Gilets jaunes : l'appel au calme de Macron - Les questions SMS #cdanslair 14.12.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse partielle
À quoi va ressembler l'acte V des Gilets jaunes ? Mobilisation d'envergure ou essoufflement certain ?
- 0:20FerméeRéponse directe
Nombreux ?
- 2:17OuverteÉludée
Alors, je suis Gilet jaune, contre la violence, mais pour le blocage total et mettre le pays à l'arrêt.
- 4:46OuverteRéponse directe
Y a-t-il assez de forces de l'ordre en France pour faire face à la conjoncture actuelle à Paris et ailleurs ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Les Gilets jaunes, par leur obstination, sont-ils en train de perdre la bataille de l'opinion au profit des forces de l'ordre ?
- 7:41OuverteRéponse directe
Les Gilets jaunes, ce sont des rencontres intergénérationnelles, du lien social. N'est-ce pas, finalement, cela l'essentiel et la force sur le livre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21InvitéFait
« Il y avait le climat d'un côté, en ordre familial, une manifestation familiale. »
- 0:21InvitéChiffre
« Je pense qu'ils étaient quand même 120 000, si mes souvenirs sont bons. »
- 1:34Invité politiqueFait
« Un, la semaine dernière, il y a eu les arrestations avant la manifestation. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Et pour beaucoup de ces gens-là, le fait de garde à vue derrière pour certains, c'est peut-être ne pas pouvoir retravailler le lundi ou le mardi. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Donc ça, ça va faire réfléchir aussi un certain nombre de personnes parce qu'il y a eu beaucoup d'interpellations et beaucoup de garde à vue par la suite. »
- 5:42Invité politiqueChiffre
« Si on s'en tient au chiffre seulement, on est presque au taquet. 89 000, la semaine dernière, policiers et gendarmes déployés sur la France entière. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« Récemment, à une échelle récente, c'est après le Bataclan, il y a eu jusqu'à 119 000 policiers et gendarmes déployés sur l'ensemble de la France. »
Temps de parole
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À quoi va ressembler l'acte V des Gilets jaunes ? Mobilisation d'envergure ou essoufflement certain ?
Ça peut être le même mouvement que la semaine dernière. C'est-à-dire que la semaine dernière, c'était très intéressant. Il y avait le climat d'un côté, en ordre familial, une manifestation familiale.
Nombreux ?
Assez nombreux, oui. Je pense qu'ils étaient quand même 120 000, si mes souvenirs sont bons. Mais c'était plutôt festif. Ça n'a pas duré très longtemps. Et à côté, partout dans les rues à Paris, il y avait des Gilets jaunes qui faisaient tout ce qu'ils voulaient, quand ils voulaient, comme ils voulaient. D'où les barricades la veille, effectivement, avenue des Champs-Élysées, d'où des blindés. C'était apocalyptique, Paris, la semaine dernière. C'était assez impressionnant. Demain, on peut avoir exactement la même chose. C'est un mouvement désorganisé. C'est un mouvement qui ne sait pas se structurer parce qu'il ne répond à aucune obligation légale.
Il est né comme ça, de réseaux sociaux, qui a en plus toujours des opportunistes et des casseurs. Mais j'ai envie de dire, même dans les manifestations classiques, on a toujours des casseurs. Et à la limite, c'est malheureusement ça qui va faire arrêter le mouvement. C'est ça qui est dramatique. C'est ça qui peut arrêter le mouvement si on ne rentre pas dans une dialogue et si on ne rentre pas dans une démocratie représentative. Il faut des représentants de ces Gilets jaunes. Ça s'organise dans l'Europe, il faut que ça s'organise en local.
Deux remarques qui pourraient expliquer peut-être demain une moindre mobilisation. Un, la semaine dernière, il y a eu les arrestations avant la manifestation. Et pour beaucoup de ces gens-là, le fait de garde à vue derrière pour certains, c'est peut-être ne pas pouvoir retravailler le lundi ou le mardi. Donc ça, ça va faire réfléchir aussi un certain nombre de personnes parce qu'il y a eu beaucoup d'interpellations et beaucoup de garde à vue par la suite. C'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'on voit, suivant les régions, ce matin par exemple sur le nord, les bus, les cars qui étaient affrétés, il y avait beaucoup moins de monde.
Et certains cars étaient annulés en vue de la manifestation de demain. Donc à suivre. Mais il y a quand même deux éléments qui peuvent aussi, qui pourraient expliquer peut-être une moindre mobilisation. Restons prudents.
Alors, je suis Gilet jaune, contre la violence, mais pour le blocage total et mettre le pays à l'arrêt.
– Super, comme ça, rien ne fonctionnera.
– Donc il y a des irréductibles.
– Voilà, il y aura des irréductibles. Après, c'est vrai qu'économiquement parlant, la France aura du mal à encaisser un mouvement trop violent.
– Oui, mais ça veut dire que cette personne n'a plus rien à perdre, estime qu'elle n'a plus rien à perdre. – C'est la difficulté. – Il faut renverser la table.
– Non, mais c'est la difficulté. Et on voit bien aussi que c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, ce mouvement a encore autant de sympathie, alors même qu'il y a eu 10 milliards d'euros de lâchés par le gouvernement, plusieurs propositions qui ont été faites, voilà, c'est tout ce qu'on a dit durant cette émission. La difficulté, puisqu'on parle de blocage, c'est aussi l'étranger, comment l'étranger nous regarde.
Parce qu'on parle des petits commerçants qui en ont ras-le-bol, mais les images des deux samedis précédents, et notamment du samedi dernier, où Paris est devenue une ville morte, où vous avez des blindés, si ces images-là, elles ont déjà entraîné des annulations en termes de tourisme, elles entraînent des annulations de la part d'un certain nombre d'investisseurs étrangers qui avaient trouvé que la France redevenait une terre accueillante pour un certain nombre d'investissements, des usines qui ouvrent, des localisations qui allaient se faire, aujourd'hui se disent, ben non, finalement, c'est pas si friendly, si sympathique de venir s'installer en France.
Si ce mouvement continue, et effectivement le même dispositif est prévu, que demain on a encore des images de blindés, des images de gaz lacrymogènes, des images d'exaction, de pillage, on peut se dire qu'il y aura un effet assez délétère à long terme, en termes au niveau international.
Mais vu de l'étranger, et vu des capitales voisines qui nous regardent, la conclusion, quand on lit la presse étrangère, c'est qu'au fond, Macron a raté le pari de transformer la France, et il est dans le sillage de ses prédécesseurs. Les articles sont très très sévères sur la France.
Il y a des incidences économiques, mais des incidences politiques, parce qu'une des réussites d'Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Elysée, c'était d'avoir trouvé une stature internationale. Et là, cette stature-là prend du plomb dans l'allée. Vous voyez le Conseil européen...
Avec l'ambition de changer l'Europe.
Avec l'ambition de changer l'Europe. Et là, vous voyez bien que le Conseil européen, il parle en plus de la politique intérieure, en appelant au calme.
Difficile ensuite de vouloir changer l'Europe, quand on n'arrive pas à gouverner son pays.
C'est une perte de crédibilité.
Y a-t-il assez de forces de l'ordre en France pour faire face à la conjoncture actuelle à Paris et ailleurs ? D'autant qu'on sait que certaines villes, comme Bordeaux, Toulouse, Saint-Etienne, se sont plaintes de ce que leurs forces de l'ordre n'étaient pas sur place, mais les étaient envoyées faire la police à Paris. Et ça recommence demain. C'était récemment.
Et ça recommence demain, parce que le support, l'organisation est la même. On a 8000 à Paris. Et donc, du coup, dans les villes de province, on va avoir autant que le même dispositif, exactement le même dispositif que la semaine dernière, ce qui fait qu'il y aura encore des mécontents. Espérons que, de toute façon, effectivement, cette nécessité de dialogue, elle soit entendue. Dialogue de proximité. Espérons que cette semaine, il y a déjà eu, sans qu'on le sache, du dialogue qui a été fait par les élus. Parce qu'il ne faut pas oublier, le monde continue de tourner. Les entreprises aussi continuent de tourner.
Si on s'en tient au chiffre seulement, on est presque au taquet. 89 000, la semaine dernière, policiers et gendarmes déployés sur la France entière. Récemment, à une échelle récente, c'est après le Bataclan, il y a eu jusqu'à 119 000 policiers et gendarmes déployés sur l'ensemble de la France. Donc, on voit qu'on est vraiment au maximum, avec des policiers qui le disent tous les jours, y compris sur ce plateau, et des gendarmes qui sont épuisés, puisque maintenant, ça fait quand même plusieurs semaines qu'ils sont mobilisés, et qu'ils le disent d'ailleurs. Ils le disent maintenant, arrêtez de manifester.
Les Gilets jaunes, par leur obstination, sont-ils en train de perdre la bataille de l'opinion au profit des forces de l'ordre ? Pascal Perrineau.
Il ne faut pas poser le problème comme ça. Les Français n'antagonisent pas entre un soutien qui irait aux forces de l'ordre et un soutien qui irait aux Gilets jaunes. Et même d'une certaine manière, je crois qu'il y a nombre de Français qui peuvent en même temps, tout à fait, avoir une sympathie ou un soutien vis-à-vis des Gilets jaunes et de certaines de leurs revendications, et considérer en effet que les forces de l'ordre font aussi bien qu'elles le peuvent leur métier. Donc, je ne crois pas qu'il faille antagoniser ces deux populations.
Simplement, on le voit bien, ce n'est pas la première fois que la France est soumise à de grands mouvements, comme ça, de revendications et de grands mouvements sociaux. En général, on en sort toujours par des accords. 1936, les accords Matignon, 1968, voilà, les accords de Grenelle. On en sort par des accords. Le problème, c'est que là, il faut bien sûr, et on le voit, c'est à l'œuvre chez les Gilets jaunes, que chez les Gilets jaunes, en effet, on trouve les interlocuteurs pour rentrer dans cette logique d'accords, de compromis, et ça peut être dur. Souvenons-nous, en 1968, les premiers accords sont rejetés par la base.
Et donc, les leaders syndicaux qui négociaient, ils retournent pour renégocier un nouvel accord.
Ils étaient divisés, les syndicats sont divisés.
Et là, c'est très difficile. Et là, il n'y a pas de leader qui émerge. C'est très difficile, parce que c'est un mouvement, comme on l'explique, de générations spontanées, c'est très difficile.
Les Gilets jaunes, ce sont des rencontres intergénérationnelles, du lien social. N'est-ce pas, finalement, cela l'essentiel et la force sur le livre ?
Derrière les chiffres, derrière les revendications, il y a essentiellement de l'humain. Et on voit, effectivement, de jolies histoires qui se tissent à l'occasion de cette mobilisation.
Et c'est un mouvement qui n'est pas lié sur les lieux de travail, mais sur les lieux de vie. Ce qui est la grande différence avec, sans doute, le syndicalisme.
Et bien voilà, c'est la fin de cette émission. Merci de l'avoir suivie. Elle sera rediffusée ce soir à 23h15. On se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air. Bonne soirée sur France 5. À suivre, c'est à vous.