Nathalie Arthaud dans Bourdin - Entretien d'embauche sur BFM TV le 12 avril 2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 47 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez déjà passé un entretien d'embauche dans votre vie ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Vous vous souvenez de ces entretiens d'embauche ? C'était stressant un peu ?
- 1:35ComplaisanteRéponse directe
Mais vous n'êtes pas originaire de famille modeste, vous êtes originaire d'une famille de Français moyens.
- 1:49OuverteRéponse directe
Vos amis disent de vous, elle a la révolte sincère. Que veulent-ils dire, la révolte sincère ?
- 2:22RelanceRéponse directe
Une révolte va éclater en France ? Vous pensez qu'on est au bord de l'éclatement d'une révolte ?
- 3:02RelanceRéponse directe
Vous appelez à cette révolte ? Même violente ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:32Invité politiqueFait
« Est-ce que quelqu'un va bien vouloir m'embaucher ? Et en même temps, ce sentiment que toute notre vie en dépend. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Et à chaque fois, ça me sert le cœur, bien sûr. Je ne supporte pas cette pauvreté, cette misère, ces inégalités. »
- 2:39Invité politiqueFait
« Parce que ça aussi, c'est un scandale. Quand vous avez bossé toute votre vie, que vous vous retrouvez à devoir compter le moindre euro, et même à devoir vous priver pour acheter de la viande, pour acheter un bout de fromage. »
- 9:19Invité politiquePromesse
« C'est le SMIC à 1 800 euros. Le SMIC à 1 800 euros, net. »
- 23:30Invité politiqueChiffre
« Alors, là, moi, cette année, je suis à mi-temps. Donc, c'est exceptionnel. Je suis à 1 400 euros par mois. »
- 23:39Invité politiqueChiffre
« Et habituellement, je suis à 80%. J'ai un léger temps partiel. Et je touche, avec mes années d'ancienneté, donc en tant qu'agrégé, 2 400 euros par mois. »
- 24:52Invité politiqueFait
« Je vais partir à la retraite au-delà de 2020. Donc, il faudra que je cotise jusqu'à 68 ans, puisque j'ai commencé à travailler à 26 ans. »
- 24:56Invité politiqueChiffre
« Et je partirai avec 38% de mon salaire net. »
- 29:14Invité politiqueFait
« il y a 7, 7, 6, 7, 8, 10 lois pour imposer l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes et elle n'est toujours pas réalisée. »
- 29:25Invité politiquePromesse
« il faut effectivement sanctionner et pourquoi pas mettre en prison les multi-récidivistes. »
- 32:24Invité politiqueChiffre
« Si la BNP Parima qui fait 7,7 milliards de dividendes dit bah non on ne maintient pas les 700 emplois qu'on a prévu de licencier. »
- 32:38Invité politiqueFait
« Vous parlez d'une contrainte ? C'est 0,3% de leurs dividendes, c'est zéro contrainte. »
- 32:56Invité politiqueFait
« La violence elle est du côté de cet ordre social. »
- 33:07Invité politiqueFait
« Nous nous sommes favorables à la PMA. »
- 33:53Invité politiqueChiffre
« un emploi pour tous, un salaire, 1800 euros net par mois, c'est le minimum. »
- 35:35Invité politiqueFait
« dans cette société où il y a beaucoup de femmes qui ne galèrent avec rien, nous on a peur. »
- 35:42Invité politiqueFait
« Vous êtes pour l'interdiction de la prostitution. »
- 36:15Invité politiqueFait
« j'ai été stupéfaite par le scandale du Dieselgate. »
- 36:25Invité politiqueFait
« l'Union Européenne à faire ? Eh bien, à relever les seuils d'émission. »
- 36:42Invité politiqueFait
« ce diesel, ça a été un choix, effectivement, pour subventionner Peugeot, Citroën depuis le début. »
- 38:53Invité politiqueFait
« avec nos trois objectifs, on couvre beaucoup de problèmes de la société. »
- 39:20Invité politiqueFait
« les salariés, moi, je ne suis pas pour créer des cohortes de contrôleurs... »
- 39:39Invité politiqueFait
« lever le secret des affaires et permettre aux salariés d'être des lanceurs d'alerte sans craindre d'être mis à la porte. »
- 40:32Invité politiqueFait
« Moi, je pense que tôt ou tard, il faudra fermer Fessenheim, bien sûr. »
- 41:19Invité politiqueFait
« Les salariés, on s'en moque, ils sont censés se débrouiller. »
- 45:36Invité politiqueFait
« On ne changera pas notre sort par les urnes. »
- 46:06Invité politiqueFait
« Il faut construire un camp. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud77 %
- Présentateur22 %
≈ 10,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Invité ce matin pour cet entretien d'embauche numéro 3, Nathalie Arthaud, candidate de lutte ouvrière, agrégée d'économie, professeure au lycée Le Corbusier d'Aubervilliers, avec nous pour une heure. Bonjour Nathalie Arthaud. Première partie votre programme, vos idées, votre projet, et seconde partie un peu plus personnelle, qui est Nathalie Arthaud ? Alors je commence. D'abord, est-ce que vous avez déjà passé un entretien d'embauche dans votre vie ?
Oui, oui, oui, bien sûr, pour des petits jobs d'étudiants, pour un petit job aussi pour être enseignante, enfin pour faire quelques heures de cours dans le privé, quand je faisais mes études. Et puis c'est vrai qu'ensuite, je me suis même retrouvée d'ailleurs pendant un temps inscrite à Pôle emploi, et puis là-dessus j'ai passé les concours d'enseignants.
Vous vous souvenez de ces entretiens d'embauche ? C'était stressant un peu ?
Clairement, clairement, oui. Et d'ailleurs, c'est vraiment cette sensation, je crois, d'injustice quand même, de se dire, est-ce que je vais réussir à trouver une place ? Est-ce que quelqu'un va bien vouloir m'embaucher ? Et en même temps, ce sentiment que toute notre vie en dépend. Et c'est, voilà, je crois que ça reflète bien l'existence de classes sociales quand même, parce qu'il y en a effectivement qui naissent fortunées, sans dépendre effectivement d'un autre pour vivre. Et puis l'écrasante majorité doit aller vendre sa force de travail.
Mais vous n'êtes pas originaire de famille modeste, vous êtes originaire d'une famille de Français moyens. Oui, moyens. On en parlera tout à l'heure.
Mais modeste quand même.
Mais modeste quand même. Bon. On en parlera tout à l'heure, Nathalie Arthaud. Vos amis disent de vous, elle a la révolte sincère. Que veulent-ils dire, la révolte sincère ? La révolte chevillée au corps ? Une révolte permanente ?
Mais oui, bien sûr, bien sûr. Vous savez, là, je fréquente un peu les quartiers bourgeois, puisque je suis invitée sur des émissions. Et voilà, je passe dans les rues. Et puis il faut enjamber un SDF. Il y a des gens qui sont au carrefour, qui font la manche. Et à chaque fois, ça me sert le cœur, bien sûr. Je ne supporte pas cette pauvreté, cette misère, ces inégalités.
Une révolte va éclater en France ? Vous pensez qu'on est au bord de l'éclatement d'une révolte ?
Moi, j'aimerais que tous ceux qui subissent, qui triment dur pour ne même pas boucler les fins de mois, qui sont victimes de toutes ces injustices-là, de ce chômage de masse, des petites retraites. Parce que ça aussi, c'est un scandale. Quand vous avez bossé toute votre vie, que vous vous retrouvez à devoir compter le moindre euro, et même à devoir vous priver pour acheter de la viande, pour acheter un bout de fromage. Donc moi, j'espère qu'à un moment donné, oui, il y aura une levée de tous ceux qui subissent et qui vivent mal. Et j'espère que cette révolte, elle sera consciente. Dans la rue ? Dans la rue, bien sûr. Vous appelez à cette révolte ? Même violente ?
Moi, j'appelle une révolte consciente, consciente des objectifs, justement, que l'on doit mettre en avant. Et ces objectifs, ils sont communs au plus grand nombre, en réalité. C'est comment vivre de son travail, comment vivre de sa retraite, comment être logé dignement, comment être soigné correctement, à la hauteur des progrès du XXIe siècle. Donc moi, c'est une révolte consciente, je fais de la politique.
Oui, mais une révolte consciente, mais une révolte aussi dans la rue, une révolte violente.
Mais la violence ne vient jamais de ceux...
Non, la violence doit être consciente, hein, aussi.
Mais moi, je pense que la force des travailleurs et des exploités, c'est leur nombre. Et encore une fois, c'est de savoir dans quel sens ils vont, ce pour quoi ils se battent. Regardez ce qui se passe en Guyane, aujourd'hui. J'allais lui dire. Bon, eh bien, ce n'est pas caractérisé par la violence.
Est-ce que les Guyanais doivent envahir la base de Kourou ? Et je ne sais pas.
Non, ils doivent continuer dans le sens où ils sont engagés. Parce qu'on voit bien que ça gêne, effectivement, l'État, que c'est une pression réelle qui est exercée sur lui, et qu'ils sont en train de le forcer, effectivement, à mettre de l'argent, l'argent nécessaire sur la table pour qu'il y ait la scolarisation, pour qu'il y ait un raccordement à l'électricité, à l'eau, enfin, des choses quand même basiques. Mais il faut qu'ils se battent pour ça. Il faut qu'ils se battent pour ça et qu'ils, effectivement, tiennent bon sur leurs revendications, sur leurs objectifs.
1936, 1968, 1995. Vous souhaitez des mouvements aussi puissants que cela ? C'est ce qu'il faut. C'est ce qu'il faut.
C'est effectivement que l'ensemble du monde du travail, les salariés des petites, des grandes entreprises, du public, du privé, ensemble, mettent en avant leurs objectifs. C'est ce qui a fait avancer la condition ouvrière. Parce que vous savez, là, on est dans une période électorale. Et on nous explique que notre sort dépend du bulletin que l'on met dans l'urne. Mais la réalité, c'est qu'il y a un ordre social. Et cet ordre social, justement, il est basé sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Il est basé sur la dictature d'une classe capitaliste. Je sais bien qu'aujourd'hui, vous en riez parce qu'il y a une continuité.
Nous dénonçons cette dictature d'une classe capitaliste sur la société. Parce qu'effectivement, aujourd'hui, on a des grands groupes industriels et financiers qui sont dirigés par des conseils d'administration, qui réunissent les plus grandes fortunes, et qui ont un droit de vie et de mort sur des usines, sur des bureaux, sur des ateliers, sur des établissements, et qui, y compris, dominent les petites entreprises, les moyennes, les intermédiaires, et puis qui dominent la vie de centaines de milliers de femmes et d'hommes.
Vous êtes communiste.
Donc, cette réalité-là, non mais je termine, cette réalité-là, cet ordre social-là, on ne peut pas y toucher au travers de notre bulletin de vote. Parce que là, on nous appelle à voter pour un président de la République, mais qui n'a pas ce pouvoir-là, qui le subit en réalité, ce pouvoir-là. Donc, vous voyez comment, derrière une élection où on nous explique qu'on a le pouvoir, le droit de décider de notre sort, eh bien, en réalité, non, on vote pour ceux qui font, comment dire, le service après-vente, qui justifient cet ordre social.
Alors, vous êtes communiste. Votre objectif, exproprier la classe capitaliste, on est bien d'accord, hein ? Installer le communisme, c'est-à-dire instaurer, c'est vrai ou pas ?
Alors, attendez. D'abord, moi, bien sûr, c'est ma conviction profonde. Ma conviction profonde, c'est que c'est complètement anachronique que l'avenir de la société, de l'humanité, de millions de travailleurs soit suspendu aux décisions d'une toute petite minorité de très riches.
Instaurer une société sans classe sociale.
Ça, c'est ma conviction profonde. Bien sûr, sans classe sociale. Sans classe sociale. Sans classe sociale.
Un régime politique à partie unique, quoi. Mais pas du tout. Ah, mais d'accord. Ça n'a rien à voir. Ah, mais non, pourtant, c'est le communisme. Non, pas du tout. Une économie planifiée, on est bien d'accord.
Alors ça... Etatisée. Mille fois d'accord. Etatisée. Et je trouve que c'est complètement incroyable qu'on n'en vienne pas à cette idée-là qu'il faut qu'on organise les immenses moyens de production dont on dispose. Il faut qu'on les coordonne. Il faut qu'on anticipe. Il faut qu'on cherche à répondre aux besoins de tous. Et moi, je trouve aberrant de se dire que la meilleure façon de fonctionner, c'est en laissant une minorité diriger en fonction de ses profits, ses intérêts privés. Et du coup, qu'est-ce que cela donne ? Cela donne un monopoli capitaliste où il y a des bastions industriels, genre STX, genre Peugeot, qui sont vendus comme ça sur le marché. Qui veut bien l'acheter, etc.
Mais attendez, il faut qu'on organise tout ça. Il faut quand même se poser une question. Voilà. Pourquoi, avec de telles potentialités, de telles capacités, un tel progrès quotidien, pourquoi notre économie, elle ne tourne pas roux ? Pourquoi on en est à ce gaspillage infâme avec des gens, effectivement, marginalisés, condamnés au chômage ? Je vais revenir là-dessus. Ce sont des convictions profondes. Mais ce n'est quand même...
Mais économie planifiée, étatisée, quand même pas de police politique, comme dans le régime communiste. Non, mais attendez...
Pas de droit à l'expression des citoyens limités ! Vous savez parfaitement que nous nous revendiquons du courant de Trotskis qui a toujours combattu la dictature stalinienne. Et oui, c'est quand même important. Oui, c'est important, c'est vrai. On a toujours dénoncé cette caricature qui a été faite du communiste. Et en même temps, nous avons toujours préservé cette possibilité-là. Parce que bien sûr que... Vous savez, cette société capitaliste, elle mène l'humanité à la catastrophe. Est-ce que ce n'est pas seulement le chômage et la misère ? Mise en commun des biens ?
Mise en commun des biens ? D'où viennent les guerres ? Non, je parle de l'idéologie, votre idéologie. D'où viennent les guerres ? Mise en commun des biens ?
Mais bien, mise en commun des moyens de production.
Uniquement des moyens de production, pas des biens des uns et des autres.
Mais bien sûr, moi je ne suis pas contre la propriété ouvrière. Je ne suis pas contre le fait que chacun ait un logement.
C'est la cité idéale de Platon.
Mais je suis contre le fait que les grands moyens de production, quand même les grandes chaînes de distribution, de production d'énergie, les bastions industriels, les banques, soient aux mains de quelques-uns et soient dirigées pour le profit de quelques-uns. Ça ne rime à rien. Donc oui, ce sont mes convictions profondes de communistes. Mais en même temps, vous conviendrez avec moi que ce n'est pas ce qui est en jeu dans cette élection. Dans cette élection, ce qui est en jeu, et moi ce à quoi j'appelle les travailleurs, les chômeurs, les ouvriers, les retraités, c'est de mettre en avant tout simplement leurs besoins vitaux. Parce qu'aujourd'hui, on en est là.
Aujourd'hui, on en est au fait qu'on peut travailler toute sa vie et puis se retrouver du jour au lendemain sans rien, expulser de son logement, sans pouvoir payer ses factures, sans pouvoir assurer un avenir à sa famille. C'est ça la réalité. Donc moi, dans cette élection, je dis, il faut que les travailleurs mettent en avant leurs besoins. C'est un emploi, un emploi pour tous. Donc on combat effectivement les licenciements. C'est le SMIC à 1 800 euros. Le SMIC à 1 800 euros, net. C'est effectivement la possibilité aussi de contrôler l'argent qui existe dans cette société. Parce que justement là, on prendrait la mesure de tout ce que l'on peut faire réellement.
Bon, Nathalie Arthaud, parlons de politique rapidement. Au second tour, vous donnerez une consigne de vote ou pas ? Vous voterez ou pas au second tour ? Je ne vous demande pas pour qui. Est-ce que vous voterez ou pas ?
Je vais vous dire, pour moi, c'est... Oui, ben j'irai voter, je me déplacerai. Vous irai voter quand même. Je me déplacerai.
Oui.
Mais alors ça, pour moi, ce n'est pas ça la politique.
Non mais d'accord. Mais enfin, la politique, c'est aussi le vote. Excusez-moi, mais... Pardonnez-moi.
Eh bien, c'est le... Non, c'est... Le vote, c'est d'abord et avant tout la possibilité de s'exprimer. Et moi, j'appelle les travailleurs à s'exprimer collectivement. Mais ce n'est pas comme ça qu'on changera notre sort. On en a déjà discuté, mais ce n'est pas comme ça. Et quand même, il faut avoir du recul. Donc on changera dans la rue. Combien d'élections ?
Oui.
Combien de présidents de la République différents ? Combien de majorités gouvernementales différentes ? Oui. Pour avoir toujours la même politique. Une politique où on prend dans la poche des pauvres pour donner aux riches. Une politique où on accompagne les attaques patronales, où on accompagne leur chantage à la compétitivité, où on accompagne les fermetures d'usines. Tous, gauche, droite. Donc il faut... Bon, Nathalie Arthaud... Il faut tirer les leçons de ça.
Le Parti communiste de Jean-Luc Mélenchon sont proches de vous ou pas ? Est-ce que vous considérez qu'ils sont dans la même... Non. Non ? Non. Non. Mais pourquoi ?
Parce que, autant je me retrouve dans certaines dénonciations, dans l'expression d'une colère de Jean-Luc Mélenchon, autant je ne suis pas d'accord quand il explique qu'il suffira de voter pour lui pour résoudre tous ces problèmes-là. Voilà, sur le fond, moi je pense que c'est complètement utopique de croire que l'on peut gouverner de façon humaine, égalitaire, juste, une société qui est basée sur l'inégalité, sur l'injustice, qui est basée sur l'existence de classes sociales et sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Donc moi je ne partage pas, je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc Mélenchon quand il nous explique que lui au pouvoir, il va tout changer.
Écoutez, vous savez, le monde du travail, il a cru, il a cru en Mitterrand, il a cru en Jospin, et même Hollande avait fait vibrer certaines cordes avec le discours du Bourget. Vous avez voté Hollande, vous ? Je suis la seule à gauche à ne pas avoir appelé à voter Hollande en 2012.
Oui, c'est vrai, mais vous avez voté Hollande.
La seule à dire non, je n'ai pas voté Hollande.
Vous n'avez pas voté Hollande.
Je n'ai pas voté Hollande, j'ai appelé à ne pas voter Hollande. Et j'ai dit en 2012, ne regardez pas le programme de Hollande. Regardez le programme que nous concoctent tous les grands groupes. Peugeot, regardez, ils ont prévu de fermer des usines, regardez ce qui se passe dans les conseils d'administration d'EDF, de SFR, de Carrefour, parce que c'est à cette sauce-là que nous serons mangés. Eh bien, je redis la même chose aujourd'hui. Ne regardez pas tous ces programmes, ne croyez pas dans ces beaux parleurs. Ah oui, ils ont un mot pour dénoncer, etc. Mais au pouvoir, ils seront la courroie de transmission, comme toujours, du grand capital. Et ils se coucheront tous autant qu'ils sont.
Vous savez, moi, ce n'est pas une question de sincérité. Moi, j'ai vu... Il y a le mur de l'argent, il existe, le mur de l'argent. Alors les socialistes, une fois qu'ils arrivent au pouvoir, ils le découvrent comme si... Nathalie Arthaud, vous n'avez jamais rêvé de l'Elysée,
vous le dites, vous avez l'honnêteté de le dire. Moi, l'Elysée, le pouvoir n'est pas un objectif.
Mais parce que ce n'est pas la réalité du pouvoir.
J'ai compris ça, j'ai compris. Quand vous avez vos élèves face à vous, on vous a beaucoup parlé. Il y a même, j'ai vu une dame, je vais la qualifier de dame, qui vous a reproché de donner des cours, ce qui est hallucinant. Enfin bon, vous avez vu ça, elle s'appelle Sophie de Menton, c'est ça ? C'est ça, oui. Elle est, je crois, chef d'entreprise. Est-ce qu'elle voudrait vous interdire de donner vos cours d'économie ? Ce qui est hallucinant, interdire. Est-ce que...
Oui, vous voyez, comme quoi la dictature n'est pas de notre côté.
Est-ce que vous encouragez vos élèves à entreprendre ? Est-ce que vous leur dites, dans la vie, plus tard, entreprenez ?
Non, moi je leur dis, voilà, non, je les encourage à se défendre, à s'organiser, justement, à prendre confiance en eux, dans ce qu'ils représentent.
On n'est pas là uniquement pour se défendre, on est là pour construire.
Mais vous savez, moi, mes élèves d'Aubervilliers, ils appartiennent aux classes populaires, ils appartiennent à la classe ouvrière, et ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est, les petits boulots, la galère du chômage, et ils savent qu'y compris quand ils sont en difficulté, leur force, eh bien, effectivement, c'est l'organisation collective. Mais ils ont peut-être des rêves, ils ont sûrement des rêves, vos élèves. Mais moi, je leur dis, bien sûr... Vous les encouragez à accomplir leurs rêves ? Mais vous ne croyez pas que j'en ai un rêve, moi ? Moi, j'ai un rêve, ce rêve de transformer cette société, justement, qui est plus, c'est une égalité.
Mais moi, je crois que c'est possible, je crois que l'humanité est capable. Mais c'est là, celle que, justement, on peut gérer cette société collectivement, démocratiquement, fraternellement, sans avoir cette couche-là, qui domine et qui, par sa loi du profit, de la rentabilité, écrase tout sur son passage, tout, la situation des travailleurs, mais aussi l'environnement, mais aussi les relations entre les peuples, mais aussi, parce que d'où viennent ces guerres ? C'est aussi ça. Ce sont les rivalités impérialistes, les intérêts des grands groupes capitalistes qui se heurtent au Moyen-Orient. Donc, je leur dis, mais oui, c'est possible.
Vos aspirations, vous savez, la jeunesse, elle a ça de frais et d'enthousiasme, c'est que, justement, elle n'a pas encore les œillères, et on ne les a pas encore complètement convaincus que cette société, elle est intangible. Et donc, ces jeunes, ils rêvent, bien sûr, mais vous savez, beaucoup ne rêvent pas de leur sort individuel. Beaucoup rêvent, justement, de l'ensemble de la société. Parce que, vous savez, je sais que l'individualisme est très fort et domine dans cette société et qu'on nous l'inculque, mais vous savez, beaucoup de jeunes savent que si la société va mal, ça ira mal pour eux aussi. Donc, on est unis dans la même galère.
Nathalie Arthaud, nous allons regarder un petit extrait, une petite vidéo de 30 secondes, vous vous souvenez, évidemment. Je crois que c'est un reportage de France TV. Il y a plusieurs jeunes qui vous posent des questions de jeunes votants. Tiens, ben, regardons, écoutons, regardons.
Et vous ne trouvez pas qu'enseigner l'économie, qui est plutôt capitaliste, enfin, un système plutôt capitaliste, alors que vous êtes contre ?
Eh bien, justement, au moins, ça apporte une particularité. Voilà. C'est inversement. Si tous les professeurs d'économie étaient des défenseurs absolus de ce système capitaliste, est-ce que ça ne te poserait pas un problème ?
Vous leur parlez de l'interdiction des licenciements que vous défendez ?
Ah, mais moi, mes élèves... Vous appliquez le programme ? Oui, bien sûr, je respecte le programme. Mais je peux vous dire que je n'ai pas besoin de dire quoi que ce soit pour que mes élèves soient révoltés par le chômage, et par les licenciements, et par les fermetures d'usines. Bon, PSA Aulnay, ils en avaient parlé, ils avaient de la famille qui bossait, donc je peux vous dire que ça les révolte. Et même, vous savez, cette idée de flexibilité qui est vraiment courante, voilà, il faut que les entreprises aient de la flexibilité, etc. Mais les jeunes, ils savent l'exprimer. Mais nous, on n'est pas des machines. On ne peut pas être branchés, débranchés. Voilà, on a une vie.
Voilà, il faut assurer un avenir, etc. Donc, non, je peux vous dire que, voilà, cette jeunesse des quartiers populaires a instinctivement le sens de ses intérêts.
Vous êtes enseignante, après le 13 novembre, par exemple, 2015, des attentats, vous avez engagé discussion dans la classe ?
Oui, bien sûr, bien sûr. D'ailleurs, c'était une consigne du ministère.
Oui, c'était une consigne, c'est pour ça que je vous pose la question. Et que leur avez-vous dit ? Là, ils ont débattu du terrorisme ?
Oui, bien sûr, du terrorisme, de Charlie Hebdo aussi, parce que, en fait, les discussions, on les avait eues aussi après l'attentat contre Charlie Hebdo.
Non, parce que vous dites que le terrorisme va de pair avec une crise de la société, de l'économie capitaliste. C'est ce que vous dites, hein ?
Mais moi, je pense...
Le résultat de la politique impérialiste des grandes puissances.
Ah, mais je ne suis même pas la seule à dire que les interventions américaines, y compris de la France en Libye, a créé le chaos...
Vous dites que l'État français alimente le terrorisme.
a créé le chaos qui a permis à toutes ces bandes de proliférer, y compris manœuvres avec des alliances avec l'Arabie saoudite, le Qatar, dont on sait pertinemment qu'ils financent une partie de ces groupes. Donc, il ne faut pas se voiler la face. Il y a une responsabilité écrasante des puissances impérialistes dans ce qui se passe là-bas, y compris, c'était de notoriété publique, quand même, que Al-Qaïda avait été effectivement utilisé, instrumentalisé, effectivement, par les Américains, en Afghanistan en particulier. Donc, vous voyez, c'est effectivement un petit peu Frankenstein. C'est, voilà, on crée nos propres monstres qui finissent par se retourner contre nous.
Et ça, c'est parce que les interventions des grandes puissances dans ces régions-là, ce n'est jamais, jamais pour défendre les populations. Ça, ce n'est pas vrai. Ça, c'est de l'escroquerie pure et simple. Et moi, quand j'ai entendu Trump parler de compassion et expliquer ainsi son bombardement sur la Syrie, eh bien, moi, ça m'a mis très en colère, encore une fois. Parce que quand on entend Trump expliquer qu'il n'acceptera pas un seul Syrien sur le sol américain, on voit quel est son humanisme. Et c'est comme cela. Alors, ils ont effectivement l'humanisme.
Vous rejetez à ça des Trumps dos à dos, quoi. Pour vous, il n'y a pas...
Mais bien sûr, d'ailleurs, entre parenthèses, ce sont les mêmes. Et vous remarquerez qu'ils étaient prêts à se mettre ensemble. Et peut-être que demain, ils se remettront ensemble, en réalité. C'est ça, là.
Nathalie Arthaud, vous dites aussi, le jour où il n'y aura plus d'immigrés à exploiter, le patronat fera travailler les enfants. Et là, vous prenez un exemple. C'est vrai que c'est un reportage de la BBC. Moi, je l'avais vu. Un reportage qui nous a fait à tous mal au cœur. Ces jeunes enfants réfugiés syriens qui travaillent en Turquie. et qui travaillent pour fabriquer des vêtements que nous pourrions acheter. Oui, ce que... Dans des conditions scandaleuses. Des enfants de 7, 8 ans.
C'est évidemment... Tout ça, c'est des raccourcis journalistiques. Mais la question m'était posée. Mais quand même, il y a trop d'immigrés en France parce qu'il y a du chômage. Et je répondais, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. D'ailleurs, ces femmes et ces hommes sont allés... On est allés les chercher. Le patronat en a eu besoin. Et quand il a eu la crise de son système, quand il s'est mis à licencier massivement, eh bien oui, bien sûr, il a créé du chômage. Donc, je disais tout simplement que, de toute façon, c'est une politique, effectivement, pour concentrer le travail sur quelques-uns, presser les gens comme des citrons au travail.
Aujourd'hui, beaucoup qui sont au travail se retrouvent à faire le boulot de 2, de 3, de 5, à courir du matin, au soir. Et les autres, on les condamne au chômage. Donc, le chômage, il est fabriqué par en haut, effectivement. Et c'est une politique, une politique pour s'enrichir, toujours et encore, prospérer, faire plus de profits. Et ce n'est pas une question de la présence d'immigrés. Mais il faut du profit, quand même. Et cette politique-là, elle va continuer. Moi, je suis pour qu'il y ait du profit réalisé, mais je suis pour ce profit...
Soit partagé, quoi.
Et ils servent d'abord à ceux qui le produisent, à ceux qui le construisent, d'abord aux salariés, et puis, bien sûr, ensuite aux investissements. Mais en quoi cela est avantageux à l'échelle de la société ? Que le profit soit accaparé au travers des dividendes par une minorité. Ça ne correspond à haut pas à l'intérêt collectif. Donc, moi, je suis pour ce profit, effectivement, il mène à l'augmentation des salaires. Et je soulignais que la politique, effectivement, d'exploitation à tout va, oui, faisait qu'il y avait des travails, aujourd'hui, au XXIe siècle, dans le monde, le travail des enfants, que ça existait.
Bien, Nathalie Arthaud, on sent votre indignation, mais plus que ça, on va essayer d'en savoir un petit peu plus sur vous. Vous êtes féministe ? Bien sûr. Alors, j'y reviendrai dans un peu plus de... Bon, je ne sais pas, il est quelle heure ? 8h55, la seconde partie, dans un instant sur RMC et BFM TV, avec Nathalie Arthaud, notre invitée ce matin. Retrouvez l'appli BFM TV sur votre mobile. Entretien d'embauche avec Nathalie Arthaud, seconde partie. Est-ce que je peux donner votre âge ?
Oui, bien sûr.
Vous avez 47 ans, c'est cela.
C'est ça.
Donc, originaire de la Drôme, près de Romand, limite de Romisère. Romand, votre papa était mécanicien, votre maman l'aidait pour la comptabilité. C'est cela, une famille catholique ?
Oui, oui, oui. Pratiquante ou non ? Pratiquante, oui, oui. Votre papa était mécanicien, vous aimez les voitures ?
Pas spécialement, mais voilà.
Le bricolage, paraît-il, c'est vrai ?
J'ai toujours admiré beaucoup mon père.
Le bricolage, c'est vrai ? Oui, oui, je suis assez bricoleuse, oui. Vous êtes bricoleuse, bon. Célibataire ? Vous ne parlez jamais de votre vie privée ?
Parce que, justement, parce que je n'ai pas la possibilité de beaucoup m'exprimer dans les médias. Et la priorité, c'est évidemment de défendre mon programme. Oui, ça, on est bien d'accord. Oui, mais c'est quand même ça. Parce que là, on appelle les électeurs à voter pour des gens. Le minimum, c'est qu'ils sachent effectivement qu'est-ce qu'ils incarnent comme politique, comme point de vue. Donc, moi, je trouve ça assez déplacé, en fait. Et vous voyez, là, vous me laissez la parole un temps long, mais on a discuté de mes convictions profondes, mais assez peu, finalement, des objectifs que je mettais en avant.
Non, mais sur les 1 800 euros nets, sur l'interdiction des licenciements, sur la répartition du travail. Enfin, vous voyez, même argumenter autour de ça, parce qu'il faut argumenter. Parce qu'aujourd'hui, ce sont des idées qui sont très à contre-courant. Combien de fois, on m'a dit, mais tout ça, c'est utopique, etc. Donc, voilà, moi, je préfère me battre.
Mais vous vous échappez à ces questions. Vous n'aimez pas quand vous parlez de votre vie privée.
Parce que je trouve que ce n'est pas le problème.
Mais dans une élection présidentielle, on s'expose, forcément, au regard du public.
Oui, d'accord, on s'expose, mais on ne va pas...
On peut avoir le choix de ne rien dire sur sa vie privée. Oui, oui, voilà, moi, je fais complètement ce... Vous n'avez pas d'enfant, ça, vous l'assumez. Oui, ça a été un choix. Je me suis engagé.
Ça a été un choix personnel.
Un choix personnel d'avant.
Bon, alors, voilà, de fil en aiguille, souvent, ça vient comme ça.
Ça vient comme ça. Parce que vous jouez la transparence, sinon. Vous dites combien vous gagnez. Oui, bien sûr. Vous gagnez combien aujourd'hui ?
Alors, là, moi, cette année, je suis à mi-temps. Donc, c'est exceptionnel. Je suis à 1 400 euros par mois. Et habituellement, je suis à 80%. J'ai un léger temps partiel. Et je touche, avec mes années d'ancienneté, donc en tant qu'agrégé, 2 400 euros par mois.
Mais comme vous êtes obligé d'être transparente, parce que c'est la loi qui vous l'impose, vous dites aussi que vous remboursez à deux un appartement. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais vous remboursez à deux un appartement. Oui. Donc, vous partagez l'avis de quelqu'un.
Un petit appartement, voilà, en Seine-Saint-Denis. Je ne vais pas aller plus loin. 48 mètres carrés. Je ne vais pas aller plus loin. Mes voisins sont de toute nationalité, de toutes origines. C'est un immeuble populaire.
Vous ne vivez pas seul.
Et je ne vis pas seul.
Bon. Vous entendez bien avec les élus communistes de Vaud-en-Velin ?
J'ai partagé une mandature avec eux. Oui, bien sûr. On a mené plein de combats ensemble. Et puis, ce sont des militants aussi. Et moi, vous savez, je m'entends avec les militants. Et on peut avoir des différences, des divergences de vues. J'en ai avec le Parti communiste. Bon, qui, avec la direction en particulier du Parti communiste. Mais bien sûr, c'est des fois des liens d'amitié aussi.
2003, première apparition à la télévision. Tiens, on va revoir. C'était en 2003.
Je vais partir à la retraite au-delà de 2020. Donc, il faudra que je cotise jusqu'à 68 ans, puisque j'ai commencé à travailler à 26 ans. Et je partirai avec 38% de mon salaire net.
Contre la réforme des retraites.
Oui. Et puis, c'est vrai que ça avait été un mouvement qui était fort. Ou d'ailleurs, qui était vraiment enthousiasmant. Parce qu'il avait entraîné beaucoup de secteurs d'activité. Je me souviens qu'il y avait eu des assemblées générales avec des salariés d'EDF, de la SNCF. Enfin bon, il y avait... Et là, dans ces moments-là, effectivement, quand on est dans la rue, quand on mesure notre force, eh bien, on mesure qu'on peut effectivement... qu'on peut imposer un certain nombre de nos intérêts. Pour moi, c'est des moments très importants.
Vous rêviez d'être coiffeuse ? J'ai regardé, vous n'avez pas du tout la même coiffure. Vous rêviez d'être coiffeuse ? C'est vrai ou c'est...
Mais vous savez, quand on est une petite fille, voilà, de milieu populaire, ben oui, on rêve d'être coiffeuse, de... Enfin, bien sûr, c'est une vie simple, des rêves simples.
Ce qui est extraordinaire, parce que je regardais un peu toutes les photos en préparant cette émission, vous ressemblez à Arlette Laguillet. On vous l'a dit 20 fois, non ? Non, non, un petit peu quand même. Un petit peu, un petit peu. Bon, vous avez repris évidemment les mêmes convictions, vous avez les mêmes convictions, les mêmes engagements. Voilà, qui nous fait se ressembler. Et oui, le travailleuse-travailleur. Que vous a-t-elle appris ?
Elle m'a appris qu'il fallait effectivement, au travers des médias, s'adresser aux travailleuses et aux travailleurs. Voilà, parce qu'ils étaient derrière leur écran, parce qu'ils écoutaient, et c'est d'abord et avant tout à eux que j'ai envie de m'adresser, c'est vrai, dans cette élection. Par-delà, les questions des journalistes, ou leur sensibilité, ce qui peut les intéresser, etc. Donc voilà, j'essaye de m'y tenir. Et puis voilà, moi, vraiment, je suis fière de continuer son combat, parce que, oui, nous n'avons jamais changé.
Et tant qu'il y aura du chômage, tant qu'il y aura de l'exploitation, tant qu'il y aura ces inégalités, tant qu'il y aura ce système capitaliste, qui écrase tout, oui, nous, on continuera de se battre.
Alors, ressemblance, ressemblance, Nathalie Arthaud, Arlette Laguillet, Nathalie Arthaud, tiens.
Travailleuse, travailleur, chers camarades et amis, travailleuse, travailleur, chers amis, chers camarades.
Voilà, exactement, travailleuse, travailleur.
Voilà, ça me fait plaisir, donc là, c'était le 26 mars, dans la campagne, parce qu'Arlette Laguillet est là, bien sûr, et elle m'accompagne.
Elle est là, vous partagez le même bureau. Oui, c'est ça. C'est vrai ? C'est ça. C'est vrai. Alors, le féminisme aussi, c'était l'un des combats, c'est l'un de vos combats. Bijar avait proposé de marier, vous vous souvenez de ça ? Alors, vraiment, c'était un autre temps, quand même. De marier Arlette Laguillet, un parachutiste pour la calmer. Vous vous souvenez de cette phrase ?
Oui, mais pas tout à fait autre temps. On a toujours, effectivement, cette même hostilité, et qui est, je vais dire, méritée, quelque part, parce que, oui, nous, nous sommes contre, effectivement, tous ceux qui sont les grands défenseurs de cet ordre social, tous ceux qui sont les vigis, comment dire, de la politique patronale, enfin, pro-patronale, voilà, il faut... Donc, nous sommes contre eux. Bon, ben, c'est normal qu'ils rendent les coups. Voilà, maintenant, ce que je veux dire, oui, bien sûr, le combat féministe, c'est quelque chose d'important.
Vous savez, il y a beaucoup de choses qui ne dépendent pas de nous, l'une ouvrière, qui est, par exemple, cette explosion sociale, cette mobilisation et ce rapport de force favorable aux travailleurs. Ça ne dépend pas de nous. Mais par contre, choisir nos porte-parole, ça dépend de nous. Et nous avons toujours voulu choisir des porte-parole femmes parce que nous voulions faire la démonstration que les femmes pouvaient tout à fait assumer des responsabilités aussi bien que les hommes. Et nous avons été les premiers en 1974. Et justement, parce qu'il fallait que ce soit manifestement un parti révolutionnaire pour le faire. Voilà, et aujourd'hui encore, le combat des femmes est à mener.
Écoutez, les femmes, ce sont les plus mal payées, c'est les temps partiels imposés, c'est les petits boulots, c'est les retraites minables. Parce qu'évidemment, quand on est mal payé, quand on a eu des périodes de chute, on a des retraites minables.
Oui, mais Nathalie Arteau, vous allez loin. Vous allez loin. Vous dites, il faut mettre en prison les patrons qui ne mettent pas en place. Mais c'est vrai, qui ne mettent pas en place l'égalité salariale entre les hommes et les femmes.
Mais j'ai répondu pour prendre au mot tous ceux qui sans arrêt m'expliquent mais il y a la loi, il y a, voilà, je dis, mais attendez, il y a la loi, il y a 7, 7, 6, 7, 8, 10 lois pour imposer l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes et elle n'est toujours pas réalisée. Alors on me dit, mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Je dis, il faut faire appliquer la loi, il faut effectivement sanctionner et pourquoi pas mettre en prison les multi-récidivistes. Parce qu'il y avait aussi ce débat sur les multi-récidivistes qu'il fallait mettre en prison. On vole deux pizzas en prison.
Donc j'ai fait le rapprochement et j'ai découvert ensuite, parce que je me suis penchée sur la loi, qu'en fait la loi le prévoyait, prévoyait que lorsque les employeurs ne respectaient pas cette égalité, eh bien ils pouvaient être effectivement emprisonnés. Bon, ce qui n'a jamais été fait évidemment parce que dans cette société...
Vous n'iriez pas jusque-là quand même.
Mais, de toute, mais en tout cas...
Nathalie Arthaud, franchement,
parce que vous n'êtes pas
violente finalement.
Non mais attendez...
Vous êtes violente dans les idées ? Non ?
Mais moi je ne suis pas d'accord avec vous. Je suis impressionnée par l'ensemble des journalistes qui considèrent que ce que j'exprime est de la violence. Mais les 6 millions de chômeurs, ce n'est pas de la violence de se retrouver complètement marginalisés à côté.
Mais c'est une réalité
la violence sociale. Quand on regarde... Moi je suis allée voir les salariés de Vivart qui se rassemblaient. Je pense aussi aux employés de Mime. Vous m'avez dit bonjour ou pas ? Mais bien sûr qu'on se dit bonjour. Mais même je suis allée dans sa loge au moment du grand débat parce qu'on se soutient et il faut... Voilà, on est complémentaires. Donc je suis allée voir les salariés de Vivart. Ce soir à Lyon, je rencontrais aussi des salariés de Numen qui vont être mis dehors à la porte. Vous croyez que ce n'est pas violent ça ? C'est toute leur vie qui est mise par terre. Regardez la violence. Mais le terrorisme n'est pas violent. La délinquance c'est violent. Notre société elle est violente.
Et moi ce que je dénonce c'est justement les racines de tout cela. et il ne faut pas l'accepter. Alors moi, on s'habitue à tout, à beaucoup de choses. On s'habitue justement à la violence de la société tant et si bien que même on ne la voit plus. Et c'est ceux qui la dénoncent qui sont accusés d'être des violents. Mais c'est quand même dingue. Vous voyez, moi, ce qui se passe en Syrie, ça doit nous faire réfléchir. Parce que c'était des ingénieurs, c'était des gens privilégiés, des gens qui avaient une vie confortable, qui ont vu toute leur vie mise par terre par cette guerre qui dure six ans et qui a vu la vie de leur famille ravagée.
Et bien, moi je pense qu'il y a ce qui s'est passé en Grèce aussi avec cette crise qui a vu mais toute la population, même ceux qui pouvaient croire avoir tiré leur épingle du jeu et avoir une vie paisible mise par terre. Et ça, c'est la vie de millions de femmes et d'hommes des plus exploitées aujourd'hui. Et il faut comprendre qu'on est tous dans la même galère, tous engagés dans la même... Voilà, et il faut avoir ce sens-là, bah oui, qu'est-ce qui peut faire avancer l'ensemble de la société ? Moi je pense que les intérêts des travailleurs, ils recouvrent en fait l'intérêt général, l'intérêt de la collectivité.
Donc la violence doit répondre à la violence de l'exploitation par le grand capital ?
Moi je... C'est pas la violence...
Une forme de violence ? Non, non. Une autre forme ? Non, non. Parce que moi je dis
il faut un travail pour tous, c'est pas de la violence mais je sais qu'en face de moi il y aura des gens qui diront non, qui diront non, je sais qu'en face...
Et si on vous dit non ?
Eh bien si on me dit non ? Vous comprenez si la BNP Parima qui fait 7,7 milliards de dividendes dit bah non on ne maintient pas les 700 emplois qu'on a prévu de licencier. Non, on ne garde pas les agences, on ne garde pas les salariés mais moi je suis pour les contraindre. Vous parlez d'une contrainte ? C'est 0,3% de leurs dividendes, c'est zéro contrainte. Moi je... Quelle contrainte pour eux ? Il y en a zéro. Alors reprendre effectivement une partie de leur fortune, une partie de leurs dividendes, ce n'est pas de la violence ça. Ça c'est permettre à des millions de femmes et d'hommes d'avoir une vie digne, digne du 21ème siècle. Donc la violence elle n'est pas de mon côté.
La violence elle est du côté de cet ordre social.
Nathalie Arthaud, je regardais votre programme attentivement et je ne vois rien sur la PMA ou la GPA. Pourquoi ?
Ah si, si, si. Nous nous sommes favorables à la PMA.
Vous êtes favorables à la PMA. Oui, on est favorables à la PMA. Et pas à la GPA ?
Alors, je renconnu, ce n'est pas dans notre programme.
Oui, ce n'est pas dans votre programme. Oui, parce que j'ai regardé.
Parce qu'attendez, nous on ne joue pas aux programmes électoraux. Oui, j'ai vu. Nous, c'est promesse, on va faire ci, on va faire ça, etc. Vous n'avez pas
de véritable programme détaillé.
Exactement. En revanche, on a des positions sur beaucoup de choses de la société. Sur beaucoup de choses. Donc je reviendrai sur la PMA. Mais pourquoi on n'a pas de programme ? Parce que nous, nous disons qu'on a des objectifs. Des objectifs vitaux aujourd'hui pour le monde du travail. Et je reviens toujours à ce qui pour moi est essentiel. Parce que quand on n'a pas de boulot, quand on n'a pas de boulot, on peut parler de liberté, on peut parler de fraternité. Mais quand on n'a pas de boulot, on n'a pas ce minimum-là qui fait la dignité et qui nous permet de vivre. Donc pour nous, un emploi pour tous, un salaire, 1800 euros net par mois, c'est le minimum.
Donc pour nous, ce sont des objectifs que les travailleurs doivent affirmer fièrement. Ils sont légitimes à cela. Ils doivent le reprendre. Et effectivement, reprendre, y compris cette idée qu'il va falloir se battre pour ça et se battre jusqu'au bout, contraindre ceux qui ne veulent pas. En plus, on nous dit que les entreprises, elles représentent l'intérêt de tous. C'est l'intérêt général. Il y a le dialogue social. Ils veulent faire le bien. Le bien des salariés, le bien de tout le monde.
Les petites, les moyennes, les entreprises, c'est très divers.
Exactement. Mais il y en a qui ont le pouvoir quand même sur l'économie.
Mais vous, votre papa mécanicien, est-ce qu'il pouvait payer son salarié 1800 euros ?
Il a toujours eu à cœur de le faire. Toujours eu à cœur de ne pas licencier une seule... Voilà. Et ce qu'il minait, c'était effectivement les banques. C'était effectivement d'aller négocier. Je comprends. Le moindre découvert, parce que le moindre trou d'air... Alors, ce n'était pas le RSI à cette époque-là, mais auprès des banques, vous savez, il y a beaucoup d'argent aussi à laisser, parce qu'il faut toujours s'endetter, etc. Donc lui, il a toujours eu conscience, parce qu'y compris les gens qui travaillaient avec lui, c'était comme lui. Il fallait aussi qu'il boucle. Voilà. Donc bien des petits patrons, ils ont ça aussi en tête.
Mais cet ordre social, il est dominé par les banques, il est dominé par les donneurs d'ordre, et y compris, ils piègent les petits, même l'artisan, même le commerçant, ils le piègent. Donc moi, je pense que beaucoup ont les mêmes intérêts que l'ensemble des travailleurs. Mais ils croient qu'avec leur propriété, en fait, ils sont de l'autre côté de la barrière. Je crois qu'ils ont tort.
Nathalie Arthaud, je regardais donc vos grandes orientations, vous ne parlez pas d'écologie très peu.
Alors donc, on a des positions, même sur la PMA, nous on est favorable à la PMA, la GPA, on est plus... Pourquoi ? Parce que, dans cette société où il y a beaucoup de femmes qui ne galèrent avec rien, nous on a peur. On a peur que le corps des femmes se transforme en marchandises. Vous êtes pour l'interdiction de la prostitution. Et on est... Voilà. Maintenant, pour l'écologie, c'est vrai que nous, on ne veut pas faire des beaux discours sur l'écologie de la mer, sur... C'est assez mélenchon,
c'est une pique adressée à Jean-Luc Mélenchon.
Tous font des beaux discours, on fera du 100% renouvelable, on fera du 100%... Bon. Mais la réalité, c'est que dans notre société, c'est toujours les grands groupes qui ont le dernier mot. Et regardez comment c'est le gouvernement royal, elle a dû manger son chapeau avec l'histoire des bourrouges en Méditerranée. Regardez comment, à chaque fois, au bout du compte, on cède. Moi, j'ai été stupéfaite par le scandale du Dieselgate. Parce que, finalement, ils trafiquent tous les tests. Et puis, qu'est-ce que trouve l'Union Européenne à faire ? Eh bien, à relever les seuils d'émission. Parce que, finalement, ils ne remplissent pas, ils ne rentrent pas dans les contraintes fixées.
On va alléger les contraintes. Et c'est comme ça pour tout.
Au bout du diesel, est-ce qu'il faut supprimer les aides accordées aux patrons de PME qui achètent des véhicules diesel ?
Non, mais ce diesel, ça a été un choix, effectivement, pour subventionner Peugeot, Citroën depuis le début. On le sait. Donc, il faut changer ça. Il faut que cette politique, effectivement, de l'État, elle aille dans le sens à la fois des intérêts des travailleurs, de la population et des intérêts de l'environnement. Voilà. Moi, ce que je dis par rapport à l'environnement et par rapport au problème de la pollution, c'est qu'une société qui ne respecte pas les êtres humains, elle ne peut pas respecter l'environnement.
Quand on nous dit qu'il faut faire des profits le plus possible, être compétitif, et qu'on va dire qu'il faut mettre encore des contraintes, mais c'est le même discours qu'on entend. Donc, le problème, c'est effectivement qui domine ? Moi, je veux bien qu'on coupe l'eau quand on se brosse les dents et qu'on fasse attention à tout ce que... Vous le faites ? D'abord, j'essaye parce que simplement je veux réduire ma facture d'eau et ma facture d'électricité. Ben oui, comme tout le monde, on est bien obligé de faire attention à éteindre... Vous roulez avec un diesel ? Alors, moi, j'utilise beaucoup les transports en commun. J'utilise beaucoup les transports en commun. D'abord...
Vous avez une voiture ? Et j'ai une voiture, j'ai une C3, qui est diesel, effectivement, qui a 10 ans. Oh là là ! Attention à la vignette ! Oui, tout à fait. Mais, encore une fois, le problème de l'écologie, c'est un problème très grave, effectivement, mais on ne réglera pas ce problème si on n'organise pas l'économie, si on n'organise pas les grands moyens de production, si on ne les coordonne pas, si on n'évite pas les gaspillages, si on ne fait pas ces choix-là collectivement. Je ne vois pas comment ça peut être fait si on laisse les grandes entreprises comme ça livrées au marché capitaliste.
Mais quand une grande entreprise prend soin de notre environnement, vous applaudissez quand même, non ?
Alors, écoutez, elle prend soin de l'environnement, toujours parce qu'elle sait que son portefeuille est derrière. Oui, parce que son portefeuille est derrière. Uniquement. Mais bien sûr, d'abord et avant tout, et quand ça leur va bien, quand ils veulent faire une page de pub, ils le font. Et puis après, on apprend que par derrière, ils sont passés par des sous-traitants qui polluent des lacs, des mers, des rivières, etc. Donc, c'est la réalité. Écoutez, combien de reportages qui montrent ces multinationales qui s'assoient complètement, non seulement sur l'environnement, mais même sur la santé, sur la santé des femmes et des hommes.
Parce que justement, et ça, ça fait partie, c'est une des préoccupations de notre programme. Parce que vous voyez, en réalité, avec nos trois objectifs, on couvre beaucoup de problèmes de la société. Une de nos revendications, c'est de dire que les travailleurs devraient pouvoir tout dire de ce qui se passe dans leur entreprise. Oui, ça, j'ai vu ça.
La transparence totale.
Parce que de l'amiante jusqu'au scandale du Mediator, de la Dépakine, en passant par la viande, la vache folle, etc., on sait que ces grands groupes n'ont aucun scrupule à nous empoisonner, à empoisonner leurs salariés et à empoisonner la population. Donc il faut que les salariés qui sont aux premières loges, les salariés, moi, je ne suis pas pour créer des cohortes de contrôleurs...
Vous êtes pour l'interdiction des pesticides ? Vous êtes pour l'utilisation des pesticides ? Mais bien sûr,
moi, je suis pour tout ce qui va dans... Mais il faut que les salariés qui sont aux premières loges de ces entreprises puissent dénoncer, puissent dire tout ce qu'ils savent, tout ce dont ils sont témoins. Et ça, ça veut dire lever le secret des affaires et permettre aux salariés d'être des lanceurs d'alerte sans craindre d'être mis à la porte.
Mais comment fonctionnerait l'État, Nathalie Arthaud ? Comment ça fonctionnerait ?
Mais justement, l'État fonctionnerait en s'appuyant sur les salariés, sur la population en général, en les appelant à dire, à s'organiser. Il y aurait beaucoup de choses. Vous savez, aujourd'hui, on construit des corps, des corps professionnels, au-dessus de la population. Mais moi, je pense qu'il y a plein de choses qu'on pourrait créer collectivement. Mais ce n'est pas ce qu'on fait. Pourquoi ? Parce que justement, on dit au travers, toi, tu bosses et tu te tais et tu ne réfléchis surtout pas. Et tout est organisé comme ça. Eh bien, moi, je suis pour l'inverse. Je suis pour l'inverse. Et je peux dire qu'on pourrait se passer, oui, de bien, de commissions spéciales.
Les travailleurs, ils peuvent dire beaucoup de choses. En condition qu'on leur donne la possibilité, le droit... Faut-il fermer Fessenheim ? Moi, je pense que tôt ou tard, il faudra fermer Fessenheim, bien sûr. Mais la façon dont c'est fait aujourd'hui, je trouve ça scandaleux. Parce qu'on se lave les mains de l'avenir des femmes et des hommes qui travaillent, non seulement sur la centrale, mais aussi qui vivent de la centrale. Et moi, je trouve ça hallucinant. Alors que ça fait des années qu'on se pose cette question, qu'il n'y ait pas, justement, d'anticipation, de propositions alternatives pour que cette ville et puis pour que la région continue de vivre, continue d'avoir de l'activité.
Je sais que les salariés, eux, vont avoir du travail pendant encore de longues années parce que démanteler une centrale, ça prend du temps. Mais la moindre des choses, c'est aussi qu'on se préoccupe des femmes et des hommes qui vivent dans la région. Et ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui, dans ce plan qui est proposé, il n'en est pas question. Donc moi, je ne suis pas d'accord pour que ça soit fait dans ces conditions. C'est toujours pareil. Les salariés, on s'en moque, ils sont censés se débrouiller. Alors, quand on amène des mesures favorables au monde du travail, on dit, mais vous chiffrez pour combien ?
Mais jamais on chiffre ce que ça va coûter aux salariés de perdre leur boulot, de perdre leur maison, de devoir partir, de ce que ça veut dire de souffrance, jamais. Donc moi, mes raisonnements, c'est du point de vue des travailleurs, du point de vue des classes populaires. Qu'est-ce qu'il leur faut à eux ? Et qu'on fasse que l'économie soit subordonnée à cela.
Nathalie, on va terminer d'une manière un tout petit peu plus légère parce que vous avez, vous exprimez aussi librement, vous le dites, vos choix musicaux, vos lectures, vous dites carrément les choses.
Oui, assez hétéroclites.
Mais oui, c'est assez hétéroclite. Tiens, on va écouter un peu de musique. Écoutons.
Broyez, broyez aussi par le système finalement. Broyez par le système. Bah oui, finalement. Et voilà, une énergie vitale, une émotion fantastique. Jazz, blues,
ce sont vos goûts musicaux ça.
Oui, oui, oui. Vous écoutez beaucoup de musique ? Même si j'écoute pas assez de musique à mon goût. C'est vrai ? Oui, parce que j'ai pas le temps. Quand vous roulez dans votre C3, vous écoutez quoi ? Vous écoutez la radio, les infos ? J'écoute les infos bien sûr. Et puis aussi de la musique. J'ai besoin aussi de tout ça. Mais voilà, moi je pense qu'il faudrait avoir plusieurs vies.
Ayo aussi, vous adorez.
Oui, oui, oui.
Bon, et puis vous avez un film fétiche. Vous avez expliqué pourquoi Thelma et Louise ? Mais pourquoi Thelma et Louise ?
Parce que ce sont deux femmes qui décident d'être libres. Voilà, d'être libres, qui sont très différentes, qui ont des personnalités qui n'ont rien à voir et qui se retrouvent comme ça à reprendre leur vie en main, quelque part.
Les complets sauvages de ces femmes. Oui, oui, tout à fait. En quête de liberté.
Complètement, voilà.
Ridley Scott, je me souviens de ce film. Jenna Davis. Oui, je l'ai vu plusieurs fois. Jenna Davis et Suzanne Sarandon. Oui, j'aime beaucoup d'ailleurs. Bon, vous avez un goût prononcé pour la littérature américaine aussi. J'ai vu ça.
Oui, pour la littérature en général. En général, oui.
Mais littérature américaine aussi.
Oui, oui, il y a des grands écrivains, bien sûr.
La route de la liberté.
Oui, oui, voilà, au Wordfast, bien sûr. Bon, dernièrement, j'ai lu L'invention des ailes que je conseille sur les sœurs Grimke, des abolitionnistes. Pendant la campagne, je l'ai lue et ça a été fantastique.
Mais toutes vos lectures aussi ont un rapport plus ou moins lointain avec ces combats. Oh, pas seulement.
Non, non, non. Non, non, pas seulement.
Vous êtes dans l'un peu plus léger parfois.
Ah oui, bien sûr. Aussi dans le polar, aussi dans la science-fiction. Parfois, bien sûr.
C'est-à-dire que Wordfast a écrit des polars.
Oui, oui, oui, aussi. Non, non, j'aime beaucoup. Voilà.
Oui, vous aimez aussi les films de Quentin Tarantino.
Ah oui, j'ai un petit faible pour Quentin Tarantino, c'est vrai.
Oui, vous voyez qu'on sait beaucoup de choses. On sait beaucoup de choses. L'écrivain très si chevalier aussi ? Oui, parce que justement,
elle est féministe aussi. Et ses héroïnes sont souvent des femmes.
Le féminisme, j'y reviens, mais c'est vraiment...
Eh oui, mais les femmes ont joué un grand rôle. Je suis allée voir un film, les figures de l'ombre, sur les calculatrices de la NASA. Et justement, voilà, je... Divine aussi ? Divine, ah oui. J'ai beaucoup, beaucoup aimé aussi Divine. Oui, et puis c'est vraiment une photographie aussi de notre société. Et quand ses voix peuvent s'exprimer comme ça, je trouve que c'est vraiment très bien.
Vous aimez faire la cuisine ?
Non.
Si, si, mais... Vous allez chez McDo ?
Non, non, non, non, non. Vous vous refusez ? Non, un plat de pâtes, ça suffira.
Un plat de pâtes, ça suffira ?
Oui. Mais j'aime bien faire la cuisine quand j'accueille des amis. Voilà, j'aime bien. Mais je ne prends pas beaucoup de temps pour ça, j'avoue.
Je vais terminer avec cette campagne. Comment la trouvez-vous, cette campagne ?
Mais moi, je trouve qu'avec les démêlés judiciaires, avec... Bon, ben, c'est assez inédit, ça c'est vrai. Mais en même temps, on retombe toujours dans les mêmes choses. Toujours dans les mêmes choses. Mais oui. Elle ressemble à d'autres. C'est la pêche aux voix. C'est la comédie électorale. Mais c'est la pêche aux voix. Vous êtes là pour la pêche aux voix, non ? Non, moi je ne fais pas de la pêche aux voix parce que justement, je le dis, non. On ne changera pas notre sort par les urnes. Ce n'est pas vrai. Ne marchez pas là-dedans. Mais on peut s'exprimer collectivement. Et si vous voulez donner de la force à vos convictions, à vos idées, à ce que vous représentez, eh bien, faites-le.
Votez pour votre camp, le camp des travailleurs, ceux qui ne se laissent pas abuser, qui n'attendent de rien, du prochain président de la République, mais qui attendent de tout d'eux-mêmes, d'eux-mêmes, de leur capacité à réagir, à s'organiser. Est-ce que lors du débat... Moi, dans cette élection, je pense qu'il faut construire. Il faut construire, ben oui, une conscience de classe, d'autres politiques de travailleurs. Il faut construire un camp. Donc moi, je suis une constructrice dans cette campagne, en réalité. Et plus il y aura de voix qui se porteront sur ma candidature, plus on aura avancé dans les combats qui seront en dessous. Ça nous aidera. Ça nous aidera à nous battre demain.
Il y a beaucoup de femmes et d'hommes qui affirmaient fièrement leurs revendications, leurs objectifs.
Nathalie Artaud, lors du débat, il y a huit jours, les hommes présents étaient aimables avec vous ? Ils se sont bien comportés ? Il n'y a pas eu de... Tout s'est bien passé ? En coulisses, parce qu'on ne sait pas tout.
Non, en coulisses. Moi, je me suis rendue... Je voulais saluer Philippe Poutou, parce que c'est un camarade. Voilà, donc je suis allée discuter dans sa loge. Et on a un peu discuté, ça a été bref, parce qu'on est dans une espèce de... Mais après, je n'ai pas eu spécialement de contact avec les autres.
Il y a une raison de ne pas poser sur la photo ?
Ça, c'était son choix. Moi, je le respecte. Bon, maintenant, pour moi, ce n'était pas la photo de famille. Ce n'était pas la photo de famille, mais c'est simplement se présenter effectivement aux téléspectateurs. Tout simplement, vous savez... Voilà, moi, j'y suis allée en me disant...
Ça, c'est la politesse reçue des parents, de l'éducation des parents ?
Non, mais je participe, moi, à ce débat. Bon, ben, j'assume de participer à ce débat. Enfin, voilà, pour moi, c'était ça. Et puis, se présenter aussi, oui, aux électeurs. Et justement, pour une fois qu'on nous mettait sur un plan d'égalité et qu'on pouvait dire, ben voilà, nous, on est là, on porte cette voix-là, eh bien, moi, je voulais effectivement en profiter aussi.
Merci, Nathalie Arthaud, d'être venue nous voir ce matin. Entretien d'embauche demain de Jean Lassalle, 9h26. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Nathalie Arthaud