Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBLAST (sur YouTube)· 2 novembre 2021 8 min

ZEMMOUR, L'OVERDOSE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg qui battent le rappel contre Zemmour, les bourdes de l’équipe de campagne du polémiste et Yannick Jadot qui veut limiter les jours de chasse : c’est le sommaire de la Guerre du trône numéro trois. C’est encore Éric Zemmour qui fait l’actualité du week-end. Samedi, à Nantes où il tenait un meeting, pardon, une réunion littéraire, des manifestants antifas et gilets jaunes ont réussi à s’approcher de la salle de réunion malgré les forces de police.

Le polémiste d’extrême droite a sauté sur l’occasion pour se poser en victime. Et quelle victime ! J’ai retrouvé une affiche du Parti communiste français en 1958 qui montre le général de Gaulle en train de baîllonner Marianne et qui dit : “Le général de Gaulle, ce fasciste.” J’estime que, voyez, c’est plutôt une médaille que d’être traité de fasciste comme le fut le général de Gaulle, par les mêmes, par leurs descendants.

Se comparer à de Gaulle quand on réhabilite Pétain. Il fallait oser. Rentrés chez eux, les manifestants de Nantes ont dû être bien étonnés de recevoir un renfort inattendu.

Celui d’Anne Hidalgo. Si si, Anne Hidalgo ! C’est un guignol qui est en train de porter notre pays, vraiment, dans une situation qui ne correspond en rien à ses valeurs, et qui vous explique que le général de Gaulle et Pétain c’est la même chose, parce que Pétain a été un sauveur des juifs dans notre pays, et il n’y a pas une manif d’au moins 10 000 ou 200 000 personnes dans les rues de nos villes ?

À Nantes, les manifestants étaient moins d’un millier. Mais est-ce que cela aurait changé quelque chose s’ils avaient été cent fois plus nombreux ? Anne Hidalgo oublie que les manifestations contre Jean-Marie Le Pen, puis sa fille, n’ont jamais réussi à entraver la progression du Front national et du Rassemblement national.

En revanche, la politique de François Mitterrand à partir de 1983 et, plus tard, le quinquennat Hollande ont fait énormément pour la progression de l’extrême droite en France. Ce sont les renoncements de la gauche qui ont fait les victoires des fachos. Mais quand on patine dans les sondages, il est toujours tentant de se refaire une santé en brandissant l’étendard de l’antifascisme.

Comme Arnaud Montebourg qui s’en est pris au garde des Sceaux, coupable de ne pas poursuivre Zemmour : Le garde des Sceaux, que fait-il de ses journées quand il est place Vendôme avec ses boutons de manchette ? Il pourrait peut-être signer un jour une demande de poursuites ? Mais en vérité le gouvernement a besoin de monsieur Zemmour.

Vous savez pourquoi ? Non mais pourquoi besoin d’Éric Zemmour ? Je vais vous dire pourquoi.

Parce que c’est une garantie d’assurance-vie de la réélection de monsieur Macron. Sur le dernier point, l’ancien ministre n’a pas tort. Pendant qu’on parle de Zemmour, on ne parle plus de Macron.

Et l’on ne parle pas davantage de Marine Le Pen, promise il y a encore quelques mois au rôle de challenger du second tour. Mais la présidente, en congé du Rassemblement national, n’a aucune intention de se laisser pousser vers la sortie. Mardi dernier, elle était ainsi en Hongrie où s’était rendu Éric Zemmour un mois plus tôt.

Le Premier ministre Viktor Orban n’a pas tari d’éloges sur la candidate. Chaque fois, quand la Hongrie a été attaquée au Parlement européen, et quand ces attaques étaient injustes, madame Le Pen, personnellement, tout aussi bien que son parti, ont toujours soutenu la Hongrie. Ainsi, comme le chef de gouvernement de la Hongrie, au nom de la Hongrie, je dis “merci” à madame Marine Le Pen.

Mais n’allez pas dire que Marine Le Pen court derrière Zemmour. Les deux visites n’ont rien à voir selon l’entourage de la candidate. Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes, hein !

Monsieur Orban a fait une conférence devant 150 responsables de partis ou de structures qui sont en accord avec lui. Monsieur Zemmour faisait partie des 150 participants. Mais ce n’est pas exactement le même genre de choses.

Viktor Orban reçoit dans un cadre qui est un cadre diplomatique finalement avec un rang de chef d’État, Marine Le Pen, pour un entretien privé, pour une séance de travail, pour une déclaration commune. On n’est pas dans quelque chose qui se fait sur le coin d’un bar. Là, on est dans quelque chose de sérieux, de structuré.

Sitôt rentrée en France, Marine le Pen s’est précipitée à Alençon dans l’Orne où venait de se dérouler une nuit de violences urbaines. L’occasion de réinvestir le terrain de l’insécurité et de l’immigration. Je vous le dis très clairement et très nettement : 95% de la délinquance de rue est le fait de l’immigration, soit d’immigrés, d’étrangers, soit de gens issus de l’immigration.

L’intégralité des émeutes qui existent dans notre pays sont le fait de banlieues qui sont des banlieues immigrées. Cette course à l’échalote entre les deux figures d’extrême droite inquiète leur camp. Proche des deux candidats, Robert Ménard, le maire de Béziers, craint que cette bataille d’egos ne conduise qu’à la défaite.

Moi je dis à l'un et à l’autre : “Vous êtes fous furieux. Faites attention à ne pas nous exclure du deuxième tour parce que vous resteriez tous les deux candidats.” Je leur ai proposé de se dire en février on fait le point et on dit qui est le mieux placé, et un des deux se retire en faveur de celui qui est le mieux placé.

Pour le moment, on voit mal l’un des candidats s’effacer derrière son concurrent. Chacun a trop à perdre et tout à gagner. Car l’histoire ne repasse pas les plats.

Officiellement, Éric Zemmour n’est pas candidat. Cependant, ses équipes s’activent. Elles utilisent le logiciel Nation Builder dont Bernie Sanders, par exemple, s’était servi pour la primaire démocrate américaine.

Mais les zemmouristes ont fait une sacrée bourde en utilisant cet outil informatique : ils ont démarché deux députés de La République en marche Ludovic Mendes et Stéphane Trompille. Le premier, Ludovic Mendes, député de la Moselle, a interpellé le polémiste d’extrême droite sur Twitter : “Vous m’expliquez comment cela est possible alors que je n’ai jamais demandé cette inscription ?”.

Avant d’ajouter perfidement : “Quelle belle organisation de campagne pour un non-candidat !” L’explication est venue un peu plus tard : Il semble que le staff de Zemmour ait utilisé des bases de données collectées par la plateforme américaine. Sans l’aval des gens figurant dans ces bases.

Ce qui est illégal en Europe. Le torchon brûle entre les chasseurs et Yannick Jadot. Vendredi, un homme d'une trentaine d'années a été grièvement blessé par un tir de chasse alors qu'il se promenait sur un sentier de Haute Savoie.

L’accident de trop pour le candidat écologiste qui a rappelé sa position : J'interdirai la chasse le week-end. J’interdirai la chasse pendant les vacances scolaires. Je veux qu’on puisse se balader dans la nature.

Pas de chasse le week-end, pas de chasse pendant les vacances scolaires. Et évidemment on ne chasse pas les espèces protégées. La réaction du président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, ne s’est pas faite attendre.

Je pense que c’est complètement débile d’ailleurs parce que si vous voulez interdire quelque chose qu’il interdise la chasse tout court. Parce que vous savez, les gens qui chassent sont des gens qui travaillent. Au moins que Yannick Jadot ait juste le courage d’aller au bout de ses convictions.

Dans ce combat pour des jours sans chasse, Yannick Jadot a le vent en poupe. Le lobby de la chasse vient en effet d’essuyer un sérieux revers. Le 26 octobre, les arrêtés gouvernementaux autorisant certaines chasses traditionnelles d'oiseaux ont été suspendus par le Conseil d’État.

Ce, dix jours après leur publication. Les magistrats ont estimé que les arrêtés pourraient contrevenir au droit européen. Si vous avez aimé cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.

Et n’oubliez pas d’activer la cloche. Vous pouvez également vous abonner sur notre site BLAST-INFO.FR et faire des dons.

N’oubliez pas : nous n’existons que grâce à votre soutien financier. À jeudi pour un Bourbon Sinon Rien. Et à lundi prochain pour le quatrième numéro de La Guerre du trône.