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interviewLe Média (sur YouTube)· 21 octobre 2020 5 min

IBIS BATIGNOLLES : LE PERSONNEL EN LUTTE DÉNONCE LES MENSONGES DE LA DIRECTION

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je suis madame Kimissa Esper Sylvie. Je suis femme de chambre à l’Ibis des Batignolles. Je m’appelle Keke Raissa Rachel, gouvernante à l’hôtel Ibis les Batignolles.

Ca fait dix sept ans que je travaille dans ce service d’hôtel Ibis les Batignolles. Ce matin c’est à dire le mardi 20 octobre j’ai écouté monsieur Sébastien Bazin sur France Inter, je dirais que c’est une honte pour lui de négliger la lutte des femmes de chambre de l’hôtel Ibis les Batignolles. Je suis parfaitement au courant de la situation.

Encore une fois la société avec laquelle vous travaillez n'est pas la société Accor, elle s'appelle STN. Nous avons nous aujourd'hui deux tiers des femmes de chambre qui travaillent directement pour le groupe Accor, un tiers qui sont en sous-traitance dont l'Ibis Batignolles. On a essayé de trouver beaucoup de solutions, et je pense 98% ont été trouvées avec beaucoup de vos collègues puisqu'il y a à peine une douzaine de femmes de chambre sur les 60 qui sont aujourd'hui en grève, le reste n'est plus en grève.

C'est une honte. C'est une honte ça. On a été trois fois devant le groupe Accor pour pouvoir expliquer nos conditions de travail, pour pouvoir expliquer l’esclavagisme qu’on nous fait au sein de son établissement, il nous a jamais acceptées, il nous a jamais donné son accord pour nous recevoir.

Aujourd’hui Bazin ne peut pas venir dire du néant, ce qu’il ne maîtrise pas, ça c’est vraiment absurde c’est du manque de respect pour les femmes de chambre. Parce qu’aujourd’hui s’il dit que non sur 60 il n’y a que 12 qui sont grève nous ne sommes pas 60 je suis désolée monsieur le directeur, nous sommes 44 femmes de chambre qui travaillent à l’hôtel Ibis des Batignolles et nous sommes au moins la moitié des femmes de chambre qui font grève, ça c’est pas petit. La lutte des femmes de chambre de l’hôtel Ibis les batignolles c’est par rapport à nos conditions de travail.

Moi, ça fait dix sept ans que nous travaillons que nous avons connu quatre sous traitants et aujourd’hui si nous somme sorties du silence c’est parce que nous souffrons beaucoup dans l’hôtel Ibis les Batignolles avec la sous traitance. Nous somme sorties du silence pour dénoncer le travail que nous faisons c’est à dire l’esclavagisme que nous faisons au sein de l'hôtel Ibis les Batignolles, les harcèlements moraux, les cadences infernales, la prime de nourriture et ce que nous demandons aujourd’hui au groupe Accor c’est de finir avec la sous traitance et d’internaliser directement. Nous sommes payées à la tâche et ça on n’en veut plus parce que ça nous abîme parce que nous faisons plus d’heures mais nous sommes payées… nous ne sommes pas payées, les heures supplémentaires ne sont pas payées.

Et puis on demande aussi la requalification, il faut qu’on nous requalifie aussi, le changement de qualification parce qu’on ne peut pas comprendre qu’une femme de chambre qui après dix ans dans la société, qui se trouve encore à l’échelon numéro 1 ça veut dire agent de service, c’est l’échelon numéro 1 c’est pour les débutants ça ça n’existe plus et nous on nous baratine pour ça ça fait dix ans dans l’entreprise on est encore à l’échelon numéro 1 ça aussi on demande et on ne veut pas nous écouter. Nous avons commencé la grève le 19 juillet 2019, et trois semaines plus tard on a reçu une négociation avec STN, qui est notre société et STN nous a proposé deux euros de prime de panier plus une canette et ça c’est une honte parce que monsieur Bazin même ne peut pas manger avec deux euros dans une boulangerie donc qu’il arrête de dire que nos syndicats refusent de négocier il les a jamais approchés, qu’il arrête de dire du n'importe quoi parce que moi quand j’écoute ça ça me met vraiment en colère et il devrait avoir honte de continuer à nous humilier. Nous sommes des mères de famille, on n’est pas n’importe qui et on lui dira que tant que nous n’aurons pas de négociations sérieuses, nous allons aller manifester dans les hôtels jusqu’à ce qu’il nous écoute.

C’est grâce à nous aujourd’hui que vous êtes des milliardaires, c’est grâce à nous aujourd’hui vous portez des costumes cravates, donc ne négligez pas notre travail, notre travail c’est sérieux nous ne sommes pas des voyous nous sommes des mères de famille et ce métier c’est parce qu’on aime mais on refuse l’esclavagisme dans vos hôtels, ne dites pas que ce ne sont pas nos salariés, nous ne sommes pas vos salariés mais c’est vous qui donnez des ordres, vous êtes des donneurs d’ordre donc n’oubliez pas ça c’est vous qui donnez le contrat à la sous-traitance pour nous maltraiter vous êtes à la base et vous êtes complices. Donc je vous parle avec colère parce que vous êtes venus ce mardi matin sur France inter pour dire n'importe quoi sur les femmes de chambre de l’hôtel Ibis des Batignolles, c’est une honte ça.