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interviewPublic Sénat· 12 mai 2026 27 min

Vers un dégel durable des relations France-Algérie ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci beaucoup Stéphane pour cette revue de presse à les places au débat des éditorialistes. Va-t-on vers un réel dégel des relations entre la France et l'Algérie ? Lénine Élisée a annoncé que l'ambassadeur de France en Algérie allait retourner sur place.

Les retours d'OQTF ont repris. La ligne diplomatique est-elle plus payante que celle de la fermeté prônée par Bruno Retailleau ? Nos éditorialistes vont en débattre et Emmanuel Macron appelle à l'apaisement.

Il s'est exprimé dimanche depuis le Kenya. On écoute. Je considère que mon devoir est de défendre les intérêts des Françaises et des Français.

Et leur intérêt, c'est que nous retrouvions une relation apaisée, constructive avec l'Algérie. Cette relation doit être respectueuse des deux côtés, mais elle doit permettre d'apporter des solutions sur tous les sujets. Et les derniers mois ont causé beaucoup de torts et à l'Algérie et à la France.

Et ce n'est pas notre intérêt de poursuivre cette solution et d'avoir quelques postures de politique intérieure. Et donc mon souhait, c'est avec pragmatisme, au service de l'intérêt de nos compatriotes, pour des solutions, qu'elles soient humanitaires, migratoires, sécuritaires, mais aussi économiques ou régionales de bâtir des solutions responsables avec l'Algérie. J'espère donc que c'est le début d'une progression.

On a déjà eu des premiers signaux et d'une reprise. On va en parler avec vous. Françoise Degoy, bonjour.

Merci d'être là, éditorialiste politique. Arnaud Menetti, bonjour. Merci également d'être avec nous, directeur de la nouvelle revue politique.

Vous êtes fondateur du comité de soutien à Boilem sans salle. Est-ce qu'on est en train, Arnaud, de retrouver une relation apaisée avec l'Algérie quand on entend les propos d'Emmanuel Macron ? Je n'y crois pas du tout.

Je n'y crois pas du tout parce que tout ça relève d'une forme de mise en scène. Vous savez, il y a quand même des faits. Quand on analyse une situation, il faut d'abord regarder les faits.

Moi, je note qu'il y a trois semaines, Kamel Daoud, écrivain franco-algérien qui vit fort heureusement à Paris, a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir écrit un livre, il a été primé d'ailleurs avec le prix Goncourt, qui parle de la décennie noire, que nous avons toujours Christophe Gleize à ce stade qui reste incarcéré, malgré les efforts de la France justement pour essayer d d'apaiser la relation avec le régime algérien. Nous avons des opposants algériens qui sont régulièrement incarcérés en Algérie, une jeune cabine vient d'être condamnée à 5 ans de prison ferme parce qu'elle procédait à des opérations humanitaires en Kabylie. Alors on nous parle d'une reprise éventuelle de certains OQTF, c des chiffres qui sont très faibles, une centaine d'OQTF.

Je rappelle qu'il y a eu 50 000 irréguliers algériens qui ont été contrôlés l'année dernière et les experts considèrent qu'il y en a 50 000 certainement en plus qui ne l'ont pas été. Donc si vous voulez, même sur la question de la politique migratoire, je veux dire, on voit bien que les efforts que l'on demande à l'Algérie ne sont pas finalement à la hauteur de ce que l'on pourrait attendre. Et puis on a un discours du régime algérien qui reste un discours fondamentalement, j'allais dire, emprunt d'un ressentiment qui est un ressentiment fin d'ailleurs, qui ne correspond pas à la réalité de la société algérienne.

Les Algériens ne sont pas forcément anti-français, mais le pouvoir algérien fait du ressentiment anti-français, le facteur de légitimation de son pouvoir, mais aussi de sa cohésion interne. C'est ce qu'il faut bien comprendre d'ailleurs, c'est qu'en fait, le pouvoir algérien est un pouvoir qui est traversé de lutte de clans. Et le seul moyen aujourd'hui de donner de la cohérence à ce pouvoir, c'est de réactiver en permanence le récit anti-français.

Donc vous, vous ne croyez pas à une relation apaisée – Mais quand vous dites mise en scène, c'est la mise en scène d'Emmanuel Macron ? – Non, je pense que ce qu'on a vu ces derniers jours, la visite de Mme Ruffaut en Algérie, la rencontre avec les hiérarches algérien, la visite à Sétif montre en effet la bonne volonté de la France. Mais vous n'avez pas de signaux aujourd'hui du côté algérien qui permettent de croire qu'on va rentrer dans une relation équilibrée.

Juste un dernier point, quand la France remercie le pouvoir algérien de permettre les visites consulaires auprès de Christophe Gleize, on est dans une espèce de soumission absolue. La convention de Vienne oblige ces deux droits, en l'occurrence. Donc on n'a pas remercié le droit.

Sauf qu'il n'y en a pas eu depuis le début de son incarcéré. Oui, d'accord, mais justement...

François, vous croyez en déjà ou pas ? Je pense en apparence qu'il vaut mieux ça que de s'insulter à travers des journaux, si vous voulez, par ministre interposé. Je pense que je préfère voir Alice Ruffaut ou précédemment Laurent Nunez en train de discuter avec le président Téboune plutôt que d d'entendre Bruno Rotaillot il y a un an, enfin je veux dire on peut faire le film, insulté et Téboune qui lui répond si vous voulez des deux côtés.

Ça ça ne crée strictement aucune valeur. Je suis assez d'accord avec Arnaud sur l'idée que voilà c'est un régime qui est monolithique, c'est un régime qui est une dictature, c'est un régime qui a mis en coupe réglée ce pays. Qu'est-ce qu'on fait avec ce régime ?

Quand vous discutez – Mais est-ce que pour vous, c'est un régime qui a envie, lui, de relations apaisées avec la France ? – Écoutez, ce n'est pas le problème d'avoir envie ou pas envie. Vous savez très bien que la relation franco-algérienne, si vous voulez, c'est une relation très particulière, c'est passionnel, c'est une relation, comment dirais qui est inévitable, incontournable.

Vous savez, c'est comme si vous voulaient éviter l'hiver au Canada. Alors bon, là j'ai décidé qu'il n'y a plus d'hiver au Canada. Donc nous sommes dans l'obligation de nous entendre.

Nous sommes dans l'obligation de coopérer. par l'histoire de nos deux pays, etc. Nous devons faire des pas.

Emmanuel Macron, je ne suis pas sûr que les zigzags permanents d'Emmanuel Macron...

Je vous rappelle Emmanuel Macron, 2017 candidat à la présidentielle, il est à Alger et il Il parle évidemment de crimes contre l'humanité. Il n'a pas tout à fait tort. Moi, je fais partie des gens qui considèrent qu'on ne peut pas banaliser et surtout, on doit ouvrir les yeux sur ce qu'ont fait les colons en France.

On est d'accord ? Les colons français en Mais le président Tebboune, et je rejoins tout à fait Arnaud, c'est tout un système qui a mis en coupe réglée ce pays. Vous comprenez très bien que ce pays-là, à part la Kabylie, évidemment, qui résiste, et ça vaut l emprisonnement de Christophe Gleiz parce que il est allé faire en gros des reportages dans ce qui est le symbole de la résistance cabile, qui est l'AJSK, bien sûr le club mythique de football de Tizi Ouzou.

Eh bien, Ce pouvoir-là, il est là. Comment est-ce qu'on le manœuvre ? Eh bien on le manœuvre par petits bouts.

Je pense que l'idée de mettre de l'ego là-dedans, de dire il faut le faire plier par la force, qu'est-ce que vous faites plier ? Qu'est-ce qu'il a obtenu Bruno retaillot qu'est-ce qu'on a obtenu rien du tout aujourd'hui c'est une forme de diplomatie moi je suis pas d'accord quand arnaud parle de soumission alors parce que tout est soumission la diplomatie à un moment donné ça peut devenir une ça peut être interprété comme une soumission si après demain christophe glaise je vais vite qui a dont la famille annonce qu'elle a renoncé au pouvoir de cassation pour avoir la grâce du président tebboune si demain ou après-demain christophe glaise est libéré on se dira écoutez ça déjà pas si mal les algériens nous font sauter à la corde c'est vrai mais nous aussi la question c'est comment est-ce qu'on peut les faire sauter à la corde je pense que doit quand même y avoir des moyens de faire un peu pression notamment sur les fortunes engrangées par, comment dirais-je, les hiérarches algériens, les oligarques, j'ai envie de dire. Deux éléments, je suis assez d'accord.

Vous êtes d'accord avec ça ? Ah ben, sur la façon dont il faut cibler un certain nombre d'oligarques et hiérarches algériens, je suis d'accord. Je suis moins d'accord sur les enjeux mémoriels.

Les enjeux mémoriels sont des enjeux extrêmement compliqués. Il ne faut jamais oublier qu'il y a des parties en France qui aujourd'hui considèrent qu'elles ont également une mémoire vis-à-vis de l'Algérie. Je pense aux Pieds-Noirs et je pense au Harkis dont on doit entendre aussi l'expression et que Emmanuel Macron n'entend pas parce qu'il est rentré, si vous voulez, dans un débat mémoriel où finalement nous n'entendons qu'une mémoire et nous n'entendons pas la mémoire des autres parties prenantes.

Donc c'est un point important. Faut-il encore qu'on fasse l'histoire et qu'on fasse l'histoire de manière équilibrée, ce que l'on ne fait pas puisqu'on avalise totalement le récit algérien qui est un récit évidemment qui est porté par l'idéologie au pouvoir qui règne à Alger depuis – Non mais Arnaud je vous interromps, vous admettrez qu'au delà du pouvoir portait le récit, vous admettrez que les faits sont atrocement cruels sur la Ils sont atrocements cruels sur la colonie de l'Assemblée française en Ligée, on ne va pas s'engueuler. Non, mais ils sont atrocements cruels sur le plan historique pour les harkis qui ont été massacrés.

Non, mais ça je suis d'accord. Ils sont atrocements cruels pour les pieds-noirs. Et si l'Algérie commence à faire l'histoire de la colonisation, il faut qu'ils fassent l'histoire de la colonisation et de toutes les colonisations dont ils sont d'une certaine manière le produit également de la colonisation automale. – Ah non, on ne va pas recommencer avec C'est un point.

Non, mais c'est un point. Arnaud, terminez, Françoise, vous lui répondez. Non, mais terminez là-dessus, comme ça, Françoise vous répond.

Sur le deuxième aspect, sur Bruno Rotaillot, il y a eu une espèce de légende urbaine qui s'est propagé cette dernière année sur, finalement, la politique de rapport de force que voulait mettre en place Bruno Rotaio, mais qu'il n'a pas mis en place. Clairement, il y a eu un discours, en effet, qui était un discours de fermeté. Mais de toute façon, à partir du moment où au niveau de l'État français et du gouvernement français, personne n'était aligné sur la même ligne, la politique de fermeté était totalement impossible.

Donc dire qu'il y a eu une politique de fermeté ou politique de rapport de force, il y a eu une politique de rapport de force verbale, mais il n'y a pas eu une politique de rapport de force sur un plan pratique. Et sur le sujet que vous abordez, Françoise, en en effet, celui qui consiste maintenant à dénoncer le double discours des hiérarches algériens qui tapent sur la France à Alger, mais qui profitent, en effet, d'une certaine manière, d'un certain nombre de largesses en en France, notamment en termes de visa, en termes de gestion de leurs propres biens financiers, familiaux. Je veux dire, il n'y a strictement rien qui n'a été fait.

Et là, on a en effet un levier, si vous voulez, à un moment donné, qui permet de cibler un certain nombre de responsables politiques algériens qui n'est pas utilisé et on se pose la question d'ailleurs de savoir pourquoi il ne l'est pas parce que ça c'est une vraie question en l'occurrence parce que c'est tout à fait faisable. Parce qu'après c'est l'escalade, vous savez très bien que...

Vous savez très bien que si vous touchez...

On est dans l'escalade déjà. Non mais Arnaud, la Russie, objectivement, sérieusement, l'Algérie n'est pas la Russie de Poutine. On est d'accord.

Je ne parle pas de la difficulté du régime, OK ? On tape les oligark russes, on les tape directement au portefeuille. Parlons clairement, disons les choses simplement.

OK ? C'est normal, il y a une guerre, etc. Je ne suis pas certaine, si vous voulez, que nous ne déclenchons pas, à un moment donné, le bouton nucléaire en allant frapper, parce que c'est ça que vous dites et c'est ça que je pense, en allant frapper directement au portefeuille.

Ce n'est pas du tout aux complaisances médicales, C'est au portefeuille de ceux qui dirigent ce pays. Je ne suis pas sûr que nous ne déclenchions pas, je comprends qu'on puisse avoir des doutes avant d'appuyer sur ce type de bouton. Voilà, c'est ce que je...

Pardon ? Non, non, un mot parce qu'on va rentrer un peu dans le détail de ce qui se passe. On peut commencer par le mémoriel.

Je suis d'accord avec Arnaud sur l'idée que la mémoire, ça doit être l'ensemble des souffrances. Ça ne peut pas être d'un côté les Algériens colonisés et de l'autre les Français. Je suis d'accord sur les Harkis, je suis d'accord sur les Piednois, etc.

Et je suis d'autant plus d'accord que...

Je vais prendre en une seconde un exemple de l'autre côté du Pacifique. Je vais vous prendre un pays que je connais très bien qui s'appelle le Japon. Eh bien, depuis mondiale, jamais le Japon n'a accepté de reconnaître ces crimes de guerre, si vous voulez, notamment en Nanka, etc., le comportement de l'armée japonaise en Birmanie, en Chine, etc.

Eh bien savez-vous, parce que nous n'avons jamais l'œil tournée vers cette partie du monde. Savez-vous qu'à chaque instant, cette mémoire qui n'est pas réglée, ces excuses qui ne sont pas faites, à chaque instant empoisonnent quoi ? Par exemple, la relation sino-japonaise.

Non, mais ce sont des abcès. Je parle de cela parce qu'il y a beaucoup de pays qui ont...

Nous devons absolument résoudre ces abcès. Il faut faire un travail d'un. Pardon, mais juste concrètement, Alice Ruffeau a rencontré le président Théboud.

Non, mais on va continuer sur cette question de la mémoire. Mais concrètement, concrètement, jusqu'à – Le travail de mémoire ne peut pas être fait de manière unilatérale. C'est le vrai sujet. – Alice Ruffo, je termine juste la pointe… – Je vous interroge là-dessus, Arnaud, Alice Ruffo et le président Téboune.

Ils ont convenu notamment de reprendre les les travaux de la commission d'historiens français et algériens qui ont été suspendus. Ça a été créé à l'été 2022, depuis c'est suspendu. Est-ce qu'il faut reprendre les travaux de ces recommissions ?

Sur quoi ça peut déboucher ? Parce que là on n'est pas dans un travail – Ce n'est pas unilatéral, là on est sur des historiens français et des historiens ingériens. – On n'est même pas déjà d'accord sur les chiffres, je ne dis pas qu'à Sétif il n'y a pas eu répression, évidemment il y a eu répression à Sétif en 1945, tout le monde est d'accord pour le dire, mais les chiffres ne sont – C'est la répression de l'armée de manifestations indépendantistes. – Les histoires français qui ont travaillé sur le sujet parlent d'une répression qui a touché entre 6 000 et 8 000 Algériens.

Le régime algérien nous parle déjà de 45 Alors je ne dis pas que...

Un, c'est déjà un de trop. On est d'accord. Mais je veux dire, il y a eu aussi des Français qui ont été tués et des musulmans et des musulmans pro-français qui ont été tués.

Donc si vous voulez, on n'est même pas d'accord sur les chiffres. Il y a un vrai sujet. Non mais je veux dire, quand on travaille sur la mémoire, on travaille sur l'histoire.

Je suis d'accord. On travaille sur les faits et pas sur leur interprétation. C'est bien le sujet fondamental.

Moi, vous avez vu le problème encore qui se pose sur l'Algérie. On est 50 ans après. 60 ans, pardon.

Nous n'arrivons pas à avoir un débat apaisé même entre nous qui ne sont même pas parties prenantes. Je ne sais pas si vous êtes pieds-moi. Moi, en tout cas, je ne le suis pas.

J'ai déjà été en reportage en Algérie. J'ai vu ce pays magnifique, avec cette jeunesse incroyable, avec ses richesses incroyables. Et qu'est-ce que je vois ?

Un pays complètement, comment dirais-je, ratiociné parce qu'il est mis en coupe réglée par une bande de carterons de généraux qui se remplit les poches pendant que ce pays souffre, etc. Mais ça veut dire que 60 ans après, le ressentiment est toujours trop fort pour faire ce travail de mémoire de manière apaisée. On ne peut pas le faire de manière apaisée.

Là où je rejoins Arnaud, c'est que je ne suis pas sûr que ça soit entre le peuple en réalité, mais c'est entre les dirigeants. Cette arme-là, il faut que chacun s'en départisse. C'est pour ça que je ne crois pas à l'honnêteté intellectuelle du président Théboun qui dit « nous allons relancer les discussions interrompues de 2024 ».

Il n'y croit pas une minute, d'accord ? On pourrait éventuellement les relancer si Emmanuel Macron revenait sur sa déclaration sur le Sahara occidental par exemple par rapport au Maroc. – Qui est à l origine de la brouille. – Mais qui est à l'origine de la brouille plus qu'à l'origine de la brouille, non, qui est un déclencheur de quelque chose que nous n'avons pas réglé.

Quand je vous parlais du Japon et de la Chine, il y a beaucoup d'abcès comme ça dans le monde, nous devons régler notre histoire, nous devons la regarder en face sans nous couvrir à la tête de cendres. Voilà, la colonisation a été une abomination et on a le droit de le dire. Pardon ? – Je pense que si vous voulez… Le problème, c'est que quand vous voulez avoir une relation apaisée, il faut être deux oui en l'occurrence la france n'est pas fâchée avec l'algérie l'algérie le régime algérien d'ailleurs je mange en point toujours le mot de régime algérien sans pas de l'algérie justement parce que je ne confonds pas l'Algérie avec le régime algérien.

Les hiérarques qui aujourd'hui gouvernent à Alger sont eux fâchés avec la France. Je pense qu'il y a beaucoup de comédies d'ailleurs dans cette fâcherie encore une fois, parce que c'est une mise en scène qui leur permet encore une fois d'asseoir leurs pouvoirs et encore une fois de garder leur cohérence et leur cohésion. Mais quand vous n'avez pas, si vous voulez, de volonté du côté du régime algérien véritablement d d'envoyer des signaux qui sont des signaux qui permettent d'équilibrer la relation, c'est extrêmement difficile d'équilibrer la relation. – Bon là juste, la difficulté… – Non mais pour avancer un peu… – Il y aurait presque à regretter Boutefica, vous y m'aviez ? – Pour avancer un peu sur la question des Les OQTF, les obligations de quitter le territoire français.

L'Algérie ne voulait plus reprendre ses ressortissants que la France voulait expulser. Alors vous nous avez dit, Arnaud, tout à l'heure, Bruno Retailleau, il y a eu un peu une légende urbaine, il n'a pas mis en place une politique de fermeté. C'était uniquement verbal.

Mais est-ce que quand même, par exemple, typiquement, les mots de Bruno Rutaillot, ils n'ont pas eu des conséquences sur ces OQTF ? Est-ce que si l'Algérie ne voulait pas reprendre ses OQTF, c'est un peu une mesure de rétorsion par rapport aux mots de Bruno Retailleau. Et est-ce que là, le fait qu'ils aient repris depuis la visite de Laurent Nunez en février, ça ne veut pas dire qu'il y a un changement de l'île ?

Il y a quelque chose de formidable dans cette affaire. Le responsable de la montée en de la relation avec l'Algérie, ce n'est pas Bruno Rotaillot. Je ne me fais pas l'avocat de Bruno Rotaillot.

C'est Emmanuel Macron qui nous donne des leçons d'apaisement. Alors que c'est lui qui a décidé...

Je ne remets pas en cause la position diplomatique de la France. Ce n'était pas Mais clairement, en l'occurrence, c'est de la reconnaissance de la maroconité du Sahara occidental qui a entraîné la montée de tensions. Ne refaisons pas l'histoire.

Le principal responsable de la montée de tensions, c'est le président de la République. C'est pas Bruno Rotaio. Bruno Rotaio, il a hérité d'une situation qui a été déclenchée par la position diplomatique de la France.

Alors après l'histoire des OQTF, je rappelle encore une fois que de toute façon, le régime algériens, dans ce moment très spécifique de la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental, ne voulaient faire aucune concession à la France. Et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle Boilem Chansal entre-temps a été arrêté sur le tarmac de l'aéroport d Il faut rester au fait dans cette affaire. Et le problème, c'est qu'on ne reste pas au fait et qu'on a un récit qui ne correspond pas à la réalité.

Mais Arnaud, en plus, on peut faire le récit aussi des ministres d'Intérieur qui ont tous été à Canossa, que ce soit d'ailleurs à Rabat ou à Alger, parce que valable pour le Maroc aussi. Moi, je me souviens de la tournée assez stérile d'ailleurs de Gérald Darmanin, évidemment. Souvenez-vous, il y a quelques années rabat alger laurent lunez a fait exactement la même chose c'est s'il vous plaît auriez-vous bien l'obligeant s'il vous plaît de reprendre aux occupés tf etc donc on connaît ça il n'y a rien de qu'on dirait j'ai rien de neuf sous le soleil là où on dirait rien de neuf sous le soleil la seule chose qui est neuf véritablement c'est je suis d'accord avec arnaud quelle mouche a piqué Emmanuel Macron comment dirais-je sur le sahara occidental nous savions qu'en domino non mais il n'était pas obligé on n'était pas obligé nous avions qu'en domino s'entraîne je ne savais pas que ça entraînerait l'arrestation de wadam salsal par exemple mais en domino on savait très bien que c'est ça c'est ça c'est véritablement appuyé sur le bouton nucléaire on va dire maintenant bon deux ans Après, ça se restabilise un petit peu.

Prenons ce qu'il y a à prendre. Déjà, on ne s'envoie pas la vaisselle au visage. Ça n'est pas si mal.

Alice Ruffo est accueillie. Ça n'est pas si C'est normal, c'est une mise, d'accord. Mais ce n'était pas une évidence il y a encore deux ans.

On reprend, on ouvre. Et si Christophe Gleize, comme la promesse semble avoir été faite à la chamise et qui a retiré son pourvoi à concession, peut être gracié. Écoutez, ça n'est déjà pas si mal.

Et tout le reste, nous devons le régler. On ne peut pas rentrer, on est au XXIe siècle. Nous devons absolument régler ce problème avec l'Algérie mais avec les Algériens pas avec ce pouvoir Il y a une autre interprétation pour revenir à Bruno Rotaio et expliquer finalement la position qui a été celle de Bruno Rotaio Arrêtez de défendre Bruno Rotaio on s'en fiche il n'est même plus militaire Non mais c'est important parce qu'il y a une ligne.

Il y a quand même aujourd'hui deux lignes en France qui s'affrontent sur le dossier algérien. Une ligne qui peut être incarnée par Bruno Rotaillot et d'autres, et une ligne qui est incarnée par le président de la République et la diplomatie française. C'est que quand vous discutez avec des opposants algériens, moi j'ai beaucoup discuté pendant un an avec des opposants algériens qui connaissent le régime dans son histoire profonde.

Ils vous disent que le régime algérien est un régime qui ne connaît que le rapport de force et qui ne reconnaît que le rapport de force parce qu'ils considèrent que, de toute façon, c'est le langage politique qui est le leur. N'oubliez jamais que ces gens ont été formés dans la forge du soviétisme. Le FLN est un enfant aussi de l'URSS.

Donc si vous voulez, dans cette complexité du jeu avec Alger, à un moment donné, il faut savoir vraisemblablement, non seulement tenir un langage de fermeté, mais prendre des mesures qui sont des mesures qui peuvent être dures, mais qui permettent en effet de rééquilibrer la relation, ce que ne fait pas manifestement aujourd d'exécutif français, et ce que ne fait pas Emmanuel Macron. – Écoutez Arnaud, vous savez cette tarte à la crème, je ne dis pas que vous êtes une tarte à la crème vous, mais cette tarte à la crème, ok le berceau etc, la tarte à la crème sur le régime algérien c'est la même tarte à la crème que sur Vladimir Poutine. Il ne comprend que le rapport de force, donc on met ses muscles sur la table, sa testotérone, etc.

La réalité, je vous dire, c'est que Vladimir Poutine, sur l'Ukraine, par exemple, la France, parce que c'est quand même Macron qui est à la tête de la coalition, si vous voulez, européenne sur l'Ukraine, a obtenu quand même des choses, avec autre chose que, voilà, voyez le langage la force, toutes les unes, triompha, etc. Et je le redis pour le pouvoir algérien, je pense que le seul moyen, à mon avis, c'est celui-là. Ça ne marche pas.

Qu'est-ce que vous voulez faire à part les mesures de rétention sur les oligarques ? Je suis d'accord avec vous. – Mais sur Christophe Glees… Arnaud, juste, est-ce que vous vous avez… – Vous pouvez jouer sur la politique des visas, vous pouvez jouer sur les guillers rares, vous avez des Pour une diplomatie du chaud et du froid, c'est exactement ce que fait Macron.

Je suis désolé de vous le dire. Je suis pour cette diplomatie-là. Un coup en caresse, un coup en rappel l'ambassadeur.

Je pense que...

Bon amour ! Qu'est-ce que vous avez d'autre choix ? Vous allez quoi ?

Bon amour Appelez l'ambassin ! Allez Arnaud François ! Non mais juste parce qu'il nous reste 3000 minutes.

Arnaud, est-ce que vous avez des nouvelles de Christophe Glez ? Aucune pour l'instant à ce stade. On sait qu'il est à coléa, on sait qu'il va bénéficier ou il a peut-être eu déjà d'une visite consulaire.

Je rappelle quand même que Christophe Glez, ça fait deux ans qu'il est en Algérie. Il a été arrêté fin mai 2024. C'est-à-dire avant Boilem Sans Salles qui a été arrêté je rappelle en novembre de la même année.

Et qu'il y a dans ce dossier quelque chose qui est profondément gênant, c'est que pendant quasiment un an nous ne savions pas qu'il y avait un journaliste français qui était arrêté en Algérie. C'est-à-dire que la politique qui a été menée, c'est la politique en effet du profil bas. Et la politique du profil bas, ça fait qu'aujourd'hui, ça fait bientôt deux ans que Christophe Gleize est incarcéré pour des motifs totalement illégitimes en Algérie parce qu'il a eu le malheur dans les rencontrés.

Mais est-ce que vous pensez, Arnaud, que la Coupe du Monde peut débloquer la situation ? Moi je pense qu'on va vers une solution parce qu'ils ne peuvent pas. Oui, vous avez raison, c'est un excellent argument, c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir un journaliste sportifs français incarcérés en Algérie.

Il faut faire comprendre au régime algérien qu'il y a un coût en termes d'images internationales...

Honnêtement, c'est pas...

Non, non, mais franchement, soyons sérieux. C'est pas de...

Mais c'est sérieux ? Non, mais Tebboune n'est pas un idiot. Il a absolument toutes les cartes en main.

Là, il nous fait sauter à la corde. Je peux pas imaginer que Gleize ne sera pas libéré dans les jours qui viennent. C'est tellement évident c'est à mon avis c'est écrit comme pour boilem sans salle ça sera rapide il y aura une grâce ça se fera etc et je pour ça qu'il faut arrêter de penser ce qui met pas les luttes de tendance non mais j'ai à l'intérieur je sais à l'intérieur du régime je Je suis d'accord avec vous, mais la réalité, c'est que je ne vois pas comment il peut en être autrement.

Il faut surtout poser le problème, ok, il y a nos ressortissants français, mais la réalité, et on en parlait avec Arnaud avant l'émission, les prisons algériennes sont remplies de délits d'opinion. Aujourd'hui, maintenant, on incarcère en Algérie les gens pour leur opinion. Et ça, c'est une thyriade incroyable.

Vous m'avez cité le chiffre du nombre de ministres. OK ? Je peux vous parler des journalistes.

Il n'y pas que des journalistes français qui sont incarcérés dans les prisons. Il n'y a plus de principe en Algérie. C'est le principe.

Donc c'est ça, le sujet. Nous devons, et je pense que nous, la France, nous avons un rôle moteur pour avancer sur cette question, avec une diplomatie et pas avec de la testosérone, ça ne marche pas. À part mettre une bombe sur un jet, dites-moi, qu'est-ce que vous faites ?

Le problème, c'est que je veux dire, la diplomatie du chaud et du froid, et là, je ne suis pas du tout d'accord avec Françoise, c'est qu'il n'y a pas de diplomatie et du froid. C – C'est tout simplement, je veux dire toujours la main tendue, la main tendue, la main tendue. – On va vers une issue, je l'espère en tout cas. – C'est aussi un sujet, Françoise. – Non mais c'est un sujet qui passionne vraiment ce que je veux dire, c'est quelque chose qui passionne vraiment, vous avez près de 10 millions en France de gens qui ont un lien avec l'Algérie.

Donc c'est très important. C'est totalement structurant. C'est totalement structurant et c'est d'autant plus important que nous empargnons nous-mêmes de façon apaisée sur les plateaux, de façon à ce que nous puissions constituer un véritable dialogue.

Moi, je ne crois qu'à la diplomatie au dialogue. Je ne crois pas du tout aux déclarations fracassantes et je vais vous tendre le bras et vous allez voir ce que vous allez voir. Ça ne fonctionne pas.

Il vaut mieux passer pour un peu soumis, si vous Un dernier point, je pense qu'il faut certainement moins parler, mais plus faire en matière de ligne de fourte. Alors on est d'accord. Vous en avez parlé tous les deux de manière franche, mais mais apaisé.

Oui, il faut régler ce sujet. On espère que vous avez du coup éclairé nos téléspectateurs sur le sujet. Merci Arnaud, merci François d'avoir été avec nous.

Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée.

En partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous.