"Le voyage de Macron au Moyen-Orient est passé inaperçu pour l’instant" (Stéphanie Depierre)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Combien de tonnes de diesel supplémentaires ont été obtenues lors de ce déplacement ?
- 1:26OuverteRéponse partielle
Ces accords auront-ils un impact sur les prix des carburants ?
- 2:47RelanceÉludée
Ces accords suffisent-ils à couvrir les besoins énergétiques de la France ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Les marchés semblent rassurés par les négociations en cours, est-ce le cas ?
- 5:23OuverteRéponse directe
Quels sont les détroits les plus stratégiques pour les exportations d'hydrocarbures ?
- 6:37OuverteRéponse partielle
Le voyage de Macron était-il nécessaire pour sécuriser les approvisionnements ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Emmanuel Macron laisse donc le soin à son Premier ministre de gérer la crise après les débordements du weekend. »
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« Le chef de l'État est à Bahreïn ce soir au 2e jour de sa tournée dans le Golfe. »
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« J'ai pris plusieurs initiatives au niveau international pour garantir notre carburant, notre gaz et agir sur les marchés de l'énergie. »
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« Il faut y ajouter 95000 tonnes sécurisées auprès de l'Arabie saoudite. »
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« Ça fait presque 300000 tonnes au total. »
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« C'est à peu près 10 % de la consommation mensuelle. »
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« Le président de la République met l'accent sur la sécurité d'approvisionnement. »
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« Ces 200000 tonnes modifieront assez peu ce que nous aurons à subir. »
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« La priorité est à la question économique et énergétique. »
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« Le sujet des assurances était au menu également de cette tournée diplomatique dans le Golfe. »
Temps de parole
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Emmanuel Macron laisse donc le soin à son Premier ministre de gérer la crise après les débordements du weekend. Le chef de l'État est à Bahreïn ce soir au 2e jour de sa tournée dans le Golfe. Il avait justifié ce déplacement dimanche soir lors de son allocution à la télévision après les manifestations et les violences du weekend. Ces manifestants ont fait part d'une inquiétude sur le coût de la vie, sur le prix des carburants qui trouvent leur source dans le conflit lancé dans le Golfe persique auquel la France n'a pas pris part et dont nous subissons les conséquences. À ce titre, j'ai pris plusieurs initiatives au niveau international pour garantir notre carburant, notre gaz et agir sur les marchés de l'énergie. Et je poursuivrai ces actions dès demain
matin en allant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements. Et demain Emmanuel Macron sera au Qatar pour le dernier jour de sa tournée. Patrice Geoffroy, Emmanuel Macron annonce donc avoir obtenu 200000 tonnes de diesel en plus par mois de la part des Émirats arabes unis et de Bahreïn. Il faut y ajouter 95000 tonnes sécurisées auprès de l'Arabie saoudite. Ça fait presque 300000 tonnes au total. Pour qu'on se fasse une idée, ça représente combien dans la dans la consommation dans la consommation française de ? Est-ce que c'est ? Alors en réalité, ça n'est que 200000 tonnes. Les les 95000 tonnes avaient déjà fait l'objet d'une d'un engagement auparavant de l'Arabie saoudite. C'est à peu près 10 % de la consommation mensuelle. Donc le président de la
République met l'accent sur la sécurité d'approvisionnement. Il a raison, c'est un élément qui n'est pas négligeable. Est-ce que ça aurait une incidence sur les ? Ça c'est une question qui est assez différente. Et à ma connaissance, le gouvernement Bercy en particulier ne s'est pas risqué à ce stade à anticiper un impact sur les prix. En revanche, ça peut avoir des effets positifs, permet d'avoir une meilleure prévisibilité dans les flux qui vont arriver notamment jusqu'à nos raffineries. Il y aura également du gazole qui est le point de le point de tension. Donc ça peut avoir un effet disons de détente sur les prix mais ça modifie pas la donne et ça ne pourra pas contrarier un mouvement qui est un mouvement assez plausible après les midterms d'un d'un retour d'une guerre
d'intensité, ça fait partie des scénarios. Donc si le prix du baril remonte, si les tensions s'accroissent sur le gazole, [grognement] ces 200000 ces 200000 tonnes modifieront assez peu ce que nous aurons à subir. Patrick Pouyanné, le patron de Total Energie qui fait partie du déplacement dit qu'en fait ça permet de mettre la France à l'abri euh cet hiver, à l'abri d'une pénurie. Euh Alors à l'abri l'intérêt d'aller négocier euh c'est Oui oui et de ce point de vue, la France a des atouts que n'a pas n'ont pas nécessairement l'intégralité notamment des membres de l'Union Européenne avec une capacité d'engagement euh au plan militaire avec des accords de défense et tout ça s'inscrit dans ce contexte. Donc ça nous confère de ce point de vue un petit avantage mais il faut avoir
clairement à l'esprit et j'ai un petit désaccord de ce point de vue avec ce que dit Patrick Pouyanné, il me semble que ça peut pas résister à l'ensemble des scénarios et notamment à un scénario de retour du conflit qui n'est pas nécessairement le plus plausible mais qu'on ne peut pas dans l'état actuel des choses exclure. Alors justement euh là je me tourne vers le vers le spécialiste du Moyen-Orient, Sébastien Boussois. Euh alors les cours du pétrole retombent très légèrement ce soir après quasiment 6 mois de record. Les marchés semblent-ils un petit peu rassurés euh par la déclaration des autorités qataries qui assure que les négociations se poursuivent entre l'Iran et les États-Unis. Euh négociations qui sont quand même pas pas vraiment au point mort mais mais pas loin. Sébastien
Boussois. Euh effectivement pas facile le Qatar s'est fait le spécialiste de ce type de de médiation mais il est clair que depuis le mois de février, les choses sont compliquées non seulement pour les pays de la région euh à commencer par les pétromonarchies qui ont payé le prix lourd euh mais également évidemment pour euh leur affiliés en tout cas ceux qui se retrouvent euh dépendants en réalité des pétromonarchies et là effectivement la France en fait partie puisque on a 10 % de notre pétrole qui arrive directement du du Golfe même si on a quand même diversifié nos sources d'approvisionnement que ça soit les États-Unis que ça soit la Norvège que ça soit l'Algérie ou l'Azerbaïdjan le Moyen-Orient évidemment est le nœud gordien de l'affaire donc aujourd'hui il
est clair que toute démonstration ou toute reprise des négociations pour ouvrir le détroit d'Ormuz parce que ce n'est pas le tout que de produire ça c'est une certitude que les pétromonarchies ont toujours la capacité de produire pour le Qatar ça soit un peu plus difficile parce que effectivement la raffinerie de Ras Laffan a été violemment violemment frappée mais on est toujours dans la même histoire ensuite de la [rires] circulation et de la réouverture des voies énergétiques et là que ça soit le Qatar Oman ou à l'époque le Pakistan qui a d'ailleurs disparu un peu de la circulation dans les négociations se font mettre et à la manœuvre pour véritablement essayer de réouvrir le détroit d'Ormuz sans aucune condition ce qui est compliqué depuis évidemment
depuis 7 mois et en tout cas ce qu'on espère parce que on en a évidemment grandement besoin à l'approche de l'hiver. Même s'il y a des bateaux qui circulent quand même par Ormuz hein malgré les risques il y en a quelques-uns qui se font de temps en temps canarder si vous me passez l'expression l'Iran d'ailleurs aujourd'hui dit que deux navires ont été touchés par des mines information évidemment à à vérifier ça circule quand même mais on n'a pas retrouvé les niveaux d'avant la crise. Ah ben non ça c'est le moins qu'on puisse dire ça circule effectivement certains pays ont réussi à avoir des accords vous êtes pas sans savoir évidemment que les pays qui sont amis ou en tout cas qui sont pas fâchés avec l'Iran c'est quand même un petit peu plus facile que ça soit le Pakistan que
ça soit la Chine par exemple ou que ça soit le Japon qui avait signé des accords à un moment et là on est dans une situation où en réalité il n'y a pas que Ormuz qui est un problème il y a aussi évidemment Bab el Mandeb avec les outils et en ce qui concerne le gros de la circulation des hydrocarbures qui nous parviennent ils passent davantage par le détroit de Bab el Mandeb que par le que par le détroit d'Ormuz donc aujourd'hui évidemment c'est très compliqué et pour les pays de ce que je pourrais appeler le sud global que je vous ai cité avant et pour les pays occidentaux qui ensuite se retrouvent avec leurs hydrocarbures qui arrivent en Méditerranée et qui si tout va bien arrive jusqu'à jusqu'à chez nous. Ça n'est pas du tout une situation fluide, c'est moins qu'on puisse dire. Les
négociations doivent aboutir clairement vers l'urgence qui est cet accord minimaliste qui concerne Ormuz et honnêtement sur le renversement de la République islamique, sur le nucléaire et cetera, bah ça sera un peu au caland grec. Aujourd'hui, c'est plus la priorité malheureusement en tout cas de de personne. La priorité est à la question économique et énergétique et c'est aussi pour ça qu'Emmanuel Macron s'est rendu là-bas parce que c'est une urgence pour les pays européens et pour la France. Franck Boissier, vous vouliez ? Oui, parce que la circulation pour les pétroliers enfin pour les navires qui battent un pavillon qui n'a pas d'accord entre guillemets avec avec l'Iran est compliquée dans la mesure où les assureurs ont augmenté leurs tarifs et et prohibent finalement bien sûr
refusent de couvrir ou couvrent à des tarifs particulièrement prohibitifs le passage dans le droit d'Ormuz ou dans celui voisin de Bab el-Mandeb. à cause des des routiers. L'Élysée dit d'ailleurs que le sujet des assurances était au menu également de cette tournée diplomatique dans le Golfe. Oui, parce qu'on a deux trois grands assureurs mondiaux dont les dont les Lloyds qui sont sur ce marché-là et effectivement le réflexe traditionnel de l'assureur est de ne vouloir prendre aucun risque parce que indemniser une cargaison entière de pétrole qui est attaquée, ça fait une prime de une prime de risque importante pour l'assureur. Donc résultat ce qu'on appelle les taux de fret augmentent, c'est-à-dire que le prix pour le l'armateur pour emprunter ce passage devient extrêmement
prohibitif et donc le trafic sera réfié. On a vu que le baril était quand même à 113 dollars ce matin pour le le Brent. Ouais. Donc du coup cette visite d'Emmanuel Macron et Stéphanie Depierre qui était qui était vendue comme une visite ben nécessaire pour pour tout simplement pour qu'on ait du du carburant au au cours des des prochains mois, euh est-ce que ça va pas se retourner contre Emmanuel Macron si comme nous le dit Patrice Geoffroy les les prix a priori ne devraient pas vraiment repartir à la baisse grâce à ces tonnes de diesel ? Ah comme le disait Patrice Le Frou, euh l'Élysée ne s'est pas avancé ni Bercy a donné un chiffre de baisse des prix grâce à cette sécurisation d'approvisionnement. Donc, c'est là qu'on voit que ils ne sont quand même pas très sûrs de l'impact de ce voyage,
même si c'est important, on approche de l'hiver. Euh par exemple, quand ils avaient débloqué les les stocks stratégiques début octobre, là, on avait eu des chiffres, le gouvernement disait euh on va baisser les prix vont baisser d'ici 2 à 3 semaines de 12 à 18 centimes. Là, on voit qu'ils ne Pour le diesel d'ailleurs, hein. Pour le diesel, oui. Il y a eu aucune annonce de baisse des prix pour le sans plomb. Absolument pas. Après, le diesel, c'est vrai que c'est là euh que c'est le prix le plus le plus haut. On est encore, je crois, à 2,3 2,4 euros selon les stations. Donc, c'est là aussi que c'est important. Le diesel aussi, ça joue notamment pour les agriculteurs. Le gouvernement sait que la crise couvre également euh de ce côté-là. Donc, Emmanuel Macron euh fait ce qu'il fait
depuis plusieurs semaines, c'est-à-dire qu'il essaye d'avoir un un un poids sur le la racine du problème, si l'on peut dire, mais on n'est pas sûr que ça va fonctionner. Certains lui ont beaucoup reproché de maintenir cette tour cette tournée au Moyen-Orient en disant "Bah, le pays est en feu, pourquoi le président de la République euh part quand même au ?" L'Élysée dit "Bah, oui, mais parce qu'il faut quand même qu'on s'occupe de la racine du problème." C'est aussi une manière pour Emmanuel Macron, on l'a vu dans son allocution de dimanche soir qui a été très mal reçue même euh par les partisans du bloc central, qui n'a proposé aucune solution concrète pour la crise interne en France, pour les les violences, euh qui n'a pas fait d'annonce, voilà, précise, concrète. On
a eu l'impression d'un président qui n'avait pas beaucoup de solutions. Donc du coup, il laisse son Premier ministre à la manœuvre et il se concentre, lui, sur l'international en essayant là d'avoir un impact concret sur C'est pas l'international. On va Alors, Sébastien Boussois, euh c'est vous que j'ai entendu ? Oui, excusez-moi, je disais "Non, mais c'est c'est pas du tout l'international cette histoire." À partir du moment où l'Europe et et des pays comme la France n'ont strictement aucune souveraineté, qu'elle soit numérique ou énergétique, c'est véritablement la politique de la France non pas à l'étranger mais avec nos partenaires. [raclement de gorge] Donc je nuance juste cette idée de se concentrer sur l'international dans le même temps. Je me dis aussi que
peut-être qu'en réalité, il prend aussi conscience que c'est lui qui risque qui cristallise, j'espère pour lui depuis un bout de temps, à la fois la haine, le ressentiment et le rejet complet de sa politique et quelque part se mettre à distance pendant 48h, c'est sûr que c'est court avant le retour des hostilités peut-être samedi. Peut-être qu'il se dit que voilà, au moins il est géré je dirais le le gouvernement mais en tout cas ce qu'il fait et ce déplacement et ce voyage et cette visite d'État au Qatar qui est qui est la première en fait de ces 10 années de de de mandat, euh ce n'est pas du tout de de de l'international entre guillemets. Il n'est pas en train d'essayer de rabibocher les Ukrainiens et les Russes ou les Iraniens et et et les Israéliens.
Il se concentre sur ce qu'est la France. À la limite pour le coup, ça je pense que on peut quand même au moins lui reconnaître ça. On on on va reparler des des carburants mais juste pour pour conclure cette séquence politique politicienne peut-être Franck Boissise, est-ce qu'il y a lieu vraiment d'entretenir une polémique sur le voyage du du chef de l'État en ce ? Il y a à tout le moins lieu de poser une question dont s'il est vrai que vu la situation politique en France, on aurait pu imaginer que le le président de la République peut-être diffère cette cette visite et apparaisse euh comme si ce n'est aux commandes en tout cas dans une veille très attentive de ce qui se passe dans l'Hexagone d'autant que on a noté quand même une certaine déception euh à l'issue de la prise de parole
présidentielle ces derniers jours et donc comme la déception est assez unanime du fait de l'absence d'annonce quand il a pris la parole, peut-être que sa présence dans la participation à telle ou telle réunion ou conseil de défense aurait contribué à renforcer l'image d'un président qui quand ça va pas bien à l'intérieur du pays est néanmoins là. Ouais, mais même s'il y a pas énormément de réactions politiques Stéphanie Depierre sur ce voyage d'Emmanuel Macron enfin sauf si ça m'a échappé mais aujourd'hui par exemple à l'Assemblée, la question était plus celle de la responsabilité du gouvernement sur les violences que celle du déplacement du chef de l'État. Très clairement, c'était pas le sujet. Les oppositions sont concentrées sur ce qui s'est passé ce weekend, sur ce qui
peut se passer le weekend prochain et le gouvernement, c'est la même chose. Donc pour l'instant, ce voyage est un peu passé inaperçu en tout cas euh euh à l'assemblée, ça le sera moins si on voit arriver des conséquences peut-être positives pour le porte-monnaie des Français. Conséquences positives pour le porte-monnaie des Français, pour l'instant Patrice Joffron, ça n'est pas à l'ordre du jour. Euh on a parlé d'Ormuz, on a parlé de Bab el-Mandeb, c'est deux détroits stratégiques hein pour le les exportations de d'hydrocarbures. Il y a aussi l'Arabie Saoudite qui s'ajoute à la crise hein qui est ciblée euh d'abord par les missiles iraniens puis maintenant par les les missiles des rebelles Houtis du du Yémen. Est-ce que ça aussi ça a une influence sur le sur les les prix des des ?
Alors la réponse est oui. Si vous m'autorisez, j'aimerais bien revenir 30 secondes en arrière à ce qui était le point précédent. Allez-y. Parce que pour notre président, il y a pas de il y a pas d'endroit idéal où se trouver à l'heure actuelle. Il me semble que néanmoins, il me semble que néanmoins de montrer [rires] à nos partenaires qui sont pas simplement des partenaires commerciaux dans la zone mais qui pour certains d'entre eux sont également des partenaires avec lesquels il y a des accords de défense, d'aller montrer cette présence quitte à la surjouer un petit peu hein sur le l'efficacité euh in fine, ça n'est pas sans importance à un moment où l'autre partenaire essentiel dans la zone qui s'appelle Donald Trump et qui s'appelle les États-Unis a plutôt montré disons des
soutiens disons assez flottants. Donc ça ne ça ne semblait pas sans sans importance Notamment envers l'Arabie Saoudite. Notamment et centralement envers l'Arabie Saoudite. Bon, ce qui met quand même à mal un un un lien de de d'un siècle environ. Donc ce ce qui ce qui s'est déroulé là qui est pas clair encore une fois dans ses conclusions mais en tout cas n'est pas sans importance. Alors pour en revenir à votre question, évidemment euh euh la limite de ce que peut faire notre président et de ce qu'on peut faire et ça vaut pour tous les Européens est est même liée au degré de nos dépendances. on importe pour ce qui nous concerne 99 % du pétrole, assez largement le diesel par ailleurs et puis 96 % du gaz et lorsqu'on se retrouve à ce degré de complexité dans lequel
euh à entre la Russie et l'Ukraine, on est désormais dans une guerre qui est une guerre énergétique centralement, où il y a par ailleurs un fournisseur important de nos produits énergétiques qui s'appelle les États-Unis et notamment de gazoil et qui au cours de ces derniers temps disons a agité différentes menaces qui d'ailleurs ont conduit au sortir du G7 à cette annonce de libérer 100 millions de barils, c'est parce que c'est pas une décision souveraine hein de quiconque. C'est parce que Trump a mis des menaces dans la dans la balance et d'ailleurs ça a conduit à l'annonce qui a été faite par notre premier ministre qui a une quinzaine de jours de sortir nos stocks 10 millions de barils pour l'essentiel du gazoil, alors que là on est vraiment dans des stocks qui sont
des stocks de dernier recours qui sont pas liés à la nécessité de gérer des prix, de les faire baisser, ça va baisser une quinzaine de centimes, c'est assez mécanique, mais euh on puise dans une dans une épargne. Et donc moi ce qui me frappe dans ces circonstances, c'est et je pense qu'il faut pas se tromper dans le dans la la conclusion qu'on tirera tout ça notamment dans le débat présidentiel, c'est notre dénuement absolu. Je pense que la la bonne conclusion de tout ça, ça ne peut être que euh notamment ce qui a été annoncé il y a quelques jours par le le gouvernement, l'accélération d'un plan d'électrification et globalement, il faut il faut se décarboner non pas seulement pour des impératifs climatiques qui évidemment sont absolument essentiels, mais tout
simplement parce qu'on est totalement démunis sur un marché du pétrole et du gaz. Mon petit doigt me dit que vous aurez à me réinviter au mois de décembre pour parler du gaz, on peut prendre date d'ores et déjà parce qu'on est en train à l'heure actuelle de remplir nos réserves de gaz en Europe avec un gaz qui est deux fois deux fois et demi plus coûteux que que ce qu'on avait pu espérer sans ces tensions et qui évidemment va peser en particulier sur les ménages. Donc on va avoir un double effet, le prix du diesel qui aura un peu baissé dans le meilleur des cas mais on n'en sait rien en réalité et puis par ailleurs, la garantie d'avoir un prix du gaz domestique qui aura monté alors sans parler du gaz industriel par ailleurs. Ce sera l'objet d'une autre autre
invitation du coup Patrice Geoffroy mais on l'entend bien Stéphanie Depierre, la question des des prix des carburants qui qui est un peu le moteur de la colère aujourd'hui, elle va rester encore prégnante, présente pendant plusieurs semaines, prochains mois pour le gouvernement. Oui c'est clairement on l'a dit on entre dans l'hiver, les prix du gaz vont monter début novembre et on est aussi dans les débats budgétaires à l'Assemblée là on a un peu oublié parce que vu ce qui s'est passé ce weekend ça écrase tout mais donc la question va revenir aussi, les oppositions vont réclamer à nouveau des baisses de taxes pour faire baisser le prix des carburants donc le gouvernement n'est de toute façon pas sorti ce débat là pour l'instant il a pas voulu céder sur les taxes parce qu'il considère que
ça coûte beaucoup trop cher à l'État. Donc il essaye les stocks stratégiques. est vrai. Ce qui est vrai oui oui oui. Ce qui est vrai oui non c'est du c'est un c'est un pognon de dingue ce que nous a coûté 8 milliards spécifiquement pour les ristournes à la pompe en 2022 calcul de la Cour des comptes donc c'est sérieux et c'est fou ce qu'on pourrait faire aujourd'hui avec ces 8 milliards donc gardons-le à l'esprit par exemple. Un chiffre que j'aime bien mettre en avant avec ces 8 milliards on pourrait donner donner. 400000 véhicules électriques de 20000 euros aux soignants et soignantes qui sont sur les routes. Alors c'est totalement absurde parce qu'on les a plus hein donc on le fera pas mais ça montre un peu disons des un usage transformant de l'argent public et puis
un usage qui n'est pas transformant et ce qu'on a fait assez largement en 2022 au moment du choc de de en Ukraine. Stéphanie Depierre et puis François Boissière après. Je vous rappelle qu'on cherche 50 milliards enfin que le gouvernement a mis un objectif de 50 milliards d'économies. Euh là il y a des premières discussions au projet de loi de finances, première discussion sur le projet de loi de sécurité sociale et Bercy estime déjà que euh bah il manque 10 milliards par rapport à ce qu'on votait les députés. Donc ce sujet-là est complètement corrélé avec le débat sur les taxes, sur le prix des carburants et ça va durer tout l'automne. Franck Boissis et puis après Sébastien Boussois qui veut aussi prendre la parole. Franck. Juste à quelque chose peut-être le
malheur est bon, c'est quand on regarde les dernières statistiques sur les immatriculations de véhicules en France, le bond de l'électrique est absolument ahurissant, est à près de 40 % et donc si on se souvient bien, il y a quelques temps, on avait un lobby de l'automobile qui faisait pression pour que la date butoir de 2030 en Europe à laquelle les véhicules neufs mis sur le marché devaient être automatiquement électriques. 2035 je crois. Et ça a été décalé à 2035 sous la pression du lobby automobile et on se rend compte que finalement on est rattrapé par l'histoire et que on a un mouvement d'accélération de d'acquisition de véhicules électriques et que d'un côté les constructeurs qui faisaient pression pour décaler l'échéance se retrouvent rattrapés par le comportement des
consommateurs et rattrapés surtout par les constructeurs chinois qui eux sont aujourd'hui les grands bénéficiaires de ce boom vers le véhicule électrique. Sébastien Boussois. Oui, je voulais juste revenir sur effectivement l'importance de quand même de ce de ce voyage, c'est quand même le rôle du président de la République effectivement d'assurer des contrats, il part pas seul évidemment, il part avec des chefs d'entreprise, tout une armada si je puis dire et dans le cas de par exemple de la visite d'État au Qatar demain au-delà des 3 millions et demi de litres qu'on reçoit chaque chaque chaque année, 3 milliards et demi pardon de litres de gaz naturel qu'on reçoit de de la part du Qatar, il y a aussi évidemment une importance très très stratégique de la part de la France, ça
a été dit précédemment, le retrait américain est aussi l'opportunité, la possibilité à chaque fois on passe son temps à dire que effectivement l'Europe existe nulle part ou que c'est compliqué dans en terme de souveraineté d'exister. Là dans les relations qu'on peut avoir avec les pétromonarchies, elles sont en train face à l'affaiblissement voire l'effondrement du parapluie américain de chercher de nouveaux partenaires et la France qui a déjà une très grande place notamment avec Total Energies qui est très présent dans dans dans le Golfe de renforcer cette place comme il y a aussi je le rappelle la base française à à Abu Dhabi donc il y a aussi évidemment un jeu de jeu de vatout presque comme un legs ou comme un héritage pour le prochain pour le prochain président de
cette importance incontournable que reste encore effectivement le golf pour des pays européens qui je le rappelle encore une fois n'ont strictement je dis souvent que l'Europe est une puissance d'illusion elle n'a strictement aucune souveraineté de rien du tout donc elle doit dépendre effectivement de ces pays-là et je crois que ces voyages font partie effectivement du lot quotidien de de de du du du président. Et vous parliez des chefs d'entreprise qui accompagnent Emmanuel Macron bah il y a Patrick Pouyanné qui fait partie du du voyage le patron de Total énergie qu'est-ce que ça dit de la de la place occupée par Patrick Pouyanné auprès du chef de l'État Franck ? Bah ça dit que souvenez-vous il y a qui sait si je peux employer cette expression un petit peu trivial
particulièrement bien refait la cerise dans la mesure où souvenez-vous il y a 3 mois de ça tout le débat était sur les super profits de de Total et la capacité ou non du gouvernement à mettre une taxe sur ces super profits et Total qui apparaissait un peu comme un profiteur de crise. Il s'est passé entre-temps deux séquences importantes la première c'est que Total a prolongé le blocage du prix du carburant dans ses stations dans [raclement de gorge] ses stations-service de distribution et que donc ça ça a bénéficié à l'image de Total et puis la deuxième séquence c'est ce voyage où il apparaît comme un un facilitateur ou quelqu'un qui accompagne le chef de l'État dans cette quête de diesel qui est une qui est une énergie qui fait un petit peu défaut en ce moment et donc du coup
à l'issue de ces deux épisodes-là le patron de Total apparaît plutôt comme un bienfaiteur de la nation alors qu'il était il y a juste quelques semaines un peu plus au nid. Est-ce que vous est-ce que vous comprenez Patrice Geoffroy le débat qui revient assez souvent sur la taxation des des profits que fait que fait ? Alors je peux comprendre je pense que c'est un débat sans fin et c'est l'espèce de sable mouvant et qu'on peut pas s'en sortir et donc lorsqu'on est en gestion de crise moi je plaide pour qu'on fasse des choses plus utiles et notamment je trouve que la solution qui a été trouvée avec Total qui était déjà en vigueur en 2000 en 2022, donc d'avoir ce plafonnement des prix, c'est une solution qui est assez mal trouvée au final. Pour la raison suivante, parce qu'en
fait ça déstabilise les chaînes logistiques, enfin on est vraiment dans l'industrie, dans des choses qui sont extrêmement compliquées. Ça dit des choses comme ça. Oui, euh à un moment euh on a eu des préoccupations parce que certaines stations étaient euh étaient à vide. Et lorsqu'on regardait les stations qui étaient à vide à 95 % c'était des stations Total. Pour des raisons évidentes, évidemment, plus le prix va s'étendre, plus le filet de sécurité qui est offert par le par Total a de l'importance et donc on se retrouve avec toute une série d'effets pervers, par exemple sur les petites stations indépendantes qui peuvent avoir le malheur de pas être très loin d'une station Total et qui se trouvent avec des différentiels de prix extrêmement élevés. C'est nationalisé du ?
Voilà, j'essaie d'être constant, ça toute cette affaire et c'est tout à fait réel, hein, va coûter quelques centaines de millions d'euros à Total, ça avait coûté 600. 600. Voilà, ça avait coûté 600 millions en 2022, 300 à date et puis ça pourrait durer. Il me semble que c'est un mauvais emploi de de cet effort qui d'une manière ou d'une autre est demandé à Total. Euh moi je plaide pour que euh c'est ce que j'ai dit il y a quelques minutes, hein, la sortie se trouve bah notamment par l'électrification. Et donc il faudrait que cet argent il soit mis dans un fond de dotation qui aide à faire du leasing social, donc le leasing social, vous savez que c'est cette formule qui permet à des ménages modestes d'accéder euh de avec un soutien de l'État et donc en
l'occurrence ça pourrait être un soutien de Total, je je vends l'idée, enfin je donne l'idée, pardon. Il y a des mesures sociales, Stéphanie Depierre, dans le projet de budget là en ce moment à l'Assemblée nationale ou ou pas du ? y a eu plusieurs points lancés, plusieurs projets sur le leasing social, mais de mon point de vue il y a rien a priori dans le dans le budget, il y a quelques aides euh à l'électrique, mais en fait le problème surtout c'est que les constructeurs disent en ce moment que en fait ça les intéresse plus de faire du leasing qui soit social ou pas parce que maintenant comme le disait euh mon confrère de Libération, mais il y a une demande pour l'électrique et qu'en fait c'est plus intéressant pour les constructeurs de vendre directement des
voitures électriques plutôt que de faire un leasing social. Alors il nous reste une petite minute Françoise, je suis désolé, on va devoir conclure le débat parce que c'est l'heure de nous faire prendre un temps d'avance, vous le savez comme chaque soir dans les dans les informés, une info qui va marquer l'actualité des des prochains jours et Françoise vous avez choisi de nous parler du dépôt de bilan probable d'une enseigne bien connue des Français. Une enseigne d'équipement de la maison et de décoration qui s'appelle GIFI qui a 500 magasins en France qui emploie 6000 salariés et dont il est acquis malheureusement parce qu'il y a eu un comité social d'entreprise ce matin, il est acquis qu'elle va déposer le bilan, qu'elle va être placée en donc en redressement judiciaire, qu'on va
chercher un repreneur mais qu'il n'y en aura sans doute pas beaucoup et que donc le bilan social de tout cela sera assez douloureux parce qu'on peut imaginer que si un certain nombre de magasins GIFI sont repris par d'autres enseignes, vu l'état du commerce de détail aujourd'hui notamment dans le dans le domaine de l'équipement de la maison, un certain nombre de magasins vont fermer et donc plusieurs centaines d'emplois seront supprimés. Une énième enseigne en en grande difficulté, il y a les enseignes de l'habillement, GIFI, IKEA qui prévoit de supprimer 300 postes également en France alors sur 12000 mais mais quand même, c'est des informations qui passent un petit peu en dessous des radars Stéphanie des Pierres avec la la crise actuelle au niveau de la la sécurité mais il y a bien aussi
ces ces ingrédients d'une d'une crise économique ou d'une d'une tension économique en France. Très clairement et donc là on parle de plan de plans sociaux, on voit que l'économie a du mal, il y a les tensions sur les carburants, sur l'énergie, ça ça joue aussi, les prix des denrées alimentaires vont probablement augmenter, l'inflation augmente là depuis le début de l'année. Donc de toute façon tout ça est un est un combo si je puis dire qui ne va probablement pas s'arranger dans les semaines qui viennent et puis on a quand même cette question de la dette dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, que on a un peu remis sous le tapis parce que il y a l'actualité liée au mouvement des lycéens et aux violences de ce weekend. Mais les marchés financiers regardent
attentivement ce qui se passe en France du point de vue financier et du point de vue euh de l'ordre, des violences, de la manière dont le gouvernement répond aux revendications. Et là encore, on pourrait financière de la France se dégrader encore un peu plus. D'autant qu'on aura une note de Moody's en principe en fin de semaine. Vendredi. Attendu vendredi et que Moody's risque de ne peut-être ne pas être tendre avec la situation économique française. Vous gardez la main encore une seconde Franque Boissise pour donner la une de Libération demain. Sans surprise aucune, elle est liée à l'actualité politique et c'est une photo de Sébastien Lecornu avec un titre très Libération euh par-dessus la photo qui est à la rue.
Emmanuel Macron