Corinne Narassiguin sur la condamnation de Marine Le Pen : « Les magistrats ont appliqué le droit »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Corine Narassigin, vous êtes sénatrice socialiste de la scène Saint-Di. On rappelle, on va commencer cette interview en regardant ensemble 31 de la presse régionale. D'abord la une de la dépêche présidentielle.
La course est lancée à 2 ans de l'élection. Les partis accélèrent. On a vu euh les meetings dans le journal.
La deuxième une, c'est celle de Nice matin et cette question : logement social, mission impossible. La loi impose aux communes de plus de 3500 habitants 25 % de logements sociaux. Le parc régional euh dans la région sud ne dépasse pas 14 %.
C'est un véritable cass-tête. C'est le cas évidemment dans d'autres communes du pays. Et puis la dernière, c'est celle de presse océan.
Une autre question. La fin des zones à faible émission. Le 26 mars, les députés ont voté leur suppression.
Hier, à l'appel des motards en colère, des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes. Quelle lune avez-vous envie de commenter ? On va commenter la première, c'est la c'est l'actualité nationale, même si les deux autres sujets sont effectivement des sujets qui nous concernent tous sur tous nos territoires.
Et on va en parler évidemment de cette bataille de meeting. On l'a vu dans le journal trois meetings hier. Celui du Rassemblement national, celui de Renaissance des du socle commun plus largement et puis celui de la gauche où il y avait des écologistes, des insoumis mais pas de PS.
Pourquoi ? Nous avons pris une décision euh consensuelle unanime en bureau national dès mir. Euh sur le fait que euh il s'agit pas de bataille entre partis politiques.
Euh notre engagement euh des socialistes contre l'extrême droite est constant et n'a pas à être démontré. Euh là, il s'agit de défendre les principes fondamentaux de la République démocratique et donc la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice. Et il nous paraissait important de ne pas donner l'impression qu'il s'agissait d'un combat politique d'élection entre la gauche et l'extrême droite.
C'est pour ça que nous préférions attendre de voir quelles étaient les initiatives qui venaient de la société civile organisée et parce que nous pensons que ça doit être une initiative large qui dépasse les partis politiques, qui dépasse les lignes politiques parce que nous devrions tous, quelle que soit notre appartenance politique justement lorsque nous sommes républicains, défendre ces principes. Qu'est-ce que vous appelez la société civile organisée ? Est-ce que par exemple le 12 avril, il y a la CGT, il y a COS racisme, il a L des droits de l'homme qui appelle à manifester.
Est-ce que là le PS y sera Nous nous sommes dans ce de soutien à cette initiative. Nous voulons pas être les organisateurs, mais nous pensons que c'est bien quand ce sont des associations, des ONG, des syndicats qui organisent les choses qui appellent à manifester. Nous espérons qu'il y aura pas que des parties de gauche qui viendront en soutien. sera oui oui oui.
Euh les insoumnis, est-ce que hier avec cette manifestation les insoumnis et les écologistes ont on sont un peu tombés dans le piège d'une politisation de décision de justice ? Alors moi je regrette que les le message des écologistes dont dont le le l'engagement aussi contre le le rassemblement national et pour le respect de l'état de droit n'est pas à mettre en en doute que tout ça se se soit un peu noyé dans la confusion des messages de la France insoumise en réalité. Euh parce que on a quand même eu des des déclarations problématiques qui venaient de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi et pas uniquement de la France.
D'ailleurs à droite aussi, on a eu des déclarations problématiques euh sur la condamnation de Marine Le Pen où on a laissé entendre que ça n'était pas au juge de prononcer une peine contre une élu qui a qui aspire à devenir président de la République. Donc ça c'est quand même un problème. parler de la la remise en cause de de l'exécution provisoire et hier François Bairou il redit dans le Parisien ses interrogations sur l'application du jugement avant qu'il puisse y avoir un appel.
C'està-dire vous vous partagez pas ces interrogations ? Je pense qu'il y a une loi qui a été votée, qu'elle doit être appliquée, que si on estime que on doit la changer, donc c'est la responsabilité du gouvernement de faire un projet de loi, c'est la responsabilité de législateur, de parlementaires de faire des propositions de loi pour avoir de nouveau ce débat. Mais aujourd'hui, on ne peut pas remettre en cause le fait que les magistrats ont fait leur travail.
Ils ont appliqué la loi qui a été votée par des représentants élus démocratiques. Mais est-ce que vous vous souhaitez que cette loi sur l'exécution provisoire soit modifiée ? Moi, je ne crois je ne le crois pas.
Je pense que c'est un débat euh qui est légitime, qui a eu lieu déjà. Certains veulent veulent l'avir de nouveau parce que effectivement il y a des questions qu'on peut se poser sur la question de la de du fait que quand on fait appel en général les les peines sont suspensives mais parfois elles ne sont pas suspensives parce que il y a un risque de récidive et c'est dans cet esprit là que la l'exécution provisoire a été mise en place. Quand il y a un risque de récidive, est-ce que c'est normal que quelqu'un qui ne reconnaît pas la gravité de sa faute puisse de nouveau euh concourir à une élection ?
Quand on est Mais là, vous parlez de Marine Le Pen dans le cas d'espace. Ouais. Oui.
Quand on veut parce qu'elle elle elle dit que c'est une remise en cause des droits de la défense, mais je crois être condamné parce qu'on reconnaît pas la gravité de sa faute, elle considère que c'est une remise en cause des droits de la défense. Mais ça c'est ça c'est effectivement un débat. Mais le débat a eu lieu justement.
Il a il a été tranché. Il y a eu un vote, c'est aujourd'hui la loi. On n'applique pas quelque chose avec le doigt mouillé.
Les magistrats ont appliqué le droit. Euh et euh je crois que euh en fait en réalité euh Marine Le Pen et la les la réalité du jugement, la dureté de ce jugement, l'exécution provisoire vient justement du fait que euh Marine Le Pen et les autres eurodéputés qui ont été condamnés ont remis en cause leur responnu leur responsabilité. Ils n ils ont refusé de reconnaître qu'ils avaient commis un délit.
Ils ont commis quand même un détournement de fonds de plus de 4 millions d'euros avec un enrichissement personnel pour Marine Le Pen puisque le jugement dit que ça a servi à améliorer le confort des membres de sa famille. Voilà. Donc donc là c'est vraiment quelque chose de grave.
Dit il y a pas d'enrichissement personnel. Ouais. Le jugement dit qu'il y a eu un une amélioration du confort privé de leur vie privée.
Donc ça c'est ça une forme d'enrichissement personnel. Et ça veut dire juste si je vous comprends bien que le Parti socialiste ne votera pas la proposition de loi présentée par Eric Choti pour revenir sur l'exécution provisoire pour les élus. Ça n'est pas aujourd'hui nous n'avons pas eu le le le débat sur cette questionl au Parti socialiste parce que nous avions voté déjà pour à l'époque et donc ça n'avait pas été remise en cause.
Donc je ne vois pas pourquoi on changerait d' et vous présenterez pas vous-même de texte pour revenir sur cette loi maintenant. Vous parliez des écologistes. Est-ce que les écologistes selon vous ils sont désormais plus proches des insoumis du PS ?
Non, je crois que c'est pas Moi, j'ai pas parlé à la place des des écologistes. Je pense que ils ont ils ils ont expliqué leur raison euh euh pour euh pour euh manifester euh hier queon peut aussi entendre. Nous n'étions pas d'accord là-dessus.
Euh mais je crois que nous travaillons très très bien avec les écologistes et c'est pas à moi de parler à leur place. Non, mais vous vous êtes au sein de la gauche. Est-ce que vous dites pas aujourd'hui les écologistes il tendent plutôt vers Jean-Luc Mélenchon que vers nous ?
Non, je crois pas. Je ne crois pas. En tout cas, on va pas, je vais pas moins leur faire le procès de faire la même confusion que Jean-Luc Mélenchon sur la question du respect de l'état de droit.
On va parce que vous avez condamné, vous condamnez les propos que Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, il dit que c'est pas la justice de destituer un élu. C'est ce qu'il a dit au cours de la condamnation Marine Pen aucun sens.
ça n'a aucun sens de de dire quelque chose comme ça. Alors, je sais que il réclament notamment la révocation des élus dans leur programme depuis longtemps, mais ça il s'agit euh de jug de non pas d'un jugement pénal, mais euh du fait que les électeurs doivent pouvoir euh voter sur un programme et ensuite éventuellement avoir le droit de remettre en cause le fait que des élus n'ont pas tenu leurs promesses. Ça n'a rien à voir avec le fait de respecter la loi.
Tous les justiciables sont à égalité devant la loi. On va parler justement du Congrès, du Parti socialiste. Il aura lieu 1000 juin.
Il doit clarifier la ligne de votre parti et notamment l'alliance avec la France insoumise que beaucoup reprochent à Olivier Fort. On va écouter ce qu'on dit ce dernier premier secrétaire du PS. Il était hier l'invité de France 3.
Ce que je sais et ce que savent les militants et les militants, c'est que ce parti, il a failli disparaître. Il a failli disparaître à plusieurs reprises. Est-ce que vous criez que et que si je n'avais pas pris ces décisions au nom de tous et pour tous aujourd'hui il n'y aurait pas de congrès, il n'y aurait plus de Parti socialiste.
Et donc je vois qu'il y a des gens qui me disent "Mais Olivier Fort, il a fait alliance avec les insoumis." Mais je vous rappelle quand même Laurence Peron que pour le nouveau Front populaire qui manquait à l'appel de François Hollande jusqu'à Carole Delga. Tout le monde a accepté le Front populaire, tout le monde a ad front populaire. tout le monde a adopté son programme et donc maintenant venir me face au procès, je trouve ça parfois un peu f sur la plateforme.
Bah vous partagez les mots d'Olivier Fort et est-ce que ça veut dire que cette alliance avec la France insoumise, il faut la poursuivre ? Mais je crois qu'on a déjà euh dit les choses. Euh le le nouveau Front populaire, si le nouveau Front populaire, on on l'a on l'a fait euh le au lendemain d'une dissolution où on voyait le risque euh de euh de l'extrême noite au pouvoir.
Euh maintenant, on sait aussi qu'on aura besoin d'un rassemblement le plus large possible de la gauche si la gauche veut espérer être au deuxème tour en 202. Mais mais je crois qu'aujourd'hui nous avons aussi marqué des différences très claires avec l'attitude, les positions de la France insoumise. Il est hors de question d'avoir on peut pas construire un rassemblement avec un parti qui se comporte de manière hégémonique, qui ne respecte pas ses partenaires et qui parfois prend des positions qui sont vraiment problématiques avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord.
Et donc aujourd'hui, on sait très bien que Jean-Luc Mélenchon, quoi qu'il arrive, sera candidat à l'élection présidentielle, que nous ne soutiendrons pas une candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'évion présidentielle. Et donc notre ambition, c'est de construire un rassemblement aujourd'hui qui rassemble tous ceux qui à gauche veulent proposer une autre alternative aux françaises et aux Français sur les valeurs de la gauche. Et donc aujourd'hui ce que nous nous voulons construire c'est un rassemblement large avec les écologistes, avec les communistes, avec tous ceux qui à gauche se retrouve dans les valeurs que nous voulons porter mais qui et qui et qui savent que y compris il faut savoir parler aux électeurs de la France insoumisie, il faut les convaincre de venir dans ce rassemblement-là euh parce que sinon nous n'attiendrons pas le deuxème tour.
Mais aujourd'hui, il y a une rupture très claire avec la manière avec les candidat gauche. Vous pourrez l'atteindre le deuxième tour avec deux candidats gauche ? Mais je je crois que ça c'est à nous de d'en faire la démonstration avec une dynamique de rassemblement qui peut rassembler largement à gauche et même peut-être au-delà de la gauche dès le premier tour parce que nous serons encore on voit bien malgré la condamnation de Marine Le Pen que le Rassemblement national restera extrêmement haut quel que soit son candidat et que donc il y aura aussi dès le premier tour une question de vote utile.
Avec qui ? C'est Raphaël G Luxman aujourd'hui votre meilleur candidat. Moi, je crois qu'on n'est pas au moment de choisir les candidats.
Raphaël Guxman, il fait partie largement de notre famille politique. C'est avec Olivier Fort, nous avions choisi d'en faire notre candidat de liste aux européennes et en 2019 et en 2024. Donc bien sûr, il fait partie des des choix possibles, mais je crois de la même manière que ça n'est pas le choix de fait partie des choix possibles où il est le seul choix possible.
Aujourd'hui, quand on voit les sondages, c'est le seul qui est au-dessus de 10 %. tous les autres candidats socialistes sont en dessous de 5. On est à 2 ans de l'élection.
Euh et je crois qu'on a plusieurs personnalités dans la famille socialiste qui ont euh une grande légitimité et toutes les qualités pour aussi euh être des candidats potentiels à cette élection présidentielle. Mais d'abord non, moi je ne veux pas rentrer dans ces noms là parce que justement le temps du congrès, c'est le temps de choisir une ligne politique, une stratégie en chef bien sûr pour le parti pour préparer et les élections municipales qu'on doit d'abord réussir avant de savoir si on est en capacité de réussir les élections, l'élection présidentielle et et législative. Pour les municipales, il y a des alliances avec LFI ou pas ?
Euh bah écoutez, moi je je crois que ça il y aura des il y aura des accords à géomatrie variable. On a aujourd'hui, ça c'est toujours le cas, on a des aujourd'hui des des des maires qui sont qui ont dans leur majorité des élus insoumis. Donc ça ça sera ce sera des accords qui seront discutés dans les prochains mois.
Un mot sur une autre actualité, c'est Jean-Noel Barreot qui était en Algérie hier, qui a rencontré le président Teboun. Il annonce une nouvelle phase dans une relation d'égal à égal avec l'Algérie. C'est une bonne chose pour vous.
Oui, c'est une bonne chose. Il y a eu déjà le l'entretien du président Macron avec le le président Tbou qui vraiment est va dans le bon sens. C'est ce à quoi j'avais appelé au nom du groupe socialiste il y a quelques semaines lors du débat au Sénat sur les accords franco-algériens. le fait que c'est au président de la République avec l'appui du ministère des affaires étrangères de reprendre la main et euh et de rétablir un dialogue diplomatique sur toutes les questions qui concernent la relation entre la France et l'Algérie.
Bien sûr, les questions de sécurité, bien sûr les questions mais aussi les questions de coopération économique. C'est un pays avec lequel l'Algérie avec lequel on a une histoire longue, une histoire complexe, mais c'est un pays avec lequel notre avenir aussi est lié. Et la question de Boem Sansal, François Baou qui dit ne pas accepter que Bohem Sansal soit pris en otage pour des raisons d'opinion.
Vous emploirez les mêmes mot. Alors, il est certain que aujourd'hui Boem Sansel est utilisé de manière politique par le gouvernement algérien, mais je crains que et c'est pour ça que c'est une bonne chose que le président de la République et le ministère des affaires étrangères reprennent la main parce que je je crains aussi que on a eu un ministère un ministre de l'intérieur qui en durcissant en entrant dans une escalade de durcissement de des relations n'a certainement pas servi les intérêts de la libération de Boem. sans sal.
On va passer à l'actualité du Sénat. Le 15 mai prochain sera examiné votre texte pour mieux encadrer les contrôles d'identité. On va en voir le détail avec Yan Felet tout de suite. [Musique] Bonjour Yanne.
Bonjour Orian. Bonjour madame la sénatrice. Bonjour.
Et Yan. La proposition de Melle prévoit d'encadrer davantage les contrôles d'identité. Qu'est-ce qu'il y a précisément dans ce texte ?
Actuellement, le droit donne déjà un cadre pour les contrôles d'identité, mais il est assez large et il faut le dire, la France est un des rares pays européens à ne pas encadrer strictement cette pratique. Les contrôles sont évidemment possibles notamment lorsqu'il y a une infraction, un risque d'infraction ou que la personne est recherchée. Mais au-delà de ça, il y a un alinéa dans le code de procédure pénale que vous trouvez trop large.
On va le regarder. Il est écrit l'identité de toute personne, quel que soit son comportement, peut également être contrôlé pour prévenir une atteinte à l'ordre public. À vos yeux, cette formulation comporte un risque d'arbitraire.
La notion d'atteinte à l'ordre public est large, ce qui laisse une liberté d'appréciation importante aux forces de l'ordre. Alors, votre proposition de loi apporte des conditions. Les contrôles ne seraient possibles que pour assurer la sécurité d'un événement, d'une manifestation ou d'un rassemblement exposé à un risque d'atteinte. grave à l'ordre public.
Donc en dehors de ces situations, ce n'est pas possible. Ce ne serait pas possible simplement dans une rue parce qu'un policier le jugerait nécessaire. Pour quelle raison ?
Parce que la justice condamne déjà les contrôles sans justification objective qui sont considérés comme discriminatoires. Alors, pour quelle raison encadré davantage ? Alors, en réalité, on a beaucoup de mal à faire la démonstration aujourd'hui de la réalité des contrôles au facial.
On sait qu'ils existent. On sait qu'il y a eu beaucoup d'études statistiques. Il y a eu un avis du Conseil d'État.
Il y a eu une décision de la Cour de cassation qui montre sans équive qu'il y a des contrôles au faciales dans notre pays. Mais nous n'avons aucune donnée objective sur l'efficacité des contrôles d'identité et la motivation réelle de ces contrôles d'identité. D'où la nécessité de mettre en place une forme de récepissé, ce que nous aurions dû faire lorsque nous étions au pouvoir, mais aussi de revoir la question de la définition dans le code de procédure pénale.
Alors, moi je ne remets pas en cause ce qu'on appelle les contrôles par réquisition. Quand il y a un juge d'instruction qui pense que on a besoin de contrôler des endroits spécifiques par rapport par exemple à des points de c'est normal. Mais là aussi, on n pas de données sur est-ce que bien est-ce que c'est bien il y a bien eu des interpellations ensuite ?
Est-ce que c'est bien des personnes qui sont soupçonnées de de trafic de drogu ensuite interpellé ou est-ce que c'est uniquement des travailleurs sans papier ? Donc il y a aussi un sujet vraiment on a aucune donnée. En réalité le la Cour des comptes a démontré qu'il y avait 47 millions de de contrôles en une année de contrôle d'identité, 12 millions de contrôles dans les dans les voitures de contrôle routier.
Là, on sait très exactement pourquoi les gens sont contrôlés, quelles sont les suites. Il y a 32 millions de contrôles dans la rue. On ne sait pas exactement quelles étaient les motivations et quelles étaient les suites.
Est-ce qu'il y a eu des interpellations, est-ce qu'il y a eu des suites en justice ou pas ? Et donc, c'est pour ça qu'on a besoin de récepser. C'est pour ça qu'on a besoin de clarifier, de d'obliger à ce que la justification du contrôle d'identité soit détaillé.
Euh et cet encrement, est-ce que ça ne revient pas à désarmer un peu les policiers et à baisser d'un cran notre sécurité collective ? Alors, il y a beaucoup d'autres pays qui n'ont pas de contrôle d'identité et qui arrivent tout à fait à maintenir l'ordre public et à faire leur travail. Je crois qu'on a on a d'autres outils qui sont possibles.
Il y a aussi un autre sujet qui est que en réalité il y a euh aujourd'hui il y a une une étude qui a été commandé par la défenseur des droits qui montre que près de 40 % des policiers et des gendarmes s'interrogent sur l'utilité des contrôles d'identité. La l'ancienne directrice de l'IGPN remet en cause aussi un cadre flou euh du droit en matière de contrôle d'identité qui met en danger euh les policiers parce que justement le droit n'est pas assez clair sur la manière dont ces contrôles d'identité doivent se passer. Et on sait que ça c'est un un sujet de cristallisation de tous les dysfonctionnements de la relation entre la police et la population.
On a besoin de police dans nos quartiers, on a besoin de police partout. On a besoin d'une police qui a des missions claires qui sont utiles véritablement à euh la sécurité du quotidien et euh euh contrôler euh cinq fois dans la semaine le même jeune qui n'est jamais interpellé parce qu'en réalité il y a rien à lui reprocher. Euh ça n'est pas utile.
Euh on ferait mieux d'avoir une de prendre ce temps-là pour former les policiers et leur donner des missions qui se ressemblaient beaucoup plus à des missions de police de proximité avec un rapport positif avec la population. qui leur permettrait d'être beaucoup plus efficace notamment dans la prévention et dans le renseignement local. Et donc pour moi, c'est une question à la fois de lutte contre les discriminations et de meilleure utilisation du temps des policiers et du sens de leur mission.
La lutte contre les contrôles au faciè et et les remises de réception, on en entend parler depuis des années et pourtant ça n'a jamais été voté. Est-ce que vous avez bon espoir d'être suivi par la droite là-dessus ? Non, malheureusement, je crains que ça soit difficile euh de faire voter ce texte au Sénat, mais je crois que c'est important euh de euh le mettre de nouveau euh au débat parce que il y a eu euh beaucoup d'évolutions aussi dans les mentalités, je disais, y compris au sein de la police sur cette question-là.
Donc j'espère que la droite sénatoriale l'entendra aussi et puis je voilà, je veux pouvoir avoir la possibilité de mettre ce texte dans une navette et qu'il ait la possible le le l'opportunité aussi d'aller à l'Assemblée nationale ensuite. Merci beaucoup. Merci Yanne.
À tout à l'heure. On se retrouve dans une demi-heure. On parlera du réchauffement des relations entre la France et l'Algérie.
Ce sera à suivre dans le club. Allez, on termine par l'actualité dans votre département de la Sainte Saint-Denis. On retrouve Cécile Dubois.
Bonjour Cécile. Merci beaucoup d'être avec nous. rédactrice en chef de 94 citoyens.
Cécile, dans dans quelques instants, on va parler euh du cas qui a fait grand bruit de cette école de Saint-toi, obligé de déménager pour trafic de drogue. Mais d'abord, on va rester sur la thématique de la sécurité alors que les chiffres de la délinquence ont été rendus publics la semaine dernière. Vous vouliez interroger Corine Narassigin sur la présence policière et notamment l'absence de commissariat dans certaines villes.
Tout à fait. Donc, on est 94 citoyens et 93 citoyens. Exactement.
Fait bien de le dire. Oui. Alors, Bagnolet Bagnolet est une est une ville de 40000 habitants qui est rattachée au commissariat des Lilas, qui couvre aussi Romainville, Le Pressin Gervet et donc c'est un bassin de 110000 habitants pour un seul commissariat.
Euh la ville de Bagnolet réclame donc depuis plusieurs années un commissariat de plein exercice. Elle a fait plusieurs pétitions euh et euh elle a également dû créer une police municipale parce que il y a énormément de de demandes de commissariat qui ne auquel le commissariat ne peut pas répondre parce qu'il est débordé. Euh la création de cette municipale a a semé le trouble dans la majorité, a été retoqué une première fois.
Euh et donc la cette situation de de créer une police municipale euh pour combler en fait euh euh l'absence la la présence insuffisante de police nationale euh témoigne d'une euh d'une tendance à à ne pas avoir des moyens enfin à à à entraîner un certain nombre d'inégalités en fait entre les villes entre les villes qui vont avoir les moyens de de dégager des moyens de de créer une police nationale. police municipale et les autres. Euh est-ce que la géographie des commissariats de plein exercice doit-elle passer par la loi ?
Je ne sais pas si ça doit passer par la loi parce que la loi c'est quand même très rigide et on peut pas la changer au fil aussi régulièrement que les besoins les enfin les les poids démographiques par exemple changent dans les dans les communes. Mais par contre je crois que il doit y avoir effectivement un effort supplémentaire de l'État. On sait que la SNI est particulièrement sous-dotée en service public et notamment en service de police de police nationale.
C'est déjà très bien établi. Il y a effectivement ce ce commissariat souvent qui a qui en fait il a brûlé au moment où le premier soir des émeutes. Il y a eu des attaques systématiques contre tous les commissariats de la scène Sannie le premier soir des émeut de 2023. il a brûlé et imaginez quand même euh l'image que cela donne de l'abandon l'abandon de l'État dans nos villes populaires de la scène Saint- Nig que de voir ce commissariat qui est toujours brûlé, qui est vide, qui n'a pas été reconstruit euh et euh voilà qui alors qu'on c'est une ville de 40000 habitants euh qui où les les les habitants ont besoin d'avoir un commissariat qui fonctionne.
Ça n'est pas la seule ville. J'avais il y a quelques temps posé une question orale au sujet du commercial de Sevron. Ça fait des décennies que il y a une demande transpartisane de la municipalité de Sevran pour un commissariat aussi de plein exercice.
Donc on sait qu'on a ces ces besoins, on sait qu'on a on a c'est aussi normal que pour d'autres raisons de toute façon il y ait beaucoup de municipalités qui mettent en place des polices municipales. Mais les polices municipales, elles doivent avoir un rôle qui est différent de celui de la police nationale deviennent en complément et certainement pas pour remplacer. Et Cécile, je le disais, on va parler de cette école de Saint-toi obligé de déménager à cause de dealer.
Oui. Euh les les parents de l'école maternelle Milzola de de Saint-Toin ont voté jeudi dernier pour déménager les classes provisoirement en raison d'un du trafic de drogue. L'affaire a fait grand bruit.
Euh quelle proposition pour éviter cette situation ? Écoutez, je pense que le trafic de drogue, malheureusement c'est un sujet qui traverse beaucoup de territoires. On l'a eu, on a eu beaucoup de débats sur la question de de la lutte contre le narcotrafic.
Il y a une loi qui, je l'espère, va être améliorée en en en CMP très prochainement et et promulgué rapidement avec de vrais moyens. Parce que pour vous, elle a été dénaturée par les députés cette loi euh pas uniquement par les députés, aussi par le par le ministre de la justice. Il y a eu des des éléments supplémentaires qui ne qui n'étaient pas souhaitable dans le texte, qui n'était pas souhaité par les auteurs de cette proposition de loi.
Euh et euh et donc on a besoin de revenir à un texte qui soit équilibré euh sur la répression mais aussi sur le le respect des libertés publiques et et du droit des nos droits fondamentaux. Mais je crois que là, il y a eu une décision qui est sage, je crois, de la mairie de Saint-Toin dans une situation très difficile avec une consultation des parents d'élèves qui font face à une situation dont les élus locaux ne sont pas directement responsables. C'est là aussi à l'état d'agir.
Le le narcotrafic d'abord à l'état d'investir ces territoires, d'avoir justement des polices de proximité mais aussi des coopérations entre police et justice. beaucoup plus de moyens aussi pour la justice pour pouvoir agir. La loi qu'on vote, c'est bien.
Il faudra ensuite que les moyens soient mis en place pour qu'elle puisse être appliqué. Merci beaucoup. Merci Cécile Dubois actrice en chefdescitoyen.com.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous Cécile et merci Corinaigan d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. On va revenir sur ce dimanche de meeting. Ce sera dans 20 minutes dans le club et puis on va en parler tout de suite avec notre invité le porte-parole du RN qui nous rejoint.
Laurent Jacob. M.
Marine Le Pen