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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 11 février 2025 24 min

Loi Handicap : "Le bilan n'est pas excellent mais il y a des choses qui ont été faites", estime Catherine Vautrin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Questions et réactions amis auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Catherine Votrin, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand. Bonjour, Léa Salamé. Et bienvenue sur Inter. Vous êtes donc à la tête d'un véritable paquebot ministériel, emploi, travail, santé, handicap. Et on va justement commencer par ça. On avait pu croire après le succès des Jeux Paralympiques qu'il y aurait un avant et un après dans l'inclusion des personnes en situation de handicap.

Mais à en croire les associations et leurs représentants, ce n'est pas du tout le cas. En cette semaine où l'on commémore le 20e anniversaire de la loi handicap, une manifestation avait lieu hier, place de la République, pour dénoncer l'application insatisfaisante de cette loi. Michael Jérémias, le champion de tennis fauteuil, a alerté, je le cite, « Aujourd'hui, 80 000 enfants ne peuvent pas être scolarisés. L'accès au logement est un parcours du combattant. Rien ne nous laisse penser que cela va changer. Les gouvernements de droite comme de gauche ont délaissé le sujet. » Vous entendez sa colère ?

1:28
Catherine Vautrin

Bien sûr que j'entends sa colère parce que, vous venez de le dire, nous sommes aux 20 ans de la loi voulue par le président Chirac. On se souvient la philosophie de cette loi, c'était de l'inclusion aussi bien dans la vie personnelle que dans la vie professionnelle. Alors, le bilan n'est pas excellent, mais il faut quand même reconnaître qu'il y a des choses qui ont été faites. Aujourd'hui, nous avons 520 000 enfants qui sont scolarisés. On a augmenté par 4 le nombre d'enfants scolarisés. Il reste 80 000 enfants qui ne sont pas scolarisés, même la ministre. 80 000 enfants, c'est beaucoup. Je suis d'accord avec vous, mais on a multiplié par 4, il faut quand même le regarder.

Et si je prends l'enseignement supérieur, qui est un énorme sujet, on a multiplié par 9, on partait de très bas. Je ne vais pas vous dire le contraire. On a, au moment où je vous parle, 64 500 étudiants qui sont des étudiants porteurs d'un handicap. Vous l'avez vu, la semaine dernière, on a travaillé sur un autre sujet. Le président de la République s'était engagé. On en parlait beaucoup, c'est fait. C'est la prise en charge du fauteuil roulant. Ça peut paraître un détail, c'est majeur, parce que c'est un outil d'autonomie absolument indispensable. Et je veux rendre hommage aux différentes ministres qui ont travaillé, Fadila Khatabi, Charlotte Parmentier-Lecoq, qui se sont engagés.

Et je dois dire que, et vous faisiez allusion au champion de tennis fauteuil, à la suite des JO, ça a été un élément important, puisqu'on a pris en charge le fauteuil roulant des sportifs, ce qui n'était pas forcément un cri...

2:51
Présentateur

Donc ça, ce sera, le fauteuil roulant, ce sera en décembre prochain, sûr, parce que

2:55
Catherine Vautrin

ça fait deux ans qu'Emmanuel Macron le promet. Non, mais non seulement c'est fait, mais les budgets sont là, puisque vous le savez très bien, il y a les annonces et les budgets. Et le sujet, je suis quelqu'un de très concret, c'est que les budgets sont là, les fauteuils vont être pris en compte, avec un élément très important, c'est qu'il n'y a pas que le fauteuil, il y a ce qui va autour, notamment les coussins et tous les équipements. C'est un sujet extrêmement important qui nécessitait qu'on prenne du temps, et c'est pour cela que j'insiste sur le sujet.

3:19
Présentateur

Catherine Vautrin, la loi de 2005 visait notamment à rendre les lieux publics et les transports accessibles dans un délai de dix ans. On est vingt ans après. Aujourd'hui, cette accessibilité des lieux publics et des transports aux personnes handicapées est-elle satisfaisante ? A vos yeux, le métro parisien, par exemple, est toujours complètement inaccessible, ou presque. Par rapport à d'autres villes européennes, on est aussi très en retard.

3:46
Catherine Vautrin

Alors, je peux dire sur le sujet qu'autant il y a un effort des gares, et on a aujourd'hui des gares qui sont beaucoup plus accessibles. On a en province des travaux qui ont été faits sur les transports publics, avec notamment, il y a deux enjeux dont il faut qu'on parle. Le premier, c'est celui des transports adaptés. Le deuxième, c'est comment on permet que les transports soient accessibles à chacun. C'est notamment un sujet très concret de quai. Dans ma ville de Reims, nous avons travaillé sur tous les quais des bus.

Le but de la manœuvre, c'est qu'un maximum de gens puissent prendre le tram, comme tout le monde, le bus, comme tout le monde, parce que ma lecture de l'inclusion, c'est celle-ci. C'est-à-dire la vie la plus inclusive possible. Je prends le point et je donne acte sur le fait que sur le métro, il y a encore effectivement énormément de travail à mener, puisque la plupart des stations ne sont pas accessibles que par effectivement des escaliers.

4:40
Présentateur

Vous avez raison, c'est un sujet sur lequel il faut continuer à travailler. Et sur lequel ça coûte très cher, on le sait. C'est compliqué, bien sûr. Valérie Pécresse a essayé d'impulser les choses. Elle dit que l'État et que la ville de Paris ne suivent pas.

4:52
Catherine Vautrin

Il y a un sujet de l'ensemble des partenaires et Valérie Pécresse a raison. Alors après, la question, c'est qu'est-ce qu'on est capable de mettre en parallèle pour qu'il puisse y avoir effectivement des transports. Parce que ce n'est pas parce que le métro n'est pas accessible qu'il ne doit pas y avoir d'autres transports. On ne peut pas dire attendez que le métro soit accessible. Je pense que c'est aussi ça ce dont il faut que nous parlions.

5:09
Présentateur

Et puis même Mickaël Jérémiaz raconte très bien que l'État ne peut pas tout. C'est aussi un changement de regard des Français. Mais clairement, de chaque Français. De chaque Français. Et il l'explique très bien quand il dit. J'en ai marre qu'on me regarde avec un air en me disant bon courage quand je sors du taxi. C'est aussi à nous d'apprendre à changer notre regard sur le handicap.

5:28
Catherine Vautrin

Mais vous avez tellement raison. C'est le sujet de l'inclusion dans l'entreprise. Aujourd'hui, vous savez que le taux normalement est de 6%. Aujourd'hui, la fonction publique est à 5,6%. Les entreprises ne sont pas toutes à 6%. Et pour autant, c'est un enjeu de société que d'être en capacité d'avoir des postes adaptés qui permettent. Et la vraie autonomie, la vraie inclusion, c'est celle par le travail. Et donc la capacité à pouvoir accéder à un emploi quelle que soit sa situation. Et on rappelle qu'il y a 12 millions de personnes qui sont en situation. La situation de handicap en France, 12 millions, c'est colossal.

Et un taux de chômage des personnes handicapées qui est encore à 12%, il a baissé de 6%. Mais je rappelle qu'il est pratiquement plus de 4 points au-dessus du taux de chômage français.

6:13
Présentateur

On va parler du taux de chômage français parce qu'il y a des chiffres qui viennent de tomber à l'instant. Mais juste une question encore, parce que vous avez tellement de choses dans votre portefeuille. C'est vrai qu'on va passer un peu du coq à l'âne ce matin, mais c'est ainsi, c'est à cause de vous, de votre très gros portefeuille.

6:23
Catherine Vautrin

Je fais ce que le Premier ministre et le Président de la République me demandent de faire.

6:26
Présentateur

La réforme du congé parental qui avait été annoncée par Auro Berger... On a un problème dans les casques. Non, c'est moi qui ai fait l'erreur. Qui était attendue, le congé parental, cette réforme attendue par les associations, préconisée par la Cour des comptes, annoncée par Auro Berger. On en est où ?

6:45
Catherine Vautrin

Alors, on va regarder le sujet d'une façon un peu plus large, si vous me le permettez, parce que, pour moi, l'énorme sujet français, c'est celui du virage démographique. Et c'est le sujet et le fil rouge de mon portefeuille. Pourquoi ? Parce qu'au moment où nous nous parlons, tous les jours, vous avez 2000 personnes qui fêtent leurs 60 ans. Dans la même journée, vous avez 1800 naissances. Donc, vous voyez bien le décalage entre le nombre de nouveaux-nés et le nombre de personnes seniors. Et notre pays, on le voit, est quasi un croisement de courbe entre les décès et les naissances. Nous avons donc un énorme sujet démographique.

Ce sujet démographique, il faut évidemment le travailler à tous les stades. Et le premier, c'est celui du nombre de naissances qui baisse tous les ans. Il baisse pour plusieurs raisons. Il y a d'un côté le sujet de l'infertilité. J'étais à l'hôpital Tenon, pas plus tard que vendredi, sur ce sujet. C'est un enjeu majeur. On a un taux d'infertilité beaucoup plus important. Nous avons également tous ces sujets qui sont ceux des modes de garde, d'une part, et d'autre part, de la capacité à choisir si, dans un couple, l'un des deux a envie de garder son enfant. Du coup, le congé parental... J'atterris, j'atterris. Et vous essayez de nous noyer pour ne pas répondre. C'est bien fait.

Je ne vous noie absolument pas. Je vous donne l'élément de contexte parce qu'il me paraît extrêmement important de mobiliser les Français sur le sujet du virage démographique. Et donc, nous allons reprendre le sujet du congé de naissance, comme nous allons travailler sur les modes de garde. Et d'ailleurs, demain, au Conseil des ministres, nous annoncerons la création du Haut-Commissaire à l'enfance. Pardon, le Conseil est jeudi. Au Conseil de jeudi. Et je pense que le Haut-Commissaire sera nommé d'ici la fin de l'année. Donc, vous ne l'appelez plus congé parental ? C'est-à-dire, ce qu'a fait l'Espagne, par exemple, on ne fera pas ?

Je ne l'appelle pas du tout parce qu'à ce stade, le nom n'est pas... Donc, reprenons le congé de naissance, si vous voulez, mais c'est le principe...

8:34
Présentateur

Parce que c'est Aurore Berger qui l'avait annoncé.

8:36
Catherine Vautrin

Avec toute l'amitié que j'ai pour Aurore Berger, le sujet, c'est qu'on arrive effectivement à mettre en place cette capacité pour les parents qui le souhaitent, de garder, de rester avec l'enfant à la maison. Et je précise bien parents parce que ça peut être père comme mère.

8:49
Présentateur

Alors, venons-en à ce que vous avez réussi à faire. En l'occurrence, adopter la partie recette du budget de la Sécurité sociale. Après le rejet sans surprise d'une nouvelle motion de censure des Insoumis. Motion que les socialistes n'ont pas votée. En revanche, pour les économies, il faudra attendre. Michel Barnier espérait ramener le déficit de la Sécu à 16 milliards cette année. Avec François Bayrou, il s'élèvera à 23, ce qui est colossal. C'était impossible de faire plus d'économies, sinon ça ne passait pas ? Vous avez cédé sur tout, Catherine Vautrin ?

9:26
Catherine Vautrin

Alors d'abord, on ne cède sur rien, on échange les uns avec les autres.

9:30
Présentateur

On échange avec 6 milliards de plus.

9:32
Catherine Vautrin

Attendez, on va se poser tranquillement. D'abord, on va remercier celles et ceux qui ont accepté de venir nous voir. Parce que ce qui était important, j'ai reçu une quinzaine de groupes, assemblées, Sénat. Et moi, je veux saluer le travail qui a été mené avec l'ensemble des partenaires. Premier point. Donc les socialistes. Les socialistes, pour les citer tout à fait concrètement. Mais j'ai reçu tous les groupes qui ont accepté de venir. Donc en résumé, les seuls qui ne sont pas venus, c'était les filles, pour faire court et clair. Une fois qu'on s'est dit ça, je me permets de vous rappeler qu'aujourd'hui, nous sommes le 11 février.

Et que nous venons simplement d'adopter la partie recette du projet de loi de finances. Il ne vous a pas échappé que la censure de Michel Barnier, c'était début décembre. Et qu'entre-temps, les hôpitaux ont continué à tourner, les maisons accueillant des personnes âgées, des personnes handicapées ont continué à tourner. Et qu'en d'autres termes, la vie a continué sans aucune économie. Et qu'en d'autres termes, si nous n'avions pas voté le projet de loi de finances, qui n'est pas totalement voté, il reste la partie dépenses, nous serions à 30 milliards de déficit. Parce que les économies prévues ne sont pas entrées en vigueur, puisque le projet de loi de finances n'est pas voté.

Donc déjà, il y a ce premier élément, je tiens à insister là-dessus. Deuxième élément maintenant, nous avons effectivement mis un milliard de plus sur les hôpitaux. Et vous auriez été les premiers à me dire, mais Catherine Vautrin, le budget des hôpitaux est en déficit, votre budget n'est pas sincère. Et donc l'idée, ça a été aussi de permettre à nos hôpitaux de tourner, ce qui est un enjeu absolument majeur. Même chose pour les établissements accueillant des personnes âgées, qui aujourd'hui ont des situations financières compliquées, et pour lesquelles il fallait apporter des réponses.

11:02
Présentateur

Mais les économies, ça attendra plus tard. C'est ce que vous nous dites clairement. Ce que je veux dire, c'est que la non-indexation des retraites prévues par Barnier a disparu, les hausses du ticket modérateur ont disparu, les jours de carence supplémentaires pour les fonctionnaires, c'est-à-dire tout ce qui était annoncé par le gouvernement précédent pour tenter de faire baisser ce déficit, qui est quand même à 23 milliards, ce qui est colossal, vous avez préféré le laisser pour plus tard.

11:23
Catherine Vautrin

Non, pas le laisser pour plus tard. Le sujet était que nous étions à un moment où nous avions besoin de faire fonctionner notre pays, les hôpitaux, les maisons de retraite. D'un autre côté, nous avons à travailler avec l'ensemble des Français. Travailler avec l'ensemble des Français, c'est effectivement s'engager, notamment, je prends un exemple très simple, sur la prévention. 80% des gens qui, aujourd'hui, ont été cet hiver dans les services de réanimation avec des complications pour la grippe, étaient des gens bénéficiaires d'une vaccination gratuite de la grippe et n'étaient pas allés se faire vacciner. Donc, on a une responsabilisation de l'ensemble de nos citoyens.

Les économies, ça passe aussi par la responsabilité de chacun.

12:01
Présentateur

Allez, les négociations, elles se poursuivent avec les partenaires sociaux pour modifier la réforme des retraites d'Elisabeth Borne. La CFDT dit que la première priorité est d'obtenir un bouger sur l'âge légal. Le MEDEF n'en veut pas. Pourra-t-il, selon vous, Catherine Vautrin, y avoir un accord où vous jouez la pendule, en sachant qu'il n'y en aura pas ?

12:25
Catherine Vautrin

Alors, déjà, on va se dire qu'on va attendre d'avoir, le 19 février, le retour de la Cour des comptes avec l'ensemble de la situation des retraites, puisque l'idée du Premier ministre a été de dire, à juste titre, nous avons besoin d'un constat partagé sur les chiffres, d'ailleurs privés comme public, de façon à ce que les Français mesurent ce qu'est ce déficit des retraites, parce que c'est juste le cadeau que, pour l'instant, nous laissons à nos enfants, ce qui est quand même très compliqué. Secondement, M. Marrette va réunir les partenaires sociaux dans un groupe de travail qui va se réunir régulièrement, et on va les laisser travailler.

Et je ne vais pas, ce matin, commencer à dire, vous devez faire ceci ou cela. Laissons-les travailler. L'âge légal, ça peut bouger. Laissons l'ensemble des partenaires sociaux faire des propositions, ce qui est certain, et on le voit bien. Vous venez de me parler de situation d'économie. Vous avez quand même, en Europe, prenez récemment le Danemark, de nombreux pays qui considèrent qu'à partir du moment où on vit plus longtemps, il n'est pas complètement ridicule de pouvoir cotiser. Après, il y a toute... C'est-à-dire que vous êtes favorable à la retraite par capitalisation ? Il faut ouvrir le sujet.

Mais vous savez, la capitalisation, il faut qu'on arrête de donner l'impression que c'est réservé à des très riches dans la fonction publique. Vous avez quelque chose qui s'appelle le préfond. Et vous avez de très nombreux agents de la fonction publique qui mettent 50 euros par mois pour se constituer un petit capital. C'est ça aussi. Mais en aucun cas, et je crois, pardonnez-moi, mais c'est très important, on ne peut pas dire qu'on va passer de répartition à capitalisation. Je crois qu'il faut arrêter de faire peur aux Français. Mais vous êtes pour une dose de capitalisation. Je suis pour dire à chacun que nous savons tout le...

Je prends le professeur Vélas, président de la Société Mondiale de Gériatrie, qui met en avant le fait qu'aujourd'hui, à 70 ans, vous êtes dans l'état de santé de quelqu'un de 60 ans il y a 10 ans. On va vivre plus longtemps. Il faut qu'on s'organise pour vivre dans les meilleures conditions possibles.

14:15
Présentateur

Catherine Votrin, Michel Barnier avait fait de la santé mentale la grande cause nationale de son mandat. Où ça en est ? C'est toujours le cas ?

14:21
Catherine Vautrin

Alors, François Béroux a décidé qu'effectivement, nous puissions reprendre ce sujet de la santé mentale. Donc, ça fait partie des dossiers que nous allons ouvrir. C'est toujours la grande cause nationale ? C'est toujours une cause pour 25.

14:33
Présentateur

Sur l'endométriose, on souffre près de 2 millions de Françaises. Vous avez annoncé hier une phase de thèse, 2500 tests en pharmacie à partir d'aujourd'hui. Ils sont censés être fiables à 97%. Combien de temps va durer cette phase de test ? Et à quelle date pensez-vous généraliser le dispositif ?

14:54
Catherine Vautrin

Alors, typiquement, Z-Wix, c'est une des déclinaisons de l'intelligence artificielle. Donc, c'est ce qu'on appelle un test clinique. Donc, 2500 femmes qui vont pouvoir en bénéficier sur prescription de leur gynécologue. Ça veut dire trois consultations, le test, le résultat du test et le suivi médical. Je rappelle qu'on met fin avec ce test à 7 ans en moyenne d'errance médicale. Nous parlions d'infertilité. C'est un des éléments qui rend certaines grossesses compliquées. Là, l'objectif, c'est très concrètement que ces 2500 tests soient réalisés. Qu'ensuite, l'agence de santé donne son avis définitif pour qu'ensuite les femmes puissent être remboursées.

Donc, c'est le temps de faire les 2500 tests. Ça peut aller très vite, tu égars au nombre de femmes concernées par le sujet.

15:35
Présentateur

Vous nous avez parlé du vaccin contre la grippe. Santé publique France fait état de la faible efficacité de ce vaccin chez les 65 ans et plus pour cette saison. Pourquoi il ne marche pas ? Et comment on évite de se retrouver dans la même situation à l'hiver 26, c'est-à-dire l'année prochaine, de commander des vaccins qui marchent moyen ou pas ?

15:54
Catherine Vautrin

Alors déjà, vous le savez, c'est un travail de recherche qui est fait par les épidémiologistes. Et c'est à eux, en fonction des différents éléments qu'ils étudient, de nous trouver celui qui est le plus adapté. Maintenant, ce qu'il faut dire, c'est qu'on a 12 millions, pour être tout à fait concrète, on a 12 millions de Français vaccinés contre la grippe versus 68 millions de Français. Et qu'on le veuille ou non, on a quand même, avec les gens vaccinés, des épisodes beaucoup moins forts que quelqu'un qui n'est pas vacciné.

16:20
Présentateur

Pourquoi Santé et Public France dit que ce vaccin-là marche moins bien pour les plus de 65 ans ?

16:24
Catherine Vautrin

Parce que selon les années, et au début de la saison, ce n'est pas ce qui était dit. Au début de la saison, on nous disait que le vaccin répondait bien. Ils disent aussi que d'autres vaccins sont disponibles et qu'on ne les a pas choisis les autres. Alors, vous savez que les vaccins sont choisis avec les professionnels. Ce n'est pas le ministre qui choisit le vaccin, c'est les professionnels qui, en fonction des éléments épidémiologiques, font le choix. Et je laisse les professionnels responsables du choix qu'ils font parce que c'est un choix extrêmement scientifique. Par contre, il y a systématiquement tous les ans un retour d'expérience.

Je rappelle que la fin de l'expérience grippe, c'est le 28 février. On tirera évidemment toutes les conséquences de la façon dont le vaccin a été efficace ou pas pour les achats de l'année prochaine qui se font dès la fin du printemps, pour être concrète.

17:05
Présentateur

C'est aujourd'hui le Safer Internet Day, la journée mondiale de l'Internet sans crainte pour les enfants. En avril dernier, un rapport d'experts sur le rapport des enfants aux écrans avait été remis à Emmanuel Macron. Il préconisait notamment d'interdire l'usage des écrans au moins de 3 ans et des téléphones portables au moins de 11 ans. Vous avez une annonce à nous faire ce matin sur l'interdiction des écrans au moins de 3 ans. De quoi s'agit-il ?

17:35
Catherine Vautrin

Non, là ce que je fais ce matin, vous parlez du rapport des professeurs Benjamina et Mouton. Je vais à Robert Debray dans la foulée en vous quittant pour justement rencontrer l'ensemble des experts sur ces sujets. Parce qu'effectivement, il y a un travail à mener sur une potentielle interdiction pour les moins de 3 ans. Et sur ensuite un accord... Mais ça veut dire quoi ? Pardon ? Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?

17:59
Présentateur

Sachant qu'il y a des écrans partout, que leurs parents ont des écrans, que dans les lieux publics il y a des écrans...

18:05
Catherine Vautrin

C'est un exemple très simple, que dans les crèches il n'y a pas d'écran. Vous ne pouvez pas, évidemment, vous n'entrez pas dans l'intimité des gens. Par contre, vous pouvez très concrètement être dans les lieux publics dans lesquels il y a des enfants, éviter qu'il y ait des écrans. Quand on vous parle d'enfants confrontés à des écrans à 6 mois, tous les professionnels vous disent que c'est mauvais pour le développement de l'enfant. Alors, tout dépend évidemment du temps que vous y passez, mais il y a un sujet d'exposition des enfants dans les lieux publics. Très concrètement, c'est ça. Mais quand vous faites ça, vous informez l'ensemble de la population.

Quand on parle de prévention active, qu'est-ce que c'est la prévention active ? C'est de dire à un parent qui ne mesure pas forcément les conséquences de l'exposition longue aux écrans pour tel ou tel enfant. Eh bien là, l'idée, c'est de dire, voilà, en l'état actuel de la science, il nous semble qu'il y a un risque pour votre enfant de l'exposer trop longtemps.

19:04
Présentateur

On en vient au sujet sans doute le plus épineux de votre portefeuille, mais le plus attendu par les Français. À ce micro, en mars dernier, j'ai l'impression que c'était il y a mille ans. Mais non, c'était il y a moins d'années. C'était Gabriel Attal qui était Premier ministre. Vous nous présentiez les contours de la loi de fin de vie qui était voulue par Emmanuel Macron, annoncée ça fait quand même des années. Un an après, dissolution oblige, cette loi de fin de vie se fait toujours attendre et les malades en fin de vie l'attendent. Vous avez entendu Charles Bietry et sa lettre atteindre la maladie de Charcot qui vous dit j'aurais aimé en profiter.

Les jours passent et chaque jour me rapproche vers cette issue-là et je voudrais éviter le voyage en Suisse. Sa lettre est très poignante. Et maintenant, François Bayrou veut la scinder en deux, en deux textes. Soit un palliatif d'un côté, fin de vie de l'autre. La présidente de l'Assemblée nationale, Elbrun Pivet, qui fait partie de votre majorité, dit que c'est une grande erreur de scinder le texte.

19:58
Catherine Vautrin

Où ça en est ? Qu'est-ce que vous allez faire ? Déjà, vous ne pouvez pas me reprocher de ne pas avoir fait ce que j'ai dit. En d'autres termes, je suis bien allée devant l'Assemblée, je passais huit jours en commission, deux semaines dans l'hémicycle et nous avions voté l'article 5. Il restait, pour être extrêmement précis, 50 amendements avant le vote de l'article 6. Nous étions le vendredi 7 juin, dissolution le 9. D'où, effectivement, la fin du parcours. Et je rappelle pour les auditeurs, parce que ce n'est pas évident, que quand un texte n'a pas été voté et qu'il y a une dissolution, le texte tombe. Ça, c'est le premier point.

Deuxième point, j'avais pris un engagement, y compris à votre micro, sur les soins palliatifs, en disant que dans ce texte, il y avait deux éléments, soins palliatifs, fin de vie, et que sur soins palliatifs, je m'engageais à augmenter les crédits. Je l'ai fait, et dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale actuellement en discussion, il y a bien 100 millions de plus pour ouvrir 15 services de soins palliatifs. Je rappelle que dans notre pays, au moment où nous nous parlons, 22 départements n'ont pas de soins palliatifs. Et qu'on est très en retard par rapport à d'autres pays. L'objectif, c'est qu'en 25, nous en ayons 15 de plus.

Maintenant, sur le texte de loi, je souhaite pouvoir discuter ce texte de loi, je ne discutais pas plus tard qu'hier avec le ministre en charge des relations avec le Parlement, et normalement, nous devrions discuter ce texte avant la fin de la session ordinaire, c'est-à-dire avant le 30 juin prochain. Reste maintenant. Donc, pas scindé ? Reste deux questions, j'y arrive. Quel texte prenons-nous ? Puisque je vous rappelle qu'il y a un texte qui a été en partie discuté, qui a fait l'objet d'une proposition de loi qui a été déposée par l'ancien rapporteur général, M. Falorni. Vous avez, d'un autre côté, le projet de loi initial.

Au moment où je vous parle, effectivement, le Premier ministre souhaite deux textes. Ça n'est pas encore totalement arbitré, au moment où je vous parle. C'est-à-dire que l'Élysée ne souhaite pas deux textes, pour être clair ? L'Élysée est sur un seul texte. L'intérêt d'un seul texte, c'est que ça permet de prendre, d'un côté, les soins palliatifs et, en même temps, le côté fin de vie. Le Premier ministre est plutôt sur une discussion commune de deux textes différents. Et vous, qui avez évolué sur cette question ? Moi, ce que je pense, c'est que deux textes seront difficiles, dans le sens où un seul texte permet de voter sur un ensemble complet.

Deux textes, clairement, celles et ceux qui ne veulent pas de la fin de vie voteront contre ce texte. Il y a 162 nouveaux députés à l'Assemblée nationale. C'est un texte sur lequel il n'y a pas de discipline de groupe. J'ignore quelle sera la sortie de ce texte à la sortie de l'Assemblée nationale. Donc, à titre personnel, vous préfériez que le texte initial reste celui qui sera voté ? D'abord, il faut convaincre François Bayrou. Il faut convaincre François Bayrou. Il a le mérite de la clarté vis-à-vis de nos concitoyens.

22:33
Présentateur

Un mot sur le chômage qui est aussi dans votre portefeuille. Il a augmenté au quatrième trimestre 2024 de près de 4%. C'est la plus forte remontée depuis dix ans. Aujourd'hui, les chiffres de l'INSEE indiquent que le chômage est quasi stable. Ils ont été publiés tout à l'heure. Donc, le marché du travail n'est pas en train de se retourner. Vous voyez la stabilité ? Quelle analyse faites-vous ?

22:57
Catherine Vautrin

Moi, je suis très prudente. Et il y a un point qui m'interpelle pour être tout à fait concrète. C'est que le taux d'emploi, parce que c'est ça qu'il faut qu'on regarde. C'est-à-dire le nombre de gens qui sont en activité par rapport au nombre de gens de la tranche d'âge qui pourraient travailler. Parce que c'est ça qui nous intéresse. Le taux d'emploi des jeunes est en baisse. Et ça, c'est un sujet majeur. Parce qu'en France, aujourd'hui, nous avons deux sujets. Un taux d'emploi, un taux des seniors qui sont plus faibles que la moyenne européenne. Et ça, c'est un sujet très important. Nous avons, et on le sait, sur le territoire, un certain nombre de fermetures d'entreprises.

Et ce qui m'importe, et je voudrais souligner le travail qui est fait par France Travail, qui permet d'accompagner ces personnes pour maintenir leur employabilité et pour travailler à leur évolution professionnelle, c'est un sujet extrêmement important.

23:39
Présentateur

Allez, une toute dernière question. Popole, un peu, pour vous faire sourire. Gérald Darmanin a estimé dimanche qu'il faudra peut-être une primaire dans le camp Macron d'ici 2027. Si ça n'est pas évident de dire quel est le meilleur d'entre nous, eh bien, il faudra une primaire. Vous êtes d'accord avec lui ?

23:52
Catherine Vautrin

Écoutez, on a fait partie du même parti. On a vu à quoi mener les primaires. Donc, en ce qui me concerne, je ne suis vraiment pas une fanat de la primaire.

23:57
Présentateur

Vous êtes vacciné, c'est ça ?

23:59
Catherine Vautrin

C'est le cas de le dire. Et avec un vaccin qui, je crois, devrait marcher pour tout le monde. Vous n'êtes pas d'accord avec Gérald Darmanin ? Vous avez votre candidat pour 2027, vous ? Moi, vous savez, je suis au quotidien. On verra, de 27, c'est long. On va déjà passer 25. Essayez de faire toutes les réformes que j'ai la responsabilité de faire. Et restez au gouvernement, on s'en s'en suit.

24:17
Présentateur

Merci. Merci pour votre accueil. Merci Catherine Votrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.