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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 9 décembre 2023 20 min

Julien Odoul : "Le calendrier judiciaire est calqué sur le calendrier électoral"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le grand entretien de la matinale ce samedi avec Marion Lourdes, nous recevons le député de la troisième circonscription de Lyon, porte-parole du Rassemblement National. Vos questions, vos réactions, chers auditeurs, dans quelques minutes au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Julien Audoul. Bonjour. Et bienvenue, de nombreuses questions à vous poser, de nombreuses sujets d'actualité, pardon, qu'on va vous soumettre. Votre huit ans d'enquête, huit ans d'enquête, deux juges d'instruction financier ont ordonné hier le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de Marine Le Pen et de 26 autres membres du Rassemblement National, dont vous faites partie, Julien Audoul.

Vous êtes soupçonné d'avoir participé à un système de détournement de fonds publics européens entre 2004 et 2016. C'est ce qu'a fait savoir le parquet de Paris, huit ans d'enquête, 197 pages de réquisitions. Quelle est votre réaction ce matin ? Vous avez l'air serein.

0:57
Julien Odoul

Déjà, il n'y a pas de surprise. Il n'y a pas de surprise puisque le parquet a là la même philosophie que pour le procès du Modem. Parce qu'il faut que vos auditeurs comprennent qu'il s'agit là d'un conflit, en tout cas d'une interprétation entre le Parlement européen et trois partis français. Un parti de la majorité, le Modem. Deux partis d'opposition, le Rassemblement National et la France Insoumise. sur le rôle des assistants des députés européens.

1:23
Présentateur

Pour que les choses soient encore plus claires, comme le Modem, les cadres du RN sont soupçonnés, ou du Front National à l'époque, sont soupçonnés d'avoir imaginé un mécanisme qui visait à financer les embauches du parti, à rémunérer certains collaborateurs grâce au fonds européen qui était normalement destiné à rémunérer les assistants parlementaires d'eurodéputés.

1:45
Julien Odoul

Pour qu'on comprenne encore mieux, le Parlement européen estime et considère que les assistants des députés, notamment des députés d'opposition, doivent être des fonctionnaires du Parlement européen. Donc c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas faire de politique. Nous nous considérons, et d'ailleurs pas que nous, le Modem, la France Insoumise... Le mot fonctionnaire, c'est vous qui l'ajoutez ? Oui, mais ce que je veux dire, c'est que nous nous considérons que les assistants apportent une aide technique et politique à leurs députés, et en cela, il n'est pas exclu qu'ils aient des fonctions, qu'elles soient militantes, ou au sein de l'organigramme du RN.

Voilà, donc nous, nous sommes extrêmement sereins. Nous défendrons cette vue lors du procès, et très clairement, nous nous interrogeons peut-être, au-delà d'une logique, mais nous nous interrogeons sur le fait que le calendrier judiciaire soit calqué sur le calendrier électoral, puisque c'est systématique.

2:41
Présentateur

Alors, systématique, je ne sais pas. Vous accusez donc la justice d'être politique, et vous dites que le parquet suit la même philosophie que pour le Modem. C'était d'ailleurs ce que disait hier l'avocat de Marine Le Pen. Très honnêtement, ce n'est pas un argument. Ce n'est pas parce que quelqu'un a violé la loi, ou est soupçonné d'avoir violé la loi, qu'on peut se permettre de le faire soi-même.

2:59
Julien Odoul

Et soupçonné, voilà. Très bien, parce que nous n'avons pas violé la loi. Et très clairement, ce sera à la justice de le dire. Vous faites bien de le préciser. Et nous sommes, encore une fois, extrêmement sereins. Je pense que les Français ne sont pas dupes de l'acharnement judiciaire. Vous l'avez relevé depuis huit ans. Et excusez-moi de le dire, à chaque période électorale, à chaque moment où nous sommes en tête dans les sondages, comme par hasard, il y a une information judiciaire qui tombe.

3:25
Auditeur

Mais ça veut dire, Julien Audoul, que vous avez des éléments de preuves qui montrent que vous travaillez effectivement comme assistant parlementaire de l'eurodéputé Mylène Trosinski, qui était donc votre patronne de l'époque ?

3:37
Julien Odoul

Écoutez, ça fait des années que nous avons apporté les preuves. Nous n'avons pas à justifier quoi que ce soit. Excusez-moi, mais c'est très important. Ce n'est pas un problème qui est propre au Rassemblement national. Bien sûr. Encore une fois, il y a, et ça devrait interroger les journalistes que vous êtes, il y a trois parties très différentes. Nous n'avons rien de commun avec le Modem. Et pourtant, il y a un problème d'interprétation de ce qu'est un assistant politique, un assistant d'un député.

Et très clairement, nous avons un différent avec le Parlement européen qui aimerait, et c'est un vrai problème, qui aimerait que les assistants soient uniquement de petits fonctionnaires à la botte du Parlement européen.

4:16
Auditeur

Mais il y a une marge entre être un petit fonctionnaire, comme vous dites, à la botte du Parlement européen, et écrire, comme le révélait le journal Le Monde dans un courriel de février 2015, écrire à Marine Le Pen pour lui dire « Serait-il possible que je vienne à Strasbourg demain pour voir comment se déroule une séance du Parlement européen ? » C'était en février 2015. Vous travaillez déjà depuis plusieurs mois pour l'eurodéputé Mylène Trotskisky.

4:38
Julien Odoul

Je ne vais pas rentrer dans les détails, parce que ça concerne uniquement, justement, l'information judiciaire.

4:44
Auditeur

Vous n'aviez pas vu la séance du Parlement européen à l'époque, au bout de plusieurs mois ?

4:47
Julien Odoul

Je ne vais pas rentrer. Vous savez, il y a des assistants qui sont locaux. Qui sont, encore une fois, au Parlement européen. Je pense que ça n'intéresse personne. Ce que les Français voient... Ça intéresse la justice. Non, non, non, oui, ça intéresse la justice. Vous devriez peut-être vous interroger aussi sur la violation du secret de l'instruction, qui, visiblement, ne vous choque pas. Mais très clairement, les Français, aujourd'hui, ce qu'ils intéressent, c'est leur problème du quotidien. Et je pense qu'ils voient que le premier parti d'opposition qui est le seul à les défendre est toujours, encore une fois, inquiété par la justice pour essayer de freiner son ascension.

5:16
Présentateur

Alors, il faudrait donc admettre que la justice s'inquiète de beaucoup de partis de tous bords. Il y a une semaine après la relaxe du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, vous posiez la question suivante. Pourquoi ce ministre mis en examen et donc il n'a pas été condamné ? A-t-il été reconduit au ministère de la Justice ? Et vous ajoutiez, les Français, dans leur quotidien, veulent une justice qui soit rapide, qui soit efficace, qui soit dissuasive pour les délinquants et les voyous. C'était sur BFM le 29 novembre. La justice, lorsqu'elle vous vise, pour le coup, vous changez de point de vue sur sa nature, sur ses objectifs. Je pense que vous avez tronqué mes propos.

5:52
Julien Odoul

Je n'ai pas remis en cause la décision de justice. Non, pas du tout. Excusez-moi, c'est un mensonge. Je n'ai pas remis en cause la décision de justice. Alors, il se trouve que j'ai regardé la séquence sur BFM. Monsieur Badou, on va être très clair. Je n'ai pas menti. Je renvoie nos auditeurs. Je suis désolé. Moi aussi, je les renvoie à mes propos. Je n'ai pas remis en cause la décision de justice. Ce que j'ai remis en cause, c'est le maintien par M. Macron de M. Dupond-Moretti, compte tenu de son bilan. C'est le bilan calamiteux de M. Dupond-Moretti. Que j'ai attaqué. Et je déplore, effectivement, qu'il soit envers et contre tout, maintenu à son poste.

Alors que, très clairement, la justice, aujourd'hui, dans notre pays, ne fait pas son travail pour des millions de Français.

6:38
Présentateur

J'invite nos auditeurs, en tout cas, et ils sont des millions, à aller sur Internet. Regardez donc sur un site de recherche. Je n'ai pas remis en cause la décision de justice. C'était le 29 novembre, mais vous parliez à l'Assemblée nationale, Julien Audoul, mais on va arrêter la polémique ici.

6:52
Auditeur

Parlons de la loi immigration, Julien Audoul, puisque c'est l'actualité. Elle arrive la semaine prochaine au Parlement. Une motion de rejet du gouvernement défendue par les écologistes sera présentée lundi à l'Assemblée, avant le début des débats. Elle répond donc à ce projet de loi immigration défendu par Gérald Darmanin. Est-ce que vous, RN, vous allez la voter ? Alors, pas vous seulement, mais votre groupe.

7:12
Julien Odoul

Nous en débattrons lundi, avant le début des débats à 16h. Mais très clairement, sur ce texte qui nous est proposé, qui est un mirage, qui est un écran de fumée, et qui est même une escroquerie, ce n'est pas un texte pour lutter contre l'immigration, c'est un texte pour favoriser l'immigration.

7:30
Auditeur

Et là, vous avez l'occasion d'y mettre un coup d'arrêt. Donc, ça semble évident.

7:32
Julien Odoul

Attendez, il y a plusieurs manières d'y mettre un coup d'arrêt, et il y a aussi une autre manière, c'est de débattre et de faire valoir nos propositions. Marine Le Pen a un projet qui est extrêmement construit, qui est extrêmement clair, et donc nous avons aussi l'occasion, dans ce débat, de défendre une autre orientation, qui est très clairement à des années-lumière de ce qui est proposé par le gouvernement.

7:51
Auditeur

Donc, si je comprends bien, votre position personnelle, vous, c'est de ne pas voter cette position, cette motion de rejet ?

7:57
Julien Odoul

Pas du tout. Je vous dis juste que nous en débattrons avant le début de la séance, lundi à 16h. Nous verrons quelle est la position à adopter. Mais sur la philosophie de ce texte, sur les préconisations et les orientations, évidemment, nous ne pouvons pas, en l'état, le soutenir, parce qu'il va encourager un appel d'air, une immigration massive. Et compte tenu de la situation qui est déjà cataclysmique dans notre pays sur le volet migratoire, ce serait évidemment un scandale que de voter ce texte.

8:25
Auditeur

C'est évidemment pas ce que dit le ministre de l'Intérieur, qui dit que ça va faciliter...

8:29
Julien Odoul

Encore heureux qu'on n'a pas le même avis que le ministre de l'Intérieur.

8:31
Auditeur

...le renvoi des personnes qui sont frappées d'une obligation de quitter le territoire français. Le ministre de l'Intérieur qui a même envoyé au préfet des lettres pour chiffrer le nombre de personnes qui pourraient être renvoyées si cette loi a été adoptée. Il donne des exemples de personnes condamnées connues des services de renseignement pour radicalisation religieuse. Il y en aurait 4000 des étrangers délinquants supplémentaires qui pourraient être expulsés. Ça ne vous donne toujours pas envie de la voter, cette loi ?

8:56
Julien Odoul

Mais rendez-vous compte que le procédé est scandaleux. C'est honteux de faire pression comme ça, de la sorte, en disant que si ce texte n'est pas voté...

9:05
Auditeur

C'est une information qu'il transmet au préfet.

9:06
Julien Odoul

Non, non, non, c'est pas une information. Excusez-moi, c'est une pression. C'est une pression qui est faite sur les parlementaires. Et très clairement, ces gens-là sont au pouvoir depuis près de 7 ans. Ça fait 7 ans qu'ils ne font rien. Ça fait 7 ans qu'on a un laxisme totalement débridé. sur la question migratoire et notamment sur le renvoi des étrangers dangereux, qu'ils soient délinquants ou criminels. Donc que M. Darmanin arrête de donner des leçons et arrête de faire pression sur les parlementaires via ces manœuvres détournées qui ne font pas honneur à la République.

9:34
Présentateur

Sortons du flou, Julien Audoul. Ça fait des mois maintenant que ce texte est soumis aux députés, d'abord aux sénateurs puis aux députés. Il y a maintenant cette question de la motion de rejet qui se pose. C'est la procédure parlementaire dans ce qu'elle a de plus classique. On a compris que vous ne voterez pas contre cette motion de rejet. Mais est-ce que vous allez vous abstenir ou voter pour ?

9:57
Julien Odoul

Non mais ça, encore une fois, nous nous avons...

9:59
Présentateur

Non mais c'est incroyable que vous n'ayez pas déterminé une position après autant de temps.

10:03
Julien Odoul

Non mais c'est pas incroyable. Il y a une motion de rejet qui a été annoncée tout dernièrement. Je vous ai donné la position du groupe Rassemblement National telle qu'elle a été exprimée lors des débats en commission notamment. Nous avons travaillé ces textes parce que nous travaillons ce sujet depuis bien longtemps. Nous avons un petit peu d'expertise dans le domaine. Mais sur cette motion de rejet, je vous l'ai dit, nous aurons une position de groupe qui sera débattue en réunion de groupe. parce que nous avons un mode de fonctionnement qui est collégial et que ça se passe comme ça au Rassemblement National. Ne vous en déplaise.

Donc voilà, ce sera en tout cas communiqué juste avant le début de la séance lundi.

10:41
Présentateur

On va bientôt filer au standard, retrouver nos auditeurs avec des questions sur la laïcité. Dans un instant, Julien Audoul. Il y a eu cette polémique hier sur laquelle vous avez réagi autour de cette bougie allumée pour Hanouka à l'Elysée. Emmanuel Macron assure qu'il ne s'est pas prêté un geste cultuel, ce sont ces mots. Votre réaction, elle a été très sévère. Sur X, vous disiez, vous écriviez la chose suivante. En allumant une bougie pour la fête religieuse de Hanouka à l'Elysée pour faire oublier son absence piteuse à la marche contre l'antisémitisme, Macron a méprisé nos compatriotes juifs et en même temps notre laïcité. Ce président n'aura donc jamais compris la France.

Pourquoi cette cérémonie, selon vous, est si grave, en tout cas, ou y avoir participé est si grave pour le président de la République ?

11:30
Julien Odoul

Visiblement, je ne suis pas le seul, parce que même le président du CRIF a reconnu que c'était une erreur. Et M. Macron, qui fait du et en même temps sur tous les sujets, essaye de se faire pardonner son absence, qui pour le coup est impardonnable, à la marche contre l'antisémitisme. Ce qui est encore plus impardonnable, c'est d'avoir dit que son absence à cette marche, qui était citoyenne, qui était fédératrice, cette absence était là pour préserver l'unité nationale, comme si la lutte contre l'antisémitisme allait pulvériser l'unité nationale. Donc c'est quand même extrêmement grave.

Et il ne comprend rien à la France, à la laïcité française, à nos traditions et aussi à nos compatriotes de confession juive, qui sont très très attachés à la laïcité et qui auraient préféré, j'ai eu bon nombre de témoignages de mes compatriotes de confession juive qui auraient préféré qu'ils soient présents à la marche,

12:18
Présentateur

mais qu'ils n'organisent pas cette cérémonie à l'Elysée. Ce président qui n'aura donc jamais compris la France a quand même battu votre candidate deux fois de suite et c'est le seul président de la Ve République à avoir été réélu hors période de cohabitation.

12:29
Julien Odoul

Oui, je remarque que la dernière fois, il a été extrêmement mal élu. Enfin, il a été élu. Je remarque, je ne sais pas quelle trace il laissera dans l'histoire de France, peut-être l'un des présidents les plus hors sol et l'un des présidents qui aura le plus déconstruit notre pays.

12:43
Présentateur

Bonjour Adrien, vous nous appelez de Haute-Savoie. Bienvenue sur Inter. Oui, bonjour. Vous avez une question pour Julien Oudoul.

12:50
Auditeur

Oui, bonjour, j'avais une question pour Julien Oudoul. Je voulais vous poser une question, c'était sur la laïcité. Vous êtes pour que Macron fête Hanoukka à l'Elysée.

13:00
Julien Odoul

Non.

13:00
Auditeur

Vous êtes pour les crèches dans les mairies.

13:02
Julien Odoul

Non, non, je n'étais pas pour...

13:03
Auditeur

Vous avez aussi posé une question sur... En fait, c'était sur le fait que vous ayez viré une femme voilée d'un conseil municipal il y a quelques années. Est-ce que finalement, la laïcité, ce n'est pas juste pour instrumentaliser, pour ennuyer les musulmans ?

13:17
Julien Odoul

Julien Oudoul. Alors, il y a beaucoup de confusion parce que je suis contre la cérémonie d'Hanoukka à l'Elysée. Concernant les crèches de Noël, si vous en référez à notre tradition, ce sont des éléments culturels de notre pays. Pas religieux. Non, pas du tout. C'est une tradition française. Et moi, je me rappelle qu'à l'école de la République laïque, quand j'étais petit, nous faisions la crèche avec des enfants qui étaient de confession musulmane, juive. Ça vient quand même de l'histoire religieuse. Pardon ?

13:44
Auditeur

C'est la Bible, la crèche.

13:45
Julien Odoul

Oui, c'est aussi les traditions et l'héritage chrétien de la France. Nous sommes une nation qui a des racines chrétiennes. C'est notre héritage. Comme les pays du Maghreb ont un héritage musulman. Il faut savoir le respecter.

13:58
Présentateur

Pas de racines juives, ni musulmanes. Pardon ? La France n'a pas de racines ni juives, ni musulmanes.

14:02
Julien Odoul

Nous sommes de civilisation judéo-chrétienne, effectivement. C'est un fait. Encore une fois, c'est l'histoire qui l'a voulu. Et en cela, la crèche de Noël fait partie de nos traditions culturelles. Et ce n'est pas un élément culturel. Ce n'est pas la communion. Ce n'est pas le baptême. C'est très différent.

14:20
Auditeur

La crèche est culturelle, mais Hanouka n'est pas culturelle, alors que c'est un héritage judéo-chrétien.

14:24
Julien Odoul

Ça n'a rien à voir. Hanouka, c'est une cérémonie religieuse. La crèche, c'est un emblème. C'est une manifestation culturelle que l'on retrouve, évidemment, beaucoup plus enracinée dans le sud de la France. Il y a une tradition provençale, mais qui fait partie du patrimoine de tous les Français. Et en cela, très clairement, il n'y a rien de choquant à voir des crèches dans les mairies, comme à Perpignan ou à Beaucer, par exemple.

14:48
Auditeur

Julien Audoul, la procédure de dissolution de l'association d'ultra-droite, la Citadelle, vient d'être enclenchée après celle de la division Martel, qui était accusée d'attiser la haine raciale et d'avoir participé à une expédition punitive dans le quartier de la Monnaie, à Romand-sur-Isère, le 28 novembre dernier. Quelle est votre réaction à cette dissolution ?

15:06
Julien Odoul

Nous nous réjouissons que tous les groupuscules qui font de la violence leur mode d'action soient dissous, qu'ils soient d'ultra-droite ou d'ultra-gauche. Marine Le Pen l'avait demandé très explicitement à la Première Ministre, donc il n'y a pas de débat là-dessus. En revanche, nous voyons qu'il y a un paravent et une menace fantasmée de groupuscules d'ultra-droite, qui serait la menace absolue en France. Non, la menace absolue en France, c'est l'islamisme. La menace absolue en France, c'est aussi des groupuscules d'extrême-gauche, qui pour le coup, eux, ne sont jamais dissous, comme les Black Blocs ou d'autres.

15:39
Auditeur

Il y a des fichiers S parmi l'ultra-droite, il y a 1300 fichiers S qui sont d'ultra-droite. Donc ce n'est pas une menace.

15:47
Julien Odoul

Non mais ce n'est pas une menace nationale. Vous savez que les Français, quand ils se baladent dans la rue, je pense qu'ils ne sont pas terrorisés en disant qu'ils vont se faire agresser par un militant d'ultra-droite. Alors qu'il y ait des individus dangereux, effectivement, c'est une réalité, qu'il y ait des groupuscules nauséabonds, il faut les dissoudre, et nous n'avons aucune ambiguïté là-dessus.

Mais arrêtons, très clairement, d'agiter une menace qui est résiduelle, il faut bien le dire, et de ne pas voir l'éléphant qui est dans le salon, qui est l'islamisme, qui est les groupuscules d'extrême-gauche, Black Blocs, soulèvement de la terre, écologistes radicaux, qui, eux, très clairement, pourrissent la vie de bon nombre de Français.

16:26
Auditeur

Et des morts parfois, comme cet ancien rugbyman argentin, Frédérico Martin Arambou, qui avait été tué de 5 balles devant un hôtel parisien en 2022.

16:33
Julien Odoul

Je viens de vous le dire, encore une fois, il y a des éléments qu'il faut condamner, il y a des groupuscules à dissoudre, mais ne disons pas, et ne faisons pas croire, que c'est une majorité, c'est extrêmement résiduel comparé à d'autres menaces.

16:45
Présentateur

Vous suivez de très près à l'Assemblée le dossier des Jeux Olympiques, c'est l'un des sujets sur lesquels vous êtes très investi. Il y a 6 mois, vous avez déposé une proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux et politiques ostensibles dans les compétitions sportives. Une athlète voilée ne pourra pas participer aux compétitions, ne devrait pas pouvoir participer aux compétitions ? Ou est-ce que vous vous plierez aux décisions du CIO ?

17:09
Julien Odoul

Elle ne devrait pas, effectivement, que ce soit pour la conception que nous avons de la femme, du sport, des valeurs du sport. Effectivement, il est choquant qu'une athlète, quelle que soit sa nationalité, dans des compétitions qui devraient rester neutres, le sport devrait laisser la religion de côté. Effectivement, le voile est un emblème islamique, islamiste même, qui est instrumentalisé par les islamistes. Il ne devrait pas être sur un terrain de sport.

17:36
Présentateur

Mais la France cèdera aux demandes du CIO ? Pardon ? La France, Paris 2024, cèdera à la demande du CIO ?

17:43
Julien Odoul

Mais la France cède sur beaucoup de choses, effectivement. La France cède sur un certain nombre de valeurs qui devraient être défendues bec et ombles. Et sur l'image de la femme, sur sa place, sur sa dignité, effectivement, il ne devrait pas y avoir de reniements possibles. Mais on observe sur tous les sujets que les reniements font partie de la marque de fabrique du gouvernement. Lesquels ? Les reniements en matière de laïcité, par exemple. Vous savez, si on parle du voile, moi j'étais extrêmement choqué de voir une ministre, Mme Thévenot, aller dans un quartier de Nîmes, valoriser l'engagement de femmes entièrement voilées en disant qu'elles défendaient les valeurs de la République.

Non, les valeurs de la République, et là je m'en tiens aussi à un ancien ministre de M. Macron, qui était M. Blanquer, qui disait que le voile n'était pas souhaitable dans la société française. Les valeurs de la République, ce n'est pas la soumission de la femme. Voilà, c'est comme ça. Donc on aimerait que les ministres, déjà, montrent l'exemple et défendent un peu les principes républicains.

18:39
Auditeur

Même si certaines choisissent librement de porter le voile, mais...

18:43
Julien Odoul

Mais elles ont le choix de porter le voile, encore une fois, et de pratiquer leur religion. Moi, ce qui me choque, c'est que ce voile, aujourd'hui, est un totem de l'islamisme. Qu'on le veuille ou non, c'est ainsi. Ce qui me choque, c'est qu'il est instrumentalisé par des mouvances qui essayent d'infiltrer l'entreprise, nos écoles, les clubs de sport, etc. Et ce qui me choque encore plus, c'est que nos gouvernants, des responsables publics, finalement, se soumettent à cette règle et à ces totems islamistes. Donc très clairement, c'est ça qui, aujourd'hui, est insupportable pour bon nombre de nos compatriotes.

19:15
Auditeur

Julien Audoul, qui a dit que les gangs de musulmans contribuent à la décadence de l'Europe, qui a dit que les homosexuels et transgenres sont des baiseurs d'enfants tolérés par l'État.

19:25
Julien Odoul

Je l'ignore.

19:27
Auditeur

Eh bien, des candidats sur la liste de l'AFD, qui est un parti d'extrême droite allemand et qui est un de vos alliés au niveau européen, dans le groupe que vous formez au Parlement européen. Vous êtes d'accord avec ces propos ?

19:38
Julien Odoul

Vous me sortez des propos que je ne connais pas. Je ne sais pas qui les a, encore une fois, prononcés. Vous aurez bien compris que nous ne partageons pas l'intégralité de tout ce que peuvent dire les sous-chefs, responsables locaux ou autres de nos partis alliés. Encore une fois, nous avons un projet pour les Français au niveau des élections européennes du 9 juin, que nous avons bien gagné avec Jordan Bardella. Et nous avons aussi un projet avec nos alliés européens pour réorienter radicalement les politiques qui, aujourd'hui, sont funestes pour la liberté des peuples, pour nos souverainetés.

20:15
Présentateur

Merci, Julien Audoul, d'avoir répondu à notre invitation et à nos questions. Je rappelle que vous êtes député Rassemblement National, porte-parole de votre parti. Rassemblement National, porte-parole de votre parti.