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InterviewRMC (sur Podcast)· 4 janvier 2023 12 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiNumérique

Stéphane Manigold, président de l'UMIH Île-de-France et président du groupe Eclore – 04/01

Au micro : Edwige ChevriotSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:41OuverteRéponse directe

    Pourquoi avez-vous pointé du doigt Patrick Pouyanné ?

  • 0:47OuverteRéponse directe

    Quelle est la différence entre un boulanger et un restaurateur ?

  • 2:08RelanceRéponse partielle

    C'est question de taille, du chiffre d'affaires ?

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Le président de l'UMIH demande un contrat d'énergie responsable, vous demandez la même chose ?

  • 4:15RelanceRéponse partielle

    TotalEnergies renégocie les contrats, pourquoi ne pas avoir signé un contrat long terme ?

  • 6:58OuverteRéponse directe

    Demandez-vous à TotalEnergies de faire la même ristourne que pour les conducteurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:18PrésentateurFait
    « Le prix de l'électricité du mégawatt-heure est indexé sur le prix du gaz. »
  • 9:20PrésentateurChiffre
    « L'Allemagne a plafonné à 130 euros le mégawatt-heure. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Invité31 %

6,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

La grande interview, Edwige Chevriot.

0:08
Invité

Bonsoir à tous, bienvenue dans la grande interview. Il y en a un qui a été reçu à Matinour cet après-midi. C'est Cyril Chabani, le président de la CFTC. Évidemment, pour parler retraite, il sera avec nous dans un instant. Mais déjà en studio, celui qui sera reçu demain à Bercy, Stéphane Manigol, restaurateur bien connu, le président de l'UMIACH aussi pour l'Île-de-France. Bonsoir Stéphane. Bonsoir Edwige. Merci d'être avec nous, beaucoup de questions, parce que vous avez piqué un coup de gueule, ça tombe bien. C'était chez les grandes gueules, nos copains les grandes gueules. Vous avez dénoncé, pointé du doigt, Patrick Pouyanné. Vous allez nous expliquer pourquoi.

Le patron de Total Energy est dans votre collimateur. Surtout, c'est vrai qu'on peut se poser la question quelle est la différence entre un boulanger et un restaurateur ? Et qu'est-ce que vous allez demander demain à Bercy ? En fait, pourquoi est-ce que vous gueulez ?

0:57
Présentateur

Parce que la France, c'est aussi de l'artisanat. Je parle dans nos métiers. Vous me demandez la différence entre un boulanger et un restaurateur. Je vais vous la donner entre un artisan boulanger et un artisan restaurateur. Un industriel boulanger et un industriel restaurateur. L'artisan boulanger, il se lève le matin, très tôt, à 2h. Il pétrit son pain, il le cuit sur place et il vous livre. Et pour faire ça, il a besoin de plus de 36 KVA de puissance. Parce qu'un four, ça consomme énormément. Et les pétrins, les chambres froides, etc., les chambres de pousse, tout ça nécessite de l'énergie. Donc, de passer au tarif jaune. Le même voisin sur le même trottoir qui a un dépôt de pain.

Il est au tarif bleu et lui, il est protégé. Puisque sa protection, je vais vous donner l'exemple de la facturation. Puisqu'il n'a pas de four, il n'a pas tout ça, lui. Donc, il est qu'un dépôt de pain. Et bien, celui qui est artisan boulanger, sa facture va passer de 1 000 à 15 000 euros par mois. Et l'industriel, le dépôt de pain, il va avoir le bouclier tarifaire de l'État. Et il va passer de 1 000 à 1 150 euros. Il y a un déséquilibre à la fois concurrentiel qui est exercé au sein du même activité. Et bien, chez nous, c'est pareil. Celui qui fait de la cuisine micro-ondes...

2:08
Invité

C'est question de taille, du chiffre d'affaires. Pardon ? C'est question de taille, du chiffre d'affaires, de facture électricité. Si ça représente... C'est la doublée, si c'est plus de 3%. Oui, il y a quelques critères. Il faut bien les critères.

2:18
Présentateur

Alors, les critères qui ont été mis en place, c'est la définition de la TPE. Oui. Pour bénéficier, comme les particuliers, du bouclier tarifaire, il faut faire moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, moins de 10 salariés. Alors, je rappellerai juste que quand on est un vrai artisan et qu'on ne fait pas du dépôt de pain et pas de la malbouffe ou de la cuisine industrielle, et bien, par tranche de 100 000 euros, on a un salarié. Donc, pour faire 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, par exemple, dans un de mes établissements, je fais 1 950 000, et bien, j'ai 17 salariés et 5 apprentis puisqu'il faut former. Donc, on est à 23. Donc, de toute façon, on sort, nous, du dispositif.

Alors qu'en termes de critères de chiffre d'affaires, ce qui, quand même, les auditeurs et les téléspectateurs qui nous écoutent et qui nous regardent, ils savent très bien que, eh bien, la marge, elle est constituée du chiffre d'affaires, moins les charges fixes. Et plus vous avez des charges fixes, moins vous avez de marge.

3:04
Invité

Alors, le président de l'UMI, l'ensemble, de l'UMI, H.R. et Marx, il vient de déclarer qu'il irait demain dans un état d'esprit, je cite, constructif, mais il met en garde le gouvernement car la situation est devenue intenable pour nombre d'établissements. Des aides existent, mais elles concernent trop peu de nos entreprises. Il demande la mise en place d'un nouveau contrat d'énergie responsable à un tarif réglementé. Vous demandez la même chose ? Ou alors, vous, vous êtes un peu moins constructif, on va dire ?

3:30
Présentateur

Non, mais si, moi, je suis réaliste et, vous voyez, encore, tout à l'heure, je dialoguais avec le cabinet de Léa Grégoire et Mme la ministre également. Nous sommes dans un état constructif. Simplement, il faut qu'on soit aussi dans des repères. Et quand je pointe ce matin Total Energy C, y compris à votre micro, moi, j'avais défendu le fait qu'il ne faille pas taxer les super profits des champions, que ce soit des artisans ou de nos champions français. Mais quand on voit aujourd'hui le comportement de Total, tous les problèmes qui me sont remontés, tous les problèmes, des fois 16 sur les factures, quand EDF est à fois 3, 4, 5, 6 maximum.

Eh bien, quand vous avez Total Energy qui, systématiquement, est à fois 10, fois 15, fois 16, c'est plus du super profit, là.

4:15
Invité

Oui, mais alors, il y a deux choses qu'on peut vous opposer. C'est-à-dire que là, c'est quand il y a des renégociations de contrats. On est bien d'accord. Renégociations de contrats, j'ai envie de dire, vous auriez pu signer quelque chose, renouveler votre contrat, je ne sais pas, au mois de l'été, il y a quelque temps, un contrat plutôt long terme. Or, aujourd'hui, là, c'est plutôt parce que vous avez bénéficié pendant longtemps des prix de l'électricité extrêmement bas. C'est peut-être aussi, comme tout le monde, absolument. Mais du coup, c'est sûr, c'est ça le libéralisme, et quand ça monte, ça coûte plus cher. Vous voyez ce que je veux dire ?

Sinon, si vous avez un contrat long terme, là, au moins, peut-être que vous auriez moins profité avant, mais maintenant, c'est sûr que vous auriez été beaucoup moins pénalisé.

4:57
Présentateur

Vous savez, comme dans tout, les coups de volant extrémistes de gauche à droite ou de droite à gauche sont toujours violents, et les retours de bâton sont violents. Et vous savez, je ne m'interdis pas de rentrer en négociation, et d'ailleurs, c'est ce qu'on va faire, avec EDF ou ENGIE, de bloquer un prix pour l'ensemble des artisans du sol français, et d'appeler tous mes confrères à quitter Total Energy.

5:23
Invité

Vous demandez à Total Energy.

5:25
Présentateur

Vous savez, il faudrait peut-être qu'ils répondent. Total Energy, j'ai envoyé, vous voyez encore, aujourd'hui, au directeur de la communication, qui doit peut-être nous écouter, puisque s'il est directeur de la communication, ils doivent entendre, à Damien Rebourg, qui est le directeur de la communication de Total. Je lui ai encore envoyé une main tendue cet après-midi pour qu'on ouvre les discussions avec l'ensemble des artisans, mais même pas répondu. Vous savez, juste accuser réception, qui est juste la première des politesses élémentaires. Il n'a toujours pas répondu. Donc, à un moment, quand on ne répond pas, on fait quoi ? On va ailleurs. On change de crèmerie, comme on dit.

5:57
Invité

D'accord, donc vous voyez. Alors, Patrick Poyenet, le patron de Total, il sera mon invité, mais ça sera à Davos. Donc, évidemment, c'est dans huit jours. Donc, d'ici là, j'espère que vous aurez une réponse et surtout, peut-être une solution, une solution demain.

6:10
Présentateur

La question que je peux peut-être lui poser, à M. Poyenet, c'est, on nous indique que le prix de l'électricité du mégawatt-heure est indexé sur le prix du gaz. Au moment où on se parle, le prix du gaz, il est à 3,99 dollars. Au moment où on se parle, là, tout de suite. En 2019, donc il n'y avait pas l'Ukraine, il n'y avait pas tout ça, il n'y avait pas la pandémie. En 2019, le cours du gaz était autour de 2 dollars. Donc, ça veut dire qu'entre 2019, où je payais 50 euros mon mégawatt-heure et le gaz à 2 euros de dollars, eh bien, il a fait x2. Sauf que Total ne fait pas x2 sur mon prix, mais il fait x10, x15, x20.

Donc, il y a un moment, soit le mot corrélé, je ne le comprends pas, puisque quand un prix est corrélé et que ça fait x2, le prix...

6:56
Invité

Ça met beaucoup plus de temps à redescendre. Ça veut dire que vous demandez, en fait, vous demandez à Total Énergie de faire la risse sonde qu'il a fait pour les conducteurs dans ses stations-services, pour les particuliers, vous lui demandez de faire ça pour les artisans, en fait.

7:09
Présentateur

Mais moi, je défends les champions français, ça va de l'artisanat à Total Énergie. Mais quand ce champion français, qui est une belle entreprise totale, mais quand cette entreprise est en train de massacrer le tissu économique de l'artisanat, alors nous avons des accords profonds.

7:27
Invité

C'est pas lui qui est responsable de la hausse des prix.

7:29
Présentateur

Il y a eu l'Ikraine, c'est même le Covid, c'est la Chine, vous voyez ? C'est très bien. Tout à l'heure, vous me disiez, mais vous n'avez qu'à pas signer. Mais le problème, c'est qu'on est dans une situation, c'est un peu comme si vous allez au restaurant, vous mangez très bien, vous commandez, vous ne connaissez pas les prix. Enfin, vous les connaissiez de la semaine dernière. Et puis, au moment de l'addition, je vous fais du x15 ou du x20, sans vous avoir prévenu au préalable. Et bien, c'est exactement ce qui est en train de se passer. C'est-à-dire que mes confrères découvrent, le 30 du mois, une facture qui a 2.15.

7:59
Invité

Sauf que moi, j'aurais gardé la carte avant. Pardon ? J'aurais gardé la carte et les prix avant.

8:03
Présentateur

Oui, vous, mais quand vous êtes sous contrat, on a tous des contrats. Si je vous demande maintenant quand vos contrats d'assurance se termine, je ne suis pas... C'est quelque chose de nouveau, en fait. Mais oui, c'est un choc qui est violent. Vous savez, les artisans, quand un boulanger se lave 2h du matin à un restaurateur à 5 ou 6h du matin, ils ne se grattent pas la tête chaque matin en se disant, tiens, mon contrat d'énergie, il se finit quand ? Vous êtes au turbin, comme on dit. Et puis, un chef d'entreprise, c'est 16h, 18h dans son entreprise, il dort peu et il se consacre à son artisanat. Eh bien, oui, il y a un devoir de conseil des gros. Total Energy fait partie des gros.

Et le devoir de conseil, quand on est un gros, c'est de protéger aussi les petits.

8:38
Invité

Mais en même temps, je ne sais pas, il y a des tweets de Bruno Le Maire, il n'arrête pas de dire, mais boulanger, restaurateur, allez sur impôts.fr et vous pouvez trouver toutes les aides dont vous pouvez disposer.

8:51
Présentateur

C'est vrai.

8:52
Invité

Oui, mais elles ne sont pas assez élargies.

8:55
Présentateur

Quand vous cumulez, après avoir fait peut-être un peu quand même Mathieu, Mathieu, parce que franchement, je vous invite à lire et à essayer de comprendre le mécanisme. Nous, on l'a fait, on a fait l'exercice. Je ne comprends pas pourquoi, dans cette situation d'extrême urgence, à un moment, on bloquait un prix du mégawatt-heure, point. Ce qui arrêterait de donner de l'angoisse et des urticaires à tous les chefs d'entreprise qui nous écoutent et qu'on soit sur un prix à 120, 130 euros, comme l'ont fait d'ailleurs l'Allemagne. L'Allemagne a plafonné à 130 euros le mégawatt-heure. Eh bien, 130 euros, je sais que ça me fait x2,3, 2,4.

Eh bien, moi, en tant que chef d'entreprise, je peux piloter mon activité quand ça fait x2,4. Mais quand vous êtes sur des envolées complètement hystériques sur le marché, eh bien, vous ne pouvez pas diriger une entreprise comme ça. Et je comprends mes confrères artisans et c'est pour ça que je les défends. Je suis à leur côté.

9:41
Invité

Et donc, demain, concrètement, je ne sais pas, est-ce que vous arrivez avec une proposition ? Vous, demain, Stéphane Mengel ?

9:49
Présentateur

On en voit déjà, et je tiens à saluer le travail extraordinaire que les membres du cabinet font, que ce soit les membres du cabinet de Bruno Le Maire ou de Olivier Grégoire, ils sont à l'écoute. Ils gèrent des dossiers, mais ce n'est pas à eux d'appeler chaque confrère, de régler chaque cas par cas. Non, ce n'est pas possible, il y en a trop. Il faut plafonner le prix du mégawatt-heure, comme l'Allemagne l'a fait, à 130 euros le mégawatt-heure. Tout le monde s'est transparent, au moins pendant six mois, pour qu'on passe le périodivernal.

10:15
Invité

Mais le goût sera énorme.

10:17
Présentateur

Mais pas du tout, regardez, il fait super bon, comme on le dit, ça a le temps pour Poutine. Il fait 13 degrés dehors, on ne conçoit pas de gaz, on a peut-être trop stocké, et c'est tant mieux, parce qu'il n'y aurait pu prévoir qu'il fasse 13 degrés aujourd'hui.

10:27
Invité

Est-ce que vous demandez aussi, comme les boulangers, la possibilité de renégocier vos contrats ?

10:31
Présentateur

Évidemment.

10:33
Invité

Il a dit qu'il n'est pas question. Sans pénalité, c'est ce qu'a dit, en tout cas, ce matin, Bruno Le Mèche et le confrère de France Inter.

10:39
Présentateur

Je vais vous donner une expression que vous connaissez très bien. Un mouton, vous pouvez le tendre autant de fois que vous voulez, va vous produire de la laine. Le jour où vous le tuez, il ne vous produira plus de laine. Total énergie, cet été, ils ont proposé, et j'ai des confrères qui ont signé, parce qu'il n'y avait pas le choix. On n'était pas encore dans le système où le gouvernement imposait les fournisseurs à fournir un contrat énergétique. 1 000 euros le mégawatt-heure. Vous savez combien on est là, aujourd'hui, sur le prix constaté ? 280. C'est-à-dire que j'ai des confrères qui ont signé au mois de juillet à 1 000.

Aujourd'hui, on trouve facilement un moins de 280 euros le mégawatt-heure. Évidemment qu'il faut qu'ils puissent sortir de cette situation, parce qu'ils vont se faire, ils se font massacrer. Ils vont fermer. D'ailleurs, j'en ai plein qui ont fermé. Ils refusent l'activité, sinon vous perdez de l'argent.

11:20
Invité

Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Stéphane Manigol. On sent qu'il y a vraiment une tension extrêmement forte du côté des restaurateurs. Vous viendrez nous dire un peu. Des artisans. Des artisans.

11:29
Présentateur

Oui, parce qu'il faut revoir la définition du mot restaurant.

11:31
Invité

D'accord, mais on était sur les boulangers, on passe des restaurateurs. Mais c'est pareil, c'est des artisans.

11:35
Présentateur

Même combat, on est solidaires entre artisans.

11:37
Invité

Merci beaucoup. Stéphane Manigol, le président de l'image pour l'Île-de-France et le président du groupe Éclore. Lui, il est reçu demain à Bercy.

Stéphane Manigold, président de l'UMIH Île-de-France et président du groupe Eclore – 04/01 · Pourquijevote