Pass sanitaire : le sprint face à l'épidémie #cdanslair 19.07.2021
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Bonsoir à toutes et à tous. C'est parti pour l'extension du pass sanitaire obligatoire dès mercredi, notamment dans les cinémas. Puis ce seront les restaurants, cafés, trains, hôtels. Le projet de loi est présenté aujourd'hui même en Conseil des ministres, avant une adoption express par les députés, car le gouvernement veut aller vite pour couper l'herbe sous le pied des antivaccins et surtout contrer cette reprise assez spectaculaire de l'épidémie. Pour le ministre de la Santé, Olivier Véran, la dynamique épidémique est clairement plus forte que lors des vagues précédentes.
Dans les Pyrénées-Orientales, par exemple, les restaurants doivent d'ores et déjà fermer plus tôt face à l'explosion des contaminations. Alors question, quel danger représente cette quatrième vague ? Le gouvernement parviendra-t-il à imposer le pass sanitaire dans notre quotidien et la vaccination au personnel soignant ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Pass sanitaire, le sprint face à l'épidémie ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Vincent Maréchal. Vous êtes professeur de virologie à Sorbonne-Université, cofondateur du réseau Obépine, chargé de surveiller les traces de Covid dans les eaux usées.
Anne-Laure Barral, rédactrice en chef du service Société du journal du dimanche, en charge des questions de santé. Le JDD qui titrait dimanche dernier « Le pass, pardon, ou ça casse ». Soazig Kemeler, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. En une de votre journal cette semaine, vous revenez sur la vaccination et Emmanuel Macron qui a choisi de contraindre. Enfin, Brice Tinturier, directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos. Je cite votre dernier sondage Ipsos-Sopra-Steria de vendredi pour le Parisien et France Info qui indique que plus de 6 francs 6 sur 10 se disent favorables aux nouvelles mesures sanitaires annoncées lundi dernier par Emmanuel Macron.
Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Professeur Maréchal, on commence avec vous. Et cette alerte d'Olivier Véran, c'était hier dans le journal du dimanche, de ministre de la Santé, qui dit au sujet de cette quatrième vague qui commence en France, qui apparaît, mais il dit la dynamique épidémique est clairement plus forte que lors des vagues précédentes.
Alors ça, c'est tout un sujet. Ce qu'on peut comparer relativement simplement, c'est ce qui s'est passé l'été dernier. Souvenez-vous, mois de mai, mois de juin, pas de virus. C'est revenu tout doucement. Ça a évolué tout doucement durant l'été. Là, on n'est pas du tout dans cette dynamique-là. Effectivement, on voit depuis, on va dire mi-juin, fin juin, début juillet, on a vraiment un nombre de cas qui apparaît de façon importante. Le R0 est important, mais le contexte est très différent aussi. On a une population qui reste insuffisamment vaccinée. Donc on est dans un système un peu ambigu avec 50% de gens qui le sont, d'autres qui ne le sont pas.
Donc il y a de la place pour qu'un virus très contagieux puisse se répandre. Le virus Delta est très contagieux, deux fois plus, enfin 50% plus contagieux que le variant britannique qui était lui-même 50% plus contagieux que le précédent. Donc on a un virus très contagieux. Et puis des vacances d'été qui sont propices au contact, au rassemblement. Des gens qui sont notamment dans la région Pyrénées, proche de l'Espagne, où là, il y a une vague épidémique très importante. Donc effectivement, on a un cocktail un peu détonnant. Et malheureusement, on n'est qu'en été, on serait tenté de dire. C'est-à-dire à une période où on pourrait espérer que l'épidémie soit un peu plus raisonnable.
Et donc ce qui est inquiétant, c'est l'arrivée de septembre, octobre, où là, il faudrait être prêt parce que ça risque d'être très favorable à la circulation.
C'est terrible, Anne-Laure Barré, parce qu'on a l'impression de revivre exactement ce qu'on a vécu l'an dernier, l'été 2020. On partait en vacances en pensant que l'épidémie était derrière nous. Et puis au cœur de l'été, on l'a vu réapparaître.
Là, certains ne sont même pas partis. Et l'inquiétude, point déjà. En discutant avec Olivier Véran samedi, l'impression que j'avais. Son ton, c'était plus d'entendre un ton de fin août dernier, quand il sonnait l'alerte dans les bouches du Rhône, que d'entendre le ton adopté par l'exécutif la mi-juillet. Donc la dynamique épidémique, elle inquiète dans l'exécutif, je crois que...
C'est-à-dire que c'est comme la vague de l'an dernier, mais en accéléré. Elle va plus vite, celle-ci.
C'est en accéléré. Plutôt. Oui, plus tôt. C'est plus tôt dans l'été, en fait. On s'attendait à une rentrée compliquée. L'exécutif s'attendait à une rentrée compliquée. Et l'été semble devoir l'être aussi. On a entendu des adjectifs comme stratosphériques dans la bouche de Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, ce matin.
Il a donné comme adjectif pour cette reprise.
L'évolution de l'épidémie, elle est stratosphérique. Voilà, il mettait en garde dans le Parisien dimanche contre un tsunami viral. Voilà, il y a des mots...
Ils sont pesés, ces mots. Ils ne sont pas improvisés. Quand on dit tsunami viral, quand on dit stratosphérique, on ne le dit pas à la légère.
On sait que c'est pour marquer les esprits. La situation qui est grave, mais il faut marquer les esprits. Parce qu'il y a quand même une démarche derrière, qui est de pousser les gens à aller se faire vacciner. Il n'y a pas tellement de solution. Donc je pense qu'il y a un peu d'emphase, mais la situation est grave quand même.
Donc tsunami viral, du coup, Swazik et Ménard. Le gouvernement veut aller vite. Alors, quel est le calendrier, là ? On peut vraiment aller vite ? On peut rapidement faire en sorte que toutes ces mesures qui ont été préannoncées par Emmanuel Macron lundi dernier, comme le pass sanitaire dans le quotidien, ça arrive rapidement, réellement ? Ça sera rapidement mis en œuvre ?
Oui, alors tout est organisé, effectivement, pour que ça aille très vite. Donc, Conseil des ministres à 18h30 aujourd'hui. Avant, on a passé une première herse, puisque le Conseil d'État a donné son avis sur ce texte. Et finalement, il y a assez peu de choses qui sont retoquées par les conseillers. Simplement, ils mettent en avant le fait que les amendes qui étaient prévues pour les restaurateurs, 45 000 euros, on se souvient, c'était considérable. Ce seuil-là est trop élevé, donc ça va être descendu dans le projet de loi. Ils n'ont pas remis en cause l'isolement forcé des personnes qui sont contaminées. Ça, c'est quand même... On franchit un cap qui n'avait pas été franchi jusqu'à présent.
On avait une surveillance pour ceux qui revenaient des zones rouges, mais pas pour les gens qui étaient sur le territoire français contaminés. Donc ça, ils n'y voient pas de problème. Donc ça, c'est première étape aujourd'hui. Déjà, il y a une première grosse étape. Demain, c'est examiné en commission à l'Assemblée ce texte, projet de loi. Ensuite, c'est l'examen dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, mercredi, au Sénat, jeudi. Et sans doute un vote dès vendredi. Ça peut aller si vite que ça. Alors, avec la particularité, c'est qu'on sait déjà...
C'est exceptionnellement rapide. Là, quand une semaine, un projet de texte aussi impliquant dans la vie des Français, un projet de loi aussi impliquant, puisse être adopté ?
Alors, c'est vrai que c'est très impliquant. Alors, il y a eu des discussions politiques préalables, notamment sur la vaccination des soignants. C'est pour ça qu'on en entend un peu moins parler aujourd'hui dans le débat politique, puisqu'il y a déjà eu une consultation des partis sur ce thème-là, précisément. Ce qui pouvait bloquer, ou ce qui peut bloquer, ce qui pourra bloquer, c'est la question du pass sanitaire. Et on sait déjà qu'à la fois, les sénateurs LR et, de notre côté, les députés insoumis, mais ils ne sont pas assez nombreux, donc ils essaient d'être 60, veulent saisir le Conseil constitutionnel. Et c'est ça, sans doute, qui va retarder un petit peu la mise en application.
Ça devait être le 1er août. C'est ce qui a été annoncé par Emmanuel Macron lors de son allocution. On est plutôt parti sur le 2, 3 août. Il faut que tout soit prêt.
Alors, Brice Tinturier, comment réagit l'opinion face à la fois à ces mots d'épidémie stratosphérique et ce pass sanitaire qu'on nous annonce pour le 2 août, 2 ou 3 août, dans notre quotidien ?
Les Français, dans l'enquête qu'on a menée, ils sont d'abord très cohérents. C'est une enquête qui est assez facile, pour une fois, à décrypter, parce qu'on a des chiffres qui, entre eux, sont parfaitement cohérents. D'abord, les 2 tiers, 66%, se déclarent inquiets. Donc, ça corrobore ce que vous indiquiez. Les Français suivent la situation. Ils voient bien qu'il y a une reprise de l'épidémie. Et l'inquiétude, elle remonte. Deuxième élément, dans une proportion quasi identique, on va être à chaque fois entre 63% et 66%. Ils adhèrent au principe énoncé par le chef de l'État que les contraintes doivent peser prioritairement sur les non-vaccinés et pas sur les vaccinés.
Et du coup, sur l'ensemble des mesures qui ont été annoncées, on est à chaque fois entre 62% et 65% d'adhésion, que ce soit le pass sanitaire, que ce soit même la vaccination obligatoire, ce qui n'a pas encore été du tout acté. On a 60% de Français qui se déclarent même favorables à ça. Ou, pour la vaccination obligatoire, des personnels soignants ou le fait de rendre maintenant les tests PCR payants à partir de la rentrée, sauf pour ceux, évidemment, qui sont en grande difficulté. Donc, globalement, il y a adhésion sur le principe général, sur la philosophie générale et sur les mesures qui en découlent. Et puis ensuite, très grande cohérence aussi au niveau des catégories.
C'est assez simple. Les plus jeunes sont les plus rétifs, à la fois au principe et à toutes les mesures. Les plus âgés les approuvent massivement. On a des écarts de 30 points entre les moins de 35 ans et les plus de 55 ans pour faire court. Et on est également très cohérents entre le fait d'être soi-même vacciné, à ce moment-là, on adhère à tout cela. Et puis, de refuser la vaccination. Et à ce moment-là, on est très hostile à tout cela. Mais ceux qui refusent la vaccination sont évidemment beaucoup moins nombreux que ceux qui sont soit vaccinés, soit qui y adhèrent.
Et comment ça vous surprend, Sabrice Tinturier, que les Français qu'on décrit volontiers comme des Gaulois râleurs et réfractaires approuvent massivement quand même un texte aussi, certains disent liberticide, mais enfin, qui va être impliquant dans notre quotidien. S'il faut se faire un écouvillon avant d'aller boire un café le matin, c'est compliqué.
Non, ça ne me surprend pas pour deux raisons. D'abord, parce que j'ai eu l'occasion, durant toute cette crise, de dire que justement, les Français, on en avait la preuve, n'étaient pas des Gaulois réfractaires, contrairement à ce qu'avait dit Emmanuel Macron. Ils ont suivi les consignes avec plutôt beaucoup de discipline. Et puis, ça ne me surprend pas parce que je pense que porter le débat en termes de liberté individuelle, c'est une escroquerie intellectuelle. Parce que ceux qui le posent en ces termes ne nous donnent jamais leur définition de la liberté. et implicitement, on voit bien que ça serait la liberté de tout faire. Or, la liberté, ça n'a jamais été ça.
Elle doit se faire dans un cadre où il y a des obligations ou dans un cadre où vous êtes en relation avec autrui. Le vrai débat, et il doit y avoir un vrai débat, il est incontestable, il est légitime, c'est beaucoup plus sur la proportion des restrictions ou des contraintes qu'on demande aux non-vaccinés par rapport aux dangers qu'ils généraient en refusant de se vacciner. Donc, c'est un débat sur la proportionnalité, ce n'est pas un débat sur la liberté en elle-même, de mon point de vue. Et je crois que les Français, c'est tout simplement ce qu'ils ont parfaitement compris.
Quand ils adhèrent au principe général que la contrainte doit d'abord porter sur les non-vaccinés, c'est d'une certaine façon ce qu'ils nous disent. Ils nous disent que, dans un cadre collectif, où chacun a des obligations et des droits, mais les deux, des obligations et des droits, eh bien, les obligations des non-vaccinés doivent aujourd'hui l'emporter et c'est sur eux que doivent peser la contrainte, d'autant qu'il ne s'agit pas d'empêcher. Ce sont des contraintes. On n'interdit pas à quelqu'un de rentrer dans un lieu public.
On lui demande s'il refuse de se faire vacciner, à ce moment-là, d'avoir un test qui prouve qu'il n'est pas contaminé et donc potentiellement contaminant pour les autres. Ce n'est quand même pas la même chose par rapport à tous ceux qui posent ce débat comme s'il s'agissait d'un problème d'atteinte aux libertés individuelles. D'ailleurs, ça va très vite, sois-y qu'il va dire,
dès mercredi, pour le cinéma. Si on n'est pas vacciné, il faudra avoir fait avant un test PCR ou un test antigénique. D'ailleurs, pourquoi est-ce que ça entre en application pour les cinémas alors même que, vous l'avez dit, ça ne sera pas voté avant la fin de la semaine ?
Alors, il y a des dispositions qui dépendent de la loi qui est actuellement en cours. C'est-à-dire, je ne vais pas vous dire de bêtises, le régime transitoire d'état d'urgence sanitaire... De la précédente loi. Voilà, qui court jusqu'au 30 septembre. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il faut une nouvelle loi, là, qui va courir. C'est-à-dire, normalement, on va voir quand on aura le texte jusqu'à la fin de l'année 2021, ce qui augure sans doute, d'ailleurs, d'une année 2022, qui sera peut-être prolongée, on aura peut-être une présidentielle en état d'urgence sanitaire. Ça, on verra, ce sera pour l'année prochaine.
Mais donc, là, on peut, dans les lieux de culture qui étaient déjà concernés, puisqu'il y avait des...
On réactive quelque chose qui était déjà en vigueur.
Alors, il n'y avait pas le pass sanitaire, mais la particularité du pass sanitaire, c'est qu'il n'était pas pour la vie quotidienne. C'est ce qu'avait dit, vous vous souvenez, Emmanuel Macron dans son interview à la PQR, c'était au mois de mai dernier. Après, on a entendu, vous parliez tout à l'heure du porte-parole du gouvernement. Ce qui est intéressant, ce matin, c'est, il expliquait bien qu'il y aurait de la souplesse. Et on imagine bien que ça va démarrer tout doucement, et que le signal essentiel qui était donné par Emmanuel Macron le 12 juillet, c'était « allez vous faire vacciner ». Et après, on voit bien que sur le pass sanitaire, ça va être très long.
Alors, très long, on disait tout à l'heure qu'on est dans une procédure très accélérée, mais ça ne va pas être si rapide que ça dans la mise en œuvre. Il va y avoir de la souplesse, il va y avoir beaucoup de pédagogie. Et on ne va pas être tout de suite avec un gendarme derrière chaque fauteuil de cinéma pour vérifier que vous avez bien le pass sanitaire mercredi prochain.
Alors, on l'a dit, le Conseil des ministres examine en ce moment même le projet de loi prévoyant l'extension du pass sanitaire en France. Le texte sera débattu dès mercredi au Parlement. L'exécutif avance donc au pas de charge, tandis que plus de 100 000 manifestants sont descendus dans la rue ce week-end pour dénoncer, je cite, « une dictature sanitaire », sujet de Juliette Vallon avec Walid Berissoul et Nicolas Baudry-Dasson.
Le projet de loi sur la crise sanitaire sera-t-il adopté définitivement d'ici la fin de la semaine ? C'est en tout cas ce que souhaite le gouvernement, réuni en Conseil des ministres cet après-midi, pour étudier et valider les dernières pistes. Une course contre la montre, alors que plus de 12 000 cas positifs ont été recensés en France pour la seule journée d'hier. Voici les principaux contours de ce projet de loi. Avec la vaccination rendue obligatoire pour les soignants, mais aussi l'extension du pass sanitaire aux restaurants et centres commerciaux de plus de 20 000 m². Restent des incertitudes, comme l'isolement obligatoire de 10 jours pour les personnes positives au Covid.
Et ce matin, le ministre de l'économie souhaite se montrer souple sur les sanctions.
45 000 euros, ça me semble excessif. Il faut être très concret, vous avez un restaurateur,
il n'a pas pu installer son pass sanitaire ou il est récalcitrant. Il faut qu'il y ait une sanction. Si jamais il y a un refus d'appliquer des règles qui protègent notre santé. Mais il faut que cette sanction, il faut encore, soit dissuasive, pas excessive.
45 000 euros, ça me semble excessif. Un exécutif sous pression, alors que les manifestations contre la vaccination et l'extension du pass sanitaire se multiplient dans le pays. Samedi, près de 114 000 personnes ont défilé, notamment à Lille, Marseille et Paris. Dans les cortèges, quelques gilets jaunes, mais surtout des pancartes faisant référence à la dictature et même au nazisme. Certains manifestants arborent carrément une étoile jaune sur leur poitrine pour s'identifier aux juifs persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale. Désolée, je vais le dire, mais les juifs aussi, on leur a empêché de rentrer dans les magasins. Donc bientôt, on aura tous une étoile jaune.
Interdiction de rentrer dans les magasins, de vous nourrir si vous n'êtes pas vaccinés. Un amalgame immédiatement dénoncé par les politiques.
C'est une honte, un outrage pour la mémoire des 6 millions de victimes de ce terrible moment de l'histoire et pour leur famille.
Ces manifestations sont un musée des horreurs à ciel ouvert. Abat l'obscurantisme.
Arborer l'étoile jaune, de quoi choquer au plus profond aussi l'un des derniers escapés de la rafle du Veldiv.
Cette comparaison est odieuse. Il faut se lever tous. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point j'ai été touché. Les larmes me sont venues. Je l'ai porté l'étoile, moi. Je sais ce que c'est, je l'ai dans ma chair encore.
En tête du cortège parisien samedi, l'ex-front national Florian Philippot, ainsi que Nicolas Dupont-Aignan et le chanteur Francis Lalanne. Mais aussi cette ancienne députée de la majorité qui s'est faite remarquer en appelant les citoyens à s'en prendre député. Des propos virulents, alors que des manifestants anti-vaccin ont saccagé et envahi plusieurs permanences d'élus, dont celle du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, vendredi dernier. Plus grave encore, le cas de cette députée menacée de mort sur sa boîte mail depuis ses prises de position pro-vaccin, et elle n'est pas la seule.
Dites aux autres députés de bien voter, car à partir de demain, c'est des vrais balles que vous allez vous prendre. Je suis armée, faites attention où vous allez, vous ne nous injecterez jamais le vaccin. J'ai un collègue, monsieur Zilezi, qui a reçu, lui, dans son jardin personnel, une poupée, sans les yeux, sans la bouche, avec un bras en moins, une jambe en moins. On a déjà été menacés, on avait reçu des courriers, mais là, ça prend des proportions qui sont inacceptables, on ne peut pas se taire. Parce que des fois, on me dit, oui, mais il ne faut pas le dire. Si, il faut le dire, parce que si on ne le dit pas, alors aujourd'hui, c'est une élue, et demain, ça sera votre voisin.
Attaqué sur son projet de loi, le gouvernement reproche à ses opposants politiques de ne pas se montrer suffisamment solidaires.
Je ne sais pas où sont les Valérie Pécresse, les Xavier Bertrand, les Anne Hidalgo, les Laurent Wauquiez, les Yannick Jadot, c'est un peu le roi du silence, je trouve, ces derniers jours. Or, évidemment qu'il faut faire corps pour défendre la République et pour, évidemment aussi, défendre des mesures qui sont nécessaires pour protéger les Français.
Protéger les Français, qui, selon un sondage publié vendredi, sont 60% à être favorables à l'extension du pass sanitaire. Et depuis le discours d'Emmanuel Macron lundi dernier, ils sont plus de 3 millions à avoir pris rendez-vous pour leur première injection.
Brice Cinturier, est-ce qu'on va cerner le profil des anti-vaccins ?
Oui, on a malgré tout un profil à travers les enquêtes d'opinion. Ce sont plutôt des gens très dans l'idée qu'il y a une contre-culture à développer par rapport à un système. Donc, ils fleurent très souvent avec l'idée d'une contre-culture, avec un mode assez complotiste, qui estiment que les opérations qu'on cherche à nous imposer relèvent d'un modèle politique et d'intérêts financiers cachés ou occultes. Ensuite, sociologiquement, ce sont des profils un peu tous azimuts. C'est-à-dire qu'il ne faut pas s'imaginer que ce ne serait que dans les milieux les moins diplômés qu'on les trouverait. Il y a une surreprésentation des moins diplômés.
Mais vous avez aussi chez les anti-vax des gens qui sont parfaitement diplômés. Et ça, c'est important parce que ça signifie que ce n'est pas un problème d'ignorance. Ce n'est pas un problème d'accès à l'information. Ce qui est très frappant quand vous faites des entrettes qualitatives auprès de ces personnes, quand vous les interrogez longuement, c'est qu'elles sont persuadées d'avoir raison et d'être mieux informées que tout le monde. Et elles vous disent c'est vous qui êtes naïf parce que vous croyez détenir des informations mais en réalité c'est à travers des médias traditionnels qui sont détenus par un pouvoir politique ou un pouvoir économique dont vous êtes dupes.
Donc c'est très difficile de les faire évoluer. Je parle là vraiment des anti-vax parce qu'ils ont toute une contre-argumentation. Ce n'est pas un problème encore une fois de pédagogie comme je l'entends parfois ou de manque d'information. C'est une idéologie. C'est une vision du monde. C'est une contre-culture et qui peut s'affirmer parfois avec force et dans la violence on commence à en voir les prémices.
Professeur Vincent Maréchal, vous qui êtes professeur de virologie, quels sont les arguments qu'on vous avance justement pour vous dire je ne veux pas qu'on m'injecte dans mon corps cette dose ?
En fait, je dirais qu'il y a deux populations. Là, on parle des gens qui sont contre le vaccin mais il y a quand même dans cette population deux grands groupes. Il y a les anti-vax qui sont finalement quelque part appuyés dans leur démarche par une volonté politique, par une volonté dogmatique. Ils ont une idée du monde qui est comme ça et ceux-là, je pense qu'on aura du mal à les convaincre. Moi, je pense qu'il faut discuter avec tout le monde. Rater ce débat-là serait dramatique pour la suite. Donc, il faut discuter. Et puis, il y a ceux qui sont sceptiques. Alors, les sceptiques, par définition, c'est des gens qui doutent.
Alors, des gens qui nous disent moi, le vaccin, est-ce qu'il est vraiment aussi efficace que ça ? Oui, on a aujourd'hui toutes les preuves à très grande échelle. On n'a jamais eu autant de données sur un vaccin ou des vaccins qui montrent qu'à 95%, 90%, on empêche les formes graves. On a des arguments scientifiques. Après, on nous dit oui, c'est efficace, d'accord, mais il y a un rapport bénéfice-crise. Il n'y a pas des dangers sur ces vaccins. Alors, ce qu'on peut dire, c'est que ces dangers-là, on les surveille de très près. Il y a une pharmacovigilance extrêmement importante avec une transparence et c'est absolument essentiel pour convaincre excessivement importante aussi.
Souvenez-vous AstraZeneca, 3-4 cas par million d'injectés, par million de personnes vaccinées. On l'a signalé, on l'a identifié. On a même modifié dangereux chez les plus jeunes. On change le débat. Donc, il y a des arguments. Nous vous objectent souvent aussi
qu'on ne connaît pas les éventuelles conséquences à long terme de ce vaccin. Alors ça, personne ne peut lire dans la vidéo. Comme ce vaccin est nouveau dans 10 ans, est-ce qu'il pourrait avoir...
On sait seulement, c'est que ça fait 8 mois, 9 mois maintenant de recul sur cette vaccination et que s'il y avait eu des problèmes importants, on pense qu'on en aurait vu un certain nombre. Autre argument important qui commence à être un peu subtil parce que dans ce débat-là, il y a des gens qui réfléchissent très bien. Il y a des gens diplômés, effectivement, il y en a qui nous disent mais regardez, on nous dit que le vaccin est là pour bloquer la transmission du virus. Or, en fait, il y a quand même des gens vaccinés qui attrapent l'infection. Donc, quelque part, vous nous vendez une machine à rêver.
Alors, ce qu'il faut redire aux gens, c'est que les gens qui sont vaccinés peuvent être infectés. C'est rare, mais c'est le cas. Ils sont en très grande majorité protégés contre les formes graves et on sait qu'ils ont 10 fois moins de chances, 12 fois moins de chances de transmettre l'infection. Donc, bien sûr, qu'il y a un effet majeur et qu'on peut casser avec un effet pareil, on peut casser la circulation. Donc, il faut répondre, à mon avis, pas à pas à chacune des objections par des arguments scientifiques. Christian Thurier ? Peut-être un tout petit point pour compléter ce que vous venez de dire.
C'est qu'effectivement, il y a les antivax dont je parlais précédemment et il y a les hésitants. Et les hésitants, c'est une toute autre catégorie. Et souvenez-vous, en novembre, donc il y a déjà plusieurs mois, on avait dans les enquêtes internationales un taux extrêmement fort en France de personnes qui nous disaient je ne veux pas me faire vacciner. mais je soulignais à l'époque qu'on avait aussi un taux extrêmement important et beaucoup plus important que dans les autres pays chez ces personnes-là qui disaient mais je peux changer d'avis.
Donc, c'était des gens en réalité qui s'interrogeaient notamment sur la question des effets secondaires et la capacité à avoir un vaccin aussi rapidement sans qu'il y ait d'interrogations par ailleurs potentiellement légitimes derrière. Et c'est ça qui a fondu. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ces hésitants, il y a malgré tout une preuve par le fait ils ont quand même constaté que des millions de gens avaient été vaccinés sans effets secondaires massifs et nocifs restent la question des effets à long terme mais ils sont passés d'une proportion on va dire de 40% environ de Français qui hésitaient à aujourd'hui 20 ou 22% de Français qui nous disent je ne souhaite pas me faire vacciner.
Donc, ce ne sont pas des antivax, cela. C'est autre chose. Ce sont des Français qui se posaient légitimement on va dire un certain nombre de questions et qui pour le coup ont évolué aussi dans des proportions importantes.
Il n'empêche à côté de cette vaccination il y a le caractère contraignant des mesures qui accompagnent le pass sanitaire. Question SMS Anne-Laure Barré le gouvernement risque-t-il de créer des tensions dangereuses au sein du pays avec le pass sanitaire ? Comment, si avant de prendre un café je dois être obligé de passer un test PCR on peut comprendre que ça agace de nombreux Français qui vont tous les matins prendre le petit noir ?
Bien sûr, on peut comprendre surtout si ce café est en terrasse où on nous a répété qu'on ne risquait pas grand-chose. Il y a déjà des tensions on l'a vu samedi dans la rue on l'entend autour de nous moi ce qui me semble comprendre enfin ce qui me semble implicite dans tout le discours de l'exécutif autour du pass sanitaire c'est la crainte de devoir remettre en place un couvre-feu j'ose pas dire reconfiné personne ne peut y croire aujourd'hui mais ce qui me semble
ça n'est pas une option pour le gouvernement de reconfiner tout le pays quand Emmanuel Macron dit on veut favoriser ceux qui sont vaccinés par rapport
moi je n'ai pas ce genre d'information mais je pense que personne ne peut l'écarter jamais avant d'avoir atteint l'immunité collective donc on n'y est pas du tout mais j'ai l'impression quand on voit ce qui se passe dans les Pyrénées-Orientales aussi de nouvelles restrictions en Meurthe et Moselle on se dit mais ça commence à grignoter il y a un certain nombre de départements qui ont une incidence importante un peu inférieure à 200 qui est le nouveau seuil d'alerte fixé par Emmanuel Macron le 12 juillet donc on se dit enfin voilà on espère qu'on passera l'été sans restrictions plus fortes mais la visue européenne des épidémies nous dit que dans chaque pays européen il y a un risque que le nombre de contaminations soit multiplié par 5 d'ici la fin juillet donc on est à un peu plus de 10 000 si vous multipliez par 5 voilà vous arrivez à 50 000
il n'empêche aussi qu'il y a quand même une exception française enfin l'Angleterre déconfine et Angela Merkel elle-même dit non moi je ne vais pas contraindre je ne vais pas imposer aux Allemands le pass sanitaire dans leur quotidien et non je ne vais pas imposer aux soignants la vaccination
oui alors Emmanuel Macron a décidé de frapper fort de provoquer un choc un électrochoc même lundi dernier mais parce qu'il y a des doses de vaccins parce qu'il y a des hésitants dont vous parliez à l'instant et parce qu'il veut faire rencontrer les hésitants et ses doses de vaccins donc la volonté c'était avant tout ça après il y a aussi une question en France on le disait tout à l'heure on est dans la dernière ligne droite presque enfin il reste 9 mois avant l'élection présidentielle Emmanuel Macron il a une pression politique pression sanitaire pression politique donc il essaie de faire en sorte que les français réagissent vite pour qu'on passe bien la rentrée parce que c'est ça la question donc il fait le pari et d'ailleurs quand on regarde les sondages ça fonctionne et quand on regarde le nombre de rendez-vous qui ont été pris via des sites pour aller se faire vacciner il fait le pari que les français vont avoir un espèce de bon civique ou de bon collectif et qu'ils vont aller se faire vacciner et qu'on va réussir à vivre une rentrée à peu près normale même si quand on voit les taux d'incidence remonter la première question c'est de savoir si le mois d'août de ceux qui ont décidé de partir en août va être normal mais c'est vrai qu'Emmanuel Macron a fait ce choix là un peu comme un pari un peu comme le choix qui avait été fait au mois de janvier de ne pas reconfiner les français là il a senti il a pensé d'ailleurs il s'est dit dans son entourage qu'il pouvait sentir aussi vous parliez tout à l'heure de la révolte vis-à-vis du pass sanitaire mais qu'il pouvait aussi y avoir un refus des vaccinés de vivre comme des non-vaccinés c'est-à-dire ceux qui ont fait le choix d'aller se faire vacciner quand c'était leur moment alors après c'est difficile aujourd'hui de dire à un adolescent comment ça tu n'es pas vacciné puisque la vaccination n'est ouverte que depuis le 15 juin mais en revanche à ceux qui ont pu y aller avant et qui peuvent y aller aujourd'hui plus facilement voilà c'est une façon de dire un sursaut collectif pour que la rentrée se passe bien mais c'est vrai que c'est un choix différent de ceux qui ont pu être fait notamment par Boris Johnson parce que c'est spectaculaire avec son journée de la liberté aujourd'hui aujourd'hui oui mais bon je parle sous votre contrôle mais je crois que les épidémiologistes s'inquiètent quand même de ce qui va se passer au Royaume-Uni c'est un euphémisme
alors forcément il y a 45% de Français entièrement vaccinés où ils sont ravis du pass sanitaire parce que quelque part ils diront ah bah moi j'ai le sésame absolu je pourrais me balader partout en France et faire ce que je veux bien sûr je crois
quand vous parlez de deux Frances qui risquent de s'opposer en fait c'est aussi deux conceptions de la liberté individuelle c'est à dire que vous avez les gens qui ont fait le choix pour se protéger mais également pour protéger les autres d'aller se faire vacciner aujourd'hui il n'y a plus de problème tellement de logistique on commence on en parlera peut-être tout à l'heure il y a des problèmes de logistique qui sont en train de se régler donc vous avez une France qui dit finalement moi j'aimerais bien avoir une vie normale parce que j'ai fait l'effort et puis en face des gens qui vous disent ma liberté c'est de ne pas me faire vacciner et donc je vais vous imposer de ne pas m'être vacciné et donc malheureusement je risque de compliquer l'épidémie donc l'affrontement il va avoir lieu de fait entre des gens qui ont fait un effort collectif et d'autres qui nous disent moi le collectif c'est un petit peu moins mon problème et ça c'est sûr qu'à un moment donné ces deux populations risquent de se croiser y compris sur les lieux de vacances peut-être
Anne-Laure Barré Souzy Kéméner le disait à l'instant ce qui est fantastique c'est que la simple annonce le simple discours d'Emmanuel Macron lundi dernier fait que le lendemain il y a eu une ruée même dès le soir même sur Doctolib au fond il y a eu près de 4 millions de rendez-vous pris pour la semaine dernière sur Doctolib finalement l'opération a réussi avant même d'avoir été lancée dans l'opération vaccination générale
exactement c'est la magie de la parole et la magie de la parole présidentielle on sait que la peur est un excellent outil
c'est la peur qui a poussé un petit bout de carotte aussi
carotte ou bâton c'est plus un bâton qu'une carotte il me semble ce pass sanitaire ou ça dépend de quel côté on se place moi je dirais la peur on sait que quand on sent que l'exécutif va prendre des décisions un peu coercitives tout le monde se met à respecter un peu mieux les gestes barrières les enquêtes le montrent désormais on dispose du vaccin on peut faire l'hypothèse que quand on sent que l'épidémie peut reprendre et que le discours présidentiel est attendu on clique sur Doctolib ou on passe un coup de fil à son centre de vaccination oui ça fonctionne
il a reboosté la vaccination par la simple force du verbe Emmanuel Macron
moi je ne suis pas sûr que ce soit la peur qui ait poussé ces 4 millions de gens tout à coup à aller se faire vacciner je pense qu'ils ont fait un petit trade-off un choix en se disant finalement entre la contrainte d'aller me faire vacciner et la contrainte de ne pas pouvoir partir en train demain ou de devoir me faire faire un test PCR au surplus qui ne sera plus remboursé exactement à partir de la rentrée ils ont choisi ce qui est quand même autre chose c'est pas forcément la peur des effets secondaires c'est un système où on arbitre entre des choix qui sont individuels et des choix collectifs mais par rapport à une gêne dans la vie quotidienne moi c'est ça qui m'a quand même beaucoup frappé
Professeur Vincent Maréchal d'ailleurs ce sursaut des réservations sur Doctolib elle est la bienvenue parce que vous voyez vous constatiez que ça s'émoussait les rendez-vous comme dans tous les pays
du monde les Etats-Unis l'ont vu d'autres pays l'ont vu il y avait une sorte on parlait de plafond vert il n'est pas de vert le plafond on sait qu'il allait arriver on l'a dit tout à l'heure il y a des populations qu'on n'arrivera pas à convaincre il y a une population de sceptiques sur lesquelles on peut encore travailler non il était temps que ça se fasse ce qui est un peu inquiétant c'est qu'on voit effectivement il y a plusieurs populations qui inquiètent qui sont les plus fragiles en termes d'âge qui sont encore insuffisamment il reste un petit bout de vaccination encore à faire chez les plus de 70 ans il y a environ 10% de gens qui ne sont pas encore vaccinés alors ceux-là restent quand même très exposés à des formes graves et il faut trouver le moyen d'améliorer ce chiffre-là et puis il y a les jeunes alors les jeunes pourquoi ils nous préoccupent parce qu'entre 20 et 40 ans on est peut-être à 40-50% de vaccination selon qu'on regarde le nombre de doses mais quand on regarde la circulation du virus aujourd'hui c'est bien dans ces populations-là que le virus est en train de circuler de façon prédominante donc s'il y avait eu une vaccination et ça a été débattu il y a quelques mois à un moment je me souviens dans les priorités on avait dit mais pourquoi pas commencer par les jeunes puisque finalement ils sont moteurs de cette épidémie bon bah aujourd'hui on voit comme l'été dernier que dans cette classe de 20-40 ans ça circule beaucoup et que la vaccination il va falloir la faire passer aussi dans cette population-là très vite pour casser cette dynamique
alors justement l'isolement obligatoire pour tous ceux qui sont positifs aux tests ça c'est aussi une nouveauté de ce projet de loi c'est une mesure bienvenue
alors l'isolement c'est un sujet qui me tient à cœur parce qu'on sait que les tests individuels que l'on fait qui nous ont coûté quand même une fortune ont pour objectif évidemment de nourrir nos données épidémiologiques mais c'est pas le seul objectif on peut le faire pour moins cher c'est des millions d'euros des centaines de millions d'euros certaines semaines qui sont dépensées et puis l'autre intérêt c'est d'isoler les gens infectés et d'isoler autant que possible les cas contacts or en France je ne connais pas de statistiques et je serais ravi de les recevoir si elles existaient de l'efficacité des mesures d'isolement on sait que des gens ont beaucoup attendu avant de se faire tester beaucoup attendu avant de s'isoler et puis que certains disent j'ai plus la gorge qui gratte je ressors non l'isolement on n'est pas contagieux seulement quand on a la gorge qui gratte ou quand on a mal à la tête on sait qu'entre cette période un peu critique est d'environ 10 jours c'est pour ça qu'on bloque les gens pendant 10 jours
une personne d'aujourd'hui qui a un test PCR positif soyons honnêtes ne s'isole pas 10 jours on n'a pas de moyens de le contrôler de façon stricte et on le contrôlera de façon beaucoup plus stricte avec ce projet de loi
Olivier Véran dispose d'études il en a fait état à la télévision la semaine dernière il disait qu'une personne sur deux en Ile-de-France selon des études confidentielles ne s'isoleraient pas moi c'est des chiffres que j'avais déjà entendus dans des agences régionales de santé je sais qu'il a bataillé pour que l'isolement soit dans le texte en se disant que c'était très
alors comment on va faire on va les mettre dans les hôtels ou bien il y aura un policier qui va venir sonner chez vous
je pense que c'est le coeur du sujet parce que comme on le disait tout à l'heure la vraie question c'est celle de la proportionnalité des contraintes et là il peut y avoir un débat et de la capacité à faire exécuter ensuite ces contraintes de la même manière qu'on disait 45 000 euros d'amende Bruno Le Maire disait ça lui paraît excessif pour des restaurateurs qu'on peut légitimement s'interroger sur mais qui va contrôler qui va obliger et bien c'est ça le vrai fond du débat c'est le comment c'est pas tellement le pourquoi c'est vraiment le comment on va faire pour que ce soit exécuté sachant que les tensions elles vont augmenter là-dessus la question qui était posée par un téléspectateur on peut lui apporter une réponse évidente il y aura plus de tensions dans le pays parce qu'il y a plus d'obligations et de contraintes qui sont exprimées donc cela va générer des tensions tout l'enjeu c'est de trouver le bon niveau je crois acceptable pour l'ensemble des parties et qui nous protège ensuite de nouveaux variants qui pourraient se réintroduire si jamais parce que certains n'ont pas voulu se faire vacciner et bien on ratait cette immunité collective et qu'on avait une nouvelle forme mais vous le saurez mieux que moi qui se mettait à se répandre c'est beaucoup plus dangereuse cette fois-ci ce que vous venez de dire est très important il y a une question de l'obligation à l'isolement qui pose question et je sais qu'il y a des collègues médecins qui nous disent qu'il ne faut surtout pas obliger les gens à s'isoler parce qu'on va avoir un effet contre-productif c'est que les gens n'iront plus se faire tester mais quand on va une étape plus loin ça veut dire que ces gens qui n'iraient plus s'isoler ce sont des gens qui s'y font tester aujourd'hui ne vont pas s'isoler ce sont bien les mêmes auxquels on est en train de s'adresser donc là il faut faire attention il y a effectivement un enjeu majeur et cet isolement c'est à mon avis une des fragilités des grandes fragilités de la France en matière de gestion de l'épidémie ça c'est sûr C'est le variant Delta
qui pousse l'exécutif à oser essayer l'isolement il est beaucoup plus contagieux un petit contact peut suffire à une contamination
Un variant Delta beaucoup plus contagieux et qui est à l'origine d'une reprise stratosphérique de l'épidémie selon les mots de Gabriel Attal exemple les Pyrénées orientales qui ont engagé une course contre la mont contre le virus dans ce département touristique à la frontière espagnole le taux d'incidence a franchi ce week-end les 300 cas pour 100 000 habitants on était à moins de 50 il y a une semaine et le préfet ne cesse d'allonger la liste des restrictions pour les vacanciers et les habitants reportage sur place de Walid Berissoul et Maxime Liogier
Ce sont les derniers endroits du département où les touristes peuvent encore avoir le nez à l'air libre mais en dehors de la plage le port du masque vient de redevenir obligatoire dans les Pyrénées orientales afin de freiner la course préoccupante du variant Delta qui menace un été crucial pour ces deux hôteliers restaurateurs On était content on avait enfin le droit de retravailler après 8 mois de fermeture et c'est vrai que moi je suis un peu inquiet t'as eu des annulations toi ?
Moi j'ai eu quelques annulations mais on le vit comme une injustice j'entends dire par les scientifiques les professeurs que quand on est dehors et que quand il y a du vent on a un risque de contamination qui est extrêmement faible et actuellement la saison avec 30 degrés elle se passe dehors dans sa terrasse dans la terrasse des établissements ici dont le risque de contamination est relativement faible dans cette publicité qui nous est faite elle nous pénalise j'espère qu'elle ne nous pénalisera pas trop Le seuil d'alerte est désormais dépassé dans quasiment tous les départements côtiers et touristiques mais c'est dans les Pyrénées orientales que le taux d'incidence est le plus élevé en trois semaines il est passé de 12 cas pour 100 000 habitants à 300 depuis hier une flambée qui s'expliquerait par le voisinage de la Catalogne en proie depuis le début de l'été à une explosion des contaminations au variant Delta alors à ce poste frontière où transitent chaque jour 30 000 véhicules depuis l'Espagne les contrôles policiers viennent d'être renforcés
You must do the test in Spain
Demi-tour pour tout ressortissant étranger sans vaccin ni test mais pour les français c'est une autre histoire
Vous n'avez pas de document qui atteste que vous avez fait un test PCR ou que vous avez été vacciné récemment vous n'avez rien
Tarif pour la conductrice et chacun des passagers une contravention de 135 euros Vous n'avez pas voulu ou voulu faire le test au retour ? Ah parce que c'était trop cher c'était 130 euros le test je préfère avoir une amende à la limite 135 que c'est vrai non ? Comme bien d'autres cette jeune fille repartira avec son amende mais sans avoir réalisé le moindre dépistage au Covid-19 Il est difficile de contrôler 30 000 véhicules sur un seul point quotidiennement donc le contrôle il est permanent ici il s'opère H24
il ne peut pas s'opérer sur tous les véhicules bien sûr mais il est opéré de façon aléatoire plusieurs milliers ont été verbalisés sur cette frontière-là depuis le mois de février et c'est un phénomène qu'on constate
en augmentation aujourd'hui depuis quelques semaines avec l'arrivée également du tourisme la reprise du tourisme sur la Catalogne espagnole notamment
Et la situation ne va pas s'arranger nous retrouvons le président du syndicat des hôteliers restaurateurs en pleine tractation Attendez excusez-moi j'ai le préfet qui m'appelle je vous reprends tout de suite madame la députée Monsieur le préfet Oui Au téléphone le préfet du département lui annonce une mauvaise nouvelle le retour du couvre-feu à 23h pour les bars et les restaurants On ne peut pas essayer d'aller jusqu'à minuit parce que je suis un peu inquiet pour le passage entre 23h et les boîtes de nuit La tentative de négociation restera veine la règle s'applique désormais jusqu'au 1er août pour tout le monde
Alors est-ce que je peux
vous demander de voir avec vous avez des bons services de com d'essayer de communiquer vraiment pour donner de l'espoir pour le mois d'août Monsieur le préfet si on passe à côté de ce mois d'août ça va être l'hécatombe dans notre économie
Quand les uns essayent de sauver leur saison touristique les autres vivent déjà à l'heure du pass sanitaire Dans cette arène les 3500 spectateurs sont en principe tous vaccinés depuis 7 jours ou en possession d'un test négatif et pour les retardataires il reste une solution un dépistage antigénique avec un résultat en 15 minutes J'ai les piqûres mais je n'ai que 6 jours et il faut 7 jours donc je dois me soumettre au test mais pour un jour j'attends un quart d'heure bon j'en mourrai pas et voilà Mais une fois à l'intérieur le port du masque et les gestes barrières restent toujours obligatoires du moins en théorie Le variant Delta il est là il est présent on le sait mais bon nous on est vaccinés on est là on est tranquille c'est bien Ben oui c'est rassurant mais bon moi je me suis fait tester à 48 heures hier je suis sortie ça se trouve j'ai attrapé le Covid on ne peut jamais être sûr Ah mais on va essayer de profiter quand même la vie continue il faut qu'elle continue il faut qu'on soit plus fort que ça on n'a pas le choix Une corrida sous surveillance les autorités de santé sauront dans quelques jours si le virus a circulé dans le public alors que pour l'instant l'épidémie ne montre aucun signe de fléchissement dans le département
Alors question de téléspectateurs comment expliquer l'explosion des cas de Covid dans les Pyrénées orientales Professeur Maréchal
Alors il y a plusieurs il y a plusieurs explications d'abord il y a la proximité avec l'Espagne et notamment ça a été dit là la Catalogne qui subit vraiment une très grosse vague A nouveau la Catalogne
je fais une parenthèse mais à chaque fois c'est une région qui paye cher
Voilà et puis donc avec un transit comme on l'a vu là important Après on est sur des territoires dans lesquels les vagues précédentes n'ont pas suffisamment probablement immunisé naturellement les populations et puis les niveaux de vaccination mais ce n'est pas spécifique aux Pyrénées c'est vrai un peu partout sont encore insuffisantes pour que joue de façon efficace l'immunité de cohorte qui permettrait de casser cette circulation et puis on a un variant super contagieux pour le redire là et on espère et je crois que c'est l'occasion de le redire aussi que cette vaccination bloque la circulation du variant parce que c'est parce qu'il circule que ces variants apparaissent les uns derrière les autres donc bloquer tôt la circulation c'est aussi limiter le risque de voir des variants encore plus virulents et encore plus contagieux ce qui ne nous plairait pas voire même des variants qui échapperaient au vaccin donc là aussi il est temps de réagir et puis dernier élément de ce cocktail quand même c'est les rassemblements tout simplement les rassemblements festifs le fait que les gens se retrouvent alors en extérieur mais aussi qu'ils se retrouvent dans des boîtes de nuit on a entendu dire que tous les contrôles n'avaient pas forcément été fait partout avec une vigilance extrême donc il y a eu des clusters dans des réunions dans des lieux clos donc tout ça fait qu'on a un cocktail on a envie de se faire plaisir mais il faut dire que tant que la vaccination ne protège pas suffisamment la population malheureusement la seule barrière qu'on a aujourd'hui c'est les gestes barrières donc on le voit bien il faut remettre en place des précautions pour éviter que le phénomène qui commence seulement au début de l'été ne s'amplifie tout l'été ce qui serait absolument dramatique
mais alors qui commence seulement alors barré dans votre journal il y avait des prévisions alarmistes qui parlaient de 120 000 cas jour contamination jour je rappelle que lors de la troisième vague au pic on a dû faire quoi à 50 000 cas jour
c'était le seuil haut le seuil bas c'était 60 000 cas c'était énorme oui on est aujourd'hui en Grande-Bretagne au Royaume-Uni on est à 50 000 cas en France aujourd'hui on est à 10 000 je ne vais pas vous rappéter ce que je viens de vous dire mais en gros l'agence européenne dit ça peut quintupler avant la fin juillet on y est à 50 000 cas fin juillet à ce rythme là donc voilà on peut espérer que les gestes barrières vont reprendre que la vaccination va aider à freiner mais il faut attendre quelques semaines pour que le frein des gens qui se font vacciner ces jours-ci devienne efficace non c'est des chiffres que l'exécutif a dans la tête et en Angleterre on entend parler de 100 000 contaminations au mois d'août non c'est l'ordre de grandeur qui semble vraisemblable
sauf que Vincent Maréchal alors vous le disiez la Grande-Bretagne est encore plus ils ont dépassé les 50 000 contaminations au jour sauf en Grande-Bretagne c'est un pays très vacciné 68% des Britanniques sont entièrement vaccinés on a même vu le ministre de la Santé britannique qui était doublement vacciné qui a attrapé le Covid il est cas contact je ne sais pas s'il l'a attrapé
il a attrapé le Covid
il a des symptômes très légers voilà
c'est l'occasion de rappeler à quoi sert un vaccin c'est-à-dire que quand il n'y a pas de vaccination ce qu'on voit dans une population immune c'est augmenter le nombre de cas et 15 jours 3 semaines derrière après on voit augmenter le nombre d'hospitalisations et le nombre de personnes en réanimation dans un pays vacciné comme l'Israël aussi qu'on pourrait citer comme la Grande-Bretagne on voit l'incidence augmenter avec des gens comme on le disait tout à l'heure vaccinés qui peuvent être infectés donc ça ce n'est pas une prévention totale ça marche mieux mais ce n'est pas absolu mais en revanche on voit que les hospitalisations apparaissent beaucoup plus tard et avec une dynamique beaucoup plus lente mais malheureusement dans une population dans laquelle comme en France certaines personnes âgées ne sont pas protégées on l'a oublié aussi beaucoup de jeunes quand je dis jeunes c'est jusqu'à 60 ans obèses sont très à risque aussi de faire des formes sévères de Covid et ne sont pas vaccinés aujourd'hui il faut le rappeler les gens doivent se faire vacciner s'ils ont le moindre facteur de risque donc dans des pays dans lesquels parce que la vaccination protège non pas contre le Covid mais contre les formes graves
on ne va pas à l'hôpital on ne termine pas
quand on dit 90% des cas ça veut dire qu'il y a quand même 10% de gens qui malheureusement vont passer à travers donc on comprend bien que plus la population touchée même vaccinée est importante plus les 10% en nombre de cas vont représenter une part importante donc on va avoir des cas de toute façon si on laisse traîner ça c'est une évidence et la Grande-Bretagne prend un risque là aujourd'hui qui est majeur ils vont lâcher tous les freins en pleine période d'épidémie je ne suis pas sûr que dans 15 jours ils ne soient pas obligés de faire marche arrière
avec un variant on devient tous un peu des épidémiologistes mais avec un variant aussi contagieux que ce variant Delta il faut que plus de 90% je parle sous votre contrôle des français soient vaccinés
oui c'est certains modèles certains modèles préconisent effectivement plus de 90% des adultes il faudrait arriver sans doute à 70% de la population générale donc la question se pose et quand on fait les calculs on voit très vite avec le début de l'émission que si on a 20% d'adultes vaccino-résistants c'est-à-dire qu'ils vous disent non on voit bien qu'on ne va pas trouver totalement ce qu'il faut dans la population si on n'augmente pas massivement la vaccination chez les plus jeunes et donc notamment si on ne fait pas une promotion de la vaccination également chez les plus de 12 ans chez les 12-16 ans alors avec toutes les difficultés qui se posent l'accord parental les réticences des parents qui vont se dire mais mes enfants ne sont vraiment pas à risque de faire des formes graves pourquoi est-ce que je devrais rentrer dans ce jeu-là c'est le jeu d'une société dans laquelle les gens comment on fait ?
on va les contraindre
avec le pass sanitaire ?
on voit déjà que... pas de cinéma si tu n'es pas vacciné ? les plus de 12 ans vont être bientôt concernés on parle de 30 août c'est ça ou 1er septembre
et on voit bien que l'idée derrière ça c'est de se dire que pour la rentrée les 12-17 ans soient vaccinés parce que l'idée et Emmanuel Macron a bien insisté là-dessus lors de son allocution la dernière allocution c'est-à-dire le 12 juillet c'est-à-dire que la France était parmi les pays qui avaient le moins fermé ces écoles et ça c'est une fierté une fierté française qui est souvent revendiquée par le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer donc l'idée c'est aussi de permettre que la rentrée soit la moins heurtée possible avec le moins de fermetures de classes possible parce qu'on aura encore des fermetures de classes pour cause de contamination au Covid mais évidemment plus il y a de 12-17 ans qui sont vaccinés moins on aura en tout cas de fermetures dans les collèges et dans les lycées puisque le problème restera essentiel mais pour revenir à cet exemple précis des périodes orientales d'un point de vue politique il y a aussi une question qui est compliquée je trouve pour l'exécutif c'est-à-dire qu'à la fois on dit on va mettre en place le pass sanitaire et en même temps on a des contraintes alors que le pass sanitaire est censé empêcher enfin arrêter ces contraintes et donc on a on pense par exemple
à la fermeture des restaurants à 23h
à la fermeture des restaurants et donc et on revient au sujet précédent mais quand on parle d'acceptation du pass sanitaire il va falloir expliquer l'utilité du pass sanitaire quand on va être devant des restaurateurs enfin on est déjà devant des restaurateurs puisque c'est déjà le cas qui ont leur restaurant fermé à 23h donc ça fait partie de la complexité d'un ensemble très complexe c'est encore une autre complexité dans cet ensemble très complexe
comme si aussi Bristin Turier les décisions désagréables quand elles sont prises de façon locale c'est le cas des Pyrénées-Orientales étaient mieux acceptées qu'au niveau national
alors elles sont mieux acceptées pour deux raisons d'abord parce que localement en général la population sait qu'elle vit dans une région où le virus est nettement supérieur à sa propagation au reste du territoire donc du coup vous avez un levier quand même l'inquiétude qui est encore plus fort et puis parce que d'une manière générale et cette épidémie aura joué un rôle majeur là-dedans les Français se disent que les solutions doivent être adaptées aux situations locales adaptées au territoire et que le modèle uniforme c'est un modèle qui n'est pas efficient donc au moins ça aura apporté je crois cette prise de conscience je voudrais en profiter pour signaler aussi il y a un raisonnement qui est très difficile à contrecarrer chez certains anti-vaccins qui est ce qu'on appelle en sociologie le théorème du passager clandestin théorème du passager clandestin c'est quelqu'un qui vous dit moi je n'ai pas intérêt jamais à participer à une manifestation parce que si la manifestation obtient un gain de cause et que je suis d'accord avec ses motifs et bien sans avoir manifesté j'en bénéficie et puis si elle n'obtient pas gain de cause et bien j'ai fait l'économie d'aller manifester vous avez des anti-vaccins qui se disent la même chose j'ai plutôt intérêt à faire en sorte que les autres se vaccinent et qu'on atteigne cette immunité collective sans avoir moins à le faire individuellement et donc à éventuellement subir des effets secondaires on peut considérer que c'est un principe parfaitement cynique et individualiste mais qui se défend il existe et il est important à prendre en compte dans les argumentations de prévention
alors justement comment faire maximiser la vaccination en France et comment aller chercher les non-vaccinés dans les campagnes aujourd'hui des vaccinobus se déplacent directement dans les villages les soignants doivent convaincre des personnes hésitantes isolées et loin de tout nous avons suivi une opération vaccination à Cucouron c'est un petit village au coeur de l'Ardèche sujet de Juliette Perrault Clément Voyer et Ilana Azinko
Son arrivée est chaque matin très attendu Ça va ? Ouais Ça va je suis pas là bon ? Non ! Impec ! Ce jour là c'est dans le village de Cucouron sur le plateau Ardèchois que fait étape ce vaccinobus
Ce bus sert à plusieurs choses la première c'est à transporter notre matériel et surtout les vaccins on a un frigo
qui est sauvegardé ce qui fait qu'en cas de panne d'électricité le frigo tourne pendant 30 heures et on peut garder les doses au frais
A l'intérieur dans le fameux frigo des doses de Pfizer en tout 400 vont être injectées à la population locale sur 4 jours Une opération sur mesure au plus près des habitants qui a convaincu Marie Chantal 65 ans un peu inquiète à l'idée de se faire vacciner Vous êtes stressée ou pas ? Je suis très stressée C'est ce que j'entends la respiration Alors détendez-vous respirez un bon coup Très bien Je pique Diabétique la retraitée faisait pourtant partie des publics prioritaires depuis mi-avril Mais pour elle Et c'est fini Impossible de faire deux heures de route pour rejoindre un centre de vaccination en ville Moi on m'avait proposé Obna Priva J'ai dit non je n'irai pas
Je n'irai pas Je n'ai pas envie d'aller dans une ville aller dans la ville Alors là c'est super
Ils viennent à nous Mais c'est génial Le stress de la ville Le monde Le bruit Un univers bien loin du sien Au coeur des montagnards deschoises Je ne m'en lasse jamais Souvent les jeunes Ils me disent Mais tu ne t'ennuies pas Mais m'ennuyer de quoi ? Depuis plusieurs années Marie Chantal vit dans ce hameau de 260 habitants Une retraite paisible rythmée par les petites choses du quotidien jusqu'à l'arrivée de la pandémie Depuis elle n'aspire qu'à une chose revoir enfin sa famille Je languissais Je... Je...
Heureusement qu'il y a le téléphone Bon j'ai pas internet Mais on a le téléphone Heureusement ça plaît régulièrement On s'envoyait des messages Tout Aujourd'hui Comment vous voyez les choses ? Vous allez pouvoir revoir la famille ? C'est un soulagement ? Ah oui ? Je vais revoir Mes soeurs Elles vont revenir Ma soeur aînée Elle va revenir Avec sa fille J'ai eu mon neveu Avec ses enfants Qui vont revenir Sortir de l'isolement Grâce à la vaccination Un aspect Au coeur de la mission De l'équipe mobile
Il y en a fait combien ? 61 Comme tous les midis
Tous se retrouvent Pour partager un repas Dans l'auberge Où ils sont logés Et nourris Au frais de la mairie Certains sont à la retraite D'autres travaillent Sur leur temps libre Tous Ont le sentiment D'être particulièrement utiles ici
Le but c'est effectivement C'est de pouvoir Gérer un peu Apporter quelque chose A la population Il ne faut pas se leurrer Ici Dans un endroit un peu reculé Tout le monde ne peut pas Se déplacer facilement Il y a des gens Qui certainement N'auraient pas participé Ils ne seraient pas venus Se faire vacciner Si nous ne nous étions pas déplacés
Vaccinés Encore et encore Y compris Une fois la journée terminée Ce soir là Direction le camping municipal Pour écouler les fins de flacons Qu'importe l'heure Qu'importe la météo
Jeter des doses C'est jeter de l'argent De la technologie De la recherche Et c'est moralement Pas acceptable
C'est pas trop se mouiller Quand même Malgré la pluie Les volontaires Sont là eux aussi
Vous avez déjà été vacciné ? Non
Parmi eux Pierre 20 ans Qui ne s'attendait pas A se faire vacciner Si tôt
C'est la municipalité Du lac de Sarles Qui nous ont contacté Qui restait des doses Alors je suis venu
Des jeunes Et des anciens Que l'équipe mobile Espère vacciner Avant la fin de l'été Pour tenter de prendre Un peu d'avance Sur la course folle Imposée ici comme ailleurs Par le virus et ses variants
Alors question Téléspectateurs Être vacciné Est une opportunité Pourquoi y a-t-il Autant de réfractaires Professeur Vincent Maréchal ? On sait que chez les plus de 70 ans Qui sont une population à risque Il y a quoi ? Il y a encore 15 à 20% De gens qui ne sont pas vaccinés
En fait la vraie question C'est pourquoi Alors que le vaccin Est sûr, efficace, gratuit Ce qu'on oublie de dire On n'est pas obligé De le payer ce vaccin-là Enfin on le paiera autrement En tout cas Pourquoi est-ce qu'il y a Autant de réfractaires ?
Alors la question On en parlait tout à l'heure Avec Brice Tinturier Je pense mérite une vraie enquête C'est-à-dire qu'il y a sans doute Beaucoup de facteurs Et qui à ce stade-là Commence à être compliqués À détricoter Il y a les gens qui sont éloignés Alors on en parle depuis janvier Des gens éloignés Il y avait déjà les pompiers Je crois Il y avait déjà des initiatives Qui permettaient D'aller apporter le vaccin Dans les zones isolées Comme on vient de le voir Voilà Après il y a quand même Un secteur sur lequel Moi j'ai du mal À avoir des données Mais elles existent sans doute Dans les milieux précaires Il y a des endroits Où je ne suis pas sûr Que les gens aient bien compris Les enjeux Je ne suis pas sûr Qu'ils aient vraiment tous envie D'aller se faire vacciner Mais là il y a vraiment Un travail De Voilà Il faut aller vers les gens Pour leur expliquer Pour vraiment remettre Les enjeux au centre du terrain On ne sait pas combien Représentent ces gens Mais je suis sûr qu'ils existent Parce que moi je rencontre régulièrement Quand je prends le métro Et que je discute Dans un taxi Donc il y a des gens Qui ne comprennent pas Il y a ceux qui sont On l'a dit Dogmatiquement opposés Ceux-là Bon on va les laisser Continuer leur chemin Et ils évolueront peut-être Quand tout le monde aura évolué Ou parce que la loi Leur imposera de le faire Mais je crois qu'il est encore Il est important vraiment De définir quelles sont les populations Parce que les réponses Qu'on va apporter Vraient de différence Le bus c'est la réponse De la proximité La pédagogie c'est probablement L'effort qu'on va faire Pour expliquer mieux les choses Il va falloir là par contre Développer Ça c'est toujours la logistique Du dernier kilomètre Sans doute de très gros efforts Pour convaincre une population Qui en taille N'est pas aussi importante que ça Mais sois-y Kémenerchik
Vous disiez que la vaccination Était en quelque sorte contagieuse Si son voisin est vacciné On se dit tiens Allez hop Je vais franchir le pas
Oui bien sûr D'ailleurs c'est toute l'idée Du vaccinobus C'est-à-dire qu'on voit la queue On reconnaît On reconnaît ses voisins On reconnaît les commerçants Et finalement ça donne envie d'y aller On voit bien Dans les familles C'est comme ça aussi Que ça a fonctionné Ça a fonctionné d'ailleurs En pyramide des âges inversés C'est-à-dire que ça a commencé Par les plus anciens Qui étaient vaccinés On était soulagés Pour les plus anciens Puis ensuite Les autres, les autres, les autres Jusqu'à arriver Pour certains Pour ceux qui ont eu le temps Aux adolescents Donc effectivement Toute l'idée De ces mécanismes De proximité C'est aussi ça C'est cette contagion Il y a eu d'ailleurs Des initiatives très intéressantes Avant le cinéma On arrive un quart d'heure Avant la séance On se fait vacciner Et ensuite On peut aller voir son film Il y a énormément de stands Enfin de places de vaccination Qui sont installées Près des plages On sort de l'eau On se fait vacciner On attend un quart d'heure On retourne dans l'eau Ça prouve bien À quel point la vaccination Permet de continuer Tout à fait sa vie quotidienne Donc il y a plein D'initiatives comme celle-là Et d'ailleurs C'était un des regrets Certains Que le président de la République N'ait pas insisté Sur ce point-là Sur le aller vers Lors de son allocution présidentielle Alors c'était Une allocution très verticale Avec des mesures très dures Qui pouvaient être entendues Par les français Mais il a manqué aussi Cette idée de se dire Finalement dans certaines banlieues On ne va pas dans la banlieue d'à côté On ne va pas dans la ville d'à côté Pour se faire vacciner Donc il faut aller dans cette banlieue-là Et ça va être le travail de tout l'été D'ailleurs il y a beaucoup de bénévoles Qui font ça Qui vont passer des coups de fil Qui vont sonner aux portes Mais c'est effectivement C'est sans doute Le dernier kilomètre Et le travail le plus important A faire cet été
Mais de façon très concrète Là Anne-Laure Barré Est-ce que je suis sûr Si je veux me faire vacciner demain Si je vais sur Doctolib Je suis sûr d'avoir un rendez-vous Parce qu'on sait qu'il y a eu Les services sont encombrés
Les rendez-vous ne sont pas immédiats Mais il y a du vaccin pour tout le monde Jusqu'à fin août L'enjeu Donc il faut peut-être patienter 10 jours Voilà Il faudra peut-être faire des tests PCR ou antigéniques en attendant Mais le vrai enjeu C'est ce que vous disiez tous les deux C'est vraiment d'aller chercher Ceux qui sont un peu éloignés du vaccin Et tous ne sont pas anti-vax Moi je pensais à des ambassadeurs De la vaccination Qui piaffent un peu en coulisses Ce sont les médecins généralistes Ils n'ont pas eu beaucoup de doses Ils n'ont eu que le Moderna A la rentrée Ils auront du Pfizer Et pour convaincre un obèse Qui est un peu loin Peut-être du système de soins Ou qui a eu dans sa vie Des relations compliquées avec les médecins Parce que c'est pas toujours simple D'être un patient obèse On le sait Pour convaincre une personne diabétique Ou une personne très âgée Qui vit chez elle On parle beaucoup des EHPAD Mais les personnes isolées Très très vieilles Elles n'ont pas toujours été visitées Donc les médecins généralistes Ils vont bientôt avoir la liste De leurs patients fragiles
Ils vont enfin avoir du Pfizer
Ils vont avoir du Pfizer Et la liste de ces patients fragiles Avec comorbidité non vaccinée La CNIL a donné son autorisation Donc on peut s'imaginer Que ces ambassadeurs de la vaccination Ils vont pouvoir aider A accomplir quelques centaines de mètres Sur ce dernier kilomètre
Brice Tinturier Et puis en dehors des logiques Que Sosé le Camionnaire a rappelé Les logiques de mimétisme Qui rassurent Parce que son voisin le fait Et puis ça prouve aussi Qu'il n'y a pas d'effet secondaire Quand on peut le constater Dans sa sphère de proximité Et pas simplement À travers les paroles officielles Il y a d'autres facteurs Je pense qu'ils peuvent jouer Et là il ne faut pas renoncer A l'argumentation Ceux qui par exemple S'appuient sur l'analogie Avec la grippe Pour dire qu'il est anormal D'imposer autant de contraintes Aujourd'hui S'agissant du variant A mon avis on tord Parce qu'on ne vaccine pas
Les enfants contre la grippe Bien qu'ils l'attrapent
Sauf que la grippe Elle tue environ 10 à 12 000 personnes par an En France ça a été Plus de 100 000 personnes Dans le monde C'est des millions de personnes Donc l'analogie Est totalement fallacieuse Dans la balance justement Bénéfice risque Et puis que la grippe Tue vraiment Les gens qui sont les plus âgés Alors que là Bien sûr Ce sont les plus âgés Qui sont les plus exposés Mais pas que les plus âgés Et là je crois Qu'il y a aussi une part Dans l'argumentation A laquelle il ne faut pas renoncer Tout comme ceux qui parlent De dictature sanitaire Pardonnez-moi Mais les mots ont un sens On n'est pas en dictature Et il y a les raisons positives Pour aller vers les non-vaccinés Qui le souhaitent Et qui sont dans des situations D'éloignement Qui font qu'ils ne peuvent pas Se faire vacciner Mais il y a aussi Un travail d'argumentation Que je crois encore Tout à fait nécessaire Soit pour dénoncer Les argumentations Fallacieuses ou erronées Soit pour créer Les conditions d'un vrai débat Sur ce qui est acceptable Pas acceptable Normal Mais en tous les cas Qu'on soit dans quelque chose Qui puisse être partagée Par l'ensemble des populations Et pas assénée par certains Avec des définitions implicites Assez fallacieuses Et puis Vincent Maréchal
Lundi dernier On parlait de vaccination Le président C'était un peu la surprise du chef Il a parlé d'une troisième dose D'un troisième rappel A la rentrée Pour les premiers Pour ceux qui ont été vaccinés
Là il s'agit d'un vrai rappel Tel qu'on le connaît Pour d'autres vaccins Un petit peu à distance De la première inoculation Oui tout simplement Parce qu'on sait Alors ça ça dépend beaucoup Des personnes On sait notamment Que chez les personnes âgées Le système immunitaire Il paraît être moins efficace Plus rapidement Et donc là Ce qui est envisagé éventuellement C'est de faire un rappel Pour les premiers Qui ont été vaccinés Donc effectivement On a commencé par les plus âgés D'entre nous Et donc faire un rappel À neuf mois Donc on parle de septembre On ne sait pas encore On n'a pas beaucoup de précision Là-dessus Pour réveiller ce système immunitaire Et encore une fois Le rendre aussi plus efficace Parce que les variants Qui circulent Encore une fois Pour certains On a des doutes Mais comment ça passe Éventuellement À travers la réponse immunitaire Qu'on a acquise Au cours d'une infection naturelle On voudrait éviter De sélectionner des variants Qui progressivement Échapperaient à la réponse vaccinale Donc il est vraiment On le redit là Très important De bloquer la circulation du virus Juste une toute petite
Parce que ça c'est la crainte C'est la crainte D'avoir un variant qui arrive Et qui résiste au vaccin Ce qui n'est pas le cas ce jour
Alors non c'est pas le cas On sait que les gens Qui sont vaccinés Après la première dose On sait que selon les vaccins Il y a un petit peu moins d'efficaces On a certains vaccins Un peu moins efficaces Contre le variant Delta Mais on sait qu'après la deuxième dose On est à peu près On est dans une situation Plutôt confortable Je voudrais juste rappeler aussi Quelque chose C'est qu'il n'y a pas Que les formes graves Sur lesquelles on doit focaliser Il faut se souvenir quand même aussi Qu'il y a ces formes Qu'on appelle des Covid longs C'est l'occasion de le redire là Donc des gens Et alors les proportions changent Les pays On s'interroge même Sur des Covid longs Et de l'enfant Maintenant j'ai vu Qu'il y a des études qui sortent On parle de 5-10% de Covid longs Chez les enfants Donc des gamins Qui vont garder un ou plusieurs Signes cliniques A distance de l'infection Et ces gens là Sont vraiment invalidés Pour certains Ont des difficultés A reprendre une activité professionnelle Ont des difficultés A interagir dans un monde normal Donc ces gens là aussi Il faut les protéger Et ça c'est indépendant De la forme clinique Initiale de l'infection On sait que ça peut arriver Chez des gens jeunes Parfois qui ont fait Des formes modérées Donc là aussi Chez les jeunes Il y a un message à faire passer Il faut se prémunir Contre ces formes Très invalidantes Allez tout de suite On revient à vos questions
Alors pourquoi attendre encore Pour responsabiliser les gens En faisant payer les tests C'est Yves qui pose la question Dans le Morbihan Parce que ça c'est On l'a tous bien entendu A partir de l'automne Les tests vont être payants En Espagne On sait que c'est dans les 120 euros Donc c'est pas rien Si on est 4 allés au restaurant 4 fois 120 On n'y va plus
Alors il y a déjà une première étape C'est à dire que Les étrangers qui viennent en France Et qui doivent subir un test Doivent régler ce test C'est en dessous de 50 euros 49 euros pour le test PCR Et 29 euros Si ma mémoire est bonne Pour le test antigénie Ça c'est pour l'instant Pour les étrangers Qui viennent en France Après il faut quand même Le temps que les gens Puissent se faire vacciner Donc là si on se mettait A avoir des tests PCR Payants là maintenant Alors qu'on peut penser Que la plupart des gens Qui vont Qui par exemple Les jeunes qui travaillent Dans la restauration Qui vont avoir besoin D'avoir un pass sanitaire Pour la fin du mois d'août Mais qui quand même Vont commencer à se faire tester avant Vous imaginez Le chiffre monte très très vite Si vous devez vous faire tester Tous les deux jours Donc ça va être très compliqué Et ça pourrait aussi empêcher De faire fonctionner Les activités de loisirs Parce que pareil Il va falloir se faire Il va falloir avoir un test Ou en tout cas un vaccin à jour Pour pouvoir aller Dans les parcs d'attractions Dans les cinémas Etc Dans les festivals Pour les jauges de moins de 1000 C'était déjà le cas Pour les jauges de plus de 1000 A partir de mercredi Donc c'est une période transitoire On peut encore faire des tests Dits de confort Et après ce sera uniquement Les tests sous prescription médicale Qui seront remboursés
Qu'en est-il des autotests ? C'est Thibaut dans les Yvelines Qui pose la question C'est vrai qu'on en a beaucoup parlé En disant En France on n'en a pas Alors qu'en Allemagne Ils en ont Finalement on les utilise assez peu Dès lors qu'on a les tests PCR Et antigéniques gratuits
Oui c'est un flop relatif Notamment dans l'éducation nationale Mais ça rappelle qu'on a la chance D'avoir des tests antigéniques Plus efficaces Et des tests PCR surtout encore Plus efficaces gratuits Donc voilà Ils ont surtout été utilisés En Grande-Bretagne Où il n'y avait pas de gratuité
A combien estime-t-on Le nombre d'antivax en France ? Et est-ce qu'il a augmenté ? Brice Tinturier
Alors c'est difficile d'avoir Un chiffre et une définition précise Il faut s'entendre d'abord Sur la définition De ce que serait un antivax Est-ce que c'est quelqu'un Qui refuse systématiquement Tous les vaccins Qui refuse le vaccin du Covid-19 Ce n'est pas tout à fait la même chose Donc les proportions peuvent varier Tout ce que je peux vous dire C'est qu'aujourd'hui Dans notre enquête Qu'on a réalisé ce vendredi Que vous citiez pour France Info Et Le Parisien On a entre 20 et 24% Suivant les indicateurs qu'on prend De Français qui nous disent Qu'ils ne veulent pas Se faire vacciner Donc c'est encore beaucoup Je ne sais pas si c'est une proportion
On était à combien de mémoire ?
Il y a 8 mois On avait une proportion Beaucoup plus importante De Français qui nous disaient Je ne veux pas me faire vacciner Mais avec cette nuance Que je n'ai cessé de répéter Depuis 8 mois ou 10 mois même Que ces gens-là Une grande partie de ces personnes-là Nous disaient aussi Mais je ne suis pas sûr de mon choix Qu'ils n'étaient pas des anti-vaccins Au sens strict du terme Donc on peut dire Qu'on est sur une proportion Probablement de gens Irréductiblement anti-vaccins Aller entre peut-être 7 et 15% Mais encore une fois Il faut distinguer Quels vaccins Tous les vaccins Le Covid Mais ça peut suffire Malgré tout A empêcher une immunité collective Oui Et on est plutôt en fin de peloton Il y a une étude Qui a été publiée Dans un très bon journal scientifique Qui montrait que la France Sur une vingtaine de pays Se retrouvait juste devant La Pologne et la Russie Comment vous l'expliquez ?
On est plus anti-vax Que les autres pays On a eu une histoire difficile Avec les vaccins On a eu Dans la mémoire Je me rends compte Quand j'en discute avec mes étudiants On a eu Souvenez-vous Le vaccin hépatite B Qui a été sujet D'une controverse Sur un lien éventuel Avec la sclérose en plaques Qui a été donnée à des enfants Alors que ce n'était pas forcément pertinent Ça date Il y a eu des erreurs
Ou des fake news ?
Ah non Il y a eu des signalements Qui ont été documentés Il n'y a pas eu de preuve épidémiologique D'un lien entre les deux Mais le problème C'est que ça génère un trouble Ça générait une difficulté de relation Entre les Français Le citoyen L'État Et l'industrie pharmaceutique Il y a eu Et pour des raisons Totalement différentes Au moment du vaccin H1N1 Roselyne Bachelot A pris la décision D'acheter des lots A juste au titre De la population On lui a reproché Une forme de collusion Avec l'industrie Donc il y a une défiance Qui est propre A l'histoire française Récente entre la vaccination Mais qui est tellement ancrée Que même les étudiants A la fac Qui ont une vingtaine d'années Qui n'ont pas vécu Ces histoires-là de l'intérieur Confusément pour certains Savent qu'il s'est passé Quelque chose de pas clair Avec les vaccins Donc il y a vraiment Un travail de confiance A réinstaurer auprès des gens En montrant les chiffres En montrant ce qui se passe Mais la France C'est vraiment mauvais élève Comparé à d'autres pays Qui sont à 60% d'adhésion On n'aura pas l'immunité de groupe Alors si vous disiez tout à l'heure Qu'il faut 90% d'adultes vaccinés Pour avoir l'immunité de groupe Il va falloir compter sur De toute façon Il faut qu'on le redise là Il faut compter sur une solidarité Internationale à un moment donné C'est-à-dire que On a discuté pendant une heure Quasiment de la situation française Il va falloir se poser la question A l'échelle de l'espace européen Qui reste globalement assez ouvert Et aider les pays Qui n'ont aucun moyen Il faut quand même savoir Qu'on a la chance d'avoir des vaccins Aujourd'hui vous avez des pays Qui n'ont aucun vaccin A proposer à leur population Regardez comme d'autres pays Comme la Tunisie Qui est dans une situation Absolument dramatique Profitons de la chance Que nous avons vraiment
Je suis d'accord pour le pass sanitaire Mais comme je suis vacciné J'aimerais qu'on me permette De ne plus mettre de masque du tout
Alors
Alors
Il y a une semaine C'était une hypothèse Qui semblait devoir être Mise en application A partir du 1er août C'était un peu Une sorte de cadeau Pour les Français vertueux Qui se faisaient vacciner Donc L'exécutif imaginait Qu'on pourrait tomber le masque A l'intérieur des restaurants Des cafés Et puis Quand on a discuté
C'est pas facile à contrôler aussi Voilà
Mais quand on a discuté Avec Olivier Véran Donc samedi Il nous a dit ce qui était vrai Mardi Et désormais Après Voilà L'exécutif décidera peut-être autre chose Mais en tout cas Du point de vue du ministre de la Santé C'était plus du tout une bonne idée Parce que L'épidémie reprend très très fort Donc c'est un signe
Que le virus est le maître des horloges
Comme on dit Je voudrais juste rappeler Il y a certains scientifiques Et de mémoire Je crois que le professeur Delphassi En faisait partie Qui avait dit dès le début Qu'il faudrait probablement attendre 2022 Pour qu'on soit définitivement En dehors Ou à l'abri de cette pandémie Donc on l'a un petit peu oublié Mais la projection sur Des vaccins Une immunité collective Qui nous protégera efficacement Et définitivement Très vite Certains ont dit Ça ne sera pas Ni en 2020 Ni en 2021
La politique de vaccination La politique de vaccination de Macron A-t-elle une influence Sur sa cote de popularité ?
Oui parce que depuis que nous sommes rentrés dans cette pandémie La cote de popularité du chef de l'État Elle a augmenté Et elle reste supérieure Aujourd'hui à ce qu'elle était Avant l'entrée en vigueur De toutes ces mesures Mais aussi pour une raison Qu'il ne faut pas oublier C'est que le pays A été mis sous cloche En termes de réformes Donc le pouvoir Ne réforme plus Qui dit réforme Dit clivage dans la population Dit des gens mécontents Et bien ça s'est évidemment Considérablement atténué Ce qui veut dire Que ça peut reflamber aussi Si demain Le Covid ne reflambe pas Mais que les réformes repartent Mais là on a compris
Que la réforme des retraites Était abandonnée en l'État Quid de la vie privée Quand on est vacciné A chaque entrée dans un lieu public Mon pass laissera une trace Dans les serveurs C'est Alain dans le Finistère Qui fait cette remarque Il y a toujours cette impression Qu'on laisse des traces numériques Et puis après tout Quand on a pris une habitude Quand on a pris une habitude De vous contrôler On va trouver de bonnes raisons Pour la garder cette habitude
Oui c'est d'ailleurs pour ça Que la présidente de la CNIL Va être reçue par les sénateurs Mercredi justement Pour discuter de ce nouveau pass sanitaire Et voir justement Dans quelle mesure Les données seront préservées Alors ce qui est assuré C'est que c'est pas gardé dans le temps Mais c'est vrai que ça pose C'est une nouvelle vie Qui commence Et les Français l'acceptent en majorité Parce qu'ils voient la contrepartie Mais évidemment les libertés On perd un peu de liberté en route
D'un mot professeur Vincent Maréchal Le Royaume-Uni a un fort taux de vaccination Mais connaît malgré tout Une nouvelle vague Pourquoi ?
Parce qu'un fort taux de vaccination C'est pas 100% Ni 90% de vaccination Vous l'avez dit tout à l'heure On est à l'entour de 68% Et puis encore une fois On peut le redire là Il y a des gens qui ont été vaccinés Qui seront protégés Contre les formes graves Mais malheureusement Qui risquent d'être infectés Même s'il y en a beaucoup moins J'en profite juste pour une micro chose Il faut rappeler aux gens Que lorsqu'on vient de se faire vacciner On se protège Parce qu'on est sensible à l'infection Pendant quelques semaines
Voilà Voilà c'est la fin de cette émission Merci beaucoup d'avoir participé Au rediffusion Ce soir 22h40 On se retrouve demain Bonne soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada
Gabriel Attal