Myrnohrad encerclée. Pourquoi ne pas évacuer Pokrovsk et Myrnohrad?
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La bataille pourrov dure déjà depuis un an et demi. En gros depuis la percé russe à Ocheretiné qui a amené les troupes d'invasion aux portes de la ville et aujourd'hui en décembre 2025 elle n'est toujours pas terminée. Mais si elle continue à durer, ce n'est plus pour une raison stratégique ou tactique.
C'est bel et bien à cause de l'entêtement du haut commandement ukrainien qui repousse une évacuation de ces troupes pour des bénéfices qui semblent de plus en plus abstraits. Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on constate comme beaucoup d'autres observateurs aujourd'hui, l'encerclement de la ville de Mirnograde.
La ville de Pokrovsk, elle elle est tombée à 90 % il y a déjà plusieurs semaines. Les Ukrainiens n'assurent plus qu'une présence dans les faubourgs nord de la ville pour tenir un corridor terrestre qui doit relier donc Mirnograde Pokrovsk au reste du territoire contrôlé par l'Ukraine. Mais là, tel qu'on le voit sur la carte, ce corridor n'existe plus ou en tout cas, il n'est plus du tout sécurisé.
Et ce qui fait que la 79e brigade motorisée qui tient Mynograde n'est plus ravitaillée que par des drones. Donc que ce soit des drones volant ou roulant ou par des opérations de ravitaillement extrêmement risquées au sol. Même si on voit depuis déjà plusieurs semaines la direction que tout cela prend.
Le sort de mi-renograde même a été scellé ces derniers jours avec l'évacuation de la zone au sud de cette ville fortifiée. Donc j'utilise ici une capture d'écran de la chaîne YouTube Les conflits en carte. Cet espace, il a très longtemps été dans la zone grise mais il a été délibérément évacué par les Ukrainiens ces derniers jours.
Une évacuation douloureuse hein sous le feu des Russes qui sont déjà bien implantés à Pokrovsk et une évacuation qui n'a pas toujours été faite en accord ou en coordination avec le haut commandement. Ce sont vraiment les commandants sur le terrain qui ont pris la décision de se replier. Et donc au vu de ces évolutions, la question qui se pose de manière encore plus critique aujourd'hui que ces derniers jours, c'est de savoir quand l'évacuation sera donnée pour Mirdograde et pourquoi est-ce que ça n'a pas encore été fait.
Puisque on le voit sur la carte et on le sait de par les rapports sur l'état des forces sur place. Il n'y a aucun intérêt pour les Ukrainiens à rester sur place et à retarder une issue que l'on sait certaine. Et en fait, on ne comprend tout simplement pas ce que recherche le haut commandement ukrainien.
On sait donc par les rapports sur place que les affrontements sont extrêmement brutaux et les deux camps accusent énormément de pertes humaines et matérielles. Mais on sait aussi que l'Ukraine a plus intérêt à préserver ses ressources car elles sont plus limitées que les Russes. Pour éclairer cette situation, je voudrais parler avec vous d'un long article que j'ai lu récemment.
C'est de l'expert militaire Fran Stephan Cady sur l'excellent blog War on the Rocks. C'est en anglais mais il n'empêche que c'est extrêmement instructif. Enfin, je le recommande, je mets le lien dans la description de cette vidéo parce que donc dans cet article, l'auteur revient exactement sur ce cas de figure.
À quoi sert le siège d'une ville et quand et comment il faut l'évacuer. Le titre de l'article, c'est quand la défense devient la destruction, ce qui est extrêmement parlant. Donc là, l'auteur prend l'exemple de la ville de Pemichel, donc à prononcer comme ça se prononce.
C'est une ville polonaise qui est dans l'extrême sud-est du pays. C'est aussi pour ceux qui voyagent en Ukraine une des portes d'entrée vers l'Ukraine puisque c'est seulement à 80 km de Levif. Donc peut-être que vous êtes passé par sa gare ferroviaire ou routière.
Et il y a 110 ans 111 ans de cela, Phe Michel était une ville fortifiée qui tenait les passages à travers les montagnes des Carpates. Et c'est ce qui a justifié que en octobre 1914, l'armée austro-hongroise tienne la ville face aux troupes russes afin de donner le temps au reste de l'armée austro-hongroise de se recomposer, d'opérer une manœuvre d'évitement et de contournement et ensuite de relancer une attaque et d'infliger une lourde défaite aux Russes. Et ça a déterminé sur ce front-là les premiers mois de la guerre.
Mais il n'empêche qu'il y ait eu un second siège à partir de novembre 1914 jusqu'à mars 1915. Et là, ça s'est passé complètement différemment puisque les Austro-Hongrois étaient moins préparés, les Russes mieux préparés et pendant la durée du siège, l'armée austro-hongroise n'a pas du tout réussi à utiliser ce temps donc accordé par le siège pour mener d'autres attaques dans d'autres secteurs et pour inverser la tendance. Elle a plutôt passé tout l'hiver à mener une série de contreoffensives qui se sont toutes soldées par des échecs.
Et à la fin, donc en février mars 1915, la garnison de PIM Michel a dû se rendre et on parlait de 130000 hommes. Et donc pour l'armée aostrongoise, ça a été un véritable coût porté à son organisation, à sa force de frappe et évidemment à son moral. Et dans cet article, Franz Stephan Gady explique que ça a porté un tel coût au prestige de la monarchie austro-hongroise que finalement elle ne s'en est jamais remise.
Et cet échec militaire et évidemment d'autres dans le cours de la Première Guerre mondiale explique pourquoi personne finalement n'a défendu la monarchie en 1918. Dans cet article, l'auteur donc utilise cet exemple historique et extrapole pour voir dans la guerre actuelle la reproduction de schémas similaire. Tenir Mariou au printemps 2022, ça avait vraiment du sens pour les défenseurs ukrainiens et pour l'armée ukrainienne en soi puisque ça a donné du temps à l'armée ukrainienne qui avait été surprise par le choc de l'invasion de se recomposer, de se réorganiser et de constituer un front.
On peut dire que Mari Paul a sauvé Kiev à ce moment-là d'une certaine manière. Mais déjà Bachmout à la fin 2022, c'était à la limite. C'est-à-dire que dans un premier temps, les Ukrainiens avaient intérêt à prolonger le siège car ils infligeaient énormément de dégâts aux Russes.
Mais ils ont manqué le moment d'une évacuation ordonnée, coordonnée et sécurisé à partir du moment où les Russes ont pu approcher leur artillerie trop près de la ville. Avdivka, c'était pareil. Les Russes ont énormément souffert pour prendre la ville.
War on the rocks estime à 20000 le nombre de morts russes, ne serait-ce que pour prendre cette petite ville industrielle. Mais pour les Ukrainiens, l'évacuation est intervenue trop tard car il ne contrôlaient déjà plus le corridor qui les reliait au reste des positions ukrainiennes. Et donc, ils ont énormément souffert à travers un passage en force.
L'incursion ukrainienne dans l'oblast de Coursk en Russie, c'était pareil. Et on peut aussi ajouter le cas de la ville fortifiée de Vougledard. Et là donc dans le cas qui nous préoccupe maintenant Pokrovsk et Mirnograde, il semble que le haut commandement ukrainien réagisse exactement de la même manière et prennent le risque d'un encerclement de la 79e brigade aéroportée et peut-être de sa rédition.
Et cela sans que le reste de l'organisme militaire qui est donc l'armée ukrainienne n'en retire le moindre avantage puisque tenir Mirenograde ne va pas permettre une contreoffensive dans un autre secteur. Ça, on le voit depuis déjà plusieurs mois et ça ne va pas non plus permettre d'infliger de telles pertes humaines et matérielles aux Russes que après cela ils devraient lever le pied et alléger leur effort offensif. Et on voit aussi que ça ne va pas aider les négociateurs ukrainiens dans la séquence diplomatique actuelle.
étant donné que ce qui est dans la balance, c'est vraiment toute la région de Donet et non pas seulement Pokrovsk et Myernograde. Et pour défendre ce qu'il reste de territoire ukrainien dans cette région de Donet, il faut des forces vives. Et donc dans son article, Fran Stéphan Gady rejoint beaucoup d'experts militaires que l'on peut entendre ici ou auquel je peux parler dans le cadre de mon travail.
C'est-à-dire que il préconise donc évidemment une évacuation qui aurait dû avoir lieu hier ou même avant-hier, mais surtout la mise en place d'une défense élastique qui soit hyper flexible et hyper inventive. C'est-à-dire que il faudrait qu'elle soit basée sur un réseau de positions préparé et équipé à l'avance avec une reconnaissance du terrain qui aurait été effectué à l'avance avec évidemment les drones et avec une identification qui aurait été effectuée à l'avance des possibles routes de ravitaillement russe. Ce concept de défense élastique prévoit donc des positions qui sont préparées à l'avance et qui peuvent être évacuées très rapidement et très facilement pour se replier vers d'autres positions qui ont été préparées à l'avance.
Et cela à travers des décisions qui sont prises par des chefs qui sont sur le terrain et non pas par le haut commandement qui a une vision quand même relativement limitée de la situation réelle. Et ça évidemment ça s'inscrirait dans une logique d'économie de ressources et non plus dans une logique de contrôle territorial. qui a dominé la stratégie ukrainienne jusqu'à présent.
Et là, d'ailleurs, c'est très intéressant de le noter puisque le commandant en chef des forces armée, donc le trait soviétique Alexander Sirski, a récemment fait une déclaration qui allait un peu dans ce sens en disant que la priorité doit désormais être donnée à une mobilisation qui soit rationnelle, à un recrutement qui soit plus efficace et à des formations de meilleure qualité. Alexander Sirski dans sa déclaration ne parle pas encore de privilégier le sort de ses soldats sur le contrôle territorial, mais on voit que il y a une prise de conscience parce que il y a quelque chose qu'on n pas entendu de sa part depuis 2022. Est-ce que c'est sincère ?
Est-ce que c'est réfléchi ? Est-ce que ça va être suivi des faits ? Ça ça reste évidemment à voir parce que une des motivations derrière cette déclaration, ça peut aussi être le contexte politique.
Alexander Sirski comprend que la démission d'Andry Hermac à Kief a provoqué une grave crise de gouvernance dont on n'est pas encore sorti puisque le successeur d'Andry Hermac n'a toujours pas été annoncé. Mais quel qu'il soit, on sait qu'il va y avoir des changements dans le personnel politique et peut-être militaire dans un futur très proche. Et Alexander Sirski qui est très critiqué en interne et par les observateurs, les experts militaires, la société civile depuis déjà de nombreux mois, il sait pertinemment qu'il est sur la salette.
Je vous renvoie par exemple à ce poste de Bogdan Rotevic qui est l'ancien commandant de la brigade Azov et qui dit donc en montrant cette capture d'écran de la carte autour de Mnograde qui dit que le pays peut certes survivre pendant un certain temps sans chef de cabinet présidentiel mais que par contre sans un système de gouvernement efficace et un commandement adéquat pourrait bien ne pas survivre très longtemps. Donc c'est un poste au ton ouvertement et volontairement alarmiste, mais cela recoupe ce que l'on entend déjà depuis de nombreux mois face aux difficultés, face aux défis et face au grignotage de l'armée russe. Il faut une réforme de l'armée, encore une, et une refonte de la manière de penser cette guerre.
Et ça, évidemment, ça dépasse le simple cas de Alexander Sirski. Il s'agit pas de changer les personnes pour que le système change. Là, ce que tous ces observateurs, ces experts, ces militaires et ces vétérans demande, c'est un changement de mentalité et de stratégie.
Et cela ça commence de toute évidence par une évacuation en temps et en heure de Mirnograde et de Pokrovsk. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. Je file et je vous retrouve très vite.