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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 28 septembre 2022 18 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploi

Retraites, budgets : cacophonie en Macronie

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 40 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteÉludée

    Emmanuel Macron, candidat, avait parlé de 65 ans puis de 64 ans. Quel des deux chiffres faut-il retenir ?

  • 0:48RelanceÉludée

    Vous avez reçu un par un chacun des présidents de groupe de l'opposition de la majorité. Vous avez longuement déjeuné avec Emmanuel Macron vendredi pour vous mettre d'accord. Et vous nous dites ce matin que vous ne savez toujours pas ce que vous allez faire.

  • 1:29OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron est-il perdu ? En tout cas, nous, on est perdu.

  • 4:05OuverteRéponse partielle

    Le gouvernement semble hésiter, Thomas, sur la méthode pour faire cette réforme. Va-t-il choisir le passage en force ou la concertation ?

  • 5:47OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce sera 64 ans, 65 ans, le 49-3, pas le 49-3 ? Et c'est dépolitisant, d'une certaine manière, Paul ?

  • 7:20OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il n'y a pas la malédiction du second mandat ? Dans la mesure où Emmanuel Macron ne remplira pas, il n'a plus de moyens, finalement, de tenir des gens, de leur promettre des postes pour telle ou telle échéance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « On aura l'occasion d'avoir ce débat. Je souhaite qu'il y ait du dialogue, de la concertation avec les partenaires sociaux, avec les groupes parlementaires à l'Assemblée. »
  • 0:36Invité politiqueFait
    « On est en train de chercher la meilleure voie pour à la fois mettre en œuvre cette réforme rapidement, à l'été 2023, en même temps trouver une place pour du dialogue et de la concertation. »
  • 1:09Invité politiquePromesse
    « Je peux vous rassurer, la décision, la décision, avec le président de la République, on décidera d'ici la fin de la semaine. »
  • 2:00InvitéChiffre
    « Il y a encore un sondage IFOP la semaine dernière qui dit que 72% des Français sont contre l'allongement de la durée de départ à la retraite et que 19% seraient prêts à manifester. »
  • 3:48InvitéFait
    « Et en plus, voilà, avec un sujet qui, on sait en France, est un sujet extrêmement important auquel tout le monde porte attention, droite comme gauche d'ailleurs, et qui, les plus grandes manifestations qu'on ait connues régulièrement depuis quelques années, c'était aussi au sujet des retraites. »
  • 12:08InvitéFait
    « C'est-à-dire le fait de placer la retraite à 65 ans, ça risque quand même d'énerver dans le corps social, surtout quand on sait que l'espérance de vie en bonne santé est de 64 ans pour les femmes, 62 ans, 62,7 ans pour les hommes. »
  • 12:32InvitéChiffre
    « les autoroutes, les tickets de péage des autoroutes vont augmenter de 7 à 8 %. »
  • 13:35Invité politiqueFait
    « en effet, aujourd'hui on est pénalisé par le fait que la Russie a quasiment arrêté ses livraisons de gaz à l'Europe. D'une part, ça fait flamber le prix du gaz, mais une partie de l'électricité est aussi produite à partir de gaz. »
  • 14:00Invité politiqueChiffre
    « plus de la moitié de nos réacteurs nucléaires sont aujourd'hui à l'arrêt pour des questions de maintenance. »
  • 15:00InvitéChiffre
    « On avait commencé par dire que ça va coûter 3 milliards. Aujourd'hui, c'est toujours pas terminé. Ça coûte 19 milliards. »
  • 15:11InvitéFait
    « on a cédé un actif stratégique de la France, c'est-à-dire la fabrication des turbines qui servent à équiper nos centrales nucléaires. »

Temps de parole

  • Invité39 %
  • Invité 227 %
  • Présentateur23 %
  • Élisabeth Borne8 %
  • Invité 33 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Alors on revient donc sur une interview marquante de ce lundi, notre première ministre Elisabeth Borne est au micro d'Apolline de Malherbe sur BFM RMC ce matin. Après s'être montré timoré sur l'Italie, Borne a abordé le sujet explosif de la rentrée, la réforme des retraites. On regarde un petit extrait.

0:18
Invité

Emmanuel Macron, candidat, avait parlé de 65 ans puis de 64 ans. Quel des deux chiffres faut-il retenir ?

0:25
Élisabeth Borne

On aura l'occasion d'avoir ce débat. Je souhaite qu'il y ait du dialogue, de la concertation avec les partenaires sociaux, avec les groupes parlementaires à l'Assemblée. On est en train de chercher la meilleure voie pour à la fois mettre en œuvre cette réforme rapidement, à l'été 2023, en même temps trouver une place pour du dialogue et de la concertation.

0:48
Invité

Vous avez reçu un par un chacun des présidents de groupe de l'opposition de la majorité. Vous avez longuement déjeuné avec Emmanuel Macron vendredi pour vous mettre d'accord. Et vous nous dites ce matin que vous ne savez toujours pas ce que vous allez faire.

1:00
Élisabeth Borne

Alors vous avez vu qu'on a prévu avec le président de la République d'avoir un échange cette semaine avec naturellement les ministres concernés et les responsables de la majorité. Je peux vous rassurer, la décision, la décision, avec le président de la République, on décidera d'ici la fin de la semaine.

1:19
Présentateur

Alors Paul, Emmanuel Macron est-il perdu ? En tout cas, nous, on est perdu. Voici un duo exécutif qui nous parle d'un projet important, urgent selon lui, tout ce qu'on veut, mais qui n'arrive pas à se mettre d'accord sur une partie de son contenu ou alors qui feint de ne pas se mettre d'accord dessus.

1:35
Invité

Ce qui me semble évident, c'est qu'on a connu la Macronie plus offensive et plus agressive. On a un président qui se fait connaître par des phrases provocatrices et qui ont fait le scandale et que là, ça fait une semaine, une semaine et demie que tout le monde tâtonne. Encore une fois, dans l'entretien, elle le dit, on vous donnera notre décision dans la semaine. La journaliste lui demande, mais pourquoi vous n'avez pas pris de décision ? Il dit, non, on cherche la meilleure solution. Je pense qu'ils sont dans un contexte où c'est difficile.

Il y a encore un sondage IFOP la semaine dernière qui dit que 72% des Français sont contre l'allongement de la durée de départ à la retraite et que 19% seraient prêts à manifester. Donc voilà, je pense qu'ils ne veulent pas enclencher une mobilisation massive alors qu'il y a les premiers appels syndicaux à des mobilisations pour le contexte de l'inflation, de la crise sociale, de la question de l'augmentation des salaires.

Et en plus, voilà, avec un sujet qui, on sait en France, est un sujet extrêmement important auquel tout le monde porte attention, droite comme gauche d'ailleurs, et qui, les plus grandes manifestations qu'on ait connues régulièrement depuis quelques années, c'était aussi au sujet des retraites.

2:41
Présentateur

De toute façon, c'était une grande manifestation sur les retraites, une grande colère autour des retraites qui avait lieu lorsque la crise du Covid est arrivée. On peut aussi se dire qu'il y a une sorte de ruse, de com' là, une manière de créer de l'enjeu autour d'un détail, 65 ans, 64 ans, etc., pour anesthésier en quelque sorte le corps social, Paul.

3:02
Invité

Oui, je pense qu'il y avait une sorte de funambulisme politique parce que tout le long de l'interview, et même pas seulement sur les retraites, il y avait cette idée qu'il fallait minimiser l'état actuel du pays, que ce soit sur l'école, sur différents sujets, elle disait toujours qu'elle avait une tendance à minimiser, à euphémiser le rapport 4, l'état catastrophique qu'il y a dans le pays en termes de besoins de bande sociale, d'une respiration en termes de pouvoir d'achat, en termes d'augmentation des salaires, en termes de nombre de profs. Elle a dit, vous savez, on lui a dit à l'école, qu'est-ce qui se passe ? Elle a dit, non, ne vous inquiétez pas, c'est bien suivi.

Et de l'autre côté, l'idée que le gouvernement fait ce qu'il faut faire. – Et donc du coup, c'était un équilibre très difficile, donc oui, sur cette question-là, je pense qu'ils ont minimisé, et sur la réforme des retraites, ils ne veulent pas dire combien, etc., parce que dès que c'est dit, la bataille s'engage. On sait que c'est dit, et ça sera fait si on ne prévoit pas de s'y opposer, en tout cas si les syndicats ne restent pas.

3:55
Présentateur

– Donc entre énailles, on évoque des détails, on ruse. Le gouvernement semble hésiter, Thomas, sur la méthode pour faire cette réforme. Va-t-il choisir le passage en force ou la concertation ?

4:09
Invité

– Est-ce qu'ils le savent eux-mêmes ? C'est vrai qu'Elisabeth Borne, ce matin, elle avait un petit air de Madalton perdu au fin fond du Texas et tout ça, ne sachant pas trop quoi faire. Et c'est vrai qu'il y a la méthode qui interroge et qui a dressé contre elle une partie de la majorité, notamment François Bayrou, parce que l'idée au départ, c'était d'intégrer cette réforme des retraites dans un article du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Ensuite, on a évoqué l'idée de faire une réforme au début de l'année prochaine. Il y a toujours un peu l'ombre, le spectre du 49-3 qui pèse sur les débats.

Et peut-être que la Macronie va vouloir, pour faire face à une opposition des Républicains, une partie de sa majorité passée en force. Donc j'ai l'impression qu'ils sont un peu perdus. Mais c'est vrai qu'il y a aussi la volonté de discuter de la méthode, de créer des débats, même à l'intérieur de la majorité, autour de la méthode, pour faire oublier le fond de l'affaire. C'est-à-dire qu'on a l'impression que finalement, la réforme, elle est déjà jouée, elle va finir par passer. Il ne nous reste plus qu'à discuter de la manière et des artifices qu'on va mettre autour, notamment la concertation avec ces syndicats, pour essayer de la faire passer.

Et le seul hic qu'il peut avoir dans ce plan peut-être enclenché, même s'il est encore un peu nébuleux, c'est la rue et la contestation sociale qui peut survenir. On se souvient qu'avant le Covid, Emmanuel Macron avait déjà voulu faire passer la réforme des retraites et il s'était opposé à une forte opposition de la rue. Et il avait fallu que Didier Lallement envoie ses meilleurs CRS castagnés du manifestant pour essayer de la faire reculer. Et heureusement, finalement, la crise du Covid est venue interrompre tout ça. Sinon, sans doute, l'exécutif aurait dû reculer.

5:40
Présentateur

Alors, moi, le risque que je vois, c'est qu'on finisse par chroniquer, par débat de ce sujet, comme d'un match de foot, avec quelle option tactique va être prise ? Est-ce que ce sera 64 ans, 65 ans, le 49-3, pas le 49-3 ? Et c'est dépolitisant, d'une certaine manière, Paul ?

5:58
Invité

Bien sûr. Le feuilleton ou la réponse technocratique sont les deux outils qu'ont les gouvernements lorsqu'ils n'ont plus de légitimité politique. Donc, feuilleton, on va mettre en scène, on attend, on fait des ballons d'essai, on joue les prolongations avant le match. En fait, c'est ça, la question. Et puis, technocratie, donc réponse technocratique, ça, on sait que c'est aussi quelque chose pour... Quand on n'a pas de légitimité, vous allez parler de l'Italie tout à l'heure, ils le savent très bien, les Italiens. Ils ont eu des gouvernements avec des technocrates quand il n'y avait même pas de possibilité d'avoir un gouvernement fondé sur des options politiques claires.

Donc, voilà, mais c'est la technique habituelle. À chaque fois, ils nous font le coup. La dernière fois, bon, ils ont voulu être plus offensifs. Mais là, je pense aussi qu'il y a peut-être une volonté d'Elisabeth Borne d'apparaître comme moins brutale parce qu'ils sont dans un moment où ils n'ont une majorité que technique, en fait, à l'Assemblée. Ça dépend de la droite, ça dépend de la complicité du Rassemblement National qui s'est montré, et moi, ça, ça m'inquiète, très offensif. Enfin, faussement offensif, mais vous êtes très offensif, cette question sur les plateaux ce matin.

Après l'émission sur BFM, il y avait encore un des membres du Rassemblement National qui tirait à boulet rouge sur le gouvernement, alors qu'il propose faussement un retour à 60 ans pour certaines catégories. Mais voilà, donc, tout le monde va, comme c'est un sujet central, ce qu'on disait tout à l'heure, tout le monde va essayer de jouer à sa partition, tout le monde va essayer de se démarquer. Donc, voilà.

7:17
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas la malédiction du second mandat ? Dans la mesure où Emmanuel Macron ne remplira pas, il n'a plus de moyens, finalement, de tenir des gens, de leur promettre des postes pour telle ou telle échéance ? Est-ce que, justement, il aura affaire face à l'infidélité d'une partie de sa majorité ? Est-ce que c'est la fin du syndrome des plaies mobiles ?

7:40
Invité

Je ne sais pas. Je pense plutôt qu'ils se demandent comment vraiment ils vont devoir faire passer ça et qu'ils ont des hésitations parce qu'ils veulent faire ça vite. Je pense que sur cette question de deuxième quinquennat, en fait, à vrai dire, non. Je pense qu'ils ont vraiment l'idée de dire, de toute façon, on peut faire passer plein de choses, que ce soit violent ou pas socialement, la retraite, l'assurance chômage, etc. Parce que, justement, notre mandat, c'est de faire ça, de faire les transformations qu'ont demandées l'Union européenne et qui est l'agenda de la classe dirigeante aujourd'hui et qui sont juste embêtés parce qu'il y a un contexte pareil sur bouclier tarifaire, etc.

Les possibilités de budget austéritaire vont être un peu retardées par la nécessité d'anesthésier un peu le champ pour ne pas être aussi brutal, tout en menant des réformes aussi. Donc, je ne sais pas si c'est une question de légitimité, une question de troupes déployées.

8:25
Présentateur

Les ambitieux peuvent pouvoir jouer des coups pour donner l'impression d'être différent de Macron et investir sur 2027, Thomas.

8:33
Invité

— C'est vrai que le risque pour Emmanuel Macron, c'est qu'il fasse un deuxième mandat à la Chirac où, en fait, je pense que c'est sa peur aussi, c'est-à-dire qu'il ne puisse plus faire de retraite, qu'il puisse plus faire de réformes, qu'il puisse plus rien faire passer.

8:46
Présentateur

— On va aller à la retraite sans faire la réforme des retraites.

8:47
Invité

— Voilà. Exactement. Cette réforme des retraites, ça fait quand même depuis 2018-2019 qu'il l'envisage. Il y a eu plein de contretemps, de rebuffades populaires. Et c'est vrai que là, il veut faire passer un maximum de choses. Mais c'est vrai que plus on va s'approcher de 2027, plus ces lieutenants vont être à couteau tiré. Et puis il y aura les Républicains qui, aujourd'hui, ont l'air de plutôt voter comme lui, qui vont petit à petit jouer leur carte.

9:10
Présentateur

— Alors sur le budget, aussi, ce sera tendu, on imagine, parce que les Républicains ne vont sans doute pas le voter, même s'ils sont d'accord sur les grandes options avec la Macronie. Et là, on va se rendre compte, Thomas, de la difficulté de gouverner sans majorité.

9:22
Invité

— Ben peut-être. Et c'est pour ça que Gabriel Attal, je crois, a parlé du recours probable au 49-3 sur la question du budget. Je pense que, de toute façon, ils seront de plus en plus tentés de gouverner par le passage en force pour contourner cette majorité qui est quand même très hétéroclite et qui n'est pas très franche.

9:39
Présentateur

— Alors, Paul, le budget sera vraiment l'occasion de voir dans quelle mesure on peut continuer sur le logiciel néolibéral tout en faisant face aux crises multiformes énergétiques, la guerre et puis même la crise de la mondialisation. Ce sera vraiment un moment de test.

9:59
Invité

— Oui, d'autant plus que tu disais sur le 49-3, il y a un avantage. C'est qu'en fait, depuis, l'usage du 49-3 est limité, mais il y a le droit à une fois sur le PLF, ou le PLFSS, et une fois ensuite dans la mandature. Donc ça veut dire qu'ils peuvent l'utiliser là pour le budget et ensuite en garder un autre projet. Bon, effectivement, je pense que c'est ce qu'ont dénoncé tous les représentants de la gauche cet été, c'est la politique du petit chèque, des petits systèmes. Elle a une phrase qui est extraordinaire dans l'entretien. Elle dit « le bouclier tarifaire est prolongé » et je cite « pour que les ménages ne soient pas trop pénalisés ».

C'est-à-dire que quand même, en gros, le plan, c'est quand même d'être pénalisé. Et elle dit derrière « c'est 15% sur l'énergie », etc. — 15%, c'est énorme. — Exactement. Enfin, je veux dire, c'est parce que ces personnes-là, ils ne sont pas à 15% près de l'augmentation de leur budget personnel. Mais enfin, les gens qui sont aujourd'hui en difficulté économique, pour eux, c'est énorme. Et même 5% serait énorme, sans compter les effets de l'inflation sur tout le reste, sur l'alimentation, etc. Donc oui, je pense que ça va être une continuation de ce que c'est. On navigue la crise, on l'externalise. C'est toujours la faute à l'extérieur. Une grande...

C'est oui, vous savez, bon, il n'y a pas de responsabilité d'augmentation des prix de la part des entreprises. C'est toujours des phénomènes extérieurs. Là, c'est le lien avec le conflit et le problème énergétique, ce qui est vrai. Il y a un lien entre l'inflation et la question énergétique, la crise énergétique, mais pas...

11:20
Présentateur

— On parlera de la crise énergétique, mais sur le budget, si, au moment où on discute du budget, que ça coince, que le gouvernement veut faire intervenir le 49-3, ou qu'on discute de la réforme de retraite et que les mêmes modalités s'en suivent, si, à ce moment-là, dans les portefeuilles et dans la rue, c'est tendu, eh bien, Thomas, tout peut arriver.

11:39
Invité

— Oui, tout peut arriver. Alors c'est vrai qu'il y a des mobilisations qui ont commencé, notamment jeudi dernier dans le secteur de la santé. Il y aura une mobilisation jeudi prochain, le 29 septembre. Il y a une marche qui sera organisée contre la vie chère par la France insoumise le mi-octobre, je crois, le 16 octobre. Donc il y a des rendez-vous qui sont fixés. Alors pour l'instant, on a l'impression que la mayonnaise ne prend pas forcément. Mais ça peut venir d'un moment à un autre. Et c'est peut-être pour ça qu'ils ont du mal à se fixer sur un âge de la retraite déterminé et qui soit très haut.

C'est-à-dire le fait de placer la retraite à 65 ans, ça risque quand même d'énerver dans le corps social, surtout quand on sait que l'espérance de vie en bonne santé est de 64 ans pour les femmes, 62 ans, 62,7 ans pour les hommes. On va demander à des gens de travailler au-delà de leur espérance de vie en bonne santé. Donc c'est vraiment une mesure de sacrifice. Et puis j'entendais les habillés de borne ce matin. C'était une toute petite partie de l'interview. Mais à un moment, on a dit les autoroutes, les tickets de péage des autoroutes vont augmenter de 7 à 8 %. Alors c'est quand même extraordinaire.

Ces autoroutes-là qu'on a libéralisées alors qu'elles étaient très rentables sous Dominique Villepin en 2005, on a fait un cadeau à des géants comme Vinci. On va continuer à leur faire des cadeaux. C'est-à-dire, alors qu'ils sont déjà très rentables, qu'ils engrangent des bénéfices records avec ces autoroutes, on va continuer à augmenter leurs tarifs au lieu de leur imposer. Alors elle dit oui, on va voir, on va discuter avec eux, la hausse va être contenue. Mais non, on devrait peut-être avoir des politiques autres comme la renationalisation des autoroutes. Et c'est tout comme ça. Tout est comme ça.

13:08
Présentateur

Alors on parle maintenant d'un sujet qui préoccupe les Français, qui a été abordé par Elisabeth Borne ce matin. C'est l'énergie. On passe à Magneto.

13:16
Invité

Cette question de la corrélation entre la guerre en Ukraine et les prix de l'énergie en France, elle n'est pas, vous le dites, elle n'est pas évidente sur le bois, mais elle n'est pas non plus si évidente sur l'électricité. C'est-à-dire que si quand même nos réacteurs aujourd'hui fonctionnaient, on ne serait pas obligés de demander aux Français d'attendre avant d'allumer le chauffage.

13:32
Élisabeth Borne

Alors, si on réexplique, en effet, aujourd'hui on est pénalisé par le fait que la Russie a quasiment arrêté ses livraisons de gaz à l'Europe. D'une part, ça fait flamber le prix du gaz, mais une partie de l'électricité est aussi produite à partir de gaz. Donc ça explique que ça tire les prix de l'électricité vers le haut. Et puis vous avez raison de dire qu'il y a un deuxième élément qui est que plus de la moitié de nos réacteurs nucléaires sont aujourd'hui à l'arrêt pour des questions de maintenance. Donc tout ça contribue à faire monter les prix de l'énergie.

14:09
Présentateur

Alors, au sujet de l'énergie, il y a un dossier qui pourrait revenir au visage, en boomerang, au visage d'Emmanuel Macron, c'est celui de la cession de la branche énergie d'Alstom à Général Électrique, dans un contexte où on parle de capacité de la France d'entretenir ses centrales. Le député LR, Olivier Marlet, a lancé une commission d'enquête parlementaire à ce sujet. Et la question de la politique, est-ce que c'est seulement la guerre en Ukraine qui nous a amenés là ou est-ce qu'il y a une question politique, de politique industrielle qui s'est mal faite ? Elle est explosive, Thomas ?

14:41
Invité

Effectivement. C'est-à-dire qu'Elisabeth Borne a parlé de l'Ukraine. Alors l'Ukraine, ça a bon dos. Effectivement, il y a une partie de la hausse de l'énergie qui est causée par ça. Mais c'est vrai que la moitié des centrales sont à l'arrêt. Il y a les réacteurs de nouvelle génération comme l'EPR de Flamanville qui n'arrivent pas, qui sont des gouffres financiers. On avait commencé par dire que ça va coûter 3 milliards. Aujourd'hui, c'est toujours pas terminé. Ça coûte 19 milliards. Donc il y a un vrai problème de politique énergétique.

Et effectivement, ce que tu as évoqué sur l'affaire Alstom, quand même, on a cédé un actif stratégique de la France, c'est-à-dire la fabrication des turbines qui servent à équiper nos centrales nucléaires. On l'a cédé à un géant américain qui maintenant n'en veut plus trop.

15:23
Présentateur

Qui nous revend.

15:24
Invité

Qui nous revend. Ça pose un problème de souveraineté, mais ça pose aussi un problème industriel. Ça veut dire que ça joue aussi dans l'actuelle crise énergétique qu'on vit.

15:33
Présentateur

Alors, c'est aussi une manière pour la droite, Paul, de revenir sur le sujet de l'énergie puisque finalement, les grosses, les catastrophes les plus voyantes, en tout cas dans le domaine de la planification énergétique, c'est plutôt sous Hollande et sous Macron.

15:50
Invité

Oui, mais je pense que surtout la question, c'est du coup, est-ce que la puissance publique veut intervenir sur ces questions-là ? On l'a vu, ce que tu dis sur Alstom, c'est qu'en gros, quand il s'agit de négocier pour des groupes, etc., ça le travail est fait. La question, c'est dans l'autre sens. Est-ce qu'on doit intervenir contre des groupes ? Il y a un aveu très clair dans l'entretien d'Eyde Bessborn.

Elle dit, il est important que les grandes entreprises qui fournissent de l'énergie n'anticipent pas non plus sur une flambée durable des prix de l'énergie et elle dit plus ou moins qu'elle avoue un peu plus ou moins qu'il y a une question sur cette fixation des prix au niveau des grandes entreprises énergétiques qu'ils vont recevoir, je crois que le gouvernement va recevoir mercredi et du coup, elle dit, mais qu'est-ce qui va se passer ? Rien du tout parce qu'on sait qu'à chaque fois que c'est une question pour les grandes entreprises, là, on les cajole, on dit, il faudrait que vous auriez, vous seriez bienveillant de faire comme sur les superbonnus des 10 ans.

16:41
Présentateur

On vous propose de,

16:41
Invité

on voudrait bien que ? Elle dit, il faut changer de culture à un moment pour embaucher les seniors parce qu'elle dit, je sais que pour certains travailleurs seniors, ça n'est pas facile de trouver un emploi. Donc voilà, on est dans un vocabulaire de l'accompagnement gentillé des grandes entreprises et par contre, quand il faut prendre des décisions sur le blocage des prix, j'ai même vu un jour le patron du Medef dire, attendez, sur les questions de l'énergie et de l'électricité, il va falloir bloquer les prix. Je veux dire, ce n'est pas non plus un grand bolchevik, roue de mes yeux, mais voilà, refus systématique d'intervenir de ce côté-là du sujet.

17:13
Présentateur

On cajole les patrons et pour l'assurance chômage, on utilise le bazooka. Merci Paul et Thomas pour cet éclairage. Pour s'abonner, c'est le media tv.fr slash soutenir. N'hésitez plus, entrez dans la barque de la première coopérative médiatique de France et regardez notre antenne en continu. Restez connectés aux médias. Merci.

17:33
Locuteur

Merci. Merci.