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interviewC dans l'air· 20 mars 2026 11 min

Municipales : la tension monte...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. La température monte à 3 jours du second tour des municipales. M.Le Pen appelle à faire barrage au candidat socialiste à la mairie de Paris, E.Grégoire.

Bonsoir. Vous êtes éditorialiste aux "Echos". Votre dernier article s'intitule "LR, PS, quand les forts se sentent faibles".

On commence avec la bataille de Paris, qui fait réagir jusqu'au chef de l'Etat. E.Grégoire, le candidat socialiste, accuse E.Macron d'être intervenu pour avoir obtenu le retrait de S.Knafo au second tour.

Le président de la République dément. Comment expliquez-vous que cette campagne prenne une tournure nationale dans la toute dernière ligne droite? - C.Cornudet: Paris, c'est toujours une campagne nationale en réalité.

Ca se tend. C'est électrique au dernier moment, parce qu'il y a un vrai suspense. Au soir du 1er tour, E.Grégoire est arrivé largement devant, 10 points devant R.Dati.

Entre les deux tours, elle a réussi à aligner les planètes, à s'allier avec P.-Y.Bournazel, à faire que S.Knafo se retire.

Cerise sur le gâteau pour elle, S.Chikirou est restée, au risque de prendre des voix à E.Grégoire.

En réalité, ça va être très serré. Il y a un vrai suspense. C'est pour ça que tout le monde commence à être fébrile. - A.Casse: Dans votre édito, vous écrivez qu'E.Macron et E.Philippe ont pesé.

Il a eu des tractations. Lesquelles? - C.Cornudet: Les 2 se sont parlé pour forcer P.-Y.Bournazel à se rallier à R.Dati.

C'était l'enjeu. E.Macron, parce que c'est son ancienne ministre de la Culture.

E.Philippe, parce que pour la présidentielle l'année prochaine, il veut être le candidat de la droite et du centre. Etre celui qui, parce que P.-Y.Bournazel se maintenait, était celui qui faisait perdre la droite à Paris, c'était un mauvais signal avant de partir en campagne. - A.Casse: S.Knafo accuse E.Grégoire de paniquer, de sombrer dans le complotisme.

Est-ce que c'est habile de dégainer cette dernière cartouche? - C.Cornudet: C'est peut-être un signe de fébrilité.

Ce qui est sûr, c'est qu'il ne l'a pas dégainée au débat d'hier soir. Dans cet entre-deux-tours, il essaie de montrer que R.Dati est l'otage de l'extrême droite, qu'elle est la candidate de l'union des droites.

Il a du mal à le faire. Il a eu du mal pendant le débat, parce que S.Chikirou, qui était là, disait: "Non, R.Dati n'est pas une candidate d'extrême droite." Elle le disait, parce qu'elle ne veut pas de vote utile pour E.Grégoire.

Elle veut un bon score dimanche prochain. Ce matin, voyant qu'il n'avait pas réussi à enfermer R.Dati dans cette image d'union des droites, il a dégainé cette accusation en disant qu'E.Macron était intervenu pour faire partir S.Knafo.

Comme les 2 démentent... - A.Casse: Il n'a pas de preuve. - C.Cornudet: Il n'en apporte pas et il ne dit pas comment ça s'est passé.

Il y a peut-être un doute chez les électeurs de gauche. L'enjeu de cette élection, c'est ce que vont faire les électeurs de P.-Y.Bournazel, les centristes?

Est-ce qu'ils vont se rallier à R.Dati ou à E.Grégoire?

La bataille est là-dessus. Après ce premier temps fébrile, ça peut se retourner contre lui. - A.Casse: P.-Y.Bournazel fusionne sans rester sur la liste.

C.Beaune fait aussi défection. - C.Cornudet: Il y a un gros doute sur R.Dati et ses affaires. - A.Casse: J.Bardella, à titre personnel, dans le 20h de TF1, a dit qu'il voterait pour R.Dati.

C'est un baiser de la mort du RN à R.Dati? - C.Cornudet: Peut-être.

Ou alors un baiser de la mort aux 2. Il est très habile, le tweet de M.Le Pen.

Elle met l'accent sur le périscolaire, le point faible d'E.Grégoire. Elle accrédite en même temps le récit d'une union des droites, puisqu'elle semble soutenir R.Dati.

C'est très stratégique pour elle. Elle veut montrer qu'il n'y a que le RN et LFI qui sont les forces qui mènent la danse sur la politique française, et qui la mèneront à la présidentielle de l'année prochaine. Elle affaiblit les 2 en même temps.

On ne sait pas qui ça pénalisera. Mais elle joue la chose. En 2020, à la municipale de Paris, elle avait appelé à voter R.Dati.

Là, elle appelle à faire barrage à E.Grégoire. C'est pas pareil.

Il y a très peu d'électeurs RN à Paris. - A.Casse: Elle a 2027 en tête et E.Zemmour aussi. - E.Zemmour: Reconquête! sera présent dans plus d'une cinquantaine de seconds tours en France grâce à nos listes Reconquête!, mais également à nos listes divers droite et sans étiquette. - A.Casse: Est-ce que c'est 2027 qui s'est joué pour Reconquête? - C.Cornudet: Le fait qu'il intervienne n'est pas anodin.

Il veut laisser penser que S.Knafo continue à piloter la maison Reconquête!.

Dans sa tête, il est toujours le prochain candidat à la présidentielle. Elle est en lice pour plus tard. - A.Casse: Le PS multiplie les accords de second tour avec les insoumis.

Dans une vingtaine de villes, les partis de gauche s'allient avec les insoumis, alors que les socialistes semblaient prendre leurs distances avec Le Pen après la mort de Q.Deranque ou les propos de J.-L.Mélenchon.

On écoute le vice-président du MoDem. - Si B.Retailleau disait que c'est au cas par cas, ça dépend des gens, tous les candidats du RN ne sont pas antisémites et vous diriez quoi?

Vous cherchez des excuses pour trouver la victoire à n'importe quel prix. - A.Casse: Est-ce que le PS est sous l'emprise de La France insoumise? - C.Cornudet: Ca y ressemble un peu.

Dimanche soir, O.Faure a dit: "Pas d'accord national! On restera droit dans nos bottes." Dès la nuit, il a tellement de pression des élus du PS sur sa boucle WhatsApp qui lui disent qu'ils vont perdre s'il ne s'allie pas à LFI, qu'il lâche la digue.

Là encore, pour la présidentielle, ça jouera quelque chose. Quel sera le candidat de la social-démocratie, qui pourra dire qu'il a rompu avec J.-L.Mélenchon?

Même François Hollande a soutenu un accord avec LFI à Tulle. Il y a un vrai changement de pied sous la panique des socialistes à l'occasion de cette élection. En réalité, ils ont fait des bons scores.

Dans certaines villes, une dizaine seulement, mais des villes emblématiques, LFI les talonne. Ils ont dû faire alliance avec eux. - A.Casse: Est-ce que LR est sous l'influence du RN?

B.Retailleau refuse de soutenir C.Estrosi, qui fait face à E.Ciotti. - C.Cornudet: C'est un peu différent.

Il n'y a pas eu d'accord. La digue a tenu. Il y a une main tendue de J.Bardella.

Ils ne l'ont pas pris. B.Retailleau a fait en sorte que dans les villes où c'était possible, il sanctionne des accords de la sorte.

Pourtant, il a eu cette phrase très malheureuse où il donnait le sentiment de soutenir E.Ciotti, proche du RN à Nice, contrairement à l'accord qu'il avait conclu avec C.Estrosi...

Ca montre un tangage, une difficulté de résister à la pression des droites. - A.Casse: L'abstention était de 42 % au premier tour.

C'est ce que soulève le président de l'UDI. - Pourquoi vous vous engagez? Parce que vous avez envie de donner de votre temps, que vous voulez changer votre commune.

Les gens sont très frileux. - A.Casse: Il y a une fracture territoriale.

La participation était plus élevée dans les grandes villes que dans les zones rurales. - C.Cornudet: C'est parce qu'il y avait plus d'enjeu dans les grandes villes que dans les zones rurales, où il y a eu un changement de mode de scrutin pour les villes de moins de 1000 habitants.

Ils n'ont plus le droit de rayer les noms sur les listes. Vous pouvez pas changer la liste. C'est au nom de la parité.

Les gens ne voyaient pas l'intérêt d'aller voter. "Il y a une seule liste, on peut pas la changer...

Pourquoi je la changerais?" - A.Casse: Ce soir, sur France 2, dans "L'Evénement", c'est la bataille pour Marseille, entre B.Payan, F.Allisio et M.Vassal.

A Marseille, il n'y a pas d'accord PS-LFI. Le candidat LFI, S.Delogu, s'est retiré.

Est-ce que cette triangulaire peut tourner à l'avantage de B.Payan? - C.Cornudet: C'est serré et c'est un vrai enjeu.

Si jamais le RN gagne cette ville, on ne retiendra que ça de ces élections. Ce serait un séisme sur la politique nationale. S.Delogu s'est retiré de lui-même.

Ca montre que J.-L.Mélenchon est assez habile et continue à tirer les ficelles.