BATAILLE DE GAZA : ET SI ISRAËL AVAIT DÉJÀ PERDU ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
il y a 19 ans Bertrand Badi publieé un ouvrage au titre puissant l'impuissance de la puissance et sur les nouvelles relations internationale et si cet Axiom qui s'est appliqué aux États-Unis dans leurs aventures impériales en Irak et en Afghanistan et même à l'utant en Libye était sur le point d'être confirmé au Proche Orient et si la puissance de feu de l'armée israélienne et ses capacité de destruction annonçait déjà une impasse militaire stratégique et morale et si tel avive et Washington était sur le point de se confronter à un dangereux isolement diplomatique à rebour de l'évidence du terrain militaire ce sont ces questions que je veux évoquer aujourd'hui justement avec Bertrand Badi politiste spécialiste des relations internationales et professeur émérite à sciencep dans ce nouvel épisode de sa chronique le monde n'a pas de [Musique] Sendre bonjour Bertrand bonjour thophil je voudrais qu'on commence par regarder un petit montage vidéo parler de la frappe justement sur ce camp de réfugié de jajbalia il était 14h24 précisément hier lorsque un missile a atterri sur le nord de la bande de Gaza une frappe qui a été rapidement revendiquée par l'armée israélienne oui alors concernant les civils présents dans ce camp de réfugiés de Jabalia au moment des frappes israéliennes et bien le porte-parole de de l'armée israélienne a simplement souligné qu'elle avait appelé à de nombreuses reprises les civils à quitté le nord de de la bande de Gaza pour se réfugier dans des zones plus sûres du sud de l'enclave palestinienne même si l'ONU et les organisations humanitaires présentes sur place s'accordent pour dire qu'il n'y a pas de zone sûre en ce moment dans la dans la bande de Gaza euh et puis et voilà et donc ces bombardements ont fait on l'a entendu de nombreuses de nombreuses victimes civiles elles ont également ces frappes d'après l'armée israélienne permis on l'a entendu de détruire de nombreuses infrastructures souterraines les attaques israéliennes à Jabalia pourrai constituer des crimes de guerre ce sont les mots du au commissaire des nations- unies au droits de l'homme il estime que les frappes sur le camp de réfugiés sont disproportionnées le Hamas affirme que des dizaines de personnes ont été tué hier et une cinquantaine mardi lors des deux frappes sur le secteur Bertrand est-ce que ce bombardement du camp de réfugiés de jabaliia constitué en moment dans cette offensive israélienne à Gaza suite aux attaques du Hamas le 7 octobre dernier et au fond est-ce que ce n'était pas prévisible inéluctable ce type de configuration oui c'est tout ça en même temps bon il faut voir que l'attaque d'un camp palestinien c'est d'abord hautement symbolique dans un monde où la représentation la perception les symboles sont si forts il est évident que le camp de jabelya incarne à lui seul je dirais tout l'imaginaire palestinien et toutes les frustrations et toutes les humiliations s'attaque au camp c'est à s'attaquer en même temps aux souffrances passé aux faiblesses aux échecs au blocage et donc rien de tel pour créer ces mécanismes d'identification dont il ne faut pas oublier qu'il commande le jeu international aujourd'hui donc déjà de ce point de vue- là c'est très fort alors maintenant il y a l'aspect stratégique et là on voit bien toute la contradiction qui est en train se nouer Israël a été attaqué on va pas revenir sur cette violence meurtrière terrible du 7 octobre donc dans son schéma cognitif comme on dit dans sa vision du monde Israël ne pouvait pas ne pas réagir devait attaquer et en attaquant aller exprimer son impuissance pourquoi parce que euh le Hamas ça ne s'éradique pas comme on peut arracher une mauvaise herbes dans sa jardin c'est pas du tout la même chose et il se combat pas non plus comme une armée régulière et il ne se combat pas comme une armée régulière ce qui veut dire quelque chose qui s'est noué il y a déjà longtemps du temps de la colonisation de cette idée selon lesquell ces forme nouvelle de combattant était comme un poisson dans l'eau au milieu de la population c'est ça qui se retrouve c'est-à-dire effectivement nul ne pense que le Hamas et plébicité par tous les Gazaoui mais l'observation sociologique simple nous montre qu'il y a quantité de liens de relation d'intégration de proximité entre le Gazaoui l'ambda queles que soient ses options politiques et le combattant du Hamas soit parce que c'est son cousin soit parce que c'est son voisin soit parce que il y a tout un tas d'affinités du quotidien qui vient le lier voir l'identifier à sa personne et donc le combat qui est en train de se mener il ressemble au combat répressif des armées coloniales durant les guerres de décolonisation qui peut-être avait des succès tactiques passagers je pense à la bataille d'Alger en 1957 l'armée française a remporté des succès tactiques évidents mais ça s'est terminé par un échec par une défaite c'est la loi de ces nouvelles formes de conflictualité alors on accumule de la frustration de la violence de la souffrance on a l'impression d'avoir gagné tactiquement peut-être se faiton plaisir avec cette impression et puis on s'aperçoit même pas dans le long terme dans le moyen terme que tout ceci vient s'effondrer à force que se reconstituent ces fameux liens d'identification dont je parlais tout à l'heure Israël l'armée israélienne dit qu'elle était en train de viser une tête du Hamas qui était dans ce camp et le problème problème c'est que pour en tuer un on en a tué 1000 quoi en gros c'est un peu ça le problème de la guerre asymétrique une fois de plus la guerre du faible contre le fort bah le faible attire le le fort et l'oblige à payer le prix moral de son de sa prétion c'est exactement ça c'està que nul ne conteste que il y a une stratégie de mixage dans le Hamas pour effectivement se confondre avec la population mais ce n'est pas seulement un calcul cynique c'est un calcul cynique bien sûr et je pense que les responsables par que le Hamas a construit par exemple des tunnels mais pas des abris pour la population et il y a un responsable du Hamas qui disait dans une interview que bah c'est à l'ONU de s'occuper de la population une fois de plus il y a une sorte de de de mise en en crise du discours de l'adversaire qui se dit civilisé et du discours international la communauté internationale c'estàd qu'il faut admettre que la première rationalité du Hamas n'est pas de faire de la de la protection civile de protéger les populations le Hamas se définit comme une organisation combattante et une organisation combattante ça passe ça pense d'abord à combattre hein et donc effectivement tout ça n'a absolument rien d'étonnant mais ce qui est nouveau c'est que ce type d'organisation peut se s'offrir le luxe d'avoir ce mixage ce que une armée au sens classique du terme ne peut pas avoir pour 1000 raisons et le problème c'est que nul ne sait gérer ce type de conflit comme nul ne se gérer le type de négociation qui permettrait peut-être d'arrêter ce conflit c'est la raison pour laquelle les pièges sont successifs et c'est la raison pour laquelle effectivement il ne peut sortir de tout cela qu'une escalade de l'inimaginable c'est-à-dire que la population civile Gazaoui va être touchée à tort ou à raison c'est pas notre problème ici dans l'analyse l'opinion publique palestinienne et arabe va en faire porter le prix et la responsabilité à l'armée israélienne ce qui va faire gagner encore quelques degrés dans l'escalade de rage que l'on constate depuis un certain temps c'est-à-dire que nous sommes dans une logique parfaite de cercle vicieux ce qui prouve bien qu'il il y a une seule façon de s'échapper à ce jeu de spirale c'est effectivement revenir dans l'espace politique et dans l'espace de l'imagination politique d'une solution à ce conflit alors j'ai envie de te demander malédiction de la puissance impuissance de la puissance les soutiens d'Israël en tout cas ils se plaignent peut-être à juste titre que le monde est leurs yeux vite oublié le 7 octobre on pourrait leur dire que depuis les atrocités vont crécher et que les dernières chassent les premières et donc euh euh la légitimité de départ euh euh s'évanoui naturellement face à l'indignité quotidienne d'un combat de type colonial alors il y a effectivement les séquences de l'émotion c'est-à-dire l'émotion du 7 octobre dont nul ne conteste qu'elle était parfaitement légitime et puis les émotions liées aux populations civil Gazaoui d'abord dans ce piège affreux d'un blocus terrible et puis sous le coup des bombardements mais je dirais que il faut raisonner peut-être autrement qu'à travers le seul filtre valable de l'émotion il y a un mot moi qui me paraît essentiel c'est le mot identification dans ce jeu nouveau des guerres asymétriqu on n' pas encore trouvé le bon terme je dirais ces formes nouvelles de conflictualité c'est l'identification qui est en quelque sorte le moteur de l'histoire c'est-à-dire face à une situation de qui vais-je me sentir le plus proche c'est ça la question c'est une question implicite que l'on ne se pose même pas mais qui vient spontanément à l'esprit et qui crée ce que l'on appelle ses opinions publiques et je dirais même de ces opinions publiques combattantes c'est-à-dire dans quel sens va-t-on se mobiliser et effectivement on voit bien que au-delà des émotions cette ce spectacle d'une prison à ciel ouvert de camp dans lequel se trouvent retranché des populations palestinienne déjà réfugié c'est qui viennent d'ailleurs en Palestine qui viennent avec le souvenir de hafa ou avec le souvenir de Jérusalem ou je ne sais quoi cette population là elle agit comme un aimant dans les logiques d'ID identification des Palestiniens eux-mêmes entre eux des Arabes des populations arabes on le voit au Maroc on le voit en Jordanie on le voit dans qué de pays des musulmans on le voit en Indonésie où il y a eu d'importantes manifestations et puis je dirais et ça c'est le paramètres nouveaux des relations internationales de tous ceux qui dans le monde souffrent d'une manière ou d'une autre et qui ont tendance à transférer intellectuellement leurs souffrances sur des souffrances visible et incarné comme celle de la bande de Gaza ce qu'on observe à Gaza aujourd'hui ça c'est nouveau pourquoi c'est nouveau parce que ce n'est possible que grâce à la communication grâce à l'image dans la génération qui nous précédait ce n'était pas possible on ne voyait pas celui qui souffrait jadis il souffrait dans l'ignorance de l'existence du bonheur là maintenant celui qui souffre à de deux images face à lui l'image de ceux qui ne souffrent pas et l'image de ceux qui souffrent comme lui et on a tendance à s'identifier à ses compagnons de souffrance c'est ça qui est en train de se pass c'est ça qui est en train de fabriquer les nouvelles relations internationale c'est ça qui est derrière ce fameux Sud global dont on ne sait pas comment parler mais dont on sait qu'il existe et qui effectivement commence à à s'animer dans le contexte de l'aggravation ISEN alors en parlant d'identification le spectre du retournement de l'opinion publique plan en regarde un petit magnet Josh Paul a travaillé 11 ans bureau militaire du Département d'État il était entre autes directeur chargé du transfert des armes à des pays étrangers il a remis sa démission il y a 2 semaines car il jugeait sa position intenable TOS situation know toedivauseass civties ça n'a jamais été notre rôle de fournir des armes à un pays en sachant que ça va tuer des populations civiles a-t-il souligné poss la situation pr tout et plus particulièrement ce qui se passe dans la bande de Gaza cela a fait réagir une figure influente du monde du du cinéma Angelina Jolie dans un post sur son compte Instagram publié hier l'actrice quand même au 15 millions d'abonnés hein c'est pas rien dénonce entre autres le bombardement délibéré d'une population prisonnière qui n'a nul part au fuir Gaza est une prison à ciel ouvert depuis pr de depuis plus de 20 ans et elle devient très vite une tombe géante les insiders qui se rebiffent et se posent lanceur d'alerte des célébrités qui dénoncent c'est un cocktail que l'on a déjà vu à l'œuvre ailleurs et qui souvent annonce l'échec moral d'une guerre qui du coup ne peut pas être totalement gagnée et là on on est en plein dedans avec voilà ça nous fait penser quasiment aux États-Unis avec les lanceurs d'Alert Chelsea maling et cetera et il y a quelque chose qui est déjà perdu d'une certaine manière oui parce que on passe et je reviens à ce que tu disais en introduction on passe du temps de la puissance au temps de la souffrance c'estàdire la guerre j'allais dire étymologiquement historiquement en Europe en tout cas c'est une compétition de puissance on est vraiment dans cette logique compétitive et d'une compétition qui se règle en fonction de la puissance de chacun maintenant on assiste doucement à une inversion c'est la puissance devient on en parlait tout à l'heure mais la souffrance elle devient au centre du jeu la souffrance dans la guerre d'autrefois elle était assez annexe le le soldat faisait son métier et c'était un métier au temps du moyen-âge et au début des temps modernes chevalresque et la souffrance était presque une noblesse la souffrance du chevalier blessé peu à peu la guerre a atteint les civils c'était le temps des bombardements civils mais elle restait encore contenu parce que l'essentiel c'était le champ de bataille aujourd'hui on le voit plus tellement le champ de bataille aujourd'hui on voit des populations qui souffreent et on voit cette dialectique impressionnante de la souffrance en même temps comme cause et comme conséquence les guerres modernes partent de souffrance c'était pas le cas des guerres classiques les guerres classiques elles partaient d'ambition croisé là elles partent des souffrances regarde le Sahel le conflit israélo arabe tous les conflits qu'on a vu en Malie en République démocratique du Congo il y a toujours une souffrance de départ et il y a toujours une souffrance d'arrivée et c'est finalement cette logique là qui inverse le jeu d'autrefois c'est le jeu il est plus tellement politique les politiques il sont réactifs ils essayent de suivre le mouvement c'est effectivement cette tectonique des sociétés cet ébranlement des sociétés lié à la souffrance qui fait la loi et que veux-tu que le canon fasse face à cela sinon d'aggraver la souffrance donc d'aggraver la guerre on est à l'inverse d'autre fois et ceux qui nous dirigent ne semblent pas s'en rendre compte ou plus exactement ils se rendent compte que si on prend ça au sérieux la guerre deviendra plus sociale que politique et ils perdront effectivement leurs droits régalien Benjamin netaniaahou n'ignoraait sans doute pas le type de piège mortel auquel il s'exposait mais il y est quand même allé lui aussi il est sur la céette avec des fuites sur des mises en garde d'Ant de 2016 au sujet de la possibilité d'une attaque telle que celle qui s'est exprimé enfin telle que celle qu'on a vu le 7 octobre bref il essae de survivre politiquement en assouvissant d'une certaine manière une sorte de désir de vengeance mais est-ce qu'il au fond ne retarde pas juste un peu son trépas politique oui d'un certain point de vue alors il y a beaucoup de causes à son trépas il y a d'abord son histoire personnelle son histoire judiciaire tout ça est bien connu mais il faut voir qu'il incarne aussi une conception très conservatrice du politique qui repose sur un excès de confiance dans les vertus de la puissance justement l'idée c'était quoi et il était pas le seul à penser ainsi avec l'échec de cand David au tournant de ce siècle avec l'agonie d'Oslo c'était de dire on va pouvoir garantir le provisoire faire durer le provisoire grâce à rapport de puissance qui nous est favorable cet excès de confiance ça a été l'arrêt de mort de tout les princes d'hier et de certains princes d'aujourd'hui don Poutine lui-même d'ailleurs c confiance absolue dans la dans la force et ce mépris pour l'humanité euh jamais Poutine n'aurait pu imaginer qu'il une résistance sociale du peuple ukrainien parce que dans la tête d'un autocrate comme lui c'est tout à fait fit mineur d'un certain point de vue on le sait maintenant nataniaahou n'a pas pris au sérieux les alertes parce qu'il se disait en lui-même jamais les Palestiniens seront capables de mettre en échec notre politique de sécurité c'est un certain mépris finalement qui est porté à l'autre je dirais au double autre c'est-à-dire celui qui n'est pas moi et en même temps celui qui est différent de moi et qui met probablement inf ailleurs dans toute logique politique internationale il y a implicitement une construction hiérarchique et moi occidental je suis au-dessus des autres et les autres ne pourront pas ne pas et et d'ailleurs si on élargit prenons les politiques d'intervention des puissances occidentales dans les pays du Sud c'est toujours le même scénario on va gagner parce qu'on est les plus forts déjà le général de Gaulle pour qui j'ai d'ailleurs beaucoup de respect mais avait eu l'imprudence de dire en 1945 à propos du début d'une insurrection euh indochinoise comme on disait à l'époque tonquinoise le profil d'ochimine qui est arrivé mais on gagnera car on est les plus forts ça ne faisait pas l'ombre d'un doute de même que quand Churchill parlait de Gandhi comme un faakir en guenille euh cette espèce de vision hiérarchique et d'assurance cette assurance qui faisait gagner le prince autrefois le fait perdre maintenant en gros nous sommes dans une époque où l'on sait écraser militairement l'ennemi mais en le faisant sur le moyen et sur le long terme on le nourrit on le renforce c'est un paradoxe mais est-ce que ce paradoxe va fonctionner là parce que bon euh il est probable aussi on voit quelques images amateurs euh des des signaux faibles de mise en cause cause du Hamas parce queeffectivement euh il faut bien que le scandale arrive mais malheur à sui par qui il arrivera et là le scandale arrive par le Hamas il y avait des problèmes il y avait quelque chose qui devait arriver mais la logique de cette organisation est-ce que quelque part ça ne va pas lui faire perdre des points parce que quelque part aussi y compris dans les sociétés dominées la la souffrance le martyre ça fonctionne de moins en moins bien parce que nos imaginaire se mondialise et la quête du bonheur est une s'universalise la quête du des petits bonheurs et là il y a peut-être aussi un risque pour eux quoi que en général dans ce genre de circonstance bah il y a un phénomène d'identification mais jusqu'où est-ce qu'il y a pas il y aura pas un retournement parce que la sociologie humaine tend à s'unifier alors moi je répondrai prudemment et lâchement l'avenir nous le dira c'est-à-dire je sais pas s'il y avait un Paris stratégique ou un choix non stratégique dans la l'initiative du 7 octobre prise par le Hamas évidemment on a été horrifié et évidemment ceux qui ont une sympathie pour la cause palestinienne ont été indignés que cette cause noble s'exprime par des massacre absolument épouvantable mais ça c'est parce que nous avons malgré tout un regard froid et extérieur euh dans ceux qui sont parmi ceux qui sont dans le feu de l'humiliation et de l'exclusion pendant 75 ans comment tout ceci a été perçu et compris et est-ce que les massacres commis par Israël ces crimes de guerre dénoncés aujourd'hui par les Nations Unies les Nations Unies c'est pas le Hamas n'est-ce pas ne vont pas recouvrir de sang ce qui s'est passé le 7 octobre on ne sait pas et bien sûr c'est une question centrale parce que l'avenir des guerres dépend justement de cette intensité de ces modes d'identification dont on parlait tout à l'heure je ne prendrai aucun Paris je pense en tous les cas que si la réaction israélienne donne dans l'outrance qui se profile déjà aujourd'hui euh c'est un grand service qui sera rendu ramas euh et une fois de plus paradoxe ben oui le premier paradoxe étant que Israël en son temps lorsque Charon avait euh libéré Gaza décoloniser Gaza il avait pris soin de le remettre entre les mains du Hamas beaucoup plus qu'entre les mains du Fatar hein c'était déjà un épé paradoxe parce que déjà à l'époque on avait une idée très précise de ce qu'était le Hamas on savait très bien que c'était un mouvement fondamentaliste et qui pouvait aller vers les rivages de la radicalité la plus extrême bon comme quoi cette triste histoire du prochorient est pavée de paradoxe maintenant moi j'ai très peur de l'escalade de la rage la rage il faut la regarder en face la rage elle fait aussi partie de la nature humaine nous ne sommes pas nous humains des anges absolus et et la rche pour l'instant la voit croître et si elle croit ça ne sera pas au détriment du Hamas peut-être là et c'est un paradoxe éthique mais c'est ainsi donc il faut être très vigilant et c'est la raison pour laquelle on a tort de ne pas prendre en compte l'ONU alors qu'enfin elle fait pleinement et consciencieusement son travail en même temps d'action et de témoignage on nentend pas l'ONU dans le conflit russo-ukrainien c'était véritablement à désespérer là on l'entend à nouveau il y a beaucoup d'agents de l'ONU je crois on en est à 72 aujourd'hui qui ont péri donc faut quand même rendre hommage à ces gens qui ont le courage de servir à Gaza en ce que c'est hein bon il faut écouter cette voix qui n'est pas un instrument du Hamas qui pourrait prétendre que lei que Monsieur goutiérrez enfin si j'ai entendu quelqu'un dire que goutiérez c'est un islamo gauchiste mais bon on entend tellement de bêtises en ce moment que on s'y arrêtera pas mais sa parole qui était complètement euh éteinte pendant le conflit russo-ukrainien réapparaît dans le conflit euh israélo-palestinien ça veut dire quelque chose quand même ça veut dire quelque chose justement une devauè c'est l'intersocialité la prise en compte des sociétés qui imposent leur logique face aux États l'ONU a certains instruments pour prendre en compte l'intersocialité les agences comme l'Organisation des Nations Unies pour les réfugiés il y en a plein euh mais dans cette séquence du conflit israëlo-palestiniens on voit que les acteurs qui parlent pour les sociétés comme les ONG justement les ONG de défense des droits de l'Homme les journalistes les organisations spécialisées de l'ONU sont dénigré ou explicitement ciblé on imagine que voilà les sociétés sont impuissantes finalement c'est pas qu'on imagine on constate que les sociétés sont impuissantes face au fracas des armes et non d'autres choix que l'enroulement donc on constate que les sociétés c'est le c'est la clé mais là elles n'ont pas autre d'autre choix que l'enrôlement d'une de part et d'autre même en Israël on a vu des images de de [Musique] dissidents brutalisés par l'armée je ne dirais pas ça d'abord je dirais que les sociétés ont été les seuls à tenir le flambeau de la cause pales enne dans cette période d'oubli de négation qui a été les 25 dernières années petite anecdote qu'il faut rappeler les drapeaux palestiniens brandit pendant la coupe du monde de football au Qatar et puis ces drapeaux palestiniens qu'on voyait un peu partout dans les cortèges de société civile mais qu'on voyait jamais dans les chancelleries bien entendu donc si la flamme ne s'est pas éteindre dans le monde c'est les sociétés et et aujourd'hui il faut suivre très attentivement les réactions des sociétés parce qu'elles ont un rôle pivot si les société s'échauffe au-delà de certains degrés les gouvernements devront suivre il est quand même remarquable que des gouvernements qui s'étaient engagés dans les accords d' d'Abraham par exemple surveillent leur opinion comme le lait sur le feu je pense au Maroc en particulier qui est très intéressant à suivre et on comprend bien que si ces opinions se lève de manière trop forte les gouvernements devront reculer pour des systèmes politiques réputés autoritaire c'est quand même assez remarquable et même j'irai au-delà jusqu'aux opinions publiques extraarab dans le monde occidental justement on parle beaucoup des campus américains les campus américains les plus prestigieux comme Harvard New York University Berkley qui se solidarise avec les Palestiniens bon les défenseurs d'Israël qui défendent le Hamas et ça fait beaucoup ça fait peur parce que effectivement le spectre du Vietnam apparaît en tout cas les réminiscences du Vietnam apparaissent ce sont des pays qui sont très très proisraéliens mais les campus sont à l'opposé des pouvoirs la comparaison avec le Vietnam est très forte parce que rappelons-nous l'offensif du tête militairement gagné par les États-Unis hein qui ont réussi à contenir mais c'était parallèlement la grande implosion sur les campus universitaires américains et finalement qu'a-t-il résulté de tout ça et ben le retrait des États-Unis du Vietnam malgré la victoire face à l'offensive du tête sous la pression de cette opinion publique qui commençait à se mobiliser et on peut dire la même chose de l'Algérie l'Algérie il y a eu une victoire militaire de l'armée française et il y a eu une très vite je dirais conversion de l'opinion publique française et surtout de l'opinion publique internationale qui a convaincu le général de Gaulle qu'il n'y avait pas politiquement d'autre choix que d'aller vers l'indépendance donc les sociétés elles ont maintenant un un rôle dans le jeu internationale inimaginable qui aurait été absolument inimaginable dans au 19e et même au 20e siècle il faut se rappeler que le 15 février 2003 au moment de la fameuse réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur l'éventualité d'un conflit en Irak il y avait 15 millions de personnes si on additionné tous les cortèges 15 millions de personnes dans les rues record absolu jamais l'opinion publique dans l'histoire du monde depuis Adam etè n'avait réussi à mettre 15 millions de personnes dans la rue ça pas empêché monsieur d'aller faire la guerre mais qu'est-ce que ça a fait de ce jour-là le l'intervention américaine en Irak a été totalement délégitimé c'est-à-dire Bush se battait contre une légitimité proclamée en sens inverse par l'opinion publique internationale donc il faut faire très attention l'opinion publique on peut aussi la caporaliser on peut aussi la discrédité dans un certain nombre de pays comme en France bah les tensions internes sont à un certain degré notamment parce que les soutiens de la Palestine sont traités euh d'islamiste de pro Hamas on voit l'état le gouvernement qui se porte en activiste pour circonscrire l'expression l'opinion publique pourtant la France n'est pas un pays autoritaire comme un se nombre de pays arabes mais on voit bien que le l'opinion peut aussi se retirer une partie peut se retirer parce que il y a des risques à s'exprimer il faut voir les choses en face il y a une pente vers une police implicite de la pensée et il faut être très attentif à cela mais je pense que ce qui compte en dernière instance c'est ce que l'on croit au plus profond humain de soi-même et ça ça ne se gomme pas n'importe quelle initiative ne serait étouff fait une telle chose mais moi j'ai toujours en tête je crois même l'avoir cité dans ce micro parce que il me paraît très important la belle formule de Victor Hugo qui appelait à la sympathie des âmes la force des société c'est aussi de produire de la sympathie des âmes la compassion notre rôle d'humain c'est l'empathie avec la souffrance de l'autre il y a que ça qui compte je n'ai aucune raison d'avoir la moindre empathie pour la puissance mais j'ai des raisons humaines très profondes d'avoir de l'empathie pour la souffrance de l'autre et c'est ça l'unité de compte et ben peut-être que c'est ça qui va faire basculer peut-être du bon côté la pression que l'humanité tout entière exerce face à ce spectacle jeis qu'on évoque un peu l'international et notamment l'Assemblée générale des Nations unies dont les votes servent face à un Conseil de sécurité bloqué à faire le point des rapports de forces internationaux et sur deux voides récents la demande d'un cesser le feu dans le conflit au Proche-Orient et le vote sur la levée de l'embargo contre Cuba les États-Unis donent l'impression d'être isolés avec des alliés tout petits ou qui ont absolument besoin d'eux comme l'Ukraine et Israël est-ce que c'est pas finalement un signe de notre temps ah ben effectivement comparons les quatre votes à l'Assemblée générale des Nations Unies sur le conflit au rainien et le vote qui a eu lieu récemment sur très modestement l'obligation humanitaire dans le conflit israélo palestinien il s'agissait même pas d'un appel au cesser le feu mais tout simplement au respect des obligations humanitaires ben si on compare ces deux votes l'agresseur est toujours en situation ultra minoritaire la Russie n'a eu en sa faveur que 5 5 ou si votes d'État aussi peu je dirais suspect d'indépendance comme la Corée du Nord la Syrie ou la Biélorussie et Israël et les États-Unis n'ont eu pour condamner cette résolution 14 vois ce qui est peu mais où il faut retrancher micro Micronésie Marshal Tonga naoru et cetera il reste quatre ou cinq États ça veut dire quand même quelque chose alors ce qu'il faut surveiller c'est la catégorie intermédiaire c'est-à-dire ces abstentions ou ces refus de de de vote qui exprime soit de l'embarras le refus de choisir ou en tous les cas cette idée qui persce de plus en plus de penser une autre grande mère du monde c'est-à-dire euh ce double ressort qui est d'abord de s'émanciper de l'alignement nous sommes dans un monde de moins en moins aligné et ça ça se voit notamment à travers le vote des États africains qui pratiquent de plus en plus ses abstention pour dire mais écoutez on n'est pas là pour suivre l'un ou l'autre Joe ou Vladimir ou Emmanuel ça c'est c'est quelque chose de de remarquable et qui va probablement guider la diplomatie de demain et l'autre remarque qu'il faut faire c'est que ce n'est plus à travers des blocs préconstitués que l'on délibère maintenant du jeu international et ça d'un certain point de vue c'est encourageant parce que ça veut dire qu'il y a plus d'automatisme et ça veut dire justement qu'il y a un désir très fort de reprendre différemment les dossiers internationaux ça l'avenir nous dira si ça alors les impasses occidentales sont réels qu'est-ce qui s'organise vraiment de sérieux en face la Turquie la Chine l'Inde sont-ils autre chose que des acteurs opportuniste la Chine est toujours dans une position particulière parce que la Chine c'est la seule des puissances avérées dont l'influence est croissante au moyenarriur tous les autres leur influence s'effondrein que ce soit les États-Unis soit l'Union européenne que ce soit la Russie la Chine elle elle elle grimpe est-ce qu'elle va utiliser cela pour jouer sa partition il faut voir c'est une question j'ai pas pour l'instant de réponse il faut observer mais j'observe quand même que Monsieur blinken dans sa première tournée au proch rayant a fait appel à la Chine ce qui quand même et quelque chose de de tout à fait remarquable les autres on ne sait pas moi je ne partage pas ceux qui disent bah la Russie souffle sur les bresses ou la Turquie par exemple qui finalement se rapprocha d'Israël et et on a vu Erdogan qui se pose en en héros des peuples du Croissant c'est une question d'image d'opportunité de de rationalité moi j'ai toujours dit que le nouveau jeu international c'était celui de l'amour libre de l'union libre c'est-à-dire on changeait de partenaire au gré des circonstances et au gré des auèes c'est un peu ça avec l'idée chez Erdogan d'apparaître comme l'un des leaders de ce Sud en formation et donc ça implique un repositionnement par rapport au temps qui appartenait à la guerre froide d'ailleurs essentiellement où la Turquie membre de l'OTAN avait des relations effectivement assez fortes avec Israël ce temps est dépassé le reste c'est les autres qu'est-ce qu'un pays comme le Brésil qui est très bien placé dans cette affaire parce que n'est ligoté par aucun engagement préalable plus que l'Inde qui depuis depuis que le BGP est au pouvoir joue contre les pays musulmans et s'est rapproché d'Israël l'Afrique aussi c'est très intéressant parce que il y avait une offensive diplomatique d'Israël en direction de l'Afrique qui touchait certains pays comme par exemple le Tchad c'était assez étonnant et puis on a vu que le Tchad a quand même voté la résolution sur l'obligation humanitaire donc tout ça est très fluide le Cameroun qui a des des sécurocrates Israéliens s'est fait porter P de son côté absolument et beaucoup d'autresat africain donc tout ça pour l'instant n'est pas très clair ça va nécessairement sédulcorer mais c'est sûr que l'Afrique a une carte à jouer dans cette affaire surtout alors le Nigéria a a voté la résolution l'Afrique du Sud également donc les pays je dirais africains qui pèsent le plus l'ont voté l'Éthiopie elle est proche d'Israël c'est très intéressant d'ailleurs parce que l'Israël l'Éthiopie ne l'a pas voté et en même temps l'Éthiopie est entrée chez les bris voyez comme quoi l'Éthiopie c'est aussi un des pays don don sort don sort une forte diaspora juive il y a beaucoup d'Israéliens d'origine éthiopienne c'est à peu prè le cas le même cas que le Maroc c'est-à-dire c'est un pays qui a beaucoup de ses ressortissant en Isra on peut dire ça de la Russie également intéressant donc tout ça est très fluide il faut considérer que cette fluidité est vraiment le principe organisateur mais toujours est-il que à travers cette fluidité il y a peut-être une nouvelle diplomatie qui per et qui à cause de cette fluidité c'est-à-dire ce faible alignement peut jouer un rôle demain merci Bertrand Badi merci à vous d'avoir regardé cet épisode de le monde n'a pas de centre la chronique internationale de Bertrand Badi si vous l'avez aimé et que vous le pouvez apportez-nous votre votre soutien en devenant sociétaire ou abonné du média merci d'être fidèle aux médias la chaîne d'info et de combat sur le canal 350 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Xavier Bertrand