La 1ère télé de Valérie Pécresse | INA adn
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
La première fois que vous apparaissez à la télévision, c'est pour protester avec d'autres élèves de l'ENA. Vous occupez l'école pour refuser son transfert de Paris à Strasbourg. Nous sommes en 91, vous avez 24 ans. Ils s'y sentent tellement bien dans leur école parisienne de la rue de l'université qu'ils n'ont plus envie de la quitter, même la nuit.
Je ne pense pas qu'un jour j'aurai l'honneur de me coucher sur la mocaille de l'amphithéâtre Jean Moulin. Mais s'il s'agissait de démontrer à Mme Cresson que loin d'être coupé la réalité sociale de ce pays, nous pouvions avoir des préoccupations terre à terre.
Le grand public nous connaît mal, sinon il saurait qu'on n'est pas des polars en cravate et en western, mais qu'on ne nous reconnaît pas quand on nous croise dans la rue. Nous sommes des hommes et des femmes comme tout le monde, comme disait ma camarade. Les énarques ont un père et une mère, j'espère que tout le monde en est conscient. C'est tout ce que vous direz ce soir ? Oui, oui, je voudrais te dormir.
Combat perdu. Avec le recul, vous diriez mauvais combat ?
Notre combat, c'était pour dire que les énarques devaient être formés, non pas en province, mais au plus près des administrations centrales. Ce déménagement à Strasbourg, il était très symbolique. C'était l'idée d'aller mettre en province les béaux fonctionnaires. Aujourd'hui, les énarques va être une école de formation de toutes les administrations. Et aujourd'hui, ce campus à Strasbourg, il a trouvé son équilibre. Mais à l'époque, ça nous paraissait assez démagogique comme proposition.
Ça veut dire qu'il ne faut pas toujours écouter les jeunes ou qu'ils n'ont pas toujours raison ?
Ça veut dire que, en fait, c'était vraiment surtout du symbolique et que ça nous paraissait effectivement uniquement symbolique et pas très très efficace dans la pratique. D'ailleurs, pendant des années, les énarques ont eu des problèmes à faire venir leurs professeurs jusqu'à Strasbourg parce que les professeurs ne voulaient pas venir. Et maintenant, l'école a trouvé son équilibre et c'est tant mieux pour elle.
Valérie Pécresse