Divisions à gauche : "À l'heure de la montée des périls, on doit être responsables", demande Marine Tondelier
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Cette fois, l'alliance de gauche est-elle définitivement achetée aux oubliettes ? L'une des têtes d'affiches de ce nouveau Front populaire est avec nous ce matin, la secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier. Bonjour.
Bonjour et merci de votre invitation.
Vous êtes également conseillère régionale de la région Hauts-de-France. Et dans tout cela, quelle place pour l'écologie à gauche et dans le débat public en général ? On en parlera aussi. Quel avenir également pour François Bayrou et son gouvernement ? Vous pouvez, auditeurs de France Inter, poser vos questions évidemment, dialoguer avec Marine Tondelier comme d'habitude au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Les socialistes ne sont plus nos alliés. Ça, c'est ce que dit Jean-Luc Mélenchon dans un entretien hier à la tribune dimanche. Est-ce que vous actez ce matin, Marine Tondelier, la fin du nouveau Front populaire ?
Non, et sûrement pas. Parce que cet été, nous avons fait une promesse à nos électeurs, une promesse au peuple de gauche et aux écologistes, une promesse à celles et ceux dont nous voulons changer la vie, même ceux qui ne votent pas pour nous et même ceux qui ne votent pas du tout. Et les écologistes, voyez-vous, comptent bien la tenir. Alors, vous nous avez cité des phrases grandiloquentes, ce n'est pas la première fois que je les entends, c'est à peu près tous les jours ces derniers temps. Et donc, moi, j'appelle nos partenaires à la raison. Parce qu'on ne peut pas être dans une gauche nombriliste, où la gauche parle à la gauche, où la gauche s'invective, entre gens de gauche.
Quand on voit ce qui nous attend en 2027, quand on voit ce qui se passe au niveau mondial, je dis une chose très simple. Si la France bascule en 2027, c'est l'Europe qui vacille. Et dans l'amicale fasciste qui est en train de se mettre en place au niveau mondial, celles et ceux qui prendront ce risque en assumeront toutes les conséquences. Et je peux vous dire que les écologistes comptent bien être pénibles autant qu'il le faut pour qu'on trouve une issue à ça.
Mais vous n'avez pas le sentiment d'une rupture définitive, cette fois-ci, quand Jean-Luc Mélenchon parle d'une alliance toxique avec l'EPS ?
Vous voulez que je vous liste les ruptures définitives auxquelles j'ai assisté depuis que je fais de la politique ? Et donc, non, en politique, il n'y a pas de rupture définitive. Et heureusement, j'alerte celles et ceux qui font des divisions à gauche et des oucasses une rente en politique. C'est dangereux et on n'a pas le temps.
De qui parlez-vous ?
Pas que de Jean-Luc Mélenchon.
Qui ? Olivier Faure ?
Non, pas spécifiquement Olivier Faure, non. Mais on a quand même un sujet à gauche de nombrilisme et de personnes qui veulent être le roi du cimetière. À l'heure de la montée des périls, comme rarement on les a connus ces dernières décennies, on doit être responsable, on doit être à la hauteur. Et je le dis à vos écouteurs, à vos auditeurs qui se désespèrent. Et franchement, moi, je suis à peu près dans le même état nerveux que quand je me suis mise à pleurer à votre antenne le 1er juillet matin, c'est juste que le 1er juillet matin, quand j'ai entendu Bruno Le Maire, j'ai eu un choc en disant « mais qu'est-ce qu'il fait ?
» Là, la difficulté, c'est qu'on s'habitue parce que c'est un peu chaque jour et un peu tout le temps. Donc ça explique pourquoi je ne suis pas en train de pleurer physiquement à votre antenne. Mais franchement, ça en donne nos vies. C'est triste, c'est triste. On ne peut pas miser tout sur le fait d'être roi du cimetière à gauche. La gauche ne doit pas être un cimetière. C'est le dernier bien commun, c'est le dernier salut possible pour tous les gens qu'on est censé défendre.
Mais alors, si vous dites que cette alliance qui a été formée dans le contexte que vous rappeliez, qui vous avait fait pleurer à l'époque, qui était celui de la dissolution et des législatives anticipées pour éviter l'arrivée au pouvoir du Rassemblement National, si cette alliance doit encore exister aujourd'hui, quel sens a-t-elle véritablement pour justement nos auditeurs et les électeurs qui sont les vôtres ?
Écoutez, moi je dis juste une chose très simple, c'est que cet été, nous avons été à la hauteur, on n'a peut-être pas tout fait bien, ni avant, ni pendant, ni après, mais à ce moment précis, nous avons empêché Jordan Bardella d'accéder à Matignon. Et juste ça, juste pour ça, je pense qu'il faut qu'on soit très lucide et très fier de ce que nous avons fait. Si on considère que c'est pas...
Elle a fonctionné à ce moment-là, c'était son objectif.
Aujourd'hui, quel est son sens ? Je vous rappelle qu'on a des élections qui vont arriver où le même risque va se reproduire, peut-être même encore plus fortement et encore plus dangereusement.
Et pour lesquels, Jean-Luc Mélenchon dit, il y aura, pour la présidentielle, il y aura un candidat insoumis, évidemment. Je dis à tout le monde... Donc pas de candidature commune, pas de candidature unique, comme vous l'appelez de...
Je dis à tout le monde et au nom des écologistes, attention, si vous pensez qu'on a le luxe de la division, les écologistes ne sont pas d'accord avec vous. Si vous avez envie de construire, de construire la victoire en 2027 ou à toutes les élections qui arrivent, les écologistes seront à vos côtés. Et pour celles et ceux qui nous écoutent et qui désespèrent en disant « Où je vais pour construire l'union ? » Eh bien, il y a un site qui s'appelle lesécologistes.fr. Vous serez bien accueillis. Et vous verrez, on est déterminés, on ne perd pas l'espoir, on garde le moral parce qu'en fait, on n'a pas le choix d'y arriver. C'est aussi simple que ça.
On se bat pour des personnes, je l'avais dit à votre antenne le 1er juillet, des personnes racisées, des binationaux, des femmes, des personnes LGBT, des jeunes, des associatifs, des gens qui se battent pour les droits humains, qui sont terrifiés à l'idée que l'extrême droite arrive au pouvoir. Si on préfère les querelles d'égo, qui ne sont pas que des querelles d'égo, il y a aussi des divergences de lignes politiques. Il y a des divergences de lignes.
Et justement, certains, y compris en interne dans votre parti, les écologistes, disent de continuer à prôner l'union, c'est bien pratique pour éviter d'avoir à trancher une ligne entre les insoumis et les socialistes, finalement. D'avoir à choisir entre ces deux partenaires.
À ma connaissance, dans mon mouvement, tout le monde est très fier de ce que nous avons fait cet été et demande à ce que nous maintenions ce rôle-là. Il n'y a pas juste un rôle de trait d'union. Moi, je ne suis pas de la ponctuation. Nous, nous sommes un moteur de l'union. Nous voulons gagner et nous allons tout faire pour que nous puissions gagner.
Mais est-ce qu'un jour, il faudra choisir entre les insoumis et les socialistes ? Si vous avez des gens
qui veulent choisir entre les insoumis et les socialistes, vous me donnez les noms, j'en discutera avec eux et on a un congrès justement qui arrive, on en discutera. Mais très sincèrement, tout le monde sait bien que la machine à division est une machine à défaite électorale. Je n'y nie pas les différences qu'il y a entre nous. Les insoumis, les communistes, les socialistes, les écologistes, ce sont quatre partis différents qui ont le même objectif quand ils sont ensemble et qui peuvent avoir des stratégies différentes. J'ai des désaccords parfois, j'ai des interrogations, j'ai des doutes.
Par exemple, sur la non-censure des socialistes, est-ce que vous leur reprochez ? Évidemment, je l'ai dit. Jean-Luc Mélenchon qui dit qu'ils soutiennent de fait François Bayrou et Emmanuel Macron, ce que vous dites aussi ?
J'ai fait part de mes incompréhensions, de mes doutes. Mais est-ce que ça veut dire que parce qu'une fois on n'a pas été d'accord, on ne se parle plus jamais de notre vie ? Moi, je veux vous dire aussi que les mots ont un sens. Quand Jean-Luc Mélenchon dit je sors de cette relation toxique aux socialistes, moi je suis désolée, la toxicité dans la vie politique française, je ne la situe pas au niveau du Parti Socialiste. J'ai des débats parfois avec eux, parfois on n'est pas d'accord, parfois on se le dit et parfois c'est cash. Mais la toxicité aujourd'hui, c'est la xénophobie, c'est l'extrême droite, c'est l'injustice sociale, c'est ça qu'on doit combattre.
Et tant qu'on mettra plus d'énergie à se combattre entre nous qu'à combattre seuls et ceux qui sont en face à droite et à l'extrême droite, alors oui j'aurai un problème avec ma partenaire. C'est le seul problème sur lequel je veux bien m'énerver et par ailleurs, je le dis, il y a un moment où on va mettre en place une taxe sur les gens de gauche qui disent du mal d'autres gens de gauche, ce n'est pas possible, on va rembourser le déficit de l'État à ce rythme-là. J'invite vraiment chacun à la grande vigilance.
Ce n'est pas un spectacle, ce n'est pas un jeu, c'est la vie de française et de française qui sont derrière, au niveau national et puis au municipal qui arrive en 2026 dans chaque ville. Division égale ville de gauche qui passe à droite. Pour les gens qui habitent dedans, ce n'est pas pareil.
Dès le début de l'entretien, combien de fois a-t-on dit que cette alliance était définitivement enterrée ? À force, qu'est-ce qui l'a fait tenir encore une fois concrètement ?
Les gens qui se battent et je peux vous dire que la nuit du 9 juin dernier, si vous aviez posé la question la veille à Jean-Luc Mélenchon aux socialistes est-ce que vous allez travailler ensemble demain ? Ils auraient dit sûrement pas. Et puis cette nuit-là, qu'est-ce qu'on a décidé de faire ? De ne pas prendre en compte leur non-envie de travailler ensemble et de leur annoncer respectivement les yeux dans les yeux et avec un grand sourire que nous, on travaillerait avec les deux. Point. Et ça a marché. Donc je ne vous dis pas que ça marchera tout le temps. Je vois à quel péril nous faisons face.
Mais comptez sur la détermination des écologistes et si vous voulez vous battre pour l'union, en attendant, c'est là que ça se passe.
Une question au sujet du nouveau front populaire de cette alliance de gauche dont on parle, Marine Tondulier. Question pour vous de Marc au Standard de France Inter. Bonjour Marc. Oui, bonjour.
Et on vous écoute. Bonjour, merci de prendre mon appel. J'ai une question pour Marine Tondulier. J'ai voté vert tout le temps, tout le temps et j'ai fini par voter à l'FI à certaines élections mais je fais partie aujourd'hui des gens qui pensent que Mélenchon est un vrai repoussoir. Voilà. Un vrai, vrai repoussoir. Pour moi, il y a vraiment une cassure et pour beaucoup autour de moi, je le vois en discutant avec mes amis. Et donc je vais savoir comment il compte faire avec ça. J'entends qu'on n'a pas le luxe de se payer la division quitte de Mélenchon. Merci Marc. Marine Tondulier.
Mais c'est des questions qui sont normales et qui sont légitimes. Je remercie Marc d'ailleurs d'avoir voté écologiste pendant des années. Peut-être même va-t-il recommencer mais il pointe un vrai sujet et je dis attention à mes camarades insoumis dont je pense qu'ils se voient électoralement très forts parce qu'ils ont eu des résultats forts mais ce sont les électeurs qui avaient voté pour Yannick Jadot en 2019 qui ont voté pour Jean-Luc en 2022 qui ont voté pour Raphaël Glucksmann en 2024.
Ce sont les électeurs qui cherchent l'unité et si la France insoumise s'écarte de cette unité en disant qu'ils sont tellement forts qu'ils peuvent s'abstraire de travailler avec tous les autres de gauche je pense qu'ils ont tort. Et maintenant si vous voulez bien je veux bien qu'on parle d'écologie parce que la terre brûle que la biodiversité s'effondre et que je pense qu'on a assez parlé de Jean-Luc Mélenchon pour la matinée.
Est-ce que quand vous appelez dernière question sur ce sujet à la mise en place c'était il y a 8 jours dans la France.
Vous avez taxé les journalistes sur les questions sur Jean-Luc Mélenchon si on remboursera aussi le déficit.
C'est un projet qui est structurant que vous appelez de vos voeux c'est la convocation d'une assemblée constituante vous appelez le président de la République à convoquer un référendum pour demander aux Français s'ils veulent passer à une sixième république. C'est le projet de Jean-Luc Mélenchon depuis sa première candidature en 2012 à l'élection présidentielle.
Jean-Luc Mélenchon l'a porté dans ses campagnes présidentielles en disant si je gagne je le ferai. Nous on demande à Emmanuel Macron puisqu'elle a décidé de consulter les Français et de le faire là maintenant sans attendre l'élection présidentielle. Et puis vous voyez vous avez une petite obsession pour Jean-Luc Mélenchon quand même parce qu'en 1981 déjà les écologistes portaient la demande d'une sixième république à l'époque même où Jean-Luc Mélenchon adhérait au parti socialiste. Donc vous voyez la vie politique elle est longue elle va vite nous on est stable et on a le mérite de la constance et de la cohérence.
Dans tout cela donc Marine Tourdelier
Vous pouvez remercier maintenant Jean-Luc Mélenchon d'avoir porté une proposition écologiste pendant ces années.
On peut le tourner comme ça si on veut effectivement. Et maintenant je veux bien
qu'on parle de la planète qui brûle.
L'écologie quasi absente justement du débat public comment vous expliquez qu'on soit passé en quelques années démarche pour le climat partout dans le monde de Greta Thunberg personnalité de l'année pour le magazine Time de l'époque où votre parti faisait 13,5% aux européennes et aujourd'hui à ce recul auquel on assiste aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Comment vous expliquez cela ?
Je pense que si Trump a fait de l'écologie sa principale ennemi si l'extrême droite essaye de faire la même chose en Europe c'est que l'international xénophobe a très bien compris oui que l'écologie c'était le projet politique qui s'opposait en tout point au leur. Et donc je pense que ce danger-là ils le voient bien et qu'ils nous ont mis une cible dans le dos. On voit bien qu'il y a une bouc émissérisation de l'écologie et ça moi je la vois bien. Alors après je le dis à celles et ceux qui nous écoutent j'entends certains qui disent on s'en fout bon ils ont le droit mais on va quand même continuer
l'écologie en première position de leur préoccupation.
Oui et puis il y a aussi un français sur trois qui fait preuve de climato-scepticisme et vous me direz il y a aussi un français sur dix qui dit maintenant dans les sondages que la terre est plate donc on voit bien aussi l'influence des réseaux sociaux de ce pouvoir qu'achète certains milliardaires et de ce qu'ils en font dans la fabrique de l'opinion. Moi je vais vous citer cinq faits auxquels je veux que tout le monde médite. Le premier c'est que la banquise Arctique pourrait disparaître d'ici 2035. Le deuxième c'est que la pollution tue 9 millions de personnes dans le monde par an.
Le troisième c'est que 50% des habitants en France boivent une eau potable qui est contaminée par un polluant éternel. Que 0,5% du poids de notre cerveau à chacun des humains est aujourd'hui formé de plastique parce que cette pollution des microplastiques se loge jusqu'au fin fond de notre cerveau et que la France fait partie des dix pays qui comptent le plus grand nombre d'espèces menacées. En 40 ans on a perdu 60% des oiseaux des champs en France. En 30 ans 80% des insectes en Europe et en 20 ans 90% des hirondelles ont disparu dans le ciel d'Île-de-France. Une fois que je vous ai dit ça effectivement certains ont le droit de s'en foutre.
Certains ont le droit de faire des petites querelles pour qu'on parle de faux débats de polémiques. Moi c'est là-dessus que j'ai envie de me concentrer et les écologistes continueront de se battre quand ils vont marrer pour qu'on parle de ça parce que c'est ça qui va nous tuer.
des réseaux sociaux manipulés par l'extrême droite ou est-ce que c'est aussi à cause d'une offre d'écologie politique aujourd'hui qui ne correspond plus à certains des électeurs qui pourraient se tourner vers vous ? Est-ce que ça vous interpelle ?
Vous avez raison j'ai l'habitude c'est toujours de la faute des écologistes à la fin. Mais vous savez les neurosciences décrivent très précisément ce phénomène. Ça s'appelle le syndrome de l'autruche.
Des neuroscientifiques ont démontré que le cerveau humain et c'est pas qu'à cause des microplastiques était pas apte quelque part pour la plupart d'entre nous à encaisser ce risque parce qu'il est trop énorme qu'il est trop immédiat que les coupables c'est tout le monde et c'est un petit peu nous aussi qu'on a l'impression d'avoir pas pris ce que même si on arrête de conduire de consommer et même de respirer que la planète sera encore toujours en danger et l'humanité tout entière et donc il y a un truc qui plonge certains dans l'éco-anxiété qui en met d'autres dans le déni d'autres dans la culpabilité tout ça extrêmement compliqué on le sait mais enfin c'est pas parce que c'est compliqué qu'il faut pas s'en occuper et donc encore une fois moi je pense qu'on a toutes et tous un ou une écologiste qui sommeille au plus profond d'entre nous même les chasseurs les agriculteurs qu'est-ce qu'ils disent comme slogan on est les premiers écologistes de France bon c'est bien que tout le monde l'ait un petit peu je pense que chacun en fond de soi sait qu'il y a un problème quand on regarde nos enfants dans les yeux on peut pas leur dire que tout va bien on le sait et donc je n'en veux pas à celles et ceux qui n'ont pas la force de se battre qui ne savent pas comment faire mais enfin nous au moins on essaye et j'ai une citation que j'aime beaucoup qui est imprimée sur mon bureau celles et ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient et si vous voulez essayer lesécologistes.fr
vous parlez d'essayer le découragement ne vous guette pas quand vous voyez Donald Trump on en parlait des faire une à une toutes les réglementations environnementales dire qu'il faut forer forer forer pour trouver du gaz et du pétrole même faire du rétablissement des pailles en plastique une mesure phare le découragement ne vous guette pas et comment faire pour qu'il ne gagne pas encore plus d'électeurs qu'aujourd'hui
je ne sais pas pour qui vous m'avez prise mais vous avez affaire ce matin à une écologiste et donc je vais vous expliquer de quel bois nous sommes faits que ça nous inquiète fortement la réponse est évidente oui que ça nous désespère bien au contraire il n'y a jamais eu besoin ni d'écologie ni des écologistes parce que la vérité on nous dit parfois l'écologie c'est partout tout le monde a compris c'est pas vrai il n'y a pas d'écologie sans écologistes et donc maintenant je pense qu'on arrive dans un moment où tout le monde en a bien conscience et que ce sur quoi on doit compter c'est l'engagement et je sais que c'est dur je suis bien placée pour le savoir mais vous avez dans ce pays des millions de français qui se battent déjà certains en adhérant au parti des écologistes d'autres dans des associations il y a des centaines de milliers de personnes dans de grosses associations environnementales qui se battent et qui ont des combats courageux et puis il y en a qui sont dans leur composteur de quartier il y en a qui font des amaps il y a des entrepreneurs aussi qui se battent et nous ce qu'on veut c'est fédérer ce peuple de l'écologie mais on a besoin d'être beaucoup plus soudés et coordonnés parce qu'en face vous inquiétez pas l'amicale fasciste ils le sont le pouvoir les milliardaires on achète l'opinion on achète les médias on achète les réseaux sociaux cette machine s'est mise en branle elle va être mortifère et la seule chose sur laquelle on doit compter c'est un sursaut
est-ce que vous parlez suffisamment d'écologie parmi les reproches qu'on vous fait à votre parti les écologistes c'est de parler trop de sociétal c'est un reproche que vous font vos opposants vous êtes bien placé pour savoir que je réponds
à vos questions et que je suis la première quand je ne vois pas de questions dans l'écologie dans une matinale qu'on me propose c'est-à-dire je viens si je peux parler d'écologie et quand vous me posez des questions sur Jean-Luc Mélenchon à dire je réponds mais après je veux parler d'écologie je passe mon temps à me battre pour ça je ne pense pas être le problème dans le sujet que vous pointez
par exemple vous avez ce qu'on appelle dans le jargon de l'Assemblée une niche parlementaire jeudi c'est-à-dire une journée dédiée à vos propositions de loi les propositions de loi du groupe écologiste je crois que trois lois sur propositions de loi sur sept portent sur l'écologie à proprement parler
je pense que vous faites une confusion entre l'écologie et l'environnement donc je vais vous expliquer avec un grand sourire l'environnement c'est tous les sujets dont je viens de vous parler tout à l'heure sur le climat la biodiversité qui s'effondre mais l'écologie politique c'est pas juste s'occuper de l'environnement l'écologie politique c'est un projet de société qui est juste donc il y a un mot d'ordre c'est protéger les françaises et les français puisque nous parlons là de l'Assemblée en France mais notre projet évidemment est mondial alors dans cette niche oui il y a des projets très environnementaux l'interdition des pifas des polyfluoralkylés qui sont aujourd'hui dans l'eau du robinet que vous buvez quel que soit l'endroit en France on a fait adopter ce texte à l'Assemblée au Sénat il y a eu des petites différences entre les deux versions donc là on va faire une adoption ce qu'on appelle conforme et ce texte il s'appliquera
c'est-à-dire que ces pifas donc ces polluants éternelles seront interdits dans les vêtements les cosmétiques on doit arrêter
de polluer tout notre environnement
les chaussures pas dans les ustensiles de cuisine
malheureusement pas encore mais je vais vous dire tout ça est une marche en avant et ce qu'on va cranter là est formidable et je remercie Nicolas Thiry qui a mené un combat très courageux on va aussi protéger les captages d'eau parce qu'aujourd'hui vous savez l'eau du robinet c'est 100 à 300 fois moins cher que l'eau que vous achetez en bouteille mais même l'eau du robinet aujourd'hui est polluée et les tarifs de l'eau s'ils augmentent aujourd'hui c'est parce que ça coûte cher de dépolluer ça coûte 5 fois à 10 fois plus cher de dépolluer que de ne pas polluer à la base donc on va faire ça c'est aussi très environnementaliste on va ensuite faire la sécurité sociale de l'alimentation comme pour la santé on veut qu'il y ait un droit dans ce pays à manger sain et de qualité ce qui protège évidemment les consommateurs je rappelle qu'il y a 37% des français qui ne mangent pas à leur faim dans ce pays mais ça protège évidemment les producteurs on veut que les agriculteurs aient de revenus justes et soient invités à protéger l'environnement ça c'est des sujets environnementaux mais les trois autres
ils ont un lien alors justement le texte phare alors celui sur les polluants éternelles a de bonnes chances vous l'avez dit d'être adopté celui-là aussi qui propose de taxer les ultra-riches 2% du patrimoine des ultra-riches alors qui sont-ils combien et combien ça rapporterait
vous voyez pas le lien entre ça et l'écologie je vais vous expliquer donc nous sommes en France on a 4000 foyers qui ont plus de 100 millions d'euros et ces foyers en moyenne ils payent que 2% d'impôt sur leur revenu parce que ce sont des professionnels de l'optimisation fiscale et quand ils payent 2% d'impôt de leur revenu ça veut dire que c'est 0,2% de leur patrimoine on a quand même un petit sujet
donc là vous proposez d'imposer on propose que 2% du patrimoine
minimum donc soit il est payé déjà c'est tant mieux pour eux soit il ne les paye pas encore et on va les amener à se plancher de 2% c'est un rendement de 15 à 25 milliards d'euros par an qui est attendu qui oui permettra de financer la transition écologique c'est bon pour le climat c'est bon aussi pour le pouvoir d'achat nous les mesures qu'on finance c'est vous aider à changer de voiture c'est vous aider à isoler votre logement c'est mettre en place une tarification de l'eau enfin tout ça c'est bien pour vous mais si vous ne voyez pas le rapport je vais aussi vous expliquer que les milliardaires sont celles et ceux qui polluent le plus la planète si on prend une empreinte carbone mondiale à laquelle a le droit chaque habitant de l'humanité et bien les 50% les plus pauvres ils épuisent ce quota annuel en 3 ans les 10% les plus riches les 1% les plus riches pardon en 10 jours c'est à dire que le 10 janvier ils avaient déjà fini et Bernard Arnault vous savez à quelle heure le 1er janvier il avait fini à 2h15 le 1er janvier Bernard Arnault avait épuisé son quota annuel de carbone donc oui les plus riches sont les principaux responsables de la pollution par leur activité et par leur consommation et nous on trinque alors je trouverais ça logique et les écologistes le pensent tous qu'ils financent la transition écologique c'est la justice et puis on a d'autres textes pour faire en sorte que les femmes de ménage je dis femmes parce que c'est 80% des femmes et l'interdiction de travailler la nuit il faut les protéger de ça alors c'est sûr quand on travaille la nuit on est invisibilisé les gens arrivent leur bureau est propre c'est par l'opération du Saint-Esprit non c'est des hommes et des femmes qui se lèvent très tôt qui voient moins leurs enfants qui prennent les transports tout seuls tôt le matin dans le froid que personne ne remercie jamais et qui sont en danger pour ça et donc nous on souhaite qu'ils travaillent maintenant le jour et ça ne dérangera normalement personne les syndicats et les fédérations de la profession le soutiennent et puis on veut aussi interdire les licences c'est un texte de Benjamin Lucas et aussi faire en sorte que les demandeurs d'asile puissent accéder au marché du travail aujourd'hui vous déposez une demande à l'OFPRA pendant 6 mois vous n'avez pas le droit de travailler en France voilà ça c'était
pour la niche parlementaire et votre proposition c'est l'écologie politique et j'en suis fière et jeudi à l'Assemblée nationale
bravo les députés écolos
bon courage une question pour vous Marine Tondelier de Claudia Ostandard bonjour Claudia
bonjour bonjour Claudia bonjour alors je bon je suis militante écologique je dois te le dire tout de suite bah félicitations voilà alors donc d'après un récent sondage 55% des français sont exaspérés par les inférités donc moi je me dis qu'il y a peut-être une partie de l'électorat qui se retourne vers un parti soi-disant de l'ordre un petit peu aux dépens de la gauche
vous parlez du rassemblement national oui
oui et puis et puis les gens qui ne votent pas peut-être un peu exaspérés aussi par tout ça donc je dis comment ça se fait que bon la police municipale on ne la voit pas beaucoup en tout cas à Paris on ne la voit pas donc voilà je voudrais savoir ce qu'en pense Marine et puis je pense que évidemment il faut aussi accueillir les réfugiés avec comme ce qui se passait en Allemagne c'est-à-dire les inciter à prendre compte des valeurs européennes
Merci Claudia Marine Tondelier est-ce que sur ce discours disons d'autorité la gauche doit être plus offensive plus présente
mais les écologistes n'ont pas de leçon de morale à recevoir sur la sécurité parce que nous l'avons toujours placé au cœur de notre projet nous avons une vision de la sécurité globale oui chaque personne a le droit à la sécurité dans sa vie quotidienne mais aussi quand il boit quand il mange quand il respire on doit protéger les français et madame a raison de pointer aussi les contradictions de la droite parce que moi je les entends toute la journée par exemple dire autorité, autorité respect de l'autorité mais c'est sauf quand c'est l'OFB quand c'est l'Office français de la biodiversité qui sont aussi sermentés qui sont armés qui mènent une mission de protection
On a entendu la parole de certains de ces agents dans le zoom de France Inter ce matin
c'est des fonctionnaires quand même le premier ministre les jette en pâture on parle des sécurités mais vous voyez il y a 1000 homicides par an dans notre pays il y a 78% d'ailleurs d'augmentation des tentatives d'homicide entre 2016 et 2023 ça c'est la responsabilité de l'Etat nous on fait ce qu'on peut dans les villes écolo mais c'est pas à nous de faire ça tout seul par contre ce qu'on vous dit c'est que vous avez plus de chances encore de mourir d'un cancer parce que vous mangez mal que vous buvez une eau de mauvaise qualité parce que vous avez la qualité de l'air qui n'est pas bonne dans votre ville et donc nous on veut se battre contre toutes les insécurités et les insécurités environnementales aujourd'hui vous touchent même si on en parle peu ça fait pas la une de CNews ça fait pas la une des journaux mais vous touche bien plus donc nous on veut une sécurité globale et au niveau national comme dans les villes écologistes on est mobilisés là-dessus merci à toutes et ceux qui nous aident à le faire
Un mot Marine Tondelier de François Bayrou qui répète qu'il n'était pas au courant des accusations de violences sexuelles au collège lycée Notre-Dame de Bétarame près de Pau il a rencontré ce week-end l'association des victimes est-ce que vous pensez vous aussi comme certains de vos collègues insoumis notamment que le Premier ministre ment
Je ne pense pas qu'il ment j'en ai la preuve donc il a dit à l'Assemblée nationale en réponse à Arnaud Bonnet député écologiste qui lui posait la question je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence ou a fortiori de violence sexuelle point jamais
Doit-il démissionner s'il ment ?
Il est prouvé qu'il a menti
Doit-il démissionner ?
C'est un problème il doit déjà l'admettre deuxièmement s'excuser et troisièmement je veux qu'on puisse se dire dans ce pays que c'est pas juste l'affaire Bétarame et François Bayrou on a un sujet avec le fait que toutes les trois minutes dans ce pays un enfant est victime d'inceste, de viol ou d'agression pendant cette émission c'est huit enfants qui ont été victimes de ce genre de choses dans un silence assourdissant des médias et de la classe politique et donc si au moins l'affaire Bétarame permet de mettre le sujet sur le tapis ce sera ça de gagner mais je vais vous dire quand un premier ministre semble prendre avec autant de légèreté ce sujet c'est pas de bonne augure donc je veux que cette affaire non seulement serve à faire la vérité sur ce qui s'est passé à Bétarame toutes ces victimes auxquelles je pense fortement mais aussi puissent aider toutes celles et ceux qui nous écoutent peut-être ce matin en se disant bah moi mon cas n'a pas été pris en compte on pense à vous on est avec vous on vous croit et un jour on arrivera à faire reculer les sujets parce qu'on aura réussi à le mettre à l'agenda politique ce qui n'est pas le cas aujourd'hui
Un tout dernier mot en 5 secondes Marine Tordelier vous voterez mercredi la motion de censure déposée par les socialistes
alors je ne suis pas parlementaire mais les écologistes les députés écologistes la voteront oui comme ils ont voté les 5 précédentes et on nous s'aimait que les socialistes les votent aussi parce que là il y a un petit côté pistolet à eau il y a des motions FI pas votées par le PS il y a des motions PS où ils disent on la dépose si on est sûr que le RN ne la vote pas sinon les gens de chez nous ne veulent pas la déposer parce qu'elle peut passer bon une motion de censure ça sert à censurer sinon je ne vois pas trop l'intérêt et voilà on a quand même du travail globalement n'est-ce pas ?
Très certainement merci pour cette émission Marine Tordelier merci à vous secrétaire nationale du parti Les écologistes merci à vous
merci à vous
Marine Tondelier