Débat d'entre-deux-tours, scandale du périscolaire à Paris... Le "8h30 franceinfo" d'Emmanuel Grégoire
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Bonjour Emmanuel Grégoire, merci d'être avec nous sur France Info après une nuit qu'on imagine assez courte. Bonjour Paul, nous sommes à J-3 du second tour et la situation s'est corsée pour vous alors que vous avez dominé le premier tour avec quasiment 38% des voix. L'insoumise Softia Shikiru vous concurrence sur votre gauche quand le terrain s'est dégagé à droite pour Rachida Dati. On va y revenir mais vous avez débattu hier soir ou plutôt essayé de débattre avec vos deux concurrentes sur BFM TV, morceau choisi.
Qu'a fait M. Grégoire depuis 2015 ? Rien. L'autre vous dira que le problème des Parisiens c'est la droite alors même qu'ils votent les budgets du gouvernement Lecornu.
Emmanuel Grégoire vous étiez l'homme à abattre hier ?
Oui un petit peu mais c'est normal c'est la confrontation politique. C'est juste que ça aurait pu être un peu plus respectueux dans les temps de parole etc. Et un peu mieux maîtrisé comme exercice. Mais je le crois que c'était un exercice démocratique d'abord nécessaire. Et puis voilà je pense que le premier tour nous a donné beaucoup de force et donc on a des adversaires qui veulent nous combattre. C'est normal.
En termes de temps de parole vous avez à peu près tous parlé 39 minutes. Vous avez tenté d'installer un duel avec la candidate de droite mais vous étiez souvent effectivement comme le dirigeant, prix en tenaille entre Rachida Dati et Sofia Shikiru, 2h50 de débat, qui a gagné ?
Bon ça c'est aux téléspectateurs d'en juger. C'est pas à moi. Mon ressenti c'est que c'était un exercice exigeant et je m'y suis senti très à l'aise parce que j'aime bien débattre et j'aime bien écouter. Et puis je crois qu'il a été vu que je suis assez serein par rapport aux attaques venant d'un côté ou d'autre parce que c'est pas là l'essentiel. En revanche dire quelque chose, pourquoi j'ai voulu rappeler que ma seule adversaire c'est Rachida Dati ? C'est d'abord la spécificité du mode de scrutin. C'est important de bien l'entendre. Au deuxième tour c'est celui qui arrivera en tête, qui gagnera. Si j'arrive un tout petit peu derrière Rachida Dati, la gauche perdra Paris.
Et donc chaque voix va compter dimanche pour que la gauche puisse continuer à gouverner la ville de Paris. Je dis ça à ceux qui sont encore indécis. Le mode de scrutin est ainsi, avec la prime, c'est celui qui arrivera en tête qui gagnera. Et toute voix qui ne se portera pas sur la gauche rassemblée sera une voix indirecte pour madame Dati. Et donc j'appelle tout le monde à ne pas se disperser dimanche.
Il faut voter utile, il faut voter pour moi, pour voter utile, pour faire battre.
Il faut voter d'abord par conviction et ensuite il faut voter efficace. Dimanche, il faut nous donner le plus de force possible parce qu'une voix de retard sur madame Dati donnera la victoire totale à madame Dati. Et le seul enjeu de dimanche, c'est est-ce que les parisiens et les parisiens veulent que ce soit Rachida Dati ou Emmanuel Grégoire, le maire ? Et je sais qu'on est différents, je sais qu'il y a encore des indécis et c'est à eux que je veux m'adresser ce matin. Ils doivent entendre combien c'est important, cet enjeu. Il ne s'agit pas de savoir quels sont les rapports de force dans la majorité, quels sont les rapports de force au Conseil de Paris.
Il s'agit de décider qui de Rachida Dati ou de moi sera le maire. Et donc je le dis avec un peu de gravité, il faut dimanche nous donner le plus de force possible à la gauche unie et les écologistes à Paris.
Et vous n'auriez pas dû faire alliance avec Sofia Shikiru ?
Je n'en suis pas encore là. Ni avec Sofia Shikiru ? Non, vous le savez très bien, moi je pense que la politique c'est d'abord de la cohérence, de la constance. Et peut-être même une forme d'intégrité en la matière. Il faut dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit. Et je crois d'abord que c'est une condition pour moi nécessaire pour bien gouverner, pour avoir des bases solides, un programme cohérent, une majorité également cohérente. J'avais dit que je ne le ferais pas. Je crois qu'hier soir il a été vu que Sofia Shikiru ne voulait absolument pas nous aider et que son seul objectif c'était de nous faire perdre à Paris. Et je le sais pourquoi.
Son seul objectif c'est de faire perdre les socialistes et les écologistes.
Mais bien sûr, pourquoi ? Parce que c'est lié à des enjeux nationaux. Il est très clair que Jean-Luc Mélenchon veut la défaite des socialistes partout où c'est possible. Sofia Shikiru a commencé sa campagne en disant « Il ne faut plus qu'il y ait de maire socialiste à Paris ». Et d'ailleurs, Sébastien Delogu à Marseille s'est retiré. Alors qu'il avait fait plus de voix que Sofia Shikiru en pourcentage, lui. Il s'est retiré parce qu'il a considéré... D'accord, mais plus quand même. Il a considéré qu'on ne pouvait pas justifier moralement de faire perdre la gauche. Sofia Shikiru à Paris n'a pas fait ce choix.
Elle l'a fait uniquement pour nous faire perdre. Il y a quelque chose qu'on n'a pas très bien compris, et notamment hier soir, c'est est-ce que vous refusez l'alliance avec Sofia Shikiru pour une question de valeur, de principe, une opposition profonde à la France insoumise ? Ou est-ce que c'est parce qu'elle a été désagréable avec vous pendant cette campagne ?
Non, non, c'est plein de choses d'abord. Les questions personnelles ne sont pas indifférentes en politique, et quand vous voyez la campagne très dure qu'elle a menée contre moi, mon masochisme ne va pas jusqu'à accepter une main tendue, à part avoir été très violente pendant toute la campagne. Mais le sujet est un sujet d'abord de projet. Nous avons des points de convergence sur le projet avec Sofia Shikiru, qui est l'ambition pour le logement, la défense du pouvoir d'achat, des quartiers populaires. Mais il y a aussi évidemment des clivages. Et de la même façon que pendant toute la campagne, on m'a demandé est-ce que vous allez faire alliance avec LFI ?
Maintenant, on me demande pourquoi vous n'avez pas fait alliance avec LFI ? Je réponds la même chose. C'est que c'est un sujet de méthode, c'est un sujet de style, de respect des autres, du dialogue évidemment avec tout le monde, etc. Et c'est un sujet de valeur, je l'ai dit sur plusieurs aspects. Et je suis à cet égard le seul à être cohérent. Toute la campagne, Rachida Dati a dit, je ne m'allierai jamais avec Pierre-Yves Bournazel, je ne m'allierai jamais avec l'extrême droite. De facto, aujourd'hui, elle a couru au secours d'une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, dont il est, et c'est une décision digne de sa part, tellement peu fier qu'il s'en est retiré lui-même totalement.
Et ensuite, ils ont obtenu le retrait pour un soutien explicite de l'extrême droite. Rachida Dati ne pourra pas être élu maire dimanche sans le soutien explicite de l'extrême droite. Et donc, je considère, il est possible pour la première fois,
il est possible que la ville bascule à droite pour la première fois. Mais posez deux questions en même temps, là. Pardon, non, c'est lié, vous allez voir. À Lyon, Grégory Doucet, qui est maire sur Tint écologiste, a fait alliance avec LFI. Ce matin, sur France Info, il promet, les élus insoumis siègeront probablement dans l'opposition, mais ne feront pas partie de mon exécutif. Pourquoi vous n'avez pas fait la même chose ?
Mais parce qu'en politique, on fait ce qu'on dit. Et on dit ce qu'on fait. Ça n'existe pas, un accord technique. Plusieurs techniques, ça n'existe pas pour vous ? Non, ça n'existe pas. C'est des élus, la prime majoritaire. Ça existe à Lyon. Ça fait que ça se trouve, il n'aura pas de majorité sans LFI. Il n'en sait rien. Ça dépendra du score de dimanche. Et moi, je ne commande pas ce qui se passe ailleurs. Mais on a fait une large union dès le premier tour.
Vous êtes une allume de Raphaël Glucksmann et Emmanuel Grégoire ?
Elle nous a donné le plus haut score historique de gauche à Paris au premier tour. Beaucoup de force, beaucoup de force. Parce qu'elle est basée sur un programme, une vision partagée et une habitude de travailler ensemble. Parce que nous aimons travailler ensemble avec nos différences. Peut-être même parfois avec nos divergences. Mais sur l'essentiel, nous sommes d'accord. Sur le logement, sur la transition écologique, sur la protection des pouvoirs d'achat, sur la priorité aux quartiers populaires, sur l'attention aux plus vulnérables, sur la défense des classes moyennes, sur l'idée que Paris est à vous.
Que l'idée que cette ville, le miracle historique de Paris, c'est d'avoir su préserver sa mixité sociale, cet art de vivre si particulier qui est très lié à la façon dont elle est habitée par tous ceux qui la font fonctionner.
Et c'est cette identité-là que nous voulons défendre. Vous avez fait un très haut score au premier tour, mais vous avez un problème arithmétique au second tour, sans aucune provocation de ma part, juste pour comprendre votre ligne. Est-ce que vous préférez perdre et voir Paris basculer à droite plutôt que de gagner en vous alliant avec le parti de Jean-Luc Mélenchon ?
Je préfère gagner en étant cohérent. Et je vais vous dire, la politique, ce n'est pas de l'arithmétique, la politique, c'est de la dynamique. Il y a toujours, je le crois, et je l'espère d'une certaine manière, une force qui est donnée à ceux qui assument de la cohérence, de la constance, de l'intégrité, qui mettent les valeurs devant et qui les respectent, qui les respectent. Et la deuxième chose, je veux dire à ceux qui n'ont pas voté pour nous et pour moi particulièrement au premier tour, nous avons des différences.
Mais je crois qu'ils peuvent voir qu'en moi, il n'y aura qu'un seul maire de tous les Parisiens, de tous les quartiers, respectueux de ces oppositions, respectueux de la diversité sociologique, politique de Paris. Et je le crois qu'ils vont nous donner de la force dimanche parce qu'ils sont attachés à cela, à l'idée qu'ils doivent avoir un maire qui est intègre, qu'ils peuvent avoir un maire dont ils peuvent être fiers, qu'il soit constant, qu'il soit à l'écoute de l'ensemble de la population.
On vous entend, pardon, mais juste vous dites, vous l'avez redit tout à l'heure, vous dites que Rachida Dati est soutenue par l'extrême droite. Et hier d'ailleurs, vous lui avez reproché d'avoir eu des discussions d'arrière-cours avec Sarah Knafo, la candidate reconquête. À l'évidence. De quoi parlez-vous ? Parce que si on regarde la situation, c'est quand même Sarah Knafo qui s'est désistée.
Elle n'a pas noué d'alliance avec Rachida Dati. Il n'y a pas besoin de lire dans le mar de café pour comprendre ce qui s'est passé. D'abord, souligner une incongruité. C'est la première fois, historiquement, que l'extrême droite dépasse les 10% à Paris sur le scrutin central. Première fois. Et comme par hasard, la première fois où ils les dépassent et où ils avaient donc la possibilité de se maintenir, ils se retirent. Pourquoi ils se sont retirés ? Pour mettre en œuvre ce qu'ils appellent l'union des droites.
Mais Rachida Dati la refuse aussi.
C'est un pacte du diable. C'est un pacte... Non, non, elle n'a rien refusé du tout. Vous croyez que Sarah Knafo, elle s'est retirée pour rien ? C'est un pacte du diable. Le pacte du diable, c'est d'envoyer le signal que dans toutes circonstances, l'union des droites est plus importante que tout. Et le message, c'est je me retire à Paris pour laisser gagner la droite. Et vous vous retirez, vous nous soutiendrez dans la dynamique d'union des droites sur le plan national en 2027. C'est une suspicion, mais quelle preuve avez-vous de ce pacte du diable ? D'abord, c'est une analyse politique, d'accord ? Et elle est, je le crois, très partagée.
Beaucoup de vos confrères savent qu'il y a eu des échanges nourris. Emmanuel Macron est personnellement intervenu. Personnellement intervenu. Avec Pierre-Yves Bournazel, pas avec Sarah Knafo. Non, non, non, non, pas qu'avec Pierre-Yves Bournazel. Emmanuel Macron est personnellement intervenu. Qui soutient Rachida Dati. Qui soutient Rachida Dati. J'ai l'occasion de rappeler que Mme Dati est la candidate d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron est intervenu. C'est beaucoup de vos confrères qui nous l'ont relayé. pour faire en sorte que l'extrême droite se retire au profit de sa candidate. Imaginez la responsabilité morale immense qu'a le Président de la République.
Pour considérer que, vu l'actualité internationale, il est autre chose à faire.
Expliquez-nous auprès de qui il a intervenu. Vous dites qu'Emmanuel Macron est intervenu pour que Sarah Knafo, la candidate reconquête, se retire.
Emmanuel Macron est intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d'aider au retrait de Sarah Knafo. Mais quels sont ces niveaux ? Auprès d'intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu reconquête, etc. Et je veux le dire à quel point c'est une faute morale immense. On pourrait penser que dans la situation...
C'est grave si vous dites là que le Président s'est mêlé de la petite politique politicienne des alliances parisiennes.
Exactement. Je considère que dans un moment de vérité du pays, sur le plan international, sur le plan économique, que le Président de la République ait du temps à perdre à s'occuper de ce type de sujet, d'abord est un peu incongru au regard de la charge qui est la sienne, mais deuxièmement traduit une faute morale majeure, qui est en politique quelque chose d'assez central. Pourtant, excusez-moi, mais hier... En politique, quelque chose d'assez central, c'est que d'une certaine manière, tout est bon pour gagner. Tout est bon pour gagner, y compris les plus grandes forfaitures morales.
Pourtant, hier, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a mis en garde contre les arrangements des partis avec les extrêmes des deux bords qui demeurent dangereux pour la République. Vous, ce matin, sur France Info, M. Grégoire vous dit que le Président de la République est intervenu pour que Sarah Knafo se désiste au profit de...
Je dis clairement qu'Emmanuel Macron a désormais l'habitude de montrer son double discours entre les grands principes qu'il énonce et les petites manœuvres qu'il met en œuvre. Et vraiment, je le dis, Emmanuel Macron porte une responsabilité immense dans l'effondrement moral et politique du pays. Immense. Immense.
Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI au municipal à Paris. Paul, on parle d'un sujet qui a marqué cette campagne. C'est le sujet des scandales dans le périscolaire parisien.
Le dossier le plus sensible de ces municipales parisiennes. Rachida Dati, comme Sophia Shikiru, vous ont attaqué sur ce point tout au long du 2h50 de débat hier soir.
En 2015, les alertes ont eu lieu à ce moment-là. Il y a un système de prédateurs.
Monsieur Grégoire ne peut pas s'en tirer comme ça. J'ai essayé de défendre autant que possible les animateurs qui étaient des lanceurs d'alerte, de déposer des propositions de loi à ce que j'ai fait. Malheureusement, personne n'écoute, personne ne répond. Ce sujet, c'est votre boulet ?
Non. D'abord, je veux dire à nouveau, la gravité de la situation, pas qu'à Paris, sur le plan global de la prise en charge et de la protection de l'enfance. Et je vais vous le dire avec un peu de gravité également, je trouve assez indigne qu'il y ait une forme d'instrumentalisation de ce sujet par les adversaires. Alors, vous pourriez me dire que c'est la politique, mais la politique n'est pas toujours digne.
Vous pensez que c'est ce qu'elles font, l'instrumentalisation ? Parce qu'on parle quand même de faits qui sont graves et répétés.
D'accord, mais les faits les plus graves et les plus répétés que vous évoquez datent d'une période où je ne suis plus en responsabilité depuis déjà un an à la ville de Paris. Et j'ai moi-même dit que cette situation était inadmissible dans la rigueur de l'application des procédures, dans la conception même de ces procédures. et que j'allais tout remettre à plat. Oui, parce qu'elle vous accuse, Rachida Dati,
d'être au courant depuis 2015. Elle accuse la mairie de Paris de n'avoir rien fait, d'avoir mis en place un système. Qu'est-ce que vous répondez ? Est-ce que vous étiez au courant depuis des années et que vous avez laissé faire ?
Pardon, mais la formulation de la question renvoie à l'incongruité du propos de Mme Dati. Il n'y a pas de système. Il y a des failles.
Il y a des failles répétées quand même.
Il y a des failles, mais qui ne sont pas propres à Paris. Qui ne sont pas propres. C'est l'arbre qui cache la forêt. Qui sont aussi à Paris. Je sais, mais qui ne sont pas propres à Paris. Qui sont liés à tous les lieux qui accueillent des enfants. Moi, j'ai analysé un certain nombre de faits. Je ne suis pas en responsabilité à la mairie, mais j'essaie de me tenir informé. Dans lequel, il y a des manquements très lourds, mais pas que de la ville de Paris. Il y a aussi des sujets avec le délai d'instruction. Les parents, légitimement, disent qu'il y avait une affaire en 2019 qui n'est toujours pas jugée. L'agent a été suspendu, etc.
Mais au-delà de l'aspect politique, qu'est-ce que vous répondez aux parents qui se sentent méprisés ? Moi, d'abord, j'ai rencontré tous les parents qui m'ont demandé à me voir pour échanger sur la situation. Et je ne peux d'abord qu'avoir des mots de compassion et de compréhension face à leur colère et leur douleur. Je pense évidemment d'abord aux enfants, à leur famille, mais y compris à ceux qui ne sont pas directement touchés, mais qui vivent dans un espèce de doute insupportable sur le périmètre des violences, de qui sont les victimes, etc. dans un travail qui relève de la justice et de la police et pas des villes, c'est pas les communes qui s'occupent de cela.
J'ai analysé, avec les associations spécialisées sur ces sujets qui nous ont beaucoup interpellés, avec lesquelles j'ai beaucoup échangé, avec les professionnels du secteur du périscolaire, du scolaire aussi, parce que des problèmes, il y en a aussi sur le temps scolaire, pour mettre en place un plan dès que je serai élu maire de Paris, notamment à travers la mise en place d'une convention sur les temps de l'enfant, pour réfléchir à l'organisation de la semaine, parce que sans doute l'une des fragilités structurelles qui a été identifiée, c'est la fragmentation des temps qui fait qu'il y a des multiplications d'intervenants qui donc créent des risques dans un endroit où je le reconnais avec exigence, nous n'avons pas le droit au flottement, il y a en la matière une obligation de résultat.
J'en suis très conscient, très conscient, on a déjà fait beaucoup de choses, on va continuer à faire beaucoup de choses puisque je n'en ai pas la charge pour le moment et je veux dire à quel point je prendrai ce sujet personnellement à bras-le-corps pour faire en sorte que dès l'été et donc à la rentrée 2026 des mesures radicales aient pu être prises.
Vous comprenez que ce soit peut-être votre talon d'Achille tant et Sofia Chikirou et Rachid Adati ont appuyé dessus pendant toute cette campagne et tant année après année les faits ont continué et il ne s'est rien passé ?
Non, d'abord il ne s'est pas rien passé il ne s'est pas rien passé il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites elle évoque un rapport de l'inspection générale de 2015 il avait fait l'objet d'un plan d'action avec des mesures qui ont été prises et qui ont été suivies simplement sans doute un manque de rigueur dans l'application de certaines procédures incontestablement et deuxièmement dans un problème systémique de prévention du risque de pédocriminalité et de célérité des pouvoirs publics à le traiter et quand je dis des pouvoirs publics c'est les communes c'est l'éducation nationale c'est les services de police et ce sont les autorités judiciaires parce qu'à la fin il revient aux autorités judiciaires de traiter les cas particuliers
la sécurité priorité des français dans ces municipales a aussi donné lieu à des échanges très tendus hier soir on écoute Rachida Dati sur les mineurs isolés
nous avons des problèmes d'agression sexuelle dans les foyers de la protection des mineurs c'est une réalité à Paris vous allez finir votre phrase et après je vais vous dire pourquoi c'est scandaleux vous allez comprendre mettre à masse à des centaines de mineurs maltraités violés agressés sexuellement le petit éliote
on vous entend vous dites je vais vous expliquer après pourquoi c'est scandaleux vous n'avez pas pu expliquer finalement comme souvent hier soir
j'ai eu du mal à placer un mot entre les phrases et l'auguré de madame Dati ce qu'elle a dit est vraiment scandaleux parce qu'elle a sous-entendu deux choses une chose qui est fausse d'abord juridiquement et techniquement et ensuite un amalgame absolument honteux sa phrase complète c'était de dire la ville de Paris reconnaît la présomption de minorité et place des non mineurs dans des foyers de l'aide sociale à l'enfance et ils sont la cause de viol etc d'abord c'est faux la ville de Paris elle applique comme c'est le droit commun de tous les départements l'hébergement seulement à la reconnaissance de minorité quand à l'évaluation ou au moment d'une décision par un juge des enfants il est reconnu qu'un jeune est mineur c'est une obligation légale on les prend en charge elle a menti
Rachida Dati ?
elle a menti elle a menti je ne sais pas c'est toujours difficile avec Rachida Dati de savoir si elle ment ou si elle méconnait le sujet et parfois sans doute un peu des deux non la ville de Paris n'applique pas la présomption de minorité tout simplement parce que c'est pas la loi et je le sais d'autant plus que comme député je porte une loi que j'ai fait voter en première lecture en décembre pour reconnaître la présomption de minorité et la deuxième chose qu'elle dit qui est scandaleux c'est de faire l'amalgame sur l'immigration sur des jeunes majeurs sur des mineurs isolés avec des viols ce sont des enfants ce sont des enfants la loi impose si c'est des enfants puisque un mineur c'est un enfant selon la loi il y a des problèmes mais qui sont inhérents à tout milieu social à tout milieu social dans tous les cas dans les familles dans les foyers je ne dis pas les problèmes il y a des problèmes mais faire l'amalgame sur une analyse fausse et deuxièmement en tirer un argument encore une fois scandaleusement indigne sur le thème il y a des viols à cause de la gauche etc c'est une honte et c'est là que vraiment je veux illustrer la dérive trumpiste de Rachida Dati c'est faux et c'est grossier c'est faux
et c'est grossier Rachida Dati a fusionné avec Pierre-Yves Bournazel qui s'est retiré lui personnellement avec Agathe on a additionné toutes les voix de Pierre-Yves Bournazel 92 448 que disent vos experts de la carte électorale combien espérez-vous en récupérer parce que vous avez besoin de ces voix pour être la lumière de Paris ce n'est pas comme ça qu'on raisonne en politique non
moi ce que je veux dire aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel c'est que s'ils ont voté Pierre-Yves Bournazel au premier tour c'est qu'ils ne se reconnaissaient pas dans la candidature de Rachida Dati certains pour des raisons de probité parce qu'elle est renvoyée en correctionnel pour corruption en septembre et que son mandat si elle était élue ne serait pas un mandat de maire de Paris ce serait une chronique judiciaire elle serait entendue dans les jours suivants pour plein d'autres affaires qui sont en cours etc cet argument de la probité je le crois est essentiel dans l'électorat de Pierre-Yves Bournazel le deuxième c'est la brutalité du rapport à la politique je ne crois pas que les électeurs de Pierre-Yves Bournazel souhaitent ce style pour le maire de Paris voilà et donc je veux leur dire je veux leur dire que j'entends leur différence et je sais qu'ils attendent de notre part un certain nombre de signes sur le respect de la trajectoire et la rigueur en matière financière sur la question de la probité etc et que je les entends là-dessus et je crois qu'ils pourront retrouver en moi quelqu'un qui a des qualités qui peuvent être rejointes celles de Pierre-Yves Bournazel
vous avez lancé votre appel un mot très vite oui ou non avez-vous eu des nouvelles d'Anne Hidalgo est-ce qu'elle vous a soutenu dans cette dernière
elle m'a apporté son soutien à de nombreuses reprises et je m'en réjouis voilà Madame Anne Hidalgo elle est la maire de Paris j'ai adoré travailler avec elle pendant longtemps nous avons eu nos différents mais c'est au moins une qualité essentielle qu'elle a c'est qu'elle sait où est l'important et l'important c'est pas les relations interpersonnelles l'important c'est Paris c'est les habitants c'est ceux qui ont besoin de nous pour être protégés et donc je sais qu'elle est au rendez-vous et je lui en suis très reconnaissant
il va être 8h58 sur France Info lors de la question qu'il y a retrouvée sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui la question qui menace monsieur Grégoire vous avez dit à nouveau hier lors de ce long débat que Rachida Dati vous avez directement vous menacé donnez-nous l'exemple le plus
frappant
de ces menaces
elle a l'habitude elle a l'habitude de menacer d'envoyer des invectives d'envoyer des insultes à la volée elle a sorti du débat hier elle m'a dit Grégoire t'es vraiment un connard elle a dit t'es un connard oui oui oui et donc ça m'a ça m'a fait sourire parce que j'ai pris l'habitude de ne pas m'émouvoir de ces provocations mais c'est un style je ne crois pas qu'un maire de Paris devrait faire ça
vous dites qu'elle envoie des menaces des insultes elle le fait comment ? c'est-à-dire elle vous appelle elle vous envoie des messages
nous avons une longue relation avec Rachida Dati puisqu'elle est maire d'arrondissement j'ai été longtemps premier adjoint on se voyait régulièrement elle est habituée de relations difficiles exigeantes avec les autres et je le dis je ne crois pas qu'il faille ce type de caractère pour être maire de Paris être maire de Paris c'est avoir l'obsession de s'occuper des gens c'est l'hyper proximité c'est la disponibilité au dialogue c'est compris le respect de ses oppositions le respect de la diversité des parisais des paris j'entends honorer cette promesse merci beaucoup Emmanuel Grégoire d'avoir l'advocation de France Info
merci Paul
Emmanuel Grégoire