Carole Delga : « Jean-Luc Mélenchon est l'homme politique le plus détesté de France »
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L'invité, c'est Carole Delga, bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous, présidente socialiste de la région Occitanie. Vous êtes la présidente de Région de France. On est ensemble pendant 20 minutes pour un entretien en partenariat avec la presse régionale, représentée par Fabrice Vesterdon du groupe Ebra, les journaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.
Bonjour Auriane, bonjour Carole Delga. Bonjour.
Carole Delga, on va parler du salon de l'agriculture. Vous y étiez hier, on va parler de décentralisation. Mais d'abord, le climat politique se tend un peu plus ces derniers jours après le meurtre de Quentin Deran que la France Insoumise est sous pression politique. Est-ce qu'il faut un cordon sanitaire autour de LFI ?
Tout d'abord, il est absolument essentiel de rappeler mon opposition absolue à toute forme de violence. Bien sûr, personne ne doit mourir de par ses opinions. Et il faut toujours être très, très ferme sur la lutte contre la violence, sur le soutien aussi aux forces de sécurité. Et au niveau, bien sûr, du climat politique, rappeler que le combat premier, il est contre l'extrême droite parce que c'est la République qui est menacée. Et concernant LFI, moi, dès 2022, j'avais indiqué que la gauche ne devait avoir aucune union avec LFI parce que nous avons des divergences majeures avec LFI.
Pour moi, il n'y a pas un signe égal entre LFI et le RN puisque le RN est un parti raciste qui prône la préférence nationale. Et je combats ces idées-là.
Ça veut dire que c'est un candidat RN, un candidat LFI, vous votez pour la France insolite ?
Juste, LFI, pour moi, ne peut pas être dans une union avec les idées de la gauche et du Parti socialiste parce que nous avons des différences majeures sur la question de l'international, sur la question du soutien absolu au peuple ukrainien, sur la condamnation du Hamas comme organisation terroriste et sur les questions aussi de laïcité.
Mais vous pourriez encore voter pour un candidat de la France insoumise, notamment s'il est face au Rassemblement national ?
Que ce soit bien clair, ce duel que vous échafaudez LFI et RN, il peut être séduisant comme ça médiatiquement, mais ça ne va pas arriver parce que si on ne combat pas absolument à gauche le fait que ça soit LFI qui représente la gauche, il faut combattre cela. Il faut que la gauche à laquelle j'appartiens, elle soit en affirmation et qu'elle soit vraiment en volonté d'accéder.
Il n'est pas échafaudé médiatiquement ce duel. Jean-Luc Mélenchon lui-même, il en fait un duel.
C'est un des protagonistes, si vous préférez Mélenchon ou Bardella ou Le Pen, bien sûr que ça les arrange d'avoir cette confrontation des extrêmes. Mais moi, mon engagement politique, c'est pour que la République gagne et pour que les idées socialistes et les idées de gauche gagnent. Donc moi, je ne vais pas accepter d'intérioriser une défaite à gauche où LFI serait notre représentant.
Ce serait une défaite, avoir un représentant LFI pour la gauche, c'est une défaite.
Mais bien entendu qu'on va à gauche, on doit avoir des représentants qui se qualifient. Et c'est tout mon engagement politique depuis des années pour cette gauche républicaine avec un combat absolu contre l'extrême droite. Ce sont des ennemis de la République, il faut le rappeler. C'est extrêmement nocif pour la France. Mais pour autant, rien ne justifie une union avec LFI.
Rien ne le justifie. Vous savez qu'aux dernières élections, Jean-Luc Mélenchon était quand même un refuge pour des électeurs de gauche. On l'a vu, il n'est passé pas très loin du deuxième tour. Aujourd'hui, il crie au complot. Est-ce qu'il subit un procès injuste, comme il le dit ?
Vous savez, c'est le principe des populistes. Ils ont toujours cette rhétorique comme quoi ils sont victimes d'un complot, comme quoi le système veut les écarter, alors que Jean-Luc Mélenchon a été quand même un des grands bénéficiaires du système aujourd'hui qu'il dénonce. Et je pense que les Français sont tout à fait lucides sur ce que représente Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon est l'homme politique le plus détesté de France. Vous allez sur le terrain, que ce soit en Bretagne, que ce soit en Occitanie, que ce soit dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, c'est l'homme le plus détesté de France.
Donc, il faut être conscient qu'il ne sera pas un vote refuge, comme il a pu l'être, à des précédentes élections. Cela, c'est fini. Les Français ont ouvert les yeux sur Jean-Luc Mélenchon, mais surtout, nous, nous devons, Républicains, ouvrir les yeux aux Français sur le danger de l'extrême droite, parce qu'il faut être lucide. Aujourd'hui, il y a trop de Français qui pensent à voter à l'extrême droite, et ça, il faut appeler les dangers pour l'extrême droite.
Vous dites-nous Républicains, ça veut dire que pour vous,
Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, il n'est plus Républicain ? Non, je vous l'ai dit, je ne mets pas un signe égal entre l'extrême droite et LFI.
Mais en moins, des signes distinctifs entre vous et lui, quand même.
Mais bien entendu…
C'est la question d'Oriane sur l'arc républicain.
Dans l'arc républicain, je considère que l'extrême droite ne fait pas partie de l'arc républicain. Pour moi, LFI est dans l'arc républicain. Pour autant, je le dis depuis maintenant 4 ans, je le martèle, et j'ai été minoritaire dans mon parti sur ce sujet, et j'ai maintenu la ligne, et personne ne peut me prendre en défaut sur ça, depuis 4 ans, je martèle que nous ne devons avoir aucune union, aucune collusion avec LFI, parce que ce n'est pas notre gauche. Nous avons une gauche qui est universaliste, une gauche qui soutient le peuple ukrainien, qui est dans un combat absolu contre l'antisémitisme, contre le racisme, une gauche qui aime l'entreprise.
On a bien compris sur l'Union. Si au municipal, et ça pourrait être le cas dans votre région, au second tour, il y a des candidats LFI devant des candidats socialistes, est-ce que les socialistes doivent se désister pour faire barrage au RN ?
Il n'y aura pas, dans ma région, de candidats LFI devant des socialistes, et si... Ça peut arriver. Oui, en l'occurrence, dans ma région, ça n'en arrivera pas. Je vous le dis, clairement. Mais si cette hypothèse, on va dire, vraiment arrive dans d'autres territoires que ma région, eh bien, à ce moment-là, nous devons faire en sorte que le RN ne gagne pas sans faire l'Union. Donc, en effet, il y a des désistements.
Mais oui, il y a des désistements. Est-ce que vous, alors, vous l'avez dit, vous avez toujours été claire sur le sujet, et ce depuis 4 ans, est-ce que le PS, la direction du PS, doit encore clarifier ses positions, ou est-ce que pour vous, désormais, c'est clair ?
Je pense qu'il est toujours nécessaire que la direction du Parti socialiste, en effet, clarifie ses propos. Et moi, pour ma part... Donc, Olivier Faure, il n'est toujours pas clair là-dessus ? Pour ma part, avec cohérence et avec rigueur intellectuelle, je maintiens ma position. Il n'y aura, de ma part, en tant que personnalité de gauche, aucun soutien à une liste où il y aura LFI.
Aurore Berger, la ministre, elle va plus loin. Elle appelle le RN à retirer ses candidats pour empêcher la victoire d'un candidat LFI.
Qu'est-ce que vous en dites ? Non, alors, j'en dis rien, voyez, là, j'en dis rien, parce que ça s'appelle ça le degré zéro de la politique et de l'irresponsabilité. Et si vous préférez, en France, il y a quand même de sacrés problèmes. Voilà, il y a de sacrés problèmes. Je veux dire, la misère progresse. On est dans un contexte géopolitique extrêmement menaçant, où nous devons retrouver de la souveraineté, souveraineté industrielle, souveraineté énergétique, souveraineté alimentaire. Nous sommes en plein salon de l'agriculture. Donc, moi, je parle de la France et je travaille pour les Français. Et voilà, ces commentaires qui sont complètement hallucinants, je ne les commente pas.
Un dernier mot là-dessus, Fabrice, avant de parler de l'agriculture.
Pour parler des municipales, vous n'irez pas à Toulouse, vous ne vous présentez pas à Toulouse. Je l'ai annoncé il y a un an. Vous l'avez dit, vous l'avez confirmé. Et l'Élysée, alors ?
Je pense qu'en effet, il faut travailler pour faire une proposition aux Français, un projet de gauche qui rassemble. Parce que, voilà, 2027, il faut de nouveau parler de la France, d'une France qui produit, qui produit au niveau de son agriculture, qui produise pour la réindustrialisation. Une France aussi qui redonne les moyens à l'éducation nationale, à l'hôpital, d'exercer pleinement ces ministres.
– Vous avez déjà votre programme, en fait.
– Oui, j'ai des idées.
– Vous êtes déjà candidate, pratiquement.
– Non, non, non, j'ai des idées. On va arrêter cette course des candidatures. – Il y en a trop ? – Ah oui, oui, je pense qu'il y a…
– À gauche, il y en a trop ?
– Non, il y a trop de candidatures, voilà.
– Bien que sur votre ligne.
– Oui, mais je veux dire, personne ne réalise, il me semble quand même, vu le nombre de candidats, ce que c'est qu'être président de la République française ou présidente de la République française. Voilà, donc ce genre de candidatures spontanées, tous bords confondus, ce n'est pas à la hauteur des problèmes. – Donc vous ne rajouterez pas votre nom à la liste ? – Donc je ne rajouterai pas mon nom à la liste.
En revanche, je serai toujours autour d'une table de travail pour faire des propositions, parce qu'en effet, nous devons avoir une France qui retrouve sa puissance, qui à l'échelle internationale ait un poids, mais aussi une France qui construise une Europe plus forte, parce que nous avons besoin de nouveau d'être dans une Europe et dans une France de la production. Et nous devons redonner les moyens à nos enseignants pour lutter contre le déterminisme social, c'est absolument indispensable. Et puis c'est bien sûr stopper le démantèlement de l'hôpital public, de la santé. Quand vous êtes sur le terrain, de quoi vous parlent les gens ?
Des fins de mois difficiles et de la difficulté d'avoir un rendez-vous chez le médecin. Donc on doit répondre à ces sujets-là. Et je pense qu'aujourd'hui, on doit être conscient des dangers pour la France à la chaîne internationale et des dangers de l'extrême droite pour notre pays. Et on ne peut convaincre les Français qu'en ayant une force de proposition, qu'en ayant un projet pour la France, et certainement pas juste en disant l'extrême droite est un danger. On doit proposer, comme je le fais à la région Occitanie depuis maintenant dix ans, entre ma première élection et la deuxième élection, le Front National, il a reculé de dix points.
Il a reculé de dix points parce qu'avec ma majorité régionale, on a fait un projet clair, on a démontré qu'on avait de la conviction, qu'on avait de la cohérence et surtout qu'on avait de la fidélité à nos propositions. Et on a changé la vie. La rentrée scolaire la moins chère de France, c'est en Occitanie. C'est 14 millions de billets à un euro pour que chacun puisse prendre le train. Les salariés, un euro le trajet. Les jeunes, la gratuité d'usage. L'ordinateur, les manuels scolaires, le transport scolaire, c'est gratuit en Occitanie. C'est bon pour le pouvoir d'achat des familles et c'est bon pour que les jeunes aient confiance en eux. C'est ça la politique, c'est changer la vie.
Et la région qui investit le plus pour son agriculture, c'est aussi l'Occitanie. Vous étiez hier au Salon de l'Agriculture, Carole Delga. Les agriculteurs qui font face à de multiples crises. Il y a les crises récurrentes, les crises du revenu, les crises de trop de normes, de trop de transpositions, de trop d'administratives. Et il y a aussi les crises conjoncturelles, il y a les inondations, il y a la question du Mercosur, la question de la dermatose. Comment on sort de ça ?
On sort justement en ayant un projet agricole pour la France. Parce que le premier mal de l'agriculture française, c'est qu'il n'y a pas de cap. C'est qu'on n'explique pas aux agriculteurs ce que l'on entend d'eux. Ils ont des injonctions contradictoires et ils n'arrivent pas non plus à tirer un revenu de leur travail. Et donc, il faut bâtir un projet agricole pour la France. Et l'Occitanie, on ne fait pas que réclamer. On a dit qu'on se prend en charge. En Occitan et en Catalan, on dit Porto Téni. Ça veut dire on prend toi en charge.
Et donc, il y a de ça maintenant neuf mois, avec la profession agricole, avec le président de la Chambre régionale d'agriculture, on a dit, on va bâtir un projet de souveraineté alimentaire. Et le titre, il dit tout, produire pour nourrir sainement. Et c'est cela qu'il faut faire aussi à l'échelle de la France.
– Ce n'est pas le cas. – Voilà, parce que le gouvernement, on a l'impression d'un plan tous les mois en ce moment.
– Voilà, donc quand vous avez un plan tous les mois, ça veut dire que vous n'en avez pas.
– Ça répond beaucoup d'urgence aussi, mais vous avez l'impression que l'État n'est pas au rendez-vous sur la question agricole. – Je pense que depuis plusieurs années,
il n'y a plus de projet agricole pour la France. C'est une accumulation de mesures, dont certaines sont nécessaires, mais il faut avoir à la fois une capacité à répondre à des mesures en urgence, mais en même temps, il faut avoir une vision d'ensemble. C'est un manque de projet agricole de la part de l'ensemble des acteurs de l'agriculture. Depuis Stéphane Le Foll, l'agroécologie, depuis Edgar Pisani, quel est le projet agricole pour la France ? Il n'y en a pas.
Et c'est pour ça que moi, en tant que présidente de la région Occitanie, en tant que présidente de la région de France, j'ai décidé que nous bâtissions, à l'échelle d'un petit pays qui est ma région, un projet de souveraineté, produire pour nourrir sainement.
Vous avez un sujet que vous partagez d'ailleurs beaucoup avec l'Espagne, c'est celui de l'eau dans votre région. Vous faites partie de ces régions qui coupent le plus tôt possible d'ailleurs les remplissages de piscines, des particuliers. C'est assez symptomatique. Comment on sort de cette problématique de l'eau ? Parce que vous avez une question de tourisme, vous évoquez, vous parlez beaucoup de l'industrie, et vous avez ce sujet agricole. Comment, dans une région comme la vôtre, vous pensez pouvoir vous en sortir ? Est-ce qu'il y aura des restrictions déjà sur le tourisme ? Petite question comme ça.
Alors là, si vous préférez, entre les pluies des dernières semaines, plus la neige qui est fortement tombée sur nos montagnes, je pense que cet été, nous allons avoir des nappes phréatiques qui seront quand même le plus haut. Mais la question de l'eau touche en effet prioritairement le contour méditerranéen, mais malheureusement, avec les effets de réchauffement climatique, ça va monter. Pour l'eau, en fait, il y a plusieurs solutions. Il n'y a pas une solution unique, une solution magique. Tout d'abord, on doit faire en sorte de consommer le moins d'eau possible en tant que citoyen. Il faut aussi utiliser l'eau au bon moment, au bon usage.
Les techniques satellitaires, la science nous permet, par exemple en matière agricole, de délivrer l'eau au bon moment de la croissance de la plante. Et donc, les solutions, c'est quoi ? Tout d'abord, en plus d'être économe à eau, c'est tout d'abord d'avoir un maillage de réseau. En France, il manque un maillage de réseau optimal dans plusieurs territoires. Ensuite, il faut avoir des retenues collinaires, ces petites retenues, soit qui ont été créées il y a 30, 40, 50 ans, qu'on peut remettre en fonctionnement, soit en créer de nouvelles. Il y a aussi la question de la réutilisation des eaux usées.
En France, nous avons un retard réglementaire, c'est-à-dire, c'est la paperasse administrative qui empêche d'utiliser les eaux qui sortent de nos stations d'épuration pour pouvoir vraiment arroser, par exemple, toute l'arboriculture, nettoyer aussi les trottoirs dans nos villes. Et puis, en Occitanie, c'est le prolongement du grand tuyau qui s'appelle Aquadomicia, qui prend l'eau dans le Rhône, qui arrive jusqu'à la limite de l'Hérault et de l'Ode, et que nous avons comme projet de dégrandir jusque dans les Pyrénées-Orientales. Et c'est là où j'ai demandé au président de la République d'avoir, en fait, une dérogation sur des procédures administratives qui sont trop longues.
On a une urgence absolue à mener de l'eau, de l'eau potable, de l'eau pour l'industrie, de l'eau pour nos agriculteurs. Et il faut qu'on stoppe ces procédures à rallonge. Il y a des procédures d'exception qui ont été faites pour Notre-Dame. Moi, je demande une procédure d'exception pour ce tuyau qui amène de l'eau pour la population.
Fabrice, sur un autre sujet. Oui, là, on va parler de transport. C'est un autre gros sujet dans votre région. Deux lignes, grande vitesse, Toulouse-Bordeaux, Montpellier-Perpignan. Est-ce que vous pensez que les calendriers sont tenables ? Vous êtes confronté à la fois à une question de coûts et aussi à une question d'opposition, notamment des écologistes.
Alors, sur la question des oppositions, elles sont très minoritaires. Elles sont très minoritaires. Si on prend le dernier sondage qui a été fait sur Toulouse, 90% des Toulousains veulent la LGV. 90%. Donc, là, les oppositions, je les respecte, mais il faut les ramener à leur juste proportion. Sur la question budgétaire, j'ai été ancienne ministre et nous avons fait des propositions au gouvernement pour financer la part de l'État. Je rappelle, la LGV, c'est 40% de financement des collectivités locales. C'est la première fois en France que des collectivités locales montent à ce niveau-là. Ça nous demande un gros effort. Donc, 40% de collectivités locales, 20% de l'Europe.
L'Europe a confirmé sa participation sur Toulouse-Bordeaux-Dax. montera certainement jusqu'à 25% entre Montpellier et Perpignan et ensuite, il y a 40% de l'État. Il y a des dispositifs de financement. Donc, les solutions budgétaires, elles y sont pour l'État. Ce qu'il faut, c'est une volonté politique.
Pour aller vers... Sur quel calendrier ?
Sur le calendrier de 2032 pour Toulouse-Bordeaux-Dax.
Un dernier mot, puisque vous présidez région de France, Carole Delga, on l'a dit, la question de la décentralisation, finalement, ce seront trois textes qui seront examinés sur le grand acte de décentralisation promu par le gouvernement. Trois textes examinés au Sénat avant l'été. Est-ce que vous approuvez la méthode et le fait que ce soit autant divisé ?
Je pense que ce projet de décentralisation est essentiel. Il est essentiel pour aider au redressement de la France parce que de donner plus de pouvoir localement aux communes, aux départements, aux régions, ça me permettra d'avoir une meilleure efficacité de l'argent public. Mais est-ce que ça ne va pas être une décentralisation à minima ? Aujourd'hui, je crains que ce soit une décentralisation à minima parce que les associations d'élus ont été peu consultées. C'est pourquoi il ne vous a pas
assez consultées ?
C'est rien de le dire que nous n'avons pas été beaucoup consultées et c'est pourquoi nous avons écrit la semaine dernière avec Renaud Muselier pour s'étonner du manque de réunions de travail. Nous l'avions rencontré fin novembre lors du Congrès des régions. Nous devions nous revoir avant le début de l'année 2026. Nous ne l'avons toujours pas vu. Donc rien depuis le Congrès des régions. Voilà. C'est pour ça que c'est quand même assez étonnant de vouloir parler de décentralisation et en particulier le couple État-région a démontré ces dernières années sa pertinence sur des grands projets et sur des grandes transitions, en particulier de lutte contre le réchauffement climatique.
Donc oui, je suis un petit peu étonnée de ce manque de travail en commun. C'est l'avenir que ça peut franchement à mener à une loi qui ne transforme pas la vie et je pense que les Français en ont assez. Une loi inutile quoi. Pour le dire plus simplement. Je crains qu'on se dirige vers cela et c'est pour ça que nous avons alerté avec Renaud Muselier et l'ensemble des présidents de région la semaine dernière dans un courrier assez grave par le ton au Premier ministre. Vous lui disiez quoi ? On lui disait qu'on allait aller dans le mur et que la France ne pouvait pas s'économiser d'une profonde réforme et de donner plus de pouvoir localement.
Nous demandons les régions de gérer l'ensemble des aides aux entreprises. Nous demandons les régions d'avoir l'orientation scolaire parce que ce sont nous les régions qui faisons le lien entre l'enseignement et entre le monde de l'entreprise. Et sur l'orientation scolaire nous avons besoin d'être beaucoup plus offensifs d'expliquer à nos enfants toute la diversité des métiers et tous les parcours de formation. Sans réponse j'imagine ? Sans réponse.
Vous lui demandez un rendez-vous rapidement ?
Oui tout à fait. Ce serait bien que Matignon réponde quand on écrit que ce soit en tant que présidente de région de France ou que ce soit président de la région occidentale.
Je crois que le message est bien passé. Merci beaucoup. Merci Carole Delga d'avoir été notre invitée.
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Carole Delga