Y a-t-il une faillite de notre système éducatif ? Joachim Le Floch-Imad x François Piquemal (LFI)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face. Jean-François Achili. Y a-t-il une faillite de notre système éducatif ?
Pour en débattre, bonjour à vous Joakim Lefloquimad. Bonjour et merci pour votre invitation. directeur de la fondation respublica.
Ça c'est celle qu'avait fondé Jean-Pierre Chavinement, enseignant, auteur de main basses sur l'éducation nationale enquête sur un suicide assisté aux éditions du CF que j'ai lu et qui est un ouvrage très documenté où vous proposez quand même quelques pistes de sortie. Avec nous également, soyez le bienvenu. François Picmal, député la France insoumise de Haute Garonne, candidat aux élections municipales de Toulouse.
Vous avez été professeur alors d'histoire pendant 10 ans enseignant en histoire géographie en lettrre en lycée professionnel pour être exact et notamment lycée polyvalent du Mirail. J'en ai fait d'autres un des établissements puisque vous savez qu'en tant que jeune professeur vous tournez beaucoup au début. Oui, absolument.
Et vous, je précise que vous avez été également porte-parole pendant une décennie de l'association le Dall, le droit au logement. Tout à fait à Toulouse. Voilà, le portrait est complet. 0826 300 300.
Vous nous appelez, vous témoignez, vous vous réagissez dans la la vérité en face. Et j'ai envie d'ouvrir ce ce cet ouvrage avec vous euh cet essai Joakim Lefloc Imad. J'ai presque envie de vous dire, c'est un un livre assez vitriole, hein, le titre est fort d'ailleurs, qui fait main basse sur l'éducation nationale.
Qui fait main base sur l'éducation nationale. Déjà, je pense queon ne dira jamais assez que la noirceur dans laquelle l'école française s'enfonce aujourd'hui est dû d'abord et avant tout à une démission du politique. Un mélange d'inadvertence, d'idéologie, d'inconséquence, d'amateurisme que l'on voit depuis des décennies dans ce ministère avec des des ministres qui défilent à un rythme toujours plus rapide. min en moins de 2 ans récemment si ministres sur des lignes en tout point antagonistes et c'est c'est un vrai défi car l'école est par excellence le ministère de la raison et du temps long.
Vous pouvez pas avoir des ministres qui défilent sur des lignes que tout oppose. Par exemple, j'aimerais bien savoir quelle est la cohérence entre un Jean-Michel Blanquaire et un Papendiaï. il y en a absolument aucune et sur fond d'amateurisme, sur fond d'inconséquences du politique, vous avez en effet une sorte d'état dans l'état qui euh qui fait main base sur l'éducation nationale.
C'est en effet l'expression que j'ai employé dans ce livre qui corsette le ministre, qui défie son autorité voir qui édulcore les réformes. Même Anne Junent a reconnuelle elle a dit elle a dit s'être heureté à une administration qui tendait à avancer seule et qui prenait des décisions de nature politique à sa place. Anne Jé qui a été une ministre éphémère hein de l'éducation nationale exactement.
Qui n'a peut-être pas été une grande ministre, je suis assez dur avec elle dans cet ouvrage mais sur mais sur ce point elle a raison et je pense que cette prise de pouvoir de l'État dans l'état par rapport aux politiques est un vrai problème. C'est un problème de c'est un problème de nature démocratique, c'est un problème éducatif et c'est aussi un problème pour la France puisque je ne pense pas que la vision de l'école que défend l'État dans l'État soit très saine et très en phase avec les besoins réels de la nation. Je vais donner la parole à François Picman.
Ça m'intéresse. He vous êtes à la fois un élu de la France insoumise mais aussi un enseignant hein. Juste quelques mots quand même pour qu'on comprenne bien Joaquim le Floquy.
Mat qu'est-ce qui a changé dans l'école aujourd'hui ? Je sais bien qu'on peut pas résumer tout l'ouvrage en quelques mots mais quand même planter le décor avec nous. Beaucoup de choses ont changé et je crois qu'on dira jamais assez que l'école de la République a subi non pas un déclin mais un effondrement.
J'en veux pour preuve la chute absolument drastique et documentée tant par les évaluations nationales que par les évaluations internationales, les enquêtes du niveau du niveau scolaire, c'est ça. Alors en math chez les écoliers en CM1, on est à peu près entre le Kazakhstan et le Montenegro. En lecture, on est 16e sur 19 dans l'Union européenne aujourd'hui.
On a 50 % des élèves en 6e qui sont incapables de dire combien de quarts d'heure il y a dans tris quarts d'heure. Je pense pas qu'on qu'on en était à ce stade il y a une dizaine, il y a une vingtaine d'années, même s'il y avait déjà des livres assez sombres qui trava dans votre intro spectaculaire. Exactement.
Et mais par ailleurs, le problème auquel les problèmes auxquels l'école est confrontée aujourd'hui ne sont pas réductibles à cette question de l'effondrement du niveau. C'est aussi la crise de dignité qui frappe nos professeurs, le mal-être de nos personnels éducatifs, plus 567 % de démission en 10 ans. Et c'est enfin c'est enfin le le délitement de l'autorité, la montée des la montée des violences.
On a le troisème climat scolaire le plus dégradé de l'OCDE. Alors que l'école doit être un devrait être un sanctuaire. Il peut il peut pas y avoir de transmission des connaissances dans un climat disciplinaire qui est toujours plus dégradé.
Je pense qu'il faut rétablir l'autorité de la parole professionale et la verticalité qui est qui est quand même la base de tout selon moi dans l'école. C'est ce que vous dites Loï. Donc le Joaquim le floc pardonnez-moi Imad remettre le professeur au centre de de du jeu.
François Picmal, est-ce que vous êtes d'accord avec le constat qui est fait à l'instant ? Alors il y a il y a beaucoup d'éléments qui ont été dit. Moi, je peux être d'accord avec certains constats et puis on va avoir des divergences de vue notamment sur les solutions et c'est normal et en tout cas ça mérite de poser un débat intellectuel de fond parce que aujourd'hui moi en tant que élu, vous l'avez dit et et j'étais enseignant, je suis atterré de voir la dégradation dont a fait l'objet l'éducation nationale depuis plusieurs années.
Et il n'y a pas une semaine dans ma circonscription à Toulouse où je n'ai pas eu une mobilisation dans une école, un collège, un lycée parce qu'il manquait de personnel, parce qu'il y avait un incident, parce qu'il y avait des élèves qui n'avaient pas de remplaçant et cetera. Vous savez, à Toulouse par exemple, on compte que chaque jour c'est 300 postes non remplacés. Donc des élèves qui n'ont pas du contenu pédagogique qui leur est essentiel bah pour progresser tout simplement.
Euh on a un bilan euh politique et euh je pense qu'il faut venir dessus. Euh c'est-à-dire que monsieur Macron a un projet idéologique pour l'école, c'est celui de favoriser, on en a pas parlé, c'est un petit peu l'éléphant dans la pièce, l'enseignement privé et pour ça, il a procédé et il a été euh en cela de vous êtes sûr que le président veut favoriser le privé. Je Oui, je vais vous dire, je vais vous dire pourquoi.
Parce que ça se voit concrètement. Quand vous êtes parent d'élèves, vous souhaitez, c'est bien normal, le meilleur pour votre pour votre enfant. Vous êtes d'accord avec ça ?
Je pense quand dans certaines écoles ou collèges, vous pouvez avoir par exemple des élèves qui ne vont pas avoir de cours de math pendant euh 2 semaines, et bien forcément vous allez commencer à à réfléchir à vous dire mais est-ce que si je souhaite que mon enfant ait un niveau de math acceptable, il va pas falloir que je fasse le sacrifice économique de l'envoyer ailleurs pique mal. Ce sont les ce sont les failles du public qui qui qui font que le privé se développe peut-être dans ce sens. Mais je pense que les failles du public sont organisées.
Quand vous avez la suppression de 9000 postes sous la Macronie, c'est une organisation des failles du public. Quand vous avez un métier et vous l'avez dit qui est totalement dévalorisé en terme de salaire, de reconnaissance sociale, on nous avons aujourd'hui une crise de recrutement, c'est une organisation politique, ça ne tombe pas du ciel comme ça. Donc il y a il y a un choix délibéré et je pense que celui qui l'incarnait le plus, c'était monsieur Blanquer.
Depuis, on a eu le droit à des passages de moulin avant. Mais monsieur Blanquer incarnait ça, c'est-à-dire une déconstruction de l'école publique, une destruction de ses moyens matériel et humain pique mal. Mais parce que c'est une réalité qu'on retrouve sur le terrain.
Monsieur 0826 300 vous nous donnez votre avis sur ce que dit à l'instant qui est intéressant François Picmal Joacim Le Floc Kim. Je vous ai vu au che de la tête est-ce que vous vous avez cette lecture là vous aussi on sera pas exactement d'accord sur ce point mais ce ne sera pas surprenant je je crois déjà j'aimerais j'aimerais dire qu'il y a il y a un effondrement il y a une crise qui concerne également l'enseignement privé. tous les problèmes que j'ai décrit dans mon exposé liminaire, il frappe également l'enseignement privé.
Par ailleurs, moi je je n'irai pas sur votre terrain qui consiste à opposer les écoles entre elles. Les guerres scolaires ont déjà fait énormément de mal dans ce pays au fil des décennies. On a mis ça a mis des centaines de milliers de personnes dans la rue.
Moi, je je ne veux pas abattre le peu dans le système éducatif qui tient encore debout. Je veux reconstruire une école de l'excellence au service de tous les jeunes français. Moi, je suis pas du tout de cette droite qui défend le libéralisme scolaire.
Vous vous le vous le verrez dans mon ouvrage, mais je pense que qu'on aidera pas le public en détricotant ce qui marche dans le privé mais en remettant de l'exigence intellectuelle au centre du système éducatif. Le discours sur la mixité sociale, il n'a selon moi de sens que s'il va de paire avec un discours sur l'ambition intellectuelle. Et c'est de cette absence d'ambition intellectuelle.
C'est de cette absence d'accent mis sur le savoir que l'école publique crève aujourd'hui. Selon moi, ne bougez pas messieurs, vous allez pouvoir reprendre la main juste après. Euh nous allons joindre dans un instant Hervé qui nous appelle d'Anthony pour témoigner et et messieurs euh Joaquim Leflockimad et François Picmal, je voudrais qu'on soulève le capot un petit peu de de la machine, voir qu'est-ce qui aura dysfonctionné au fil des des années, des décennies, qu'est-ce qui se sera dégradé réellement dans notre système scolaire 0826 300.
Vous nous appelez à tout de suite pour la la suite de la vérité en face. Le grand matin Sud Radio, la vérité en face. Jean-François Achili.
Y a-t-il une faillite de notre système éducatif en ce jour de rentrer ? La question est posée avec nos deux invités. La vérité en face 0826 300 300 et nous sommes en ligne avec vous.
Bonjour Hervé. Oui, bonjour. Et vous nous appelez d'Anthony Hervé.
Soyez le bienvenu ce matin sur Sud Radio. Hervé, vous êtes prof d'histoire à la retraite. C'est bien ça ?
À la retraite, exactement. Je suis Oui. Oui.
Professeur d'histoire. Je suis même historien. Donc historien.
Quel Quel est votre regard sur ce que devient le système éducatif ? Ben ce que devient le système éduc. Écoutez, alors dans le moi je dis vous parlez quand même dans le domaine de l'histoire, même dans le domaine des du français, il faut recentrer euh sur euh euh ce qu'on appelle les fondamentaux, c'est-à-dire les les sujets fondamentaux pour construire une nation, une nation française.
Donc il faut refaire de la chronologie, il faut réapprendre les grands auteurs, les grands auteurs français. Bon, c'est en partie, c'est en parti fait, il y en a qui le font bien évidemment. C'est vrai que en 6e, on fait la mythologie greque.
Tout ça c'est tout ça c'est important parce que c'est partie de notre bagage bagage culturel et donc il faut refaire de l'histoire de France. Franchement là c'est c'est c'est urgent quand vous pensez qu'il y a plus il y a beaucoup de drapeaux dit palestinien dans les rues de Paris plutôt que le drapeau français. Donc c'est quand même quand même une catastrophe culturelle.
Donc c'est nous on est on est on est on est confronté si vous voulez à une dépossession culturelle et de et d'autres civilisations essayent de prendre de prendre la place. Donc c'est c'est moi oui, je vous écoute. Qu'est-ce qui a changé dans l'exercice de votre profession de de d'enseignant d'histoire ?
Qu'est-ce qui a qui a échangé au fil des années ? J'ai presque envie de dire des décennies sans être désobligeant hein. Non non mais non mais ce qui a changé bah non mais ce qui a changé notamment si vous voulez c'est que par exemple on fait plus on par on fait plus le territoire français on fait des flux. euh en géographie euh dans le domaine et et dans le domaine, on a on a considérablement réduit si vous voulez euh que ce soit pour euh les les le collège ou euh le le lycée, on a consellement euh réduit euh les les sujets abordés et donc on les simplifie à l'extrême, ça vient des caricatures.
Donc il faut refaire de l'histoire et de l'histoire comme on en faisait autrefois sous la 3è République. Donc je crois pas que la 3è République était un régime fasciste. Donc si vous voulez non mais il faut remettre les points sur les îles et puis d'autre part il faut rétablir al on le dit mais mais c'est c'est vraiment un serpent de mer rétablir l'autorité c'està dire que par exemple j'ai entendu Élisabeth Borne le ministre de l'éducation nationale nous nous parler nous parler de de contrôler de dire il y aura un conseil de discipline pour ceux qui bon je veux dire c'est tellement évident que c'est même pas la peine d'en parler en revanche moi ce que je ce que j'aimerais c'est que ceux qui sont pris par avec des couteaux ils soient définitivement exclus de l'éducation nationale.
Allez, en tous les cas, merci Hervé pour ce regard que vous portez, homme d'expérience, vous dites quoi ? Revenir à des fondamentaux. Merci Hervé.
Euh vous nous appeliez d'Anthony. Messieurs, je me tourne vers vous. Joaakim le Flockimat d'abord puis François Picmal.
Euh vousz entendu hein Hervé à l'instant. Il a beaucoup de choses qui ont été dites. Beaucoup de choses dites.
Euh quel est au fond ? Qu'est-ce qui aura dysfonctionné ? C'est c'est important d'en finir avec ce ce constat, cet état des lieux avant de parler des solutions éventuelles.
Je pense que ce ce professeur, cet historien dit des choses importante sur le déclin de l'autorité de la parole professorale et je je j'ajouterai une chose, c'est que l'autorité professionale, elle est indissociable d'une capacité à l'admiration, à susciter l'admiration. Et aujourd'hui, le problème est que vous avez de plus en plus de professeurs, notamment des plus jeunes, qui ont le sentiment d'être livrés face à des classes qui sont les plus chargés de l'OCDE, qui ont le sentiment d'avoir été mal formé, de ne pas être au niveau, de ne pas comprendre le sens de leur de leur métier. Et tant qu'on que le politique sera incapable de répondre à ça, on aura toujours plus de délidement de l'autorité au prix d'une explosion des violences he parce que je rappelle des chiffres dans mon ouvrage qui sont juste édifiants.
Plus 114 % d'incidents graves signalés à l'école publique en 3 ans, c'est un vrai problème. Donc ça implique une reprise en main en matière pénale, en matière sécuritaire en amont, mais ça implique surtout une réponse éducative cohérente puisque c'est vraiment ça le message que j'ai voulu faire passer dans cet ouvrage conformément à la pensée d'Ana Rent, c'est de dire que le la barbarie des actes s'inscrit d'abord et avant tout dans un vide de la pensée. Et si vous avez une école qui dysfonctionne toujours plus, qui produit toujours plus de l'ignorance en masse, vous aurez demain toujours plus de décilisation dans la société française.
François BCmal là-dessus, ce regard qui est assez réaliste hein de de la part de de Joaquim le Flokimad, vous l'avez vécu vous en tant que qu'enseignant. Changement de climat en fait. En fait, je pense que le débat il est intéressant parce que ce qu'a dit Hervé, ce que vous venez de dire c'est une vision politique de l'éducation et l'éducation, il faut pas se mentir, c'est une vision politique.
Ce qu'on enseigne, c'est des choix qu'on fait pour qu'on enseigne telle période ou telle thématique plutôt qu'une autre. Ce sont des choix qui sont faits sur des bases pédagogiques mais aussi sur des visions de société. Et je pense qu'aujourd'hui moi, il y a un chiffre qui qui me marque, c'est 23 enseignants ont songé à démissionner de l'éducation nationale.
Alors, il y a le manque de moyens, on en a parlé, il y a le manque de valorisation du métier et nous sommes à des pays où les enseignants sont les on ont on sont ceux qui ont eu le moins de progression salariale, notamment dans les pays de l'OCDE. Il y a la surcharge des classes. Vous avez vous en avez parlé.
Moi en lycée, vous avez euh 70 % des classes qui sont à plus de 30 élèves, 20 % à plus de 35 élèves. Vous ne faites pas le même métier si vous avez la moitié de ce groupe-là que si vous avez des classes entières comme celle-ci. Il y a la question des rythmes scolaires et cetera.
Mais la question du sens est pour moi celle qui est peut-être primordiale. C'est là-dessus qu'on aura des différences d'opinion. Moi, je pense que il y a une sorte de crise sociale.
D'ailleurs, la crise politique, on est un symptôme sur quelle société nous voulons construire ensemble, quel horizon nous avons. Nous, nous avons un horizon, par exemple, c'est la planification écologique, l'émancipation individuelle et collective. Et là-dessus, ça mérite un débat politique, mais c'est ce qui a permis, j'entendais l'auditeur parler de la 3e République, il y avait un horizon social dans lequel chacun s'inscrivait.
Et à partir de cet horizon-là, et bien on doit choisir quel moyen matériel et humain on met en place pour servir cet horizon et cette projection de la société et l'enseignement qui est fait. Et en ce moment, je pense que c'est la déliqua plus totale. Et tout à l'heure, vous avez balayé un petit peu d'un revers de main la question de l'enseignement privé en disant "C'est une nouvelle guerre scolaire.
C'est pas le sujet, c'est qu'aujourd'hui quand vous regardez l'enseignement privé, il est financé à 77 % par des fonds publics. Il fait économiser de l'argent à l'État. Je finis 9 milliards, je pense pas 9 milliards d'euros par an sur le sur le projet de loi finance 2024.
Mais je vous donne ça. Aujourd'hui, l'éducation nationale est devenue une fabrique à inégalité scolaire. Et pourquoi je parle de l'enseignement privé ?
Parce que 60 % des élèves qui sont sont issus des classes favorisées et très favorisées. À l'inverse, dans l'éducation prioritaire, 60 % des élèves qui y sont issus des classes populaires. Et donc, on a une éducation à plusieurs vitesses.
C'est pas moi qui le dit, c'est l'OCDE qui le documente qui fait qu'aujourd'hui 6 % des élèves qui viennent des classes les plus défavorisées seulement ont peut-être une chance d'être parmi les meilleurs élèves. Et donc on a une fabrique d'inégalité qui se joue notamment sur bah la surcharge des classes, sur la carte scolaire et tout ça doit être remis à plat et on doit faire en sorte d'apporter l'éducation accessible, gratuite et de qualité à tout le monde dans ce pays. Alors, vous êtes un désaccord sur public privé, mais je voudrais aller plus loin avec vous Joakim Leflock Kimat sur le sur le fait que comment est-ce qu'on on est arrivé là en réalité parce que ce constat il est relativement partagé sur la déliquence, l'affaiblissement du système et ce côté l'école réceptacle de de tous les problèmes sociaux.
Oui, juste une répondez répondez répondez juste une statistique pour répondre pour répondre sur l'enseignement privé. un un élève dans le privé en primaire aujourd'hui coûte à l'état 55 % du coût d'un élève dans le public. Donc le le privé fait économiser de l'argent maintenant ça n'enlève rien en fait qu'il y a évidemment des inégalités extrêmement injustes dans la société.
On pourrait essayer d'autres chiffres he le fait qu'un enfant pauvre aujourd'hui a 10 fois moins de chance de s'en sortir qu'un enfant riche. Mais ça ça ne tient pas un projet inégalitaire au sommet de l'État. Ça tient au fait que l'école est malade.
Et parce que l'école est malade parce qu'elle a renoncé à transmettre les savoirs, vous avez toujours plus d'in égalité dans la société. Parce que qui a besoin de l'école et je pense qu'on sera d'accord là-dessus, c'est d'abord et avant tout les gens d'un milieu populaire, ceux qui n'ont que l'école pour s'en sortir, pour s'élever, pour accéder à des monde nouveaux, pour selon le mot de Camu être jugé digne de découvrir, de recevoir le monde. Moi, je viens d'un milieu modeste et j'ai bénéficié d'une école qui était fidèle à sa vocation et demain, j'ai pas envie qu'on s'attaque à à l'école privée sous prétexte de réduire les inégalités.
J'ai plutôt envie qu'on reconstruise une école de l'excellence au service de tous, pas qu'on oppose toujours plus les écoles entre elles. C'est c'est joué. Alors 0826 300, vous nous appelez toujours hein.
C'est c'est jouable ça. Je reste avec vous. C'est Hervé qui a évoqué Ellisabeth Born la rentrée de la l'actuel ministre en poste le sera-t-elle après le 8 de l'éducation du 8 septembre national.
Cette ministre Joaquim Lefloimot qui qui a voulu qui a insisté notamment sur l'IA sur l'intelligence artificielle. Ça vous fait réagir ça ? Mais Ellisabeth Bor n'est pas une ministre de l'éducation, c'est une ministre de la communication.
Elle ne définit pas une politique éducative, elle définit un cahier des charges sectoriel. Elle colmate les brèches, elle fait semblant de s'attaquer aux conséquences pour ne pas agir sur les causes de fond. Mais elle ce qui m'intéresse si vous voulez, ce n'est pas Ellisabeth Borne.
Elle est que qu'un éème avatar d'une ministre sans vision, sans courage, sans volonté réelle pour l'école. une ministre qui laisse l'école toujours plus naviguer à vue au gré des faites d'annonces de façade de débats périphériques qui sont pas inintéressant. On peut on peut parler de l'intelligence artificielle à l'école si vous voulez mais je pense pas que ce soit le sujet central pour les professeurs aujourd'hui.
Vous posiez la question centrale tout à l'heure, vous demandiez est-ce qu'on peut encore redresser l'école et c'est fondamentalement le message que j'ai envie de faire passer en cette rentrée scolaire. Je je je profite de l'antenne de l'antenne que vous mez ce matin pour dire au professeur en première ligne ne vous résignez pas, l'école n'est pas foutue. Les mauvais choix d'hier peuvent être défaits demain pour autant qu'il y a une volonté politique pour l'école.
Quand je regarde un peu autour de moi en Europe, je vois des pays dont les systèmes éducatifs étaient en délicence totale. Je pense je pense à l'Estonie, je pense à la Pologne, je pense au Royaume-Uni, je pense au Portugal dans les années 2010. Qu'est-ce qu'on a observé dans ces pays-là ?
Et ben, on a vu qu'avec des politiques de bon sens, avec du courage, on pouvait redresser une école qui allait très mal en quelques années seulement. Et ça c'est une vieille leçon de l'histoire de France. On a toujours su rebâtir sur les ruines et je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas faire de même demain.
François Picmal sur cette rentrée de la ministre Eabhet Borne et c'est ses ces mots, ses messages, ce sont Lia et autres. Vous dites qu'il a le le diagnostic n'est pas le bon. Alors, si vous voulez là-dessus euh qu'on parle de l'intelligence artificielle, que ça devienne un sujet, y compris dans l'éducation nationale.
Euh, il y a pas de souci pour l'aborder, mais je pense qu'on est dans une perte de sens et là-dessus, on est d'accord. Après, on a des désaccords notamment. Moi, il s'agit pas, pour reprendre vos propos de dire que l'enseignement privé c'est mal, c'est pas mon sujet. c'est qu'aujourd'hui et c'est là où vous avez une petite contradiction, c'est-à-dire vous faites des constats que je peux partager en partie, mais par exemple vous refusez de parler du fait qu'il y a une politique volontaire d'inégalité scolaire.
Qu'est-ce que c'était d'autre ? Qu'est-ce que c'était d'autre que les groupes de niveau de Gabriel Atal si c'était faire une école à deux vitesses ? Et d'ailleurs et pour prendre cet exemple, vous imaginez, attendez François PM, vous imaginez des politiques de essayant de détruire l'école publique pour favoriser le privé ça paraît Oui, moi je pense que c'est la volonté complotist.
Non, c'est pas complotif l'inverse. En plus, c'est un projet politique de monsieur Blanqué une réforme depuis 40 ans qui a pas été défendu. Admettons que ce ne soit pas leur projet politique.
Avouez quand même que le résultat c'est celui-là aujourd'hui. Donc je vais vous donner un exemple et je vais vous donner un exemple juste pour les groupes de niveau. Monsieur Atal a lancé les groupes de niveau.
Il aurait fallu pour les assurer 19000 postes comptabilisés par les syndicats. Il y en a eu seulement 800. Donc on voit qu'on est dans des injonctions totalement contradictoires sans moyen pour les app monsieur monsieur ce que je vous propose nous allons marquer une pause.
Vous nous appeler toujours au même numéro 0826 300300. Dans un instant, nous serons avec euh Nathalie qui témoignera, qui est professeur d'anglais au lycée à Juvisi sur Orge. Et puis si vous si vous êtes d'accord messieurs, dans la dernière partie, nous essayerons de voir quelles sont les pistes de possible résolution hein de de ce problème parce que c'est bien de faire un constat encore faut-il pouvoir essayer d'en sortir 9h46 la suite de la vérité en face sur Sud Radio.
Le grand matin Sud Radio, la vérité en face. Jean-François 9h49 minutes la vérité en face et nous sommes en ligne avec vous. Bonjour Nathalie.
Bonjour. Vous êtes à Juvisi sur Orge Nathalie et vous enseignez l'anglais au lycée. C'est ça.
J'uris besoin de quelques cours avec vous d'ailleurs au passage. Le le système éducatif, quel regard avez-vous sur lui aujourd'hui ? Je crois qu'on peut affirmer, il y a plus des bar.
Je pense que le système éducatif est en train de s'effondrer. S'il est pas déjà effondré, eu il par plusieurs causes, hein. La perte d'autorité des professeurs, les chefs d'établissement qui sortent les parapluies au lieu d'affronter les difficultés. pas soutenu par une hiérarchie hein non plus hein.
Le rectorat euh maintenant va même à l'encontre des de des enseignants notamment avec l'arrivée. Elle est repartie d'ailleurs, elle a trouvé un bon job de Charlie Navell hein qui était la camarade de monsieur Macron. Donc tout ça est un cocktail explosif.
Qu'est-ce que vous vivez au quotidien Nathalie ? Au quotidien, je vis des bras de fer avec des enfants, des élèves, des bras de fer avec les parents d'élèves euh qui ont qui ont toujours dans la négociation. Euh on a toujours tort, on ne fait pas assez bien, on on n'est pas assez bienveillant.
Donc on est en train de en fait, on est à la fois dans un supermarché, dans une garderie. Oui. Et vous diriez, je fais un pas de côté Nathalie que l'avèement des écrans dans nos vie quotidienne il est aussi peut-être pour quelque chose il y a quelque chose qui a changé aussi dans l'éducation de nos enfants.
Oui, c'est rajouté. Bon, on va dire oui, les réseaux sociaux se sont rajoutés à la à la à la panade mais on peut pas lier tout à cela. Ça a commencé il y a bien longtemps.
On a on a aussi une éducation parentale à la dérive totale. Euh dans la bienveillance, trop de bienveillance tue la bienveillance. Donc en fin de compte, on a des enfants qui ne qui n'acceptent plus la frustration du nom, de la mauvaise note, de l'effort.
Donc ça ne marche pas. Vous voulez dire que la démission parentale se traduit désormais en salle de cours ? Alors c'est pas forcément la démission.
Alors, il y a la démission, c'est vraiment l'extrême, hein. Il y a une forme de C'est plus facile si je dis oui, de laisser aller, de laisser aller, de l'xisme. Effectivement que c'est plus facile de dire "Oui, le nom est plus difficile, seulement le nom est formateur." Ultime question avec vous, Nathalie.
Vous aimez toujours votre métier ? Je l'aime toujours. Je n'aime pas mes conditions de travail.
Voilà, c'est dit, c'est clair. Et je pense qu'il y a Oui. Et je pense qu'il y a fondamentalement un projet qui consiste à démolir le public.
Bon, ça se voit bien pour à la limite, comment dirais-je, soutenir les privés, mais j'en suis pas si sûre puisque eux s'affrontent un clientélisme terrible, donc ça ne donne pas grand-chose non plus. Je pense qu'il y a même le projet de tout privatiser, que ça coûte moins cher. Point final.
Merci pour ce témoignage Nathalie. Bon courage hein dans votre lycée. Vous enseignez l'anglais à Juvisi sur Merci pour ce témoignage.
François Picmal, bah ça vous ça vous va ce qui vient d'être dit ? Bah c'est ce que je vous disais avant avant qu'on écoute Nathalie. C'est-à-dire que je pense qu'aujourd'hui on a tous ce sentiment là.
Enfin beaucoup sentiment quand même. Oui, mais sentiments. Mais même si vous voulez, moi je veux bien que vous me disiez que c'est pas un projet politique, mais regardez regardez aujourd'hui le paysage.
Enfin, on on a des enseignants qui qui enseignent dans des conditions délétaires qui ne sont pas valorisés du point de vue salarial, du point de vue de la reconnaissance symbolique qu'il devrait avoir et on a une crise de sens dans l'éducation nationale. Alors, une fois qu'on a dit ça, vous avez raison, faut faire des propositions. Voilà.
Et ben je vous en donne quelque chose. Merci merci de de faire la transition parce que leur tourne et vous avez raison. Ben voilà la première c'est que il faut étant donné le manque d'enseignants formés et qui vont être stable dans les établissements recruter et former massivement 160000 enseignants.
Il fait aussi des personnels éducatifs. C'est pour ça qu'on veut recruter 8000 CPE et assistants d'éducation et 6000 personnels médicaux-sociaux. parce que combien de fois j'ai fait des établissements où il y avait pas d'infirmiers ou d'infirmière disponible pour les élèves et les enseignants et les personnels d'ailleurs pendant des mois.
Ensuite au niveau j'aimerais dire sur quelque chose qui peut paraître anecdotique mais qui est important, l'école doit être gratuite. Or aujourd'hui payer les fournitures scolaires pour beaucoup de parents d'élèves, c'est une difficulté financière. Et bien, je pense que nous devons à l'échelle nationale comme locale assurer le fait qu'il y ait des kits de fourniture scolaire, qu'il y ait la cantine gratuite.
Et il y a un chiffre sur lequel j'aimerais venir parce qu'il est assez symptomatique du traitement de l'éducation et de l'enfance. 2159 enfants ont dormi à la rue cet été. Comment peut-on enseigner peut comment peut-on apprendre correctement quand on vit à la rue avec ses parents ?
Et il y a une dernière chose sur laquelle j'aimerais venir, c'est qu'il faut faire des groupes scolaires de petite taille. Moi, je vois à Toulouse, la municipalité engage des groupes scolaires où il y a 15, 20, 25 classes. C'est pas possible.
Si on veut faire de l'enseignement euh dans la dentelle pour être au plus proche des élèves, il faut moins de 12 classes par groupe scolaire. Joakim Le Floquimy un certain nombre de de propositions, hein, dans votre essai. Allez-y.
Je vais juste répondre sur c la gratuité intégrale puisquelle est en effet au cœur du programme éducatif que j'ai lu avant de venir du nouveau Front populaire pour l'école. vous proposez la gratuité intégrale de la cantine scolaire, des fournitures, des transports et des activités périscolaires. Dans un dans un monde idéal, j'aimerais vous répondre que c'est possible, mais je suis malheureusement contraint de vous dire que la gratuité ça n'existe pas, qu'à la fin il y a toujours quelqu'un qui paye.
Et d'ailleurs l'Institut Montigne estime le coût de votre proposition à 13 milliards de dépenses par an. Je sais pas si vous vous rendez compte mais en terme d'ordre de grandeur, c'est 20 % du budget de l'éducation nationale aujourd'hui. Bon, je sais que vous n'êtes pas à sa près au nouveau Front populaire puisque pour votre programme pour finir par une citation qui vous mett votre programme c'est 233 milliards de dépenses en plus.
Mais les les français, ils ont déjà le sentiment d'être asphixié fiscalement. Faut laisser leur portefeuille tranquille monsieur. Il suffit tout simplement que les ultes.
Joakim le floc im la parole est à vous. Maintenant, oui, sur j'ai écrit ce livre non pour en rester au stade du constat, mais pour faire des propositions. Il y a 60 pages de propositions de politique publique très précise à la fin, tant sur le retour des fondamentaux, le détricotage de la vision par compétence très néolibérale d'ailleurs, le détricotage des sciences de l'éducation, réécrire les programmes, reconstruire la valeur certificative des examens, remettre de la sélection, du redoublement des notes à tout niveau. parce que je pense que notre école crève aussi d'un manque de sélection et je pense que à contrairement à vous que la non sélection à l'université c'est un drame absolu au prix d'un coût pour la nation de 532 millions par an, ce qui est juste habissal mais tous ces changements de politique publique que j'appelle de mes vœux, ils ne seront possibles que si le politique reprend le pouvoir, s'il cesse d'un contrepouvoir d'être un contrepouvoir et s'il se libère de l'emprise de la technure.
C'est pour ça que j'ai proposé des rotations stratégiques au poste clés. C'est pour ça que j'ai proposé de démancler une partie du milfoil administratif et c'est pour ça enfin que j'ai proposé de sanctionner tous les fonctionnaires, tous les syndicalistes qui violent le devoir de loyauté et le devoir de neutralité qui est reconnu dans les textes officiels. Voilà qui est dit.
Merci à vous Joakim Leflo Imimad, directeur de la fondation Républicain. On rappelle le le titre de votre essai qui est assez musclé, main basse sur l'éducation nationale. Euh enquête sur un suicide assisté, je vous cite he le titre aux éditions du CERF.
Merci à vous François Pickman. Oui, juste à vous remercier de ce débat et inviter nos auditeurs à aller consulter le rapport de Paul Vanier et de monsieur Weisberg qui était un député macroniste sur l'enseignement privé. C'est en ligne, c'est un rapport parlementaire.
Il est très éclairant de ce point de vue-là. Et je rappelle François Picmal, député la France insoumise de Haute Garonne et candidat aux élections municipales à Toulouse. Merci à tous les deux.
Exactement. Bonjour à Toulouse. Allez, c'est la fin de la vérité en face.
Il est 9h57. J'ai le plaisir d'accueillir en studio. Ben, ça y est, c'est la rentrée.
Je suis Cné là, ils sont de part et d'autres. Valérie Expert et et Gill Gansman. Bonjour à tous les deux.
Bonjour. C'est reparti pour une saison. Bonour.
C'est reparti pour une saison. avec très très heureuse de retrouver les auditeurs de Sud Radio et d'accord. Mettez-vous d'accord.
Alors, petit changement, petite nouveauté. Cette année, les médias vont passer à 11h30 et nous allons continuer dans la dans la longue lancée de la voilà, nous inversons les médias avec les débats, nous commençons à 10h avec les débatteurs et suivront ensuite les médias à 11h30. Donc bah les sujets d'actualité et puis aussi les points de vue de tous les débatteurs qui seront là aujourd'hui.
On va revenir sur les les arrêts maladies avec Sophie de Menton en particulier. On va parler évidemment de François Bairou de la déconnexion des politiques et puis de notre sondage IFO fiducial Sud Radio avec Frédéric DBI avec les Français qui sont très pessimistes pour ne pas dire déprimé Gil Gem ça vous va d'être à la fin ? Bah oui, petite moi du monde.
Je suis avec Valérie. Petite respiration à 11h30 euh comme ça l'info continue et puis on respire à 11h30. On aura euh on aura comme invité Lionel Stan qui est le patron d'âge de zo pour l'arrivée de Cyril Anouna qui arrive à 18h30 sur W9.
C'est la grosse c'est vraiment la grosse actualité média de ce jour. Et puis on aura Christine Bravo qui demain soir sera sur M6 dans les traîtres. Vous savez ce format des loupgarou sur M6.
Merci à tous les deux. Ben à tout de suite pour Mettez-vous d'accord sur Sud Radio.
François Piquemal