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interviewRMC — Face à Face· 19 avril 2021 21 min

L'invité de Bourdin Direct : Fabien Roussel - 19/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Fabien Roussel

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. Fabien Roussel, bonjour. Bonjour. Secrétaire général du Parti communiste français, candidat investi du Parti communiste français à la présidentielle de 2022. Il reste le vote des militants le 9 mai. Voilà, il faut respecter ça. Mais oui. Rien n'est fait et donc... Alors si vous êtes investi le 9 mai, vous serez candidat. Ah bien sûr. Et là, vous ne vous retirerez pas en route.

0:35
Fabien Roussel

Ah mais pas du tout. Nous avons un projet pour la France et nous disons que la crise est telle dans notre pays, avec son lot de délocalisation, de suppression d'emplois, avec des salaires tellement bas, des besoins dans nos services publics. Cette bataille sur le vaccin a mené qu'il y a besoin d'un changement profond dans notre pays pour faire en sorte que quand on travaille, on puisse vivre dignement. Et quand on a des enfants, ils aient accès à une éducation et à un travail plus tard. C'est mon projet pour la France.

1:01
Présentateur

Eh bien, nous reviendrons sur les vaccins. Je suis en rage. Je veux parler, porter la colère que je vois et que j'entends et lui donner une perspective politique. C'est ce que vous dites. Mais en rage contre qui ? Contre quoi ? Vous voulez attirer celles et ceux que la gauche ne fait plus rêver ? Qui ?

1:23
Fabien Roussel

Qui sont ceux que la gauche ne fait plus rêver ? Je vais vous dire. Je suis en rage d'abord quand je lis d'un côté qu'il y a 3 milliardaires de plus dans notre pays et que de l'autre, il y a 3 millions de personnes de plus qui tombent sous la pauvreté. Il y a en France 42 milliardaires qui ont un patrimoine de 500 milliards d'euros et il y a de l'autre côté 12 millions de personnes en France qui vivent sous le seuil de pauvreté. Vous avez vu la courbe du CAC 40 qu'on voyait à l'antenne. Sur votre antenne, elle est comme ça la courbe du CAC 40. Elle a retrouvé ses niveaux d'avant-crise.

Et puis je suis en rage parce que quand je vais à la rencontre des salariés, je fais ça depuis maintenant presque 2 ans, ça fera 2 ans au mois de juin que je vais à la rencontre des salariés, ceux de nos usines notamment, ceux qui travaillent dans l'industrie. La rage qu'ils ont eux au cœur, c'est qu'on leur a demandé des efforts ces dernières années, des efforts de compétitivité. On leur a supprimé des temps de pause pour ceux qui travaillent la nuit. Ils travaillent plus longtemps, on leur a supprimé des RTT, des jours de repos. On fait la même chose pour les fonctionnaires en ce moment. D'ici le 30 juillet, ils vont devoir abandonner des jours de repos. Pourquoi en retour ?

Pourquoi en retour, pas de hausse de salaire et des suppressions d'emplois ? Voyez ces usines, toutes ces usines qui se ferment chez moi dans le Nord, mais partout, les fonderies. Les fonderies en ce moment, ils sont en train de s'unir.

2:36
Présentateur

Le maire qui était avec moi vous a fait réagir l'autre jour.

2:39
Fabien Roussel

Parce qu'on est en train de se battre avec ma collègue. Ma collègue sénatrice Katia Ponceau et moi-même, nous nous battons pour la française de mécanique qui produit les moteurs pour Peugeot, Stellantis. On se bat pour que les moteurs soient produits là, les nouveaux moteurs de nouvelle génération, les moteurs hybrides. Et il annonce, bonne nouvelle, ils seront faits. Le B sera fait ici à Douvrain. Mais il ment par omission. Parce que s'il y a bien un moteur qui sera fait à Douvrain, le B génération 3, le P génération 3 hybride, lui, sera fait en Hongrie, à côté de l'usine de Bridgestone d'ailleurs.

Ils sont en train de délocaliser la production du futur moteur de Stellantis, là-bas en Hongrie. Donc ça, c'est insupportable. Le même Stellantis vient d'accepter de distribuer un milliard d'euros de dividendes à ses actionnaires de mettre son siège aux Pays-Bas pour faire de l'évasion fiscale. C'était TPSA. Voilà, c'est PSA. Donc les mêmes qui sont en train de tuer notre pays en délocalisant l'industrie, eh bien les mêmes se distribuent des dividendes. Voyez la rage qu'il peut y avoir dans le monde du travail. Mais oui, mais moi, c'est mon combat.

3:47
Présentateur

Oui, mais moi, j'ai une question toute simple. Comment expliquez-vous que les ouvriers, les Français, aux revenus les plus modestes, préfèrent Marine Le Pen, la candidate des pauvres ou le candidat des pauvres, ce n'est pas vous, c'est Marine Le Pen. Ça ne vous fait pas mal ?

4:02
Fabien Roussel

Mais bien sûr que ça me fait mal. Et c'est pour ça que je souhaite pouvoir m'adresser à tous ces hommes et ces femmes qui n'ont plus de perspective et qui sont aujourd'hui en colère. J'utilise cette expression. Ils ont le cœur rouge, mais ils sont noirs de colère. Et faute de perspective heureuse, eh bien ils s'en vont parfois utiliser le bulletin de vote extrême. Pas parfois, souvent. Non, parce que majoritairement ils s'abstiennent. Majoritairement, cette colère, elle trouve refuge dans l'abstention. Et c'est pour ça. Mais pourquoi est-ce que...

4:29
Présentateur

Où est la culture ouvrière du Parti communiste français ? Pourquoi est-ce que ces gens modestes vous oublient, vous ignorent, n'ont pas envie de voter pour vous ? Pourquoi ?

4:41
Fabien Roussel

D'abord, pas tout à fait, parce que nous sommes quand même implantés, nous, le Parti communiste français, dans toute la France, avec nos élus, nos militants, dans les entreprises. Non, mais je vous le dis, parce que quand je vais aux portes des boîtes, il y a aussi, je retrouve... Ils le savent, les salariés et les ouvriers. Ils savent que les militants communistes sont toujours là à leur côté. Il y a aussi des responsables syndicaux. Donc, on se bat. Ce qui manque aujourd'hui, on parlait de la culture ouvrière. Ce qui manque, c'est la conscience que tous ensemble, nous sommes une force. C'est ça qui manque, qui existait avant.

C'est-à-dire que quand on s'unit, quand on est solidaire les uns les autres, on arrive à empêcher une délocalisation. C'est ce qu'ils sont en train de faire, tous les salariés des fonderies de France, et qui vont se rassembler et s'unir au mois de mai prochain pour maintenir en France une production de fonte et d'acier dans notre pays. Mais cette conscience de classe, elle est affaiblie, parce qu'aujourd'hui, on a détourné leur colère.

5:35
Présentateur

Pourquoi ? Parce que vous avez oublié les discriminations sociales. Parce que pourquoi ? Parce que, vous savez ce que disent, et vous le savez mieux que moi, les plus modestes et les classes populaires, vous savez ce qu'elles disent ? Elles disent, la gauche s'intéresse à qui ? Aux immigrés d'abord.

5:50
Fabien Roussel

C'est vrai ou pas ? C'est vrai ou pas ? Non, non, c'est pas la gauche. Le problème, je vais revenir... Lorsque vous parlez, lorsque la gauche parle en permanence d'islamophobie,

6:00
Présentateur

de racialisme, est-ce que vous ne vous éloignez pas des véritables sujets qui préoccupent les électeurs de gauche ?

6:08
Fabien Roussel

Je vous pose la question. Moi, je vais vouloir tourner. Parce que, justement, c'est ce que je vis un peu chez moi, dans mon bassin minier. C'est que les salariés, quand ils entendent, à longueur de journée, les dirigeants de l'extrême droite française, et qu'ils leur disent que le problème de la France, c'est l'immigration, c'est l'immigré, je me bats, moi, au quotidien pour leur dire que si l'usine de Bridgestone ferme, c'est pas à cause de l'immigration. Si l'usine de Bridgestone ferme, c'est parce que des actionnaires japonais ont décidé de la délocaliser en Hongrie avec le soutien de la Commission européenne. C'est plus difficile à expliquer et à faire comprendre.

Mais la réalité, c'est celle-là. C'est trop facile, quand j'entends l'extrême droite, faire porter tous les mots de la France sur le dos des immigrés. Et quand le problème de la France, c'est le poids de la finance qui en veut toujours plus et qui, au nom de ses exigences de rentabilité, aujourd'hui, conduit à fermer des usines. Et donc, il nous faut un devoir d'explication. Et vous voyez ma candidature à l'élection présidentielle. Elle a cette modeste volonté, celle de pouvoir redonner du sens, justement, à ce qui se passe dans notre pays.

7:11
Présentateur

Mais vous ne reconnaissez pas que, parfois, la gauche ne sait plus parler aux classes populaires, aux plus modestes, franchement ? Par contre, je peux vous dire que j'ai la volonté

7:19
Fabien Roussel

de pouvoir m'exprimer dans cette élection présidentielle.

7:22
Présentateur

C'est justement votre différence par rapport aux autres candidats de gauche potentiels ?

7:26
Fabien Roussel

Sur cette question de l'immigration. Mais aussi, je vois l'interview du président de la République sur cette question de sécurité. Sur cette question de lutte contre l'islamisme, l'islamisme radical et politique qui existe et qui grandit dans notre pays. Il y a besoin d'avoir de réponses de gauche, des réponses où on allie et la fermeté, et en même temps, les moyens pour une république sociale, solidaire et fraternelle. Vous voyez, la gauche a une responsabilité d'avoir apporté des réponses sur ces questions-là. Sinon, nous ne serons pas audibles.

7:57
Présentateur

Oui, Fabien Roussel, samedi, j'ai vu la photo, vous aussi, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Benoît Hamon, Corine Lepage, Sandrine Rousseau, Olivier Faure, Julien Bayou, et d'autres sur la même photo. Vous n'y étiez pas parce que vous étiez dans votre circonscription. Pourriez-vous vous rallier à une candidature commune ? Est-ce que c'est un rêve, une utopie ?

8:20
Fabien Roussel

Est-ce que ça peut exister ? D'abord, moi, je ferai ce que ma formation politique décidera que l'on fasse collectivement. Si on décide le 9 mai d'avoir un candidat, ce sera pour aller défendre notre projet pour la France. Je pense que ce projet, justement, pour les raisons qu'on vient de discuter ensemble, il doit être ancré dans la réalité du pays, il doit vivre. Ensuite, nous nous participerons toujours à ces discussions avec les autres forces de gauche. Moi-même, j'ai invité toutes les forces de gauche à travailler sur un projet de réforme progressiste des retraites. Je l'avais fait pendant la réforme des retraites.

Mais je ne crois pas que c'est un rassemblement de candidats sur un programme où chacun va devoir faire des concessions qui créera une dynamique. D'ailleurs, je vois bien, j'ai vu les déclarations ensuite d'Olivier Faure et de Jadot pour une candidature unique, PS, Vert, etc. Ce n'est pas ça qui crée une dynamique. C'est les idées. Comme on se le disait avant, il fallait les convaincre, ceux qui sont en colère aujourd'hui. Ils l'ont fait en 2017. Je me permets de le rappeler. Non, mais ils l'ont fait en 2017. Jadot, il a soutenu Hamon en 2017. Ça a fait 6%. Donc, ce n'est pas l'Union qui fait le rassemblement. Un rassemblement de petits, ça fait des petits rassemblements.

Donc, ce qu'il faut, c'est convaincre sur les idées, sur le fond. Il faut aller mouiller la chemise. Moi, ça fait deux ans que je m'en vais voir les entreprises, que je m'en vais voir les salariés, que je les écoute, que je me nourris de ce qu'ils vivent. Et c'est ça que je veux porter pendant l'année qui vient. Vous savez, ce qui manque en politique, c'est la sincérité. Il faut pouvoir parler avec sincérité, avec son cœur et avec sa tête. Et moi, c'est ce que j'ai envie de faire. Et ça, c'est quelque chose...

9:58
Présentateur

Avant de faire de la politique, il faut penser à ceux qui vivent au quotidien les difficultés. Il faut pouvoir y aller avec de la sincérité,

10:06
Fabien Roussel

parce que ce n'est pas qu'une question... Ce que ne font pas les autres. Ce n'est pas qu'une question de promesses et de programmes. C'est pour ça que je souhaite porter l'idée d'un pacte avec les Français, un engagement, le défi des jours heureux. Est-ce que vous êtes prêts à ce qu'on le relève ensemble ?

10:22
Présentateur

Voilà mon projet. Fabien Roussel, Fabien Roussel. Quelques mots de sécurité, parce que ce sont les gens modestes aussi qui souffrent les premiers des problèmes d'insécurité dans leur quartier, notamment et notamment provoqués par le trafic de drogue, de stupéfiants. Le président de la République s'est exprimé dans Le Figaro ce matin. Quelle est votre solution pour lutter contre le trafic de stupéfiants ?

10:44
Fabien Roussel

D'abord, c'est un véritable fléau qui pourrit la vie de millions de nos concitoyens. Et donc, il faut des moyens. C'est la raison pour laquelle nous, ce que nous proposons, c'est une véritable police nationale de proximité. Et nous proposons pour ça de créer un corps spécifique dédié à la police nationale de proximité doté de 30 000 hommes et femmes. Statutaire, dédié à ça. Voilà notre proposition que je vous fais ici. Nous, c'est 30 000 hommes et femmes dédiés à la police de proximité pour lutter contre tous ces trafics. Mais il faut s'attaquer aux narcotrafiquants. Il faut s'attaquer aux grands.

11:22
Présentateur

Ce que le gouvernement, reconnaissons-le, a commencé à faire en envoyant dans certains quartiers pour essayer de démanteler ces trafics. Mais vous savez ce qu'il y a ? C'est que le lundi, le trafic est démantelé. Le mercredi, le trafic a repris.

11:36
Fabien Roussel

Il faut s'attaquer aux petits trafiquants, ceux qui pourrissent la vie du quotidien. Mais moi, je vous parle des tonnes de doses de cannabis, de cocaïne qui sont prises à Marseille. Ils n'en ont jamais récupéré autant. Le trafic arrive comme jamais dans notre pays. Il faut y mettre fin. Les narcotrafiquants, la mafia, il y a une sorte d'omerta dessus. On n'en parle pas. C'est des gars en chemise blanche. C'est des cols blancs aussi. D'ailleurs, l'argent des narcotrafiquants, il va se mélanger à l'argent d'évasion fiscale dans les paradis fiscaux. Donc, si on veut s'attaquer aux narcotrafiquants, il faut s'attaquer aussi à la circulation de l'argent.

Il faut aller pouvoir fouiller dans les comptes. Il va falloir interdire à ce que l'argent aille dans des paradis fiscaux où il est planqué et où il se mélange avec l'argent du business. Donc, moi, je souhaite m'attaquer aux gros, aux narcotrafiquants. Et puis, la drogue, c'est une question de santé publique. Il faut d'abord traiter...

12:35
Présentateur

Le président de la République veut ouvrir un grand débat sur la consommation de drogue et ses effets délétères. Vous approuvez ?

12:42
Fabien Roussel

Oui, bien sûr, mais c'est pour ça que je vous dis que c'est une question de santé publique. Et donc, les jeunes, aujourd'hui, qui se font arrêter par la police, ils ont une amende de 135 euros. Moi, je souhaiterais plutôt qu'on les accompagne, qu'on leur oblige d'avoir un suivi de santé. Je souhaiterais que l'on mette des moyens sur la prévention. Pourquoi on a supprimé autant de postes d'infirmiers, de médecins scolaires dans les collèges et les lycées ? De psychologues ?

C'est Marie-Georges Buffet, dans sa commission d'enquête sur la jeunesse, qui a révélé qu'aujourd'hui, nous étions en souffrance de médecins scolaires, de psychologues dans nos collèges, dans nos lycées, dans nos universités. Et alors, la drogue, elle pénètre, comme dans du beurre. Mais on a besoin de les accompagner.

13:22
Présentateur

Les violences sur les personnes accélèrent. Que dit le président de la République ? Ce mal est accéléré sous l'effet d'une désinhibition provoquée par les réseaux sociaux et la culture de l'anonymat. Vous êtes d'accord ou pas ? Oui, oui. Oui, bon, d'accord. Alors, on passe à autre chose. Alors, justement, Emmanuel Macron, dans une autre interview à CBS, cette fois, parle des restrictions qui seront levées, il le répète, qui seront levées à propos du Covid, à la mi-mai. Là, j'imagine que vous vous réjouissez.

13:56
Fabien Roussel

J'espère. J'en parle avec les restaurateurs, les cafetiers de chez moi. Nous espérons tous cela. Que ça se produise. Mais une condition que l'on vaccine, que l'on vaccine massivement. Comment ça se fait qu'aujourd'hui, les médecins... Comment ça se fait qu'aujourd'hui...

14:12
Présentateur

Vous le savez, la France est l'un des pays d'Europe où l'on vaccine le plus.

14:15
Fabien Roussel

Monsieur Baudin, vous rigolez de moi. Vous avez bien vu que les enseignants... Mais non, mais ça s'accélère. Les enseignants ont le droit de se faire vacciner quand ils ont plus de 55 ans. Enfin, ils sont quand même plus nombreux à avoir moins de 55 ans, les enseignants. Et comme les agents territoriaux qui travaillent dans les écoles, les fonctionnaires communaux qui travaillent dans les écoles, ou des départements, ou des lycées, ils n'ont pas le droit au vaccin. La rentrée scolaire, c'est la semaine prochaine. Ils ne seront pas vaccinés. Les policiers, de la même manière, c'est les policiers de plus de 55 ans qui vont se faire vacciner. Mais qu'est-ce qu'ils vont nous promettre ?

Ils vont nous promettre l'ouverture des remontées mécaniques au mois de juillet bientôt. Non mais c'est n'importe quoi. La rentrée scolaire, c'est la semaine prochaine. Il faut tout faire pour qu'ils soient vaccinés. Et je fais une demande, encore une fois, c'est qu'ils puissent avoir tous accès au vaccin tout de suite. L'AstraZeneca... Alors comment inciter les Français ?

15:05
Présentateur

Il y a tant de places libres, aujourd'hui, dans la vaccination, dans les centres de vaccination, comment inciter les Français ? Les gens veulent du Pfizer. Oui.

15:13
Fabien Roussel

Bien, ils veulent du Pfizer. Et ensuite, l'AstraZeneca, au moins qu'on puisse le proposer à tous ceux qu'ils veulent. Et pas seulement le limiter aux plus de 55 ans. Le Pfizer. On peut parler du Pfizer ? Le scandale du Pfizer ?

15:24
Présentateur

Allez-y, allez-y.

15:25
Fabien Roussel

J'ai ici la retranscription, le script d'une discussion entre le PDG de Pfizer, Bourla, et ses investisseurs. C'est la banque UBS, Morgan & Stanley, Goldman Sachs et compagnie. Ça date du 2 février. Ce sera à disposition de tous ceux qui le souhaitent. Eh bien, ils révèlent, dans ce document, que le prix du vaccin va continuer d'augmenter et qu'il pourrait aller jusqu'à un prix normal d'un vaccin qui est de 150 dollars. La dose. La dose, aujourd'hui, a été vendue, en fait, à 15 euros à l'Union Européenne. Ils sont en train de négocier 900 millions de doses supplémentaires qui, elles, seraient achetées à 19 euros. Déjà, ça augmente.

Pour aller jusqu'à 150, à 75 dollars, la dose, ils vont se faire des montagnes d'or. C'est pas possible. Enfin, nous, tout le monde réclame un vaccin public. Le pape réclame un vaccin public. 175 chefs d'État réclament un vaccin public. Emmanuel Macron réclame un vaccin public. Mais qu'attendent-ils pour dire que ce rapt, cette hold-up de nos finances, de la sécurité sociale, quand est-ce qu'ils vont y mettre fin ? Et ils profitent, Bourla, le PDG de Pfizer, qu'il n'y a pas de levée des brevets et, du coup, qu'il y ait une pénurie pour fixer ses propres tarifs. Vous savez, quelqu'un qui est atteint... La santé n'a pas de prix pour les Français.

Quelqu'un qui est atteint d'un cancer, il est prêt à vendre sa maison pour être soigné. Une famille qui a un enfant qui est atteint d'une maladie orpheline, il va payer, il va se couper des bras pour aller le soigner aux États-Unis. Donc, ils savent qu'ils peuvent mettre n'importe quel prix pour la vie. Eh bien, nous, on dit stop. C'est possible de lever les brevets sur ces vaccins, de pouvoir les produire largement, en nombre. Et donc, qu'attend le Président de la République pour faire cela ? Et je vais l'interpeller aujourd'hui pour lui demander la transparence totale et entière sur le prix des vaccins parce que ce n'est pas aux Français d'aller enrichir les Morgan Stanley et compagnie.

17:24
Présentateur

Restrictions de voyage levées progressivement début mai, dit Emmanuel Macron, y compris pour les Américains vaccinés. C'est une sorte de passeport, finalement, de certificat de vaccination. de passeport vaccinal. Bien sûr. On n'y échappera pas. On n'y échappera pas.

17:41
Fabien Roussel

Mais ça existe déjà. Aujourd'hui, il y a des vaccins à faire pour voyager en Afrique, en Asie, en Amérique. Ça vous choque ou pas ? Mais non, ça ne me choque pas. À partir du moment où la pénurie organisée n'existe plus et que tout le monde a accès aux vaccins. Parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que demain, on va le réserver aux hommes d'affaires pour qu'ils puissent voyager, mais que monsieur et madame qui souhaitent aller faire un petit séjour sur les côtes d'April-du-Nord en avion ne pourraient pas parce que... Ça ne vous choque pas, d'ailleurs.

18:09
Présentateur

Ça ne vous choque pas, d'ailleurs. Ça ne vous choque pas qu'on aille prendre l'avion. Ça ne vous choque pas qu'on aille prendre l'avion.

18:13
Fabien Roussel

Non, je souhaite préserver les rêves d'enfants, y compris ceux d'aller dans l'espace ou de voler. C'est les plus beaux des rêves. C'est ceux qui nous ont fait progresser et qui fait qu'il n'y a pas longtemps, on a fêté l'anniversaire de Gagard.

18:24
Présentateur

C'est d'ailleurs votre différence, Fabien Roussel, par rapport au reste de la gauche.

18:29
Fabien Roussel

C'est une des différences, mais nous en avons beaucoup des différences. Le nucléaire, vous défendez le nucléaire. Je défends surtout... Non, je défends le mix énergétique. 50% de nucléaire, 50% d'énergie renouvelable. Ce que je veux... Oui, mais 50% de nucléaire. Oui, mais je vais vous dire pourquoi. Parce qu'aujourd'hui, ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre, ce sont les énergies fossiles. Le pétrole, le gaz notamment. Il faut réussir à s'en passer. Il faut se passer des énergies fossiles. Nous le disons, nous. Mais pour s'en passer, il va bien avoir besoin dans notre pays d'une production d'énergie stable, pilotable, quand on en a besoin. Et pour ça, il nous faut...

Il n'y en a pas deux. Il n'y en a pas 15. Il y en a deux. Il y a l'hydraulique et le nucléaire. Les deux productions d'énergie

19:13
Présentateur

qui sont décarbonées. Donc vous êtes d'accord avec Xavier Bertrand lorsque dans votre région, les Hauts-de-France, même nationalement, puisqu'il est candidat à la présidentielle, il souhaite, Xavier Bertrand, la construction de ces nouveaux réacteurs nucléaires. Nouvelle génération.

19:27
Fabien Roussel

Je suis pour l'installation de nouveaux EPR avec le projet Astrid. Là-dessus, je ne sais pas si Xavier Bertrand s'est positionné, mais le projet Astrid que le président de la République a abandonné, ce sont des réacteurs nucléaires nouvelle génération qui recyclent les déchets, ce qui est un vrai sujet. Nous avons la possibilité d'avoir des centrales nucléaires qui vont recycler les déchets que l'on n'aura plus à enterrer. Donc on est en train de progresser dans ce domaine. Je serai d'ailleurs sur la centrale de Gravelines prochainement avec les énergéticiens pour les soutenir dans leur combat contre le projet Hercule du gouvernement. Parce que là aussi, il n'a rien dit, M. Bertrand.

Il n'a rien dit, mais le projet Hercule du gouvernement, c'est de privatiser les éoliennes, les énergies renouvelables, et puis de laisser les prix de l'électricité s'envoler. Nous sommes décidément contre le projet Hercule. Je serai avec les gars d'EDF à la centrale de Gravelines prochainement. Je suis pour un grand service public de l'électricité et avec de l'énergie nucléaire, hydraulique et renouvelable.

20:30
Présentateur

Merci Fabien Roussel d'être venu nous voir ce matin 8h54 sur RMC BFM TV.