Les AESH, visage discret et INDISPENSABLE DE L'ECOLE INCLUSIVE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
et dans être et savoir aujourd'hui énormément d'utilité peu de reconnaissance profession AESH que disent les conditions de travail des AESH de la qualité de l'inclusion des élèves en situation de handicap à l'école c'est la question qu'on va se poser avec nos invités [musique] la loi de 2005 20 ans déjà garantie à chaque enfant en situation de handicap le droit d'être scolarisé dans une école dite ordinaire proche de son domicile. Ce droit fut renforcé dans des textes de 2013, la refondation de Vincent Payon et de 2019 la loi blancaire sur l'école de la confiance. Ce dernier texte a introduit le concept d'école inclusive dans le code de l'éducation sourcehandicap.goov.fr.
FR. L'école inclusive consisterait à bénéficier d'un projet personnalisé et d'une équipe de professionnels. Donc en premier lieu les AESH, donc les accompagnantes pour assurer le suivi de la scolarité.
Et si j'ai employé le conditionnel, c'est que près de 50000 élèves qui auraient besoin de lettre ne sont à ce jour pas accompagnés. Nos écoles accueillent près de 500000 élèves en situation de de handicap 100000 à ESH. chiffre varie, ils augmentent en [musique] fait à mesure que l'inclusion grandit avec toutes ces difficultés.
Alors aujourd'hui, on s'intéresse à cette profession, les AESH, qui sont-elles ? Qui sont-ils ? Environ 5000.
Je l'ai dit, mais comment s'intègre cette profession dans la machine école ? À lire les témoignages et études, il apparaît que cette profession est importante mais bien mal menée. Avec nos invités, on va tenter de comprendre et d'analyser ces difficultés, les relations avec les enseignants, l'organisation du travail.
Et quel travail ? parce que ça peut recouper beaucoup de choses. Les salaires, il faut en parler, la précarité.
On va aussi s'intéresser au langages, au mots qui entourent le handicap à l'école entre les sigles techniques qui changent parfois. Moi, je me souviens bien du terme AVS qu'on employait quand mes aînés étaient petits. Ça a pas si longtemps.
Et puis il y a un champ lexical très particulier he concernant le handicap en général dans la société. Ça dit quelque chose je crois. et puis nous poser cette question.
Je l'ai déjà un peu reposé, je la reformule. Maltraiter les AESH, n'est-ce pas ? Dans le même temps, négliger les élèves dont elle et il s'occupent.
Écoutons-le un peu d'ailleurs, ces élèves. Là, c'est Juba. Là, c'est Matthéo.
Là, c'est Janis. Là, c'est Loren. Là, c'est Lucas.
Là, c'est Kilam. Et là, c'est Matise. Et là, c'est moi.
Et là, c'est Arthur. Qu'est-ce que tu aimes bien toi ici ? Je suis plus Je suis plus bien que mon ancienne école.
Je trouve que c'est bien. Au moins, j'ai pas des cours où j'ai pas d'avsage pour écrire. Des fois le matin, j'en ai un et l'après-midi, j'ai l'autre pourécrire.
Et c'est vraiment une grossade et elle va m'aider par exemple notamment quand je suis fatiguée. Et ce qui est vraiment bien c'est la complicité qui s'est installée entre nous deux, la confiance. J'apprendre des choses parce que j'ai un peu des difficultés sur les lettres, sur les nombres.
Non, j'ai peur que ça reste comme ça toute la vie comme ça à devoir faire des choses différentes et c'est pas gay parce qu'alors du coup les autres ils se croit différentes et alors ils sont un petit peu comme ça. Qu'est-ce qu'elle fait celle-là ? Une minute pour les écouter ces élèves de primaire et de collège.
Un montage signé de notre réalisateur François Richer. On a pioché dans différents reportages. Je salue les invités présents dans studio.
Bonjour Myiam Sonail. Bonjour. Vous êtes AESH c'estàdes à mission collective en collège en Uliss.
Uliss, on le précise, unité localisée pour l'inclusion scolaire et vous travaillez dans l'Amie de Paris. en face de vous Virginie Cassan. Vous êtes à SH en lycée pro à Paris également et vous êtes représentante syndical.
Comme ça, vous avez une bonne liberté de parole pour le SNES FSU. Mais j'espère vous aussi hein, Myiam Sonaï. Euh avec nous à distance Frédéric Grimau.
Bonjour. Bonjour. On a eu tellement peur que ça marche pas.
Vous êtes professeur des écoles dans l'académie d'ex Marseille doctor en sciences de l'éducation et vous venez de publier une somme passionnante à un vrai métier aux éditions. Sileps, c'est issu d'une recherche menée avec l'Institut de recherche de la FSU. Alors, on reste un peu dans dans le même syndicat, mais il y a une forte intersyndicale, hein, concernant les AESH à l'école et la défense de ce métier.
Donc cette somme concerne le métier, c'est un ouvrage qui donne beaucoup la parole aux Aaga, particulièrement en primaire, mais pas seulement. On va donc parler davantage de ce niveau comme ça, on a primaire, collège et lycée autour de la table. Et puis on a aussi un auteur de BD.
Bonjour Fabien Toulmet. Bonjour. Vous venez de publier Ulis, pas comme le dispositif Ulis donc qui sont concerne le collège et parfois le lycée.
C'est chez Delcour. Ça apparu en septembre 2025 dans la collection Mirage. C'est une BD formidable, je vais en dire quelques mots.
On suivant physiquement. Alors, c'est un peu vous peut-être un peu le capitaine Adoc avec ses gros cheveux et sa barbe noire. pas du tout dans le caractère, je pense.
C'est un informaticien reconverti à en collège. Donc on le suit, il est débutant dans la classe Ulis et au fil des saisons, on va vivre avec lui ses difficultés, ses progrès, ceux de ses élèves, enfin des élèves qui l'accompagnent et des autres. Il en accompagne seulement un, mais on voit évidemment tous les élèves du dispositif.
Cet ouvrage fait plus de 300 pages. Il est très documenté, c'est très précis. Les scènes qui sont rapportées, on le sent, sont euh totalement inspirées de la réalité.
Mais comme il s'agit d'une fiction, le lecteur ou la lectrice, moi par exemple, se projette dans les problématiques des personnages. En premier lieu, Yvan qui traverse une sale période, ça m'intéressait aussi, mais aussi des élèves, des parents, des collègues et puis des professeurs. J'ai été très très touchée par cette lecture.
C'est souvent, je pense, le terro fertile d'une bonne réflexion en l'occurrence sur le métier d'H. Notre sujet. Alors, vous voulez mettre la lumière sur cette profession.
Pourquoi Fabien Toulmet ? Pourquoi ? Parce que j'étais concerné de loin à deux titres.
D'abord, je suis père d'une jeune fille qui a une trisomie, qui a été scolarisée un temps en Uliss. Et donc, j'ai vécu par son intermédiaire les différentes péripéties qu'un enfant porteur de handicap peut vivre pendant sa scolarité, les bons moments et les difficultés. Et l'autre titre, c'est que je suis le mari d'une personne qui est à et qui me racontait tous les soirs les histoires de ces jeunes qu'elle accompagne, de ses collègues, du milieu dans lequel elle travaille.
Et vous avez utilisé le mot terro, c'était vraiment ça, c'est que j'ai eu la sensation qu'il y avait un terro d'histoire assez important et comme j'aime raconter les relations humaines, comme j'aime faire connaître aux gens des situations qu'on aurait assez peu l'occasion de connaître par soi-même, je me suis dit que c'était un bon point de départ pour une pour une histoire, une histoire sur une année scolaire. Moi, j'ai pas envie j'aime pas raconter trop les histoires en détail parce que je pense que ça mérite d'être découvert euh dans les livres en l'occurrence cette BD. Mais évidemment, on va s'en servir pour éclairer quelques quelques situations, quelques nœuds aussi euh relatif à ce à ce métier.
Comment vous le définiriez euh vous ? Bah, par exemple, Myiam, je me tourne vers vous. ce ce métier, cette profession.
Alors le héros dans Ulis, c'est un homme mais c'est très très féminisé hein. Souvent je vais utiliser même le féminin parce que bon, on va le dire, c'est principalement des femmes. Quand vous présentez votre métier à des gens qui connaissent pas ou si vous voulez en parler à nos auditeurs, comment vous racontez ?
Ben moi, je dis que j'accompagne des élèves qui sont dans des situations de handicap. J'essaie d'expliquer parce que c'est c'est vrai que c'est pas très connu non plus comme métier. C'est peut-être pas assez valorisé.
Donc on n'est pas on n'est pas reconnu par tout le monde, par des parents sûrement, par le milieu éducatif mais pas par tout le monde, par pas par monsieur tout le monde. Voilà. Donc je dis que j'accompagne des élèves, je suis là pour leur scolarité mais c'est vraiment dans les grandes ligne parce que ce que je fais est beaucoup plus profond que ça je pense.
Et ma collègue confirmera sûrement. Ben on va lui on va lui poser la question tout de suite Virginie Cassan. Comment on le définit ?
Parce que en fait la notion de métier même de profession quand on parle d'AESH elle est presque nouvelle. Non pas que je ne le pense pas parce que c'est pas du tout ça mais dans le l'idée d'accompagner, on est un peu aux frontières de quelque chose de l'ordre du CER qui est pas vraiment éducatif et d'ailleurs ça l' hein le CER s'en est du C et d'un métier qui serait presque un métier de de service. Enfin, on sent bien que par rapport à la mission éducative de l'école, il y a comme un décalage qui est ressenti par les enseignants et qui se vit dans la relation avec les enseignantes et les enseignants.
Notre notre métier en il est il est basé sur trois axes. Aider accès à accès aux apprentissages, aide à la socialisation et aide dans les gestes de la vie quotidienne. Donc en fait effectivement il y a de l'éducatif, il y a l'éducatif dans les trois axes.
Donc les notre métier au cœur effectivement de l'éducatif parce qu'on participe à construire une un individu et son identité à travers les gestes. On est on est des éléments de l'école mais on est on est censé travailler aussi avec les enseignants. C'est normal quand ça se passe bien c'est bien.
Et mais voilà c'est notre métier, il est surtout axé là-dessus. Et effectivement, on fait comme a dit ma collègue, on c'est c'est beaucoup plus euh c'est c'est aussi être un on est en relation duale avec un élève, mais aussi on est en relation, moi je suis dans le secondaire de je précise dès le départ en lycée. en lycée et donc on est en relation avec différents adultes et il faut être tout le temps en interaction pour pouvoir accompagner au mieux l'élève qu'on accompagne parce qu'en fait il faut qu'on puisse euh le c'est pas seulement en en peut-être je pense que des gens pensent qu'on est juste à côté d'un élève mais en fait on n'est pas juste à côté d'un élève parce qu'on en interesse avec lui.
On essaie de voir en comment on peut l'aider au mieux et en fait il faut aussi qu'on interpelle l'adulte qui est enseignant pour que lui fasse attention à l'élève qu'on accompagne. Donc il y a cette interaction avec les les élèves, c'est et les adultes de l'établissement. Frédéric Grimau, cette dimension profondément relationnelle, comment on l'intègre dans un vocabulaire professionnel ?
Cette question vous la posez vous la posez presque tout au long de l'ouvrage qui soulève bien des questions et dont je peux préciser que il offre aussi un bon récapitulatif de l'histoire hein des AESH qui donne des chiffres plein d'informations sur ce métier aujourd'hui dans l'école en France. Oui. Alors déjà le métier de la profession, je l'aborde pas tout à fait de la même manière hein.
La la profession c'est c'est si vous voulez le le toutes leurs conditions de travail, leur formation, les missions, les contrats, le temps et cetera qui qui les réunissent. Le métier en est plus du côté du côté des gestes, des règles, des de métiers, des savoirs et aussi des valeurs qui sont qui sont portées, dont ce que vous dites là, la relation à l'autre. Et c'est pour ça que pour moi c'est ni une profession récente ni un métier récent en fait hein.
Euh d'abord parce que vous l'avez un petit peu dit au début, cette profession elle s'inscrit dans dans d'autres euh professions dans tout celle de la tradition du CER hein. Avant il y avait les AVS mais avant il y avait les vie et si on remonte même au début du siècle des travailleurs familials, des aides ménagères aux personnes invalides où on peut retrouver cette même dimension là que dont vous parlez relationnelle qui fait partie du métier. Donc les AESH elles s'inscrivent dans dans un métier qui ça a été, je crois que c'est Myiam qui l'a dit au début qui manque de reconnaissance.
Moi c'était un petit peu l'objet de de mon travail. On m'a demandé de de voir d'abord qu'est-ce qu' allait pas du côté des AESH et la première chose qu'elle déclare c'est ce manque de reconnaissance. Et donc moi, j'ai essayé de voir dans quoi est-ce qu'elle se reconnaissent ell et elles se reconnaissent dans un métier, dans un système de valeur partagé dont ce souci de l'autre.
Vous utilisez une formule qui m'a énormément frappé, c'estàdire que vous parlez à la fois d'une d'une forme de de fierté et de maltraitance. Dans dans le même mouvement, c'est il y a une fierté à réussir à à s'occuper de la meilleure manière possible d'un élève en difficulté du fait de son handicap. Et ça euh c'est quelque chose qui est vraiment très valorisé pour les gens.
Et en même temps euh la formule, on est un peu les subordonnées de tout le monde. Enfin, c'est tout tout le monde est notre chef. Par exemple, euh vous donnez des exemples de de salles des profs qui sont pas ouvertes aux AESH. euh vous donner des exemples de bah on apporte euh une collation pour un événement et il y en a que pour les euh professeurs euh des écoles, des choses comme ça.
Euh c'est c'est on vous l'a énormément euh raconté. Je vous pose d'abord la question à vous Frédéric Grimau puis je vais faire euh tourner la parole. D'accord.
Alors ben écoutez, oui effectivement c'est un truc que j'ai vu dans les entretiens que j'ai mené pendant pendant 3 ans. J'en ai eu beaucoup beaucoup des entretiens. Il y a toujours cette dualité entre d'un côté l'expression d'une grande fierté et on comprend pourquoi parce qu'elles peuvent être fières des valeurs que porte cette profession.
C'estàd que en gros je vais le résumer mais sans AESH il y a pas d'éclusive. Donc il y a pas cette possibilité à des dizaines et des dizaines de milliers d'enfants de pouvoir fréquenter les mêmes banques scolaires que les autres. Donc bien sûr qu'on peut elles peuvent être fiers euh absolument de ce qu'elles font et elles déploient un trésor d'ingéniosité avec très peu de moyens pour arriver à faire fonctionner à bout de bras ce système.
Et en parallèle, il y a l'expression aussi d'une grande maltraitance de différentes manières institutionnelles. Vous avez raison. déjà dans l'organisation même de leur travail, il y a un grand fou dans les prescriptions qu'elles ont et même dans la chaîne hiérarchique.
Cette phrase que me dit une AESH à un moment donné qui est dans mon école, tout le monde est mon chef euh est significative de ça, mais c'est très euh inconfortable pour un travailleur de ne pas pouvoir identifier sa chaîne hiérarchique et aussi dans dans cette forme de maltraitance comme vous dites, plein de micro mises à l'écart, on va dire. Euh c'est typiquement des par exemple des courriers qui sont envoyés par la hiérarchie pour souhaiter de bonnes vacances à toutes les mondes. Alors il y a marqué à tous les enseignants, à tous les directeurs et directrices, à tous les personnels de Razette, mais il y a pas les AESH parce qu'elles sont ignorées, elles sont invisibilisées.
Donc donc c'est c'est moi c'est ça qui m'a beaucoup interrogé, c'est cette dualité entre une grande fierté exprimée et une grande maltraitance exprimée. Donc c'est ça que j'ai essayé de comprendre. Où était ce gatus ? qu'un psychologue qui s'appelle ifclo du du travail appelé des affects contradictoires.
Vous voyez, on est en permanence, on travaille avec deux affects qui sont très contradictoires. Les affects contradictoires, je pense que c'est quelque chose que beaucoup de travailleurs travailleuses connaissent, mais particulièrement les AESH, on arrive à résoudre ces problèmes par un travail avec les individus. Finalement, c'est super fatiguant.
C'est une grande partie de votre boulot, c'est-à-dire de vous faire reconnaître par l'équipe, de vous faire presque admettre Myiam Sonaï et moi j'utilise Oui. Somille pardon, j'utilise votre votre ton de famille parce que à l'école on vous appelle Myiam. Myiam [rires] souvent moi je demande à notre plutoyé et à ce que les élèves m'appellent par mon prénom.
Alors comment on se fait sa place ? Et ben déjà il faut Moi, j'ai la chance d'être dans le même établissement depuis un moment. Au début, ça n'a pas été facile.
Euh, il y a des collègues qui ne m'adressaient même pas la parole. Mais il faut aussi des collègues, vous voulez dire des des professeurs. D'accord.
Ça c'était au tout début. J'avoue que maintenant euh je me suis fait ma petite place euh et les mentalités ont évolué aussi parce que avant les élèves euh porteurs de handicap euh étaient difficilement acceptés en classe et en lutt pour les faire accepter en inclusion même s'ils étaient accompagnés. Maintenant, c'est vraiment autre chose et je pense que le temps a fait son œuvre aussi, les mentalités ont évolué et je sens que moi et mes collègues, on joue un rôle plus qu'indispensable en fait euh dans la tenue de la classe et ça c'est le retour de mes collègues qui me le qui me le prouve.
Ça fait plus d'adultes dans les classes. C'est c'est hyper frappant en fait quand on se rend dans des établissements et parce que parfois je compte le nombre d'adultes qu' a dans des classes et euh c'est tout récent hein, beaucoup plus qu'à mon époque est pour le coup très ancienne. Même question Fabien Toulmet parce que ça s'est mis en scène aussi enfin mis en scène raconter dans la bande dessinée.
C'est c'est et c'est assez subtile en fait parce que c'est aussi quelqu'un qui se demande ce qu'il fait là. En arrivant en arrivant dans ce collège, c'est prendre sa place. Ah, la question de la place comme un professionnel quand on n'est pas formé et quand on n'est pas sûr qu'on va rester et qu'on n'est pas sûr qu'on a les compétences parce que c'est compliqué d'accompagner un enfant autiste en l'occurrence dans son compte. le le moi ma position qui est uniquement celle d'un observateur d'un collège en particulier, j'ai pas la prétention de d'être un expert du domaine, mais ce que j'ai ressenti, c'était que finalement les les AESH sont dans une espèce de strate intermédiaire entre les jeunes et les professeurs et ils font un petit peu tampon, c'est-à-dire qu'ils font tampon dans le ils absorbent les dysfonctionnements de de ce qu'est le le système et la bonne marche ou la mauvaise marche de l'enseignement et de la prise en charge de ces jeunes dépend en grande partie de et ben du de la façon dont les AESH peuvent travailler, de la de la façon dont ils ont pu être formés.
Et c'est effectivement un autre point qui m'a paru assez surprenant, c'est que souvent cette formation intervient très tardivement après l'entrée en fonction. euh dans le cas de ma femme, elle a été euh formée à son métier sur un registre vraiment purement administratif 1 an après le début de son activité et je me suis dit que pour un métier euh quand même aussi euh euh important avec des besoins particuliers propres à chaque à chaque élève, c'était quand même assez étrange de d'accorder aussi peu d'importance à la formation, au fait de de connaître les bonnes pratiques en cas de situations qui peuvent être des situations un peu compliquées à gérer comme dans la BD Je raconte les crises de du du personnage principal qui est un jeune porteur d'autisme et qui fait des crises. Bon bah comment gérer ça quand on a on nous a jamais expliqué ce qu'est l'autisme ou les crises, comment les régler ?
Et voilà, moi vraiment ma sensation ça a été ça, ça a été que les les la place des AESH est difficile à trouver parce que il y a pas une espèce de de programme précis de quel est leur rôle. C'est un peu à chaque collège, à chaque enseignant, à chaque AS de se faire son de se faire sa place et de trouver comment fonctionner. Et les AH font souvent Ouais. tampon entre les différentes situations.
Virginie Cassan sur à la fois cette place mais aussi la formation dans la BD de Fabien Toumé, le personnage Divan va à la bibliothèque pour lire un petit peu sur l'autisme. Voilà, s'autoforer. Est-ce que vous ça vous est arrivé de vous autoer et bah pour vous sentir plus légitime tout simplement ?
Alors, avant de répondre à tout ça, je voudrais revenir sur euh la place et effectivement euh ce qui est quand même scandaleux en 2025, ça fait 25 ans que la loi 2025 est 2005 est là et 20 ans du coup 20 ans pardon, excusez-moi, ça fait 20 ans et en 20 ans euh nos différents gouvernements n'ont pas trouvé le temps de nous faire une de nous donner une formation parce qu'à partir d'une formation notamment euh nous en tant que syndicat, ce qu'on revendique, c'est une formation bac + 2 avec une entr en concours. Je sais pas si vous connaissez ce qu'on appelle le KPI pour les enseignants spécialisés. Le KPI c'est un programme et un contenu avec tous les différents types d'handicap rencontrés avec il y a c'est une c'est une formation de 2 ans.
Si euh à un moment donné un des ministres a a une étincelle dans son dans ses dans son cerveau, ça serait bien enfin c'est c'est lamentable qu'on en se met encore aujourd'hui à ne pas avoir de formation. La collègue a dit, on a parlé de la formation. C'est quand même, faut quand même dire que c'est pas une formation, c'est 60 heur d'adaptation à l'emploi qui est issue des contrat aidé de 2005.
D'accord ? Donc en fait 60 c'est ce sont des diaporam qu'on reçoit, c'est une information sur l'autisme, sur le l'enfant malentendance, sur l'enfant aveugle. C'est c'est pas de la formation. après euh de la formation sur des gestes professionnels sur des euh moi dans mon sou la seule source que j'ai eu c'était euh on était dans un amphithéâtre et on était 100 personnes nouvellement recrutées et il y avait le kiné qui nous expliquait comment faire mais sur un amphithéâtre il y a pas de pratique.
D'accord. Donc c'est pas du tout, c'est pour moi c'était vraiment de l'information et ça reste de l'information et je connais des collègues qui n'ont jamais eu de formation. Il y en a qui ont eu bien des années avant de commencer mais il y en a qui n'en ont jamais eu.
Et c'est donc effectivement la formation euh c'est elle n elle est inexistante quant à la place. Il y a effectivement une maltraitance institutionnelle dans la mesure où rien que le ministre chaque ministre quel qu'il soit quand il parle de l'éducation nationale on entend que le nom prof. Il y a que les enseignants et les professeurs, ils parlent pas des autres personnels.
Des fois, ils se rappellent qu'il y a des qu' descen des fois qui il se rappellent qu' assistance d'éducation de l'éducation nationale, on pourrait parler assistance sociale. Mais alors les accompagnants d'élèves en handicap, euh le le discours est déjà pas là comme l'exemple qui est donné enfin dans la lettre dans le dans la lettre dont tu as parlé monsieur Crimeau, c'est un peu le voilà, c'est ça le le la maltraitance. La maltraitance, elle se poursuit aussi euh j'ai perdu mon fil [rires] euh au niveau me au niveau de l'établissement lui-même.
Euh quand euh vous savez que les même quand les agrégés au niveau des profs, les agrégés mais dans certains établissements, les agrégés maîprisent les les certifiés. Donc nous quand on arrive qu'on a pas de diplôme reconnu, comment vous dire que [rires] voilà puis après bon genre en 2025 il y a quand même toujours des enseign des des accompagnants d'élèves qui se retrouvent exclus de l'école parce qu'en fait moi je fais je suis aussi accompagnante référente c'est-à-dire que je vais dans les écoles accueillir mes nouvelles collègues et dans certaines écoles une fois j'ai eu le bonheur de voir donc en maternel salle des adultes. Je fais wou super seulement dans la majorité des établissements je vais c'est salle des profs salle des maîtres à un moment donné au moins si symboliquement il y avait écrit salle des adultes ou des personnels ça serait déjà au sein de l'établissement on est bah une reconnaissance comme quoi tout le monde peut y aller et et déjà excusez-moi et en cas et ça aussi c'est aussi c'est un début d'intermétier de travailler l'intermétier la collaboration entre les métiers parce qu'en fait c'est pas nous toutes seules qui devons porter la scolarisation d'un élève mais c'est aussi travailler avec les enseignants mais mais pour ça il faut que chacun dans nos po respectives on est du temps pour ça que que l'institution nous donne le temps parce qu'en fait dans avant les piales il y a dans certains établissements on avait du temps on se rencontrait sur le temps scolaire pour s'échanger sur les élèves là avec le pial comme c'est la mutualisation du temps parce qu'il faut expliquer aussi excusez-moi oui donc le pial c'est pôle d'inclusion euh d'inclusion localisée je ne sais plus quoi.
Il y a tellement de ces dans l'adication. On [rires] va en parler mais c'està-dire que c'est-à-dire que pour euh que les professionnels puissent avoir plus d'heur, elles sont amenées à faire davantage de tâche, à effectuer peut-être différentes missions avec des élèves différents, mais ce qui complique encore le quotidien quand c'est pas forcément au au même endroit. On a vu en Bretagne des cas à ESH qui bah refusaient finalement d'émission parce que les distances étaient trop longues.
Ah oui, là vous parlez des passes je suppose. Bah non mais c'était c'est pareil mais le la question que que je me pose c'est celle de la hiérarchie dans l'éducation nationale et en fait on sait que les sociologue qui ont éduqué qui ont étudié pardon la souffrance au travail dans par exemple à l'hôpital enfin dans dans plein de métiers montrent que la la hiérarchie quand elle est très très cloisonnée bah font que les souffrances de certains par exemple les profs qui professeurs enseignant enseignantes qui disent manquer de reconnaissance dans la société et C'est vrai et bien peuvent aussi manquer eux-mêmes de donner de la reconnaissance aux autres professionnels et ça c'est une logique qu'on retrouve un peu partout. Mais je me tourne enfin virtuellement puisque vous êtes en ligne Frédéric Grimau vers vous pour savoir si finalement ce manque de définition du travail hein et d'émission dont on parlait il est pas un peu pratique pour bien répondre à des situations qui relèvent parfois du bricolage ?
Vous évoquez dans le livre des situations où par exemple on doit changer un élève assez grand en école élémentaire. On n pas de place, on n pas d'espace pour faire ça. Donc il faut se débrouiller avec des sacs poubell derrière à l'arrière d'une salle, derrière un meuble en faisant comme on peut avec des lingettes fournies par les parents ou par un autre enseignant.
Euh parfois euh les AESH vont être amenés à surveiller toute la classe. Donc tout ça euh bah voilà, ça ça permet de de de leur euh faire euh des choses qui sont peut-être utiles euh voilà s'occuper d'autres enfants qui sont peut-être en difficulté mais dont elles n'ont pas la charge. Et euh et donc euh ce flou, j'y reviens, permet euh je comme je vous entends pas, j'ai du mal à savoir quand vous allez prendre la parole [rires] que vousz fini.
Donc voilà, enchaîner euh sur bah l'usage du flou en fait. Oui. Alors effectivement ce ce flou, il est pratique pour une institution qui veut faire des économies.
On comprend pourquoi. D'accord. parce qu'évidemment euh tout ce qu'a dit la collègue avant par exemple mettre en place une formation digne de ce nom euh une reconnaissance institutionnelle qui sera indexé sur un salaire correct euh et une avancée de carrière, tout ça a un coût et évidemment maintenir quelque chose d'un petit peu qui repose sur le bricolage évidemment que ça a des ça a cet intérêt là par contre un gros gros désavantage c'est que ça abîme complètement l'école inclusive ce qui est en train de se passer c'est une catastrophe 20 ans après la proclamation de l'école inclusive on arrive à une situation où les AESH sont mises à l'écart mais y compris les élèves.
C'est-à-dire qu'on a de plus en plus d'équipes qui commence à à avoir un discours dominant qui est de peut-être que tous les enfants n'ont pas leur place à l'école. Vous voyez ? Donc ça c'est que en vérité c'est une catastrophe ce ce de d'avoir tout fait reposer sur le bricolage.
Et qu'est-ce que ça a donné ? En fait tout à l'heure on parlait de la place des AESH dans leur établissement. Pour moi, ça c'est fondamental.
C'est quelque chose qui est beaucoup revenu. C'est c'est devenu un aspect très saillant de notre recherche. On a on a bossé du coup 1 an dessus cette question de la place des AH dans leur établissement.
Mais euh elle est elle est évidemment pas bien définie. Mais si jamais ça se passe pas bien, il faut pas le faire reposer uniquement sur des des profs qui seraient pas bien accueillants ou méprisants ou quoi. C'est pas du tout ça.
C'est que tout a été organisé pour que ça se passe pas bien. Par exemple euh on demande aux AESH, aux enseignants de travailler ensemble, voir aux AESH parfois elles sont deux dans la classe et cetera de de de tu vois, on parle d'intermétier, en tout cas de de collaboration de de cravail mais ça c'est un travail en soi en fait. C'est c'est pas un allant de soi.
D'accord ? travailler à deux, c'est pas forcément deux fois mieux et et en tout cas ça s'apprend sauf que rien n'est pensé et et parfois même quand ça se passe bien, on sait pas pourquoi d'un seul coup la ESH on la change d'école, voilà, puisqu'il y a pas non plus elles ont pas non plus de d'organisation propre de leur mouvement. Donc en fait les choses sont faites pour arriver à à ce que ça se passe pas bien.
C'est ça qui nous a beaucoup surpris, c'est que si on voulait que l'école inclusive disfonctionne, en fait on s'y prendrait pas autrement. On continuerait à avoir des personnels qui ont pas de place définie, qui ont une hiérarchie qui est floue, qui bricolent. Vous avez parlé des d'échanges parce qu'effectivement dans dans le livre cette cette cet exemple-là nous a beaucoup perturbé enfin moi en tant que chercheur dans mon équipe de recherche parce que c'était c'est extrêmement dégradant en fait un enfant qu'on change au milieu de de tout le monde avec le l'enseignant à décrocher des rideaux de la fenêtre pour faire un espèce de paravant devant les autres élèves et les avessages ont fait le tour des classes pour récupérer des des sacs poubelles pour fabriquer une table à langée.
Euh on est d'accord qu'on est dans l'indignité totale de l'enfant, des travailleurs, de de l'institution scolaire. Pour autant, elles ont réussi à faire leur boulot. C'est ça qui c'est ça qui qui m'a intéressé aussi.
Et elles en ont tiré une grande fierté parce que cet enfant va à l'école malgré tout. Mais vous voyez, le prix du malgré tout, il est très très fort quand même. Ce que je me fais bien comprendre là-dessus.
Tout à fait. Et je pense que c'est important de le faire entendre. La question de l'ajustement du travail, du geste professionnel avec l'enseignante, elle est bien décrite, je trouve.
Fabien Toulmet. dans la dans la bande dessinée, c'est hyper compliqué de travailler ensemble et c'est je trouve que c'est d'ailleurs dur à raconter et vous l'avez bien fait c'est qu'il y a une enseignante donc qui est l'enseignante de la classe Ulisse qui travaille avec plusieurs Aag qui sont très différentes les unes des autres qui elles-mêmes ou eux-même puisque il y a [rires] doivent pas forcément travailler ensemble mais quand même ils s'entraident puisque c'est pas mal par exemple Mariam qui sa collègue est plus expérimenté que lui elle va bien des fois le sortir de moments difficiles et cetera. C'est compliqué hein.
C'est c'est c'est encore une fois on est dans la relation. Bah c'est compliqué parce que il y a il y a la réalité de ce qui est une une affectation avec tel ou tel jeune ou avec tel ou tel ensemble de jeunes. Et il y a ce qui se passe quand on met des individus ensemble.
Et moi, c'est un peu ce que j'ai vécu quand j'étais pour l'écriture de la bande dessinée. Je suis allé en observation dans un Uliss, dans une ulisse. Et moi au début, je suis observateur, je suis auteur de BD, je prends des notes.
Sauf qu'au bout d'un moment, bah on interagit avec les jeunes. Les jeunes font appel à moi pour aider sur telle ou telle chose. Donc on peut pas être simplement chacun dans son rôle.
Euh dans un système, alors c'était pas l'endroit où j'étais, mais dans un système qui est défaillant à Forceorie, j'imagine qu'on est obligé de d'aller un peu au-delà et une AH ou un AOSH individuel qui est affecté à un jeune, bah se retrouve dans un collectif et donc peut intervenir et même des fois c'est peut-être un peu exagéré. On peut demander à un ou une AESH individualisé d'accompagner plusieurs jeunes en inclusion et et il y a des comme ça des des gens qui se retrouvent avec 4 c jeunes à accompagner en inclusion parce qu'il y a un manque de de personnel. Donc voilà, c'est comment c'est ce que je disais un petit peu tout à l'heure, comment ces personnes-là ultra importantes se retrouvent obligées de faire tampon et de palier au dysfonctionnement du système.
Et parce qu'on est humain, ça c'est énormément dit dans le livre de de Frédéric Grimau. C'est c'est comme ça que les AESH disent "Bah voilà, on nous le demande et c'est vrai, on voit les enfants, on est humain donc on le fait. Ça ça repose sur un dévouement.
Ça c'est très féminin hein de demander à des professionnels d'être dévoué. C'est ce qu'on demande souvent aux femmes. Mariam Myiam pardon Mariam c'est dans la BD.
Myiam, c'est vous Soma vous vouliez intervenir ? B en fait, je voulais juste revenir vite fait par rapport à la formation qui pour moi n'était vraiment pas de la formation, c'était plus des informations et souvent c'était plus une perte de temps en réalité et mais surtout que on a aucun profil qui ressemble à l'autre. Tous nos élèves sont différents, ils sont tous porteurs de pathologies différentes.
Souvent, ils font de la comorbidité du coup et c'est-à-dire qu'ils ont des pathologies associées à leur pathologie. Oui. Oui.
Après, on est aussi on fait des fois face au milieu social. Donc on sait pas de comment ça se passe chez lui, comment le petit est-ce qu'il a bien dormi, est-ce que enfin il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu. Mais moi, j'aurais aimé par exemple avoir un catalogue de formation où j'aurais pioché par rapport pour un élève qui est autiste, pour un autre qui a qui est dyslexique, qui est disorthographique.
Mais tout ça, je l'ai découvert toute seule sur le tas parce que pareil les GVCO c'est le document qui nous est transmis sur les adaptations à mettre en place. C'est un sigle, c'est un ouation scolaire. Ah ok, d'accord.
On a les adaptations qu'on doit mettre en place, mais clairement sur le terrain entre par exemple la primaire et le secondaire euh ou même juste d'une année à l'autre, l'enfant a évolué, il a mûri, enfin, il a grandi en tout cas, il y a eu un changement dans son attitude. Donc nous, on s'adapte à tout ça, mais on s'adapte en s'autoformant en fait. Mais ça aussi, il faut du temps.
C'est beaucoup de temps. Et quand on voit ce qui se fait dans les pays limitrophes de la France comme la Suisse, la Belgique et tout, l'Italie. L'Italie tout le temps cité parce que ce sont des professeurs spécialisés en Italie. et ils sont à deux dans la classe, ils sont sous enfin au moins deux adultes dans la classe et le nombre d'élèves est limité quand il y a un un élève en situation de handicap par exemple, il a pas plus de 20 élèves dans la classe, c'est il faut vraiment aller chercher les informations que ce soit au niveau de l'administration que ce soit au niveau de il faut essayer d'être présent aussi quand on est convié aux EESS ce qui n'est pas souvent le cas.
Là c'est c'est Virginie. Alors parlez dans le micro parce que si vous marz pas donc en fait guide GVCO guide d'évaluation de la scolarité ESS équipe de civil scolarisation animé à minima une fois par an par l'enseignant référent. L'enseignant référent étant l'interface entre la famille, l'école et et la MDPH.
Donc chaque année ce ce document est mise à jour. Les accompagnantes sont censées sont deux droits dans cette dans cette réunion mais elles sont souvent évincées. Voilà, on oublie de leur dire que le que la le SS a eu lieu.
Euh et en fait ce qui se passe c'est que c'est une mise à jour du projet personnalisé de l'élève qui se construit par les par une équipe plurelle pluridisciplinaire pardon à l' MDPH. Donc donc ça c'est la maison de du la maison départementale du handicap. Oui, désolé.
Oui, moi qui déteste les cigles en plus. [rires] Mais bon euh donc pour vous dire ça donc en fait donc il y a la mise à jour et donc la parole de l'accompagnante, elle est importante dans la mesure où nous sommes à côté de l'élève toute l'année. Vous voyez à quel moment il est fatigable, qu'est-ce qui dérange, comment on peut le faire évoluer.
Et c'est c'est c'est quand même ça ça fait pas ça c'est inadmissible qu' encore aujourd'hui des personnels qui soient évincé qu'on ne vous écoute pas qu'on n'écoute pas la personne parce qu'en fait ben c'est nous qui voyons l'ève quoi. [musique] [musique] [musique] hours for this myself I wish I' stay [musique] sleep today I never thought this [musique] Never thought tonight could ever be this close to me. [musique] Try to see in the dark just try to make it [musique] feel the [musique] make the shapes must my eyes hold more breath and [musique] I if I had your I can make it [musique] [musique] [musique] Close to me cure.
Je me suis demandé si c'était mon morceau préféré. Peut-être pas, mais c'est sympa les cuivres Fabien Toulmet, c'est la sonnerie dans le collège dont vous euh dont vous faites le lieu de l'action de cette bande dessinée Uliss publiée chez Telcours que vous avez publié à la rentrée dans la collection Mirage et qui raconte le quotidien d'une on a pas le droit de dire une classe, c'est un dispositif Uliss, mais c'est dans la classe et puis de de Yvan, de Matis et des autres. notre élève du dispositif.
Quand on a on raconte un peu comment on fait, on s'appelle avant. Moi j'aime bien appeler les invités avant et vous m'aviez parlé de l'importance du langage. Pile poil le sujet qu'on abordait avant la chanson avec des sigles auxquels on s'accoutume mais dont on mesure très bien qui sont peu compréhensibles pour le commun des mortels et tout d'abord peut-être pour les enfants adolescents concernés.
Donc première difficulté, il y a un personnage qui dit voilà on disait AVS, maintenant on dit mais c'est est-ce que c'est pour nous faire croire que les choses avancent ? Pas vraiment. Il y a d'autres mots qui sont importants.
Par exemple, d'appeler les enfants, les les élèves alors qu'ils sont au collège. Pour vous, ça c'est important de pas le faire. Fabien Toulmet, pourquoi ?
Ouais. Ben avant de répondre à pourquoi le comme je suis allé en observateur dans cette Uliss, moi j'avais un peu l'impression d'être en voyage et quand on voyage, on est très attentif à tous les petits détails qui font que enfin qui changent de notre quotidien. Et c'est vrai que moi dans le l'aspect du langage, c'est des choses qui m'ont pas mal marqué.
Alors évidemment, moi la 80 % des sigles je connaissais pas, même si j'étais déjà un petit peu dans la dans le monde du handicap à travers ma fille. Donc ça c'est la première chose. Et après effectivement il y a la façon dont les les jeunes s'appellent entre eux ou les adultes s'adressent aux jeunes.
Donc pour certains, ils les appellent les enfants. Et moi c'est vrai que je voyais des ados. Donc le côté appeler les enfants, les ados.
Il y a il y a un truc pour les pour les jeunes porteurs de handicap, c'est qu'il y a toujours ce biais un peu de l'infantilisation et je trouve que de les ramener sans arrêt à l'enfance même dans le dans le la façon dont tu es meublé une classe Ulisse dont la décoration est faite, il y a quelque chose alors qui peut être qui est assez touchant et qui amène un aspect cocon mais qui par rapport au reste du collège bah les les maintient un petit peu dans le monde de l'enfance. Il y aussi effectivement la façon dont les jeunes s'appellent entre eux. Donc il y a un mot qui devient une insulte, c'est Uliss, tu es un Ulisse.
Donc c'est beaucoup utilisé à des fins de de dévalorisation. Euh et puis voilà, toutes toutes les insultes qui sont connotés et rattachées à la sphère du handicap là où bah comme on s'était parler au téléphone avant l'émission où je disais que pour moi il y avait quand même énormément de progrès qui avaient été fait sur bah la façon dont on parle du genre de l'origine de de l'orientation sexuelle. Bah sur la sphère du handicap, je trouve qu'il y a encore beaucoup de choses à à faire évoluer et il est pas rare que j'entende gens parler de Mongol, que j'entends des gens des gens s'appeler autistes mais pour désigner une façon d'être qui est particulière.
Et donc aussi sur cet aspect du langage, bon il y avait pour moi des des découvertes et des choses qui me qui me percutaient que j'ai voulu réessayer de d'intégrer dans la bande dessinée. En fait, on attend de l'inclusion des élèves handicapés. un progrès pour la société le le vivre ensemble mais on a l'impression que ça tient à peu de choses.
En tout cas, c'est pas tellement accompagné que c'est presque finalement aux AESH de faire respecter euh leur bah j'allais dire leur enfant ou leur [rires] ados l'élève qui accompagne tout simplement. Oui, on travaille beaucoup sur le côté vraiment social, l'intégration dans la classe, c'est très important et c'est vrai que cet élève dès le début de l'année, il est stigmatisé, même si on fait tout pour qu'il le soit pas, mais il est vraiment stigmatisé souvent, surtout quand les camarades le voi entrer dans l'unité d'inclusion, dans la classe Ulis. Et euh c'est nous on joue un grand rôle aussi de de passerelle un peu entre la classe, le reste du groupe et notre élève.
Et euh moi, j'essaie de me mettre à la disposition de tous les élèves comme ça, je banalise un peu ma présence et euh enfin, mais c'est vraiment beaucoup d'énergie, hein, dans une classe. Et j'essaie aussi de de discuter avec le professeur pour enfin j'essaie d'être une force de proposition en fait pour que mon élève soit bien dans son environnement et que s'il y a un incident, ça n'impacte pas les autres aussi qui qui eux aussi sont là pour apprendre en fait que moi je les dérange pas par ma présence et que eux ils acceptent leurs camarades comme n'importe quel autre camarade Et ça euh l'incident euh la violence éventuelle de de l'élève euh porteur de handicap parce que parce que ça arrive euh parce que ce sont des élèves qui euh peuvent euh mal euh contrôler leurs émotions dont l'agressivité et en fait les premières personnes qui prennent cette agressivité sont les les AESH mais ça peut être aussi d'autres élèves. C'est un sujet hyper compliqué.
Je me demande comment ça se passe dans dans les autres pays parce que euh c'est c'est vraiment un point de tension dans l'école française l'idée que ces élèves handicapés dérangent les autres et que le métier des enfin le boulot des AVS ce serait que il les dérange pas trop. Frédéric Grima. Oui, tout à fait.
Et vous voyez dans le témoignage qu'on vient d'entendre de la collègue il y a il y a 2 secondes euh tous les arbitrages qu'elle doit faire en fait en permanence et des arbitrages qui sont qui sont pas évidents à négocier sur le plan des valeurs entre ce qu'on doit faire par exemple son son travail c'est de lutter contre la stigmatisation des élèves mais en étant en faisant elle-même partie d'un dispositif de fait stigmatisant. C'est c'est ce qu'on appelle les injonctions paradoxales qu'on qu'on envoie à des travailleurs. Alors, tous les travailleurs font des arbitrages, mais je trouve que euh j'ai j'ai observé de nombreux travailleurs puis je travaille dans un laboratoire avec euh des gens qui qui observent le travail, hein.
Euh et effectivement, euh les absages, c'est extrêmement euh saillant cet aspect-l de leur travail de devoir en permanence arbitrer sans jamais vraiment savoir si elles ont fait du bon travail ou pas, au regard de quelle valeur est-ce qu'on parle. et se rajoute ce que vous dites tout absolument ceci sur la question des coûts qu'elles peuvent subir euh qui sont qui sont c'est pas négligeable d'abord un métier où on peut se retrouver blessé, ben c'est pas rien hein. Il y a cette euh pénibilité physique, on va dire qui qui mérite reconnaissance psychologique aussi hein, évidemment et puis même émotionnelle puisque elle s'attache aussi à des enfants qui parfois ont des parcours chaotiques.
On sait pas trop ce qu' deviennent après après 15 ans. quand on est à l'école primaire, elles savent pas trop ce qu'ils vont devenir après. Donc il y a tout cet engagement là qui qui rend leur leur pénibilité accru et à mon avis ça mérite une très forte reconnaissance de ça.
Mais sur la question des du risque de l'incident, alors c'est un peu drôle mais dans les entretiens que j'ai mené, j'ai retrouvé des résultats de recherche qui ressemblaient à ce que certains collègues ergonomes ont travaillé sur les conducteurs de bus ou conducteurs de train, vous voyez ? C'est-à-dire ce travailleur qui bosse avec en tête le risque peut-être que il peut y avoir un accident, peut-être que l'élève dont elle vont s'occuper, peut-être qu'il va se sauver, peut-être qu'il peut frapper un autre élève, peut-être qu'il va faire une crise et cetera. Et en réalité, ça c'est très pesant dans la psyché du travailleur parce que même quand l'événement n'arrive pas, ça se trouve de toute l'année, il y aura pas d'accident, il n'empêche que elles doivent travailler avec cette idée que peut-être ça va arriver et du coup ça ça laisse leurs arbitrages et ça ça crée une pression constante sur le sujet.
Ça laisse leurs leurs arbitrages. Est-ce que ça ça pèse sur vos décisions ? Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un coût émotionnel mais aussi physique ?
D'ailleurs dans la BD, enfin bien tout le monde il parle de de mal de dos et on figure très bien ce que ça va être parce que voilà, soulever un adolescent qui fait une crise, c'est pas facile. Donc un confort physique mais aussi moral. Alors pour revenir un petit peu sur je vais répondre à votre question au mieux que je pourrais mais je mettez-vous en face tranquillement pour revenir sur le justement pour mal de dos enfin on a parlé de la de la toilette intime d'un enfant en élémentaire.
Imaginez en dans dans le secondaire quand un élève est est surtouteil roulant et que l'établ bâti n'est pas n'est pas fait n'est pas adapté. C'est-à-dire que la collègue qui peut être plus légère que l'élève qu'elle accompagne doit déplacer l'élève du siège à son fauteuil qui que rien n'est que le bâti n'est pas n'est pas prêt. Donc effectivement ça enlève ça ça provoque des troubles musculosquelettiques.
Ça problème ça provoque des personnes qui se qui finissent en en inaptitude physique et fonctionnelle à un moment donné de leur vie. Donc le tant que le bâti le bâti n'est pas prêt, l'accessibilité dans les établissements scolaires, c'est au moment des élections. Là, on a une rampe, tout le monde a une rampe, tout le monde peut décéder.
Quand les élections disparaissent, on a plus de rampe. Donc comme on disait tout été dit tout à l'heure, c'est l'investissement. Il faut investir dans l'école pour que pour que on veut pas on veut parler d'une école inclusive.
L'école inclusive, c'est aussi que l' c'est pas seulement des humains qui essaient de d'accompagner l'aut que l'environnement s'adapte. Et l'environnement, c'est certes les humains parce que nous fait partie de l'environnement aussi, mais c'est aussi le le le concret du matériel, des livres adaptés parce qu'en fait les les manuels scolaires euh pour les dyslexiques notamment, ça fait quand même à un moment donné, il faut peut-être que le le l'institution produise des manuels pour et pour pour faciliter le travail des enseignants et pour et le nôtre en même temps aussi. Euh tout ça c'est des euh l'environnement il va pas se il on c'est c'est une politique qu'il faut avoir en fait.
C'est une volonté politique être mise en place. Il suffit pas de nous faire des beaux discours. Euh on veut euh on est pour l'école inclusive.
Euh voilà, on a on Ah oui, puis on embauche tant de personnes. Oui oui oui, les élèves sont accompagnés. Mais en fait non, les élèves sont pas accompagnés puisque comme a dit monsieur Toulmet euh on je pas me tromper, [rires] on a depuis les pial on a quand même on a la la mise a 30 et les élèves sont pas accompagnés en fonction de de leurs besoins, ce qui était le slogan de base de ce cher monsieur Blanquer. avec nous en fait.
Bah et puis puis ça poursuit ça se poursuit et après ah non avant non parce queavant non on a toujours été maltraité mais au niveau dès en 2019 là ça a été la dégringolade et ça poursuit parce queon a pas encore parlé mais quelque chose qui arrive et qui s'appelle le le pôle d'appui à la scolarité et là en fait dans le cadre de la loi de l'école de la confiance rien que l'intitulé de la loi c'est joli. Euh le il est pas là pour vous répondre on a compris qu'il y a une forte opposition. Non non, c'est pas ce que je veux dire parce que là dans le on est circonscrit dans euh on a on est accompagnant d'élèves au studi handicap.
D'accord ? C'est dans l'intitulé de notre poste et dans cette loi c'est aussi ça. Là maintenant euh on la la loi qui arrive, on devra accompagner tous les élèves à besoins éducatifs particuliers dont les élèves aussi handicap.
Mais ça veut dire qu'on va dans les élèves à besoins particulier. Il y a les enfants du voyage, il y a les enfants euh qui sont euh hallophones, il y a les enfants qui euh qui sont euh qui sont sour enfin qui sont euh 10 dis praxiques qui ont des troubles des troubles cognitifs. Il y a une il y a une il y a il y a une grande liste d'élèves et et en fait ben on continue à pas être formé et on va nous donner encore plus de tâches.
Effectivement, il y aura une charge mentale. La charge mentale est déjà forte mais là elle va être elle va encore plus parce qu'en fait comme effectivement il s'appuie sur notre dévouement dont on a parlé tout à l'heure enfin dévouement moi c'est mot qui m'insupporte parce que j'ai pas envie de travailler sur avec du dévouement. J'ai envie de travailler j'ai envie qu'on me qu'on me respecte dans mon travail et qu'on me donne les moyens de travailler et donc là c'est et je voulais aussi parler du lexique parce que le lexique là ce matin encore j'étais dans une école et la quelqu'un m'a dit "Oui mais mon enfant enfin je veux que mon enfant soit normal." Donc déjà, j'ai dit ben non, en fait on va peut-être pas parler de normalité.
La normalité, elle se elle s'arrête où ? Elle commence où ? Enfin, les élèves ont les enfants ont des ont des besoins différents et on est tous différents mais à degré moindre.
Et donc dans le dans au sein de l'institution, on a encore des personnes qui parlent de normalité, donc il y a encore du travail. Mais mais [rires] peut-être parce que l'école est une institution normative dans euh ça sa sa structuration euh sa philosophie presque cette école où l'enfant euh et puis l'adolescent euh sont avant tout des élèves et et c'est ce qui et il manque il manque il manque sensibilisation il y a un manque de sensibilisation au sein des établissements sur les citoyens de handicap et que et c'est ce qui met cette normativité peut-être les les élèves en situation de handicap, porteur de handicap parce que là aussi a un point de vocabulaire ou handicaper tout simplement euh en porte à fau avec ce qu'on attend d'un élève idéal idéal que peu d'enfants et d'adolescents atteignent par ailleurs. Combien vous êtes payé ? [rires] Je sais pas si vous voulez répondre pour vous Myiam Somil mais voilà il y a une question de salaire tout simplement et j'aimerais qu'on en parle carrément.
Alors, on est payé au smic horaire déjà, sauf que on n pas de on on peut pas faire un temps complet. Ça c'est très compliqué au fait. Et euh pareil par rapport au prim par exemple au prime REP, rep tout ça euh on y a eu accès donc éducation prioritaire.
Oui, on a des primes quand on est professeur dans l'éducation prou. Mais avant enfin ça fait quoi ? 2 ans 3 ans qu'on a les primes 2023.
Voilà, c'est très récent en fait. Enfin, je parle de prime, c'est 80 € c'est pas [rires] Alors que on est des fois dans des quartiers qui sont compliqués ou avec un public enfin je vais pas m'étaler à ce sujet mais voilà si on est dans un dans un dans un établissement REA, c'est pour une raison. Donc on est vraiment payé au camp de goutte, voilà au SM horaire hein.
Sachant que beaucoup de mes collègues cumulent deux de travail enfin de de métiers pour pouvoir subvenir à leur par exemple Frédéric Grima, il y a le fait de de faire des faire les cantines parce que c'est comme ça qu'on dit dans la vraie vie mais de de d'accompagner le temps mais la pause méridienne. Moi aussi hein, je peux parler en vocabulaire éducation nationale. Donc de d'accompagner pendant la pause méridienne, d'accompagner les heures au collège, ça peut être l'aide au devoir, ça peut être aussi carrément aller dans les familles pour s'occuper des enfants.
Et là, c'est encore autre chose parce que si on fait juste les heures que donne l'éducation nationale, on est sous le seuil de pauvreté. Je pense que ça ça peut être assez frappant pour les auditeurs Frédéric Grimeau. Oui, tout à fait.
Et on et on peut aussi se se dire entre nous qu'on peut indexer euh la reconnaissance qu'on accorde à un métier et à son importance dans la société aussi au salaire qu'on lui accorde notamment dans dans la fonction publique. Donc là on a effectivement des les sujets que j'avais euh comme AH donc les collègues avec lesquels j'ai j'ai fait j'ai mené la recherche scumule souvent deux emplois voir peut-être plus hein. Il y en a même qui me disaient que le matin elles faisaient le marché euh elles aidaient par exemple leur mari à installer le le marché pour après venir à l'école.
Après, il y a la cantine entre midi effectivement, mais vous voyez bien que on rajoute aussi de la fatigabilité à l'individu parce que faire une journée entière sans pause, hein, parce que c'est ça qui qui se passe dans les dans les faits en réalité, c'est énorme en fait. C'est énorme et à la fin de la journée, vous êtes pas dans le même état que que le matin. Donc moi cette question là de de se dire on a on on des nouvelles règles d'organisation du travail leur permettent de de d'avoir un meilleur salaire en en se rajoutant du temps de travail.
Ça pose cette question de la fatigabilité et surtout ça pose la la question de l'invisibilisation totale de tout le travail qui a amené en dehors de la présence des élèves hein comme comme le font les enseignants qui pourrai être du travail pour pouvoir euh bien se former déjà euh pouvoir euh accorder ses violents avec les enseignants dans dans le cadre d'un travail à deux. Tout ça ça demande ça demande du temps en réalité. Vous voyez préparer une équipe de suivi, participer à l'écriture du Gasco et cetera.
Tout ça c'est du temps invisibilisé en fait. Et euh et ça à mon avis c'est c'est un vrai souci pour elle. Je sais pas ce qu'elles en pensent là mais moi pour moi euh dire bon mais c'est super maintenant elles peuvent faire la cantine et elles peuvent rester le soir faire l'aide au devoir si vous voulez.
Euh c'est un peu une économie de la misère quand même. Par contre, moi je je j'ai ça n'a jamais été j'ai jamais été dans cette situation de devoir changer un élève ou vraiment pas. Mais je tiens mon chapeau à ses collègues qui font qui font ça parce que c'est quand même c'est un métier à part ça.
C'est moi je sais que j'ai une collègue qui a dû changer la traquéo d'un élève alors qu'elle n'avait aucune formation. Mais là, on est carrément dans un geste médical assez médicat. Mais c'est d'une violence déjà pour l'enfant et pour la collègue qui euh sachant il y a des gens que qui voient une goutte de sang en tombe dans les pommes.
Alors ça ça devrait être deux métiers à part parce qu'il y a des adsèmes. Déjà dans les écoles primaires par exemple. plus maternel pour le coup plus maternel par rapport au il y a il y a beaucoup de enfin en fait ce qu'il faut avoir à l'esprit aussi c'est que les instituts spécialisés ferment de plus en plus donc il y a moins de place pour le recevoir les élèves.
Donc ces élèves arrivent en en dispositif Uliss et les élèves qui sont destinés aux 1 2 3 soleil au dispositif Ulis arrivent en classe ordinaire ce qui fait que l'école explose. Donc les donc on a beaucoup d'élèves qui sont médicamentés qui le prennent ou qui le prennent pas. Il y a des élèves qui ont besoin de soins, de soins vraiment.
Euh et en fait notre forme, si dans notre axe de travail aide au geste de la vie quotidienne, il y a pas écrit soin apporter des soins. Donc en fait il y a il y a là il y a on est en train de de faire en sorte que euh qu'on devienne des soignantes. En fait c'est pas tout à fait ça le travail.
Ça devrait être un métier à part en fait les soins. Ça devrait être fait par quelqu'un et peut-être une question plus porté davantage porté dans le champ politique. On aura pas le temps de tout dire et c'est fou on pourrait rester 3h ensemble. [rires] C'est dommage mais on a on a qu'une heure.
Fabien Toulmet dernière question cette BD si formidable. Je pense qu'elle a dû être lue par pas mal d'Ash et je vous remercie parce que vous en avez apporté deux pour celles qui sont avec nous aujourd'hui. On l' BD, il faut la lire et la diffuser.
Merci de nous dire quel retour quel retour vous avez eu peut-être des AASH mais aussi des parents, des élèves. Euh j'ai eu euh beaucoup de retours qui signalaient le côté euh très réaliste, même si j'ai compris euh au fur à mesure des rencontres et des discussions que chaque euh dispositif Uliss avait ses propres fonctionnements avec peut-être des répartitions de jeunes avec des spécificités, choses qu'il n'y avait pas dans l'Ulis où j'étais. Et d'ailleurs, je vais ouvrir une petite bulle de positivité au milieu de tout ça, c'est que en allant en Ulisse, je m'attendais à quelque chose que j'avais ressenti à travers le parcours de ma fille qui était pas un parcours très évident.
Et en fait, en allant dans l'Ulis où j'étais donc dans le collège Allié Nordquitain à Bordeaux, euh on reconnaît Bordeaux ? J'ai j'ai reconnu un bar. Ouais.
Bah, ça veut dire que j'ai pas trop mal dessiné. Je suis plutôt content. Et en fait, j'ai trouvé vraiment un endroit bah super, c'est-à-dire avec une équipe au top.
Donc je pense à Nathalie, Arnaud et pour le coup, il y avait des AH hommes, donc Arnaud, Jean et cetera et et moi j'aurais adoré que Julia soit dans cette Ulisse parce que il y avait quelque chose de il y a quelque chose de voilà Julien ma fille pardon de de très touchant dans le fonctionnement, dans l'attention apportée à chacun. Il y a effectivement des situations compliquées. On parlait de de peut-être de violence là, il y a pas longtemps, il y a des violences subies par notamment par ma femme du fait d'un d'un des élèves un peu avec des problématiques de de de difficultés de conten de ces crises et cetera.
Mais je trouvais quelque chose voilà je je fais dire à un moment à Yvan quand il arrive au collège un petit peu une réflexion que j'ai eu, c'est que ça fait petite classe d'école de campagne au milieu d'un grand bâtiment d'aspect un peu rude. Voilà quelque chose en même temps de très doux, de très spontané, de très attachant. Euh et je suis très admiratif des gens qui font ce métier et vous deux notamment.
Et c'est pour ça qu'on voulait vous donner la parole aujourd'hui. Merci beaucoup à tous les trois, tous les quatre. Euh Frédéric Grimeau, je rappelle euh le titre de votre ouvrage.
Est-ce que vous voulez le rappeler parce que j'ai perdu ma feuille ? Oui, ça s'appelle AESH, un vrai métier. C'est aux éditions Sylpse.
Voilà, en fait, c'est parce que l'ouvrage était ouvert devant moi. Merci encore. Merci à Avril Ventura qui accompagne la préparation de cette émission et heureusement que tu es là. avril François Richer qui réalise et je continue à voir un problème de feuilles mais c'est Paul Guig à la technique aujourd'hui.
J'ai pas vraiment le temps pour parler du livre sur l'architecture dont je voulais vous parler. l'architecte. C'est toi et je vous en parlerai la semaine prochaine puisqu'on se retrouve à 14h sur France Culture.
Jean-Pierre Bataille