Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France - 02/05
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Nous sommes en direct pour BFM Politique avec BFM Business et Edwige Chevrillon. Je vous l'ai dit à l'anglaise là, Edwige. Oui, Edwige. Henri Vernet pour Le Parisien, notre invité ce midi et candidat à l'élection présidentielle, président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Bonjour et bienvenue. Nous allons évidemment commencer avec cet accord annoncé ce matin par Jean Castex, Premier ministre. Accord en vue des régionales dans la région sud, anciennement PACA. Il n'y aura pas de liste La République En Marche. La République En Marche va soutenir le président sortant LR, Renaud Muselier.
Sauf que communiqué de presse qui est ici des Républicains dans la foulée, Christian Jacob, le président des Républicains, retire l'investiture à Renaud Muselier et il y a en chaîne toute une série de réactions. Quelle est votre réaction à cet accord ?
Que l'accord Macron-Muselier, c'est un terrible aveu d'échec pour Emmanuel Macron. Parce qu'En Marche est incapable de se mettre sur la ligne de départ de ses élections régionales. Premier aveu d'échec, il a été aux élections municipales. L'échec d'En Marche. Le deuxième aveu d'échec, c'est ses élections régionales. Rappelez-vous, le président de la République a tout fait, tout essayé pour qu'elles n'aient pas lieu et les repousser après la présidentielle. Et maintenant qu'elles ont lieu, il est en train de masquer l'échec à venir avec ses manœuvres. Et le troisième échec, je vais vous le dire, ça sera aux élections présidentielles l'an prochain et j'y mettrai toute mon énergie.
Du côté de l'exécutif, on parle plutôt d'une clarification. Une clarification qui pourrait intervenir d'ailleurs au niveau national.
Qu'il ne nous prenne pas pour des imbéciles. Quand le président de la République passe autant de temps, lui-même, en invitant à déjeuner des hauts responsables de la droite à l'Elysée pour parler des élections en pleine crise Covid, non mais quelle honte ! Quelle honte ! Et je le dis à Renaud Muselier, il fait une erreur. Une terrible erreur. Parce que seul, il peut gagner. Avec En Marche, il ne gagnera pas. Et cet accord, il est irresponsable. Parce qu'il fait du Front National le premier opposant, le seul opposant.
Ce n'est pas un échec pour votre ancien parti, Xavier Bertrand, pour le Républicain ?
Attendez, il nous amènera cet accord au déshonneur et à la défaite. Et comme le disait quelqu'un d'illustre, il est toujours temps de ne pas se ruer dans la servitude. C'est ce que disait le général de Gaulle. Et en tout état de cause, les Républicains n'ont pas vocation à être les supplétifs d'En Marche. Donc ce n'est pas un échec pour votre ancien parti ? C'est un échec pour le président de la République. Vous savez, nous ne nous prenons pas pour des cérébrés. On va essayer de nous refaire l'histoire à l'envers. Mais c'est parce qu'ils sont incapables de présenter une liste qui est en mesure de l'emporter En Marche. C'est ça la stratégie du président de la République.
Alors du coup, le Rassemblement national en profite ce matin, évidemment. Je vais vous montrer deux tweets. Le premier, c'est de Jordan Bardella, qui lui est candidat en Ile-de-France, vice-président du Rassemblement national. Il appelle les sympathisants LR à rejoindre le Rassemblement national. Il demande si Emmanuel Macron doit présider votre commission d'investiture, dit-il aux sympathisants LR. Et puis votre candidat dans les Hauts-de-France, Sébastien Chenu, lui aussi, il va de son tweet ce matin. C'est officiel. Voter Xavier Bertrand au Régional, c'est voter En Marche, dit-il.
L'alternative que je propose aux Français, elle permettra d'éviter Mme Le Pen. Et elle permettra de mettre un terme au macronisme. Et je le dis aussi à mes amis. Soyez fiers de vos valeurs. Soyez fiers de vos idées. N'ayez pas peur. Ne cédez pas au défaitisme. J'ai la conviction que nous pouvons gagner et que nous allons gagner seuls. J'ai la conviction que les solutions que nous proposons sont les seules qui peuvent redresser le pays. Et j'ai la conviction que la victoire est au bout du chemin pour ceux qui resteront droits, ceux qui resteront confiants. C'est ça la vérité de la politique. C'est ça aussi la vérité de ce à quoi je crois.
Et ce pourquoi je mettrai toute mon énergie. Une dernière question avant de passer la parole à Henri Vernet. Pourquoi est-ce que vous, vous n'êtes pas resté républicain du coup alors ?
J'ai fait un choix parce que je voulais aussi une totale liberté. Et je suis convaincu qu'une élection présidentielle, c'est la rencontre entre un homme, une femme et le peuple français. Et je ne veux pas de filtre. Et je ne veux pas de filtre. La décision qui est prise aujourd'hui est une décision qui permet de clarifier de la part des républicains. Mais si je ne suis plus dans un parti, ce n'est pas pour donner des conseils, mais je leur fais partager cette conviction. C'est en restant nous-mêmes que nous gagnerons. Pas d'arrangement, pas de compromission.
Et un président de la République qui passe autant de temps, en pleine crise du Covid, à ses petites manœuvres, à ses tambouilles, ça n'est pas digne.
– Alors justement, dans votre région, les Hauts-de-France, votre posture, votre position depuis le début, ce n'est pas d'alliance. En l'occurrence, pas d'alliance avec le ministre des Retraites, Laurent Péterziski, qui dirige, qui conduit la liste LREM. Est-ce que vraiment, vous allez tenir cette position ? Vous avez une liste d'union de la gauche, c'est la seule région où la gauche est unie.
– Même projet, même liste, premier et deuxième tour. – Donc même pas d'arrangement, pas de confusion. La clarté, la vérité, la transparence, c'est ce dont les Français ont singulièrement besoin. Et je me tiendrai à cette ligne-là.
– On vous l'a proposé, cela dit, cette alliance. Est-ce que les macronistes vous ont approché pour faire une manœuvre un petit peu analogue à ce qui se passe en PACA ? Ou est-ce qu'au contraire, ils se disent, si jamais il y a un cadre angulaire, ça pourra faire tomber un concurrent sérieux pour la présidentielle ? – Est-ce qu'ils vont proposer ? Ça ne risquait pas.
Un, ils connaissaient par avance la réponse, non. Deuxièmement, demandez à Emmanuel Macron, mais je pense que ça l'arrangerait bien que je perde.
– Xavier Bertrand, est-ce que vous pouvez nous confirmer que si vous êtes battu à cette élection régionale, vous ne vous présentez pas à l'élection présidentielle ?
– Évidemment. Ma légitimité, je la tiens de la confiance des habitants des Hauts-de-France.
– Mais en même temps, vous ne parlez que de présidentielle.
– Je vous répondrai. Si vous souhaitez que je vous réponde, je vous réponds. C'est ma légitimité. Si je n'ai pas la confiance des habitants des Hauts-de-France, si 6 millions d'habitants des Hauts-de-France ne me font pas confiance, je ne vais pas les solliciter. Celles de 67 millions de Français, c'est tout simplement impensable.
– Henri ? – Il y a 5 ans, Marine Le Pen qui conduisait la liste, c'était arrivé en tête, il y a eu un front républicain en votre faveur, le PS et la gauche s'est retirés. Est-ce qu'au cas où la liste de M. Chenu arrivait en tête ce coup-ci, est-ce que vous vous attendez à ce qu'il y ait un front républicain ? Est-ce que vous viseriez là-dessus ? – On verra qui sera républicain et qui ne le sera pas.
Mais une chose est certaine, en ce qui me concerne, c'est la ligne droite et c'est la clarté. Et je suis convaincu qu'en ces temps si troublés où on essaye de nous refaire l'histoire à l'envers, c'est vraiment ce qu'attendent nos concitoyens. Vous savez, j'ai été élu, c'est vrai, la fois dernière, parce que Pierre de Saint-Ignon avait décidé de ne pas se maintenir, avec un comportement totalement républicain. Et je l'avais indiqué, moi j'avais donc pour mission à la fois de ne pas trahir mes électeurs, de ne pas changer de projet, mais de bien comprendre que quand on est élu, surtout face au Front National, on a une obligation.
C'est de faire une politique qui ne piétine personne, qui ne méprise personne. Et j'ai aussi compris que le sectarisme était interdit. Je ne suis pas sectaire, mais j'ai aussi veillé à travailler avec toutes celles et celles et celles
qui répondaient au nom de l'intérêt général.
Je vous l'ai dit tout à l'heure, même liste, même projet, premier et deuxième tour, je n'en changerai pas. Quelles que soient les circonstances, je n'en changerai pas.
Est-ce que vous redoutez une très forte abstention dans ces élections régionales, vu le contexte en plus, vu leur date assez tardive ? Comment faire pour que nos concitoyens reviennent dans les bureaux de vote ?
On ne va certainement pas avec les tambouilles que cherche à nous imposer le président de la République et on marche. Certainement pas comme ça. Oui, il y aura certainement une forte abstention, parce que les Français, on le voit bien, n'ont qu'une envie, c'est de sortir de ce cauchemar du Covid et aider les beaux jours, de pouvoir penser à autre chose que la politique. Et pourtant, ces élections sont importantes. Les départementales comme les régionales, compte tenu des pouvoirs des régions, pour les six ans qui viennent, qui dirigera leur région ? Qui fera de l'emploi la priorité, de la sécurité, de la santé ? Qui sera capable d'avoir justement une véritable efficacité ?
Et ce, au nom de la proximité. C'est la conviction que j'ai avec le projet de République des Territoires que je porte pour cette élection présidentielle. Et moi, j'ai bien l'intention, lors de ces élections régionales, de mettre ce projet en application.
Xavier Bertrand, hier, mobilisation du 1er mai, journée internationale du travail. Il y a eu des violences en fin de cortège à Paris, place de la Nation, des membres du service d'or de la CGT prises à partie. Selon leur déclaration, la plupart de leurs agresseurs étaient habillés en noir, des black blocs, qui ont d'ailleurs tagué CGT collabos du pouvoir. Alors, ça fait sourire les membres de la CGT, qui eux se considèrent plutôt une opposition au pouvoir d'Emmanuel Macron. Ces black blocs reviennent désormais quasiment à chaque manifestation. Qu'est-ce qui fait que vous, élus, ça n'arrivera plus ?
Il est temps de mettre hors d'état de nuire les black blocs. Les black blocs qui ont complètement détourné le message du départ des Gilets jaunes. Les black blocs qui sont en train de tuer le droit de manifester dans notre pays. Donc, il y a tout un enjeu de détection, de surveillance et de les mettre hors d'état de nuire. Hier, ils se sont dit dans une manifestation qui était autorisée. Mais à chaque fois, il faut faire de leur interpellation une priorité, et surtout derrière, que la justice passe et qu'elle passe durement. Quand vous êtes masqué, c'est un acte qui est condamnable.
Quand vous avez, que ce soit dans votre sac à dos ou à la main, une arme même par destination, ça peut être une sanction jusqu'à plusieurs années de prison. Il faut les mettre hors d'état de nuire. Ils sont un danger pour la démocratie. Et ils sont aussi un danger pour la démocratie sociale. Vous voyez, ça montre également que, Covid ou pas, nous sommes ramenés à la réalité du pays. Même un 1er mai. Et la réalité du pays, c'est des violences qui sont toujours là, qui ne semblent pas maîtrisables. Elles doivent être maîtrisées. Et c'est aussi autre chose. Il y a une colère sociale qui est sous-jacente dans notre pays.
Et il faut bien comprendre que quand le gouvernement nous dit « mais on va avoir une reprise formidable, on va avoir une ambiance quasi anéphole » pour ceux qui peuvent, il y aura justement des jours heureux. Mais il y a aussi toute une France qui, elle, je n'ai pas l'intention de la laisser sur le carreau. Les inégalités avec la crise que nous rencontrons, elles vont être accentuées. On va en parler de ça. Et je l'ai aussi bien souvent indiqué, on doit réduire les fractures. Et les réduire en priorité. Et je pense que la réponse que je propose, notamment sur la restauration de la valeur travail, apportera des solutions.
Justement, il y avait des Gilets jaunes aussi au sein de ces manifestations. Est-ce que vous redoutez qu'il y a de nouveau des tensions sociales, de nouveau des Gilets jaunes ? Est-ce que vous pensez qu'on va vivre bientôt un printemps social ?
Mais pourquoi ça aurait disparu ? Les revendications portées par les Gilets jaunes au début. C'était quoi ces revendications ? C'était des gens qui, travaillant, disaient « Je travaille et je n'arrive pas à m'en sortir. Je n'arrive pas à garantir l'avenir de mes enfants. » Il y avait un deuxième message. Quand on n'habite pas au cœur des métropoles, on n'est pas pour autant des citoyens de seconde zone. Où sont les réponses ? Il y a eu un grand débat, deux millions de personnes y ont participé. Elles sont devenues quoi, les conclusions du grand débat ? Rangées.
Parce que le président de la République était trop content d'être sorti de cet épisode de Gilets jaunes sans apporter de réponse à cette colère. Les Gilets jaunes, c'est le dernier avertissement, avec une secousse beaucoup plus grave encore. Et si on ne répond pas à leur attente, si on ne redonne pas de l'espoir par rapport justement à l'avenir des enfants, de tous ceux qui se reconnaissaient dans les Gilets jaunes, notre pays connaîtra cela. Et très clairement, Emmanuel Macron est disqualifié pour apporter cette réponse. Et Mme Le Pen, avec son torrent de démagogie, est tout autant disqualifié pour apporter la moindre réponse. Voilà pourquoi il faut une alternative.
Je voudrais que nous parlions de la rentrée des classes. C'est demain, en présentiel, pour l'ensemble des lycéens désormais, puisque la semaine qui vient de s'écouler, ils étaient en distanciel en raison de la Covid. Les lycées qui sont dans les prérogatives du président de région que vous êtes, ils seront testés, autotests une fois par semaine pour eux, deux fois pour le personnel. Est-ce que vous êtes prêts ? Est-ce que vous êtes prêts dans les Hauts-de-France à les accueillir, à mettre en place les tests ? C'est l'État qui organise ces tests.
La région est prête à y collaborer, à collaborer, mais il y a déjà un problème. Et j'ai écrit ce week-end au ministre de l'Éducation nationale. Parce que les tests se sont prévus. J'espère que tous les élèves pourront être testés, les personnels. Mais le gouvernement a oublié les personnels des régions, des départements. Alors que ce sont nos personnels qui servent à la cantine, qui entretiennent justement les locaux.
Donc vous n'avez pas assez de doses pour tester tout le monde dans les établissements ?
La région est associée, oui ou non, en l'occurrence pas assez. Autant nous avons un vrai travail collaboratif, notamment avec les recteurs chez nous, ou avec les espaces numériques de travail pour faire justement les cours en distanciel. On a vraiment bien travaillé ensemble. Et notamment dans la région des Hauts-de-France, la semaine dernière notamment, on a eu des pics à 800 000, 1 million de personnes. On n'a pas eu de difficultés. Donc ça, c'est notre rôle. On a mis aussi des masques à disposition. Et je continuerai inlassablement. Ce que je dis au ministre de l'Éducation nationale, n'oubliez pas nos personnels, parce qu'ils sont tout aussi importants.
Mais j'espère aussi que dans les jours qui viennent, tous les enseignants et tous les personnels pourront être vaccinés. C'est quand même un singulier scandale que l'ensemble des enseignants ne puissent pas être vaccinés au moment où je vous parle.
Vous avez une réponse, Jean-Michel Blanquer, M. Bertrand ?
Écoutez, déjà, c'est inimaginable qu'on ait oublié. Je veux que ce soit rectifié pour demain. Demain matin, à 8h, je serai dans un lycée de la région pour me rendre compte par moi-même, pas en lisant des rapports, me rendant compte par moi-même pour voir comment les choses se passent. Mais il faut bien voir que tous les personnels, personnels enseignants de direction, les personnels des départements, des régions, ont été exemplaires pendant toute cette crise. Il faut tout simplement que le ministère comprenne ce qu'est une logique de terrain et ce dont on a besoin sur le terrain. Et quand on protège les agents, on les protège tous, pas seulement quelques-uns.
Alors cette vaccination, en revanche, elle est désormais accessible, elle est ouverte à partir de 18 ans, à condition de présenter une comorbidité, ou visiter par exemple, cela dit sur simple déclaration. Ça, c'est un moyen que vous saluez pour accélérer la vaccination ?
Écoutez, que l'on vaccine le plus vite possible et tout le monde. C'est dans les colonnes du Parisien que j'avais indiqué début janvier que nous allions dans le mur avec la stratégie vaccinale. Il y a un échec en termes de vaccination en France. Deux mois de retard par rapport aux autres pays, c'est un échec. Ça ne s'appelle pas autrement. Ça ne s'appelle pas autrement. Il y a la question du choix du début de ne pas avoir de vaccin français, le pays de Pasteur, ne pas avoir un vaccin. Le choix de ne pas mettre les moyens sur la table. Vous savez, moi je ne suis pas fan de Donald Trump.
Mais toujours est-il que quand il a convoqué tous les fabricants en disant « dites-moi ce que je dois mettre sur la table », alors même qu'il ne savait pas si ça marcherait, il l'a fait. Boris Johnson, c'est pareil. Quand il fait le chèque à AstraZeneca pour dire « je vais faire ».
AstraZeneca, 80 millions de subventions européennes. Le développement d'AstraZeneca avant le Brexit. C'est Boris Johnson qui a payé.
Les Canadiens, c'est pareil. Ils ont fait le chèque avant de savoir si ça marchait. Parce que quand il s'agit de protéger la santé, vous prenez tous les risques qui s'imposent. C'est ma conception de la politique. Et si ça n'avait pas marché, on leur aurait fait certainement le reproche. Mais en attendant, ils n'ont pas hésité à faire ce qu'il fallait pour avoir un vaccin. Et on voit bien aujourd'hui, quand je parle d'échec, on a toujours deux mois de retard sur la vaccination. Vous pouvez me faire un communiqué de presse tous les soirs en disant que ça va s'accélérer.
La réalité aujourd'hui, c'est que deux mois de retard, ce sont bien évidemment des malades, mais c'est aussi une vie normale qui ne reprend pas tout de suite. Et je l'avais aussi indiqué sur les choix. On fait des choix en fonction de l'âge. J'aurais aimé, à partir du moment où les plus fragiles ont été vaccinés, que l'on vaccine en priorité tous ceux qui sont les plus exposés. Il y a les forces de sécurité, il y a les enseignants, mais il y a aussi tous ces salariés qu'on appelle de la seconde ligne, qui eux sont plus exposés, qui peuvent aussi contaminer. Que ce soit les chauffeurs routiers, les livreurs, les caissières, les chauffeurs de taxi.
On a dit qu'on allait justement les vacciner quand ils ont plus de 55 ans. Mais comme pour le reste de la population, allons.
Xavier Bertrand se l'a dit, est-ce qu'il n'y a pas quand même une responsabilité collective ? Vous avez été ministre de la Santé, ça ne date pas d'il y a trois ans, le problème de la santé en France. Parce que la découverte d'ARN, de l'Institut Pasteur, ça remonte à quand même de nombreuses années. Donc il y a peut-être une responsabilité collective. Et je voudrais revenir surtout sur les initiatives régionales. On voit que, peut-être pour aller plus vite, on voit ce qu'a décidé le maire de Bastia, par exemple, de dire, c'est simple, le soir, s'il reste des doses, on vaccine tout le monde. Y compris 18 ans, 19 ans, les jeunes, les vieux. Est-ce que c'est des bonnes idées ?
Est-ce que c'est comme ça qu'on pourra aller plus vite ?
Ça s'appelle le bon sens. Ça s'appelle le pragmatisme. Mais ça veut dire que pour cela, il faut renoncer une fois pour toutes au centralisme parisien. Et faire confiance au terrain. C'est le sens de la République des Territoires que je propose. Que ce soit l'État, quand il y a des crises sanitaires, mais un préfet est capable de faire preuve de beaucoup plus de pragmatisme, de bon sens. Et aussi, bien évidemment, les élus locaux. Mais allons jusqu'au bout du raisonnement. Vous me disiez, chaque collectif, excusez-moi, il y a eu une époque où sous l'autorité du président Chirac, j'étais chargé de conduire un plan pandémie. On avait à l'époque 1,4 milliard de masques.
Parce qu'il y a un président de la République qui a dit, on fait ce qu'il faut. Et on n'a jamais manqué de masques au moment notamment...
J'étais sur la recherche, j'étais sur l'aspect recherche.
Oui, mais vous me disiez, c'est la question de l'anticipation qui s'impose à chaque fois. Parce qu'en matière de santé, on n'en fait jamais trop. Alors vous l'avez dit, je réagis comme cela parce que je suis aussi un ancien ministre de la Santé. Mais je sais que la question de la santé est fondamentale. Et ce que nous devons aussi avoir à l'esprit, c'est que pendant cet été, où je le souhaite, nous puissions retrouver au maximum une vie normale, c'est que cet été, on tienne les promesses de l'an dernier. C'est-à-dire qu'on ait davantage de l'île de réanimation. Que l'on ait aussi davantage de l'île de réanimation, que l'on puisse recruter et que l'on puisse former.
Je souhaite aussi que, dès maintenant, et je demande, je demande au gouvernement que l'on accélère sur la question de la vaccination pour les adolescents. Des pays sont déjà en avance. Il n'est pas question de trouver un nouveau retard. C'est-à-dire qu'on déconfine alors que le taux d'incidence est encore élevé. Mais il est aussi normal, encore une fois, je vous l'ai dit, qu'on sorte de ce tunnel, de ce cauchemar. Mais clairement, que l'on puisse prendre toutes les mesures qui s'imposent pendant l'été pour ne pas connaître à nouveau une rentrée, qui serait une rentrée avec des mesures de restriction.
Parce que ne l'oublions pas non plus, quand on nous dit la vie normale, les jours heureux, les années folles, il faut aussi penser à ces 100 000 familles, où l'un des leurs est parti avec cette crise du Covid. Et donc la vie, ensuite, ne sera pas la même. C'est une évidence pour eux. Je pense qu'il faut aussi avoir... On parle beaucoup des soignants, mais aussi qu'on parle des victimes. Est-ce que vous êtes vacciné vous-même ? Et si c'est le cas, avec quel vaccin ? Je ne le suis pas encore. Je ne le suis pas encore. Par choix ou par... Non, non, moi, je suis pro-vaccin. Je l'ai déjà dit, d'ailleurs, dans vos colonnes, début janvier, j'avais indiqué, moi, je suis pro-vaccin, par principe.
J'entends bien évidemment me faire vacciner et je prendrai... Mais vous avez pris rendez-vous, vous l'essayez ? Pour tout vous dire, j'ai regardé ce week-end, c'était possible que dans la semaine, je vais essayer de me faire vacciner le week-end prochain. Je ne voulais pas passer en priorité. Et même si les plus de 55 ans, les plus de 55 ans, la vaccination est ouverte pour eux, je vais le faire là dans les jours qui viennent et je prendrai exactement ce qu'il y aura ce jour-là. Pfizer, Moderna ou AstraZeneca, sans aucune hésitation. Je suis pro-vaccin et je l'assume.
Le calendrier de réouverture, la levée des brevets, mais également vos propositions en matière de sécurité. Voilà le programme de la suite de BFM Politique dans quelques instants, juste après cette courte pause. A tout de suite. La suite de BFM Politique. Xavier Bertrand est notre invité ce midi. Regardons le calendrier des réouvertures. Il a été présenté par Emmanuel Macron. Quatre étapes qui commencent demain jusqu'au 30 juin. Est-ce que c'est cohérent, cette chronologie, selon vous ?
Je vous l'ai indiqué. Ce qui est important, surtout, c'est qu'on sorte de tout cela. Sorte de tout cela et qu'on retrouve la vie la plus normale possible et le plus rapidement possible.
Donc c'est cohérent.
La seule chose, c'est qu'il faut également qu'on soit très vigilants pour éviter toute reprise. Voilà les raisons pour lesquelles je vous indiquais que dès cet été, il faut qu'on s'arme pour faire face au virus qui n'aura pas complètement disparu et qu'on accélère la vaccination. Ça, c'est l'enjeu essentiel. Alors dans ce calendrier de réouverture... On a parlé de la santé, mais il faut aussi qu'on parle d'économie.
On va le faire dans quelques instants, juste sur cet aspect de réouverture. Dès maintenant, sur la réouverture, vous parlez de réouverture.
Parlons de la réouverture. Juste sur la réouverture, elle sera conditionnée à des accès sanitaires.
Je vais y revenir dans un instant.
Les cafés, hôtels, restaurants, tout le secteur de l'événementiel, le secteur touristique, nos parcs d'attraction, nos forains, il faut aussi bien veiller à ce que, dans cette sortie de confinement, on puisse les accompagner et qu'on ne leur retire pas le tapis tout de suite si on veut les garder. Le chômage partiel a été une réussite parce que ça a permis de garder le lien entre l'entreprise et les salariés. Mais il faut que l'on garde nos entreprises qui, pour certaines, sont saignées depuis le premier confinement.
Et au moment où ça va rouvrir, notamment, je voyais la semaine dernière à Lille des cafés, des restaurants qui me disent si on nous propose de rouvrir une terrasse, moi, je ne pourrais pas m'en sortir. Et je pense qu'il va falloir aussi passer à une logique qui est une logique d'indemnisation et pas la logique de subvention comme celle qu'on a pu connaître si on veut les garder, si on veut les trouver.
C'est utile quand même, qui a été quand même assez utile. Mais on va y revenir juste avant.
Mais là, c'est la logique. Ils n'ont pas demandé à fermer. On les a fermés pour des raisons sanitaires. Si c'est une décision de l'État, il doit y avoir très clairement l'État qui assume jusqu'au bout.
Mais Bruno Le Maire et Elisabeth Vaughan se sont voulus assez rassurants sur cette question, justement, de ne pas débrancher tout de suite.
Mais il y a un point très important. Des actes.
Il y a un point très important, Xavier Bertrand, c'est la question du pass sanitaire. Pour retrouver ces jours heureux dont vous parliez à l'instant, est-ce que pour vous, c'est vraiment la solution, ce pass sanitaire ? Et de quelles conditions d'application de ce pass sanitaire ?
Évidemment. Et il faut que ce pass sanitaire puisse intervenir le plus rapidement possible parce qu'on aura donc vacciné l'ensemble de la population. Parce qu'encore une fois, le pass sanitaire, il nous sera imposé parce que les pays européens le feront. Donc, encore une fois, ceux qui seront vaccinés, avec ce pass sanitaire, reprendront plus vite que d'autres une vie normale. Ne tournons pas autour du pot. Je vois bien qu'ils sont gênés sur leur fauteuil. Les membres du gouvernement, quand on leur pose la question, au bout d'un moment, il faut savoir si on sort, oui ou non, du Covid. Mais attention, j'ai bien dit, vacciner tout le monde.
C'est-à-dire que les jeunes, que les étudiants, ne soient pas non plus vaccinés en dernier. Mais nous, nous reprendrons dans les communes. C'est pour ça que je vous indiquais tout à l'heure que ce qui est important, au moment où les Américains vont bientôt valider les process pour pouvoir vacciner les adolescents, il faut encore une fois, là, je le veux, que la France se mette sur les rangs tout de suite pour qu'on ne soit pas encore et encore avec un retard comme on a pu les accumuler depuis le début. Anticiper. Parce que anticiper, c'est la seule façon de protéger.
Xavier Bertrand, pour vacciner plus, il y a de plus en plus de voix qui demandent la levée des brevets et qui ne comprennent pas que la France, les Etats-Unis, dans le cadre de l'OMC, s'opposent à cette levée de brevets compte tenu de la gravité de cette crise sanitaire. Quel est votre point de vue sur ce sujet ?
Qu'il la faut, c'est de lever. Parce que le Covid est un fléau planétaire, le vaccin, c'est aussi la solution planétaire, alors il faut aller dans cette direction.
Est-ce que sur l'Europe, est-ce qu'elle doit prendre la main sur la santé pour éviter justement tous les couacs sur les vaccins, les achats de vaccins, sur les mesures sanitaires, sur les réactions d'entre dispersées aux frontières ? À chaque fois, on nous dit, ah oui, mais l'Europe n'est pas souveraine en matière de santé. Est-ce qu'elle doit prendre la main, selon vous ?
Non. Ce n'est pas son boulot, ce n'est pas son rôle. Et d'ailleurs, on a vu que de lui confier la gestion de la santé, la gestion des vaccins, ce n'était pas la bonne solution. Parce qu'encore une fois, si vous voulez être efficace, il faut être agile, il faut être réactif. Ça veut donc dire qu'il faut bannir la bureaucratie. Donc, c'est un mammouth européen,
laissons-le hors de ça, quoi. Évidemment.
Et je suis convaincu que si nous avions négocié par nous-mêmes en prenant des risques et en payant le prix fort, en payant le prix fort, parce qu'il ne s'agit pas de jouer les radins et de vouloir économiser 3 francs 6 sous en matière de vaccins. Ceux qui ont eu les vaccins en premier sont ceux qui ont payé le prix fort. Ils ont sauvé des vies et ils ont relancé leur économie beaucoup plus rapidement. Donc, encore une fois, ça, c'est une responsabilité d'indépendance, d'indépendance nationale. Et l'un des enjeux prioritaires, et c'est ce que je souhaite sur la réindustrialisation du pays, c'est que, bien évidemment, sur tout ce qui touche à la santé, nous puissions redevenir indépendants.
Donc, certainement pas confier la santé en responsabilité européenne, que l'Europe dont elle s'occupe, qu'elle s'en occupe bien avant de vouloir, justement, avaler de nouvelles compétences.
Vous parliez à l'instant des cafés, des restaurants, des hôtelleries en disant qu'il faut faire attention à débrancher doucement une fois qu'ils ont récupéré, grosso modo, le chiffre d'affaires. C'est ça que vous nous expliquez. Est-ce que vous redoutez qu'il y ait, à l'inverse du côté chômage, on a vu une stabilisation pour le premier trimestre, là. Est-ce que vous redoutez qu'il y ait un effet d'aubaine de la part de certaines entreprises qui en profitent, qui disent, tiens, puisqu'il y a des dispositifs qui sont là, je vais en profiter pour l'essentiel.
Est-ce que vous observez ça chez vous, par exemple ? Si le chômage se stabilise, les problèmes sociaux liés au chômage sont devant nous. Parce que vous avez forcément, et on le sait bien, beaucoup d'indépendants qui, s'ils reprennent, vont essayer de faire face aux engagements personnels qu'ils ont, mais s'il n'y a pas une action d'envergure à la fois sur les PGE, mais aussi sur les charges sociales qui n'ont pas été les prêts garantis par l'État, vous avez raison de le préciser, et les charges qu'ils devaient, qui vont devoir mettre la clé sous la porte. Et ça va les fragiliser, surtout des indépendants, pour lesquels il n'y a toujours pas d'assurance chômage.
Vous dites l'URSAF, tout ça, il faut surtout continuer à ne rien réclamer. Cela fait des mois que je demande au gouvernement, j'ai fait des propositions très précises à Alain Griset, que l'on mette en place un statut adapté. Indépendants, c'est vrai que c'est un choix. Mais quand il y a une crise comme celle que l'on connaît, il faut tout simplement les aider. Et encore une fois, ce ne sont pas des subventions qu'ils demandent. Ils demandent tout simplement à pouvoir continuer leur activité sans qu'on leur mette le couteau sous la gorge sur leur patrimoine personnel. Mais c'est notre intérêt.
Ça signifie quoi quand vous demandez des mesures sur le PGE ? Certains le demandent, un effacement du PGE contracté par certaines entreprises.
Parlons des charges en premier. Parce que j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec des représentants de commerçants. Ils nous disent très clairement que c'est sur la question des charges, des charges que nous devions en 2020 qu'il faut pouvoir intervenir en premier. C'est là tout l'enjeu. Et quand je parlais tout à l'heure d'indemnisation plutôt que de subvention, c'est la même logique. Mais encore une fois, ils sont essentiels dans le pays. Parce qu'ils sont partout dans le pays. Dans les très grandes villes, aussi en milieu rural et dans nos villes moyennes. Et ces indépendants, on a besoin de les conserver. Je n'ai pas envie qu'ils se retrouvent sur le carreau.
Et j'espère que le gouvernement va enfin répondre à cet appel. Je ferai aussi des propositions. J'en fais dans ma région. Nous avons aidé notamment des milliers de commerçants, notamment les aidants pour le loyer. Parce qu'on avait dit qu'on devait le faire au niveau national. Nous l'avons fait régionalement. parce qu'encore une fois, là où on est en responsabilité, on doit se bouger un maximum de façon à se battre pour justement ceux qui sont en première ligne face au Covid. Et ces commerçants sont aussi en première ligne.
En parlant de responsabilité, là où vous êtes actuellement dans votre région, moment fort, symbolique et très triste. vendredi, Bridgestone a fermé ses portes. 800, plus de 800 salariés. Un peu plus de 800, oui. 500, en gros, pour l'instant, qui pourraient être concernés par 300 par une reprise, 256, je crois, précisément, des contrats longs, des requalifications. Est-ce que ça n'est pas une nouvelle fois, je ne sais pas combien on en est, un marqueur de l'impuissance politique face à ce type de situation que vous avez, Bertrand ? L'impuissance politique, vous dites,
Bridgestone devait fermer là, fin avril, avec un PSE de misère, un plan social pour l'emploi de misère. Nous avons réussi en nous mobilisant tous ensemble à obtenir deux fois plus. L'impuissance politique, vous avez dit deux fois plus. Pour qui ? Pour les salariés. De façon à ce qu'ils puissent s'en sortir et rebondir. Deuxièmement, il devait y avoir donc au 1er mai zéro emploi.
Au moment où je vous parle, nous avons déjà plusieurs centaines d'emplois et je sais pertinemment que nous sommes comptables d'une chose, c'est que tous les salariés de Bridgestone qui ont perdu leur emploi à cause du cynisme de Bridgestone, on puisse leur retrouver une activité ou un emploi sur le site ou à côté du site. Et c'est aussi la raison pour laquelle vous parlez d'impuissance, M. Battu, pour obtenir une usine de fabrication de batteries avec PSA à quelques kilomètres de là, 1 500 à 2 000 emplois. C'est aussi une façon de se battre pour avoir de l'emploi et des emplois de demain.
Vous l'avez compris quand vous dites impuissance, l'impuissance c'est le langage de ceux qui ont besoin des problèmes mais qui ne cherchent pas les usines.
si vous adressez aux salariés et que vous l'avez fait. Je ne sais pas comment ils vont la qualifier. Peut-être que ça vous dérange le mot d'impuissance et je peux le comprendre mais l'usine ferme quoi qu'il advienne. Et je lisais hier que la collectivité, l'agglomération, la communauté d'agglomération, peine à récupérer l'argent investi dans cette société pour développer des emplois qui n'ont pas été développés. C'est pour ça que je parle d'impuissance politique.
Mais non, mais je vais vous dire une chose. Si je croyais que la politique était réduite à l'impuissance, je ne serais pas candidat à l'élection présidentielle. La seule chose c'est que je sais qu'il ne faut pas promettre mille et une choses. Il ne faut pas faire cent dix propositions. Il faut être sur quelques priorités et s'y donner complètement. Voilà le choix de la réindustriation. Quand dans la région, avec mon équipe, on obtient l'usine de batterie chez nous, ce sont des emplois à la clé, des emplois nouveaux et des emplois pour longtemps. Ce n'est pas de l'impuissance ça. C'est justement la possibilité de bouger les choses et de changer les choses.
Je ne mettrais pas toute mon énergie dans tout cela, vous savez, si j'avais le sentiment que c'était la mondialisation, la finance ou l'Europe qui décidait tout. Par contre, il est temps aussi de cesser d'être naïf. Il est temps aussi de cesser d'accepter que vous ayez une concurrence déloyale au sein de la même Europe. Je suis profondément européen. Profondément. Mais je ne peux pas accepter que pour des projets d'implantation, certains pays européens comme la Pologne puissent mettre deux fois plus d'aides sur la table que nous. Si nous, par exemple, nous finançons, nous pouvons financer 10% des aides, en Pologne c'est 10%.
Et si en Pologne c'est 25% comme aujourd'hui, alors en France c'est 25%. Ça c'est le marché principal
selon vous pour que ce type de situation dramatique ne se reproduise plus
à l'avenir ? J'en suis intimement convaincu. Et c'est aussi en permanence d'aller vers l'investissement, d'aller justement vers le renouvellement quand il y a des activités et d'adapter les métiers. Là on va avoir un formidable enjeu d'adaptation des métiers, des formations pour les salariés de Bridgestone. Mais tant qu'il y en aura un qu'il n'aura pas retrouvé, nous sommes responsables à son égard parce qu'ils n'ont pas choisi cette situation. Il y avait une tristesse l'autre jour qui était terrible dans l'usine. Certains des salariés que nous avons vus vendredi l'ont indiqué. Ils n'ont jamais démérité. Jamais.
Mais les choix qui ont été faits au Japon et en Europe et Bridgestone qui portent, paraît-il, les valeurs de l'olympisme, qui est partenaire du CIO, sont belles les valeurs.
Alors à propos de promesses, il y a six ans, en 2015, votre campagne régionale, vous aviez promis la création de 60 000 emplois en moins d'un an. Vous aviez créé un dispositif pour ça, Proche Emploi, qui d'ailleurs s'est fait épingler par la Cour des comptes dernièrement, qui ne le juge pas assez efficace et pas assez coordonnée avec Pôle Emploi. Mais aujourd'hui, six ans après, quel est votre bilan en termes d'emploi ? Je peux remettre
l'air à l'heure ?
Remettez-les à l'heure ou vous pouvez répondre.
Le dispositif Proche Emploi a permis de retrouver du travail à plus de 20 000 personnes dans la région.
20 000 et pas 60 000 ? Attendez.
Il n'y aurait pas eu Proche Emploi, ces 20 000 personnes n'auraient pas trouvé aussi rapidement qu'elles l'ont fait. Deux tiers des personnes qui ont contacté Proche Emploi ont retrouvé un emploi. Deux tiers des entreprises qui nous ont sollicitées ont trouvé du personnel. Que dit la Cour des comptes ? C'est que le dispositif n'est pas assez connu et que ce n'est pas assez coordonné. Alors vous savez ce que je veux ? Je veux que le pilotage des politiques d'emploi et de formation revienne au Conseil régional. De façon à ce que l'on fasse connaître les dispositifs et qu'on permette à un maximum de salariés de rebondir et de s'en sortir. Voilà ce que je veux.
Et à l'époque, j'avais dit 60 000 personnes seront sorties du chômage à l'automne. J'étais à 51 000. Je n'ai pas tenu mon engagement. Et je l'ai dit moi-même et je l'ai assumé. Mais la réalité, c'est que un peu plus de 5 ans après mon élection, le chômage a baissé dans la région plus vite que la moyenne nationale. Mais il est toujours trop haut. Et je peux vous dire que mon engagement a continué à me battre pour l'emploi. Ça sera aussi le fil rouge du prochain mandat.
Mais sans chiffre cette fois, c'est ça, là où vous évitez de donner un chiffre.
Je l'ai indiqué, de toute façon, quand les politiques donnent des objectifs chiffrés, personne n'y croit, personne ne retient, sauf vos opposants et sauf les journalistes. Ça m'a guéri justement des engagements chiffrés. Mais je sais une chose, c'est qu'on doit tout mettre. Tout mettre pour se battre pour les gens.
Xavier Bertrand, cette semaine a eu lieu un hommage national à Stéphanie. qui m'ont fermé, cette fonctionnaire de police qui a été assassinée par un terroriste à Rambouillet. Personne, jusqu'à maintenant, ne réussit à lutter efficacement contre ce terrorisme. Alors, il faut dire que le phénomène dit d'atmosphère est plutôt récent. Vous proposez 50 ans de prison pour les terroristes. Une proposition qui a fait beaucoup réagir cette semaine. Vous la réaffirmez aujourd'hui ?
Évidemment. Quelqu'un qui commet un acte terroriste reconnu coupable, je veux que la peine encourue soit 50 ans. Parce que si vous commettez cet acte à 20 ans et que vous sortez au bout de 20 ans ou 30 ans, vous êtes certain, vous, qu'ils seront déradicalisés ? Nous allons avoir plus d'une centaine de personnes condamnées pour des faits de terrorisme qui vont sortir. Soit ça,
dès la fin de l'année.
Le renseignement pénitentiaire vous dit aujourd'hui qu'un certain nombre d'entre eux ne sont pas déradicalisés. Alors je l'assume. Je préfère que quand vous commettez un acte à 20 ans, si vous êtes condamné à cette peine maximum, vous ne sortiez pas avant 70 ans. Ce que je veux, c'est protéger les Français. Ce que je veux, c'est protéger notre société. Mais vous avez dit autre chose. Vous avez dit personne n'a réussi. S'il y a des pays qui ont réussi. Non, je veux dire en France. Oui, mais il y a des pays qui ont réussi et la question, c'est qu'on n'a jamais cherché des solutions fortes pour nous protéger. On n'a aussi jamais fait le bon constat. On a fait preuve de naïveté ou de faiblesse.
Ce que nous avons face à nous, ce ne sont pas seulement des terroristes. Ce sont des terroristes islamiques qui veulent détruire ce que nous sommes. Quand on s'en prend à des policiers, à des fonctionnaires de police comme cette dame, ce n'est pas le fait du hasard, c'est parce qu'ils sont la France. Ils représentent la France. Et nous devons comprendre qu'on est engagé dans une lutte à mort. que ce sera eux ou nous et que c'est donc eux qu'il faut combattre et qu'il faut combattre avec tous les moyens de droit mais qu'il faut adapter le droit. Et jamais vous n'avez eu les décisions vraiment fortes. On nous a toujours dit mais on est empêché, le juge européen, le juge constitutionnel.
Alors dans ces conditions, en restant un état de droit, il faut adapter notre constitution. Et c'est ce que je propose. Et je propose d'ailleurs de le faire et pour moi c'est très important quand je parle d'un référendum et d'un référendum populaire parce que bien souvent, ce qu'une majorité a fait, une majorité le défait. Mais si c'est le peuple qui décide à la demande du président de la République, ce n'est pas une majorité qui pourra défaire ce que le peuple a voulu.
Alors la constitution justement, elle empêche aussi une autre de vos propositions qui a beaucoup fait réagir, c'est la peine de prison automatique d'un an dès lors qu'on attaque un policier, un gendarme, un élu, un pompier. Et justement, l'automaticité ne figure pas dans la constitution. Donc ça, vous avez dit que vous alliez la faire bouger mais est-ce que réellement, c'est quelque chose qui serait applicable, efficace ou est-ce qu'on n'est pas dans la surenchère politique plein de campagne ? Pour cela, je n'ai pas proposé des peines autres
qu'un an minimum. C'est une surenchère, un an minimum ? C'est l'automaticité. Alors, il y a aujourd'hui une automaticité de peine dans certains cas mais pas pour des situations comme ces-ci. Je veux qu'on respecte ceux qui nous protègent. Si ceux qui nous protègent ne sont pas suffisamment protégés, qui défend la République ? Qui nous défend ? Si vous avez un jour les policiers qui ont le sentiment qu'eux ou leurs familles sont mis en cause, est-ce qu'on aura la même efficacité ? On a de la chance d'avoir une police républicaine dans notre pays. Éminemment républicaine.
Mais je veux clairement que tous ces délinquants, tous ces voyous, tous ces criminels comprennent une chose, on ne s'en prend pas à ceux qui nous protègent. Et donc, très clairement, vous avez raison, il y a un principe en droit français qui est l'individualisation des peines par le juge. L'individualisation sera toujours possible, mais entre un maximum et un minimum, ce qui n'existe pas en l'occurrence. Donc je parle bien d'agression physique, mais quand vous voyez cette semaine encore que des policiers ont été attaqués, ils ont eu des arrêts de travail parce qu'ils ont été violemment blessés, et que ceux qui les ont attaqués sont à nouveau en liberté.
Mais c'est quand même impensable, on marche sur la tête. Et la question qui se pose aujourd'hui, il nous faut davantage de policiers, d'accord, mais il nous faut surtout derrière casser l'impunité. L'impunité. Que l'on soit mineur à 15 ans, à 16 ans ou que l'on soit majeur, on doit comprendre que l'impunité c'est terminé. Et ça, il faut une extrême, j'assume le mot, sévérité de la part des juges. Vous savez, j'ai parlé tout à l'heure du projet que je veux porter sur le redressement du pays. Mais rien ne se fera si nous n'avons pas eu au départ le rétablissement de l'autorité. Vous avez aujourd'hui dans le pays un désordre sans nom.
Il faut remettre de l'ordre en France et il faut remettre la France en ordre. Et encore une fois sur toutes ces questions, je suis totalement déterminé parce que je vois qu'on est rentré dans un processus où ce n'est pas une explosion de la violence seulement, mais ce sont aussi des cas de barbarie. Vous avez vu la lettre poignante de la femme de ce chauffeur de bus qui a été massacré l'été dernier. Vous vous rappelez justement de cette policière qui a été traînée et qui est morte. Vous avez vu également ce qui s'est passé avec ce père de famille attaqué à coups de battes de baseball dans un lavomatique parce qu'il faisait une remarque à quelqu'un qui n'avait pas de masse devant ses enfants.
Non mais on arrête ça quand ? Et quand vous voyez ce qui s'est passé, notamment avec cette fonctionnaire de police, quand vous voyez que des policiers sont attaqués, où est la riposte ? Comment ça se fait qu'on a un commissariat qui est attaqué et que le soir même il n'y a pas de riposte de la part de l'État et que derrière il n'y ait pas la sanction judiciaire qui s'impose ? Mais on ne peut pas continuer comme ça.
Il y a aussi un point très intéressant, c'est de savoir s'il faut faire le lien entre terrorisme et immigration. Marine Le Pen qui était notre invitée il y a quelques temps, elle disait qu'elle proposait d'arrêter toutes les régularisations. Est-ce qu'elle a raison ou pas ?
Non mais attendez, je ne me prononce pas en fonction de ce que dit Mme Lebet, je ne vous parle en fonction de mes convictions. L'illégalité ne crée pas de droits. Je l'ai dit la semaine dernière sur un autre plateau mais je l'ai dit. L'illégalité ne crée pas de droits. À partir du moment où on rentre illégalement où on reste illégalement en France, je ne procéderai pas à des régularisations. Que les choses soient très claires. Et vous l'avez dit, c'est une différence par rapport au travail
vous le dites ? C'est la raison pour laquelle
je veux mettre en place une politique migratoire de quota. Nous prenons les besoins que nous avons pour pourvoir certains métiers clairement avec un vote du Parlement et à partir du moment où les choses sont claires où elles sont bien établies vous n'avez pas besoin de procéder à la régularisation de personnes qui sont rentrées ou restées clandestinement. Sur cette question de l'immigration, moi je ne vois pas derrière tout immigré un terroriste. Ça c'est le Front National. En revanche, il faut reconnaître qu'il y a une part de l'immigration qui a amené au terrorisme.
Vous prenez un certain nombre de cas, bien évidemment ce sont des personnes qui sont rentrées illégalement ou qui sont restées illégalement qui ont fait cela. C'est toute la différence qu'il y a par rapport à ces démagogues du Front National. C'est que derrière tout immigré, il y a un terroriste. Non. Mais quand il y a aussi une part de vérité, il faut la traiter et reprendre le contrôle de notre politique migratoire.
Marine Le Pen, elle dit à peu près les mêmes choses que vous au sujet d'Emmanuel Macron. Elle a lancé sa campagne officiellement hier. Elle dit que s'il est réélu, ce sera le chaos. Elle se présente en candidate de la paix civile. C'est un peu les propos que vous venez de tenir. Vous n'aurez tout entendu.
Je vais aller plus loin alors. C'est que si vous avez Macron-Le Pen, Le Pen-Macron, on aura à nouveau une crise terrible en France. Terrible. Alors que le pays a besoin d'apaisement, il a besoin de redressement et il a besoin d'espoir. Ni l'un ni l'autre ne sont capables d'amener cet apaisement, ce redressement et l'espoir. Ni l'un ni l'autre. C'est d'ailleurs pour cela que les Français aujourd'hui majoritairement disent qu'on ne veut pas de ce duel-là.
Et vous dites qu'on aurait une crise terrible. Alors justement, admettons que vous ne soyez pas au second tour et qu'en revanche, Mme Le Pen et M. Macron s'y retrouvent. Dans ce cas-là, quel serait votre choix et quel serait le message que vous passeriez à vos électeurs ?
En 2017, il me semble avoir été clair. Oui, vous aviez voté Macron. Et là, vous voulez savoir pour 2022 ? C'est ma question. Posez la question à Emmanuel Macron pour savoir ce qu'il fera quand je serai face à Mme Le Pen.
Une espèce de conditionnalité en quelque sorte. Ce n'est pas du tout une conditionnalité. Est-ce que l'idée d'un front républicain ne serait plus d'actualité ? Non, mais le problème n'est pas là.
Tout le monde sent bien qu'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Elle peut l'emporter. Et si aujourd'hui, je posais ma candidature, si aujourd'hui, je vous présente ce projet, si aujourd'hui, j'ai toute cette détermination, c'est parce que je sais que je peux battre Marine Le Pen. Alors posez plutôt la question à celui qui se retrouvera troisième.
Alors vous l'appellez le rien, un renonçant à se présenter ?
Non, mais attendez, le problème n'est pas là. Je ne veux pas faire le directeur de conscience de qui que ce soit. J'ai aujourd'hui à diriger une région pour la sortir de cette crise Covid. J'ai aussi, parce que c'est la même élection, c'est la même logique, à porter ma candidature, aller à la rencontre des Français pour leur expliquer qui je suis, ce que je veux, ce que je leur propose. C'est ça aujourd'hui, mes priorités.
Il y a une semaine, je ne sais pas si vous avez lu, vous avez été dans le JDD, le journal du dimanche, vous vous êtes fait un peu éreinté, si vous me permettez cette expression, par les sarkozistes, où il y avait un côté un peu tout sauf Bertrand, il nous a lâché quand on allait très mal. Est-ce que d'abord pour vous, c'est un handicap dans le cadre de cette campagne présidentielle où vous êtes quand même un candidat de droite ? Et est-ce que pour vous, vous vous redoutez que, je ne sais pas, Nicolas Sarkozy appelle à voter Emmanuel Macron ?
Toutes ces critiques, vous croyez que je ne suis pas préparé ?
Sensible ou préparé ?
Les deux ? Non mais préparé, évidemment. Évidemment que j'y suis préparé. C'est la règle, certainement, de la vie politique parce qu'elle endurcit. Mais si vous n'êtes pas capables d'affronter ça, vous ne seriez pas capables d'affronter un quinquennat qui sera un quinquennat particulièrement difficile. Alors oui, j'y suis préparé. Et si on n'a pas cette force, si on n'a pas cette résistance, il ne faut pas se porter candidat. Moi, je me suis porté candidat.
Le rôle du Nicolas Sarkozy au sein de la droite est quand même très important aujourd'hui. Il reste encore une personnalité très forte. Ce que pour vous, vous vous dites, c'est un obstacle.
C'est aussi la raison pour laquelle vous parlez de Nicolas Sarkozy. Rappelons-nous bien de plusieurs messages de Nicolas Sarkozy comme de Jacques Chirac. C'est parce qu'on est resté nous-mêmes qu'on a gagné en 2002, qu'on a gagné en 2007. Et donc, ça ne sert à rien de chercher à être la roue de secours ou à qui que ce soit soit notre roue de secours. C'est parce qu'on est resté nous-mêmes qu'on gagne en 2007. Et je ne laisserai personne d'ailleurs remettre en cause le bilan en matière de sécurité de Nicolas Sarkozy. Le président de la République assez régulièrement critique le bilan. À l'époque, la délinquance reculait. Donc oui, je ne laisserai personne salir le bilan de Nicolas Sarkozy.
Merci beaucoup, Xavier Bertrand, d'avoir accepté notre invitation ce midi sur BFM TV. Edwige, Henri, merci à tous les deux. Dans un instant, à faire suivante, Philippe Godin, Dominique Rizet. Je vous retrouve à 18h avec un homme qui monte à droite. C'est David Lissnard, le maire de Cannes. Il sera mon invité. Et puis à 19h, rien à voir, nous parlons télévision. Michel Drucker sera dans BFM TV SD. À tout à l'heure. Sous-titrage Société Radio-Canada
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Xavier Bertrand