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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 9 septembre 2025 19 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Laure Lavalette : "Dissolution ou démission : le peuple doit s’exprimer !" (LCI)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quelle période s'ouvre selon vous ?

  • 2:40OuverteRéponse partielle

    Pensez-vous avoir une majorité stable ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'un gouvernement de gauche est possible ?

  • 8:19FerméeÉludée

    Essayeriez-vous de faire barrage au RN en cas de dissolution ?

  • 11:50FerméeRéponse directe

    Si dissolution, majorité absolue nécessaire pour Matignon ?

  • 12:32FerméeRéponse directe

    Engagement de ne pas demander la démission de Macron avec majorité absolue ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Invité politiqueFait
    « Le général de Gaulle disait que le peuple était la cour suprême. »
  • 3:46Invité politiqueChiffre
    « Les socialistes ont fait moins de 2% à la présidentielle. »
  • 10:36Invité politiqueChiffre
    « On continue à accueillir 500 000 personnes par an à qui l'on nourrit, que l'on soigne. »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Nous sommes les champions de la contribution nette à l'Union européenne. »
  • 12:51Invité politiqueChiffre
    « Ce n'est pas 60%, mais 49%, d'après le dernier Harris. »
  • 13:29Invité politiqueFait
    « On avait des mesures qui étaient très simples. »
  • 16:54Invité politiqueFait
    « Est-ce que l'excision, c'est une tradition gallo-romaine ou héléno ? »
  • 18:12Invité politiqueChiffre
    « Nous représentons 11 millions d'électeurs. »
  • 18:38Invité politiqueFait
    « Nous sommes une opposition constructive. »

Temps de parole

  • Laure Lavalette43 %
  • Invité21 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 29 %
  • Invité 35 %
  • Invité 45 %
  • Invité 52 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Première réaction d'abord, je vous demande simplement, comme à Raphaël Luxman, quelle est la période qui s'ouvre selon vous ?

0:06
Laure Lavalette

Moi j'espère une période de clarification devant les Français. Il faut en revenir aux urnes. Vous savez, le général de Gaulle disait que le peuple était la cour suprême. Je pense que c'est le moment. Emmanuel Macron a trois armes institutionnelles pour essayer de sortir de cette crise dans laquelle nous sommes, de cette crise politique, pratiquement une crise de régime. Donc c'est le référendum, ça n'aurait pas trop de sens. La démission, je ne suis pas sûre qu'il y songe. Il lui reste donc la dissolution. Je pense qu'elle est attendue des Français.

0:31
Invité

Et qui est en réalité, parler de dissolution, une manière de parler de démission du président de la République, sans le dire. Parce que vous savez qu'il y a quand même une hypothèse très forte, que s'il y avait de nouvelles législatives anticipées, elles aboutissent à un nouveau blocage, une tripartition du paysage, et que donc le président de la République soit, on le soit avec une chambre ingouvernable, qui soit acculée, poussée vers la démission.

0:52
Laure Lavalette

Alors je partage pas tout à fait votre avis. Parce que pour avoir vu les Français, en tout cas les Varrois, ces trois dernières semaines, sur une grosse séquence, vous savez, sur la première circonscription du Var, par exemple, aux dernières législatives, M. Chenvar, qui était élu du bloc, enfin de la majorité, a eu un report intégral des voix du Nouveau Front Populaire dans certains bureaux, parce qu'il a rencontré, entre les deux tours, le chef de file de l'extrême gauche. Et pour en avoir rencontré pas mal sur le terrain, ils me disent qu'ils ne se feront pas réavoir, parce qu'ils n'ont pas voté Chenvar pour qu'ils votent la confiance à M.

Bayrou, ce qu'il a fait tout à l'heure dans l'hémicycle. Donc je ne partage pas votre idée sur le fait que le Front Républicain soit aussi performant qu'il ne l'a été, parce que les gens ont bien compris que ça nous menait à un chaos absolument terrible, et quel temps perdu, je veux dire, si Jordan Bardella avait gagné, avait été à Matignon en juillet...

1:41
Invité

Bon nombre de politistes chevronnés, je pense à Roland Kérol par exemple, beaucoup d'autres, peut-être que vous êtes de cet avis-là aussi, Jérôme Jaffray, je ne sais pas, vous disent, depuis le début de notre carrière au fond, et depuis que le Front National existe, on nous annonce la fin du Front Républicain, et à chaque fois, les réflexes reviennent, et le moment du scrutin venu, dans des moments de tension électorale, le barrage a lieu.

2:00
Laure Lavalette

Vous parlez à un député qui a été élu au premier tour de sa circonscription, comme cinq de ses collègues dans le Var, donc autant vous dire que pour le coup, chez les Varrois, ce Front Républicain n'existe plus, je pense qu'à chaque fois, on gagne du terrain, et regardez, la situation est très claire, au soir des élections européennes, Jordan Bardella arrive très très en tête, premier tour des élections législatives, on est encore une fois très en tête, donc ça veut quand même dire que les Français, ça n'a pas changé, ils veulent toujours moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat, cette alternance, c'est ma famille politique qui l'incarne, voilà, alors c'est vrai que ça nous a été un peu volé par des alliances tout à fait de la honte, mais je pense que les Français ne se comparaient.

2:40
Invité

Est-ce que vous pensez, Laure Lavalette, que vous pourriez avoir une majorité stable, et en tout cas, pas seulement une majorité relative, peut-être quelques dizaines de députés de plus, mais pas suffisamment pour assurer une forme de stabilité au pays ? Or, c'est l'exigence collective, c'est un devoir du prochain, de quel qu'il soit, c'est ça l'objectif.

3:04
Laure Lavalette

Mais je vous rejoins, effectivement, il faut qu'on arrive à avoir une vraie majorité qui se dégage, parce qu'on a bien vu... Mais vous ne l'avez pas dans les sondages, malgré tout, même si vous arrivez en tête. Écoutez, en tout cas, il y a quand même énormément de députés qui ont perdu à 49,5, pratiquement 5 ans, donc je pense qu'on peut quand même évidemment créer la surprise. Encore une fois, les Français veulent sortir de cette impasse dans laquelle nous sommes, il n'y a pas d'autre choix que d'avoir une majorité.

3:24
Présentateur

– Est-ce que vous croyez, pardon, on va tout de suite entendre Fabien Roussel, ce n'est pas un débat, mais quand même qu'on fasse le lien entre vous, est-ce que vous croyez-vous à l'hypothèse... Bonsoir Fabien Roussel, merci d'être avec nous, je vous passe dans un instant la parole. – Bonjour. – À l'hypothèse de la gauche, on va entendre en quelques instants aussi Olivier Faure qui s'exprimait sur TF1, est-ce que c'est possible que tout ça débouche sur un gouvernement paradoxalement de gauche ?

3:44
Laure Lavalette

– C'est à moi où vous posez la question ? – À vous d'abord. – Non mais c'est inimaginable, un gouvernement de gauche, enfin les socialistes ont fait moins de 2% à la présidentielle, quel serait ce pays où les gens qui gouvernent sont ceux qui ont perdu les élections ? Et surtout ça ne ferait que conforter ce hiatus absolument terrible, cette déconnexion, cette dichotomie entre le peuple français et Emmanuel Macron. Alors c'est sa marque de fabrique depuis 8 ans, certes, mais je vais pas au bout d'un moment que le pays soit au bord de l'explosion.

4:07
Présentateur

– Fabien Roussel, bonsoir, merci d'être là.

4:10
Laure Lavalette

– C'était bien le camping ?

4:11
Présentateur

– Merci à vous. – Voilà, le camping, c'est la perche que vous tend, mais c'est pas le sujet ce soir. – Le pain perdu. – Si vous permettez, le pain perdu avait l'air très bon. – Fabien Roussel, quand on l'entendait sur ce plateau il y a quelques instants, Raphaël Glucksmann dire, non pas sur rien, mais sur la base d'un diable, comment dire, d'une base économique, sur la base d'une négociation sur la fiscalité. On entre en matière, est-ce que vous entrerez en matière pour former un gouvernement ?

4:37
Invité

– Mais de toute façon, il y a une exigence forte qui s'exprime aujourd'hui par beaucoup de nos concitoyens à travers tous les sondages, il faut que ça change. Il faut un changement de politique, clair et net. Et un changement de politique dans le sens où il faut arrêter de taper sur les Français et avoir plus de justice fiscale, de justice sociale, c'est ce qu'a dit Raphaël Glucksmann, je l'ai entendu juste avant. Et effectivement, c'est ce que nous demandons. Alors, un Premier ministre issu des rangs de la gauche s'engage à mettre en œuvre une telle politique.

Et nous l'avons déjà dit, je le redis ce soir, nous sommes prêts, sur cette base-là, à travailler à des compromis avec l'ensemble des groupes qui existent aujourd'hui à l'Assemblée nationale et à mettre sur la table le retour d'un ISF juste pour que les plus riches contribuent, à faire en sorte que les salaires augmentent. Et entre ce que nous mettons dans notre programme et rien, il y a un chemin à trouver. Et à chaque fois, nous nous engageons à construire des majorités pour répondre à cette exigence de justice sociale, de justice fiscale. Et bien sûr, si vous posez la question à Mme Laure Lavalette, elle ne lui parlait pas d'un gouvernement de gauche, elle va perdre ses cheveux.

Ils n'ont jamais voulu de la gauche et ils n'ont jamais voulu d'un gouvernement qui allait défendre les travailleurs et qui allait défendre plus de justice sociale et de justice fiscale. En tout cas, nous, nous sommes prêts et il est temps aujourd'hui qu'il y ait une véritable cohabitation dans notre pays, le temps du dialogue, le temps des compromis. Et nous, nous y sommes favorables, bien sûr.

Ce qui est sûr au fond quand même, Fabien Roussel, et ça vous rassemble peut-être avec Raphaël Luxman qui était précédemment sur ce plateau, c'est qu'on a le sentiment quand même que dans l'hypothèse où un gouvernement de gauche ne serait pas nommé, dans l'hypothèse où Olivier Faure, hautement probable quand même, n'irait pas à Matignon, ce qu'il vous faudra pour ne pas censurer un Sébastien Lecornu ou un autre disciple d'Emmanuel Macron, c'est au fond le scalp de la taxation des ultra-riches. C'est ça, ce dont vous avez besoin, ce totem, la taxe du Kman, peu importe son rendement, peu importe la suite, vous en avez besoin. Mais ce n'est pas une question de scalp.

Encore une fois, la situation, elle est grave quand même. Enfin, je veux dire, je pense qu'il faut avoir beaucoup d'humilité. Nos concitoyens attendent des responsables politiques, qu'ils arrivent à trouver des solutions, qu'on puisse trouver des compromis sans tomber dans la compromission. Et donc, discutons. Il y a plein de sujets qui ont suscité la colère des Français de perdre deux jours fériés, de devoir travailler gratuitement. Mais c'est aussi le gel de l'allocation adulte handicapé, des pensions de retraite, le doublement des franchises médicales. C'est tout ça qu'il y a sur la table.

Donc, ce que nous voulons, et quel que soit le Premier ministre demain, nous, c'est qu'il n'y ait pas un seul euro de plus qui soit pris dans le budget de nos concitoyens, notamment les plus modestes et ceux qui travaillent. Que l'on arrête de taper sur les classes moyennes, les classes populaires, les retraités, les salariés. Pas un euro qui ne soit pris dans leur poche. À partir de là, mettons-nous autour de la table. Et nous avons des propositions à mettre sur la table. Bien sûr, il faut augmenter les recettes dans le budget de l'État pour réduire le déficit. Mais il n'y a pas que ça. Il y a des dépenses publiques inutiles aujourd'hui.

7:45
Présentateur

Vous avez vu cette commission d'enquête qui montre qu'il y a 211 milliards d'euros d'être accordés aux entreprises.

7:52
Invité

Vous pouvez m'interrompre, mais quand on parle de choses concrètes, on ne peut pas en parler.

7:56
Présentateur

Oui, avançons quand même sur ce qui va être là ces prochains jours. Et je vous le rappelle pour celles et ceux qui nous rejoignent. Donc les choses vont quand même très vite, puisque demain matin, le président de la République recevra la démission de François Bayrou. Et dans les prochains jours, c'est sa formule, il est tout prochain jour, même dit-il, il nommera un nouveau Premier ministre. Tout à l'heure sur ce plateau, Raphaël Guzman disait l'alliance avec LFI, c'est terminé. Mais est-ce que vous dites la même chose ? Et surtout, est-ce que vous essaieriez de nouveau de faire barrage à Laure-la-Valette et au RN, s'il y avait une dissolution aujourd'hui ?

8:26
Invité

La crise est grave et que les Français attendent d'abord un changement de politique. Je demande au président de la République d'aller vite, d'aller très vite. D'aller vite à nommer un Premier ministre et d'accepter que ce Premier ministre remette en cause ses choix politiques, qu'il met en œuvre depuis huit ans et qui ont conduit à la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Donc je ne mettrai pas de préalable, je n'excluerai personne. Je souhaite que l'on avance, que l'on trouve des solutions, que l'on sorte du blocage et surtout que l'on réponde à nos concitoyens.

Enfin, 12 millions de personnes en situation de pauvreté, et y compris des chefs d'entreprise, des PME, des TPE qui n'en peuvent plus.

9:07
Présentateur

Mais vous n'avez pas répondu sur le barrage anti-RN. Est-ce que, oui ou non, vous voulez à nouveau un front républicain contre le RN, comme il y a un an ?

9:19
Invité

Mais le front républicain, c'est... Vous me parlez des élections, on ne parle pas d'élections là. On parle de constituer des majorités sur des propositions construites, sur un pacte de gouvernement qui répondent aux urgences de nos concitoyens. Je pense qu'aujourd'hui, il est temps que le gouvernement, le président de la République, se tourne vers la gauche pour construire des solutions dans ce sens avec nos concitoyens. Et je pense que les députés du Rassemblement national, je vais y répondre, les députés du Rassemblement national n'ont jamais voté les mesures que nous avons proposées pour augmenter les salaires, pour faire en sorte que les travailleurs vivent mieux.

Ils ont toujours été du côté du capital, du côté des plus riches. Ils ne veulent pas de l'ISF, par exemple. Et donc, je ne vois pas de quelle manière nous pourrions trouver un quelconque accord avec eux. Lors la Vallette.

10:07
Laure Lavalette

Il ne suffit pas de dire les choses, M. Roussel, pour qu'elles soient vraies. Parce que si c'était vrai, nous ne serions pas premiers dans le cœur des travailleurs. Ils prenaient n'importe quel sondage. C'est ce qui sort. Vous savez, moi, j'ai des différences fondamentales avec M. Roussel. C'est que déjà, une piste d'économie pour le Rassemblement national serait évidemment l'immigration. Cette immigration régulière ou irrégulière, le tabou, j'allais dire, puisque même François Bayrou n'en parlait pas. Marine Le Pen, dans sa lettre du 25 juillet, pourtant, lui disait qu'évidemment, c'était des économies qui étaient attendues par les Français.

On ne peut pas demander aux Français de se serrer la ceinture alors qu'on continue à accueillir 500 000 personnes par an à qui l'on nourrit, que l'on soigne, à qui on trouve des toits, alors que, vous le disiez, il y a 12 millions de chômeurs et 6 millions de pauvres dans notre pays. Donc ça, c'est une différence, j'allais dire, assez fondamentale. Et c'est là où vous êtes en décalage, M. Roussel, parce que plus de 60% des Français pensent qu'on a un problème avec notre politique migratoire. Il y a aussi la contribution à l'Union européenne. Nous voulons évidemment faire des économies. Il faut absolument la baisser. Nous sommes les champions de la contribution nette à l'Union européenne.

Tout le monde a négocié, sauf nous. C'est quand même un truc de dingue. Emmanuel Macron vouant un culte fou à l'Union européenne, cette espèce de mauvaise histoire d'amour où il n'y en a qu'un qui pense être en couple, c'est Emmanuel Macron. Et on continue à déverser un argent fou. Là, pour le coup, sur l'Union européenne, je pense qu'il y a des voix de passage.

11:22
Invité

Je ne crois pas que Fabien Roussel soit un tuerifère de Maastricht.

11:25
Laure Lavalette

Il ne l'est pas, mais par contre, sa famille politique a déjà voté Macron deux fois. Donc, excusez-moi de vous dire qu'on peut aussi se poser la question sur, j'allais dire, la pertinence et la sincérité. Si vous voulez, encore une fois, là, tous les gens du nouveau Front populaire ont fait élire Emmanuel Macron. Enfin, je veux dire, deux fois, pas une fois, deux fois.

11:44
Présentateur

Merci beaucoup, merci beaucoup, Fabien Roussel. Réaction de Jérôme Jaffray. Je veux me tourner vers Laure Lavalette.

11:50
Invité

D'abord, je voudrais faire une observation et lui poser deux courtes questions. L'observation, c'est que 60% des Français restent profondément hostiles au Rassemblement national. Alors, vous me direz, ça veut dire qu'en gros, 40% sont prêts à nous soutenir. Mais 60% sont profondément hostiles. Tant que vous avez ce problème devant vous, les seconds tours d'élection ne vous sont pas assurés. C'est évident. Deux questions très simples. Si une dissolution a lieu, est-ce que le Rassemblement national n'accepte d'aller à Matignon que si vous obtenez une majorité absolue ?

Ou si vous avez une majorité relative à 40 ou 50 sièges de la majorité absolue, vous estimez que le Rassemblement national, à ce moment-là, doit gouverner la France ? Deuxième question, très courte. S'il y a une majorité absolue du Rassemblement national, est-ce que vous prenez l'engagement, le Rassemblement national, et vous-même, évidemment, de ne pas demander la démission d'Emmanuel Macron, malgré le fait que vous auriez une majorité absolue à l'Assemblée nationale ?

12:47
Laure Lavalette

Alors déjà, excusez-moi de vous dire que ce n'est pas 60%, mais 49%, d'après le dernier Harris. Donc vous voyez, là, ça nous ouvre la porte au second tour.

12:54
Invité

Croyez-moi, c'est 60% toujours.

12:55
Laure Lavalette

Harris dit 49%. On ne va pas se mettre d'accord sur les chiffres, ce n'est pas grave. Effectivement, je pense qu'il nous faudrait une majorité absolue pour pouvoir aller à Matignon, parce que si nous nous arrivons et que nous n'avons pas les coups des franches, ce serait évidemment pas possible. Donc pourquoi tu fais Matignon si vous n'avez pas majorité absolue ? En l'état, il faudrait demander, il faudrait poser la question à Jordan Bardella, mais en tout cas, c'était notre position aux dernières législatives.

Et effectivement, si nous sommes, si Jordan Bardella est Premier ministre, ce n'est pas pour demander la démission d'Emmanuel Macron, c'est pour rentrer dans une cohabitation, comme on en a déjà connu, et pour mettre en place tout de suite des mesures, encore une fois, sur la sécurité, sur l'immigration, sur le pouvoir d'achat. On avait des mesures qui étaient très simples. Vous savez, là, on est début septembre, dans peu de temps, les Français vont devoir choisir entre se chauffer ou dîner le soir. Ce n'est pas une... Justement, pourquoi attendre pour gouverner ? Les gens m'arrêtent dans ma circo pour me dire, en fait, je ne sais pas si je vais me chauffer ou dîner.

Donc en fait, les prérogatives des Français n'ont pas changé. Par contre, leur précarité s'est aggravée en un an, parce qu'un an d'Emmanuel Macron, ça a été toujours plus de dettes. Un an avec Emmanuel Macron et son ministre de l'Intérieur, c'est toujours plus d'immigration, c'est toujours moins de sécurité. C'est là aussi où la sécurité, on a une grande différence avec M. Roussel. Moi, je ne pense pas que la police tue, et je pense au contraire qu'il faut renforcer le régalien dans notre pays. Donc on est tout à fait ouvert, nous sommes amoureux de ces institutions, sinon nous ne serions pas là.

14:10
Invité

Mais pourquoi attendre d'avoir une majorité absolue, alors, pour se saisir du pouvoir ? Je veux dire, c'est le lot de toutes les formations politiques à l'heure actuelle, de devoir composer avec des majorités plus que relatives. Je veux dire, pourquoi ne pas aller au pouvoir, et précisément, si vous entendez soulager les classes populaires dont vous semblez si soucieuse, pourquoi vous n'y allez pas dès maintenant ?

14:29
Laure Lavalette

Je ne sais pas, vous êtes observateur de la vie politique, vous avez bien vu, on a voté combien de textes à l'Assemblée nationale l'année dernière ? En tout cas, on en a voté 5, en gros, dont 3 sur Mayotte.

14:37
Invité

Il y a une grande idée qui se félicite du grand nombre de propositions de loi, qui n'arrêtent pas rien.

14:41
Laure Lavalette

Voilà, il y avait 5 textes importants, dont 3 qui étaient sur Mayotte, c'était l'état d'urgence, et là, évidemment, il y avait un consensus, puisque nous étions pratiquement tous d'accord. Donc en fait, la question, c'est ça, c'est si vous arrivez, on n'est pas là pour faire de la figuration, on est là pour changer le quotidien des Français. Et pour ça, il nous faut une majorité absolue et les coûts des Français.

14:56
Présentateur

De François Langlais, le coût de tout ça, c'est-à-dire, en réalité, beaucoup disent, là, le RN et les oppositions présentent une facture à la France. Est-ce qu'ils ont raison ?

15:07
Invité

Le coût, il est double. Il y a d'abord un coût en termes de croissance. Tout s'est arrêté. Vous avez sans doute, les uns et les autres, vu des patrons récemment, tout s'est arrêté. Les embauches, les investissements, tous les projets. Donc ça va se voir dans les chiffres de la croissance. Et l'autre, il est justement budgétaire. C'est-à-dire que le programme de Bayrou, on peut le critiquer pour de bonnes ou de mauvaises raisons, laissant ça de côté. L'ordre de grandeur qu'il donne est difficilement contestable. Et chaque jour, chaque semaine ou chaque mois qu'il passe sans contraire de cette question, évidemment, creuse la dette.

Justement, vous évoquiez toujours l'immigration comme la principale source d'économie.

15:47
Laure Lavalette

Pas la principale source d'économie. On n'en parle pas. Une des...

15:49
Invité

On vient de voir Raphaël Glucksmann. C'est les riches, puis vous, c'est les étrangers.

15:53
Laure Lavalette

Une des, nous sommes les seuls à porter, évidemment, cette voie-là.

15:55
Invité

On peut discuter, par exemple, les prestations qu'on appelle non-contributives, celles qui ne sont pas liées à des cotisations sociales. Ça peut se regarder. Mais pour le reste...

16:03
Laure Lavalette

Ça ne peut pas se regarder. C'est l'urgence, M. Langlois, de le regarder. C'est ce que veulent les Français.

16:06
Invité

Pour le reste, Mme Lavalette, pour le reste, l'ampleur... Est-ce que vous convenez que l'ampleur du sujet budgétaire en France est telle que ça ne suffira pas ?

16:14
Laure Lavalette

Mais bien sûr. Mais à aucun moment, nous faisons de la lutte contre l'immigration, l'alpha et l'oméga. Enfin, je veux dire, ce serait quand même... Non, excusez-moi, c'est assez méprisant. Ou alors, vous ne nous écoutez jamais. Mais on a quand même d'autres propositions. Vous étiez là pour le budget chiffré de Jean-Philippe Tanguy. Encore une fois, sur les 1 200 agences de l'État. Enfin, je veux dire, des propositions, on en a fait quand même beaucoup. Donc, c'est, j'allais dire, un faux procès de nous résumer à l'immigration. Mais par contre, l'immigration, elle a un autre coût aussi qui est un peu invisible, qui est le coût, voilà, j'allais dire, sur notre culture, sur notre identité.

Moi, j'ai été très frappée en juin dernier de voir une affiche du ministère de l'égalité disant que les vacances, c'est fait pour s'amuser, pas pour se faire mutiler. Je vous pose une question, M. Langlois. Est-ce que l'excision, c'est une tradition gallo-romaine ou héléno ? Enfin, voilà. Donc, le coût de l'immigration, il n'est pas seulement budgétaire. Il est aussi là parce que c'est des coups de boutoir à notre culture. En fait, c'est double, mais ça n'est évidemment pas l'alpha et l'oméga. On peut aller négocier le prix de l'électricité, ce que nos voisins ont fait, que nous n'avons pas été capables de faire. On peut diminuer, évidemment, le train de vie de l'État.

En tout cas, on ne peut pas demander aux Français des économies sans faire des économies structurelles de son côté. C'est vraiment ce moqué du monde.

17:20
Présentateur

Et pour celles et ceux qui nous rejoignent, je rappelle ces principales informations, les derniers développements. Emmanuel Macron veut aller vite. C'est dans tous les tout prochains jours, dit-il, qu'il nommera un nouveau Premier ministre. Et nous recevons, Laure Lavalette, parmi tous les responsables politiques. Le débat va s'ouvrir dans quelques instants. Un mot encore, Laure Lavalette, sur les hypothèses.

Si le président de la République nomme un Premier ministre, y compris relativement proche de lui, quelqu'un qui accepterait plus de concessions économiques et financières que François Bayrou, est-ce que vous censurerez automatiquement, ou est-ce que vous êtes prête à ouvrir une nouvelle négociation ?

17:53
Laure Lavalette

Mais bien sûr, nous ne sommes pas de ceux qui censurent de façon automatique. Bien sûr que non. Et regardez, M. Bayrou, on a laissé sa chance au produit. On lui a laissé neuf mois pour essayer d'agir. Neuf mois d'inactivité et d'inaction absolument terrible dans tous les domaines. Mais a priori, nous n'étions pas contre. Enfin, je veux dire, en tout cas, le message qu'il faut faire passer, c'est que nous représentons 11 millions d'électeurs. Nous sommes la première force politique à l'Assemblée nationale. Pas première force d'opposition. On est la première force tout court. On ne peut pas faire comme si nous n'étions pas au centre du jeu.

Nous parlerons évidemment avec un Premier ministre qui nous respecte, qui s'adresse à nous et qui va évidemment dans le sens que veulent les Français.

18:28
Présentateur

Donc, ça veut dire que vous êtes prête maintenant, si, mettons, je dis n'importe quoi, si M. Darmanin, par exemple, si M. Lecornu, il vous appelle, vous dites, on se met autour de la table et on parle.

18:38
Laure Lavalette

Mais comme nous l'avons toujours été, enfin, je veux dire, nous sommes une opposition constructive, c'est d'ailleurs sûrement ce qui fait notre succès, c'est ce que nous disent les gens. Le sectarisme, le dogmatisme n'est pas de notre côté. Encore une fois, vous savez, Marine Le Pen, quand elle a envoyé sa lettre le 25 juillet, elle s'est sûrement dit que François Bayrou allait en prendre acte. Elle est restée lettre morte. Enfin, je veux dire, c'est François Bayrou qui a décidé de partir ce soir.

Laure Lavalette : "Dissolution ou démission : le peuple doit s’exprimer !" (LCI) — Laure Lavalette · Pourquijevote