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interviewBFMTV — BFM Politique· 4 mai 2020 44 min

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national - 03/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

A mes côtés aujourd'hui, Edwige Chevrillon pour BFM Business. Bonjour Edwige. Bonjour David Doucan pour Le Parisien. Bonjour Jean-Baptiste. Bienvenue à tous les deux. Notre invité ce midi pour BFM Politique est Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National. Bonjour, merci d'être avec nous en direct sur BFM TV. Bonjour. Marine Le Pen, commençons avec l'actualité de ces dernières heures. Emmanuel Macron, aux côtés notamment du président du Conseil italien, aux côtés de la chancelière allemande, signe une tribune, un appel à une grande conférence en ligne d'appel aux dons, objectif 7 milliards et demi d'euros. Ce sera le 4 mai pour financer entre autres la recherche.

Avec cette phrase, si nous arrivons ensemble à développer un vaccin qui sera produit par le monde entier, pour le monde entier, nous aurons un bien public mondial. Importance unique pour notre siècle. Est-ce que vous adhérez à cet appel aux dons ? Est-ce qu'éventuellement vous appelez ceux qui peuvent à y participer ?

0:56
Invité

Écoutez, tout ça, c'est une entreprise de communication. Depuis le début de cette crise, Emmanuel Macron a développé énormément d'énergie pour tenter de sauver l'idée européiste. Et à chaque étape de la crise sanitaire, plutôt que de s'occuper de développer des moyens et notamment des fonds pour aider nos soignants qui n'en peuvent plus, pour donner des protections à tous ceux qui en ont besoin et qui désespérément appellent à ce qu'on leur en fournisse depuis des semaines et des semaines, eh bien il s'est attaché à faire de la com sur l'Union européenne, sur l'Europe et compagnie.

Je vous signale d'ailleurs qu'on attend toujours les résultats de Discovery qui est un crash absolument total puisque cette grande étude européenne est en fait totalement inerte, qu'elle n'a pas du tout avancé, qu'il n'y a qu'aucun pays, il y a toute une série de pays dans lesquels il n'y a aucun patient. Bon, tout ça, encore une fois, est de la com. Moi, je ne rentre pas dans la com.

Ce que je vois de manière pragmatique, c'est qu'est-ce qui est fait pour assurer la sécurité de nos compatriotes et accessoirement pour permettre de redémarrer l'économie lorsque nous savons qu'il y a des milliers d'entreprises aujourd'hui, de restaurateurs, de commerçants, de TPE et de PME qui sont au bord de l'asphyxie ou déjà asphyxiés hélas.

2:12
Marine Le Pen

— Alors justement, Marine Le Pen, au regard de ce que vous observez ces derniers jours dans le pays, est-ce que vous considérez que la date du 11 mai pour débuter le déconfinement est toujours crédible à vos yeux ?

2:24
Invité

— Mais le problème n'est pas une question de date. Et permettez-moi de dire que je suis tout à fait en désaccord et que je trouve indécent la manière dont, depuis des semaines, le gouvernement culpabilise les Français qui, pourtant, objectivement, jouent le jeu dans des conditions qui ne sont pas simples parce que confiner l'intégralité d'une population pendant des semaines, c'est extrêmement compliqué, y compris sur le plan psychologique pour beaucoup de nos compatriotes. Les Français jouent le jeu. Et ils sont culpabilisés en toutes circonstances. On les menace. On les traite comme des enfants. Et ça, c'est inadmissible.

D'autant plus inadmissible, pardon, mais que l'on attend d'abord de l'État qui les remplit ses obligations. L'État a-t-il rempli ses obligations ? Réponse. Depuis la fin du mois de janvier, non. Dans aucun domaine, ni sur la maîtrise de nos frontières, ni sur les tests, ni sur les masques, ni sur la gestion des EHPAD, rien de tout cela n'a été fait. Alors essayez de faire porter la culpabilité de quelque chose qui ne fonctionne pas, sur un coup sur les Français, un coup sur les scientifiques. C'est quand même assez révélateur, je trouve.

3:40
Marine Le Pen

Mais Marine Le Pen, vous n'avez pas répondu à la question. C'est ni Olivier Véran, le ministre de la Santé, dans les colonnes du Parisien, laisse planer le doute. Il dit que la date du 11 mai est très incertaine. Est-ce que vous considérez-vous qu'on est prêts, que la France est prête à réouvrir, à se relancer le 11 mai ?

3:57
Invité

Mais comment voulez-vous que je vous réponde, puisque nous sommes confrontés à un gouvernement qui ment depuis le début de cette crise ? La vraie question auxquelles M. Véran devrait répondre, les questions auxquelles il devrait répondre, et auxquelles il ne répond pas, c'est « Y a-t-il véritablement assez de tests pour le 11 mai ? Y aura-t-il des masques pour tous les Français le 11 mai ? » Ce sont celles-là les questions auxquelles il doit répondre. Et moi, je peux vous dire que je ne suis pas sûre que ce soit le cas. Je pense qu'une nouvelle fois, on nous balade. Si je regarde les chiffres qui sont donnés par l'OCDE, on teste aujourd'hui 9 Français sur 1 000.

Donc c'est très éloigné des chiffres qui sont donnés par M. Véran. Mais c'est surtout très éloigné des 700 000 tests qu'on nous promet pour le 11 mai. Et il en est pareil pour les masques. Est-ce que vous trouvez qu'Olivier Véran, toujours du reste dans les colonnes de nos confrères du Parisien, lorsqu'il dit que 100 millions de masques vont être distribués à la médecine libérale pour qu'elle puisse reprendre en partie du moins son activité, est-ce que vous dites « Heureusement, vous le faites, il était temps » ou est-ce que vous trouvez que c'est insuffisant encore ? Non mais enfin, écoutez, il était temps, c'est peu de le dire. Je ne suis même pas sûre d'ailleurs que ce soit suffisant.

Parce qu'en réalité, les médecins, dans l'idéal, auraient besoin de changer de masque à chaque patient. Et cela fait des semaines que des soignants, des médecins libéraux sont touchés, sont contaminés, sont malades et meurent parce qu'ils n'ont eu que, je crois, deux masques par jour qui ont été attribués et encore dans des conditions qui sont extrêmement difficiles. Donc, on voit bien, encore une fois, que la responsabilité du gouvernement dans la gestion de cette crise est lourde. J'ai vu qu'il y avait un changement de doctrine. Marine Le Pen, est-ce qu'il faut, à vos yeux, rendre le masque obligatoire ? Vous savez, c'est tout un débat.

Est-ce que pour vous, c'est une proposition que vous avez soumise, est-ce qu'il faut vraiment le dire aux Français ? Oui. Oui, je pense que dans l'espace public, au moins pendant quelques semaines, le masque doit être obligatoire, comme il l'est dans, encore une fois, beaucoup de pays qui ont réussi à plutôt bien maîtriser la situation. Oui, parce que le masque est très utile, contrairement à ce qui nous a été dit par le gouvernement pendant des semaines, le masque est très utile.

Et permettez-moi de vous rappeler tout de même, parce que ça a été caché, que le conseil scientifique qui a été mis en place par le gouvernement avait considéré dès le 12 mars que l'ensemble de la population devrait porter un masque. Et l'ensemble de ceux qui ont continué à travailler pendant le confinement auraient dû disposer de masques. Ça aurait évité que pendant le confinement, le virus continue à circuler et qu'il y ait encore des gens qui, aujourd'hui, arrivent aux urgences avec porteurs du Covid-19.

7:05
Présentateur

Alors justement, il y a l'accès aux masques et la façon dont on s'en procure. Hier soir, je recevais Axel Kahn, le généticien, président de la Ligue contre le cancer. Il a demandé sur cette antenne la gratuité, Marine Le Pen, des masques pour l'ensemble des personnes touchées par cette maladie et plus largement pour les personnes en état de faiblesse physique, non immune en tout cas. Est-ce que c'est une proposition que vous soutenez ?

7:26
Invité

Évidemment que je le soutiens. On n'a pas en l'état de traitement et on n'a pas en l'état de vaccin. Il y aurait un vaccin, je suppose que ce vaccin serait remboursé par la Sécurité sociale. Que le masque soit remboursé par la Sécurité sociale pour les gens fragiles et pour les gens qui sont atteints me paraît être une évidence. Mais je vous signale que là encore, on a eu un grand débat à l'Assemblée nationale. On a passé trois heures sur le taux de TVA du gel hydroalcoolique. Ils ont baissé à la demande de tout le monde. D'ailleurs, la TVA sur les masques à 5,5. On a dit mais pourquoi est-ce qu'on ne le baisse pas plus ? Pourquoi on ne baisse pas la TVA à 2,1 ?

Considérant qu'en réalité, ça joue le rôle d'un médicament. Eh bien, on ne peut pas parce que l'Union européenne nous l'interdit. Voilà où nous en sommes à être obligés de faire un bras de fer avec l'Union européenne pour lui demander de faire en sorte de nous autoriser, nous qui sommes pourtant un pays souverain, nous dit-on, à avoir sur les masques un taux de TVA le plus bas possible. Pour moi, en ce qui me concerne, je préférerais que ce soit zéro. Mais inutile de vous dire que là, on nous a expliqué qu'à l'heure-là, l'Union européenne ne serait véritablement pas d'accord.

8:37
Marine Le Pen

Marine Le Pen, vous avez pris position pour le masque obligatoire dans l'espace public. Vous venez de le dire. Et vous avez dit que c'est le cas dans de nombreux pays. C'est le cas dans de nombreux États de droit, Marine Le Pen, dans de nombreux pays démocratiques, avec nos traditions démocratiques. Vous pouvez les citer ?

8:58
Invité

Vous m'amusez un peu, monsieur, parce que je vous rappelle que nous sommes enfermés chez nous, enfermés chez nous, depuis maintenant près de deux mois. D'accord ? Enfermés. Alors je suis désolé, mais il m'apparaît quand même que porter un masque est largement moins pénible et peut-être à largement moins de conséquences sur notre économie. Parce que moi, je pense aussi évidemment aux artisans, aux auto-entrepreneurs, aux commerçants. Je pense au tourisme qui va être terriblement touché.

Et je me dis que porter un masque dans l'espace public, là où il y a du monde et où donc chacun a envie de contribuer à ce que la vie puisse reprendre, mais dans des conditions de sécurité maximum, c'est quand même moins attentatoire, quoi qu'on en dise, aux libertés individuelles que d'être enfermé chez soi, non ?

9:44
Marine Le Pen

Vous disiez que c'est le cas dans de nombreux pays. Je vous demandais si vous pouviez nous en citer un ou deux. Pays démocratiques, des États de droit où le masque est obligatoire.

9:51
Invité

Écoutez, de manière générale, en Asie, le masque n'a pas besoin d'ailleurs d'être obligatoire, puisque en l'occurrence, tout le monde le met, ça fait partie des traditions. Mais voilà, pourquoi est-ce que vous pinaillez ? C'est quoi le problème ? Quel est votre problème dans l'idée ? Non mais quel est votre problème ? Moi, je voudrais savoir au fond de vous, quel est votre problème dans l'idée que pendant quelques semaines, il faille que tout le monde mette un masque ? Des études ont été faites pour démontrer que si tout le monde porte un masque, si 90% des gens portent un masque, eh bien on réduit assez considérablement, et même très considérablement, le risque de circulation du virus.

Si seulement 50% des gens portent un masque, eh bien en réalité...

10:34
Présentateur

Il vient de vous interroger, il porte le masque toute la journée. Il vient de l'enlever seulement pour faire cette émission, et sinon il le porte toute la journée, donc déjà sur ce point précis. Justement, Marine Le Pen, au sujet des masques et de l'accès aux masques, une nouvelle fois, vous avez suivi évidemment cette interrogation et polémique au sujet de la grande distribution. L'ensemble des présidents des ordres médicaux en France ont signé une tribune, assez virulente d'ailleurs, pour dire « nous n'avions pas de masque », comment la grande distribution peut-elle annoncer des centaines de millions de masques mis à disposition des Français dans leur rayon à partir des jours prochains ?

Est-ce que vous croyez à la réponse de la grande distribution qui dit « attendez, on n'a rien caché nous, on n'a rien caché, on a juste commandé ».

11:13
Invité

Je ne sais pas, par principe, si vous voulez, je n'ai pas de raison de croire ou de ne pas croire. Ce que je sais, c'est que celui qui est responsable de ça, c'est l'État. Celui qui est responsable du fait que les soignants ont été privés de masques, c'est l'État. C'est l'État qui a géré d'une manière inconséquente, irresponsable, ces commandes de masques et qui n'a pas permis aux soignants, dans les EHPAD, dans les hôpitaux, la médecine de vie, les infirmières, les aides à domicile, de pouvoir avoir des masques. C'est ça ce que je vois. Ce que je vois, c'est que l'État a interdit aux pharmacies de se fournir en masques auprès de leurs fournisseurs. Et ça, c'est incompréhensible.

Parce qu'après tout, si vous voulez, beaucoup de personnes ont commandé des masques à côté de l'État. Les départements ont commandé des masques. Les régions ont commandé des masques. Tout ça, ce sont des masques supplémentaires. Et plus il y a de masques sur le territoire national, et mieux c'est pour tout le monde. Mais l'État, lui, qu'est-ce qu'il a fait ?

– Marine Le Pen, justement, est-ce que vous pensez quelque part que c'est une faillite de l'État, c'est prisonnier de sa bureaucratie, de sa technocratie, qui fait qu'il y a eu des millions de masques qui ont été coincés aux douanes de Roissy pour faire des contrôles, qui étaient peut-être nécessaires, en tous les cas des contrôles sanitaires. Est-ce que justement c'est une faillite de l'État sur ce point-là ? – Mais c'est une faillite de l'État de bout en bout. On ne peut pas vous dire mieux, de bout en bout. Moi, j'ai posé une question très simple. C'était, je crois, au début du mois de mars, me semble-t-il. J'ai posé une question au ministre. Combien avez-vous commandé de masques ?

Auprès de qui ? À quel coût ? Et quand seront-ils livrés ? Je n'ai jamais eu de réponse. J'ai sollicité, il y a déjà, je crois, plus de 10 jours, que ce soit tous les jours fait un point par M. Salomon du nombre de tests et de masques effectifs. Je n'ai toujours pas de réponse sur ce sujet. – Est-ce que vous allez demander une commission d'enquête ? Comme certains l'ont demandé au Sénat. – Mais madame, nous n'en sommes… Mais je pense que de toute façon, il y aura une commission d'enquête. Ça me paraît être une évidence. Mais on est même au-delà de ça.

Je pense qu'il y aura, et il y a déjà, toute une série de demandes d'action en justice qui sont effectuées, parce que, encore une fois, l'État a une responsabilité dont il cherche, j'ai bien compris, à se défausser, mais il a une responsabilité. Tout ça a été fait absolument n'importe comment. De surcroît, quand on est en situation de guerre, on ne propose pas aux fournisseurs, quand il y a une tension mondiale, de payer à six semaines. Il est inutile de vous dire que dans ces conditions-là, les États qui ont payé cash le jour même ont été livrés avant l'État français.

Donc, entre ça, entre le mal qu'a eu la sixième puissance mondiale à réorienter des entreprises pour pouvoir fabriquer des masques sur notre territoire national, on se dit que l'État a, en l'occurrence, totalement failli.

14:10
Marine Le Pen

Vous avez observé, Marine Le Pen, le projet de loi présenté samedi, hier, en Conseil des ministres, qui vise à prolonger l'état d'urgence sanitaire. Il y a des inquiétudes qui s'expriment dans la classe politique, au regard des libertés publiques, notamment l'article 6 de ce projet de loi, qui prévoit un fichier pour tracer les personnes malades et les personnes avec qui elles ont été en contact. Quel regard, Marine Le Pen, portez-vous là-dessus ?

14:36
Invité

Oui, je partage ces inquiétudes. D'abord, permettez-moi de vous dire que je considère que voter une loi d'urgence sanitaire pour deux mois, c'est trop. Je pense qu'il faut que ça dure un mois ou même trois semaines et que l'Assemblée nationale soit amenée, enfin le Parlement soit amené à revoir ces dispositions, revoir leurs nécessités, revoir leurs dispositifs de manière absolument régulière, précisément parce que ça attend aux libertés.

Quant aux fichiers, bien entendu, je m'en inquiète beaucoup et j'ai réclamé qu'il y ait une cellule avec la CNIL, avec des avocats, avec des magistrats, qui puissent avoir la haute vue sur un fichier qui ne pourrait de toute façon avoir qu'un temps qui soit extrêmement limité, dont la conservation des données pourrait avoir qu'un temps extrêmement limité. Donc on va regarder ça de très près parce que j'ai le sentiment que toutes ces questions de liberté individuelle sont prises un peu par-dessus la jambe par le gouvernement.

15:45
Présentateur

Dans ces brigades d'anges gardiens, pour citer Olivier Véran, Marine Le Pen, il y a donc des personnes qui ne sont pas des médecins, qui vont avoir accès à des données sensibles, qui doivent être en théorie protégées. Ces accès-là doivent être légiférés. Du coup, vous allez être amené, vous, à vous prononcer en tant qu'élu de la nation sur ces questions la semaine prochaine. Est-ce que vous êtes favorable à ce que ces personnels des institutions nationales, en tout cas de l'administration, qui ne sont pas médecins, puissent traiter ces données ?

16:13
Invité

Ça me pose un problème parce qu'encore une fois, je crois beaucoup au secret médical. Je pense d'ailleurs que l'idée d'avantager financièrement des médecins pour leur demander de violer le secret médical pose un vrai problème. Donc on va décortiquer ce dispositif de manière très précise pour tenter de mettre sur place quelque chose qui soit en même temps efficace et en même temps qui préserve précisément ce secret médical. Sur l'application StopCovid, vous savez, finalement, elle ne sera pas prête le 11 mai, mais en tous les cas, le gouvernement s'apprête quand même à la mettre en place. Il y a aussi la question de savoir si les données vont être centralisées ou pas.

Est-ce que vous êtes, vous considérez aussi que c'est liberticide, cette application StopCovid, que les gens pourraient être volontairement téléchargées ? Moi, je suis contre la gestion centralisée de ce type de données et encore une fois, je pense que tout ça doit être soumis à l'appréciation et au contrôle d'une instance indépendante de l'État. Je pense que l'État ne doit pas avoir en main la collecte de ces données, que bien entendu, elle ne doit pas pouvoir l'utiliser pour d'autres raisons. C'est pourquoi j'avais demandé que le ministère de l'Intérieur soit totalement écarté de près ou de loin de ces données. Mais je vois qu'en réalité, elle ne sera pas mise en œuvre, très certainement.

De la même manière que je ne crois pas du tout à la mise en œuvre de ces brigades d'anges gardiens dont le nom, je trouve, ridicule, qui sont des processus qui sont extrêmement complexes. Je crois que la Corée du Sud a mis 5 ans avant de réussir à mettre en place tout cela. Donc j'ai l'impression, j'ai le sentiment, si vous voulez, qu'on amuse la galerie, qu'on annonce toute une série de choses. Alors que l'essentiel, le primordial, on ne l'a pas. Donc avant tout cela, ce qui est très important, encore une fois, c'est de tester les gens et de leur offrir des masques.

18:06
Présentateur

Reste avec nous, Marine Le Pen.

18:06
Invité

On va marquer une très courte pause. On va se retrouver en direct dans quelques instants. C'est ce que réclame l'OMS depuis fin janvier.

18:13
Présentateur

On se retrouve en direct dans un instant. On a encore pas mal de choses à évoquer, évidemment. Le retour vers l'école à partir du 11 mai pour beaucoup d'élèves en France. On parlait évidemment des questions économiques qui se posent. La crise économique, en plus de la crise sanitaire, suite de BFM politique, dans quelques secondes.

18:29
Invité

Bon, moi je m'occupe

18:36
Locuteur non identifié

d'être un canapé design fabriqué par une entreprise familiale qui profite à l'économie française et vous, installez-vous tranquille. Camif.fr, nos meubles aussi pensent très très fort à demain.

18:56
Présentateur

La suite de BFM politique à midi et demi avec Edwige Chevrillon de BFM Business et David Doucant du Parisien. Notre invitée, la présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen. Marine Le Pen, une question qui interroge, qui inquiète évidemment beaucoup de gens qui nous regardent, beaucoup de parents qui nous regardent, c'est le retour à l'école pour leurs enfants, pour ceux qui sont concernés à partir du 11 mai. Je pose la question la plus simplement du monde. Pensez-vous que ce retour à l'école le 11 mai est une bonne idée ?

19:22
Invité

Non, je pense que c'est une idée déraisonnable et je l'ai dit tout de suite, il m'apparaît qu'on aurait pu très bien considérer que l'école reprenait comme a décidé de le faire l'Espagne, comme a décidé de le faire l'Italie, c'est-à-dire les pays qui ont été touchés, comme nous, assez fortement par l'épidémie au mois de septembre. Je note d'ailleurs, pour avoir regardé les consignes qui ont été données aux enseignants, que ces consignes sont quasiment inapplicables. On demande de laver les mains des enfants en maternelle à chaque fois qu'ils éternuent ou qu'ils toussent et de tout désinfecter.

c'est impossible pour des enfants aussi jeunes de leur faire respecter les barrières physiques qui sont nécessaires pour éviter une propagation du virus. Et j'avoue que je suis d'autant plus inquiète qu'une étude récente du professeur Drosten, qui est un très grand virologue, c'est celui qui gère l'épidémie depuis le début en Allemagne, c'est celui d'ailleurs qui a créé le premier test dès le mois de décembre, test qu'il a mis à disposition publiquement, gratuitement sur les réseaux sociaux dès mi-janvier. Eh bien, il a fait une étude sur la contagiosité des enfants et contrairement à ce qu'on nous a dit là encore, il révèle que les enfants sont aussi contagieux que les adultes.

Enfants qui, de surcroît, semblent touchés par une maladie qui semble être semblable à la maladie de Kawasaki, un certain nombre d'alertes ont été lancées par des services pédiatriques de certains pays et notamment d'une autre. Donc, toutes ces raisons-là font qu'avec les enfants peut-être particulièrement, le principe de responsabilité, le principe de précaution nécessite de ne prendre aucun risque et il m'apparaît que cette reprise en premier quasiment de l'école pour les petits est risquée.

21:12
Marine Le Pen

Et on se rend compte que cette reprise du 11 mai ne sera pas une rentrée scolaire. On voit bien que ce qui se profile, c'est peut-être le retour de 10% des enfants à l'école en tout cas dans les départements rouges, ceux où le virus circule toujours beaucoup et où les services hospitaliers sont toujours très sollicités. Et donc, se mettent en place, là, les mairies mettent en place des procédures pour limiter le nombre d'enfants qui vont pouvoir reprendre l'école à partir du 11 mai. La mairie de Paris, par exemple, propose que ce soit fait notamment sur critères sociaux, sur les revenus, la situation sociale des parents. Que pensez-vous de cette idée ?

21:58
Invité

Non, mais j'y suis en l'occurrence opposée. Ça veut dire que les enfants de gens modestes pourraient prendre plus de risques que les autres. Je suis désolée, mais je suis en désaccord sur ce sujet avec Mme Hidalgo. Mais puisque vous avez parlé des mères, permettez-moi d'avoir une petite pensée pour eux quand même, parce qu'on leur a envoyé le bébé avec l'eau du bain, on leur a dit de se débrouiller. Pour beaucoup, ils ne savent même plus comment mettre en œuvre ces mesures pour réouvrir les écoles dans des conditions qui soient un minimum sécurisées pour les enfants.

Et j'ai déposé d'ailleurs, fait une proposition de loi pour éviter qu'ils puissent être poursuivis demain en responsabilité et que leur responsabilité pénale, notamment, puisse être engagée. C'est l'État qui a pris cette décision. Si je puis me permettre, c'est à l'État d'en assumer les responsabilités.

22:52
Présentateur

En fait, en cela, écho à une annonce du groupe du Sénat des Républicains qui va saisir le Conseil constitutionnel sur la responsabilité des élus. Que vous disent d'ailleurs les élus rassemblements nationaux, les élus locaux ? On va rappeler, Marine Le Pen, pour les gens qui nous regardent, que les élus locaux, les maires, gèrent la crèche, la maternelle, le primaire, que le département gère le collège et que le lycée le 11 mai ?

23:18
Invité

Ils y sont très opposés et je vous signale d'ailleurs que, de mémoire, que ce soit chez Julien Sanchez à Bocquer ou que ce soit chez Steve Riouat à Hénin-Beaumont, ils ont lancé une grande consultation de la population sur la réouverture des écoles le 11 mai et contrairement aux sondages nationaux qui sont donnés, ce n'est pas 50 ou 60% des gens qui sont opposés à la reprise de l'école, c'est 95% des gens qui y sont opposés. Donc je pense que les Français, une fois de plus, font preuve de bon sens.

23:47
Présentateur

Alors, justement, puisque vous parlez de ces chiffres, hier, il y avait sur ce plateau le maire Les Républicains de Clamart qui a conduit une étude pour savoir en gros combien d'élèves il aura géré dans les écoles primaires de sa ville. Il a été surpris de constater que 60% des parents, 60% des parents, Marine Le Pen, souhaitent remettre leur enfant à l'école à partir du 11 mai.

24:08
Invité

Mais dites-moi, Monsieur, ont-ils le choix ? Ont-ils le choix ? Puisque de toute façon, l'État a indiqué par la voix de Madame Pénicaud que les parents ne pourraient plus accéder aux dispositifs visant à leur assurer leur salaire, au moins en partie, à partir du moment où les écoles seraient réouvertes. Mais je vous rappelle que ces écoles sont réouvertes contre l'avis du Conseil scientifique. Là encore, le Conseil scientifique a indiqué très clairement qu'il était opposé à la réouverture des écoles et qu'il conseillait la réouverture des écoles le 1er septembre.

Donc c'est quand même assez terrible ce chantage que l'on fait aux parents en disant de toute façon, si vous voulez continuer à toucher un salaire, vous serez obligés de remettre vos enfants à l'école. Ce n'est pas digne de notre pays, je le crois.

24:58
Marine Le Pen

Olivier Véran, le ministre de la Santé, répond à cette question sur le Conseil scientifique. Ce matin, il explique que le Conseil scientifique était opposé à une réouverture des écoles comme avant, mais pas avec des systèmes sanitaires plus durs. Reste que la question que j'ai envie de vous poser Marine Le Pen, c'est lorsque le président de la République dit qu'il faut rouvrir les écoles à partir du 11 mai, il évoque une raison, il dit que c'est parce que beaucoup d'enfants sont en train de décrocher. C'est pour faire face au décrochage scolaire de certains. Le croyez-vous, Marine Le Pen, s'insère Emmanuel Macron lorsqu'il évoque cette raison ?

25:34
Invité

Est-ce que c'est une réalité ? Je ne crois pas car il y a tout à fait les moyens, enfin je l'espère encore une fois pour la sixième puissance mondiale, de détecter très précisément les élèves qui ont décroché, c'est-à-dire avec lesquels les enseignants n'ont plus de contact ou qui n'ont pas accès à des moyens numériques pour pouvoir s'en occuper au cas par cas et éviter ce décrochage. Mais le décrochage en maternelle, très honnêtement, je ne suis pas tout à fait sûr, pardon, en crèche et en maternelle, je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit véritablement une préoccupation absolument majeure. On parle ici de un mois de scolarisation.

26:13
Marine Le Pen

Quelle est pour vous la vraie raison alors ?

26:17
Invité

Probablement que pousser peut-être sous pression d'un certain nombre de grands organismes patronaux, le président de la République veut à tout prix que les Français retournent travailler et que pour retourner travailler, il faut que les enfants qui ne sont pas capables de se gérer tout seuls puissent être pris en charge. Et c'est probablement d'ailleurs la raison pour laquelle ce sont les crèches, les maternelles et les primaires qui rentrent en premier, les collégiens plus tard et les lycéens, eux, rentreront au mois de septembre. Je voudrais dire à ceux qui nous écoutent que dans tous les pays, les écoles, c'est la dernière chose qu'on réouvre.

En Autriche, par exemple, qui a très bien géré, il faut bien dire, la crise sanitaire, qui a beaucoup, beaucoup moins de morts et de malades que nous, eh bien, ils ont déconfiné et ils ont indiqué que l'école reprendrait un mois après la fin du confinement, précisément pour voir comment les choses évoluaient. Qu'au Japon, ils ont réouvert les écoles, eh bien, ils les ont refermées. Ils ont été obligés de les refermer.

Donc, encore une fois, avec les éléments qui sont à ma disposition et qui sont obligatoirement moindres que ceux qui sont à la disposition de l'État, même s'il n'en a pas fait grand-chose des informations qui lui avaient été transmises depuis le début de cette crise, eh bien, je pense qu'encore une fois, il est déraisonnable de réouvrir les écoles le 11 mai. Marine Le Pagny à les écoles et puis évidemment, après, normalement, il y a la question logique des vacances. Vous avez dit que l'urgence sanitaire qui était prorogée jusqu'au 24 juillet, c'était beaucoup trop long, qu'il fallait plutôt le réaménager période par période.

Là, Christophe Castaner et Olivier Véran viennent de dire qu'il n'était pas sérieux d'envisager de prendre des billets d'avion, bref, de prendre des vacances que pour l'instant, tout était incertain. une fois, cette position ? Je ne comprends pas parce que moi, je pense encore une fois aussi à l'économie et à la courte de chômeurs que risque de créer cette situation. Je comprends bien qu'il n'est pas raisonnable de prendre un billet d'avion pour aller à l'étranger, évidemment.

Mais il me semble que justement, cet été, l'organisation, peut-être même au travers de chaque vacances a dépensé précisément en France, dans nos départements, dans nos territoires, que la mise en oeuvre de ce tourisme national repartait en quelque sorte à la découverte de notre pays pourrait être un moyen d'atténuer un peu les conséquences économiques de cette crise pour, évidemment, non seulement les secteurs du tourisme, mais pour les restaurateurs et tout le reste. Mais vous dites aux Français à partir en vacances, aller sur les plages, c'est ça votre message ? Mais madame, moi, ce que je ne comprends pas, d'abord, ne résumez pas mon message ainsi.

Je vous dis qu'il faut que le Parlement vérifie, encore une fois, de manière périodique, la manière dont ça se déroule. Mais nous parlons du mois de juillet. Et vous nous dites, on ne pourra pas aller sur une plage au mois de juillet ou au mois d'août, mais en revanche, on peut aller dans le métro le 11 mai. Bon, là, je suis désolé, mais moi, je considère qu'il y a une incohérence. Encore une fois, il y a des départements qui sont verts, par exemple. Je vous donne un exemple et pourtant, je suis plutôt raide sur les mesures qui doivent être prises en période sanitaire.

Mais objectivement, il y a des plages qui sont gigantesques sur notre littoral et où les gens pourraient très bien être à 10 mètres les uns des autres. Alors, on dit oui pour le métro et on dit non pour les plages. C'est incohérent.

29:40
Présentateur

Marine Le Pen, à l'instant, Christophe Castaner explique que s'il n'est pas possible de tenir le second tour des élections municipales au mois de juin, il faudra sans doute prendre un texte législatif de façon à réorganiser. C'est une piste de tour. Donc, pas seulement le second tour, mais le premier et le second tour. Le mois de septembre est une piste également. Comment réagissez-vous à ça ? Juste, je précise pour les gens qui nous regardent une nouvelle fois, sur les 35 000 communes en gros en France, on va préciser que 30 000 ont élu dès le premier tour leur conseil municipal, en tout cas leur maire, et qu'il restait 4 000 à 5 000 communes qui devaient encore se prononcer.

30:12
Invité

Oui, il est acquis depuis de nombreuses semaines que si les élections n'ont pas lieu en juin, et je pense qu'elles n'ont pas lieu en juin pour une raison simple, c'est que le gouvernement français est absolument incapable de pouvoir mettre à disposition un masque par électeur pour éviter les risques du premier tour des élections municipales de mars. Eh bien, les deux tours se rejoueront. Je trouve que c'est naturel quand il y a une trop grande distance entre le premier et le second tour, ce qui serait le cas si les élections avaient lieu en septembre ou en octobre. Alors, il y a un vrai problème de logique et de sincérité du scrutin.

Marine Le Pen, vous veniez de dire à l'instant que c'était important peut-être que les Français, surtout dans les conditions que vous avez décrites sur les grandes plages, partent en vacances, notamment si c'est bon pour l'économie. Lors de son discours sur les modalités du déconfinement, le Premier ministre a dit qu'il y avait un vrai risque d'écroulement de l'économie. Est-ce que vous vous dites qu'il faut peut-être aujourd'hui privilégier ou qu'ils ont privilégié le risque économique, l'écroulement de l'économie, au risque sanitaire ?

Non, ce que je dis, c'est que les mesures qui ont été mises en œuvre, dont une partie était bonne, le chômage partiel, moi j'ai accompagné cette mesure, je trouve que c'était une bonne mesure, mais que toute une série de mesures qui ont été prises pour les entreprises étaient à mon avis mal adaptées. notamment, j'ai réclamé, vous le savez, que le report des charges soit transformé en annulation des charges à partir du moment où on n'a pas, où les entreprises, les commerçants, les artisans n'ont pas de revenus, eh bien, je ne vois pas comment est-ce qu'ils pourront payer des charges même si elles sont reportées.

De la même manière, j'avais proposé un dispositif qui permette d'accorder à toutes les entreprises de moins de 1 000 salariés, de l'auto-entrepreneur jusqu'à l'entreprise de moins de 1 000 salariés, 1 500 euros par mois plus 1 000 euros par salarié, ce qui permettait aux entreprises de conserver des liquidités pour ne pas risquer la faillite.

C'est un autre choix qui a été fait, un fonds de solidarité auquel, je suis désolée, mais il y a quand même une majorité d'entreprises qui ont énormément de mal à accéder, et puis des aides à destination des très grands groupes, mais qui sont sans commune mesure avec ce qui a été accordé aux petites entreprises qui sont pourtant évidemment celles qui sont fragiles et puis qui créent l'emploi. Sur la question du chômage partiel, Maurel Pénicaud, la ministre du Travail a dit que le gouvernement réfléchissait en tous les cas à faire évoluer les modalités de remboursement de ce chômage partiel.

Est-ce que vous vous dites que ça serait à partir du 1er juin, on ne connaît pas aujourd'hui, on sait qu'on peut toucher 84% de son salaire net, est-ce que vous vous dites qu'il y a un moment pour qu'il y ait une sorte de retour vers la normale, qu'il faut diminuer les avantages qu'on peut avoir en étant au chômage partiel ? Mais je ne répondrai pas à cette question pour une raison simple, c'est qu'avant d'envisager de renier sur les salariés, est-ce que Mme Pénicaud pourrait faire en sorte qu'ils aient des masques et des tests ? Et je vous le redirai jusqu'à ce qu'il y ait des masques et des tests. Voilà.

Jusqu'à ce que tous ceux qui ont le symptôme, quels qu'ils soient, puissent être testés, ça n'est pas le cas depuis 3 mois. Depuis 3 mois, vous n'êtes testé que si vous avez des symptômes graves, que si vous êtes hospitalisés, les gens qui étaient malades ont été renvoyés chez eux sans masque pour aller contaminer leur famille. Tout cela est inadmissible et encore une fois, c'est totalement contraire à ce qu'a réclamé l'OMS depuis 3 mois qui a demandé de tester, d'isoler et de soigner. On n'a pas testé, on n'a pas isolé et on n'a pas soigné parce que le trou noir quand même du plan qui est proposé par le gouvernement, c'est le soin.

Le traitement est passé complètement à la trappe et c'est dommage car nous avions un traitement qui n'était peut-être pas parfait mais qui s'il avait pu être délivré par les médecins sous contrôle des médecins libéraux aurait très certainement évité la transformation de cas qui étaient des cas bénins en cas graves.

34:12
Présentateur

Marine Le Pen encore une question d'ordre économique s'il vous plaît après Air France après Renault c'est au tour du patron qui ont déjà été aidés c'est au tour du patron de la SNCF M. Farandou d'appeler à l'aide la SNCF qui annonce 2 milliards de pertes auxquelles s'ajoutent 1 milliard de pertes après la grève sur la réforme des retraites M. Farandou qui dit la thématique de l'emploi est sur la table le sujet n'est plus tabou à la SNCF

34:36
Invité

Mais moi je crois qu'il faut aider nos grandes entreprises mais pas seulement elles voilà vous le savez je me suis prononcé d'ailleurs je ne parle pas de la SNCF mais je me suis prononcé pour la possibilité de nationalisation temporaire je pense qu'en situation de crise il faut protéger nos entreprises il faut les protéger quand elles sont fragilisées il faut les protéger peut-être d'ailleurs de raides étrangers qui feraient passer des grandes entreprises stratégiques entre les mains de capitaux étrangers nous devons faire tout ce qui est en notre capacité pour pouvoir protéger encore une fois des secteurs qui sont stratégiques des secteurs qui sont essentiels et je n'ai pas une vision idéologique sur ce sujet j'ai une vision qui est totalement pragmatique on peut faire des avances en capital on peut faire des prêts à long terme il y a beaucoup de choses que nous faisons déjà que le gouvernement fait déjà de manière entre guillemets traditionnelle et qui évidemment se justifient d'autant plus dans une crise comme celle-là mais ce que j'aimerais aussi si vous voulez c'est réclamer de la banque centrale européenne que la création monétaire qu'elle a mise sur la table n'aille pas seulement aux très grands groupes ou seulement aux banques qu'elle aille aussi dans l'économie réelle et notamment dans les TPE et PME je parle d'elle parce que tout le monde parle des grands groupes si vous voulez mais très peu parle des petites entreprises vous êtes candidat à l'élection présidentielle supposez que vous remportiez cette élection Marine Le Pen justement qu'est-ce que vous feriez une question comme ça par rapport à cette montagne de dettes qu'il faudra bien absorber d'une manière ou d'une autre ça peut être 100, 200, 300, 400 milliards quelle sera votre position qu'est-ce que vous allez décider annulation ou pas alors ah non non non non moi je pense qu'un pays doit respecter le remboursement de ses dettes même si encore une fois on pourra en discuter longuement mais en réalité vous savez bien qu'on ne rembourse pas les dettes on ne rembourse que les intérêts mais je crois surtout que plus globalement ce qu'il faut c'est produire à nouveau de la richesse nationale c'est-à-dire que moi je serais assez pour un grand emprunt de reconstruction nationale où nous nous tournerions vers les français en leur livrant un taux d'intérêt qui serait à 2% c'est-à-dire 4 fois le taux d'intérêt qui est actuellement délivré par le livret A mais avec des conditions extrêmement précises fixées par la loi pour venir au soutien et développer évidemment des entreprises nationales des entreprises françaises pour relocaliser pour réindustrialiser notre pays on a bien vu qu'un des problèmes majeurs que nous avons été obligés de gérer est évidemment notre dépendance absolument inouïe y compris sur des secteurs essentiels comme la santé comme les médicaments notre dépendance à des pays qui sont des pays étrangers et dans ce domaine il va falloir faire un bras de fer avec l'Union Européenne je vous ai retrouvé parce que quand même ça vaut le coup une déclaration de M.

Borrell c'est M.

Joseph Borrell c'est l'ancien président du Parlement européen il est actuellement haut représentant de l'Union Européenne alors il fait une interview d'ailleurs dans un journal du dimanche pour dire il faut réduire notre dépendance dans les domaines sensibles il n'est pas normal que l'Europe ne fabrique pas un seul gramme de paracétamol alors jusque là on se dit ils ont enfin compris leur erreur et bien non ils continuent en disant il faut travailler sur nos chaînes de valeur et les rapatrier dans notre voisinage dans les Balkans au Maghreb ou en Afrique subsaharienne ils n'ont rien compris voilà ils n'ont rien compris et par conséquent il ne faut pas comment dire avoir confiance en eux pour être capable de constituer une France d'après puissante puisque leur idéologie ultralibérale leur idéologie mondialiste leur idéologie sans frontiériste sera toujours leur ligne de conduite Marine Le Pen

38:33
Marine Le Pen

on se souvient qu'en 2016 vous vous étiez réjoui vous vous étiez félicité de l'élection de Donald Trump président des Etats-Unis d'Amérique aujourd'hui dans cette crise je vous entends très dur vis-à-vis du gouvernement français quel regard portez-vous sur la gestion par Donald Trump de la pandémie qui frappe les Etats-Unis très durement

38:53
Invité

écoutez je pense que Donald Trump encore une fois a commis un certain nombre d'erreurs lourdes mais exactement comme le gouvernement français je pense qu'il a cru et mis en place au début cette idée folle de l'immunisation collective mais ça a été le cas aussi du gouvernement français début mars le gouvernement français nous explique par la voix de M.

Véran par la voix de Mme Sibeth Ndiaye que lorsqu'on arrivera au stade 3 de l'épidémie et où le virus circulera partout et bien ce ne sera plus la peine de confiner personne ce ne sera plus la peine d'envisager d'envisager de fermer des écoles donc Donald Trump il a été dans cet état d'esprit là il n'y a qu'une différence c'est que les Etats-Unis sont un pays fédéral et en réalité Donald Trump peut donner des grandes directions mais la maîtrise de l'épidémie sur le plan pragmatique de l'organisation dépend en réalité de chaque gouverneur de chaque état américain un peu comme en Italie vous avez vu qu'en Italie il y a eu des grosses différences entre les régions il y a eu des grosses différences de choix entre les régions certaines régions s'en sont sorties mieux que d'autres

39:59
Marine Le Pen

les responsables gouvernementaux français ne sont tout de même pas allés jusqu'à évoquer l'éventualité d'utiliser du détergent de s'injecter du détergent comme l'a dit Donald Trump pour combattre le virus est-ce que vous considérez qu'il représente aujourd'hui un danger pour la planète ? on a eu pas mal

40:14
Invité

de stupidités énoncées par des ministres on a eu un grand nombre de fake news énoncées par des ministres mais on n'a pas eu celle-là je vous l'accorde mais moi je suis française je suis pas américaine par conséquent je suis française et non seulement je suis française mais je suis la chef de l'opposition donc mon rôle encore une fois c'est comme député de contrôler l'action du gouvernement

40:39
Présentateur

est-ce que c'est pas un titre pardon mais est-ce que là c'est pas un titre autoproclamé chef de l'opposition il y en a d'autres qui pourraient se dire je suis pas complètement d'accord avec cette appellation là

40:48
Invité

monsieur il suffit d'aller regarder les élections qui se sont déroulées depuis l'élection d'Emmanuel Macron me semble-t-il et vous verrez que oui le rassemblement national est le premier parti d'opposition

41:03
Marine Le Pen

pas aux élections législatives par exemple le premier groupe d'opposition ce sont les républicains

41:06
Invité

j'ai l'impression que ça vous pose un problème mais ça n'a pas l'air d'en poser à ceux qui votent pour lui en tout cas

41:11
Marine Le Pen

c'est parce que vous n'avez pas entendu

41:13
Invité

pardon

41:13
Marine Le Pen

non vous dites nous sommes le premier parti d'opposition je dis pas à l'assemblée nationale le premier groupe d'opposition ce sont les républicains

41:20
Invité

oui monsieur mais nemo ditur propriam turpitude inem allégance nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude si le mode de scrutin en français permet au premier parti d'opposition de n'avoir que 6 députés sur 577 ça n'est pas un révélateur de la confiance qui est faite au rassemblement national par des millions de français ça n'est que le révélateur d'une démocratie qui est pour le moins imparfaite et qui d'ailleurs pose un gros problème qui est la fracture de confiance qui existe aujourd'hui entre le monde politique et l'immense majorité des français

42:00
Présentateur

Marine Le Pen du fait de cette absence

42:02
Invité

de représentativité

42:04
Présentateur

à l'instant Christophe Castaner dit je le cite Marine Le Pen fait de la crise sanitaire un argument commercial pour sa campagne parce qu'elle est déjà candidate à l'élection de 2022

42:12
Invité

oui enfin j'étais candidate avant la crise sanitaire monsieur Castaner n'est pas une stupidité près il ferait mieux de s'occuper de la sécurité publique monsieur Castaner il ferait mieux de s'occuper de faire respecter le confinement dans les zones de non-droit en France où il n'est pas respecté il ferait mieux de protéger les policiers qui font l'objet d'agressions permanentes dont deux ont été grièvement blessés dans le cadre d'un attentat terroriste ça c'est le rôle de monsieur Castaner il ferait mieux de faire ça plutôt que d'émettre des commentaires de ce niveau là je encore une fois je joue exactement le rôle qui m'est dévolu par les français je les informe je leur dis ce qu'il aurait fallu faire j'ai réclamé au gouvernement toute une série de mesures qui n'ont pas été mises en oeuvre et dont je pense et je persiste à penser qu'elles auraient très certainement limité la circulation du virus dans notre pays et très certainement protégé notre système de santé des décisions iniques qui ont été celles de monsieur Castaner et de ses amis quand monsieur Castaner était encore un responsable socialiste et qu'ils ont mis l'hôpital public à l'os en le soumettant à une cure d'austérité absolument terrifiante

43:29
Présentateur

merci Marine Le Pen merci d'avoir été avec nous en direct ce midi dans BFM politique grâce à Marion Delpierre et à Charles Kemener restez avec nous sur BFM TV dans un instant Philippe Godin vous rejoindrez avec Flans du Prat on se retrouve nous tout à l'heure à 17h merci d'avoir regardé la vidéo

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national - 03/05 — Marine Le Pen · Pourquijevote