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interviewEurope 1 — La Grande interview· 7 juillet 2026 21 min

La Grande interview de Laurence Ferrari avec Laurent Wauquiez

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1 La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari Et notre invité ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Laurent Wauquiez. Bonjour à vous.

0:13
Laurent Wauquiez

Bonjour.

0:14
Présentateur

Président du groupe de la droite républicaine à l'Assemblée nationale et député de Haute-Loire. C'est aujourd'hui, Laurent Wauquiez, que Marine Le Pen connaîtra la décision de justice de la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants du RN au Parlement européen. Elle risque une peine d'emprisonnement, d'inéligibilité, allance et ne pas vouloir se présenter si elle était mise sous bracelet électronique. Est-ce que vous jugez, anormal, que la favorite des sondages, en tout cas jusqu'à présent, soit empêchée de se présenter à l'élection présidentielle ?

0:40
Laurent Wauquiez

D'abord, moi, et le mot que vous avez utilisé est intéressant, je n'ai pas à juger. Je ne suis pas juge. Par contre, j'ai un point de vue politique à exprimer. En tant que politique, je ne souhaite pas que les débats politiques soient tranchés dans les prétoires. Je considère qu'ils doivent être tranchés dans les urnes. Et je l'ai vu par le passé. Des combats politiques qui, en fait, utilisent la justice, parfois l'instrumentalisent. On tire des arguments.

1:02
Présentateur

Vous parlez de l'affaire Fillon ?

1:04
Laurent Wauquiez

Oui, par exemple. Moi, je n'ai pas oublié que notre candidat à la présidentielle a été tué en partie par ça. Et donc, je n'ai pas envie de ça. Je le redis, mais c'est un jugement politique. Ce n'est pas une opinion sur la justice. En tant que politique, je considère que les débats politiques doivent être tranchés sur le terrain politique et pas sur le terrain judiciaire.

1:22
Présentateur

Et pour autant, la justice doit passer dans tous les cas de figure ? Personne n'est au-dessus ni au-dessous de la loi ?

1:27
Laurent Wauquiez

Oui, c'est pour ça d'ailleurs que, quand je vous dis ça, je ne commande pas une décision de justice qu'on connaîtra dans la journée. Je dis juste, je pense que le politique, lui, le débat politique, lui, ce n'est pas la justice qui le tranche. C'est nos idées. C'est ceux qui nous écoutent. C'est le jugement que se font les Français. Et je pense que c'est le principe sain d'une démocratie.

1:44
Présentateur

Donc, ce serait aux Français de décider si, oui ou non, Marine Le Pen peut accéder à la fonction suprême, c'est ça ?

1:50
Laurent Wauquiez

Oui, je vais essayer de le redire différemment. Il y a deux terrains. Il y a le terrain de la justice. La justice a à se prononcer de savoir si les faits qui sont reprochés à Marine Le Pen sont suffisamment graves pour conduire à son inéligibilité éventuelle ou à des sanctions.

2:03
Présentateur

Mais pas d'impact politique de cette décision ?

2:05
Laurent Wauquiez

Moi, ce que je considère, c'est qu'en tant que politique, je n'aime pas des politiques qui se précipitent dessus, qui l'utilisent pour attaquer Marine Le Pen. Ce n'est pas mon approche. Mon approche, elle est simple. C'est les débats politiques, c'est dans les urnes, ce n'est pas dans les prétoires.

2:18
Présentateur

Est-ce que Jordan Bardella, Marine Le Pen, c'est la même chose pour vous ?

2:21
Laurent Wauquiez

Je pense que ça ne fera pas de vraie différence. Je vais le dire très simplement. Dans tous les cas de figure, le RN sera qualifié au second tour de la présidentielle. Et donc, l'enjeu, pour moi, il n'est pas là. L'enjeu, c'est de se demander, et on va en parler bien sûr, est-ce que face à eux, c'est Mélenchon ? Ou est-ce que face à eux, c'est une offre de droite avec une droite qui est rassemblée ? Et c'est le cœur de tout mon combat. Parce que je pense que ce soit Marine Le Pen ou que ce soit Bardella, ils seront au second tour de la présidentielle.

2:48
Présentateur

Ce n'est pas le même projet, ce n'est évidemment pas la même vision de la société, que ce soit l'un ou l'autre.

2:53
Laurent Wauquiez

Je ne suis pas certain de ça. Moi, ce que je constate en étant à l'Assemblée nationale, c'est un RN très fort sur des sujets régaliens, sur lesquels on peut discuter, sur lesquels on a des votes qui sont parfois communs. Et en sens inverse, un RN sur les sujets économiques, la lutte contre l'assistanat, la baisse de la dépense publique, qui n'a pas un programme de droite. Voilà, c'est juste l'observation que je fais depuis un an et demi à l'Assemblée nationale, quand je vois les votes dans l'hémicycle. Souvent, sur les sujets économiques, le RN va plus voter avec LFI. Souvent, sur les sujets régaliens, on va avoir plus de votes qui sont communs. Ça, c'est l'état politique du RN.

Le reste, j'ai envie de dire, c'est un peu de la littérature. On nous amuse un peu avec ça. Je pense que c'est plus ça la vérité de ce qu'est aujourd'hui, le point d'équilibre politique. Et pour moi, que ce soit Bardella ou Marine Le Pen, ce n'est pas la bonne façon d'aborder la question. La question pour nous, celle-là, elle est fondamentale pour tous ceux qui nous écoutent. C'est est-ce qu'on laisse Mélenchon se qualifier au second toit ?

3:51
Présentateur

Encore une dernière question. Il n'y a pas d'adversaire plus redoutable pour vous, entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce qui les porte, c'est la grande colère des Français. Et c'est là, elle semble inextinguible sur tous les sujets, grands sujets, grandes institutions qui semblent en déliquescence dans notre pays. C'est ça le moteur du RN aujourd'hui ? Ou désormais, c'est un vote d'adhésion ?

4:10
Laurent Wauquiez

Vous pouvez être en colère et adhérer. Je ne fais pas partie de ceux qui disent que c'est un vote par défaut, etc. Non, il y a évidemment un vote de Français. Qui disent, comme vous l'avez dit, ils sont en colère, veulent renverser la table. Mais ne sous-estimons pas l'autre aussi. Il y a un vote de Français, qui sont des Français qui voient les dangers aujourd'hui à l'international, qui voient les menaces qui pèsent sur le champ économique de notre pays, et qui veulent au fond quoi ? De la fermeté très forte sur le régalien, mais aussi de la fermeté très forte sur l'économie. Ils en ont assez de la cistanat. Vous savez que c'est mon combat.

Ils veulent qu'on rende l'argent à la France qui travaille. Vous savez que c'est ce que j'essaye de porter. Ils considèrent qu'on en a assez du gaspillage de l'argent public. Et vous qui venez de notre région, Verdonal, vous le savez bien. Moi, j'ai géré notre région sans aucune augmentation d'impôts et sans aucune augmentation de dettes. Et donc, il y a aussi des Français qui disent, pour redresser le pays, pour défendre notre civilisation, il faut les deux. Il faut retrouver de l'autorité, mais il faut aussi redéfendre le travail. Et c'est cette offre-là que je souhaite que la droite porte.

Parce que je pense qu'il y a aussi cette attente d'un pays qui ne veut pas tout renverser, qui veut de la fermeté, mais qui veut aussi du sérieux.

5:17
Présentateur

Un dernier mot sur Marine Le Pen, si elle était empêchée, on le saura cet après-midi. Est-ce qu'il s'agirait d'une dégradation de la démocratie, comme l'a dit France Olivier Gisbert, qui était à votre place hier matin ?

5:26
Laurent Wauquiez

Je pense qu'en tout cas, ce serait le signe d'une crise de la démocratie. Oui, bien sûr. Parce que, comme je l'ai dit, dans une démocratie, il est toujours plus sain, que ce soit le débat politique qui le tranche.

5:34
Présentateur

Laurent Wauquiez, parlons de vous. Est-ce que vous êtes encore chez l'LR ? Parlons de vous aussi, quand même. Est-ce que vous faites partie encore des LR ? Est-ce que c'est encore votre famille politique ? Ou est-ce que vous allez prendre votre carte chez Horizon ? Votre soutien implicite à Edouard Philippe a fait frémir dans les rangs de votre famille politique.

5:49
Laurent Wauquiez

Alors, je sais, mes déclarations ont provoqué des réactions. C'est pour ça que je suis content aussi de pouvoir les expliquer ce matin, et très simplement.

5:57
Présentateur

D'autant que vous avez dit tellement d'autres choses auparavant. Avec moi, il n'y aura jamais d'alliance avec Edouard Philippe.

6:02
Laurent Wauquiez

Si vous me permettez, je voudrais précisément répondre. Et prendre le temps de l'expliquer. Je n'ai fait que dire des évidences. Qu'est-ce que c'est que ces évidences ? Est-ce qu'il y a un risque que Jean-Luc Mélenchon soit qualifié au second tour de la présidentielle ? Oui, c'est une évidence. Est-ce que s'il y a plusieurs candidatures de droite, ça peut marcher ? Non. Il n'y a aucun monde aujourd'hui dans lequel s'il y a plus d'un candidat à droite, il y a une chance que ça marche. S'il y a plusieurs candidats, on prend le risque non seulement d'avoir une droite qui ne se qualifie pas, mais de permettre à Jean-Luc Mélenchon de se qualifier. Et donc, est-ce qu'il faut un candidat unique ?

C'est là aussi pour moi une évidence. Il faut un candidat du rassemblement et ça impose, alors bien sûr que ce n'est pas agréable de le dire, et ça imposera que tous les autres candidats acceptent de soutenir celui qui est le mieux placé. Et donc, à l'automne, ceux qui ne sont pas les mieux placés acceptent de se retirer.

6:53
Présentateur

Y compris Bruno Retailleau donc.

6:55
Laurent Wauquiez

Mais cette règle de devoir se retirer, cette exigence, elle vaut pour tout le monde. J'ai bien dit tout le monde. Elle vaudra pour Bruno Retailleau, elle vaudra potentiellement pour David Lysnard, elle vaudra pour Xavier Bertrand, elle vaudra pour Édouard Philippe. Pourquoi ? Mais parce que sinon c'est la machine à perdre. Parce que sinon, qu'est-ce qui va se passer ? Et le choix de fond que je pose, qui est celui que je me pose à moi-même, que je vous pose aujourd'hui, qui se pose pour ceux qui nous écoutent ce matin, on a des différences. Est-ce que j'ai tout aimé dans ce qu'a fait Édouard Philippe par le passé ? Non, je l'ai exprimé à de multiples reprises.

7:26
Présentateur

Il appelle à voter pour le NFP au second tour des législatives, ça vous a plu ?

7:29
Laurent Wauquiez

Et j'ai dit toutes les différences que j'ai eues avec lui. Et je sais que pour ceux qui nous écoutent, il y a aussi des doutes, bien sûr. Et je pose cette question simple. Est-ce que ces différences valent la peine de prendre le risque de qualifier Mélenchon ou non ? Et donc pour moi, seule chose que j'ai dite, je n'ai pas dit que je soutenais Édouard Philippe.

7:48
Présentateur

Vous avez dit quand même, il peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. C'est explicite.

7:53
Laurent Wauquiez

Pardon, mais vous avez l'impression. Vous avez l'impression que c'est un grand scoop de dire ça ?

7:56
Présentateur

Non, mais vous ne le dites pas de Bruno Retailleau. On est d'accord.

7:59
Laurent Wauquiez

J'ai dit de Bruno Retailleau que c'était le candidat légitime des LR et qu'il avait notamment des qualités de constance idéologique. Donc je dis exactement la même chose. Quelle est aujourd'hui la situation ? Parce qu'on fait semblant de découvrir. Il y a quand même un peu un jeu de théâtre en ce moment. Vous avez plusieurs candidats qui se réclament de la droite.

8:17
Présentateur

Oui, il n'y a rien qui est le vôtre. Votre famille politique. Attendez, attendez. Vos militants ont été élus.

8:21
Laurent Wauquiez

Vous savez quel sera mon candidat ? C'est celui du rassemblement de la droite. Je n'ai pas l'intention de soutenir une secte qui aboutit à ce qu'on échoue tous. Je n'ai pas l'impression, je n'ai pas l'intention d'être enfermé dans des candidatures à droite explosées qui aboutissent à ce que Mélenchon soit qualifié. Vous savez, la droite, ce n'est pas le sectarisme de la gauche. Ça ne doit pas être ça. La droite, elle est diverse. Elle doit permettre de se rassembler de façon plurielle.

8:45
Présentateur

Elle ne sait pas le faire. La gauche sait le faire. La droite ne sait pas le faire.

8:48
Laurent Wauquiez

Merci. Merci. Vous venez exactement de dire ce qu'est mon combat. C'est-à-dire que ce pour quoi je plaide, c'est de dire qu'il va falloir se rassembler. Et je voudrais juste prendre un instant dessus. Bien sûr que ça suppose un effort. Bien sûr que ça suppose de discuter avec des gens avec lesquels on n'est pas d'accord. Et Édouard Philippe devra clarifier ses positions s'il veut convaincre. Sur quoi par exemple ? Notamment sur les sujets régaliens. La laïcité ? La laïcité notamment. Après, ce que je constate, c'est qu'il fait le choix dans son positionnement d'un positionnement à droite. Mais bien sûr qu'il devra qualifier s'il veut convaincre. Et s'il veut notamment convaincre quoi ?

Qu'il portera un projet de droite et pas la prolongation du macronisme. Mais Mme Ferrari, ce serait absurde qu'aujourd'hui les républicains disent qu'il est hors de question de travailler avec Édouard Philippe et Horizon. Pourquoi ? Et parce que les républicains le font déjà. Qu'est-ce qu'on a fait aux municipales ? Les républicains ont gagné des villes à Besançon et à Clermont-Ferrand. Avec les alliances. Avec le Modem, l'UDI et Horizon. Qu'est-ce qu'on fera ? Qu'est-ce que les républicains feront au Sénatorial ? Les républicains au Sénatorial s'apprêtent à porter des listes en lien avec Horizon.

En Vendée, Bruno Retailleau va être tête de liste des Sénatoriales sur une liste où il y a un candidat Horizon. Dans les bousses du Rhône, le candidat qui portera notre liste est Bruno Muselier qui est un soutien de Gabriel Lattal. J'entends votre raisonnement, Laurent Wauquiez. Juste, parce que je vais aller au bout. Il y a un espèce de jeu de dupe en ce moment où on fait semblant de dire hors de question de travailler avec un tel ou un tel au risque de faire perdre tout le monde et qualifier Mélenchon. Moi, j'assume de mettre un pavé dans la mare. Il faudra un rassemblement de la droite. Oui, ça suppose de régler des différends qu'on a eus.

Oui, ça suppose que chacun clarifie que ce soit bien un projet de reconstruction de la droite. Mais la question de fond, et celle-là, c'est une évidence et personne ne peut la contourner. Soit c'est ça, soit en quel équilibre...

10:36
Présentateur

Mais ce pavé dans la mare, Laurent Wauquiez, et je vous ai laissé, à essayer de développer votre heureusement, c'est que vous flinguez votre candidat, Bruno Retailleau, en disant ça. Lui, il dit, je ne souhaite pas assez de mal à Édouard Philippe pour vouloir que Laurent Wauquiez le soutienne. C'est la réponse du berger à la bergère. Est-ce que ce n'est pas vous qui semez la Cisanie à droite ?

10:52
Laurent Wauquiez

Pardon, moi je ne fais aucune... Enfin voilà, je peux tomber là-dedans et m'amuser...

10:58
Présentateur

Vous ne répondrez pas à Bruno Retailleau.

10:59
Laurent Wauquiez

...et rajouter une punchline à la punchline et tout le monde perd scénère. Je ne crois pas que ce soit au niveau du sujet. Le sujet, ce n'est pas Bruno Retailleau. Le sujet, ce n'est pas Laurent Wauquiez. Le sujet, c'est de se dire, est-ce qu'on est capable d'offrir une offre qui soit rassemblée ? Alors, j'ai eu des très forts différents avec Édouard Philippe. Je considère qu'il faut les surmonter. Je ne partage pas toutes les mêmes idées de Sarah Knafo. Pourtant, je fais sans doute partie des rares à plaider pour que Sarah Knafo soit dans ce rassemblement de la droite. Donc une primaire ? Vous le savez, c'était ce pourquoi moi je plaide.

Après, ce que je constate malheureusement, c'est que les candidats ne sont pas là-dedans. Donc je le redis à l'automne. Il faudra choisir le candidat qui est le mieux placé. Il faudra construire un programme qui soit clairement à droite, parce que pour moi, il n'y a pas d'ambiguïté dessus. Et ensuite, il faudra que ceux qui ne sont pas les mieux placés acceptent de se retirer pour soutenir celui qui peut gagner face à Mélenchon, parce que sinon, vous qualifiez Mélenchon.

11:52
Présentateur

Encore une dernière question. Quand je vous entends, vous avez dit « Je ne veux pas être prisonnié d'une secte ». La secte, c'est les LR aujourd'hui ? Non, pas du tout.

11:59
Laurent Wauquiez

Le comportement de la secte, c'est la gauche. La gauche, c'est la secte. Vous-même, vous l'avez très bien dit. Vous avez dit « Mais c'est extraordinaire, à droite, vous n'êtes pas capable de vous rassembler ». Mais vous avez raison. Vous avez raison. C'est ça qui m'exaspère. C'est que dès qu'on dit « Il va falloir travailler ensemble ». On le fait au municipal, on le fait au sénatorial. On est capable de discuter en commun. Mais ensuite, à l'approche de la présidentielle, tout le monde enclenche la machine à perdre. Moi, j'ai fait mon combat de ce rassemblement de la droite. Je le redis ce matin, je ne soutiens pour l'instant aucun candidat.

Je ne soutiens pas Édouard Philippe, je ne soutiens pas Bruno Retailleau, je ne soutiens pas David Lysnard.

12:34
Présentateur

C'est quand même le candidat de votre parti, désigné par les militants, le remboquer.

12:38
Laurent Wauquiez

Vous savez, je pense que vous allez avoir rudement besoin...

12:40
Présentateur

Il y a du ressentiment entre vous deux ? Vous lui avez parlé depuis ?

12:42
Laurent Wauquiez

Mais pas du tout, et je vous l'ai redit. Je pense que la droite va avoir rudement besoin de gens qui sont capables de discuter avec les uns et les autres et d'être ces artisans de rassemblement. Vous savez, des fans qui vont jouer à fond la candidature de leurs champions en démolissant de préférence les autres candidats de droite, vous aurez tout ce qu'il faut sur vos plateaux. Moi, le choix que j'ai fait, c'est de dire je suis pour le rassemblement, je me bats pour ça, j'essaye que tout le monde reste ensemble, mais que ce soit pour un projet de droite. Parce que ça, c'est très clair pour moi.

C'est moins d'immigration, c'est moins de dépenses publiques, c'est moins d'assistanat, c'est plus de sécurité, c'est plus de travail, c'est plus de pouvoir d'achat. C'est ça ce que je veux. Pas un projet attrape-tout, un projet de droite.

13:20
Présentateur

Et vous en discuterez avec Bruno Retailleau,

13:22
Laurent Wauquiez

s'il le fait ? Bien sûr.

13:23
Présentateur

Mais vous ne l'avez pas vu récemment ?

13:25
Laurent Wauquiez

On s'est vu il y a 15 jours. Et donc, il est évidemment le bienvenu. Et il n'y a aucune forme de contestation de ma part de sa candidature. Je dis juste, en octobre, il en faudra un seul. Et si jamais Edouard Philippe doit se retirer, il faudra qu'il se retire. Si Bruno Retailleau doit se retirer, il faudra qu'il se retire. Si David Lissner doit se retirer, il faudra qu'il se retire. Mais un seul candidat de droite de grâce, sinon c'est Mélenchon.

13:49
Présentateur

Parlons d'Edouard Philippe, Laurent Wauquiez. Vous avez sans doute écouté son premier grand meeting de campagne ce dimanche. Il dit qu'il va demander des efforts, mais des efforts justes aux Français, notamment aux employés du secteur public, à qui il faudra dire qu'il faut travailler plus, et aux retraités. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce qu'il faut que les retraités contribuent plus et payent un peu plus pour les nouvelles générations ?

14:09
Laurent Wauquiez

Moi, vous connaissez ma position sur ce sujet. Il ne peut y avoir aucun effort demandé aux retraités si on ne commence pas par supprimer tous les régimes spéciaux de retraite. Et j'ai bien aimé que dans votre propos, vous rappeliez cette condition de l'effort, y compris sur la sphère publique. Vous ne pouvez pas aller devant les retraités et leur dire, en fait, on va diminuer votre pouvoir d'achat, mais on continue à avoir des régimes spéciaux de retraite dans certains domaines. Et là, on n'a pas le courage de s'y attaquer.

Et donc, ce pour quoi je plaide, c'est le jour des législatives, une série de référendums sur les régimes spéciaux de retraite, sur la baisse de l'immigration, sur le fait d'arrêter la cistana, sur le fait de rendre l'argent à la France qui travaille, pour que les Français puissent trancher tout de suite les choses et qu'au moins, ils ne soient pas trompés. Parce que trop souvent, ce qui se passe au moment des présidentielles, on vote pour une personne, parfois par défaut, à l'arrivée, on n'a pas le programme.

La meilleure façon de le trancher, c'est au moment des législatives, série de référendums, pour garantir que les Français tranchent, eux-mêmes, les grandes options politiques pour la France. Ça, je trouve qu'au moins, c'est une assurance vie pour les Français.

15:10
Présentateur

Laurent Bocchi, on a parlé du Rassemblement national, du bloc central de la droite, on n'a pas parlé de LFI, tout est au carré, dit Jean-Luc Mélenchon. C'est le candidat aussi le plus redoutable, avec des troupes en ordre de marche, pour le coup, selon vous ?

15:22
Laurent Wauquiez

Oui, bien sûr. Et c'est pour ça que je n'aime pas le jeu de théâtre qui se joue en ce moment à droite, où tout le monde fait semblant de ne pas voir Mélenchon. Je le répète, c'est un danger pour la République, il est aujourd'hui très haut, pour moi, il finira autour de 20%.

15:35
Présentateur

Donc il sera au second tour ?

15:37
Laurent Wauquiez

Non, pas si vous avez un candidat unique de la droite. Oui, si vous avez plusieurs candidats à droite. Et donc, voilà, c'est ouvrons tous les yeux, il faut arrêter de faire semblant, il y a une vraie menace de LFI. Et donc, ce qui serait quand même fou, dans un pays qui est majoritairement à droite, on se retrouverait à avoir le candidat de LFI au second tour de la présidentielle. Je ne veux pas ça.

15:56
Présentateur

Et comment on fait pour dessercer cette tonaille ? Qu'est-ce que vous, vous feriez si vous n'y arriviez pas et que ce serait Eren et LFI ? Vous votez pour qui ? Laurent Wauquiez ? C'est une question importante.

16:06
Laurent Wauquiez

Madame Ferrari,

16:07
Présentateur

on est ce qu'on fait.

16:08
Laurent Wauquiez

C'est, on est ce qu'on fait. Vous connaissez très bien ma position, je l'ai toujours répété, le premier danger pour la République, c'est LFI, et moi, je ne mets pas de signe égal entre LFI et le RN. Vous le savez. Enfin, vous ne demandez pas à Didier Deschamps quel est son pronostic pour la finale si la France est disqualifiée. Bon, ne me demandez pas ça. Vous voyez bien l'énergie que je mets, déjà, pour faire en sorte de se rassembler. Vous voyez à quel point c'est difficile. Dès qu'on parle de rassemblement, on crée une éruption volcanique à droite.

Donc, non, je me bats pour qu'on ait un candidat de droite et que je puisse au second tour vous dire voilà une offre qui est sérieuse sur le plan économique, qui est déterminée sur le Régalien, c'est celle-là qu'il faut.

16:41
Présentateur

Donc, si c'est RN M. Philippe ou RN M. Rotaillot, vous votez sans barguigner pour l'un ou l'autre à droite.

16:48
Laurent Wauquiez

Bien sûr, je suis à droite. Et je suis à droite sur tous les sujets, y compris sur l'économie. Moi, j'ai été très frappé quand même de voir, encore la semaine dernière, dans une interview sur une autre chaîne, Marine Le Pen a répété qu'elle n'était pas de droite et que baisser la dépense publique n'était pas sa priorité. Moi, c'est ma priorité. Il faut rendre l'argent aux Français. Il y a trop de gaspillage. On le voit sur tous les sujets qu'on aborde.

17:10
Présentateur

Et des sujets régaliens, le projet de loi Riposte sur la sécurité du quotidien et la lutte contre le narco au trafic a été examiné hier à l'Assemblée nationale. Vous avez notamment déposé un amendement pour interdire l'usage du protoxyde d'azote, un gaz qui est détourné. Pour des fins récréatives, ce n'est pas récréatif du tout et qui entraîne au contraire de graves risques pour la santé. La gauche a retiré la plupart de ces amendements. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

17:32
Laurent Wauquiez

Vous savez, c'est vraiment un de mes gros combats, cette histoire du protoxyde d'azote. Très sous-estimée. Je pense d'ailleurs qu'il faut qu'on en parle beaucoup plus. J'étais à Clermont-Ferrand il y a quelques jours. Les policiers ramassent tous les jours dans les jardins publics ces espèces de bonbonnes qui sont pleines de ce gaz extrêmement dangereux qui crée de l'addiction, qui brûle le cerveau de nos adolescents et on ne réagit pas. Tous les jours, on a ça. Et donc, dans la loi Riposte, pour moi, un des gros enjeux, c'est qu'on se dote d'un moyen d'interdire enfin sérieusement tout le trafic autour du protoxyde d'azote.

Et c'est vital, parce qu'on est en train d'avoir une génération, ça se multiplie à une vitesse effrayante, notamment chez nos ados. Ça crée des accidents ensuite qui sont catastrophiques, des cervelles avec des lésions dont ils ne vont pas se refaire. Donc, le combat contre le protoxyde d'azote, très sous-estimé, on n'en parle pas beaucoup sur les plateaux, c'est un combat essentiel. Donc, il faut qu'on le mette.

18:23
Présentateur

Le combat que vous mèneriez, vous, en tant que ministre, ministre de l'intérieur, si d'aventure un candidat que vous soutenez arrivait au pouvoir en 2027 ?

18:31
Laurent Wauquiez

Il y a, si vous me permettez, un sujet qui me tient très à cœur et qui dépasse aussi cette question, c'est la présomption de légitime défense pour nos policiers et nos gendarmes. Vous en faites souvent les échos. Nos policiers et nos gendarmes interviennent dans des conditions extrêmement dangereuses. Vous savez que c'est un combat que j'ai mené avec les députés de la droite républicaine. Il faut qu'il y ait une présomption d'usage légitime des armes par les policiers et les gendarmes. Aujourd'hui, on est complètement fous. On met sur un pied d'égalité des barbares, des mafieux et de l'autre côté, des policiers et des gendarmes qui nous protègent.

Et quand un policier et un gendarme interviennent, qu'il prend son arme, il a juste ce doute de se dire est-ce qu'à l'arrivée, ce n'est pas moi qui vais être traîné devant la justice ? Donc, on se bat et normalement, on le fera passer cet après-midi. C'est quand même aussi un élément important pour qu'il y ait cette présomption de légitime défense pour nos policiers et nos gendarmes. Ça, c'est du concret.

19:17
Présentateur

Et vous n'avez pas répondu à ma question, vous seriez prêt à être ministre de l'Intérieur d'un candidat de droite.

19:21
Laurent Wauquiez

C'est pour ça que je n'ai pas répondu à votre question, Mme Perraille. Et je vous la repose

19:24
Présentateur

une deuxième et une troisième fois. Vous êtes prêt à servir le pays ou pas ?

19:27
Laurent Wauquiez

Vous le savez, je n'ai pas participé à un gouvernement d'Emmanuel Macron parce que ce que je souhaite, c'est que ce soit sur un programme clair de droite. Un programme clair de droite, évidemment que je me bats pour. Un programme qui n'est pas clair et qui n'est pas de droite, évidemment que je ne me compromets pas.

19:39
Présentateur

Et vous, qu'est-ce que vous dites au peuple de droite qui vous écoute ce matin ? Il n'y a pas que le peuple de droite qui vous écoute, mais est-ce qu'il y a eu des incohérences dans ce que vous disiez ? Est-ce que vous regrettez d'avoir dit qu'il n'y aura jamais d'alliance avec Edouard Philippe ?

19:50
Laurent Wauquiez

C'est juste ce que je dis. C'est oui, il y a eu des changements. Bien sûr que je comprends que ça soulève des questions. Ces changements, ils sont dictés par ce qui doit être notre obsession. Arrêtez Mélenchon. Et ce que je dis à ceux qui nous écoutent, aidez-moi. Aidez-moi à faire ce rassemblement de la droite. Aidez-moi à expliquer à tous ces candidats qui pullulent qu'il faudra à un moment être responsable et qu'il faudra porter ensemble un projet de droite. Sinon, c'est l'échec assuré. Et j'ai besoin d'aide dessus parce qu'on voit très bien comment le moindre propos est détourné. En réalité, pourquoi ? Parce qu'aucun de ces candidats ne veut le rassemblement. Donc on a besoin de ça.

Il faut se battre pour ce rassemblement. Je ne peux pas le faire seul. Et donc j'ai besoin de ce soutien de tous ceux qui se disent que ce n'est quand même pas possible d'avoir Jean-Luc Mélenchon au second tour.

20:32
Présentateur

Laurent Wauquiez était notre invité. Merci beaucoup d'être venu et clarifier les choses ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.

20:39
Laurent Wauquiez

Merci Laurence Ferrari. Merci Laurent Wauquiez à suivre.