Macron / Retraités : je t'aime... Moi non plus ! - Les questions SMS #cdanslair 05.10.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:03IntervenantFait
« Hausse de la CSG, blocage des pensions, perte de pouvoir d'achat depuis 6 ans »
- 6:40IntervenantChiffre
« Les retraités, ce sont 17 millions de personnes »
- 6:58IntervenantChiffre
« Ça peut parfois faire plus de 40% du corps électoral »
Temps de parole
- Intervenant25 %
- Intervenant 225 %
- Intervenant 324 %
- Intervenant 417 %
- Intervenant 59 %
≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Alors cette phrase prouve encore une fois que notre président se moque bien des Français et en particulier des retraités. Non, alors j'imagine que c'est la phrase qui dit qu'il faudrait que les Français se plaignent un peu moins, le pays serait mieux tenu. Je ne pense pas qu'il se moque, il n'a pas d'ironie comme si ces gens-là ne comptaient pas. Je pense qu'il a vraiment envie de bouger ce pays et qu'il ne sait pas toujours s'y prendre. Vous savez, parfois vous pouvez être maladroit dans des déclarations d'amour et choquer plus que vous ne séduisez.
Et il a le souvenir d'avoir été tellement entraînant quand il tenait des phrases de rupture, des phrases de transgression pendant sa campagne, qu'il ne doit pas comprendre pourquoi aujourd'hui ça ne marche plus. Encore faut-il qu'il ait un discours de substitution. On a vu dans sa visite aux Antilles, notamment à Saint-Martin, ce que pouvait être une autre manière de faire du bain de foule. Une empathie maximum, mais jusqu'à se retrouver presque otage de ceux dans lesquels vous vous jetez. Quand il est allé dans cette famille, où il y avait un repris, quelqu'un qui sortait de prison. Exactement.
Alors entre le trop empathique, et je finis par me retrouver dans des situations inconfortables médiatiquement, et le trop cassant, et la phrase que je veux mettre comme un électrochoc se retourne contre moi, c'est difficile de trouver le juste milieu. En tout cas, il ne peut plus à notre époque cultiver la distance et la rareté mitterrandienne. On ne supporterait pas que le président ne parle jamais, se contente de serrer des mains et ne dise rien. Alors, Cécile Coranudet, juste parce qu'il y a beaucoup de remarques sur cette petite phrase, dans le même sens, « Un parler-cage, dites-vous, pour moi c'est surtout un mal élevé qui ose parler ainsi aux aînés. » Cécile Coranudet.
Le fait qu'il soit jeune joue beaucoup dans le ressenti des personnes âgées. Les gens ne nous connaissent pas, ils ne nous comprennent pas, et évidemment il n'a pas vécu comme nous. Et comme effectivement il a eu ses maladresses, voilà, aujourd'hui ça se retourne contre lui. Ça pose la question d'à un moment, est-ce qu'Emmanuel Macron va, alors il y a eu des petites tentatives de mea culpa, mais est-ce qu'il va concéder des erreurs ou pas ? Est-ce qu'il va dire à un moment, « J'ai peut-être choqué des gens, peut-être que ce n'est pas Ben Newton, voilà pourquoi je le fais. » Pour l'instant, on a vu que des petites touches, mais il n'y a pas eu vis-à-vis des Français en tout cas.
Il y a eu des séquences médiatiques où ils répondaient, mais on ne l'a pas vu dans une émission de télé par exemple. Il va en faire une, mais en bientôt. C'est-à-dire, en tout cas, le moment peut être venu. Maintenant, je pense que quand vous êtes, vous savez, il y a les creux et les bosses en communication. Quand vous êtes dans la bosse, parler, ce n'est pas toujours le meilleur moment, il faut avoir commencé à remonter un peu.
Et le mois d'octobre peut être très important pour ça, parce qu'il y a des attentes qui peuvent être, je ne dis pas satisfaites, mais en tout cas il peut y avoir des réponses en matière de pouvoir d'achat, avec deux marqueurs qui peuvent être importants pour le gouvernement. C'est pour ça que c'est très embêtant que les sujets, j'allais dire d'images personnelles, puissent continuer à venir polluer ce qui pourrait être des premiers résultats. Et peut-être que pour le président de la République, il faut mieux attendre encore un petit peu pour s'exprimer, mais à un moment, il le faudra. Il veut refaire des bains de foule manifestement, des déambulations en France.
À chaque fois, c'est filmé et on extrait une petite phrase, parce qu'il ne peut pas s'empêcher. On aura un test grandeur nature, c'est début novembre, puisqu'il a une tournée de six jours dans la France du Nord et de l'Est, avec à la fois la commémoration de l'armistice de 18 et la commémoration, si j'ose dire, en tout cas l'accompagnement de la crise économique qui dure depuis 30 ans dans ces régions-là. On va voir à ce moment-là si les bains de foule, de nouvelles manières, sont l'occasion peut-être de mea culpa, en tout cas d'écoute plus que d'interpellations et d'électrocutions.
Depuis Jacques Chirac, finalement, aucun président n'a réussi à trouver le bon écart entre la présidentialité et la proximité. Et on sent qu'il tâtonne et qu'il cherche ça lui aussi. Mais Chirac ne réformait pas, ça aidait. Même s'il y a ce courage quand même, parce que c'est vrai qu'il va au contact, il répond, il pourrait se contenter de faire comme Jacques Chirac, qu'il disait « bonjour, bonjour ». Non, non, on le voit, il ne refuse pas le dialogue, il ne refuse pas l'interpellation, même quand elle est assez forte. Et d'ailleurs, j'ai oublié de le dire tout à l'heure, il y a une catégorie qui est moins critique sur ce style-là, ce sont les jeunes.
Les jeunes sont plus partagés, considèrent moins que c'est un défaut. Peut-être que ce parler vrai, puisque notre téléspectateur n'aimait pas le parler cash, ce parler vrai leur pose moins de problèmes. On n'est pas non plus dans le casse-toi, pauvre con. Les polémiques qui ont suivi Nicolas Sarkozy pour ses interpellations, il est carrément musclé, on n'est pas à ce niveau-là. Hausse de la CSG, blocage des pensions, perte de pouvoir d'achat depuis 6 ans, on devrait donc subir et se taire. Fanny Guinochet, évidemment, c'est très mal ressenti comme une forme d'injustice, de ciblage permanent. C'est ressenti comme une forme d'injustice. Et puis c'est vrai qu'il y a des études des économistes.
Par exemple, il y a une étude de l'OFCE qui est sortie là ces jours-ci. C'est l'Observatoire français des conjonctures économiques qui dit que d'ici 2 ans, en tout cas dans la période de 2 ans, il y aurait 80% des retraités qui devraient perdre un peu de pouvoir d'achat. 80% des retraités, ça a même été chiffré à 80%. Alors, ils prennent toutes les mesures. Tout est listé, que ce soit la taxe d'habitation, la revalorisation du minimum billet, la bascule CSG. Tout est mis, mais c'est un calcul relativement sérieux. En tout cas, c'est une petite musique qui va à l'encontre. C'est plus qu'une musique, là ? Oui, non, mais après, les études économiques, il faut toujours se méfier.
Vous pouvez toujours avoir des contrepoints. Mais ça participe au sentiment qu'ont les retraités de se dire, finalement, c'est toujours nous, on nous fait les poches. Et pour rien, parce que pour l'instant, il n'y a pas de résultat. Voilà, on nous fait la leçon et les résultats, on ne les voit pas. Et en plus, on nous prend de haut. Peut-être pas mépris, mais on nous prend de haut. Ça fait un peu beaucoup. Moi, je pense que quand même, dans le rapport aux retraités, la forme est essentielle. Et là, sur les méaculpas, il y en a eu quelques-uns.
Je me souviens d'une émission où il était dans une salle de classe avec Jean-Pierre Pernaut, où il avait expliqué qu'il demandait des efforts aux retraités, non pas parce que ça lui faisait plaisir, ni pas parce qu'il les punissait. À un moment, il a même dit aussi arrêter d'emmerder les retraités, mais parce qu'il fallait concourir, participer à l'effort de la nation. Mais on voit bien que c'est méaculpa, à chaque fois. Le mouvement de Balancier, il y a le boomerang derrière. Et donc, le méaculpa, peut-être que les retraités sont aussi un peu fatigués. Va-t-il falloir que les retraités bloquent les routes pour qu'enfin Macron arrête de les considérer comme des pompes afriques ?
Alors, la chance, c'est que les retraités manifestent, mais en général, ça ne fait pas trop de... Ils étaient 200, mercredi. Voilà, on l'a vu. La chance pour le gouvernement, c'est que des manifestations de retraités, ça ne se voit pas beaucoup. En revanche, le risque, on l'a dit, c'est le vote. C'est la sanction du vote. Et l'autre risque, c'est que les retraités vont quand même, ils sont souvent syndiqués, vont aller dans les mouvements qui sont annoncés. Là, il y a une grève ou en tout cas une action qui est annoncée mardi prochain. Il y a des écoles fermées, il y aura des services publics à l'appel de FO et de la CGT. Là, il y aura des bataillons de retraités.
Bernard Salles, les retraités, ça représente combien du corps électoral ? De ceux qui votent ? Les retraités, ce sont 17 millions de personnes. Ça peut représenter, dans une élection présidentielle, plus d'un tiers des votants, mais dans une élection municipale ou européenne où la participation est très basse et où les retraités votent entre 6 et 10 points de plus que le reste du corps électoral. Ça peut parfois faire plus de 40% du corps électoral. Premier point.
Deuxième point, c'est très important pour Emmanuel Macron sur un plan politique, sans faire de politique fiction jusqu'à 2022, parce que ces électeurs qui ont hésité entre le vote de droite et le vote Macron, si tout d'un coup, beaucoup sont restés à droite, mais ils ont été à un moment en partie séduits par Emmanuel Macron. C'est vrai que s'ils se détournent d'Emmanuel Macron, cela peut constituer, ils peuvent être les arbitres d'un premier tour entre la droite et Emmanuel Macron. Donc l'enjeu politique n'est pas négligeable pour le président de la République. Donc on pourrait revenir à des seconds tours dans les municipales droite-gauche, enfin classique.
C'est peut-être la raison pour laquelle, depuis une semaine, Emmanuel Macron dit « j'aurai pas de mid-term ». Ça veut dire ni les européennes, ni les élections municipales de 2020 ne changeront quoi que ce soit. Je suis là pour 5 ans et rien, et aucune défaite intermédiaire ne démunie. Donc il a peut-être déjà intégré le fait qu'il aura peut-être de l'abstention du vote des retraités. Et de tous ces sondages qui sont pour l'instant négatifs, un seul point positif, c'est que les sympathisants d'En Marche, les électeurs d'Emmanuel Macron restent largement en soutien, ça s'effrite un peu, mais 70% de soutien après maintenant près de 18 mois à trempagne, ça reste un très bon score.
Le mal est fait, n'est-il pas trop tard pour changer et retrouver la confiance des retraités ? Christophe Barbier. Non, il reste plusieurs années jusqu'à la fin du quinquennat. C'est cet horizon-là qui compte pour Macron et uniquement celui-là. Il reste le temps d'avoir des résultats, de faire des gestes compensatoires et de changer de style. Plutôt dans l'ordre, changer de style, avoir des mesures compensatoires et avoir des résultats. Plutôt dans ça, effectivement, les résultats sur le chômage, ça reste une des préoccupations pour les retraités, que leurs enfants et leurs enfants aient du boulot. Ça restera, et puis après, des mesures peut-être en faveur du pouvoir d'achat.
Alors, on a le temps d'une toute dernière. Emmanuel Macron déçoit parce qu'il polarise tout à Paris, donnant l'idée que la France, c'est Paris avec quelque chose autour. Il faut qu'il bouge, il faut qu'il bouge dans le pays réel, dans ce pays-là. Il va y aller. On verra comment ça se passera. C'est ce qu'il va faire, il va aller dans l'Est pour six semaines. Dans l'Est pendant six jours. Six jours, on continue, ce qui est rare. C'est la fin de cette émission. Merci beaucoup de l'avoir suivie. Elle sera rediffusée ce soir à 23h15. On se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air. Merci de votre fidélité et à demain. Sous-titrage ST' 501