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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 2 mai 2026 8 min

«Aujourd’hui, les Français doivent choisir entre remplir le frigo ou remplir leur voiture» pointe Laurent Jacobelli, député RN de Moselle et porte-parole du parti

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Alors le meeting de Mâcon hier a été l'occasion pour Jordan Bardella et Marine Le Pen d'évoquer les questions économiques. Je vais vous poser une question de but en blanc Laurent Jacobelli. Total, doit-il avoir honte de faire des profits ?

0:19
Laurent Jacobelli

Non, il ne doit pas avoir honte évidemment. Les profits pour une entreprise privée c'est normal. En revanche, faire des sur-profits au moment où les Français doivent se serrer la ceinture à cause d'une situation internationale, ça mérite qu'on se pense sur la question et la taxation éventuelle de ces super-profits est quelque chose qui serait naturel d'étudier dans une situation actuelle où la perte de pouvoir d'achat nuit à la consommation des Français et au pouvoir d'achat des Français.

0:45
Présentateur

Y a-t-il Laurent Jacobelli au sein du Rassemblement National une ligne commune sur la question ? Parce qu'on a bien compris qu'hier Jordan Bardella et Marine Le Pen souhaitaient afficher une unité qui est sans doute réelle, mais un peu plus tôt dans la semaine, Jordan Bardella avait expliqué à une télé concurrente que taxer les super-profits total n'était pas une priorité. On en est revenu de ça aujourd'hui Laurent Jacobelli ?

1:13
Laurent Jacobelli

Non mais il y a deux choses. La priorité aujourd'hui dans l'action que nous devons mener pour le pouvoir d'achat, c'est la baisse de la TVA sur l'essence, la faire passer de 20% à 5,5%. Là il y a urgence parce qu'on a des Français qui aujourd'hui doivent faire un choix cornélien, remplir le frigo ou remplir la voiture d'essence. Donc évidemment nous devons agir là-dessus. Et puis après on doit réfléchir aussi à cette situation paradoxale où les Français doivent effectivement faire des efforts sur leur vie quotidienne et où vous avez des grands groupes qui bénéficient financièrement de la situation internationale et l'État qui se remplit les poches avec les impôts.

Il y a donc une forme d'injustice qu'il faut régler. Je pense qu'il n'y a aucune contradiction entre la voix de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

1:54
Présentateur

Faut-il, comme le réclame une partie de la gauche, nationaliser Total Energy ?

2:00
Laurent Jacobelli

Vous savez, si l'Union soviétique avait permis à ses habitants de vivre mieux, on le saurait et Staline aurait fait des petits qui seraient toujours au pouvoir. Non, je crois qu'il faut arrêter avec ce réflexe traditionnel de la gauche. D'abord on propose une taxe et puis ensuite on nationalise. Je pense qu'on voit aujourd'hui l'État gérer un certain nombre de choses. Si il gérait les entreprises de la même manière, ce serait une catastrophe. En revanche, il faut demander, lorsqu'on croit à l'économie de marché, que tout le monde soit raisonnable.

Et je pense que parfois, effectivement, dans certaines situations tendues, comme aujourd'hui, c'est le rôle de l'État de rappeler les grandes entreprises à la raison en leur demandant de participer à l'effort national. Je pense qu'il y a un juste milieu qu'il faut trouver.

2:39
Présentateur

Alors Laurent Jacobelli, les prix des carburants repartent à la hausse en France. 2 euros en moyenne ce matin pour le gasoil, 2,10 euros en moyenne pour le litre de sans plomb 98. Est-ce que vous considérez que la France doit s'impliquer davantage dans ce conflit et notamment au niveau du détroit d'Hormuz ?

2:56
Laurent Jacobelli

Écoutez, d'abord, la France doit regarder ce qui se passe ailleurs en Europe. C'est-à-dire que nous sommes à peu près le dernier pays à ne pas avoir pris de mesures fiscales pour alliger le coût de l'essence. Je rappelle que quand vous payez 2,10 euros le litre de sans plomb, il y a 1,10 euro qui va à l'État quand même. Et que plus l'essence augmente, plus l'État perçoit de taxes. Donc là, il y a quelque chose à régler que le gouvernement ne veut pas entendre. Je ne sais pas pourquoi, ils sont têtus. Mais c'est le dernier pays d'Europe à ne pas agir. Et puis oui, effectivement, il faut s'imposer à la table des négociations internationales pour fluidifier le trafic au détroit d'Hormuz.

Mais ça veut dire régler la situation, faire en sorte que le Liban et Israël se parlent, faire en sorte que le Hezbollah soit empêché d'attaquer Israël. Tout cela est complexe. On ne peut regretter que la France ne soit plus aujourd'hui l'interlocuteur naturel des grandes puissances pour amener la paix, la France à donner les clés de la diplomatie à Mme von der Leyen. Et malheureusement, on voit bien ce que ça donne.

3:55
Présentateur

Je referme Laurent Jacobelli, si vous le voulez bien, cette page internationale. Et j'aimerais qu'on s'intéresse à la polémique masterpoulet à Saint-Ouen. 52 000 fast-foods en France. Leur nombre a quadruplé en 25 ans. Au mieux, ces fast-foods engendrent des nuisances sonores à proximité. Au pire, il y a de l'insécurité aux abords de ces établissements. Faut-il réglementer, instaurer une sorte de numerus clausus pour ces enseignes de restauration rapide qui sont aussi, ne nous mentons pas, très communautaires également ?

4:30
Laurent Jacobelli

En fait, le problème, ce n'est pas masterpoulet entre nous. Le problème, c'est qu'il y a certains coins de France où dès qu'il y a de l'animation, dès qu'il y a un commerce, dès qu'il y a de la vie, il y a de l'insécurité. C'est ça le vrai problème. Parce que qu'il y a un problème aux abords d'un masterpoulet ou d'une boulangerie, finalement, c'est la même chose. Le problème n'est pas forcément l'enseigne en elle-même. Le problème est qu'aujourd'hui, il y a dans des quartiers, des jeunes qui se rassemblent, qui font du bruit, qui parfois insultent, qui parfois, pire encore, agressent. Dès qu'il y a un attroupement, dès qu'il y a de l'animation, ça peut être aussi une rencontre sportive.

Donc, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est ramener l'ordre partout. Vous l'avez dit, c'est une enseigne considérée comme communautariste. Donc, ça pose la question de l'immigration. Tant que nous n'aurons pas réglé ce problème, tant que la France restera ouverte à tous les vents, eh bien, il y aura des problèmes d'insécurité et d'incivilité. Et puis, ramener les forces de l'ordre à arrêter tous ceux qui ne respectent pas la loi. Mais pour ça, ça veut dire que derrière, la justice les suit. Donc, le problème, il est beaucoup plus fondamental que Master Poulet.

Et quand je vois la gauche se déchirer sur une marque de poulet frit, je me dis que quand même, Jean Jaurès est bien loin des esprits de la gauche actuelle. Non, je crois que c'est juste un mal qui montre bien tous les problèmes de notre société. Mais je ne pense pas que seul Master Poulet ait ramené ce type d'incident en France.

5:45
Présentateur

Quel regard, Laurent Jacobelli, portez-vous sur ce que certains observateurs nomment la cacophonie de ces derniers jours au sein du gouvernement concernant le 1er mai ? Je prends l'exemple de ce boulanger iséroi, d'abord verbalisé pour avoir fait travailler ses salariés hier 1er mai. Il a ensuite reçu un appel de Sébastien Lecornu, qui l'a rassuré en lui disant que finalement, il ne serait pas embêté. Est-on dans un contexte kafkaïen, Laurent Jacobelli ?

6:14
Laurent Jacobelli

Y a-t-il un pilote dans l'avion ? C'est-à-dire qu'on voit bien aujourd'hui que le gouvernement ne prend plus de décisions réelles. On en parlait tout à l'heure sur le prix de l'essence. Ce gouvernement n'est même plus écouté de son administration, qui est en roue libre et qui a déclaré son indépendance, parce qu'elle n'avait pas des ministres assez puissants, assez volontaires, assez déterminés pour donner une ligne directrice. Et donc oui, c'est une grande cacophonie. Une grande cacophonie entre le gouvernement, l'administration et les Français, et même une cacophonie au sein du gouvernement, où aujourd'hui, chaque ministre est à peu près candidat à la présidentielle.

Donc il est temps que cette page terrible de la gouvernance de la France se tourne. Aujourd'hui, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas de gouvernement en capacité d'agir. Il nous reste 8 mois à attendre l'élection présidentielle. Mais d'ici là, malheureusement...

7:01
Présentateur

Il nous reste 20 secondes. Pardonnez-moi, Laurent Jacobelli. Dernière question. Craignez-vous une vague, Édouard Philippe ? Parce qu'effectivement, Jordan Bardella est très largement en tête au premier tour, mais le deuxième tour est un peu plus indécis. Je crois d'ailleurs hier que Jordan Bardella a eu des mots très forts vis-à-vis du bloc central et de la droite à Mâcon.

7:23
Laurent Jacobelli

Vous savez, Édouard Philippe, on ne le craint pas. On a déjà eu la vague, Édouard Philippe. Les 80 km heure, les gilets jaunes, la hausse des taxes sur l'essence, la retraite à 67 ans, la tornade. Édouard Philippe s'est déjà abattu sur la France et vu le désastre, je crois qu'on n'a pas envie de remettre ça.

7:37
Présentateur

Merci beaucoup Laurent Jacobelli d'avoir été en direct ce matin sur Europe.

«Aujourd’hui, les Français doivent choisir entre remplir le frigo ou remplir leur voiture» pointe Laurent Jacobelli, député RN de Moselle et porte-parole du parti — Laurent Jacobelli · Pourquijevote