Laurence Harribey : « Ce n’est jamais très bon de légiférer dans l’émotion »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Quelle une parmi celles présentées souhaitez-vous commenter en priorité ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Êtes-vous d'accord avec l'analyse d'Emmanuel Macron sur la volonté de paix de Poutine ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Le Sénat a adopté hier la loi durcissant la justice des mineurs. Pourquoi ce texte est-il critiqué ?
- 6:05OuverteRéponse directe
Que faire de plus contre les féminicides après les dispositifs existants ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Un mot sur la démission d'Alain Anziani en Gironde ?
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Laurence Aribé, on va commencer, je le rappelle, vous êtes sénatrice socialiste de Gironde et on va commencer en regardant ensemble les unees de la presse régionale. On commence par la une de la dépêche, trafic de drogue, des saisiris. Alors que le vote de la loi narcotrafic reporté à la semaine prochaine à l'Assemblée, les douanes font le bilan d'une année 2024 marquée par une hausse de saisie de stupéfiant.
La deuxième une, c'est celle du populaire du centre école aux anam à Limoge. Les premiers témoignages d'anciens élèves de cette école tenu jadis par les prêtres de Betaram dénoncent des faits à caractère sexuel. Et puis la dernière, c'est celle du berry républicain endométriose sournoise maladie.
Une femme sur 10 est atteinte d'endométriose. Une maladie encore peu connue qui peut être très douloureuse et empiète sur le quotidien. Témoignage à lire dans le journal.
Quelle lune avez-vous envie de commenter ? Alors, les trois sont sont assez importantes, hein, et ma sensibilité féminine euh est particulièrement touchée par les les deux dernière, mais je pense que je vais choisir euh celle de la dépêche, du fait de l'actualité et de l'enjeu pour euh la France car je pense que c'est le travail qui a été fait au Sénat est assez euh remarquable puisqu'on a voté quand même une PPL qui est d'abord le fait de deux auteurs qui sont de deux formations différentes qui est le résultat d'une commission d'enquête de plus de 6 mois et je trouve que nous avons font un travail sérieux, crédible et que nous avons compris les enjeux et j'espère que que cette loi ne sera pas dénaturée à l'Assemblée nationale parce que les les les échos que nous avons des élus locaux et c'est quand même le propre des sénateurs d'être à l'écoute des élus locaux, mais il n'y a pas un maire qui ne nous parle pas de cette de ce problématique des trafics de drogue de la question des mineurs sur laquelle on reviendra tout à l'heure qui avec l'ubérisation du trafic qui touche en particulier les très jeunes et pourtant les débats ils sont compliqués à l'assemblée he le vote a été repoussé d'une semaine les débats durent il y a des divisions notamment au sein du socle commun c'est beaucoup le RN du coup qui vote les dispositions de cher à Bruno Rotaillot et Gérald Armanin vous comprenez que sur un tel sujet il y a de telles divisions alors on bien sûr on le comprend parce que derrière derrière ce dossier Il y a la question des libertés publiques, il y a la question des droits de la défense, mais en même temps, il y a un enjeu qui est fondamental aujourd'hui et que on est à la limite de perdre le contrôle sur les trafics de drogue. Donc il y a un moment donné, le rôle des parlementaires, c'est aussi d'être responsable et l'action politique, c'est pas simplement des incantations.
Et je pense que la différence entre l'analyse l'examen à l'Assemblée nationale aujourd'hui par rapport à ce que nous on a fait, c'est qu'il y a un long processus et ça c'est quelque chose moi que qui me qui me je le ressens de plus en plus, c'est-à-dire aller au fond des dossiers et ne pas rester sur la la tentative d'une réponse à une opinion publique et quelquefois on est trop superficiel et je pense que le travail que qu'on fait Étienne Blanc et Jérôme Durin et montre à quel point on peut travailler sur le font. Ils ont ils ont eu un un nombre considérable de d'auditions avec la commission d'enquête et le travail que nous fons, nous nous aussi on a bataillé. Je veux dire qu'on éétait pas tous d'accord au départ euh sur un certain nombre de points un petit peu difficiles comme le dossier coffre mais il y a un moment donné, il faut savoir quel moyen on se donne.
Et je pense que quand on va dans la profondeur des sujets, bien on voit où sont les véritables enjeux et on prend ses responsabilités. En tout cas, moi je les ai pris en votant le texte du Sénat. On va parler de l'Ukraine.
On a vu dans le journal he Emmanuel Macron qui a reçu hier Volodimir Zelenski à l'Élysée avant un grand sommet aujourd'hui des alliés de l'Ukraine et hier il affirme que la Russie loin de prouver qu'elle veut la paix montre sa volonté de guerre. Vous êtes d'accord avec ce que dit le chef de l'État ? Relativement oui parce que je pense en effet que là il y a une espèce de surenchère.
Euh Poutine a dit que il voulait la paix mais qu'il fallait des conditions. Donc une fois c'était condition. Après, on sur on on a une surenchère de conditions.
Je trouve que je suis pas du tout sûr qu'il veuille qu'il veuille la paix. Euh et en tout cas, je veux je suis sûre qu'il ne veut pas revenir en arrière sur la conquête d'un certain nombre de territoires et sur les atteintes au territoire ukrainien. Donc, il faut à la fois beaucoup de fermeté mais en même temps beaucoup de diplomatie.
C'était c'est pas c'est pas évident et c'est pas un sommet qui va résoudre le problème, mais c'est une multitude de petites avancées qui peut faire avancer les choses. En tout cas, je pense que c'est très important que l'Europe marque sa solidarité avec l'Ukraine, avec Zelenski et je pense que là aussi, on a eu des moments très forts au Sénat lorsque Zelenski avait été reçu au Sénat. C'est quelque chose moi qui m'a marqué.
Euh et je trouve que le président Zelenski disait dans son dans ses interventions défendre l'Ukraine c'est défendre l'Europe et ça j'en suis fermement convaincu. Vous vous saluez le le volontarisme d'Emmanuel Macron dans ce dossier ukrainien. C'est encore lui qui réunit aujourd'hui à Paris les alliés de l'Ukraine ?
B je pense que oui, il faut qu'il y a il faut qu'il y ait quelqu'un qui prenne qui prenne l'initiative de de ce cercle de vertueux. Ça veut pas dire que c'est toujours très efficace parce qu'on est quelquefois dans l'incantatoire mais ce que je pense c'est que sur ce sur ce sujet là en tout cas il fallait le faire. Emmanuel Macron qui a annoncé que la France allait accorder 2 milliards d'euros supplémentaires de soutien militaire à l'Ukraine.
C'est une bonne décision. C'est une bonne décision et puis je pense qu'il faut qu'elle soit accompagnée. C'est-à-dire que c'est pas simplement de milliards comme ça.
C'estd que je pense que actuellement les Français sont en train de prendre conscience aussi que peut-être il faut euh contribuer un peu plus à la défense de notre pays parce qu'on sort quand même d'une période où on pensait la guerre pas possible. Alors, c'est pas qu'il faut pas faire être sans arrêt en alerte, mais je pense qu'il faut aborder la question euh de manière sérieuse. Il faut qu'on se donne les moyens.
Et nous notamment, on a un certain nombre de propositions. On a déposé notamment une proposition de loi sur la création d'un livret d'épargne aux défense euh qui est un peu différent de la proposition qui est faite par le gouvernement et qui nous semble importante parce qu'en fait euh c'est quelque chose de très populaire et à et à la portée de tous, c'est l'idée on a un plan d'épargne logement pour contribuer pour contribuer au logement ou le le les plans d'épargne qui qui servent à ça. Je trouve que d'avoir un un plan spécifique et un livret d'épargne spécifique pour la défense où tout le monde peut mettre un peu quelque chose, c'est une manière de faire prendre conscience à l'ensemble de la population et de permettre à chacun de contribuer à cet effort.
Donc vous continuerez à porter la création de ce livret d'éparne spécifique malgré effectivement la proposition du gouvernement un petit peu différent. parce que c'est pas parce que pour 500 €00 donc alors que sur un livret d'épargne populaire, on peut mettre 50 € sans problème et je crois que dans cette dans dans cet enjeu là, il faut il faut emmener tout le monde. Je voudrais vous montrer le le tweet, la réaction de Marine Le Pen à ces 2 milliards annoncés hier par le chef de l'État.
Elle a réagi via un tweet dette de la France ce soir 3300 milliards d'euros plus 2. Comment vous réagissez à à ce tweet ? Bon, c'est euh c'est dans le ton de Marine Le Pen et du et du RN euh qui sont très gênés aux entourn hein parce que ils ont été très proches de la Russie, ils se sont fait aider par la Russie euh tout en tout en disant que c'était un pays très démocratique.
Donc bon, je veux dire que ça ve ça veut bien dire ce que ça veut dire et c'est à et c'est à son image. Je pense que elle est elle est pas claire là-dessus et elle est très gênée aux entourneurs parce qu'elle sent bien qu'il y a des enjeux, que il y a eu des erreurs de positionnement et aujourd'hui on essaie de naviguer mais c'est assez nausé à bon. Comment on finance cet effort de dépense outre le livré hier ?
Enfin le livret de défense que vous prenez hier Sophie Prima Hier Sophie Prima elle a dit sur notre plateau que le budget 2026 allait être un cauchemar. Est-ce que ça vous inquiète ? Oui, parce que je pense que c'est le résultat de d'un certain nombre d'années euh non contrôlé.
Euh et euh mais en même temps, je pense que c'est aussi l'occasion de se poser les bonnes questions euh et je suis pas sûr que le gouvernement prenne les choses par le par le bon bout. Euh c'est-à-dire que la réaction dans ces cas-là, bah c'est de taper euh dans les dépenses sociales, c'est de taper dans les dépenses culturelles, c'est de mettre en difficulté les collectivités locales. Euh alors que je pense que dans le fonctionnement de l'État euh il y a il y a des solutions.
Et puis ce qui est ce qui me semble aussi important, c'est qu'il faut différencier ce qui est déficit conjoncturel et puis déficit structurel et qu'il faudrait pas que sous prétexte de cure, on oublie les investissements parce que les investissements c'est quand même l'avenir et c'est quand même les recettes de demain. Un mot sur un autre sujet, quoique c'est lié, on l'a vu là aussi dans le journal Donald Trump qui a annoncé cette nuit une augmentation de 25 % supplémentaires des droits de douanes sur l'automobile. Vous venez d'un département très viticol.
Est-ce que les viticulteurs de Gironde, le secteur viticol est inquiet par les la politique menée en ce moment par Donald Trump ? inquiet, c'est le moins qu'on puisse dire, c'est quelque chose qui est catastrophique pour le secteur agricole, qui en plus, le secteur viticol en particulier, qui en plus est dans une situation extrêmement difficile. Moi, je suis en particulier dans une dans le sud Gironde et tout le tout le secteur de l'entre du Sud Gironde étant ou même de du Nord Gironde avec des avec des des propriétés qui sont un petit peu dans les moyens de gamme et bien c'est une crise très profonde et on a on a non seulement une crise économique mais c'est une crise sociale et c'est on a des drames au niveau des viticulteurs en Gironde.
Et cette cette sanction c'est une sanction qui qui ajoute à la crise. Après c'est aussi et nous on le dit et je en particulier avec mon collègue Hervé Gilet qui suit ces questions là pour nous au Sénat. C'est c'est une crise qui remonte loin.
C'est pas simplement les droits de douanes aux États-Unis. Il y a c'est derrière la crise commerciale, il y a une crise structurelle. Il y a une crise en terme de plantation, en terme de d'organisation de la filière. la relation entre les négociants et les producteurs.
Donc voilà, c'est mais c'est catastrophique pour nous. Oui. On va passer à l'actualité du Sénat et le Sénat qui a donc adopté hier le texte de Gabriel Atal qui vise à durcir la justice des mineurs.
Comparition immédiate, restriction de l'excuse de minorité. Le Sénat est revenu au texte initial même un peu durci. On voit ça avec Marion d'Alpêche. [Musique] Bonjour Marian.
Bonjour Orian. Bonjour madame la sénatrice. Bonjour.
Et Marion, le Sénat a donc adopté hier la loi de Gabriel Atal pour durcir cette justice des mineurs. Oui. À 227 votes contre 113.
Le Sénat adopté hier en première lecture cette proposition de loi. Diverses dispositions ont été votées pour responsabiliser les parents de mineurs délinquants comme une amende civile s'il ne répondait pas aux convocations aux audiences. Avec le soutien du gouvernement, la chambre haute a aussi approuvé un dispositif de comparé en justice des 15 ans.
Un mécanisme pour déroger à l'excuse de minorité. Écoutez à ce propos le rapporteur de loi LR Francis Spinner qui n'a pas caché son scepticisme devant les sénateurs sur la portée de cette mesure. Le mineur de plus de 16 ans.
Vous allez inverser l'excuse l'atténuation de responsabilité mais vous le faites lorsqu'il est en état de récidive légal d'un crime ou d'un délit. Je pense qu'il y aura très peu de cas. Mais comme j'ai compris que il y avait une volonté d'affichage plutôt que de passer pour un affreux hostile à toute répression, je donne un avis de sagesse.
Vent debout depuis le début de l'examen, la gauche par la voix de la sénatrice Laurence Rossignol a dénoncé la dimension essentiellement politique de ce texte sur l'excuse de minorité. Elle a notamment cité le cas du meurtrier de Philippines, régulièrement mise en avant par l'opposition pour illustrer la récidive criminel. Écoutez, hier, la présidente Virien a évoqué l'assassin de Philippines qui avait été condamné à 7 ans mineur pour un viol commis antérieurement en disant que s'il avait été si l'excuse de minorité avait été levée, il aurait été condamné davantage, probablement à 9 ans qui est la moyenne des condamnations pour viol.
Mais qu'est-ce que ça aurait changé ? En quoi l'excuse de minorité à avoir avec cette affaire ? Rien.
C'est pas 7 ans ou 9 ans qui changeait le fait que ce garçon en sortant d'incarcération était toujours incapable d'avoir pris conscience de son premier acte et de ne pas récidiv. Laurence Haribé en séancière. Vous avez souligné le désaccord de l'ensemble des personnels de la justice sur ce texte avant de dénoncer un antiparlementarisme.
Pourquoi ? Je trouve que le le rapporteur dit tout dans l'extrait que que vous avez choisi. Et l'emporteur, il a fait un travail extrêmement sérieux. il a eu un nombre de d'auditions considérables.
Nous avons mené ce travail aussi en parallèle et en fait on se rend compte que l'unanimité des professions de justice était très dubitative sur ce texte et même en colère sur ce texte parce que c'est c'est une manière de ne pas voir ce qui se passe dans la justice des mineurs et de ne pas tenir compte de la réforme que nous avons eu du code pénal de la jeunesse, enfin des jeunes mineurs et qui euh et qui est mis en place uniquement depuis 2021. Donc on est en 2025 et c'est fin 2021. Donc tout ça aurait mérité quand même une une évaluation.
Et moi ce que j'ai dit c'est que en effet comme le dit le rapporteur, c'est une loi d'affichage. C'est-à-dire que en fait on essaie de de légiférer dans l'émotion et je pense que c'est jamais très bon de légiférer dans l' dans le l'émotion. On est tous d'accord bien entendu pour dire que la violence des jeunes est quelque chose de grave.
En même temps, quand on regarde les chiffres, il y a moins de délinquence que il y a euh 10 ans, mais par contre, elle commence plus jeune et elle est plus grave. Donc ça c'est important et ça ça doit nous nous interroger. Mais est-ce que très franchement euh en condamnant euh un jeune à à à enfin comme le disait très bien Laurence Rossignol, à 7 ans au lieu de 9 ans, est-ce que c'est ça la réalité du problème ?
On le voit actuellement et on en reparlera tout à l'heure avec le procès à propos du féminicide dont on parlera tout à l'heure. Mais c'est c'est ça ça touche au psychiatrique, ça touche à la à la personne qu'on a en face de soi. C'est c'est pas un système de gravité de sanction.
Et ce que j'ai dit hier, et je l'ai dit à deux reprises à la fois à la à la discussion générale et puis dans l'explication de vote, oui, je trouve que on prend des les les républicains ont pris une responsabilité qui m'inquiète un peu parce qu'en fait c'est de l'assurenchère euh en disant bah oui, peut-être que le texte est pas solide sur le plan juridique, peut-être qu'on va se faire sanctionner par le Conseil constitutionnel comme si l'argument du Conseil constitutionnel aujourd'hui ne tenait plus. Mais derrière le Conseil constitutionnel, c'est quand même l'état de droit. Et donc ça veut dire quelque part que on renvoie la responsabilité de la non action euh au Conseil constitutionnel et c'est comme ça qu'on fabrique finalement une critique sur le gouvernement du des juges et c'est comme ça qu'on fabrique de l'antiparlementarisme aussi parce que l'opinion bah elle va pas changer d'avis puisqu'on aura pas on a'ura pas changé grand-chose.
Elle dira mais finalement ces parlementaires il ils nous pondent des lois qui ne servent strictement à rien et donc à quoi ils servent ? et on j'ai même été plus loin en parlant de trumpisme législatif dans ma dans ma dans mon intervention et je le maintiens et je crois que aujourd'hui au Sénat depuis quelques semaines, on a une succession de PPL qui sont déclinés qui sont inquiétantes en terme de d'action parlementaire et de sérieux de l'action parlementaire. Moi très personnellement, je ne reconnais plus le Sénat que j'ai connu depuis 2017 quand je suis arrivé.
Sur ce sujet-là, vous avez ensuite lancé l'idée d'avoir au Sénat une délégation pour les droits de l'enfant. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi pourquoi avoir lancé ce Alors, pour pour être pour être honnête, c'est pas moi qui l'ai lancé parce que nombre de sénateurs la demandent, y compris parmi les les rangs de la majorité. Euh mais parce que je quand on voit le travail qui est fait à la délégation des droits de des femmes, euh quand on voit le travail qui est fait à la délégation des collectivités territoriales euh ou à la délégation pour l'entreprise, il me semble que euh une délégation des droits de l'enfant permettrait d'aller au fond des choses et permettrait d'avoir des alertes régulières et et un travail de proposition spécifique au droit et je pense que très sincèrement quelqu'un l'a dit d'ailleurs pendant le débat, c'était Agnès Canailler qui qui avait été rapporteur sur la réforme du code pénal de la justice des mineurs.
Elle avait dit il manque finalement un code pour les droits de l'enfant et je pense que c'est la prochaine étape et qui serait autrement plus positif quand même que comme approche que simplement un code pénal. Marion sur la suite du texte. Oui.
Euh, les élus ont également ouvert la voie aux prononcés de courtes et ultra courtes peine d'emprisonnement lorsque la gravité des faits et la personnalité du mineur l'exige. Écoutez la sénatrice de la majorité sénatoriale, Marie-Clac, sur l'esprit de cette mesure. Pour certains mineurs, une ultra courte peine, c'est une mesure protectrice qui permet de les soustraire à un environnement criminène, mais aussi, et c'est essentiel pour les mineurs, de réaliser une évaluation approfondie de leur situation personnelle et de mettre en place, sans attendre, des mesures éducatives.
Et puis contre l'avis du gouvernement cette fois, le garde des sauts a rappelé qu'il fallait en moyenne 7 ans pour ouvrir une nouvelle prison. Écoutez, ce que vous allez voter est inapplicable. Alors la faute à qui ?
Avant d'enfermer des des mineurs dans des lieux d'incarcération extrêmement privatif de liberté et très difficiles et je je ne le refuse pas. Je dis juste que je ne sais pas si ça fonctionne. Ce que je peux vous dire c'est que ils sont déjà pleins par des gens qui sont en détention provisoire notamment en matière criminelle.
Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Qu'on sorte des gens de tension provisoire en matière criminelle pour y mettre des courtes peines pour des gens qui ont fait des délits ? députés et sénateurs devront désormais s'accorder sur une version commune du texte lors d'une commission mixte paritaire dont la date n'est pas encore fixé.
Madame la sénatrice, on vient de l'entendre, on vient d'en parler de ces courtes peines d'emprisonnement. Pour certains fait grave. Est-ce que vous soutenez cette mesure ?
Je crois que je suis je veux dire ça peut être intéressant des certains pays l'appliquent par exemple les Pays-Bas et d'ailleurs je fais partie d'une mission d'information au sein de la commission des lois sur l'exécution des peines et c'est des éléments et ça a été souligné d'ailleurs par le par le rapporteur qui a qui a demandé finalement peut-être d'attendre les résultats de notre de notre mission d'information pour pour faire des propositions. Et la proposition qui a été faite par la sénatrice, moi me fait sourire parce que en même temps quand je pose la question à cette sénatrice de savoir si elle elle a déjà assisté à une une audience d'assise pour mineurs, ah ben non jamais. Et moi, c'est ce que j'ai fait remarquer.
J'ai fait une immersion au tribunal pour enfants, j'ai fait une immersion au tribunal de Bordeaux au SPIP, les services de probation et d'insertion. Et on se rend bien compte en fait ce que disait le ministre est juste, on a 650 places en centre éducatif fermé actuellement, c'est plein. Comment vous voulez qu'on qu'on applique une peine comme ça ?
Donc des des courtes peines, oui, des très courtes peines, oui, pourquoi pas ? Et c'est avec un autre système de d'incarcération et avec tout un un écosystème autour de la justice des mineurs qui aujourd'hui n'est pas n'est pas n'existe pas. Un juge d'enfant pour 400 enfants aujourd'hui en France.
Retenez ce titre, tout est dit là-dedans. Donc ça veut dire que même si ce texte entre en vigueur, pour vous, la justice aura pas les moyens de l'impliquer. Mais bien entendu.
Mais bien entendu. Et en ce sens là, le rapporteur avait raison et comme l'a dit quelquefois euh le garde des saut, c'est ça sera pas applicable. Donc voilà, c'est et c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est une loi d'affichage.
On se fait plaisir en soi-disant répondant à l'opinion, mais on n pas résolu le problème et on met le tout le personnel et les professionnels de la justice des mineurs en difficulté. Je suis rapporteur au Sénat de la protection judiciaire de la jeunesse. Je peux vous dire que l'élément central et tout le monde était d'accord et mon rapport il a été voté à l'unanimité.
Donc un jour on en disant qu'on manque de moyens, un jour on vote à l'unanimité un rapport disant qu'on manque de moyens et dans la discussion d'une d'une loi, on oublie tout ça et on dit non mais il faut il faut être plus sévère. Vous pensez que ce texte il passera le Conseil constitutionnel ? Non très sincèrement.
En tout cas, si le texte en reste en l'État à la commission mixe paritaire, je ne vois pas comment il ne pourrait pas rester en l'État. Nous, on fera un recours euh parce qu'il y a des mesures qui sont inacceptables. Vous avez une date juste de la commission mix paritaire ou pas encore ?
Excellent. On suivra évidemment la suite de ce texte. Merci Marion.
À tout à l'heure. Merci. À tout à l'heure.
On va voir l'actualité dans votre département de la Giron. Triste actualité hein puisque on va parler du procès de Chines. Cette jeune femme qui a été brûlée vive en pleine rue par son ex-mari.
C'est Jefferson des sport, journaliste à Sud-Ouest. Qui a une question pour vous à ce sujet ? Bonjour Orian, bonjour Laurence Saribé.
Oui, c'est ouvert à Bordeaux lundi le procès du mari de Shines Daoud. Alors Shinez Daoud, c'est cette femme qui en 2021 a été brûlée vive en pleine rue à Mignac à côté de Bordeaux et sa mort avait ému la France entière. Laurence Haribé, il y a eu un grenel des violences faites aux femmes en 2019.
Nous avons aujourd'hui des bracelets antiapprochement. Nous avons des téléphones grave le danger et pourtant une femme continue de mourir tous les deux jours sous les cou de son compagnon. Que peut-on faire de plus ?
Que peut-on faire de mieux sur ce sujet difficile ? Bonjour, j'espère toi. Euh ce qui est ce qui me semble assez assez fort, c'est c'est ce qu'a dit Laurence Rossignol en fait.
D'abord, je pense pas que ça soit simplement avec des des une législation répressive. Je pense qu'il y a un travail de fond qui doit être fait. Moi, il se trouve que je travaille pas mal ces questions-là sur sur la Gironde et que je vois ce que font les magistrats, je vois ce que font les avocats, je vois ce que font les associations de défense des droits de la femme et de protection des violences contre les femmes.
Euh et en fait ce que ce dont je me rends compte, c'est que c'est un travail d'éducation, c'est un travail de fond. Mais c'est violent, c'est très violent parce que les dernières déclarations du mari de Chines Daoud sont effrayantes. Et c'est ce que disait Laurence Rossignol dans dans l'extrait que vous avez choisi.
Aucun regret. Aucun regret comme s'il avait effectué une mission. Donc là on n'est pas on n'est même plus dans le dans la question du répressif.
On est dans dans le comme je disais tout à l'heure dans le dans le psychiatrique et et l'extrême gravité euh de ces propos. Bon et et on a l'impression que plus on en fait, plus on essaie d'être euh d'être rigoureux, d'être d'être sévère dans la dans la répression, et bien euh tous les jours, on a on a le on a le drame euh et je crois qu'il faut pas s'arrêter. C'est-à-dire que c'est à la fois un travail de sensibilisation, un travail de protection des femmes, être très sévère sur toutes les questions de harcèlement aussi parce que c'est comme ça que ça commence en fait hein.
Euh avant le drame, il y a toute une succession euh d'événements qui sont inacceptables aujourd'hui. On regarde la une de Sud-Ouest, vous aurez peut-être envie de la commenter, c'est Alan Indiani. Elle a une de Sud-Ouest, Alan Diani qui quitte la politique.
Il il a été sénateur hein d'ailleurs pendant longtemps engagé dans la euh l'ancien président pardon socialiste de la métropole qui renonce à la mairie de Mignac. Vous voulez peut-être dire un petit mot ? Oui oui, merci de de me permettre de dire un mot là-dessus parce que parce que d'abord moi ça me je suis pleine d'émotion hein avec cette nouvelle-là parce que Alain Osiani c'est quelqu'un qui que pour pour moi c'est un mentor quelque part.
Il faut pas oublier que j'ai succédé à Alain Anziani au Sénat parce que Alain Anziani s'était retiré en 2017 avec l'application de la du cumul des mandats et je trouve que c'est un homme d'une d'une extrême dignité et je trouve que la dignité ça manque en politique et à côté de cette dignité c'est quelqu'un qui est d'une grande tolérance, c'est quelqu'un qui est dans l'écoute, c'est quelqu'un qui est dans la coconstruction et le voir partir pour des raisons de santé, je trouve que c'est à la fois digne. Mais j'espère qu'on se souviendra toujours de son héritage. En tout cas, pour moi, c'est un mentor.
Merci beaucoup Laurence Aribé. Merci d'avoir été avec nous pendant cette première demi-heure. On va continuer, on va accueillir notre prochaine invité, c'est François Xavier Bélami qui nous rejoint.
M.
Laurence Harribey