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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 29 juin 2020 42 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleÉconomie & entreprisesSanté

Un p'tit coup de bourbon | Faut-il régulariser les sans-papiers ? | François-Michel Lambert

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 53 %Attaque 35 %Défensif 11 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Faut-il régulariser les sans-papiers ?

  • 7:51OuverteRéponse directe

    Quelle a été la réponse d'Edouard Philippe à votre appel ?

  • 11:03FerméeRéponse directe

    On parle de combien de sans-papiers en France ?

  • 13:36OuverteRéponse directe

    Quelle forme prendrait cette régularisation ?

  • 17:19OuverteRéponse directe

    Les Français sont-ils favorables à l'immigration économique ?

  • 22:00RelanceRéponse directe

    Ne risquez-vous pas d'apporter de l'eau au moulin du RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:23InvitéChiffre
    « En Italie, 200 000 travailleurs. »
  • 4:58InvitéFait
    « La peur, elle, est liée. Je me retrouve donc enfermé où finalement le virus se propage plus facilement. »
  • 5:26InvitéFait
    « Beaucoup d'entre eux ont continué à travailler. Les emplois de vigiles, les emplois de coursiers, les emplois notamment pour ramasser les poubelles, parfois même les emplois dans le milieu médical. »
  • 11:10Invité politiqueChiffre
    « on estime, alors, des estimations un peu au doigt mouillé, mais qu'il y aurait entre 300 000 et 600 000 sans-papiers sur le territoire national. »
  • 12:26InvitéChiffre
    « Moi, je rappelle qu'on estime entre 100 000 et 200 000 travailleurs sans papier en France. »
  • 15:00InvitéFait
    « ils sont extrêmement, extrêmement faibles. Je dirais, heureusement, ça veut dire que la pression qu'on a connue il y a quelques années, avec la guerre notamment en Syrie et dans le Sahel, baisse, heureusement. »
  • 15:30InvitéChiffre
    « il faut sortir des fantasmes d'envahissement, je crois qu'on est à quelques dizaines de milliers, peut-être 25, 30 000 personnes qui rentrent de façon irrégulière en France par an. »
  • 22:21InvitéFait
    « La France sera le pays le plus peuplé en 2050. »
  • 23:07InvitéChiffre
    « en un quinquennat, c'est un million d'habitants de plus. »
  • 30:05InvitéPromesse
    « La régularisation inconditionnelle et provisoire dans l'attente de la fin de l'épidémie Covid-19. »
  • 35:46InvitéFait
    « le coût politique est trop important, trop risqué. »
  • 38:45Invité politiqueFait
    « En 2022, on sait tous que Marine Le Pen, sauf accident, sera au deuxième tour de l'élection présidentielle. »
  • 40:49InvitéFait
    « il a une chance notamment sur la régularisation des papiers. »

Temps de parole

  • Invité81 %
  • Invité politique19 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité politique

Le petit coup de Bourbon, l'entretien, par Serge Foubert. Faut-il régulariser les sans-papiers ? Avec François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, groupe Libertés et Territoires. François-Michel Lambert, vous êtes député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône. Vous avez commencé avec Brice Lalonde, votre carrière politique, donc vous étiez à Génération Écologie. On vous a vu dans le sillage au moment de la présidentielle de Jean-Luc Benamias, qui était candidat à la primaire. Et vous avez ensuite rallié Emmanuel Macron en 2017, puisque vous l'avez soutenu. On vous connaît au début comme député de La République En Marche. Député écologiste depuis 2012.

Oui, mais avec l'investiture de La République En Marche. En 2017. Vous faites partie de la majorité présidentielle. Alors avant, bien sûr, vous êtes député, c'est votre second mandat. Donc, vert, rallié à Emmanuel Macron, on peut dire ça ? Emmanuel Macron, teinté de Hulot, si je puis dire. Et il y a une rupture. Vous êtes un des premiers, d'ailleurs, à quitter le groupe parlementaire de La République En Marche. C'est la loi Asile-Immigration, en 2018. Vous déplorez une certaine frilosité, une certaine méfiance du pouvoir. Et donc, vous vous abstenez lors du vote. Ça vous est reproché, d'ailleurs. Et vous finissez par claquer la porte du groupe parlementaire.

Et vous participez à la création du groupe parlementaire Libertés et Territoires. Tout à fait. Mais aujourd'hui, je viens vous voir pour une question bien précise. C'est cet appel que vous avez lancé, qui est signé aujourd'hui par 125 parlementaires. Donc, des sénateurs, des députés, beaucoup à gauche, mais certains dans la majorité présidentielle et quelques-uns à droite. Et donc, cet appel, c'est pour régulariser les sans-papiers. Tout à fait.

Et alors, le texte fait référence aux différentes mesures qui ont pu être prises au Portugal, notamment, où il y a eu une régularisation temporaire des sans-papiers jusqu'au 30 juin, de manière à ce qu'ils aient accès aux soins et à toute l'infrastructure de l'État pendant la crise sanitaire. Il y a aussi en Italie, je crois. En Italie, 200 000 travailleurs. Donc, vous demandez au gouvernement, au président de la République, de s'aligner sur ce mouvement ?

2:32
Invité

Tout à fait. Mais à s'aligner par rapport à ce qu'est la France et pas reproduire les mêmes solutions techniques, si je puis dire, administratives, qu'il peut y avoir au Portugal, en Espagne ou en Italie. Chacun a son cadre, son histoire et ses particularismes. Donc, la France, ce n'est pas la première fois qu'elle régularise. Ça a été sous François Mitterrand, ça a été sous Lionel Jospin. Je pense que le moment est venu de le faire dans ce cadre précis de la pandémie, de la crise du Covid-19. Pourquoi régulariser les sans-papiers ? Pourquoi ne pas les régulariser, si j'étais un peu provoquant ? Tout d'abord, je reviens rapidement sur mon parcours.

Je me suis engagé en 1992 avec Brice Londe, Jean-Louis Borloo et Noël Mamère, le ministre de gauche, l'étoile montant de droite et la société civile à l'époque, Noël Mamère, parce qu'il était un moment nécessaire de dépasser des blocages qu'il y avait en France, notamment au niveau de l'écologie. Si j'avais à définir, j'ai un côté mamérien dans mon engagement écologiste. C'est oui, la planète, oui, les enjeux notamment de la faune et de la flore, les enjeux de pollution, mais c'est au service de l'homme et surtout au service d'une idée des relations que nous devons avoir entre humains. Et pour ce qui est de cette régularisation des sans-papiers, c'est ça. On est en pleine pandémie.

On lance ceci peut-être le 20 mars, ça fait à peine une semaine qu'on est en confinement. C'est l'affolement partout. On sait que le virus, lui, va se propager sans histoire d'origine, sans histoire de papier, sans histoire administrative. C'est l'homme qui porte. Et ça d'ailleurs nous renvoie à l'artificiel que nous avons créé, des territoires, de l'administratif, des séparations de ce qu'est l'humanité. Et là, c'était le moment, c'est toujours le moment, de retrouver cette force humaine, cette force de la solidarité humaine. Voilà l'essence première, c'est nous ne pouvons pas laisser des gens en dehors, en dehors de les aider dans cette pandémie, mais aussi de nous aider.

Puisque étant cachés, étant en inquiétude, en angoisse vis-à-vis du risque du virus, je ne veux pas sortir parce que j'ai peur d'être attrapé par les forces de l'ordre. Car mes papiers ne sont pas en règle et je me retrouverai dans un centre de rétention administrative, même si ça a été le contraire que s'est passé. La peur, elle, est liée. Je me retrouve donc enfermé où finalement le virus se propage plus facilement. Je ne rencontre pas des médecins. Donc, ça s'aggrave avec les risques de venir aux urgences, parce qu'à un moment donné, on va aux urgences alors que c'était des gens peut-être de bonne forme qui traitaient beaucoup plus tôt, ne seraient jamais allés à l'hôpital.

Mais aussi des risques de propagation. Beaucoup d'entre eux ont continué à travailler. Les emplois de vigiles, les emplois de coursiers, les emplois notamment pour ramasser les poubelles, parfois même les emplois dans le milieu médical. C'était des personnes qui n'étaient pas en régularité au sens administratif des papiers et donc qui venaient servir tout étant dans l'angoisse. Voilà l'approche assez précise de comment nous nous sommes engagés. J'ai été agréablement surpris, au bout d'un mois de mobilisation, d'avoir 125 députés et sénateurs qui soutiennent cette demande de régularisation. Après, sous quelle forme ? Pourquoi ? Comment on avance ? D'autres enjeux ont émergé.

On peut notamment parler, pendant cette période de confinement, que la question de l'intégration des personnes d'origine étrangère, au sens qu'ils ne sont pas sur notre sol, qu'ils ne sont pas nés sur notre sol, qu'ils ne connaissent pas la République. Le meilleur mécanisme d'intégration, ce sont les enfants à l'école. S'il y a bien une catégorie d'enfants qui est sortie des 2-3 mois d'absence d'école, ce sont les enfants justement de ces sans-papiers.

C'est-à-dire qu'on a coupé cette force qu'est l'intégration à travers les enfants qui vont à l'école, à travers les enfants qui apprennent très vite le français, qui comprennent très vite les attentes de notre République laïque, fraternelle, et qui ne font plus ce lien vers leurs parents. Donc, ça aussi, c'est un point qu'on a mis en exergue dans notre courrier. Et puis, il reste une dimension, qui est la dimension du besoin de travail. Au moment où l'idée Guillaume demande 200 à 300 000 personnes pour venir au champ ramasser des fraises et des asperges, ce ne sont pas les enseignants qui vont ramasser les fraises et des asperges, si vous voyez ce que je veux dire.

C'est bien des personnes en disponibilité, parfois des personnes qui sont prêtes à des métiers difficiles et qui souvent ont déjà cette expérience, soit ils ont été dans une autre vie, dans un autre continent, soit ils ont vécu dans un périmètre agricole, maraîcher, et donc la terre ne leur fait pas peur. Ce ne sont pas des gens hyper urbains qui vont répondre aux besoins de l'agriculture. Donc, voilà le cadre à peu près général de notre engagement, de ce que je voulais porter, de ce que je continue à porter.

7:51
Invité politique

Vous avez eu une réponse d'Edouard Philippe, puisque cet appel est un courrier adressé au Premier ministre. Alors, il vous répond qu'une mesure temporaire d'accès au séjour pour assurer l'accès aux soins des étrangers dans le contexte épidémique actuel n'est pas nécessaire. Donc, Edouard Philippe vous dit qu'il n'y a pas besoin de la régulariser.

8:13
Invité

Malheureusement, je crains que ce soit encore une réponse administrative. Je crains même que ce ne soit pas une réponse d'Edouard Philippe, mais de l'administration, ou dans cette période, il n'a peut-être pas pris le temps nécessaire, qui estime que l'AME, l'aide médicale d'État, peut se suffire en soi. On sait que statistiquement, une personne sur deux qui aurait le droit, une personne étrangère, et notamment les sans-papiers, ne la mobilise pas en temps normal.

Donc, en temps de très grand contrôle, où dès que vous mettiez le pied, le nez dans la rue, où vous aviez le risque d'être arrêté, on vous demandait vos papiers, vous imaginez bien que ces personnes n'allaient pas faire 500 mètres, au mieux, plusieurs kilomètres, pour aller se faire soigner, de risques non pas d'être soignés, mais du risque d'être arrêtés. Il se rajoute que depuis le 31 décembre 2019, ou le 1er janvier 2020, on a mis un délai de carence de trois mois. C'est-à-dire que vous devez justifier que vous êtes sur le territoire français depuis plus de trois mois pour avoir droit à l'AME. C'est-à-dire qu'on est encore compliqués administrativement.

Donc, il n'y a pas ces réponses, il n'y a pas non plus les réponses des moyens que nous devons engager, ciblés par population. Je ne reviendrai pas sur les grandes critiques que nous pourrions faire de la gestion de la crise, mais on a voulu faire l'idée que, où que ce soit, qui que ce soit, nous ayons la même réponse. Il fallait des réponses ciblées par rapport à des catégories de personnes et des catégories d'âge, y compris donc ces populations. Nous n'avons pas ces réponses. Voilà l'une des grosses critiques, une réponse administrative qui ne tient pas du tout compte de réalité. Donc, nous continuons, nous voulons le rappeler. Et puis, reste l'enjeu de main-d'œuvre.

La semaine dernière, nous auditionnions en commission développement durable Villiers-Guillaume, le ministre de l'Agriculture. Je vous laisse regarder sa vidéo quand je lui demande s'il est favorable à une régularisation des sans-papiers pour permettre d'avoir la main-d'œuvre nécessaire dans cette période de récolte de fruits et de légumes. Il dit, moi, je suis solidaire avec le gouvernement, même si j'ai un avis. Tout est dit. Ou il dit niette d'entrée, ou il n'a pas cette phrase qui laisse entendre que oui, notre agriculture a besoin de ses bras.

Et plutôt que d'aller chercher dans d'autres pays des travailleurs, pourquoi ne mobilisons-nous pas ceux qui sont sur notre sol à travers notamment une régularisation, ce qui simplifie beaucoup de choses pour tant l'agriculteur qui les reçoit que pour les personnes qui viendront travailler. Et à la fin, c'est nous qui gagnons, parce que c'est de l'agriculture française et c'est de la consommation française.

11:03
Invité politique

Pour que les choses soient claires, on parle de combien de personnes on estime, alors, des estimations un peu au doigt mouillé, mais qu'il y aurait entre 300 000 et 600 000 sans-papiers sur le territoire national. Est-ce que ce sont des chiffres qui vous semblent ?

11:19
Invité

Oui, les chiffres, c'est entre 300 000 et 600 000. Pourquoi une telle variante ? D'abord, par définition, ils ne sont pas connus un par un, donc on ne peut pas les compter à l'unité près. Et puis surtout, c'est 300 000 sur le continent européen, je dirais, en France métropolitaine. Et puis, très probablement, 300 000, notamment en Guyane et à Mayotte, dues aux questions de frontières que la Guyane peut avoir, notamment avec le Syrinam, avec le Brésil, Mayotte avec les Seychelles. Donc, voilà la réalité. Peut-être que, justement, cette régularisation permettrait de savoir où est-ce qu'on en est.

Est-ce qu'on est dans un fantasme de 600 000, voire plus, ou est-ce qu'on est dans une réalité de 300 000, dont une très grande partie est déjà plus ou moins intégrée, je dirais, socialement, notamment par les enfants, et dont on se découvrirait que, je pense que ce n'est pas le cas ici, mais que la personne que l'on croise, qui vient faire des travaux à l'Assemblée nationale, qu'on croyait en règle, finalement, elle ne l'était pas, et d'un seul coup, elle le devient. Moi, je rappelle qu'on estime entre 100 000 et 200 000 travailleurs sans papier en France. Donc, ça veut dire qu'ils sont intégrés, puisqu'ils sont travailleurs. 100 000 à 200 000.

Si on reporte à 300 000, 400 000, on voit qu'on est dans des proportions déjà notables de personnes qui sont intégrées, mais dont certains profitent pour ne pas payer ce qu'ils ont à payer, pour faire baisser la rémunération qui serait dévolue à tout travailleur de nationalité française qui se retrouve en concurrence avec ces employeurs qui jouent sur des sans-papiers pour faire baisser le salaire horaire, cette régularisation, ça serait aussi, à un moment donné, mettre chacun devant ses responsabilités, à commencer par les employeurs qui devraient payer au juste prix l'étranger, en régularité, du coup, puisqu'ils seraient régularisés, ou le français, et ne pas jouer sur un décalage.

Ça, c'est aussi un élément macroéconomique dont on ne peut pas parler, et je suis bien content d'en parler aujourd'hui.

13:33
Invité politique

Alors, sur la régularisation elle-même, qu'est-ce que vous entendez ? Un titre de séjour d'un an ? Un titre de séjour de cinq ans ? Un titre de séjour de dix ans ? Quelle forme cela peut prendre ? À quelle échéance ? Est-ce qu'on a beaucoup parlé, le président Macron, le gouvernement l'a évoqué à un moment donné, il y a toujours cette idée d'instaurer des quotas d'immigration, de régularisation ? Comment vous voyez les choses ? Pour répondre d'abord aux quotas,

14:04
Invité

les quotas, aujourd'hui, c'est un débat sur lequel je pense qu'on prend encore une fausse route, parce que dès qu'on rentre sur quotas... C'est le modèle américain ? Exactement, dès qu'on rentre sur quotas, on va rentrer après sur probablement la question ethnique, on a vu que la porte-parole du gouvernement était prête à mettre en place des statistiques, heureusement le reste du gouvernement a contré cette très mauvaise idée. Des quotas ne sont qu'une réflexion administrative bien loin de la réalité, venez avec moi, on va aller voir aussi où est-ce que des besoins de main-d'œuvre sont forts et où ces sans-papiers viennent renforcer par leur engagement, juste l'économie française.

Et puis, surtout, regardons les flux, aujourd'hui, de personnes qui viennent en France de façon irrégulière, ils sont extrêmement, extrêmement faibles. Je dirais, heureusement, ça veut dire que la pression qu'on a connue il y a quelques années, avec la guerre notamment en Syrie et dans le Sahel, baisse, heureusement, parce que ce sont toujours des drames humains avant tout, sur les territoires d'où ils partent, et ce sont des tensions très fortes sur les territoires sur lesquels ils arrivent.

Donc, il faut sortir des fantasmes d'envahissement, je crois qu'on est à quelques dizaines de milliers, peut-être 25, 30 000 personnes qui rentrent de façon irrégulière en France par an, à peine la taille d'une ville moyenne, dans un pays de 67 millions d'habitants. Il faut remettre les choses. Comment on ferait cette régularisation ? Moi, je suis pour le débat. Je ne maîtrise pas tous les outils, on peut les inventer. Je dirais que vous avez rappelé qu'un temps, j'ai soutenu Emmanuel Macron, parce qu'il était dans plusieurs dimensions.

La dimension de l'humanisme, on ne sifflait pas au meeting d'Emmanuel Macron, et il y avait une sorte d'humanité, donnons-nous la main, quelle que soit notre origine, quelle que soit nos pensées, quelle que soit notre approche, fraternisons. On en est beaucoup bien éloignés aujourd'hui. Deuxième axe sur lequel Emmanuel Macron avait porté sa campagne, c'est travaillons ensemble, collaborons, dépassons les clivages, gauche, droite, sachons être à la hauteur des défis français, ne montons pas les uns contre les autres. Je pense que c'est plutôt un échec, trois ans plus tard, c'est pour ça que j'ai vite quitté.

Troisième axe, imaginons, il appelait ça la start-up nation, et créons des réponses nouvelles à des questions anciennes. La question ancienne, c'est la place des sans-papiers, de la régularisation. Est-ce qu'on utilise les outils d'aujourd'hui ? Est-ce qu'on trouve d'autres outils administratifs pour répondre à cela ? C'est d'abord un choix politique. Ensuite, si on est dans la coopération, si on est vraiment dans une idée de donner la main aux autres, de tendre la main aux autres, nous trouverons la réponse, soit avec ce qui existe déjà, soit en apportant d'autres réponses. Il faut d'abord la volonté politique, et elle n'y est pas.

17:19
Invité politique

Les enquêtes d'opinion montrent que les Français sont plutôt assez circonspects sur ces affaires d'immigration. C'est-à-dire, en gros, le rapport, c'est plutôt deux tiers, un tiers. Deux tiers des Français sont plutôt hostiles à la poursuite de l'immigration économique. Un tiers y est plutôt favorable. Et concernant les réfugiés politiques, ça s'inverse complètement. C'est-à-dire que les deux tiers des Français disent, bien sûr, la France, c'est le pays des droits de l'homme et de l'asile pour tous ceux qui sont poursuivis. Donc là, ils sont d'accord pour qu'on accueille des étrangers au titre du droit d'asile. Mais l'immigration économique passe mal.

Donc vous n'avez pas le sentiment d'aller à rebours de l'opinion parce qu'il faut aussi convaincre. Effectivement, il faut convaincre l'opinion. Moi, je suis tout à fait d'accord

18:08
Invité

qu'il ne faut pas aller en forçant. Mais à un moment donné, il faut aussi être face à des réalités. Et moi, je rétorque aux Français qui sont en critique. Nous avons à minima sur la France métropolitaine 300 000 personnes en situation irrégulière. Quelle réponse ? On les laisse dans un entre-deux. Tout le monde y perd. Tout le monde y perd. On y perd, j'ai expliqué économiquement, puisque leur présence permet à des employeurs peu scrupuleux de faire baisser la rémunération d'un travail. Ils profitent de disposer de main-d'œuvre qui est prête à accepter moins cher. On y perd dans le cadre de crise et d'épidémie. On y perd dans le cadre de l'intégration.

C'est-à-dire que l'intégration, il y a juste un fil parfois atténu. Il y en a deux en général. C'est celui du travail et celui des enfants. Il n'y a pas un creuset dans lequel on se met en place. On y perd de façon spatiale, sociologiquement. C'est-à-dire que, par essence, ces personnes qui sont dans les régularités vont se protéger au sein même de leur communauté. Donc, on crée des espaces de déséquilibre territorial et on a beau le critiquer, on ne se pose pas la question de comment on arrive à ces déséquilibres d'espaces territoriales en France.

Et enfin, on se retrouve, paradoxalement, avec une activité économique moins puissante puisque nous manquons de travailler dans certains types d'activités. Je vais vous dire une chose. Moi, un des livres qui m'a marqué à 16 ans, vous savez, on a tous nos lectures à ces âges-là, c'est l'hérital de Cavana. Si certains ne l'ont pas lu ou ont un peu oublié, relisez. Relisez. S'il n'y avait pas eu le père de Cavana, notamment, qui curait les égouts, qui curait les égouts dans Paris ? Qui faisait les saluels ? Qui était pourchassé par les Français en place ?

Si vous allez dans un autre territoire, notamment dans le sud-ouest, en Gascogne, ce sont les Italiens qui sont venus faire en sorte que la production agricole puisse perdurer après le massacre de la Première Guerre mondiale. Mais ils ont été pourchassés. À Egmort, il y avait un bar interdit aux chiens et aux Italiens. Pourtant, c'était eux, les sauniers, qui ramassaient le sel, dans des conditions terribles. C'était mon premier job. Moi, j'étais dans les meilleures conditions, heureusement.

Donc, à un moment donné, où on est dans des fantasmes et des politiques continuent à alimenter le brasier, où on commence à expliquer, on revient sur notre histoire, on montre notre force, on dit que ça ne sera pas simple, que parfois, le doute nous envahira, mais que c'est le seul chemin par rapport à une réalité de 300 000 personnes qui sont présentes, un besoin de travail, un besoin de renforcer la France, et une nécessité qui est l'intégration.

21:36
Invité politique

L'Allemagne, un million de personnes. Il y a un mouvement politique qui dit exactement le contraire, le Rassemblement national, et qui brandit à tout bout de champ le spectre fantasmé d'une immigration qui va remplacer la population française avec tous les délires qui sont derrière. Mais cette question travaille l'opinion, incontestablement. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment que vous risquez indirectement, involontairement, d'apporter de l'eau au moulin du Rassemblement national ? Non, je ne suis pas moi qui va apporter de l'eau au moulin du Rassemblement national. Non, c'est une question que je vous pose.

22:12
Invité

C'est toute cette classe politique, là je suis très dur, qui ne raconte pas aux Français des réalités qui sont celles que nous vivons, et une chance pour notre pays. La France sera le pays le plus peuplé en 2050. Pourquoi ? Non pas par l'entrée, je vous ai dit 25, 30, peut-être 50 000 personnes par an qui rentrent sur notre territoire de façon irrégulière. Ce n'est pas ça qui va nous faire dépasser l'Allemagne et devenir le pays le plus peuplé d'Europe.

C'est notre démographie naturelle, qui est une démographie non pas non plus de grands remplacements, comme certains veulent le faire croire, mais une démographie tout simplement de femmes françaises dans toute la diversité que nous sommes et qui est bien heureuse de fonder une famille, de la renforcer, avec un homme évidemment souvent, mais c'est quand même la femme qui porte l'enfant. C'est aussi le fait qu'on est dans un pays où on soigne mieux et donc on a un décalage de 150 000 à 200 000 personnes en plus chaque année du fait entre la naissance et les décès. Ça fait qu'en un quinquennat, c'est un million d'habitants de plus.

Vous savez, personne ne pose la question, je suis le seul et j'attends toujours la réponse à l'avoir posée au prédécesseur de Jacqueline Gourault. Comment on prépare une France qui prend un million d'habitants chaque année ? C'est plus que la ville de Marseille. Pas de réponse. Donc, cette histoire de Grand Remplacement, elle ne concerne absolument pas la France, elle concerne peut-être d'autres territoires dans d'autres continents, mais la France a une dynamique et tant mieux, extrêmement positive et tant mieux, sur laquelle nous devons nous appuyer. Elle est aussi une histoire mosaïque, un patchwork, arlequin. Comment nous continuons à créer cette histoire ?

Comment nous continuons à avancer ? La France n'est pas que le microcosme, j'allais dire hexagonal, c'est 3 millions de personnes hors Europe qui sont des Français et qui se sentent totalement Français et qui sont eux aussi issus d'immigration. Parfois, c'était l'immigration forcée puisque descendant d'esclaves ou parfois, c'était l'immigration du continent en proximité. Donc, on ne sait pas raconter l'histoire aux Français. donc forcément, il y en a un qui a un discours simple, le RN, le Front National, qui peut derrière insinuer, insérer l'inquiétude, l'angoisse auprès des Français. Moi, je pense que nous avons vraiment à tout changer de ne pas avoir peur du Front National.

Il fera toujours son discours. Il ne m'intéresse même plus. Il ne m'a jamais intéressé, mais alors, je crois que nous ne devons même plus en parler et raconter ce qui est, ce qui est, ce qui est une vérité 30 ans que je suis de la politique, 30 ans qu'on me raconte les mêmes histoires et il n'y a toujours pas de grands remplacements. Bien au contraire, la France sera le pays le plus peuplé de l'Union européenne en 2050. C'est le pays qui a une croissance démographique grâce aux femmes françaises et non pas par un fantasme de frontières où franchissent des centaines de milliers de personnes. Ça n'existe pas.

Ce ne sont que des images de télé, que des propagandes fuyant tout cela et affirmant ce que nous voulons faire.

25:21
Invité politique

Alors, il y a la phrase de Rocard qu'on répète régulièrement en oubliant d'ailleurs la moitié. On ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais la France doit en prendre sa part. Est-ce qu'elle est toujours d'actualité ? Est-ce que ces régularisations seraient justement le moyen de prendre, pour la France, de prendre sa part dans cet accueil de toute la misère ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

25:48
Invité

La phrase de Michel Rocard est très intéressante. Je l'aurais construite différemment mais dans un discours ce n'est jamais simple. Nous devons prendre notre part par rapport à la place et le rôle de la France dans une humanité mais nous ne pouvons pas prendre toute la misère du monde. Donc, engageons-nous. Nous devons prendre notre part. Elle est là. Ce sont ces 300 000 à 600 000 personnes à régulariser, à intégrer. c'est cet engagement que nous devons avoir. Il y a aussi, ce n'est pas le sujet du jour, mais quelle est notre politique étrangère ?

La France, elle prend plus que sa part dans le combat contre le terrorisme et la déstabilisation du territoire entier, notamment du côté du Mali, dans le sud-Sahel. Mais la France doit aussi, ici, non pas prendre une part, elle y est, elle doit faire en sorte que ça se passe au mieux et elle ne le fait pas aujourd'hui.

26:49
Invité politique

Il y a aussi la question de l'appel d'air, c'est-à-dire que depuis François Mitterrand, il y a des régularisations de masse successives.

27:00
Invité

Il y a eu une régularisation sous François Mitterrand au milieu des années 80, 15 ans plus tard, 12-15 ans plus tard, sous Jospin, dans des périodes où il y avait des pressions plus fortes. Et là, je crois que c'était en 99 sous Jospin si j'ai bonne mémoire, donc 20 ans plus tard, une autre. On pourrait dire qu'on a remis le compteur à zéro il y a 20 ans, on se retrouve, et je prends le chiffre de 600 000, je vais y arriver, ça nous ferait, sur 20 ans, une entrée de 30 000 irrégulés par an d'une ville moyenne française dans un pays de 67 millions d'habitants. c'est la moitié, même, je dirais, presque le tiers du stade de France, c'est un non-sujet. C'est un non-sujet.

Alors, c'est un sujet pour ceux qui en souffrent parce que justement, ces personnes rentrent, ils ne viennent pas dans le 16e à Paris, ils viennent en Seine-Saint-Denis, ils ne viennent pas au quartier du Roucas-Blanc à Marseille, ils viennent à Benzins, ils viennent dans les quartiers les plus pauvres d'Europe se réfugier, se cacher. Comment on fait ? Comment on traite ? Mais moi, je vous le dis, si on régularise aujourd'hui, la prochaine, c'est en 2040. C'est-à-dire, ça ne concernera quasiment aucun des politiques aujourd'hui d'en reparler dans 20 ans. Et l'appel d'air, il n'y a pas d'appel d'air.

Vous croyez qu'ils sont tous en train de regarder juste notre nombril à nous, ce qui se passe en France ? Non, je ne crois rien. Je vous restitue des arguments pendant longtemps. En France, ils régularisent. fonçons, prenons un hors-bord, traversons la Méditerranée et on va être régularisés. Non, non, les pays qui attirent le plus de l'Occident, parce qu'il faut regarder vraiment les pays qui subissent des déplacements de population ne sont pas en Occident. C'est le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis. Peut-être parce que la France est peut-être le pays des lumières, mais pas le pays de l'économie florissante. c'est l'imaginaire mondial qui doit exister.

On vient plutôt à Paris pour aller aux boutiques Vuitton sur les Champs-Elysées quand on est dans un autre pays que pour venir faire pizzaïolo à Londres,

29:20
Invité politique

à Berlin ou à New York. 125 parlementaires ont signé cet appel. il ne se passe rien. Quelle est la prochaine étape ?

29:29
Invité

Nous avons préparé une proposition de résolution qui est déjà signée par une dizaine, une quinzaine de députés. C'est un peu plus qu'un courrier. Là, il faut, j'espère avoir beaucoup plus de députés qui vont le signer pour demander une proposition de résolution. C'est donc un acte législatif qui demande au gouvernement d'agir sur un thème particulier. Nous, c'est sur la régularisation. L'article est très simple. La proposition de régularisation, c'est un seul article. L'Assemblée nationale invite le gouvernement à engager dans les plus brefs délais la régularisation inconditionnelle et provisoire dans l'attente de la fin de l'épidémie Covid-19.

Nous devons la mettre à jour de toutes les personnes en situation irrégulière sur l'ensemble du territoire. Il n'est plus question de l'épidémie, quoiqu'on parle qu'elle reparte. Il est question de la régularisation. Et puis, il y a aussi un courrier à Emmanuel Macron que je vais co-signer avec mon collègue Bertrand Poncher où nous essaierons de remettre de l'humanité, de réexpliquer ce qui se passe. Ce sont des milliers et des milliers de messages que nous avons reçus, notamment beaucoup de personnes qui travaillent ou des parents qui ne peuvent plus mettre leurs enfants à l'école, qui sont dans l'angoisse.

Les enfants sont là, ils ne peuvent pas partir, mais ils n'ont pas de papier, ils sont dans une situation inextricable. Et enfin, pour incarner ceci, nous allons, moi je participerai, c'est à l'appel d'association, aux manifestations de ce samedi 20 juin pour demander une régularisation. On verra combien de personnes apparaîtront, combien ils sont là, combien ils sont exprimés, combien ils se disent, leur envie d'être au service de la France et ne pas chercher autre chose que travailler, s'intégrer.

Et à terme, si ce n'est pas eux qui deviennent français, leurs enfants seront des Français, des Français qui seront amoureux de nos propres enfants dans les cours d'école ou plus tard en université. C'est comme ça que ça se passe la vraie vie. Et on ne le raconte jamais, je me permets. C'est comme ça que ça se passe la vraie vie. Les enfants, nous à Gardanne, on a accueilli 60 personnes, 12 familles roms, seule ville du Sud à l'avoir fait à l'hiver 2012. Et le maire de Gardanne, Roger May, que je salue, avait une exigence, de respecter les règles de la République et la loi et mettre les enfants à l'école.

Eh bien, à l'école, vous aviez la petite fille Rome qui était amoureuse en primaire d'un garçon issu de trois générations gardanaise et ils ne se posaient pas la question de leur papier, de leur situation. C'était ses amourettes de cours d'école, mais c'est ça la vraie vie. C'est ça la vraie vie. Et je suis sûr qu'aujourd'hui, il est devenu adulte, probablement que la fille Rome elle est avec un autre jeune homme qui lui a peut-être un nom comme le mien, très français, très européen et qu'ils sont très heureux. C'est ça la vraie vie, c'est ça la France, on ne le raconte jamais.

32:47
Invité politique

Alors vous dites trouver le cœur d'Emmanuel Macron, mais ça a l'air difficile parce que, donc il y a votre appel donc 125 parlementaires, le 21 avril, il y a eu une tribune de plusieurs personnalités des syndicalistes, et pas des moindres. Le 30 avril, il y a un troisième appel de 317 associations et collectifs qui, eux aussi, demandent la régularisation des sans-papiers. Donc il y a incontestablement une mobilisation de responsables, associatifs, d'élus, de collectifs divers, et rien ne se passe. C'est-à-dire qu'on a l'impression que c'est un peu le combat du pot de terre contre le pot de fer, là.

33:27
Invité

Non, mais c'est le mauvais côté en même temps d'Emmanuel Macron. Parce que ça se passe. Je discute, par respect, je n'en aurai pas le nom du ministre. Je dis, on est tout à fait d'accord avec toi. Il n'y a pas d'autre solution que les intégrer, et notamment par une régularisation. Mais on va le faire.

33:43
Invité politique

Vous nous dites qu'au sein du gouvernement, il y a des gens qui partagent ce point de vue.

33:47
Invité

Déjà, je vous ai dit que Didier Guillaume, dans sa réponse, il y a une vidéo, chacun sentira qu'il ne doit pas être très très loin de cette idée qu'il faut régulariser, ne serait-ce que lui, il défend la mission qu'il a de ministre de l'Agriculture, mais il vient aussi d'une gauche sociale, démocrate, et je pense que c'est ses propres valeurs. Mais d'autres ministres en responsabilité ont aussi l'idée qu'il faut régulariser, et notamment avec une approche incroyable. c'est-à-dire sans que ça se voit. On va le faire par bloc de 10, 40 000 sur des critères. Je ne sais quels critères.

Et à la fin, au bout d'un certain temps, on aura régularisé une grande partie de ceux qui sont sur le territoire. C'est le mauvais côté du en même temps. C'est l'incapacité de s'affirmer. C'est l'antithèse du Macron que j'ai connu, qui avait le courage de dire des choses, parfois de façon maladroite. mais qui au moins mettait la France, faisait un bon en avant.

34:55
Invité politique

Attendez, pour voir si j'ai bien compris. Vous nous dites que le gouvernement est plutôt d'accord avec la régularisation, mais que comme le coût électoral serait élevé, on va le faire, mais discrètement, par petits paquets, de manière homéopathique, si je puis dire, de façon à ce qu'à l'arrivée, on ait régularisé tout le monde sans que personne s'en soit vraiment rendu compte. C'est ça ?

35:24
Invité

À peu près. Avec des critères qui, un mois, ce sera peut-être un critère d'avoir les enfants à l'école, le mois d'après, d'avoir un contrat de travail, je ne sais trop. Pourquoi ? Parce que, vous l'avez dit, ils ont peur du coût politique. C'est exactement l'argument avancé par le membre du gouvernement. Il dit, le coût politique est trop important, trop risqué. Moi, je pense que c'est l'inverse. L'électeur, le français, si d'ailleurs, si on a des taux d'abstention extrêmement élevés, y compris sur des élections de dimension nationale, c'est peut-être parce que on n'affirme pas suffisamment les choses, parce qu'on ne crée pas une vision et je pense même une espérance.

Parce que là, je vais revenir sur le mot espérance. Les français se désespèrent. Ce sujet, il est tout le temps sur la table. Est-ce qu'on les renvoie ? Comment on renvoie 300 000 ? C'est impossible à faire. Je rappelle que les plus gros navires de croisière, c'est 3 000 personnes. Donc, ça ferait 1 000 navires pour renvoyer et où d'ailleurs. Donc, ça n'existe pas. Mais, ils sont dans des situations difficiles, ils ne s'intègrent pas, ils sont cantonnés, ça crée des explosions, des systèmes mafieux s'installent là-dessus. Les français se désespèrent d'une situation. Se désespèrent d'une situation.

À un moment donné, quand vous dites avec fierté, que vous affirmez, que vous avez eu le courage de le dire, je pense que vous pouvez retourner l'opinion. Vous pouvez retourner l'opinion. Alors que là, à un moment donné, forcément, ceux qui ne souhaitent qu'attiser les braises repéreront cette régularisation de 23 200 personnes sur un critère X en disant « Voyez bien, ils nous cachent tout. » Ah ben non, pas du tout, vous comprenez. Et on reste toujours dans un entre-deux et l'entre-deux, c'est ce qui désespère les gens en particulier et les français plus précisément. La République en marche, Emmanuel Macron, ne fait pas de politique.

Ils en ont fait le temps de la campagne où ils ont donné un espoir, une vision de ce que serait la France s'ils gagnaient. Mais aujourd'hui, ils ne racontent plus un récit national. D'ailleurs, ça fait un moment qu'on ne raconte plus vraiment un récit national. Et c'est ça, le problème. Nous devons être en capacité d'avoir cette possibilité de donner aux français le monde, la société dans laquelle ils vont. et après, d'accepter que certains ne le veulent pas. Mais vous verrez que beaucoup se raccrocheront au récit national. D'ailleurs, c'est un peu le fantasme que crée le Front National, le récit qu'il donne.

On ferme les frontières, on enlève tout ce qui ne va pas et tout ira très bien, Madame la Marquise. C'est une forme de récit national qui n'existe pas en réalité, mais c'est les seuls ou presque avec les écologistes qui racontent un horizon. On le raconte mal, nous les écologistes, on ne sait pas le raconter. Eh bien, il faut revenir sur les sans-papiers. Il y a un récit national qui peut d'ailleurs se puiser, comme je l'ai dit, aux années 30 et notamment avec les Italiens, les Rital.

38:43
Invité politique

Dernière question. En 2022, on sait tous que Marine Le Pen, sauf accident, sera au deuxième tour de l'élection présidentielle. Donc, cette question de l'immigration, elle va la mettre au centre du débat présidentiel. Comment il faut l'aborder ? Qu'est-ce qu'il faut dire ? Vous nous avez donné un certain nombre d'éléments, mais on sait qu'à ce moment-là, il y aura une hystérisation de cette question.

39:10
Invité

C'est ce qu'on est en train de préparer puisqu'on ne traite pas le problème. Forcément, ça va hystériser. C'est pas plus compliqué que ça. Vous laissez le sujet en suspens, vous laissez la casserole de lait avec le feu dessous. Forcément, là, on voit quelques petites bulles. Mais en 2022, ça va être des gros bouillons et elle va déborder cette casserole. Donc, il y a plusieurs possibilités. On baisse le feu, on prend le lait, on part sur autre chose, on arrête. C'est ça qu'il faut faire aujourd'hui parce que sinon, le sujet va être hystérisé, va être au centre de la campagne et on va tous y perdre. Tous y perdre.

Même si, je le souhaite, la victoire sera pour une candidate, d'abord, moi, je souhaiterais qu'il soit une femme ou un candidat progressiste face à Marine Le Pen. Mais on va tous y perdre parce que ça bouillonne et c'est bien à ceux qui sont en responsabilité, je me tourne de nouveau vers Emmanuel Macron à qui nous allons adresser ce courrier, que soit il laisse continuer à bouillonner et c'est une prise de risque extraordinaire parce que le lait, ça déborde d'un coup. Tout le monde voit cette image, ça peut déborder d'un coup et on ne le contrôle plus. Soit, il apporte une vraie réponse en courage. Voilà, vous lui dites soit courageux.

Il faut, et je pense que il a une chance extraordinaire à titre personnel, c'est de rentrer dans l'histoire. Pour l'instant, il n'arrive pas à rentrer dans l'histoire. Franchement, je ne sais pas où est-ce qu'il est rentré dans l'histoire à part être le plus jeune président de la République française. il a une chance notamment sur la régularisation des papiers. On pourrait parler aussi de la transformation écologique mais restons sur le sujet.

Enfin, que la France retrouve son dernier mot de la devise liberté, égalité, fraternité, qu'on retrouve la fraternité, qu'on explique ce que c'est que la fraternité, qu'on l'affirme, qu'on revienne à ce que nos anciens, il y a plus de deux siècles, ont porté et qu'on aille de l'avant. Là, il rentrera dans l'histoire. Pour le reste, il sera vu comme un très bon gestionnaire ou moins bon, chacun le verra, mais pas pour quelqu'un qui aura fait l'histoire de la France.

41:29
Invité politique

Eh bien, merci. Merci à vous.

41:32
Présentateur

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41:46
Locuteur

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