueil qui euh qui nous attend, on demande à mon cousin et moi de descendre de du camion.
On me demande de venir. Je suis sûr qu'il y a un truc qui va pas en fait. À vrai dire, je pour c'est une des rares fois où je ne l'ai pas senti venir parce que j'avais vraiment passé une bonne journée.
C'était assez rare pour le souligner. Le cousin avec qui j'étais s'appelait Daniel, c'était d'un plus l'un des rares cousins avec qui je m'entendais bien. Donc sincèrement, c'était une bonne journée et effectivement voir des personnes quand on descend du camion, c'était inattendu.
Mais on m'appelle, je viens et là effectivement ça a été un petit peu la douche froide parce que j'ai commencé à être frappé immédiatement. C'était la mère de Joël qui est qui était là. Euh je me souviens être tombé au sol.
Euh je me souviens d'un crachat et je me souviens un de Joël qui intervient à ce moment-là. qui me fait euh relever, me remettre sur mes jambes et qui m'entraîne justement dans les sous-sols euh à la cave où là effectivement je vais être euh frappé euh au début avec ses mains euh ensuite avec ses points euh ensuite il va vouloir me faire déshabiller pour continuer de me frapper. Jusque-là, comme je l'ai expliqué, euh nous faire déshabiller pour nous faire frapper, c'était des choses qu'on pouvait vivre le vendredi, hein, sur le relevé de notes. que pas, on va dire très violent mais pas inhabituel.
Euh sauf que là à un moment donné déjà je vois que les coups quand même durent longtemps, ne s'arrête pas et même quand je suis au sol, il continue de frapper et à un moment donné à un moment donné, je ressens une douleur euh une douleur au niveau anal. Voilà, je peux pas le je me rends compte que il s'est servi de son bâton pour mimer le bâton avec lequel il me frappait pour mimer une pénétration en fait. Euh tout au long de cette scène de violence, j'entends des insultes euh des insultes que je ne comprends pas mais je sais que c'est des mots que je n'ai pas le droit de dire habituellement parce que je les entends au collège mais j'ignore leur signification mais j'entends les mots euh d'homosexuel, j'entends les mots de [ __ ] j'entends les mots de [ __ ] j'entends des allusions qui sont faites à C'est ça que c'est ça que c'est ça que tu fais euh pendant tes soirées au pensionat euh mais des choses que je ne comprends pas.
Pourquoi il te dit ça tout ça ? Euh pourquoi il te fait ça ? Enfin pourquoi d'un coup tu rentres alors que tu as tu as tu as ramassé des feuilles ?
C'était quoi le J'ai pas compris ? Et bien moi non plus je aucune explication en fait il y en a aucune en fait. C'est c'est pour ça que je c'est pour ça que je le raconte comme ça, c'est que en fait euh cette cette ce déchaînement de violence là et cet acte qui s'est passé ce jour-là est resté un point d'interrogation dans ma tête pendant de longues années.
En fait, je n'ai pas compris ce qui m'a été reproché jusqu'à ce que euh bah l'année suivante en 4e, ben on étudie la reproduction. Donc j'ai commencé à avoir quelques notions de sexualité mais de là à pouvoir des notions d'homosexualité, c'était quand même très loin. En sachant que l'éducation sexuelle dans la communauté, il y en a pas.
Euh c'est vraiment plus tard en grandissant et en commençant ma vie de jeune adulte euh que j'ai appréhendé ce qui s'était passé ce jour-là, que j'ai compris que simplement un chau un peu trop proche avec l'un de mes jeunes cousins avait été euh interprété comme un rapprochement homosexuel parce que ça faisait quelques mois que j'étais en pension et qu'ils se sont dit peut-être dans les dortoirs, on lui a appris des choses et cetera au pensionnat. Enfin, j'ai 11 ans. J'ai j'ai 11 ans et je me suis tiré à la bour avec un cousin qui a peut-être 9 ans.
Euh et tu comme tes enfants ? Oui, voilà. C'était c'était totalement délirant et c'était surtout la notion de sexe de base.
On je ne l'avais pas et je l'ai eu bien des années plus tard. Tu vas tu vas porter plainte directement. Tu qu'est-ce que tu vas faire quand il va se passer ça ?
Ah non, j'en parle pas. Tu en parles pas à tes parents ? Non, j' Non, j'en parle à personne.
Mais en fait, si vous voulez euh ce qui s'est passé ce moment-là pour moi, dans ma tête, je l'ai pas déjà le mot viol en fait, je ne p je je ne peux pas le je ne peux pas penser à ce qui s'est passé à ce moment-là parce que je ne sais pas ce qui s'est passé. Voilà, tout tout comme en fait le sexe, je ne sais pas ce que c'est. Un viol, je ne sais pas ce que c'est non plus.
Euh donc pour moi, j'ai juste eu en fait euh une une comment dire un déchaînement de violence inhabituel, plus fort que d'habitude, mais ça reste pour moi un déchaînement de violence comme j'en ai eu des dizaines d'autres en fait. Donc euh j'ai je ne comprends pas exactement ce qui m'est approché mais je comprends que c'est un lien avec le chau que j'ai eu avec Daniel. Donc en fait, je comprends juste qu'on ils sont pas contents que j'ai chauté avec mon cousin.
Voilà, c'est je le résume simplement à ça. Euh après cette scène-là s' s'en suit euh une longue punition de ligne où euh j'ai une phrase qui m'est donnée à copier qui ressemble je l'ai pu à la virgule près. Vous imaginez bien avec le temps, mais quelque chose comme euh enfin je suis un port qui se complet dans la saleté et qui entraîne ses petits camarades, quelque chose comme ça qui aurait peut-être pu m'aiguiller un petit peu sur la nature de des faits qui m'était qui m'était reproché.
Mais j'ai j'ai pas compris. Sincèrement, j'ai pas compris et je sais que Daniel a lui aussi été frappé mais dans une moindre mesure. J'imagine qu'ils estiment que vu que j'étais l'aîné et puis que peut-être le mal venait de moi, vu que c'est peut-être des choses que j'avais appris à l'extérieur.
Euh, je sais que ça a été un cran en dessous pour Daniel, mais il m'a fallu des années pour comprendre exactement ça. il va y avoir une enquête qui va être déclenchée suite à la violence de de Joël euh mais pas par ton affaire à toi, par l'affaire de de ton cousin qui est qui s'appelle Franck euh qui est aussi pensionnaire, donc il est dans un pensionnat qui va ramener les les gendarmes. Qu'est-ce qui va se passer dans cette enquête ?
Franck va être en pension euh quelques années après moi. D'ailleurs, il sera dans le même pensionnat où j'ai été en 5e. Ça doit se passer 2 ans après puisque moi, je suis en 3e à ce moment-là.
Et euh assez simplement, des personnes du personnel éducatif vont voir sur lui des traces de coût en fait. Et donc en fait, c'est à l'initiative des personnes de l'école qui vont alerter les services sociaux et en fait il va être décidé une mesure de placement d'urgence et donc quand l'adulte qui vient nous récupérer à la sortie de l'école est venu pour le récupérer, il était pas là. Voilà.
Euh ça ça se passe un vendredi soir, on est à la veille d'entrer dans le dans le shabbat. Donc pendant tout le samedi qui a suivi, nous les enfants, on a su qu'il se passait quelque chose. On l'a ressenti et surtout on voyait qu'il y avait pas Franck mais on savait pas ce qui se passait.
C'est le samedi soir à la sortie du shabbat, il y a eu un il n'y a pas eu justement le fameux film du samedi soir. Euh et il y a eu à la place une sorte de conseil de la communauté euh où là j'ai compris ce qui se ce qu'il se passait et les adultes sous l'impulsion des dirigeants de l'époque, c'est-à-dire Joël et sa mère, ont exposé la situation en disant euh va y avoir les services sociaux, va y avoir les gendarmes probablement. il faut qu'on se prépare.
Euh si les enfants se font enfin si on pose des questions aux enfants, il faut qu'on il faut qu'on voit. Voilà. Et euh bien évidemment la cellule familiale dont Franck était issu, la question ne se posait pas.
Il était hors de question que les services sociaux interviennent au sein même de la communauté. Donc, ils ont choisi de écarter le père, la mère et les trois petits frères de Franck. Et euh ils ont également décidé de d'écarter moi, mon petit frère et mon père par la même occasion, estimant que euh on éétait pas des personnes de confiance si enfin, ils avaient pas confiance en nous.
Si les si les gendarmes vous pouviez vous plaindre ou c'était au cas où c'était au cas où pas essayer de couper t toutes les problèmes qui pouvaient arriver. C'était pour se protéger. Tout à fait.
Voilà. Donc c'est comme ça en fait que je suis parti de la communauté en fait. Donc ils vous ont mis dehors.
C'est Oui. Oui. Ils nous ont mis dehors.
Enfin le conseil que je décrit ça s'est passé un samedi soir. Le dimanche on était dans une voiture et le di et vous ont déposé où ? Alors moi j'ai atterri sur Dijon.
J'ai atterri sur Dijon, pas par hasard, mais parce que j'ai évoqué un peu plus tôt avec l'histoire de ma grand-mère le départ de mon jeune oncle Jonathan qui quand il était parti à l'époque vir il s'était fait virer à l'époque effectivement et avec son père, ils sont arrivés sur Dijon après le décès de ma grand-mère, mon grand-père est resté sur Dijon. Donc en fait quand on tu avais de la famille là-bas encore ? Bah j'avais juste mon grand-père.
J'avais juste mon grand-père. Donc mon père du coup décide d'aller chez son propre père en fait par tu pars avec ton père, ta mère vient avec vous et l'asus pareil. Non pas du tout.
La même chose qui s'est déroulé quelques années auparavant avec le départ de Jonathan. Euh on laisse la possibilité à ma mère si elle le souhaite de ne pas faire preuve d'esprit de famille de préserver aussi peut-être mes petites sœurs qui sont plus jeunes. Et c'est marrant d'être contre l'esprit de famille.
Toutes les religions sont pour l'esprit de famille parce que c'est comme ça que tu fondes. Oui effectivement. C'est étonnant d'être contre un esprit de sa non ?
Dans la façon qu'ils ont de de fonctionner, c'est pas étonnant. Euh parce que quand euh on enfin quand l'individu n'existe plus en tant qu'individu mais qu'au travers un groupe euh forcément en fait euh ça ça évite de créer une force à l'intérieur du du groupe. En fait pour eux les familles, les cellules familiales, si elles avaient des des liens trop forts entre elles, ça pouvait être une petite force qui pourrait mettre en danger le groupe.
En fait, c'était un grain de sable. Donc donc non. Donc ta mère va pas vous suivre en gros.
Non non non, ma mère va pas va pas nous suivre et et dire au revoir quand même. Et comment ça se passe ? Non, j'ai pas dit au revoir à ma mère.
Non, c'est vrai, elle laisse son mari et ses enfants. Oui. Oui.
Alors certainement qu'elle a dû dire au revoir à mon père. Je du moins je l'imagine. Je je ne sais pas.
Mais moi en ce qui me concerne, je n'ai je n'ai dit au revoir à personne. C'est à partir du moment où le samedi soir et ça a été décidé que je devais partir, j'ai tout la la nuit qui a suivi et la matinée du dimanche matin, euh j'ai été vraiment isolé isolé de de tout le monde et même les cousins cousines avec qui j'avais j'avais grandi jusque- là, j'ai pu dire j'ai pu dire au revoir à aucun d'entre eux. J'ai pas dit au revoir à ma mère, j'ai enfin voilà, j'étais mis dans la voiture avec mon père, mon petit frère et direction Dijon et bye bye quoi.
Alors tu avais passé donc là tu avais 13 14 ans. Ouais, c'est ça. Tu vas te retrouver pour la première fois à l'extérieur vraiment en dehors de du collège d'à côté là, tu vas vraiment te retrouver dehors.
Donc ça y est, tu vas découvrir le monde entre guillemets petit à petit. Oui. Euh, tu vas être placé en foyer après.
Alors, effectivement, je vais demander à être placé en foyer. Euh, en fait, ce qui s'est passé avec mon cousin Franck, ça m'a fait un peu cogiter et il est vrai que jamais j'aurais de mon propre chef eu l'idée de demander à en me plaindre du traitement que qu'on avait au sein de la communauté. Je je en fait ça ça j'aurais jamais pensé pouvoir faire ça.
Ça a réveillé un truc en toi quoi. Mais effectivement ça a réveillé euh ça a réveillé quelque chose et la façon aussi dont j'ai été écarté par méfiance. Alors aujourd'hui, j'en suis heureux hein d'avoir été euh d'en être dans d'en être sortie parce que Franck ton cousin s'était plein aussi.
C'est suite au coup et non il avait été découvert et après il s'est plaint il a été placé aussi. C'est ça voyz ta mère va être expulsée quelques temps après aussi de la communauté. Pourquoi ?
Quand j'ai été placé en foyer, ça s'est pas très bien passé, mais j'ai arrêté d'aller à l'école et j'ai j'ai je suis je suis parti un petit peu en en roue libre en fait. plus de contrainte, plus d'encadrement, plus d'adulte et surtout en fait plus de coût. La seule chose la seule chose que j'avais appris pour obéir, c'était des punitions et des coups dans un foyer et dans le monde tel que je découvre à l'extérieur.
En fait, c'est pas comme ça que on se fait obéir des en des enfants. Donc en fait, les adultes très rapidement n'ont aucune prise sur moi. Ça, je m'en rends compte assez facilement. et euh je rentre dans une espèce de de toute puissance où je pars totalement embrié.
Voilà. Euh donc là au niveau du foyer, ça se passe mal, plus d'école. Euh je prends beaucoup de risques euh sur euh sur sur plein de choses et à un moment donné il y a une petite alerte avec euh une tentative de suicide euh sur euh sur fin 2000 fin 2003 euh vers l'approche des fêtes euh qui est toujours un mouvement un peu un peu compliqué et je me retrouve placé en unité pédopsychiatrique à l'hôpital.
OK. C'est ça en fait qui déclenche le départ de ma mère de la communauté parce qu' OK parce qu'ils se disent tiens il a vraiment des soucis faut que tu partes sinon ça va nous retomber dessus en exactement en fait ils se disent on l'a éloigné de mal revers parce que on sait qu'il va y avoir une enquête mais malgré qu'il soit à Dijon vu la tournure que les choses prennent il y a de nouveau les services sociaux avec lui. Là il est dans un il est en unité pédopsychiatrique.
Ça pourrait éventuellement nous retomber dessus. Vaut mieux qu' ni sa mère ni ses sœur lien avec sa famille complète. Voilà, c'est ça.
Mais donc c'est elle ne vient pas par plaisir ta mère, elle est mise à la porte. Oui, c'est important de comprendre. Tu avais jamais vu à l'époque même de pour comprendre, tu avais jamais vu de cinéma, tu as jamais vu de piscine.
Non. Tu sors à 13 14 ans, tu n'as jamais vu le monde, tu as jamais vu de magasin ? Non, j'ai en fait mais c'est ça en fait ça fait ça fait beaucoup de c'est et c'est Oui.
Oui. Et c'est et c'est enfin c'est enivrant mais en même temps c'est euh ça ça fait perdre totalement pied. Euh mais prendre un prendre un bus, euh prendre en tout est nouveau.
Tout est nouveau. À 17 ans, tu vas prendre ton indépendance. Tu vas être en foyer à 17 ans.
Tu vas tu vas faire quoi ? Tu vas être émancipé ? Comment tu vas pouvoir prendre ton indépendance à 17 ans ?
Je veux que tu vas commencer un CAP cuisine si pas de bêtises à Dijon. Tu vas commencer en alternance, tu vas commencer à à gagner un peu ta vie. Tu tu vas être émancipé, tu vas être Non, je je vais pas être émancipé en fait.
Je vais à un moment donné mes parents vont perdre le leur autorité parentale et c'est le conseil général qui va avoir autorité parentale sur moi. Je vais faire plusieurs foyers, je vais terminer en famille d'accueil euh et euh à un moment donné, je vais retourner un petit peu chez mes parents contre la vie du conseil général. Mais pendant toutes ces années là, en fait vraiment le côté le côté un petit peu tout-puissance que j'ai décrit tout à l'heure prend de l'ampleur.
En fait, le conseil général ne peut pas me gérer en fait. Je Ils se rendent compte qu'il y a un problème euh tu te drogues, tu bois, tu vas partir un peu dans tous les sens. La drogue à petite dose.
Oui, mais oui, mais en fait je sais je il y a un petit peu tous les excès en fait parce qu'il y a plus de cadre. Tu tu vas quitter ton apprentissage, tu vas vivre d'une succession de de petits boulot, tu vas tu vas te reconstruire après petit à petit tout seul finalement parce que tu as pas eu de modèle, tu as pas de parents qui t'ont vraiment guidé dans ta vie. Tu t'es un peu débrouillé tout seul après là.
Oui, effectivement euh arrivé vers mes 17 entre mes 17 et mes 18 ans euh on va dire je m'émancipe tout seul en fait. Je je coupe les ponts avec le conseil général qui de mon point de vue n'a pas n'a pas fait le boulot. Je finis par couper définitivement les ponts avec mes parents aussi.
Euh est-ce que tu vas les revoir après ? On va en parler. Oui oui oui.
Ben pour moi c'est définitif à ce moment-là. tellement définitif que on me demande un petit peu d'où je viens mon histoire. Je dis "J'ai pas d'histoire, je suis orfolin." Ça a été un petit peu ma réponse pendant les 15 à 16 ans qu'on suivi en fait.
Euh mais tu vas te reconstruire quand même. Ça qui est fou c'est qu'il y a 5 ans, tu vas rencontrer ta copine. Ouais.
Euh enfin tu vas arriver à avoir une vie alors que tu partais sur un avec un terro pas pas facile. Oui, effectivement. Tu vois, on te voit en photo.
Vous êtes marié aujourd'hui, vous êtes des enfants ou ? Alors, je n'ai pas d'enfant. Euh, on est paxé.
Vous êtes paxé. Vous avez un chien ? On a un petit chien qui prom Nono.
Qui se prénomme Nono. Euh en 2019, tu vas décider, alors tu as 30 ans, 2019, tu vas décider d'aller revoir tes parents. Oui.
Alors que tu as que tu as coupé les ponts pendant des années. Comment ça se fait ? Pourquoi tu veux reprendre contact avec eux ?
Je ne sais pas l'expliquer. Je ne sais pas l'expliquer. Mais jusqu'à 2019, en fait, ce qui m'avait permis justement de de tenir, c'était euh [Musique] de me dire que je pouvais oublier ce passé.
Euh mes parents faisaient partie de ce passé. Donc comme je l'ai dit pendant des années, j'ai dit j'ai pas de parents, je suis orphelin, j'ai pas de famille. Mais dans ça sous-entendait aussi mal revers n'a pas existé non plus. c'est j'avais réussi un petit peu à me à me construire ma propre réalité euh où j'avais ma routine qui était essentiellement professionnel, hein.
Je passais mon temps à travailler. Tu fais quoi comme boulot ? Euh à à l'époque, je travaillais dans une salle de sport euh qui a été enfin j'ai fait beaucoup de petits boulots avant.
J'ai travaillé dans des pompes funèbres, restauration, boucherie, euh aide à domicile, maison de retraite. Et après, à un moment donné, j'ai rencontré deux personnes qui m'ont un petit peu aidé et je suis resté à travailler avec elle pendant une dizaine d'années en fait. Comment ça va se passer les retrouvailles avec tes parents ?
Alors, les retrouvailles avec mes parents euh ils acceptent déjà de te revoir ? Oui, depuis tout ce temps-là. Oui, oui, oui, ils acceptent.
Ça aurait pu qu'il deviennent dans une autre Je sais pas. Non, parce que je me rends compte en 2019 et puis je reprends contact avec eux, mais c'est plutôt par l'intermédiaire de mes sœurs euh mes sœurs où que je que je me rends compte que si moi pour entre parenthèses pour ma survie euh j'avais dû me mettre dans une bulle où je n'avais pas de famille où malrevers n'avait pas existé et cetera, c'était pas tout à fait la même chose du côté de mes sœurs où mes sœurs pour ell leur grand frère c'était quelqu'un d'important. C'est ça.
Je m'en suis rendu compte plus tard en 2019 en prenant un petit peu contact avec elle. Euh comment c'est passé le retrouvé avec tes parents plutôt ? Comment pardon comment ça s'est passé psychologiquement quand tu as revu tes parents ?
ça a été difficile. Euh on n' pas forcément immédiatement parlé de de Malrevers. Je me suis rendu compte que ils avaient enfin euh mis de côté euh le mode de vie euh qui avait plus d'emprise à la société normale, voulez dire.
Euh oui, de mon point de vue, ils sont réintégrés, après il reste marqué. Euh en fait, c'est un peu c'est un peu compliqué de parler de mes parents sans euh sans dire en fait le le choc euh qu' a qu'a été leur départ à eux aussi de la communauté. Là aujourd'hui, j'ai 35 ans, c'est l'âge à peu près à un an près que mon père et ma mère ont eu quand ils sont partis de la communauté.
Donc il faut se dire qu'à 35 36 ans, une personne adulte se retrouve projetée dans un monde qu'elle connaît pas avec enfin de voir apprendre à être parents puisque ils n'ont jamais eu la charge de leurs enfants. Donc ils savent pas comment on éduque des enfants, ils savent pas comment on fait des courses, ils savent pas comment on cherche un travail, euh ils ne savent pas comment on paye un logement. Ils ne savent pas jurer gérer un budget.
Ma mère n'a jamais vu même qu'est-ce que c'est qu'un chéquier de toute sa vie à ce moment-là. Euh, on faut aussi souligner qu'ils sont partis où on les a forcés, enfin forcés, on peut même pas dire qu'on les a forcés parce qu'ils connaissent pas les les uses et coutumes du monde du travail, mais on leur a fait signer à tous les deux une démission de leur propre chef. Euh donc euh c'est-à-dire qu'ils ont pas le droit au chômage.
Donc ils arrivent dans un monde comme ça qu'ils connaissent pas. Il faut que mon père trouve un travail immédiat intégrés, ils ont réussi. Oui, aujourd'hui oui, ils sont réintégrés, ils ont réussi.
Tu les vois toujours ? Très peu. J'ai des contacts avec eux mais je les vois pas je les vois pas très souvent.
Alors après bon il t'envoie des messages pour ton anniversaire pour Oui, on a Oui. Oui. On a des contacts, on essaie de reconstruire une relation.
Tu tu vas apprendre au moment où tu revois tes parents, alors pas par tes parents mais tu vas apprendre que Joël a été condamné à de la prison. Oui oui, c'est dans cette même période de 2019 où je reprends contact avec eux que je connais quel a été l'aboutissement de l'instruction judiciaire de l'époque de 2003 et de la condamnation de Joël en 2008. Oui, tu vas non seulement décider de retrouver tes parents, de renouer le contact avec eux parce qu'on a toujours besoin de reprendre contact avec ses parents.
Je pense que c'est iné comme avec ses enfants, c'est c'est très difficile de de quitter ses parents. Ses enfants, c'est ça paraît impossible même tu vas retourner à Malrevers Oui. En 2019, tu vas enchaîner en fait, tu vas voir tes parents et tu vas retourner là-bas.
Tu vas y retourner pourquoi ? Pour voir. Tu as besoin de d'exorciser en fait.
Ça a été ça et ça a été absolument pas prémédité. Euh j'étais sur place euh justement chez mes parents. Euh et en fait sur le chemin du retour, j'allais repartir sur Dijon et j'ai vu un panneau.
J'ai vu un panneau euh le puit en volet mais je me suis dit euh j'ai jamais été aussi proche depuis plus de 10 ans, je vais je vais faire un détour. Et je suis allé chez eux comme ça, mais personne même n'était au courant. J'ai je l'ai pas dit à mes parents que je venais de quitter.
Je l'ai pas dit à ma compagne. Je suis vraiment ça a été ému par une impulsion. Je sais pas.
Tu allais leur parler ? Oui, c'était l'idée. C'est l'idée Oui, j'ai sonné à la porte.
J'ai sonné J'ai même pas sonné à la porte. Non, je suis arrivé, j'ai vu quelqu'un qui marchait juste devant, un membre de la communauté qui un atelier. Je pense que c'est quelqu'un que j'ai connu plus jeune mais je l'ai pas reconnu.
Et donc, tu demandes à parler à Joël ou pas ? Exactement. Oui, c'est la première chose que je dis.
Je dis je dis que j'aimerais parler à Joël. Et qu'est-ce qui se passe quand tu retrouves Joël ? Bah, il se passe qu'il me reconnaît pas lui.
Moi, je l'ai reconnu et je me suis amusé, je m'en suis un petit peu amusé pendant une ou de minutes du fait qu'il me reconnaisse pas. Euh après, assez rapidement, sa mère est arrivée et sa mère m'a tout de suite reconnu et quand ils ont su qui j'étais, euh disons que euh enfin, il y a pas eu vraiment des d'échanges possibles. Euh moi, quand j'arrive à ce moment-là, c'est vraiment essayer d'avoir, je vais même pas dire que c'est pour avoir des excuses ou des explications sur l'éducation que j'ai reçue.
Je viens juste les voir en fait pour avoir une explication sur le mode de vie justement sur pourquoi mal revers enfin pourquoi vous faites tout ça quoi voilà pourquoi tout ça pourquoi vous m'avez fait ça parce que parce que parce que l'histoire je la connais pas en fait sur le le vé le les coups tu tu leur demandes je l'ai je l'ai c'est un sujet que que j'aurais pu aborder en fait si on avait pu aller un peu plus loin mais en fait simplement la question de pourquoi l'existence de mal revers pour juste ça en fait je n'ai pas eu de réponse. Euh et j'ai été pris de haut assez rapidement. Euh il y a pas eu d'échange possible en fait.
Il vraiment il y a pas eu d'échange possible. Il s'est fermé quand il t'a reconnu il a compris quand ils ont su qui j'étais. Oui, ils se sont ils se sont assez vite fermés.
En 2021, tu vas porter plainte avec ton propre frère contre Joël Fert qui porte le même nom que toi, le dirigeant de la communauté pour acte de torture et de barbarie et pour viol. Qu'est-ce qui t'a poussé à porter plainte d'un coup 20 ans plus tard ? Est-ce que quel était le déclencheur ?
Parfois, il y a un déclencheur. Le déclencheur, je pense que ça a été quand je les ai revu en 2019 et que je me suis rendu compte [Musique] que malgré toutes ces années, il y avait une certaine forme de déni, une forme de mépris aussi parce que enfin cette impossibilité d'échanger et enfin ce refus même qu'ils ont eu de vouloir échanger avec moi et même me prendre de haut, me dire que les questions que je posais en gros n'appelaient pas de réponse. D'autant plus que je n'étais plus dans la communauté.
Euh après, à ce moment-là, je n'étais pas j'aurais pas pu deviner qu'il allait y avoir des articles qui sortiraient un an plus tard. Euh, j'aurais pas pu deviner que justement à la lecture du dossier d'instruction euh qu'il y a eu à l'époque, je découvre euh les PV d'audition euh de mes jeunes cousins et cousines. Euh je découvre la façon dont l'instruction a été a été menée.
Euh la manière aussi dont le conseil général n'a pas entre parenthèses travaillé pour moi et en fait enfin tout ce qui est tout ce qui est ressorti et puis tous les tous les souvenirs et puis tout ce que j'avais entre parenthèses mis sous cloche pendant ces ces ces années, c'est c'est ressorti en fait. C'est ressorti. Il a été condamné en 2008.
Oui, il a été condamné à moins d'un an de prison. Euh qui une peine aménagé sous bracelet une plainte que tu as mis à en 2021, il y a toujours pas eu de procès et en 2008 déjà été condamné à 1 an de prison avec sourcil. il a il a été condamné à un an de prison euh pas il a eu une peine aménagée.
Donc il y a eu une partie de surcis et une partie de d'appliqué mais il était dans la communauté la journée, il allait euh dans un établissement le le soir. Euh ce qui me dérange dans cette condamnation, c'est que la condamnation c'est une condamnation pour violence habituelle sur mineur de courant 2002 à 2003. Donc euh moi ce dont je parle ce n'est pas des violences habituelles sur mineur euh puisque quand on fait porter des boules de pétan à bout de bras à des gamins entre 5 et 13 ans euh jusqu'à épuisement et sous la contrainte de coup de bâton, ce n'est pas de la violence habituelle de mon point de vue. quand on les fait se mettre à genou sur des planches de gravier pendant des journées entières, qu'ils ont les genoux en sang et que le lendemain on les fait se remettre à genou et ainsi de suite pendant des jours et des jours sous la surveillance d'un adulte encore une fois avec un bâton et si on ne garde pas le doigt assez droit, si on baisse les bras parce qu'on a on est un genou les mains sur la tête, on se prend des coups de gourdin.
Ce n'est pas de la violence habituelle sur mineur, c'est de la torture. Je pourrais aussi parler de cet événement encore une fois le le viol avec le bâton mais en soit moi cette histoire de viol d'ailleurs, je fais pas une fixation forcément sur le qualificatif de viol parce que pour moi la façon dont ça a été fait c'était de la violence pour lui normale et pour lui ça peut dans son délire ça peut être normal de dire à quelqu'un bah je vais je vais te guérir de l'homosexualité en faisant un geste de pénétration avec un bâton, ça doit répondre à une certaine logique pour lui. Mais même des enfants en basage enfermés dans des cachots dans le noir jusqu'à pouvoir se se faire dessus.
Et surtout c'est pas de la violence habituelle sur mineur. Je suis désolé, c'est pas la vi le procès n'est pas encore passé aujourd'hui tournage. Non.
En 2020, le Parisien et plusieurs médias différents vont faire découvrir la famille, la secte, la famille au grand public. C'était complètement méconnu avant. personne n'en avait jamais parlé.
Euh tu tu as découvert qu'il y avait un lien avec malrevers avec des articles, des documentaires qui dessus c'est tu l'as appris à ce moment-là un lien avec la secte la famille. Tu en entendais pas trop parler à l'époque ? Alors j'en entendais pas trop parler mais j'en avais déjà entendu parler.
La famille Paris je connaissais de nom mais je ne savais pas exactement ce que c'était. Est-ce que tu as eu des menaces de la communauté quand tu as parlé ? Euh bah, ils ont fait mieux qu'une menace, c'est qu'ils ont porté plainte eux contre moi euh puisqu'ils ont fait euh ils m'ont fait un procès en diffamation euh pour l'un des articles.
Alors, ils ont pas attaqué l'ensemble des articles qui qui ont été faits, mais sans doute qu'il n'avaient pas pensé qu'il y en aurait autant. Donc, ils ont attaqué en particulier un article qui est paru dans un journal local. Euh, peut-être que du fait que ça soit le local, ça les dérangeait plus.
Là, je j'extrapole. J'en sais rien pourquoi ils ont attaqué cet article là et pas les autres. Euh mais dans tous les cas effectivement, ils ont porté plainte en diffamation pour cet article qui est paru dans le progrès en 2020.
Ils ont perdu Ils ont perdu à la première audience de janvier 2023. Ils ont fait appel de la décision qui a été jugée en février 2024. Ils ont de nouveau perdu.
Il se pourvoi en cassation actuellement. Voilà. Aujourd'hui, tu as 35 ans, tu es en couple, tu viens à Dijon, tu buzes dans l'immobilier, euh tu as un petit chien euh alias Nono, euh tu as réussi à à à te reconstruire.
Euh et est-ce que tu as envie d'avoir des enfants un jour ou est-ce que c'est un truc qui peut être bloquant par rapport à l'éducation que tu as eu et comment tu as grandi ? C'est une question qui qu'on me pose tout le temps mais j'ai toujours beaucoup de mal à y répondre. Une part de moi voudrait des enfants.
Oui. Une part de moi ne sait pas si ce serait une bonne idée que j'ai des enfants. En fait, c'est plutôt ça en fait.
Je ne sais pas si je devrais avoir des enfants. C'est plutôt ça en fait ce qui me pose ce qui me pose question. Pour quelle raison ?
Vous savez quand on vient de d'une famille entre parenthèses aussi pourri euh quand on sait qu'on est issu de génération de génération et encore de génération de croisement, de consanguinité, de euh forcément il y a un petit peu l'héritage [Musique] comment dire génétique que je pourrais transmettre ou dansquel je suis pas forcément tout à fait serein, même si j'ai l'air d'être bien portant, mais normal, j'y pense. Euh et d'autre part, enfin voilà, enfin on parle des noms qu'on connaît dans mon histoire, Joël, Albert, Vincent, mais sincèrement que ça soit dans la famille de Paris ou qui à part Daï des Il y a des gros arrêts, il y a des gros arrêts. Euh tuimis que ça soit plus contrôlé là les autres communautés, tu aimerais que les autres communautés, ce qui existent encore partout en France, soient plus contrôlé.
Oui, je pense que ça serait bien que ça soit plus Je pense ça serait bien que ça soit un peu plus contrôlé. Oui, tout à fait. Est-ce que aujourd'hui tu es toujours en colère contre tes parents ?
Non, c'est déjà une grosse part du chemin. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour t'amener ? Toi qui un début de vie difficile quand même là-dedans, c'est d'arriver à oublier.
Mais je me suis fait une raison maintenant. Aujourd'hui, je sais que je ne peux pas oublier. Voilà.
Donc euh donc ce qu'on peut me souhaiter, c'est que je puisse effectivement vivre la meilleure vie possible euh avec ce vécu et que et que ça ne me rattrape pas trop comme je sais que ça a été le cas comme sur euh sur certains de mes cousins qui sont partis de de la communauté et qui ont été incapables justement de de se reconstruire avec ce passé et puis qui sont devenus des délinquants ou du moins avec une vie encore plus compliqué que la mienne. Donc euh effectivement la mise qu'on peut me souhaiter c'est que à défaut d'oublier ça me rattrape pas à ce à ce point là. Comment sont sont passées les audiences ?
D'ailleurs, on parle de procès, mais comment se sont passé les audiences ? les audiences. En fait, ce qui m'a le plus marqué, c'est de me retrouver confronté dans les témoins venus défendre Joël.
Euh des cousins, des cousins que bah que je n'avais pas revu depuis euh 18 ans. des cousins que je connais bien parce que ils ont grandi avec moi, ils ont eu les mêmes notes, ils ont eu les mêmes vendredi avec le relevé du cahier de notes, ils ont eu les mêmes sévices, ils ont eu les mêmes violences, on a eu on a eu les mêmes vécus et retrouver 18 ans plus tard ses cousins venir témoigner contre moi à la barre euh et d'une certaine façon en fait être les alliés aujourd'hui de leur bourreau d'hier. Ça c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué.
C'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué et c'est quelque chose qui me fait dire que enfin l'emprise psychologique est extrêmement forte dans ce dans ce groupe euh Oui. pour arriver à en témoigner contre enfin pour contre son cousin et pour leur bourreau. C'est ça que tu dis.
Tout à fait. Et puis pour l'anecdote en 2008 quand j'ai pu retrouver ce dossier d'instruction, l'audience qu'il y a eu en 2008 à laquelle je n'ai pas pu assister parce que on n' pas on m'a pas retrouvé euh à ce moment-là. Mes propres parents ont témoigné en faveur de Joël et d'une certaine manière, ils ont témoigné contre moi puisque j'avais été auditionné dans le cadre de cette instruction et ils ont ils ont témoigné mes propres parents contre moi en 2008 en faveur de Joë.
Du coup, faut apprendre à vivre avec, tu peux pas oublier, mais du coup faut apprendre à vivre avec ça et à continuer. Euh en tout cas, on va te laisser repartir à Dijon. Je sais que tu as tu as un train.
Merci beaucoup. Je te check. Merci d'être venu jusqu'à nous et d'avoir pu raconter voilà ton parcours, ton histoire, qu'on comprenne un peu.
Alors, c'est difficile de s'imaginer à ta place mais ça nous permet de de en tout cas comprendre et d'avoir un petit aperçu de ce que tu as pu vivre au sein de la communauté de Malrevers, une branche de la famille. Mais en tout cas, on essaiera de reparler de de ce sujet-là sur tout ce qui est communauté, attendance sectaire. Pour certaines, on abordera le sujet des sectes aussi dans des dans d'autres émissions.
Hésitez pas à nous dire en commentaire ce que vous en avez pensé euh de l'émission. Si vous avez des idées de sujets précis, n'hésitez pas à me les mettre. Moi, je lis beaucoup les les commentaires aussi.
Hésitez pas à liker la vidéo, ça nous aide beaucoup. Pour le référencement de la vidéo, pour mettre la petite cloche pour être au courant des prochaines. Le mercredi, le vendredi et le dimanche, on vous met trois interviews, trois documentaires puis on met en podcast audio aussi pour nous écouter sur la route.
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Olivier Faure