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Discours / meetingINA (sur YouTube)· 13 mars 2017 15 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesDéfenseImmigration & asile

Jacques Cheminade - Campagne présidentielle 1995 | Archive INA

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Jacques CheminadeFait
    « La France est grande si elle est exemplaire. Et bien entendu, il pense à la France libre, exemplaire pour les autres. »
  • 3:00Jacques CheminadeChiffre
    « Il y a cinq critères d'austérité, pas trois comme on dit souvent. Et ces cinq critères d'austérité sont inapplicables. »
  • 4:30Jacques CheminadePromesse
    « Il faut abolir l'autonomie de la Banque de France par exemple dans notre pays. »
  • 5:30Jacques CheminadeChiffre
    « En Allemagne, on commence à avoir peur de ce qui se passe dans les pays de l'Est. Et on voit que ces pays de l'Est pillé près de 40 milliards de dollars l'année dernière. »
  • 7:00Jacques CheminadeChiffre
    « On a promis 750 millions de dollars l'an dernier pour les territoires, ce qu'on appelle les territoires. Et ils n'ont reçu que 250 millions de dollars. »
  • 9:00Jacques CheminadeFait
    « Il faut faire des chemins de fer pour développer l'intérieur du pays. C'est différent. »

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[Musique] Une France pour rebâtir le monde. C'est ce qui est écrit sur votre affiche. Mais que voulez-vous dire par là ?

E bien, en écrivant cette phrase, j'ai pensé à un discours du général de Gaul prononcé à Alger en 1943, je crois, à l'alliance française. De Gaul dit "La France est grande si elle est exemplaire." Et bien entendu, il pense à la France libre, exemplaire pour les autres.

Elle combat, elle est au premier rang du combat pour la justice. Mais pour être grande, elle doit aussi être terre d'accueil. Et elle doit aussi accueillir en elle-même les influences, les idées de l'extérieur.

Et c'est une France creusé, une France catalyseure qui se définit ainsi une France pour rebâtir le monde, différente d'une France qui ne veut pas rebâtir le monde, qui est l'autre partie, qui est une France frileuse et égoïste. Pour moi, cette France qui rebâtit le monde, c'est dans la période récente, c'est celle des pastoriens, c'est celle des amis de Louis Pasteur, c'est la France de Calmette, c'est la France d'Alexandre Yersin, c'est la France de tout un groupe de médecins, de tout un groupe de chercheurs pour qui bâtir la santé publique, donner la santé publique dans les pays tropicaux étaient liés à l'idée de bâtir le paysage, de bâtir l'économie, que santé et économie était une seule et même conception. C'est cela pour moi une France qui bâtit le monde.

Alors, on a mis aussi sur cette affiche Suli, Colbert, Joress de Gaulle. Et certains disent "Vous confondez tout. Qu'est-ce que c'est que cette histoire là ? sont des gens d'opinions différentes.

Il est vrai, ce sont des gens qui prient 11 à un ont des opinions différentes, viennent d'époque différentes, mais ils ont en commun une chose d'être bâtisseur de nations. Ce sont des gens qui ont pensé à la France comme un pays où chaque être humain doit développer ses pouvoirs créateurs, développer sa capacité de connaître, de comprendre, d'intervenir dans les affaires publiques et doit aider dans les autres pays les autres à faire la même chose. Ça, c'est une France pour bâtir le monde. la France de ce nouveau plan marchal que je préconise à la fois vers l'est et vers le sud.

Alors, quelle Europe voulez-vous construire ? Et bien, certainement pas l'Europe de Maastrich elle se détruit elle-même. Il y a cinq critères d'austérité, pas trois comme on dit souvent.

Et ces cinq critères d'austérité sont inapplicables. Un seul pays aujourd'hui les rempli qui est pas tout à fait un pays qui est une sorte de grande banque qui est le Luxembourg. Les autres pays ne parviennent pas à les remplir.

Pourquoi ? Parce que y aller, les accepter, c'est s'appliquer à soi-même une telle dose d'austérité qu'on détruit la substance, la texture des pays. Alors, certains disent "Oui, mais on peut tricher, on peut feindre, on peut dire on les applique sans les appliquer." Moi, je suis tout à fait contre cette hypocrisie et je pense que elle n'a pas lieu d'être.

Il faut faire une autre Europe, la vraie Europe, celle d'un plan marchal, d'un vrai plan marchal orienté vers les pays de l'est, vers l'ensembleur Asie et vers le sud, vers l'ensembleur Afrique qui soit une Europe opposée à celle de la rente financière à laquelle consent au contraire l'Europe de MRIFT. Alors cette nouvelle Europe, cette Europe du plan Marchal et bien pour la faire, il faut que l'État reprenne en main l'émission de crédit et de monnaie. Et se faire, il faut abolir l'autonomie de la Banque de France par exemple dans notre pays.

Il faut aussi recréer une politique de planification de planification indicative mais qui soit une ardente obligation comme dans les années 60. Alors on me dira oui mais vous pensez qu'il faut faire une Europe franco-allemande et l'Allemagne n'acceptera pas cela parce que l'Allemagne tient sa Bundesban plus qu'à tout. Bien, je pense qu'aujourd'hui ce n'est plus vrai.

Ce n'est plus vrai parce que en Allemagne, on commence à avoir peur de ce qui se passe dans les pays de l'Est. Et on voit que ces pays de l'Est pillé près de 40 milliards de dollars l'année dernière, 30 milliards de dollars auparavant, 70 milliards de dollars sont sortis des pays de l'Est qui ont été littéralement pillés encore une fois et ces pays s'affaiblissent, en particulier la Russie. Et en Russie, il y a un mouvement de rejet de cet ordre financier, cette politique financière qui peut tourner très mal, qui peut tourner un état agressif. un pinochétisme russe, un régime à la pinoché en Russie.

Donc comment échapper à cela ? L'Allemagne doit le savoir ou bien comme l'on dit certains socio-démocrates allemands, c'est un plan marchal vis-à-vis des pays de l'Est ou bien c'est la continuation de l'ordre monétariste, de l'ordre financier auquel participe la Bundesbank et alors on crée les conditions d'une crise très grave en Europe. Donc je crois que les dirigeants allemands auront peut-être le sentiment que pour s'en sortir, il faut faire ce plan marchal et alors nous autres et les Allemands vont le faire ensemble car la France ne veut pas le faire seule.

Et si la France le faisait seule, elle se condamnerait à une sorte d'isolement qui ne peut pas être le fondement d'une politique. Donc, il faut que la France convainque les autres, développe chez les autres la même lucidité que chez elle. Si le nouveau président de la République est lucide, a-t-il vraiment une nouvelle entente cordiale avec l'Angleterre ?

Et bien oui, mais je dirais plutôt avec Londres et la cité de Londres qui est autre chose que l'Angleterre. C'est plutôt avec ces intérêts financiers qui constituent la cité de Londres qu'il y a cette entente cordiale de la France. Pourquoi ?

Parce que la France a accepté, les dirigeants français ont accepté la direction du trésor, la Banque de France ont accepté un nom monétariste qui est défini à Londres. C'est la tribune de l'économie qui le dit, ce n'est pas moi. La tribune de l'économie du 17 novembre 1994.

Tous les chemins de la finance mènent à Londres. Qu' a-t-il à Londres ? Il y a la première place mondiale pour l'échange de devises, la première pour les marchés des actions étrangères et la première pour les obligations.

Donc c'est là qui est un pouvoir et ce pouvoir c'est celui qui gère le système actuel de spéculation insensée dont j'ai parlé à plusieurs reprises sur les produits dérivés, sur les taux d'intérêt, sur le trafic de drogue, sur l'immobilier. C'est là que le centre se trouve et qu'une conception du monde dans laquelle on pense profit financier, c'est-à-dire acheter bon marché, revendre cher et avoir le maximum d'argent dans le temps le plus court possible. C'est là que cette conception se trouve.

La nôtre, celle de l'Europe, celle de la croissance, celle du développement, celle de l'économie physique productive et au contraire celle de l'accumulation de capacité de produire grâce à un socle, à une base d'infrastructure de pont, de port, de route, de voie ferrée à grande vitesse qui permettent de tracer la piste, je dirais, du décollage. C'est comme quand un avion doit décoller, il faut tracer d'abord une piste et cette piste, c'est l'infrastructure. Voilà ce qu'il faut faire.

Alors la France au lieu de cela a une politique de compromission aujourd'hui avec Londres. Tantôt elle essaie d'équilibrer euh ce qu'elle fait avec l'IM parce qu'elle entend faire avec Londres. Tantôt elle va plus loin.

Elle se rapproche de Londres notamment en matière militaire. Tout cela est extrêmement dangereux et avec moi, il n'y aura certainement pas d'entente cordiale avec la City et avec Londres. Quelle est votre politique pour le proche- Orient ?

Et bien c'est là aussi la paix par le développement économique mutuel. Prenez les gens de Gaza qui ont un très faible niveau de vie. Et bien la paix pour eux doit être un meilleur sort.

C'est la voirie, c'est le tout à l'égout, c'est une infrastructure urbaine qui c'est l'éducation, c'est tout ce qui permet d'avoir l'espérance. Et bien, on la donne pas. On n'est pas en train de la leur donner.

On a promis 750 millions de dollars l'an dernier pour les territoires, ce qu'on appelle les territoires. Et ils n'ont reçu que 250 millions de dollars. Avec ça, on ne peut pas faire la paix.

Et je crois que la France, l'Allemagne et aussi les États-Unis bien sûr ne font pas ce qu'ils doivent pour assurer cette paix. Moi, j'ai beaucoup plus de respect pour Rabine, pour Perez, pour Arafat qui ont tenté cette paix que les dirigeants actuels des pays occidentaux. Je pense que cet effort doit être fait pour aider ces gens qui sont parmi ceux que j'admire le plus aujourd'hui sur la scène politique officielle mondiale.

En outre, il faut ce que Shimon Perez a toujours voulu et que moi-même et discuter avec certains Israéliens que l'Indon Larouche également a discuté depuis longtemps avec des Israéliens, des irakiens et également des Égyptiens. Il faut une politique de paix par le développement mutuel dans cette région. Cela veut dire à terme comme allonge l'eau, amener l'eau.

Et Shimon Perz a cette conception de l'eau par le nucléaire, par des centrales de dessement utilisant éventuellement l'énergie nucléaire. C'est également l'eau pour le désert, donc faire reverdir le désert et c'est aussi tracer une infrastructure, une artère de vie autour du canal qui va de la Méditerranée à la mer morte et de l'autre canal qui va de la mer morte à la mer rouge. Voilà ce qui doit permettre à terme ce développement de toute la région et c'est dans ce développement qui est l'avenir.

Et c'est à cela que nous devons travailler un peu plus en Europe. Que peut-on faire pour l'Algérie ? et bien soutenir ceux qui veulent la paix et pas ceux qui veulent la guerre.

Nous devons faire tous les efforts que nous pouvons en tant que français pour venir à l'aide de ceux qui à Rome à Saint Gidio ont tenté de jeter les bases d'une paix par l'intérêt mutuel, c'est-à-dire les Républicains, les démocrates en Algérie, les vrais et les patriotes islamistes. Cela forme un groupe qui pour moi est la chance d'avenir dans le pays. La seule, il y en a pas d'autres.

Donc il faut cesser de livrer des armes à la direction actuelle de l'Algérie. Une direction militaire corrompu à mon avis est pour le pays un facteur de guerre aujourd'hui. Il faut pas soutenir ces gens-là simplement.

Il faut aussi dénoncer de l'autre côté ce que sont certains milieux du fils et le GIA, c'est-à-dire des terroristes qui ne pratiquent pas l'islam, qui sont une sorte de groupe dévoyé de gens sous l'influence de toutes sortes d'agences de renseignement. Il faut être ferme et dur avec ces gens-là. Mais il faut aussi une porte de sortie économique.

Nous ne devons plus du tout faire la politique du fond monétaire international là-bas. Au contraire, il faut que l'Algérie soit le cœur dans le Maghreb de la branche sud du plan Marchal, c'est-à-dire d'une politique de développement de l'ensemble de la région. Et là aussi, comme au proche Orient, il faut faire reverdir le désert.

Enfin, il y a quelque chose qui me paraît fondamental sur le plan de la culture, c'est d'encourager ou de revenir à ceux qui ont mené dans l'histoire de l'Algérie une réflexion autour de la conciliation entre islam et République. Il s'agit essentiellement d'Abdel Kader et de Feratabas ou côté Maroc de Ben Barka. Ces gens-là doivent être relus, leurs idées doivent être revécues et je pense qu'en Algérie, obscurément, peut-être sans toujours le savoir, la majorité du pays veut aller dans cette direction.

Soutenons là. Pensez-vous qu'il faille redéfinir la politique africaine de la France ? Oui, certainement et totalement.

Il ne faut plus de ces clientélismes identifiés au nom de Charles Pasquis. Il faut une autre politique qui soit une politique de développement de ces pays, pas de constitution de groupe ou de réseau. Il faut autre chose.

Pour moi, c'est le plan marchal, le nouveau plan marchal vis-à-vis de ces pays et c'est désenclaver, c'est-à-dire faire que des régions d'Afrique qui aujourd'hui ne communiquent pas puissent communiquer entre elles pour se vendre des produits. Aujourd'hui, par exemple, il y a des gens qui produisent des biens alimentaires et à 400 km, il y a des gens qui en ont besoin. Bien, il n'arrivent pas à communiquer. et la vente ne se fait pas.

Il faut aller acheter ailleurs. Donc il faut changer cela. Il faut aussi prévoir des réseaux à la fois qui vont à l'intérieur mais également intercottiers.

Jusqu'à maintenant, les chemins de fer ont été faits pour piller les ressources. Il faut faire des chemins de fer pour développer l'intérieur du pays. C'est différent.

Alors, on me dira rêvez, c'est une utopie. Bien, pas du tout. À la fin du 19e siècle, Gabriel Anoto qui était un homme qui avait travaillé avec Gambeta dans la République, Gabriel Anoto avait tout un plan pour cela et je veux vous lire. ce qu'il disait dès cette époque-là. "En Afrique, disait-il, il faut un chemin de fer qui soit le véritable conquérant." Et il envisagé trois tracés d'une ligne transaharienne dès cette époque-là.

À l'est, une liaison bizerte Brazaville par Bourgrara, Gadamè, Rat, Belma, le lac Tchad, Sanga et le Congo. C'était le projet de monsieur Bonard, un ingénieur. Au centre, il y avait une liaison prévue.

Biscra Wargla, Lacad et j'en parlerai. Rejoignant la précédente, c'était le projet de monsieur le Roland. Il y avait enfin à l'ouest un tracé sud-oré Tombuktou visant à unir le Sénégal et l'Algérie dont nous parlions tout à l'heure.

Et àudit, c'est la conception d'un profit qui est un profit infrastructure qui permet le décollage et pas celle du profit butin à l'anglaise, pas du profit pillage. Alors c'est cela qu'il faut à l'Afrique et je crois que symboliquement il y a un projet qu'on doit faire très vite, c'est celui de la revitalisation du lac T Chad. Ce lac faisait environ avant les années 7000 km carr.

Il est descendu jusqu'à 2000 km car. Donc il faut ramener l'eau. Il y a une politique d'urgence qui est de sauver et nourrir les populations qui subissent la sécheresse.

On le voit dans tout ce qui est dit ou dans tous les rapports qui sont faits sur cette région-là sur le Tchad. Il y a ensuite de redonner de l'eau, faire des barrages par exemple un avant de Bangi pour que le Tchad soit revitalisé. le lac.

Ensuite, il faut recréer un réseau hydrographique, c'est-à-dire refaire que l'eau, cette fois-ci, de manière organisée, parvienne là-bas et qu'on exploite là où l'eau arrive. C'est-à-dire qu'on fasse une véritable politique de poldérisation autour du lac, c'est des terres très riches et qu'on évite enfin là-bas, il faut redonner à l'ensemble une vision de croissance, une vision de développement. C'est-à-dire que Lacchad soit un peu un foyer qui rayonne autour pour le développement.

Ça c'est le type de politique qu'il nous faut absolument aujourd'hui en Afrique et cela change complètement la logique actuelle parce que il ne s'agit pas d'une logique soit de pillage soit de grande exploitation mais il s'agit d'une logique dans laquelle les habitants de la région participent aux travaux, participent au développement et ainsi deviennent parties prenantes. Et cela c'est la vraie base de la démocratie en Afrique, la vraie base de la démocratie par le développement. Pourquoi tant parler de politique étrangère dans une campagne électorale française ?

Parce que politique intérieure et politique extérieure doivent être cohérentes comme de Gaulle le savait et le voulait. Si on ne le fait pas, on se condamne à l'impuissance ou à pire encore comme en Bosnie. [Musique]