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interviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 4 juillet 2026 20 min

République tchèque : les 80 ans du deuxième plus ancien festival de cinéma au monde

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:03
Présentateur

France Culture. Les Matins du Samedi. Nicolas Herbeau. Créé en 1946, il est le deuxième plus ancien festival de cinéma au monde. Il a participé de cette première vague des festivals de cinéma européens d'après-guerre. Sa 60e édition s'est ouverte hier soir et décernera son palmarès dans tout juste une semaine, dont son célèbre premier prix, le Globe de Cristal. Direction le cœur de l'Europe, l'ouest de la République tchèque, nous voici dans la ville thermale de Karlo Vévaré. Bonjour Karloch. Bonjour. Vous êtes historien du cinéma, mais vous êtes aussi et surtout le directeur artistique du Festival international du film de Karlo Vévaré.

60e édition cette année, mais je l'ai dit, le festival souffle ses 80 bougies. Est-ce que vous pouvez commencer par nous raconter peut-être dans quel contexte il est né en 1946 ?

0:59
Invité

Le festival est né au mois d'août 1946 pour plusieurs raisons. L'industrie cinématographique, c'était la première industrie qui a été étatisée juste après la guerre, même avant l'arrivée des communistes, parce que c'était plutôt les communistes qui ont étatisé, nationalisé l'industrie. Ça, c'était venu même avant. Donc, c'était une industrie très importante pour l'État. Et le festival est né aussi comme une plateforme de faire la promotion de cette étatisation. Et ce n'était pas un hasard que le festival ait né à Karlo Vévaré, parce que c'est une ville qui se trouve pas loin de la frontière allemande, dans la région qui s'appelle Sud-Ettenland.

Et c'était la première région qu'Adolf Hitler a annectée. Il l'a pris en 1948. Et le geste de mettre le festival dans cette région, c'était comme un geste qui a dû dire, on reprend notre territoire. Donc, la position, c'était vraiment important pour la Tchécoslovaquie.

1:59
Présentateur

C'est aussi un festival qui est très lié à cette ville de Karlo Vévaré. Est-ce que vous pouvez nous décrire, peut-être pour ceux qui ne connaîtraient pas, à quoi ressemble Karlo Vévaré ? Et notamment cet hôtel, l'hôtel mythique, le thermal, qui est le cœur battant de ce festival.

2:14
Invité

Karlo Vévaré, c'est une ville assez ancienne. Il est né au XIVe siècle. Ça a été fondé par le roi plus important tchèque, Charles IV. Il y a un mythe qu'il est allé à la chasse. Et il s'est perdu dans la forêt. Il s'est trouvé dans un endroit très magique. Et il a décidé de créer une ville. C'est Karlo Vévaré. C'est une ville balnéaire, très célèbre dans tout le monde. Le cœur battant de ce festival, comme on l'appelait, hôtel thermal, ça a été construit en 1975. Et si vous avez la chance de voir cet hôtel de point de vue d'un oiseau, vous pouvez voir que ça a une forme d'une caméra cinématographique.

Donc ça a été construit par une couple, Mahonine, qui est un couple très fameux, très célèbre dans l'architecture tchèque, brutaliste. Donc c'est un cœur battant, brutaliste, mais indispensable pour le festival.

3:11
Présentateur

On va reparler aussi de la vie et de quoi elle ressemble, puisque j'ai dit que c'était une ville thermale. Mais Carrel Orch, puisqu'on est encore dans l'histoire de ce festival, j'aimerais qu'on entende une voix, une voix que je suis sûr que vous allez reconnaître. C'est celle d'Eva Zauralova, qui a été critique, journaliste, et à qui vous avez succédé à la direction artistique du festival.

3:32
Invité

À l'époque, quand j'ai commencé à m'occuper de Carlo Vévarie, ce n'était pas trop simple, vous savez, parce qu'il y avait un problème avec l'histoire de Prague, parce que certains gens voulaient transférer le festival à Prague. On disait que Carlo Vévarie ne vaut plus rien. Tandis que moi, avec Bartoschka, alors nous avons convaincu un peu le public de venir à Carlo Vévarie. Et désormais, depuis plusieurs années, je crois que c'est vraiment un festival qui est très suivi par le public et qui est très suivi même à l'étranger par la presse internationale.

4:17
Présentateur

Eva Zauralova au micro de Radio Prague International en juin 2017. Carrel Orch, dans les années 90, il y a un tournant pour le festival de Carlo Vévarie. Vous êtes d'accord avec elle ? J'imagine qu'il fallait que ce festival reste à Carlo Vévarie et ne soit pas déménagé à Prague ?

4:35
Invité

Je dois vous dire que c'était un moment très émouvant d'écouter la voix de Madame Lea, parce qu'elle me manque beaucoup. Elle était une personne clé pour passer mon carrière, mais ma vie aussi. Et elle avait raison complètement, parce que, comme vous le savez maintenant, le festival est né il y a 40 années. et après toutes ces années, au début des années 90, il y avait ce risque qu'on pouvait perdre tout. Et si c'était pour Madame Zauralova et Monsieur Bartoszka, on ne serait pas là maintenant, parce que la catégorie A, c'est toujours un aspect très important pour le festival, pour sa réputation. Et vraiment, c'était un moment très, très difficile.

Et on ne peut pas remercier assez de personnages pour avoir fait ça, ce qu'ils nous ont fait.

5:27
Présentateur

Yézy Bartoszka, je le dis pour les auditeurs et les auditrices français et françaises, c'est le directeur mythique de ce festival qui est décédé l'an dernier. Et ensemble, ce couple, en quelque sorte, car ils ont permis une nouvelle naissance, une renaissance de ce festival dans les années 90. Et s'il en est là aujourd'hui, et on va en parler, c'est grâce à eux. Exactement. Alors revenons à la compétition. Racontez-nous, d'abord, qu'est-ce qui va se passer pour ce double anniversaire 2026 ? Vous avez préparé une sélection intitulée Retour vers le passé. Quel film vous avez choisi ? Et que disent ces 16 films de la particularité de ce festival ?

6:06
Invité

Bon, ce n'était pas facile de choisir seulement 16 films parce que, comme vous pouvez imaginer, dans cette 159 édition qu'on a déjà fait, il y avait beaucoup de films très importants. Mais je simplement voulais présenter quelques titres qui ont été très importants pour le passé, qu'en commençant déjà en 1946, il y a un film suisse qui s'appelle La Dernière Chance, qui est un film de la guerre, qu'après avoir présenté à Carlo Ivarri en août 1946, il est passé à Cannes, parce que la première édition du Festival de Cannes, ça se passait un mois plus tard. Ça prouve qu'à l'époque, il y avait beaucoup moins de films, et donc les films ont participé même au même festival, sans problème.

Donc, j'étais très heureux de pouvoir programmer un film, un de mes films préférés qui s'appelle Émettre of Life and Death, du réalisateur anglais Michael Powell et Améric Pressburger, qui est un film très charmant, qui a été passé à Carlo Ivarri en 1947, un film très important, il s'appelle Cass. Je suis sûr que tout le monde connaît le nom, Ken Loach, un autre anglais qui a gagné plusieurs palmes d'or, et il a gagné à Carlo Ivarri avec son deuxième film Cass en 1970.

Et je voudrais aussi mentionner Trainspotting, qui est un film que tout le monde connaît aussi, parce qu'il y a 30 ans, il y avait une projection très fameuse, très célèbre, que tout le monde se rappelle, et on a décidé de mettre ce film dans sa sélection, aussi parce qu'il y a une nouvelle copie restaurée. Donc, je pense qu'on a le film pour tout le monde.

7:46
Présentateur

Trainspotting de Danny Boyle avec notamment l'acteur principal Ewan McGregor. Carrel Ork, on poursuit la découverte pour certains et pour certaines de ce festival de Carlo Ivarri. Vous dites que la mission du festival est de lier l'artistique et le politique depuis toujours. Est-ce que c'est encore aujourd'hui votre ligne ?

8:09
Invité

Oui, c'est ça. Même si on comprend l'aspect politique peut-être un peu différemment que par exemple le festival de Berlin qui est né comme un geste politique. Chez nous, l'aspect politique, on le présente à travers les films d'une manière plutôt intime. Donc, on est convaincus que le politique ou la politique, c'est dans la vie privée, même dans un film qui décrit une vie d'un individuel parce que la politique, c'est tout le monde qui nous circonde. Donc, que je voudrais mentionner un film suisse par exemple qui s'appelle Happy Family.

C'est la première fois que la Suisse a un film dans le concours et c'est une histoire d'une femme qui est un single mother qui est une mère qui s'occupe des enfants toutes seules et elle se trouve dans les problèmes et elle n'est pas capable de s'occuper de ses enfants qui sont pris par l'État et ce film nous présente le système législatif suisse pas parfait contre la relation de l'État et les familles en problème. Donc, ça, c'est politique aussi.

9:25
Présentateur

Il y a 12 premières mondiales que vous allez proposer durant cette semaine du festival qui vient de commencer. Vous êtes allé les chercher en Europe centrale et orientale. On pourrait parler du cinéma slovak, du cinéma tchèque mais vous êtes aussi allé les chercher en Amérique latine, en Asie. Ça aussi, ça fait partie de la tradition de ce festival ?

9:45
Invité

Sans doute, je voudrais bien mentionner un autre nom. C'est un nom d'Antonine M. Brossil qui est un des personnages qui ont fondé le festival en 1946 et il a été le directeur de la programmation pendant presque 40 ans. Déjà en 1962, M. Brossil a créé une section de programme qui s'appelait Symposium de nouvelle cinématographie d'Afrique, Amérique latine et Asie. où il a découvert beaucoup de jeunes cinéastes comme Glauber Rocha du Brésil, etc. Et non seulement qu'il a présenté les films, il a invité aussi les réalisatrices qu'il faut dire qu'au début des années 60, quand le festival n'était pas si fréquent que les réalisateurs voyageaient pour présenter les films aux audiences.

C'est plutôt maintenant mais pas il y a 60 ans. Donc ça, c'est une tradition qu'on est très fiers

10:40
Présentateur

de continuer. La 60e édition va rendre hommage à Dustin Hoffman, au directeur de la photographie Robert Richardson et à l'actrice française Juliette Binoche. Vous allez lui remettre un prix pour sa contribution au cinéma, c'est ça ?

10:54
Invité

C'est ça et je dois dire que le fait que Mme Binoche va arriver à Carlo Bivari c'est un rêve pour moi. J'ai beaucoup rêvé de ce moment et j'ai eu de la chance de parler avec elle à Lyon parce que chaque temps je vais à Lyon pour le festival lumière où elle a présenté son film en août qui a fait comme la réalisatrice qu'elle va présenter aussi à Carlo Bivari ensemble à deux films qu'elle a fait avec les réalisateurs célèbres Baskia Rostami et Krzysztof Kieślowski donc ça va être une cérémonie de clôture fantastique j'en suis sûr. Un deux trois Danse about suffering So is acting Emotionally I'm fucked up

11:43
Présentateur

Le documentaire En nous donc première réalisation de Juliette Binoche dont d'ailleurs France Culture est partenaire vous mettez aussi en avant des jeunes réalisateurs Carrel Hoch des jeunes réalisateurs français l'an dernier c'est Nathan Ambrosioni qui a reçu d'ailleurs le prix de la mise en scène qui est venu présenter Les enfants vont bien film avec Camille Cotin il nous a laissé un message je vous propose de l'écouter

12:11
Invité

Personnellement j'ai adoré montrer mon film à Carlo Bivari c'était une expérience assez démente je pense que on n'a pas forcément l'habitude d'aller à ce festival et d'exporter des films là-bas en tant que français alors que c'est un écrin cinéphile assez merveilleux j'ai été très très très ému parce que toute la salle s'est levée ils nous ont réservé un accueil splendide et puis il y a ces bains autour de la salle de cinéma dans laquelle on va se baigner ces bains chauds pour attendre la séance et puis cette ville très très belle comme un décor de cinéma presque je me sentais comme dans une continuité du film et c'était vraiment un super souvenir je garde quelque chose de très très fort d'avoir montré mon film là-bas et j'étais honoré qui sélectionne Les Enfants mon bien

12:56
Présentateur

Une réaction Carrel Orch c'est vous qui sélectionnez les films c'est vous qui aviez repéré ce film là ?

13:02
Invité

Oui moi avec monsieur Arnaud Gourmelin qui est notre correspondant français et aussi il s'occupe du festival à Langer premier plan qui est le directeur de la progression avec Arnaud on va chaque année au printemps au bureau de Unifrance à Paris pour regarder les films et on a découvert ensemble Les Enfants mon bien l'an dernier on a été très heureux de le porter à Carlo Ivarie parce que c'est un film qu'on a été sûr que ça va avoir beaucoup de succès avec pas seulement le public mais avec la jury les professionnels et en plus avoir Camille Cotin en Carlo Ivarie c'était vraiment incroyable donc au moment que j'ai appréçu de la jury que Nathan a gagné le prix pour la réalisation je lui ai appelé on a fait la tournée à Carlo Ivarie pour prendre une reprise donc c'est un souvenir très très très bon

13:58
Présentateur

Carrel Orch vous avez vous aussi participé au festival de Cannes par exemple vous avez été jury dans la section Un certain regard si on compare ces deux festivals ils sont tous les deux dans la catégorie A vous l'avez dit tout à l'heure mais est-ce que c'est vraiment la même chose est-ce que vous diriez que Carlo Ivarie est un festival d'abord pour le public

14:17
Invité

c'est pas possible de comparer Cannes avec un autre festival parce que Cannes fait un festival et Cannes Festival c'est disons la crème de la crème le festival qui nous montre les films plus importants de l'année et en plus il y a une haute différence c'est la présence du marché du cinéma qu'on n'a pas le marché du cinéma parce que on est un autre type de festival Cannes est un truc énorme aussi pour le marché donc c'est plutôt pour les professionnels même si je connais beaucoup disons le public qui peuvent regarder les films à Cannes mais ici à Carlo Ivarie on est vraiment orienté spécifiquement au grand public spécialement depuis les années 90 depuis la renaissance du festival grâce à mentionner M.

Bartoszka et Mme Zawarolova

15:07
Présentateur

Caro Orch vous avez vu tous les films qui vont être projetés dans les prochains jours c'est votre travail je l'ai dit mais que fait le directeur artistique une fois que le festival a débuté est-ce que vous allez quand même dans les salles pour regarder les films ?

15:21
Invité

Ah non, on ne regarde pas les films parce qu'on n'a pas du temps et aussi on n'est pas dans l'état mental pour regarder les films parce qu'on est vraiment en cours toujours on essaie de faire beaucoup de choses parce qu'il y a beaucoup de réalisateurs et réalisatrices à Carlo Ivarie pour moi je dois aussi participer aux autres événements des protocolles etc.

mais avec mes collègues on présente les films donc ça c'est comme une coronation de notre boulot d'accompagner les équipes de films qui ont la première ici spécialement et d'avoir le premier public et son premier public c'est vraiment une satisfaction après deux mois de travail de faire ça et de voir la réaction du public quand le public regarde les films et après la projection pendant le débat.

16:12
Présentateur

Est-ce que vous avez un coup de cœur pour cette année cette 60e édition ?

16:16
Invité

Ah il y a un coup de cœur je dois dire que j'ai découvert à Cannes ça s'appelle Every Time c'est un film autrichien qui a gagné de Sandra Wollner qui a gagné en certains regards à Cannes cette année c'est un film qui m'a frappé beaucoup m'a surpris c'est une expérience très émotionnante et très forte et je voudrais recommander ce film à tout le monde.

16:40
Présentateur

Et moi je voudrais vous souhaiter un très bon anniversaire à ce festival Carlo Ivarie dans l'ouest de la République Tchèque 60e édition 80 ans après sa création merci beaucoup d'avoir été ce matin avec nous en français sur France Culture Je vous remercie

16:56
Invité

Un extrait de la bande originale

17:24
Présentateur

du film Né un 4 juillet musique signée Van Morrison film dont Robert Richardson a été directeur de la photographie on en a parlé il y a quelques instants Né un 4 juillet musique à propos mais aussi un clin d'oeil celui de l'oeil malicieux du réalisateur des matins du samedi Jean-Christophe Francis Jean-Christophe quel plaisir et quel honneur d'avoir travaillé à tes côtés je connais ton long attachement à la radio et au service public je voulais te dire merci derrière la console ce matin c'est Grégory Wallon merci à toi merci à toutes celles et ceux qui se sont aussi relayés à ta place durant deux années ce samedi matin l'émission a été préparée et programmée par Marguerite Caton et Victoria Girovelmont que je remercie du fond du coeur vous savez cette fameuse aventure collective car croyez-moi sans elle je ne suis rien comme c'était le cas avant avec Pauline Chanu et avec Margot Loridon à toutes les deux aussi je veux dire ce matin un grand merci comme à toi Mathéo Caranta précis, pertinent, percutant ton enthousiasme pour ce métier est remarquable merci merci à la rédaction de France Culture pour son professionnalisme représenté ici le samedi par Marie-Hélène Duvigneau réglé comme un coucou suisse jamais en retard toujours un sourire merci

18:36
Invité

merci à toi Nicolas

18:37
Présentateur

et puis comme c'est mon dernier matin mon dernier samedi matin merci à vous auditeurs et auditrices de nous avoir fait confiance d'avoir été enthousiasmés intéressés percutés surpris par nos choix et nos pas de côté culturels et sociétaux enfin à celui ou celle qui aura le privilège et la chance de vous réveiller chaque samedi la saison prochaine je souhaite tout le meilleur je lui souhaite de trouver autant de bonheur et de fierté à animer cette belle antenne au service d'une autre façon de vous raconter le monde car contrairement à ce que dit Petula Clark dans sa chanson la nuit n'en finit pas après la nuit croyez-moi vient toujours toujours le matin merci à vous

19:17
Invité

la nuit n'en finit plus et j'attends

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