L'invitée d'Apolline Matin : Plan d’urgence pour la petite enfance, arrêts maladie… la ministre de la Santé est l’invitée de RMC - 22/09
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:03RelanceRéponse directe
Est-ce que vous avez pris la mesure de ce qui est en train de se jouer ?
- 2:25OuverteRéponse partielle
Quel est votre quotidien à vous, Yannick, et qu'est-ce que vous avez envie de dire à la ministre ?
- 4:39RelanceRéponse directe
Est-ce que ça, c'est un effet qui se coule ? Est-ce qu'on anticipe ce deuxième effet ?
- 5:32OuverteRéponse directe
L'une sur votre plan d'urgence pour les crèches.
- 7:12OuverteRéponse directe
Une question aussi sur cette expression qui a été utilisée par Édouard Philippe la semaine dernière à propos des arrêts maladie.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46Locuteur 4Fait
« Si un bastant nous appelle et qu'il est au-delà de 13-14 kilomètres depuis mon cabinet, c'est non. »
- 0:50Locuteur 4Chiffre
« Le budget cardurant de l'année 2026 est explosé. »
- 4:24Invité politiqueChiffre
« une revalorisation, dans le cadre des négociations conventionnelles, pour le métier d'infirmier, de 500 millions d'euros pour les infirmiers. »
- 6:37Invité politiqueChiffre
« 13 500 postes vacants »
- 8:27Invité politiqueChiffre
« il y a plus de 13 000 assurés qui font plus de 5 médecins généralistes différents en quelques mois. »
Temps de parole
- Invité politique50 %
- Présentateur24 %
- Locuteur 513 %
- Locuteur 65 %
- ?4 %
- Locuteur 44 %
≈ 4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez
RMC.
La
ministre de la Santé est avec nous. Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour. La ministre de la Santé et de la Famille. Depuis que l'on a annoncé que vous seriez notre invité ce matin, je dois vous dire que le standard explose littéralement. De très nombreux infirmiers, infirmières, aides-soignants, aides à domicile qui appellent pour dire leur quotidien. Alors certes, vous vouliez nous présenter votre plan sur la petite enfance. On va évidemment en parler. Mais je voudrais que vous entendiez les témoignages que l'on reçoit depuis ce matin. Et je voudrais commencer par vous faire écouter ce que dit Fadela. Elle est infirmière libérale en Haute-Garonne. Elle nous a appelé tout à l'heure avant 6h.
Si
un bastant nous appelle et qu'il est au-delà de 13-14 kilomètres depuis mon cabinet, c'est non. Il y
a
des gens qui vont mourir, seuls. Moi, je travaille à perte. Le budget cardurant de l'année 2026 est explosé. Je ne suis pas une nonne. Vous voyez, le gouvernement, j'ai envie de lui dire ça.
Il y a des gens qui vont mourir
seuls.
Voilà ce que dit Fadela. Est-ce que vous avez pris la mesure de ce qui est en train de se jouer ?
Oui, alors au printemps dernier, on avait proposé des mesures sur l'accès aux soins des personnes à domicile. Et cet après-midi, nous aurons l'occasion, avec le gouvernement, j'aurai l'occasion de m'exprimer sur la partie professionnelle de santé. Mais j'aurai l'occasion cet après-midi à la conférence de presse avec l'ensemble du gouvernement. À
17h, tout
à l'heure, une conférence de presse pour
présenter les mesures face aux carburants. Ce que vous nous dites ce matin, c'est que les infirmiers, les infirmières, les auteurs
ne seront pas abandonnés ? Alors, évidemment, elles ne seront pas abandonnées. Je ne peux pas dire pendant tout l'été que la canicule cause des morts chez les personnes à domicile et ne pas prendre soin des professionnels qui utilisent leur voiture pour aller à domicile. Donc, évidemment, ces professionnels de santé sont à notre travail. J'étais avant de venir à travailler encore jusqu'au bout à des mesures pour présenter cet après-midi. Dès la sortie de cette émission, je continuerai et nous proposerons des mesures avec le gouvernement. Ce sont des mesures ciblées, responsables, mais qui n'oublient pas les professionnels de l'accès aux soins.
Qui n'oublient pas les professionnels, ils peuvent compter sur vous
?
Honnêtement, là, on sent le représentant, notamment des infirmiers libéraux, qui était mon invité à 7h10, dit « si on n'a pas d
'aide, on va arrêter de soigner ». J'entends et encore une fois, je ne
peux
pas dire tout l'été qu'on a besoin de s'occuper des personnes à domicile et ne pas s'occuper des professionnels qui vont à domicile avec leur voiture personnelle.
Yannick est en direct avec nous, qui nous appelle de la grande mode. Bonjour Yannick.
Bonjour à vous tous.
Yannick,
vous êtes infirmière libérale, votre ministre est dans ce studio. Elle vient de le dire, vous ne serez pas oublié par les annonces du gouvernement à 17h tout à l'heure. Quel est votre quotidien à vous, Yannick, et qu
'est
-ce que vous avez envie de dire à la ministre
?
Déjà, je serai à 17h avec l'ensemble de mes collègues, sûrement du collectif des infirmiers libéraux en colère, en train de l'écouter, parce qu'on attend ça avec hâte. Que le quotidien est de plus en plus difficile, comme ça a été dit par l'intervenant juste avant, par le message. Effectivement, on a des soins où on va les faire avec une quasi-perte, voire même plus qu'une perte.
Je tiens tout de même à rappeler que nous sommes le premier hôpital de France à domicile, que les aides de vie aussi interviennent beaucoup auprès des patients, parce que souvent on les oublie, et que nous, en tant qu'infirmiers libéraux, dans les paramédicaux, nous sommes vraiment la seule profession de France qui est intervenant en quasi-exclusivité au domicile de nos patients dépendants.
Yannick, vous faites une tournée sur quel secteur ? Sur un secteur qui représente quoi ? Combien
?
Moi, par chance, j'arrive à faire une tournée sur un bassin de vie, comme on appelle, qui va être la Grande Motte, et sur une partie du Gros-du-Roi. C'est un panel aux alentours d'un périmètre de 15-20 km à peu près. Maintenant, effectivement, des patients que je peux intervenir au Gros-du-Roi, sur une partie un petit peu plus lointaine, je suis obligé de les refuser, parce que rien que le temps d'y aller, quand nous, on a des points de vie, quand il y
a
le pomme qui est baissé, ça me fait perdre facilement 10 minutes de temps. Alors le temps, ça,
c
'est pas trop grave, et surtout, c
'est
du temps où le véhicule tourne. Donc quand il tourne, il y a une consommation d'énergie qui se fait avec le carburant.
Yannick, je voudrais que la ministre puisse vous répondre.
Il y a déjà, ce que je voudrais redire, mais ce monsieur le sait très bien,
c
'est que déjà au printemps, les aides aux grands rouleurs étaient autorisées pour les infirmiers. libéraux, c'est-à-dire ceux qui faisaient un certain
nombre de kilomètres. Mais sous condition de
ressources ? Tous les autres professionnels, oui, les gens sous condition de ressources, et un certain nombre de kilomètres par jour. Ça, ça existe depuis le printemps. Il y
a
eu aussi, l'année dernière, une revalorisation, dans le cadre des négociations conventionnelles, pour le métier d'infirmier, de 500 millions d'euros pour les infirmiers. Mais je ne dis pas que c'est suffisant aujourd'hui que la hausse des carburants dure, et avec ce niveau, c'est pour ça qu'il y aura des mesures cet après-midi.
Oui, j'aimerais revenir sur quelque
chose qui est
dit ce matin,
c
'est-à-dire que des infirmiers qui ne peuvent plus aller voir les malades, ça veut dire que c'est des malades seuls, et ceux-là, ces malades, avant de se laisser mourir, ils vont aller à l'hôpital. Donc ce que
je
veux dire,
c
'est qu'a priori, et les hôpitaux s'y préparent, va y avoir beaucoup plus de patients dans les hôpitaux. On sait quand même qu'en France, les hôpitaux, c'est un sujet sous tension, on le sait bien. Qu'est-ce qui est prévu pour ça ? Est-ce que ça, c'est un effet
qui se coule, si je puis dire ? Est-ce qu'on anticipe
ce deuxième effet ? Non, mais c'est un travail que nous avons, et encore une fois, que nous avons beaucoup avancé pendant l'été, avec le risque de la canicule et les personnes à domicile. Nous travaillons avec les professionnels de soins à domicile, que ce soit l'hospitalisation à domicile, les professionnels libéraux,
les infirmiers. Ce matin, ils nous disaient qu'ils étaient inquiets pour ça.
Notamment, j'entends cette inquiétude, c'est pour ça que nous allons les accompagner, et qu'il y
aura
des annonces à 17h.
Rendez-vous à 17h donc, mais espérons pour eux qu'ils ne seront pas déçus. J'ai deux autres questions pour vous, Madame la Ministre. L'une sur votre plan d'urgence pour les crèches. On a énormément parlé, en effet, cet été, notamment des écoles et de leur inadaptation face au réchauffement climatique et face aux canicules. Vous allez mettre
en place un plan pour les crèches ? Oui, le système économique, je dirais, des crèches, n'est pas soutenable, puisque les habitudes de vie ont changé, et par ailleurs, nous avions besoin, en urgence, amener ce plan pour les crèches, qui est de 90 millions d'euros, 30 millions pour 2026, et 60 millions pour 2027, qui va permettre, un, de soutenir les assistantes maternelles à domicile, de soutenir les familles, en fait, pour trouver des places en crèche. Vous savez qu'on manque, malgré la baisse de la natalité, nous manquons de places en crèche, et en parallèle de ce plan d'urgence, nous travaillons à des réformes structurelles, du modèle économique des
crèches.
Est-ce que
ce n
'est
pas surtout
les
personnels qui manquent ?
Il manque aussi des personnels. On est dans une situation de crise du secteur de la petite enfance. Un, du manque de personnel, avec beaucoup d'assistantes maternelles qui parlent à la
retraite, 13 500 postes vacants, et leur
première explication,
c
'est les salaires. Les salaires sont trop bas. C
'est pour ça qu'ils n'arrivent pas à recruter. C'est
pour ça que je disais, nous avons besoin de ce plan d'urgence rapide dès 2026 pour aider les crèches et qu'elles ne ferment pas plus de places, et d'autre part, les réformes structurelles sur lesquelles nous travaillons, sur l'attractivité des métiers, et sur le modèle économique des
crèches. En fait, on en revient toujours à la même question. C'est quand même la question que le travail ne paye pas suffisamment. Et c'est la même question pour les infirmiers qui nous appellent, les infirmières et les infirmières qui nous appellent depuis ce matin. C'est que s'il y avait plus de marge, ça serait moins douloureux de devoir calculer au kilomètre près qui on peut aller soigner. Madame la ministre, une question aussi sur cette expression qui a été utilisée par Édouard Philippe la semaine dernière à propos des arrêts maladie. Il dit que c'est open
bar les arrêts maladie. Écoutez, en tout cas, ce qui est sûr, c'est que notre sécurité sociale ne peut plus soutenir cette augmentation des arrêts maladie. Plus de 7% par an. Je ne
suis
pas sûre que votre salaire ait augmenté de 7% en un an. Et cette augmentation de 7% tous les ans d'arrêt maladie fait que si nous voulons continuer à payer les arrêts maladie, en tant que médecin, j'y tiens absolument. Nous devons, un, lutter contre les abus. C'est le décret que j'ai pu sortir pour sanctionner les gens qui vont voir plusieurs médecins différents pour avoir plein de petits arrêts. Et d'autre part, faire que les gens aillent mieux pour avoir des arrêts maladie moins longs. Et c'est les mesures que je prends sur
les parcours de santé. Mais
ça ne vous
choque pas, je
pense que ça peut prendre conscience. faire prendre conscience que si nous voulons continuer à pouvoir que la Sécurité sociale paye les arrêts maladie, il faut dans ce cas que nous luttons, un, contre les abus, c'est le décret que j'ai pu sortir, et d'autre part, que nous fassions en sorte que les gens soient
moins longtemps en arrêt
maladie. Mais ça veut dire qu'effectivement, quand on a un candidat qui dit les arrêts maladie en France, c'est open bar.
Non mais je suis médecin, donc je pense que les médecins prescrivent de façon sérieuse. Mais quand un malade fait, il y a plus de 13 000 assurés qui font plus de 5 médecins généralistes différents en quelques mois. Donc c
'est
un peu
open bar. Et donc, en fait, il faut, et c'est ce que nous mettons dans le décret, plus de sanctions pour les gens qui abusent de notre système et plus de mesures qui accompagnent les gens pour qu'ils aillent mieux et des arrêts maladie moins longs.
Merci beaucoup Stéphanie Risse d'avoir répondu à nos questions et à celles des auditeurs, ministres de la Santé et de la Famille. On l'a bien compris, vous donnez rendez-vous à 17h. Vous leur dites qu'ils seront entendus et accompagnés.
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