Budget 2027 : Fabien Roussel accuse le gouvernement de "faire les poches des Françaiss"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteÉludée
Vous avez reproché au président de la République de ne pas dialoguer avec Vladimir Poutine.
- 0:39RelanceRéponse partielle
Vous avez des relents de soviétisme Fabien Roussel
- 2:15RelanceÉludée
Si je vous pose une question, vous n'y répondez pas.
- 3:20OuverteÉludée
On a l'impression qu'il suffirait de dialoguer avec Vladimir Poutine pour que cette guerre s'arrête.
- 4:40FerméeÉludée
Est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer avec les pays européens ?
- 5:02FerméeÉludée
Est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer avec les pays européens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« l'OTAN veut nous emmener dans un conflit de haute intensité »
- 1:31Invité politiqueChiffre
« 130 guerres actuellement, 200 millions de personnes qui vivent sous la guerre ou sous occupation »
- 8:22Invité politiqueChiffre
« le budget qui est proposé par M. Lecornu, c'est d'aller taper encore 6 milliards d'euros dans les poches des retraités »
- 8:30Invité politiqueChiffre
« c'est d'aller prendre 2 milliards d'euros dans les poches des agents de la fonction publique »
- 10:32PrésentateurFait
« Patrick Pouyanné, le patron de Total, je vais le mettre au même niveau que ceux qui ont collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale »
- 10:58Invité politiqueChiffre
« M. Pouyanné gagne 20 millions d'euros par an »
- 11:03Invité politiqueChiffre
« Son entreprise a fait 11 milliards d'euros de bénéfices en l'espace de 6 mois »
- 11:08Invité politiqueChiffre
« Le coût de la baisse de la TVA, c'est entre 11 à 12 milliards d'euros »
Temps de parole
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- Présentateur26 %
- ?7 %
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À 7h49, Benjamin Duhamel, votre invité secrétaire national du Parti communiste et candidat à l'élection présidentielle. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On va parler dans un instant bien sûr du prix des carburants et de la colère sociale qui gronde. Mais d'abord je voudrais revenir sur ce que vous avez dit vendredi en sortant de la réunion à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron sur la dégradation de la situation internationale et notamment la menace russe. Vous avez reproché au président de la République de ne pas dialoguer avec Vladimir Poutine.
Deux jours avant chez nos confrères de RMC, vous avez déclaré, je cite, que l'OTAN veut nous emmener dans un conflit de haute intensité expliquant aussi qu'un état d'esprit guerrier, là encore je vous cite, nous prive du gaz russe. Vous avez des relents de soviétisme Fabien Roussel
? Vous
êtes dans la caricature monsieur Duhamel. Je
vous ai cité, expressis
versis. Est-ce que vous dites la même chose du pape qui fait partie de ceux, des rares, qui vont dialoguer et avec Poutine et avec Zelensky pour trouver les voies d'un cessez-le-feu et d'un règlement des conflits ?
J'entends pas le pape dire qu'il faut racheter du gaz russe.
Mais
est-ce que vous entendez le pape dire que le meilleur chemin vers la paix, c'est de ne pas alimenter la guerre ? Il l'a dit. Et j'espère qu'il va le redire samedi quand il va venir dans sa visite en France. Et il y a de plus en plus de voies qui s'élèvent dans le monde. Justement aujourd'hui nous sommes le 21 septembre, c'est la journée internationale de la paix dans le monde qui a été lancée par l'ONU en 45. Et on est aujourd'hui, plus de 80 ans après, dans un monde où il n'y a jamais eu autant de conflits. 130 guerres actuellement, 200 millions de personnes qui vivent sous la guerre ou sous occupation. Et ces guerres, beaucoup d'entre elles, elles sont liées à l'énergie.
C'est une guerre pour mettre la main sur les voies de circulation, sur des ressources énergétiques, sur des matières premières. Les peuples en souffrent.
Et
concernant la guerre en Ukraine, j'y viens puisque c'est ça qui vous préoccupe.
Et
qui préoccupe beaucoup nos concitoyens
aujourd
'hui. C'est qu'il y a eu une violation du droit international il y a plus de 4 ans par la Russie qui a envahi l'Ukraine. Et nous avons dénoncé dès le début le fait qu'il y avait un agresseur et un agressé. 4 ans et demi après, on en est où ? Et c'est ça que j'interroge aujourd
'hui. Mais c'est ça que vous interrogez, Fabien Roussel.
Simplement juste quand
je vous entends bien. Si
je ne peux pas répondre à vos questions parce que j'allais y venir, qui parle de guerre de haute intensité aujourd'hui ? Qui
?
De guerre de haute intensité ? Oui, qui en
parle ?
Entre
l'Ukraine et la Russie
? Oui, mais qui en parle aujourd'hui ? Tout le monde. Ah bah oui, tout le monde. Et donc, c'est pas moi qui met ce mot-là aujourd'hui dans ma bouche. Je cite les ministres de la Défense, des armées.
Quand vous dites, Fabien Roussel, que c'est l'OTAN qui veut
nous emmener dans une guerre de haute intensité,
vous voyez
bien que vous reprenez exactement les éléments de langage de la Russie consistant à expliquer que la guerre en Ukraine et le résultat de l'agressivité de la part de l'OTAN
? Ce
que je veux dire, c'est que 4 ans et demi après, les choix qui ont été faits
et
compris par l'OTAN de participer à une escalade guerrière, je le dis. C'est
l'OTAN qui participe à une escalade guerrière ?
Oui, parce que dans un conflit qui dure aussi longtemps, pour que ça continue,
il faut que les deux... Mais allez vous les escalade guerrière de
l'OTAN ?
Parce
que, pardon, mais notamment, je crois que vous l'avez abordé à l'occasion de cette réunion à l'Elysée, quand un drone russe s'écrase sur l'aéroport de Leipzig en Allemagne et a failli faire des morts si tant est que cet attentat avait réussi. Là, je ne
crois
pas que ce soit l'OTAN qui est derrière tout cela. Au fond, Fabien Roussel, ce qui est étonnant, c'est qu'à vous écouter,
on
a l'impression qu'il suffirait de dialoguer avec Vladimir Poutine pour que cette guerre s'arrête. Est-ce que vous avez eu le sentiment ces 4 dernières années que Vladimir Poutine a donné le moindre gage de volonté de discussion avec les pays européens et avec la France ?
Alors,
à
chaque fois que vous allez me couper, je vais vous laisser me couper. Voilà. Et si
vous voulez faire
des éditos au lieu de me poser des questions, vous me le dites. D'accord.
J'essaie juste d'obtenir des réponses, Fabien Roussel. Ben,
laissez-moi y répondre.
Alors, allez
-y.
On
est aujourd'hui dans une guerre qui dure depuis plus de 4 ans et demi
et
qui, semaine après semaine, fait de plus en plus de morts civiles des deux côtés. Semaine après semaine, s'attaque à des raffineries
des
deux côtés, à des oléoducs aussi au Moyen-Orient. Mais on va rester en Europe.
Et
cette guerre a donc des conséquences de plus en plus dures sur les deux peuples, russes et ukrainiens, mais aussi sur nos vies, à nous, en France.
Et
je interroge et je demande à ce que l'on s'interroge sur les choix qui ont été ceux de l'Union européenne et de la France de ne pas avoir créé les conditions de dialoguer avec les deux parties. Et le choix qui a été fait, ça a été de ne dialoguer qu'avec Zinaski, de ne pas dialoguer avec M. Poutine.
Mais il a
envie de dialoguer Vladimir Poutine ou pas, Fabien Roussel
?
Est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer
? Et
donc,
de
créer les conditions, de mettre autour
de la table... Vous savez, Fabien Roussel, on peut arrêter là cette
interview. Si
à chaque fois
que je vous pose une question, vous n'y répondez pas. Pardon, mais là, je me mets à la place des auditeurs. J'essaie de façon tout à fait courtoise et loyale de vous poser des questions. Vous n'y répondez pas. Est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer avec les pays européens
? Alors, pourquoi les États-Unis et le Vatican font le choix de dialoguer avec lui ?
Avec quel résultat
?
Eh bien, justement, mais on fait quel autre choix ? Est-ce qu'aujourd'hui, les choix qui ont été faits par la France et l'Union européenne
fait
que nous sommes aujourd'hui dans la diplomatie avec Poutine et Zinaski ? Non. Est-ce que les choix qui ont été faits jusqu'à maintenant, est
-ce
qu'ils ont contribué à ce que ce conflit se désamorce ? Non. Est-ce que les choix qui ont été faits jusqu'à maintenant ont fait que, justement, on parvient à une désescalade ? D'accord. Non. Donc, je pose la question. Jusqu'où cela va-t-il aller ? Jusqu'où cela va-t-il aller ? Et le fait que les choix qui ont été faits, y compris de fournir des armes offensives
à l'UPRD, C
'est quoi des armes offensives ? Des armes qui peuvent aller jusqu'à Moscou, jusqu'à l'intérieur des terres, fait que de plus en plus, l'Union européenne et la France deviennent co-béligérants dans ce conflit et qu'en faisant ce choix-là, nous ne parvenons pas, nous ne faisons pas partie de la solution à ce conflit.
Eh bien, Fabien Roussel ? Or, ce
conflit, il a lieu chez nous, en Europe, nous en supportons les conséquences. Eh bien, justement. Et nous sommes même poussés par les États-Unis à faire cela, parce que
les
États-Unis profitent bien de ce conflit. Nous lui achetons les armes, nous lui achetons son gaz, très très cher. Les États-Unis gagnent de l'argent, Trump compte ses billets, et nous,
on souffre et on en souffre beaucoup.
Vous parlez, Fabien Roussel, des conséquences nationales pour nos concitoyens de ces conflits internationaux. Évidemment, c'est la flambée des prix du carburant. Vous proposez, ce sont vos propositions de candidats à
l
'élection présidentielle, de baisser la TVA sur l'essence de 20 à 5,5%. De baisser aussi ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie pour faire baisser le prix à la pompe. Quand on voit des experts qui évoquent la perspective d'un prix du litre d'essence à 3 ou à 4 euros. Est-ce qu'au fond, baisser les taxes, ce n'est pas une forme de...
un
côtaire sur une jambe de bois ? Est
-ce
que ça suffit, Fabien Roussel ?
Bon, d'abord, encore une fois, si les causes de ces hausses de prix de l'énergie, c'est les guerres, il faut donc s'occuper de ces guerres et faire en sorte qu'elles cessent le plus rapidement possible. Donc, je regrette le manque d'initiatives diplomatiques de la France, et je l'ai dit au président de
la
République. La deuxième chose,
vous
constaterez que d'autres pays dans l'Union Européenne ont fait le choix,
justement,
et l'Espagne. Et donc, c'est possible. Et donc, de la même manière, nous demandons, nous, à ce que la France prenne des mesures fortes, rapides, pour pouvoir baisser le prix de l'essence, de l'énergie, mais pas que. Il y a aussi, je pense au diesel pour nos agriculteurs, je pense au prix des loyers qui vont exploser cet hiver avec le gaz, je pense aussi au prix des fruits et légumes, puisque c'est un sujet pour la rentrée, je me suis rendu à Rungis, les prix des fruits et légumes explosent. Donc, vous constatez,
Fabien Roussel, que nous n'avons pas les
mêmes marges de manœuvre financière, et on peut le regretter, vous allez sans doute me dire que c'est le bilan de 10 ans du macronisme,
que les pays qui décident de ces bêtes
de taxes. Donc, c'est parfait. Oui, je vous le confirme,
oui.
Oui, je vous le confirme, oui. La France s'est mise dans une situation, dans une impasse budgétaire. Il y a un budget qui arrive à l'Assemblée nationale, donc c'est possible de changer, c'est possible de changer de politique. Or, aujourd'hui, le budget qui est proposé par M. Lecornu, c'est d'aller taper encore 6 milliards d'euros dans les poches des retraités, c'est d'aller prendre 2 milliards d'euros dans les poches des agents de la fonction publique, notamment les catégoriser, c'est d'aller taper dans les poches des gens malades, mais aussi des collectivités, des communes. Il va y avoir des sénatoriales dans une semaine.
J'espère que les élus vont savoir pour qui voter, parce qu'aujourd'hui, on a un gouvernement et des candidats de droite et d'extrême droite qui demandent de faire encore plus les poches des collectivités. Il va bien falloir réagir, parce que les communes sont à l'os,
elles aussi. Et le résultat de cela, Fabien Roussel ?
Ce budget, c'est le même principe que celui d'Emmanuel Macron en 2017, quand il est arrivé, c'est faire les poches des Français et continuer d'exonérer les plus riches, les grandes entreprises, de leurs contributions justes. Ce qui fait que
vous
appelez à la révolution dans la rue avant les urnes. Très concrètement, ça veut dire quoi ?
Incroyable
! Oui, c'est peut
-être là aussi une
forme de réminiscence.
Incroyable ! Il y a des bonnes révolutions à faire. Même vous à France-Terre, vous devriez vous interroger sur les révolutions que vous devriez faire dans votre radio. Ça commence d'ailleurs. Mais oui, je vais même vous faire une confidence. Hier, j'ai été déjeuner chez des amis à Maubeuge, dans le Nord, dans l'Avénois, et sur un rond-point qui avait été occupé quelques heures auparavant, il y avait une pancarte où c'était écrit « Révoltons-nous ! Révoltons-nous en gros ! » Eh bien, oui, il y a aujourd'hui une envie de se révolter.
Mais juste une chose, quand les gens ont du mal à se nourrir, quand les gens ont du mal à se chauffer, à se déplacer, quand aller à son travail coûte trop cher, quand aller voir ses amis, ses enfants, ses parents ne devient plus possible parce que l'essence est trop chère, qu'est-ce que ça peut produire, à votre avis ? Qu'est-ce que ça peut produire comme sentiment d'humiliation et de colère chez chacun et chacune ? Eh bien, c'est ça que je
ressens aujourd'hui. Un tout dernier mot, Fabien Roussel. Et donc, cette envie
de se révolter, elle est sincère.
Fabien Roussel. Et elle est normale. Un tout dernier mot. Est-ce que quand on est candidat à l'élection présidentielle, la modération et la nuance,
c
'est important
?
Qu'est-ce que vous entendez par là
? J'attends la suite.
Des confrères de Marianne ont rapporté cette phrase que vous avez prononcée à la fête de l'Humar. Patrick Pouyanné, le patron de Total, je vais le mettre au même niveau que ceux qui ont collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Est
-ce que c'est digne d'un candidat à
l
'élection présidentielle
?
C'est du niveau de la colère qu'expriment nos concitoyens aujourd'hui.
De dire que Patrick Pouyanné fait l'équivalent
des collabos avec les nazis ? C'est du niveau
de la colère qu'expriment nos concitoyens quand ils voient que l'essence flirte avec les 3 euros le litre et que M. Pouyanné gagne 20 millions d'euros par an. Et ça
fait lui l'équivalent d'un collaborant avec les nazis
? Il gagne énormément d'argent. Son entreprise a fait 11 milliards d'euros de bénéfices en l'espace de 6 mois.
Il
va finir la fin de l'année à 20 milliards. Le coût de la baisse de la TVA, c'est entre 11 à 12 milliards d'euros. Et donc, il y a largement de quoi faire. Les profits qu'il fait sur la guerre sont illicites.
Merci beaucoup, Fabien Roussel. Pas évident d'obtenir des réponses aujourd'hui. Merci d'être venu au micro.
Et
à tout à l'heure,
Benjamin Duhamel. On se retrouvera pour le
grand entretien.
Fabien Roussel