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interviewBFM TV (sur YouTube)· 22 mars 2023 18 min

Retraites, recours au 49.3: Manuel Valls réagit sur le plateau de BFMTV

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

en plusieurs manifestations sont en cours pour la 7e soirée consécutive il y a des manifestations à Paris nous étions tout à l'heure dans le 12e arrondissement vous voyez des images du 9e arrondissement de la capitale une manifestation sauvage est aussi en cours à Lyon place des Terreaux il y a donc plusieurs rassemblements en même temps et vous avez l'image de Lyon alors qu'Emmanuel Macron s'est exprimé aujourd'hui et que je lisais demain sera la 9e journée d'action voulue par les syndicats Emmanuel Macron quand il s'exprime aujourd'hui il a notamment cette phrase il dit s'il faut endosser l'impopularité du pays je l'endoserai rebonsoir Manuel Valls vous qui se publiez un livre sur le courage en politique dirigez-vous qu'elle est au bout de la réforme des retraites comme le fait Emmanuel Macron c'est pour un jeu dans mon livre je prends des figures comme Clémenceau Churchill de Gaulle bref des personnages dans des moments historiques de grandes bascules dramatiques c'est c'est la guerre donc je cherche à ne pas comparer même si la situation est grave avec ceux qui étaient en train de se passer actuellement et ce soir et sans doute dans les jours qui viennent il faut de la détermination c'est vrai quand on gouverne mais le courage ce n'est pas la brutalité surtout dans dans un moment où on sent je pense tous qu'il y a une très grande crise démocratique une crise sociale une crise morale et comme si le président depuis un an qui a été réélu personne ne le conteste et heureusement d'ailleurs face à Marine Le Pen avait perdu le fil avec les avec les Français ce lien avec les Français et donc ce qui est important et ça c'est le courage c'est qu'il faut beaucoup de lucidité pour analyser ce qui se passe je crois qu'il faut tenir un langage de vérité peut-être on y reviendra des Français c'est bien sûr sur les efforts qu'il faut accomplir pour un sursaut qui est indispensable il faut chercher il a été élu pour cela en 2017 et cette promesse il a pas pu la tenir c'est difficile je le sais mais de réconcilier les Français avec eux-mêmes force et de constater que nous en sommes très loin qu'il y a une tension dans le pays qui vraiment décrit dans le Figaro il y a quelques jours m'inquiète je pense que la situation est gravissime et donc il faut faire très attention parce que nous sommes dans ces moments de de bascule vous le sentez vous aussi les journalistes ou tout peut arriver d'une certaine manière tant il y a de la frustration de la de la colère colère démocratique qui s'est déjà traduit des extensions massives aux élections locales ça veut dire quoi ça pourrait basculer vers quoi précisément on ne le sait pas parce que parfois il y a comme on dit dans dans le langage politique où journalistique c'est pas très beau mais il y a des débouchés non il y a des bouchers politiques il alternative possible présente un public a été élu il y a un an il a une majorité ça relative là une majorité il n'y a pas d'alternative personne ne pense qu'un seul instant qu'un gouvernement Mélenchon Le Pen c'est possible enfin je crois et de l'autre côté on voit pas la solution sociale si non le ce que certains réclame le retrait du texte le texte vient d'être adopté et et il y a une situation aussi il faut une réforme des retraites donc nous sommes dans une vous la défendez ça très fort dans une forme d'impasse l'avantage que j'ai si je puis dire c'est que je prends du recul vous le savez ça fait un an que je ne me suis pas exprimé et donc je suis pas dans le commentaire je vais vous dire franchement moi j'étais favorable depuis longtemps à la réforme par point ce qui était défendu par Emmanuel Macron dans le quinquennat précédent et par là c'est d'été réforme difficile à mettre en œuvre et j'ai toujours pensé que l'âge pivot n'était pas indispensable puisque à partir du moment notamment avec la réforme Touraine mais aussi avec un système par point bien d'une certaine manière on intègre l'espérance de vie les carrières arrachées la pénibilité qui est une grande question la situation des femmes des des seniors le le l'âge pivot agit comme en tout cas c'est compris ainsi comme une forme d'injustice si j'avais été député donc député de la majorité mais je l'ai pas été j'aurais voté pas seulement par solidarité mais parce que je pense que le coût politique est financier aurait été terrible de ne pas mener cette des formes jusqu'au bout mais en vous disant ça je suis conscient de l'attention de l'amertume j'ai l'impression que vous ciblez le 49-3 vous l'avez utilisé vous-même à plusieurs reprises il me semble six fois et ensuite vous vouliez le supprimer parce que justement vous trouviez le 49-3 trop brutal alors on va on va d'abord c'est un instrument constitutionnel il a été utilisé une centaine de fois ça a été rappelé depuis le début de la de la de la 5ème république j'ai travaillé avec Michel Rocard qu'il a utilisé 28 fois et sur les textes importants la loi de programmation des armées évidemment la CG qui était peut-être la seule grande réforme sociale ou fiscale de ces 30 dernières années j'ai travaillé avec Donald Jospin qui lui n'a jamais utilisé c'était une majorité de gauche plus il y a des mois je l'ai utilisé sur deux textes évidemment Après la répétition pour chacune des lectures et je dois d'ailleurs reconnaître que quand il a été utilisé sur la loi travail de là sans doute qu'est né toute une série de manifestation la nuit debout alors que la CFDT soutenait le texte avec des syndicats réformistes avec l'INSA et la CFTC Kennet sans doute quelque chose autour du 49-3 je il faut le reconnaître c'est comme un coup de revolver non le 49-3 ensuite moi j'ai proposé qu'on l'utilise moins c'était une erreur très très franchement dans le cadre de la primaire mais mais peu importe il y a une réalité le 49-3 peut être utilisé par le gouvernement et c'est ressenti mais là je fais que du commentaire c'est vous le faites beaucoup mieux que moi c'est ressenti comme des démocratique je ne crois pas enfin comme une forme de brutalité non quand je parle de brutalité je parlais pas du 49-3 je si vous voulez moi je jette pas la pierre facilement à ceux qui gouvernent mais quand vous avez quand vous le réussissez d'autres situations qui est celle de l'élection présidentielle une campagne difficile présent à la République a dû en partie enjambée à cause de la guerre du en scène une abstention massive aux élections législatives une majorité relative et un président qui est élu aussi il l'a dit d'ailleurs le soir du second tour j'étais au Champ de Mars il a dit je dois écouter ce qui ont voté pour moi pour faire barrage à Le Pen et aussi ceux qui n'ont pas justement pour moi je termine une seconde donc les corps intermédiaires la société responsable politique les élus locaux les syndicats notamment pas seulement je vais pas dire archi des bons et des mauvais mais les syndicats réformistes se traitent vous devez traiter notamment quelqu'un comme Laurent Berger qui est premier qui représente le premier syndicat ouvrier de ce de ce pays et qui cherche est un réformiste donc à partir du moment où vous avez non seulement l'opinion ça c'est autre chose mais aussi tous les syndicats contre vous il y a forcément une forme de brutalité elle peut être assumée mais moi je pense que maintenant il faut trouver les mots les à mesure pour demain parce que c'est ça qui m'inquiète je considère la réforme est votée aujourd'hui notamment alors vis-à-vis de Laurent Berger vous dites il faut renouer mais le président a une phrase assez dur à l'encontre de la CFDT et vis-à-vis également des Français je viens du de la deuxième gauche du courant rocardien très lié à la CFDT des monts-mères des chirecs père et fils de Nicole notta et aujourd'hui de Laurent Berger un syndicat ouvrier mais aussi intellectuel Jacques Julliard était un grand intellectuel était membre de sa direction faut faire là c'est d'été on peut lui faire beaucoup de reproches et pas solide pas travailler et de ne pas proposer et surtout de proposer cette réforme profonde par point qui nécessitait du temps de la compréhension peut-être un mensonge c'est-à-dire Emmanuel Macron il y a de la de l'attention je pense que l'idée de Manuel Macron c'était pas de traiter c'était pas de de de maltraiter mais nous sommes dans un moment clé il faut faire attention je encore une fois je donne pas de leçon j'ai gouverné et c'est difficile nous sommes dans un moment clé où tous mot tout expression voit bien elle est elle est prise comme elle est où elle est tordu ou elle est où elle est sortie de son contexte peu importe mais elle fait effectivement elle fait mouche elle fait mal donc chaque mot est important et on sent bien ça fait basculer ce plan politique dans la rue il peut y avoir de la violence on est dans ces moments où on sent bien que dans une démocratie aussi fragile que la nôtre c'est pour ça attention alerte dans ces moments là où le chef de l'État élu par les Français légitime qui est là pour quatre ans qui est une majorité relative doit à tout prix renouer le contrat qui est le sien le clarifié avec nos compatriotes justement en Alsace vous nous dites si j'avais été député j'aurais voté ce texte mais vous avez été premier ministre également est-ce qu'on va devant le Parlement avec un texte nature quand on sait et les sondages convergent là-dessus que cette Français sur dix sont contre est-ce qu'on gouverne contre son corps social Manuel Valls on peut considérer parfois que au gouverne contre la vie de l'opinion je ne comprends pas pardon mais comme j'ai des idées fixes je reviens une seconde à mon livre l'erreur Churchill et de Gaulle était très seul par rapport à des opinions qui dans les années 30 était pacifistes je prends cet exemple extrême qui a approuvé les accords de Munich et ils étaient un certain nombre à comprendre que ça ne servait à rien je dis ça pour comparer mais parfois on peut gouverner j'ai considéré que la loi travail que j'ai porté avec la courageuse Myriam el khomri était nécessaire d'autant plus qu'elle était soutenue par la majorité du groupe socialiste mais pas la totalité et par les syndicats réformistes je reconnais en répondant à votre question évidemment mener une réforme dans ces conditions politiques et sociales et d'opinion ça méritait une réflexion plus approfondie voilà mais je je mais c'est cette réalité là nous y sommes c'est pas moi qui est chaud la réalité le choix des mots qui est important c'était le sens de la question d'avantine même hier cette phrase qui nous est rapporté qu'Emmanuel Macron a tenu devant les parlementaires de la majorité qu'on dit que la foule n'est pas légitime il essaie de s'en expliquer aujourd'hui peut-être le fait-il maladroitement d'ailleurs il prend l'exemple du Capitole aux États-Unis on va réécouter Emmanuel Macron quand les États-Unis d'Amérique ont vécu ce qu'ils ont vécu au Capitole quand le Brésil a vécu ce qu'il a vécu quand vous avez eu l'extrême violence en Allemagne au Pays-Bas ou parfois par le passé chez nous je vous le distrer nettement il faut dire on respecte on écoute on essaie d'avancer pour le pays et je vais y revenir parce que je veux qu'on parle du fond de cette réforme mais on ne peut accepter ni les faction ni les factions alors je ne sais pas ce que vous pensez de cette comparaison avec le Capitole je voulais aussi donner la réaction de Jean-Luc Mélenchon qui dit la foule est au peuple ce que le cri est à la voix vous êtes sur quelle ligne j'ai déjà cité il y a il y a présément ce très beau texte un poème du Grand Victor Hugo j'espère qu'on va voir on va pas faire perdre des téléspectateurs ce soir mais je crois pas parce que les Français sont attachés à leur histoire et notamment à celle de la de la République qui oppose la foule au peuple mes Victor Hugo dit que c'est le peuple qui a fait tomber la Bastille le mouvement de la de la rue en 1789 ça nous renvoie à d'autres ados la belle expression de Victor Hugo et voici le peuple avec son épouse l'idée je cite Victor Hugo pas Manuel Valls les Mélenchon et yo au contraire la foule a comme épouse la guillotine donc bon moi c'est à vous de commenter ce que dit Emmanuel Macron en leur écoutant là il y a quelques secondes je pense qu'il cherche à dire c'est plutôt un avertissement par rapport à l'avenir c'est à dire il dit attention nous démocraties sont fragiles et ça peut ça peut basculer donc évidemment que il y a une légitimité des élus et des députés alors moi vraiment je crois on l'a démocratie représentative et j'ai une j'ai un désaccord profond avec Jean-Luc Mélenchon et avec les insoumis sur l'idée qui se font de la démocratie démocratie directe avec le peuple qui agit en permanence ça n'est pas ça la démocratie représentative mais là où il faut faire attention je vous rejoins donc d'une certaine manière c'est que jusqu'à maintenant et je vois pas pourquoi ça ne durerait pas parce que les syndicats ont été particulièrement responsables les grandes manifestations qu'il y a eu ont été au contraire calme responsables et partout dans les grandes villes comme dans les moyennes villes dans les sous-préfectures les préfectures des petits départements comme ça a été souvent rappelé nous sommes un grand peuple et qui sait que on doit manifester et plus il y a de monde d'ailleurs plus on manifeste tranquillement mais ce que doit ressentir le président de la République c'est où les je crois qu'il doit le ressentir aussi il est inquiet forcément c'est qu'on est dans ces moments de de basculement de violence Elizabeth borne par exemple dit à la France insoumise c'est votre colère aujourd'hui qui déborde dans la rue elle les rend responsables il y a une attitude de la de la France insoumise notamment paradoxalement avec une extrême droite qui elle semble fait semblant de jouer le jeu démocratique mais il y a une attitude de la France insoumise par son fortement à l'Assemblée nationale de ce que je vois écrit des vociférations les gestes vis-à-vis notamment du ministre Olivier du soft une manière d'être et de se comporter c'est pas nouveau mais ça se voit plus ils sont plus nombreux aujourd'hui qui entraînent d'ailleurs ce qui reste du Parti socialiste et c'est terrible et qui résonne avec des formes de manifestation qui pourraient être plus violente et on connaît le discours de la France insoumise sur la violence et sur et sur la et sur la police mais nous y sommes pas donc dites la démocratie est fragile Manuel Valls qu'est-ce que vous pensez vous qui avez pratiqué le Parlement d'un texte majeur comme celui-ci passer dans un projet de loi modificatif pour le financement de la sécurité sociale votez de la manière dont il a été voté examiné très partiellement pour au final être adopté par le 49-3 est-ce que tous ces éléments là mis bout à bout à vos yeux d'anciens Premier ministre ne sont pas une façon aussi de brutaliser la démocratie j'ai utilisé le 49-3 un texte important qui était le travail donc la réforme du marché du travail donc je pas donner le fameux texte d'Emmanuel Macron oui mais la loi non mais c'est l'occasion d'en parler sur la loi Macron là la première oui avec je vous vois venir vous aviez forcément qui était allé au bout du bout des négociations qui pensaient que ça passait qui avait tant travaillé mais ça lui est visiblement rester en travers quelle est la réalité de cette histoire alors ah non moi c'est le seul moment je me suis dit tiens ça me rappelle quelque chose c'est le comptage mais c'est déjà il y a un moment où vous dites est-ce que ça passe ou ça ne passe pas et donc et lui pensait que ça passait non ça ne passait pas d'ailleurs j'étais le soir même sur le journal de TF1 et lui ce solide France 2 à l'époque lui ministre de l'économie il avait défendu le car notre scène passait pas en tout cas il y avait une telle incertitude à ce moment je pose la question qui était la même que c'est posé manuel Macron que sont posés à juste titre Emmanuel Macron et disait les bornes et je réponds aussi à votre question qu'est-ce qui est le plus important ça passe pas ou d'utiliser le 49-3 le débat que vous avez il y a beaucoup de gens qui disent il aurait été courageux d'aller jusqu'au bout et de le présenter au débat il y a un peu d'hypocrisie là parce que si le texte est rejeté vous croyez que les opposants l'assemblée auraient dit bravo quel courage non ils auraient dit élections anticipée et dehors la première mise à dire au fond vous présenter le texte vous perdez dehors la première ministre vous présentez le 49-3 et la motion de censure ne passe pas dehors la première ministre c'est un peu facile mais en tout cas ce qui est vrai c'est que dans la situation de crise démocratique morale et sociale que nous connaissons en rajouter tant encore plus des choses en tout cas ce que je crois et c'est là où je pense que le livre peut être intéressant c'est qu'il faut prendre de la hauteur il faut se dire qu'on est dans une crise démocratique et essayez de renouer le contrat avec des Français sur des priorités claires et avec deux mains des équipes gouvernementales qui soient très solides élargi pour tenir ce que prendre de la hauteur pour vous Manuel Valls c'est peut-être justement ne pas promulguer ce texte tout de suite oui mais elle c'est c'est faut faire attention parce que c'est déjà arrivé par le passé pensez évidemment au CPE et la décision de de Jacques Chirac je pense qu'aujourd'hui toute faiblesse toutes faiblesse tout sentiment de faiblesse du gouvernement je veux pas dire qu'il doit agir avec morgue sans écouter les gens représenterait un élément supplémentaire de la crise merci beaucoup Manuel Valls cette revenue nous voir le courage guider leur pas 12 destins face à l'Histoire aux éditions et ses femmes nous incitent à rejeter la tentation de la résignation merci beaucoup d'être venu au revoir