La tâche difficile de Sébastien Lecornu - reportage #cdanslair 25.06.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il va devoir gérer l'onde de choc dans son propre camp, mais l'urgence est ailleurs: concilier les positions des socialistes avec les LR, la famille de N.Sarkozy, pour échapper à la censure et former un gouvernement. Du moment des éditorialistes. - Vous avez des nouvelles de S.Lecornu?
Patrick? - C'était une façon de vous répondre et de vous faire entendre le résumé sonore des interventions du Premier ministre depuis qu'il est en place, c'est-à-dire rien. - Le sous-marin Lecornu ne répond plus. - Si vous cherchez l'homme invisible, il est à l'hôtel de Matignon et les portes sont bien fermées. - SOS, Matignon ne répond plus.
Que prépare le nouveau Premier ministre? Ce fidèle d'E.Macron a fait ses adieux au ministère des Armées et promis du changement comme Premier ministre. - S.Lecornu: Il va falloir des ruptures et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. - Rupture de style avec son prédécesseur, donc.
Le discret, voire le secret S.Lecornu se tient éloigné des médias. Il leur demande même de l'air lors de son 1er déplacement. - S.Lecornu: C'est presque tout le temps, pour la liberté de parole?
Ca convient à tout le monde? - Les rares fois où il s'exprime, le Premier ministre tente de marquer les esprits. Dans un entretien à la PQR, il annonce la fin des avantages à vie des anciens Premiers ministres.
La méthode Lecornu est-elle payante? Selon un sondage, 42 % des Français se disent satisfaits de lui. C'est en hausse de 3 points depuis son arrivée à Matignon, mais le Premier ministre doit surtout convaincre la classe politique.
La gauche lui réclame plus de justice fiscale. - O.Faure: Qui paye?
Le plan Bayrou faisait payer les autres sauf les ultrariches. - F.Roussel: La taxe Zucman, les niches fiscales, les dividendes, les milliards accordés aux entreprises sans rien demander en retour...
Il y a du gras, quand même. - Mais le nouveau chef du gouvernement doit aussi garder le soutien des ministres démissionnaires de droite. - B.Retailleau: A quoi servirait un pacte de gouvernement si le pacte de gouvernement devait affaiblir une France et une économie française qui se portent mal?
On est champions du monde de la dépense publique, donc de l'impôt. Il est hors de question d'un nouvel ISF ou d'une taxe Zucman. - Serait-ce mission impossible pour S.Lecornu?
La droite entretient le suspense. - L.Wauquiez: Ce qui compte pour moi, c'est le programme de gouvernement.
C'est uniquement par rapport à ça que les députés de La Droite républicaine se prononceront. - Hier, c'était au tour des syndicats d'être reçus et ce n'est pas gagné. - S.Binet: Une bonne nouvelle dans ce rendez-vous: le Premier ministre nous a dit que jamais dans la Ve République un Premier ministre n'avait été aussi fragile.
Ca confirme que nous sommes en position de force et qu'il faut que les travailleurs se mobilisent pour que leurs exigences sociales soient entendues. - L'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation jeudi. Le 13 octobre, ce sera au tour du Medef et des patrons d'organiser leur rassemblement.
Un mouvement de contestation qui complique la tâche du Premier ministre un peu plus. - C.Roux: On va voir quelles conséquences peut avoir le jugement sur cette actualité politique, mais on a une question. - M.Delahousse: Pour l'instant, aucun dispositif officiel n'est mis en place, et, le 13 octobre, il y aura un rendez-vous pour désigner un établissement où il devra se rendre.
D'ici là, les avocats vont travailler. Ils vont travailler sur les aménagements. Avec son âge, il peut avoir des interventions personnelles, médicales, que sais-je. - C.Roux: Il a 70 ans. - M.Delahousse: Il vient de passer son existence quotidienne avec un bracelet électronique à la cheville gauche ou droite, peu importe, dans les derniers mois, mais cet aménagement a déjà été mis en place.
Si on arrive à la phase de l'incarcération, l'établissement le plus indiqué pour ce genre de choses, c'est le centre de détention de la Santé, au coeur de Paris. Il y avait les cellules VIP où sont passées plusieurs personnes: J.Kerviel, Balkany, des tas de personnalités.
C.Guéant aussi. C'est une détention à la fois brutale, puisqu'il n'aura ni portable, ni visite en nombre, mais il a des conditions, qu'il n'aille pas en promenade avec le délinquant du coin ou le violeur du quartier.
C'est très inédit. J.Cahuzac n'a pas fait de détention.
A.Carignon, un grand tourment en 1994, en a fait. P.Balkany, un cas qui a beaucoup marqué cette famille politique, en a fait. - A.-C.Bezzina: B.Tapie. -M.Delahousse: D.Strauss-Kahn avait fait 4 jours de l'autre côté de l'Atlantique. - J.Jaffré: Ca avait fait du bruit. - M.Delahousse: Il y a un décalage extraordinaire entre ce monde carcéral dont tout le monde parle, que beaucoup semblent connaître, et les hommes politiques qui ont une vie qui ne les amène pas naturellement à être dans cette incarcération.
Quelqu'un d'hyperactif qui a l'habitude d'avoir 2 téléphones portables, de parler à beaucoup de monde, de recevoir, de se mettre en scène sur les réseaux sociaux, quelqu'un qui vivrait dans un grand appartement, qui serait privé de ça...
Il y a cette infamie. Ce séjour fait que les jours sont longs et c'est un basculement pour qui que ce soit. On parle de choc carcéral. - C.Roux: Ca peut avoir des conséquences sur les discussions en cours, les LR qui sont aux prises avec les négociations, avec S.Lecornu...
Il peut y avoir un effet de souffle? Il était pressé de s'exprimer et on est passés à autre chose. - C.Meeus: Je ne pense pas que ça aura des conséquences particulières sur ce que prépare S.Lecornu.
Ca peut même lui donner de l'oxygène médiatique. Pendant 24 heures ou plus, les médias vont se focaliser sur N.Sarkozy, ses conditions d'incarcération, les problèmes juridiques et tout ça.
S.Lecornu devait s'exprimer dans la presse quotidienne demain. C'est pour une autre raison que ce sera fait plutôt ce week-end.
C'est plutôt un mal pour un bien pour lui. Ce qu'il aurait pu dire aurait pu être effacé par le battage médiatique autour de ça. - C.Roux: On fera d'autres émissions là-dessus dans les jours qui viennent, mais un mot...
J.-P.Tanguy voit arriver la dissolution, qu'il souhaite.
On sait si les discussions peuvent aboutir? La durée de vie de S.Lecornu à ce poste semble limitée, compromise? - J.Jaffré: Je n'en sais rien. - C.Roux: Alors, merci! - J.Jaffré: C'est mon avantage: je me contente d'analyses, pas d'informations en la matière.
La situation de S.Lecornu, chacun mesure qu'elle est difficile. Il y a eu cet aveu stupéfiant devant les syndicalistes de dire: "Je suis le Premier ministre le plus faible de la Ve République." Etait-ce le moment, le lieu et les interlocuteurs pour faire cet aveu?
J'en ai été un peu stupéfait. Deuxième inconvénient de son silence, c'est un durcissement général du débat et de toutes les forces. De ce point de vue, c'est une erreur.
Il n'a pas cadré le débat. La notion d'effort a totalement disparu pour laisser la place
Nicolas Sarkozy