Iran : les État-Unis ont frappé Ormuz - 12/07
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L'actualité internationale marquée ce soir par cette question, la guerre est-elle sérieusement en train de reprendre entre les Etats-Unis et l'Iran, plus de trois semaines après le début du cessez-le-feu ? Ce dimanche encore, les frappes américaines après celles de la nuit dernière ont repris dans le détroit d'Hormuz, dans le sud de l'Iran. C'est la quatrième vague de frappes en une semaine. On va tout de suite partir au Qatar, retrouver Naoufel El-Kawafi. Naoufel, racontez-nous quelle est ce soir la situation ?
On assiste tout simplement à une reprise de la guerre, une reprise des hostilités avec depuis quelques heures tous les regards qui sont arrivés sur ce détroit d'Hormuz avec une multiplication des attaques. Ce soir, les Etats-Unis affirment avoir ciblé une nouvelle fois plusieurs sites militaires iraniens à proximité de ce détroit d'Hormuz. Il s'agit de systèmes de missiles mais également de défense aérienne mais aussi des bateaux qui appartiennent aux gardiens de la révolution. Ce sont des bateaux de surveillance sur les côtes de ce détroit d'Hormuz.
Les Etats-Unis qui justifient ces différentes frappes en expliquant qu'il s'agit de frappes pour sécuriser, pour la liberté en tout cas de ce détroit d'Hormuz. Ce qu'il faut comprendre en fait, c'est depuis quelques heures, plusieurs frappes se sont multipliées sur ce passage maritime au combien stratégique avec deux versions qui s'opposent. La première, celle de l'Iran qui explique depuis hier que ce détroit d'Hormuz est fermé jusqu'à nouvel ordre. Il leur revendique le contrôle, menace également les différents navires qui s'y aventuraient sans son autorisation d'être ciblés. D'ailleurs, ces dernières heures, deux navires ont été touchés par plusieurs attaques iraniennes.
Et de l'autre côté, vous avez la version des Américains qui explique tout simplement que ce détroit d'Hormuz n'est pas sous le contrôle de l'Iran, que la circulation est toujours possible, notamment la circulation, le passage maritime commercial en expliquant d'ailleurs que le passage maritime commercial est toujours possible depuis quelques heures. On assiste donc à de véritables versions qui s'opposent ces dernières heures. Difficile de voir qui dit vrai, ce qui est sûr en tout cas, c'est que cela montre qu'il y a un véritable regain de tension sur ce détroit d'Hormuz depuis quelques heures maintenant.
Naouf El-Kawafi avec Benjamin Danan à Doha, au Qatar. Merci à tous les deux. Patrick Sos, il y a ces frappes dont on va parler dans un instant, côté île de Keshe. Mais on assiste aussi au retour des frappes sur les pays du Golfe, en particulier au Koweït, avec peut-être une évolution ce soir. Parce qu'on n'est pas frappé une cible américaine au Koweït.
Non, c'est une cible économique pour la première fois. C'est une plateforme pétrolière offshore, donc vraiment sur l'eau, dans les eaux territoriales, qui a été touchée. Et c'est là qu'on va introduire le concept d'escalade horizontale, qui fait partie totalement du jargon diplomatico-militaire, mais qu'on va devoir expliquer parce que, je vous le dis tout de suite, ces séquences, on va les analyser pendant tout l'été, sans doute l'automne à venir. C'est-à-dire que ça monte et ça redescend.
Vous pensez que ça a amené à se répéter de cette façon-là ?
Oui, je vous le dis, comment j'enlève tout élément de suspense, de mon avis, ça n'est pas une reprise de la guerre. Il y a un rapport de force et donc, escalade horizontale, c'est-à-dire qu'on reste vraiment sur la même zone, avec la même volonté stratégique. Oui, mais on augmente un peu le coût pour l'opposant ou les opposants. Le Koweït, par exemple, on va rester sur ce petit état, il a été touché jusqu'ici par les infrastructures militaires américaines. Il n'y a quasiment plus personne.
D'ailleurs, comme pour chaque séquence, je pense que dans leur avenir, on aura communiqué du Senkom annonçant un nouveau décollage, comme si de rien n'était, d'un F-18 ou d'un F-35 qui pourra opérer sans problème au-dessus de la région. Oui, mais il y a des civils qui commencent à être touchés. On continue de faire mal à des États qui ne pourront pas se défendre. Le Koweït ne va pas envoyer, en tout cas pas médiatiquement, des missiles ou des drones sur l'Iran. Et on se contente vraiment de taper ce genre de région. On fait un petit peu peur avec des missiles au-dessus de la Jordanie. La Jordanie, les gens lisent les cartes, c'est sur la route d'Israël.
Ça n'a pas beaucoup touché, 5 à 6 fois depuis le lancement de l'Épique Fury, je comptais un peu.
Non, ça n'a pas beaucoup été touché. Mais encore une fois, la Jordanie, c'est à la fois une base américaine. On envoie un petit message aussi aux Français parce qu'il y a une base française. Mais c'est ça, l'escalade horizontale, l'escalade verticale. C'est d'aller toucher, par exemple, Israël ou recommencer à toucher les Émirats. Pour l'instant, on est dans quelque chose de cadré. Le problème, c'est qu'on est quand même avec des puissances militaires. Et la faute de cartes, volontaires ou involontaires, peut assez vite arriver.
Alors, quatrième vague de frappes américaines, on le disait. Et des images, on va aller voir, qui nous parviennent. Images mises en ligne par le média Axios. Racontez-nous, Nicolas Tenzer, ce qu'on peut voir. Est-ce que c'est l'effet des projectiles américains ? On parle d'une dizaine de projectiles qui auraient touché, notamment l'île de Keishm. C'est ça ?
Oui, exactement. Enfin, là, oui, effectivement, ça semble être l'effet de ces frappes. Après, ce que l'on ne sait pas, on ne peut pas le voir, je dirais, sur les images, c'est évidemment l'étendue des dégâts. C'est-à-dire jusqu'où, effectivement, les installations pétrolières sur l'île, enfin, les terminaux pétroliers, exactement, ont été touchés. Et ça, effectivement, c'est l'inconnu. Ce qu'il faut aussi, finalement, se poser comme question, c'est quels sont aujourd'hui les objectifs des Américains ?
Alors, justement, c'est quoi ? C'est de détruire ou d'envoyer un signal, de faire peur ? C'est une menace ou c'est une volonté de détruire ?
Encore une fois, là, je rejoins tout à fait, effectivement, ce que Patrick a développé tout à l'heure. C'est-à-dire qu'en fait, la guerre est la poursuite des négociations d'une autre manière. On peut paraphraser Clausewitz, ou l'inverse, d'ailleurs. Les négociations, c'est aussi la poursuite de la guerre. C'est-à-dire que là, il faut essayer de montrer qu'on est prêt à, je dirais, donner des signaux clairs. On veut essayer de bloquer ce terminal qui est fondamental, quand même, parce que c'est un des éléments essentiels pour que l'Iran puisse après recharger, notamment, certains de ses pétroliers ou certains de ses métalliers. Donc, c'est évidemment tout à fait important.
Maintenant, je dirais, est-ce qu'il s'agit de détruire l'ensemble de ces installations ? Il en avait été question lors de la guerre, entre guillemets, des 40 premiers jours. Rappelez-vous. Ça, ça avait été... Aujourd'hui, effectivement, on ne sait pas. Dernière chose, je crois. Il faut savoir qu'aujourd'hui, il me semble que pour les Américains, l'enjeu principal, c'est bien la question du détroit d'Hormuz. Parce qu'aussi, l'ensemble des alliés, y compris européens, et notamment la France, ont clairement dit qu'il y a une chose qui est inacceptable, c'est de laisser à l'Iran, c'est-à-dire contraire au droit international, la mainmise sur le détroit de Kertsch.
Et c'est évidemment ce que les Iraniens veulent, et on a l'impression qu'aujourd'hui, c'est leur atout décisif... Le détroit d'Hormuz. Le détroit d'Hormuz, pardon, excusez-moi. Le détroit d'Hormuz, pardon pour le lapsus, qu'effectivement, qu'ils veulent absolument, je dirais, contrôler.
Mais alors, Nico, on en est où du détroit d'Hormuz ce soir ? Parce que les gardiens de la Révolution, suite à tout ce qu'il sait, c'est parce que l'étincelle vient des frappes iraniennes sur deux navires marchands, on aura l'occasion d'y revenir. Les gardiens de la Révolution nous disent qu'on va fermer de façon temporaire. Donald Trump dit non, c'est ouvert. Le CENCOM aussi fait un tweet pour expliquer justement que l'armée américaine accompagnera ces navires. On en est où ? Il est fermé ou il est ouvert, à votre avis, ce soir ?
Première chose, ce n'est pas la première fois que dans le communiqué du CENCOM, il y a des données qui sont des données fausses. C'est-à-dire des données sur les nombres de navires qui seraient passés ou que les Américains auraient aidés à faire passer. Donc ça, ça fait que les communiqués du CENCOM, donc le CENCOM, pour rappeler, c'est tout simplement le commandement central du Moyen-Orient. Le commandement central de cette zone-là de l'armée américaine et sont malheureusement de plus en plus à prendre avec des pincettes. On est plus dans la communication politique ou la communication militaire que dans la réalité, forcément, à chaque fois.
Maintenant, côté iranien, ce qui est très clair, c'est qu'ici, vous avez donc l'accord, le mémorandum d'accord, le mémorandum d'entente, le MOU, qui avait été signé donc le 15 juin. Sous 30 jours d'après l'article 5 de ce MOU, les Iraniens étaient censés faire ce qu'il fallait.
L'échéance, c'est mercredi.
Et voilà, on y arrive. L'échéance, c'est mercredi. Donc mercredi, 15 juillet, ils sont censés avoir fait ce qu'il fallait pour permettre la réouverture des Trois-Dormouzes et rentrer dans une deuxième phase ensuite de 30 à 60 jours.
On voit d'ailleurs, c'était l'article 5 du protocole d'accord, si je ne me trompe pas, avec mettre tout en œuvre pour assurer le passage en toutes ses priorités, etc.
Exactement. Et ce qui est important, qui n'est pas dans la citation ici, c'est le début de la citation. C'est l'Iran qui doit mettre en œuvre. Et ici, dans la négociation entre Iran et Américains, les émissaires de Donald Trump, ici, c'était un coup vraiment de mettre dans la rédaction de l'article, de mettre l'Iran doit mettre en œuvre parce que pour les Iraniens aujourd'hui, ça leur permet de pouvoir dire c'est nous qui avons la légitimité d'avoir l'action nécessaire pour mettre en œuvre. Bref, nous sommes à la manœuvre. Là où les Américains disent non, non, non, ce n'est pas vous qui êtes à la manœuvre, c'est collégial, il y a Oman, il y a nous aussi, etc.
Et donc, cette différence d'interprétation qui, en fait, quand on lit le texte, n'est pas vraiment discutable en réalité, effectivement, joue pour l'instant à l'avantage de l'Iran. Et quand les États-Unis frappent Qeishm, l'île de Qeishm, qui est donc l'une des îles qui contrôle littéralement la route iranienne du détroit d'Hormuz, eh bien, de fait, ce qu'ils essayent de faire, c'est tout simplement de prendre le contrôle en essayant d'empêcher l'Iran de pouvoir faire ce qu'ils font, c'est-à-dire, en ce moment, frapper des navires.
L'Ovarinelle, est-ce que ça bouge dans le détroit d'Hormuz depuis, justement, la signature de ce mémorandum ? On se souvient que le soir même, Donald Trump avait annoncé, ça y est, ouvrez les moteurs, recommencez, vous allez pouvoir bientôt repartir. Est-ce que ça bouge vraiment ? Alors, ça bouge, plutôt, ça se ralentit, mais c'est pas totalement fermé. On sait que ça passe au compte-gouttes, mais rappelez-vous, comme depuis le début, ça a passé au compte-gouttes. La situation a peu évolué, finalement. Il y a eu un moment de respiration, quand même, rappelons-le, depuis le 17 juin, donc la date de la signature du mémorandum.
Et pour nos téléspectateurs, je pense que ce document, c'est le document maître pour comprendre ce qui se passe. L'article 1, il parle de quoi ? Il parle de la préservation du Liban, vous savez, sur une forme de cessez-le-feu, qui comprend l'accord global, qui n'est pas un accord de paix, qui est un mémorandum, donc, encore une fois, c'est un début de négociation vers un accord de paix. Ce qu'on oublie de... Enfin, c'est comme si je défendais l'Iran, mais en fait, pour comprendre la logique des séquences, c'est que le MOU a été signé le 17-18 juin, le 20-23-24-26 juin, frappe israélienne sur le sud du Liban.
Pour les Iraniens, c'est considéré comme une première entrave dans l'accord de paix global. Parce qu'en fait, nous, on parle d'Etroit d'Ormuz. Les Iraniens, depuis le début, on dit qu'on ne dissocie pas toutes les questions de ce conflit. Le Liban fait partie. Premier article de cet accord. Ensuite, le cinquième article, c'est effectivement ce que disait Miko tout à l'heure, c'est la question de la mise en œuvre et ce qui est discuté c'est la mise en œuvre opérationnelle de la libération du Détroit d'Ormuz. Dès lors que de manière très claire dans cet article, il a été mentionné qu'il relève des Iraniens de mettre en place les protocoles qui permettent... On est d'abord sur les...
Ils ont 30 jours pour mettre en œuvre cette libération. Ils ont 60 jours d'effectivité qui ne comprend pas de frais de passage. Donc pendant, finalement, 90 jours, pas de... Pas de raquette. Pas de raquette, voilà. Ce ne sont pas mes mots, mais c'est effectivement cela. Il y a 90 jours, mais ce qui se passe, c'est qu'en fait, les tanqueurs qui ont été frappés sont des tanqueurs qui, selon les Iraniens, n'ont pas respecté, vous savez, leur route de circulation. Donc le litige, il est important, vraiment pour que les téléspectateurs comprennent, c'est que cet article, et rappelez-vous ce que j'ai dit, j'ai dit, mais c'est un non-sens. On est en train de donner le Détroit d'Ormuz aux Iraniens.
Mais ils disent, ben c'est donné, c'est pris, je ne rends pas. Et c'est exactement le sujet. Les Américains disent, non, non, non, nous, on vous sanctionne parce que l'objectif, c'est de le rendre libre. Vous devez rendre ça libre, pas de décider comment ça l'est. Les Iraniens disent, non, mais attendez, l'article est très clair, nous sommes responsables de la mise en oeuvre. Donc vous n'avez pas à intervenir, les bateaux ne peuvent pas passer librement, ils doivent nous demander l'autorisation. Dès lors qu'on demande l'autorisation aux Iraniens, ça veut dire que le détroit d'Ormuzor appartient. Donc eux, ils considèrent que c'est une deuxième, on va dire, contradiction avec le mémorandum.
Donc rappelez-vous, moi, les problèmes que j'avais avec le nucléaire, c'est que les accords, en fait, n'ont jamais dit que le TNP, le traité de non-préhension, n'interdit pas l'enrichissement d'uranium. Les Iraniens jouent sur cette réalité juridique et c'est toujours comme ça. Si on ne sait pas écrire un traité, alors eux, ils seront très bien interprétés. Et la difficulté, c'est que les Américains ont proposé un traité. Je l'ai dit, dès qu'il a été posé, c'est n'importe quoi, pardon de le dire comme ça. Et on a effectivement ce qui était attendu, en fait. Ces pièges-là, ce sont des pièges avec pas mal de flou.
Donnés par les Américains, tendus par les Iraniens, j'ai du mal à savoir, mais en tout cas, qui sont là et qui, objectivement, vont nous en liser encore une fois pendant plusieurs mois, malheureusement, de le dire. Tout l'été, disait Patrick. Au minimum. Easy. Alors, ce qui a déclenché la nuit dernière, ces frappes américaines sur 140 cibles iraniennes. On aura d'ailleurs l'occasion de revenir sur ces 140 cibles en Nian. Ce sont ces frappes iraniennes sur deux navires marchands, parmi lesquels le GFS Galaxy, nous dit le CENCOM, le centre de commandement central dans la région au Moyen-Orient. Voici la photo, on verra la photo après.
Et Patrick, on va expliquer aux téléspectateurs, c'est-à-dire que, pourquoi il a été visé ? Parce qu'il a emprunté le passage le long des côtes omanaises, c'est ça ? Et non pas le long des côtes iraniennes.
Pas par le parcours fléché et qui ne nécessite pas encore, puisque les Iraniens normalement respectent leur propre protocole d'accol, d'accord, il n'y a pas de frais de service ni de frais de péage. Oui, mais, passer par le sud, c'est montrer aux Iraniens qu'on préfère faire confiance aux Américains qu'à la partie d'en face, ça n'arrivera pas. Évidemment, les omanaises restent extrêmement silencieux, ils vont quand même essayer de négocier parce qu'ils n'ont pas envie d'être les dindons de la farce.
Il faut quand même se rappeler le pragmatisme complet des grands patrons de l'industrie pétrolière, Patrick Pouyanné, dès le départ, pour Total Energy, disait, on paye, parce qu'il faut payer, tout simplement. Il faut faire passer le commerce, ça n'est pas une bonne chose, ça évidemment, loin de lui, l'idée de vraiment valider la nouvelle volonté des Iraniens, mais ça finit par passer et on risque vraiment de se retrouver avec un double péage ou un double frais de service parce qu'on mettra deux vedettes, une devant, une derrière, des pilotes iraniens et omanais et il faudra payer pour rentrer et pour sortir.
C'est l'Iran qui fait complètement sa loi là, Nicolas Tenzer dans le détroit d'Harmouz ? On ne reviendra jamais à ce qui était avant le 28 février, ce qui était mis en place.
Oui, avant, il n'y avait absolument aucun problème. En plus, ce qui était assez frappant, c'est que ni les États-Unis ni d'ailleurs l'Iran ne sont partis à la convention de 1982 de Montego Bay. C'est ça qui est aussi très intéressant, qui justement parle du droit de passage inoffensif, ce sont les termes de la convention dans les détroits. Et là, je pense qu'il y a deux questions qui se posent. La première question, pour rebondir sur ce que disaient Patrick Sos et Mikko d'ailleurs aussi tout à l'heure, c'est effectivement quelle est la qualité quand même des négociateurs américains ? Parce que quand même, se laisser avoir comme ça... Deuxième remarque rapide. Deuxième remarque rapide.
C'est, je veux dire, si on accepte cela, sachant que la Chine considère que le détroit de Taïwan est à elle, que la Russie considère que le détroit de Kerch, précisément, eh bien, c'est à la Russie. Et que vous avez déjà eu la Malaisie et l'Indonésie qui ont essayé, puis ils y ont renoncé heureusement, de faire payer le passage des navires dans le détroit de Malacca. Je veux dire, c'est un précédent avec des conséquences sur le commerce mondial et sur le coût du frais qui est absolument considérable. Donc là, il y a à un moment une question de principe sur le plan économique et je ne comprends pas effectivement un certain nombre de grands patrons.
Je pense qu'ils ont une courte vue qui disent on va payer. Non, je crois qu'il faut aussi que les grands patrons et les gouvernements tiennent absolument... Payer, c'est rentrer,
payer, c'est rentrer, selon vous, dans une forme d'engrenage qui fait que de toute façon on paye une fois, c'est terminé.
Oui, après les autres vont dire attendez, nous aussi. Et donc là, vous avez toute la convention fondamentale du droit de la mer des Nations Unies donc de 82 qui tombe, si j'ose dire, à l'eau.
Michael, regardez ce que déclare Donald Trump à CNN aujourd'hui. Pour nous, la voie est ouverte. Voilà ce qu'il déclare concernant le détroit d'Hormuz. Pourtant, la presse américaine s'est fait récemment l'écho des préparatifs d'avant-guerre et on a compris que certains militaires autour de Donald Trump avaient tenté de le dissuader, notamment en le prévenant sur ce risque de mainmise de l'Iran sur le détroit d'Hormuz. Pourquoi Donald Trump ne les a-t-il pas écoutés ?
Alors, je ne suis pas capable, Dominique, de répondre à votre question directement, malheureusement. C'est bien dommage. Je ne sais pas pourquoi Donald Trump ne les a pas écoutés, si ce n'est peut-être de l'hubris ou peut-être qu'il pensait qu'il allait pouvoir s'en sortir là où d'autres auraient échoué. Ça, ce serait tout à fait possible. Il y avait en tout cas
autour de lui des gens qui étaient au courant et qui avaient prévu
cette situation. Évidemment, parce que cette situation par rapport au détroit d'Hormuz, non seulement, c'est ce qui s'est passé dans les années 80, donc il y a un précédent, et non seulement, ça a été wargamer, ce que je veux dire par là, ça a été simulé par pléthore d'armées occidentales et ce jeu là autour du détroit d'Hormuz, à chaque fois que ça a été simulé, à chaque fois, c'est très clair, dans une guerre asymétrique, la première capacité de nuisance de l'Iran, c'est le détroit d'Hormuz. Donc quand vous avez ce précédent et ces simulations qui sont partagées par toutes les armées, y compris françaises, dans le monde entier, ça ne fait aucune surprise.
Donc là, le contexte, c'est qu'on a les États-Unis qui disent pour nous c'est ouvert, les Iraniens qui disent pour nous c'est fermé, dans la pratique, quand on voit des navires sponsorisés, entre guillemets, aidés par les Américains qui essayent de passer, qui essuient des tirs, qui donc soit coulent, soit effectivement font demi-tour, c'est l'Iran qui a raison, c'est fermé.
Mais l'Ova, ça rajoute quelque chose à la force de frappe iranienne puisqu'il y avait le nucléaire, il y avait le balistique, maintenant il y a aussi le détroit d'Hormuz. Ça, ils ne vont pas le lâcher et ça fait partie de l'arsenal de force iranienne. C'est de dissuasion. Ils élargissent leur capacité de dissuasion à divers niveaux. Le détroit d'Hormuz est un acquis. Il faut vraiment que ce soit bien ancré dans nos têtes. Le détroit d'Hormuz est un acquis de cette guerre. Avec peut-être un premier élément de réponse. Rappelez-vous, 10-15 jours avant la signature de ces MOU, de quoi parlait-on ? On parlait de l'anniversaire de Donald Trump. On parlait de sa grande fête.
On parlait des 250 ans. On parlait de la Coupe du Monde. Eh bien, c'est passé. L'équipe des États-Unis a été disqualifiée. Les tirs sont arrivés le lendemain. Donc, il y a des séquences qui nous paraissent totalement dénuées de toute pertinence stratégique dans le monde de Donald Trump. C'est les États-Unis, c'est Walt Disney. C'est son moment. C'est comme ça que ça fonctionne. On repart. Il y a des élections qui vont arriver à la rentrée. dix jours avant et puis ça va repartir. Après, ce qu'il faut comprendre, et pareil, les Iraniens jouent toujours la même musique. Effectivement, je suis totalement d'accord par ce qui a été dit par Patrick Sos tout à l'heure sur la guerre horizontale.
Mais rappelez-vous, la centrale de Raslafen qui s'est faite tirer dessus au Qatar, vous savez, la centrale de GNL. Pareil, les séquences. Quel était le message stratégique qui est le même que celui aujourd'hui au Koweït ? C'est effectivement, vous nous frappez, nous allons cibler les sites stratégiques des pays de la région. Point. C'est le même message, cette fois-ci, on est capable de l'entendre. Là, on va voir comment les États-Unis qui auront peut-être un peu mieux parlé, on va dire, le Perse, peut-être qu'ils vont mieux comprendre comment ça fonctionne.
Néanmoins, c'est tendu et je crois que ce qu'il faut comprendre, c'est que cette histoire de détroit d'Harmouz, on va le traîner dès maintenant pour un très long mois.