Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 novembre 2019 25 min

Grève du 5 décembre, réforme des retraites, Airbnb... le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Invité

Alérie Pécresse, savez-vous précisément combien de ponts dans la région où vous présidez l'Île-de-France sont aujourd'hui menacés de fragilité après l'accident survenu hier en Haute-Garonne ?

0:16
Valérie Pécresse

Alors ce que je sais c'est que l'État a réalisé au lendemain de la tragédie de Gênes un audit de toutes les infrastructures critiques de l'Île-de-France et à travail à leur remise à niveau puisque vous savez que l'année dernière la 15, l'autoroute qui part dans le Val-d'Oise ou la N118 ont été fermées temporairement pour justement pouvoir renforcer le pont de Gennevilliers et le pont de Sèvres. Donc il y a eu cette audite et donc je pense que le ministère des Transports surveille toutes les infrastructures critiques de l'Île-de-France avec beaucoup d'attention.

0:47
Invité

Pour vous le rapport a été suivi des faits ces derniers mois, il y a eu effectivement des travaux engagés au bon rythme ?

0:53
Valérie Pécresse

Absolument, absolument et j'en ai parlé avec la ministre des Transports à l'époque, je lui ai dit est-ce que l'État surveille bien les infrastructures critiques ? Et elle m'a dit oui, elles sont complètement sous surveillance donc je fais confiance à l'État.

1:03
Invité

Renaud Dely. Le 5 décembre prochain, Valérie Pécresse, on annonce un grand mouvement social avec un mouvement notamment à la RATP, à la SNCF, une grève reconductible contre la réforme des retraites présentée par le gouvernement. Éric Coquerel, le député de la France Insoumise 2, la région Île-de-France aussi, du département Senseni, était invité ici même à votre place hier. Et voici comment lui, il attend cette journée du 5 décembre et celles qui suivront. Il y a des appels, appels à la RATP à grève reconductible, appels à la SNCF à grève reconductible, plus différents autres appels de syndicats ici ou là qui pensent que c'est la grève générale reconductible qui serait le bon moyen.

Je pense effectivement qu'à un moment donné, c'est ce que j'appellerais l'arme fatale des salariés, l'arme fatale des travailleurs qui permet de manière pacifique de faire reculer un projet de loi. Va-t-on selon vous, Valérie Pécresse, à partir du 5 décembre vers un embrasement social généralisé ?

1:55
Valérie Pécresse

J'ai très peur effectivement d'une grève générale qui non seulement emboliserait l'Île-de-France, mais plongerait dans la détresse des millions d'habitants de l'Île-de-France, mais dans toute la France. Tous ceux qui essaieront d'aller travailler et qui n'auront pas de train, qui n'auront pas de métro. Donc la vérité, c'est que j'ai beaucoup de réserves sur cette réforme des retraites. Je les exprime d'ailleurs dans un livre que je viens d'écrire.

2:20
Invité

Dont on va parler dans quelques instants.

2:21
Valérie Pécresse

Mais j'ai appelé les syndicats de la RATP et de la SNCF à faire preuve d'un esprit de responsabilité. Moi, je crois au droit de grève. Je crois que le droit de grève permet d'exprimer des revendications. Mais je pense que ce droit de grève au XXIe siècle, il devrait être complètement compatible avec le droit des salariés, les autres, à aller travailler. Et c'est pour ça que j'ai dit à la RATP et à la SNCF, à leurs syndicats, ne rendez pas votre cause impopulaire en plongeant dans la détresse des millions de personnes, en les prenant en otage. Et j'ai dit aussi à la SNCF et à la RATP, assurez le service minimum aux heures de pointe. Et si vous ne l'assurez pas, il faudra rembourser.

Il faudra rembourser les voyageurs. Parce que ce n'est plus possible. La continuité des services publics, elle doit être assurée dans la République française.

3:02
Invité

La balle est dans le camp pour vous, des syndicats ou du gouvernement qui doit amender sa réforme ou la modifier dans les jours qui viennent ?

3:07
Valérie Pécresse

Le problème de cette réforme des retraites, c'est le vice de départ, c'est qu'Emmanuel Macron n'a pas compris qu'il allait y avoir un déficit du régime des retraites. Et hier, quand le comité d'orientation des retraites a rendu son rapport en disant qu'il risque de manquer entre 8 et 17 milliards d'euros pour assurer le paiement des retraites en 2025, il a dit ce que nous, la droite, nous disons depuis un bon moment, c'est qu'en réalité, avec l'espérance de vie qui augmente, on va devoir travailler plus longtemps. Et donc le gouvernement se retrouve complètement au porte-à-faux. Il a une réforme de la retraite à points qui fait beaucoup de perdants. Beaucoup de perdants.

Et il a aussi à tenir un discours de vérité qui est qu'il va falloir travailler plus longtemps. Donc le problème du gouvernement, c'est qu'il est pris maintenant entre le marteau et l'enclume d'une réforme mal ficelée et d'une obligation de combler les déficits.

4:01
Invité

Plus longtemps, c'est jusqu'à quel âge selon vous, Vélai Bécresse ? Il faut donc reporter l'âge légal du départ en retraite jusqu'à quel âge ?

4:05
Valérie Pécresse

Moi, je crois qu'il faudrait que la réforme à points, on ne l'applique qu'aux nouveaux entrants, qu'on arrête d'aller toucher aux droits acquis pendant des années et des années par des Français qui ont travaillé, qui ont un contrat de confiance avec le gouvernement et avec l'État, plus exactement. Les gouvernements passent.

4:22
Invité

Si on ne touche pas aux droits acquis, on touche à quoi ?

4:24
Valérie Pécresse

On dit qu'à partir de maintenant, tous ceux qui seront recrutés auront tous les mêmes droits et seront au même régime. À partir de maintenant. Et en revanche, on dit à tous ceux qui sont aujourd'hui en activité, si vous voulez qu'on maintienne vos retraites, il va falloir travailler un peu plus longtemps.

4:43
Invité

C'est un discours plutôt tenu par la gauche que par la droite aujourd'hui, celui que vous tenez, Valérie Bécresse, c'est-à-dire la réforme, oui, mais dans 40 ans.

4:48
Valérie Pécresse

Non, la réforme à points pour tout le monde, pour les nouveaux entrants, parce qu'on ne change pas les règles du jeu en cours de route. Et en revanche, si on veut préserver les retraites de tout le monde, eh bien on se retrousse les manches et on part à la retraite à 64 ou 65 ans, comme dans tous les autres pays. Et ça nous permettra aussi de tenir compte de la pénibilité de certains métiers et de dire, dans certains métiers, on ne peut pas travailler 64 ans.

5:10
Invité

Ça veut dire que dans la même entreprise, deux salariés pourront avoir un âge de départ différent.

5:14
Valérie Pécresse

Mais c'est ce qui s'est passé à France Télécom quand on a changé le statut de France Télécom, c'est ce qui s'est passé pour les infirmières quand on a changé le statut des infirmières. Ça a toujours été le cas. Moi, je pense que quand on démarre une vie active, on la démarre avec des règles du jeu. On ne peut pas dire à des gens qui ont aujourd'hui 50 ans, qui ont cotisé 30 ans, écoutez, vous allez perdre 300 euros, vous allez perdre 500 euros sur tout ce que vous avez cotisé. Et à la fin de votre vie, les règles vont être différentes.

5:36
Invité

Ça veut dire que le gouvernement veut supprimer ce qu'on appelle les régimes spéciaux. C'est aussi d'ailleurs une des sources de la mobilisation du 5 décembre. Vous voulez les maintenir pour ceux qui sont aujourd'hui toujours dans l'attente de la retraite ?

5:46
Valérie Pécresse

Moi, je veux que les règles du jeu... Ceux qui travaillent. Mais vous savez, je vais vous donner un exemple. Les régimes spéciaux, qu'est-ce qu'on en fait des régimes spéciaux ? Vous allez comprendre. Moi, je crois qu'on a signé des contrats de confiance avec les salariés qui ont des règles du jeu dans la tête. Par exemple, je vous donne un exemple. Quelqu'un qui a 50 ans et qui est à la RATP, il n'a peut-être pas mis de côté de l'argent pendant sa vie. Il ne l'a pas mis de côté parce qu'il s'est dit, j'ai un régime qui va me protéger. Donc, si vous voulez, on a des anticipations, on fait des calculs. C'est comme, par exemple, ceux qui disent, il faut changer les régimes de reversion.

Les pensions de reversion. Les pensions de reversion pour les veuves. Mais les femmes qui ont arrêté de travailler pour élever leurs enfants, quand elles ont arrêté de travailler, elles se sont dit, j'arrête de travailler parce que mon mari travaille pour moi et que si je suis veuve un jour, j'aurai sa pension de reversion. Quand on fait des choix dans la vie, et mon livre est sur les choix qu'on fait dans la vie, toute la vie, c'est des choix. Quand on fait des choix dans la vie, on les fait en se pensant que les règles du jeu ne vont pas changer. Donc, le gouvernement est injuste ? Oui, cette réforme sera injuste si elle change en cours de route les règles du jeu.

Et c'est pour ça qu'il y a autant d'opposition. C'est parce qu'elle change en cours de route les règles du jeu. Moi, je suis pour la réforme. Je suis réformatrice. Je ne suis pas favorable...

6:57
Invité

Mais la réforme tranquille.

6:58
Valérie Pécresse

Oui, mais je ne suis pas... Exactement. Mais je ne suis pas favorable à ce qu'on change les règles du jeu quand, en confiance, les gens ont signé. Et ça, ce n'est pas juste.

7:05
Invité

On va parler, Valérie Pécresse, dans un instant, si vous voulez bien, du malaise en ce moment. Dans les facs, on abordera également ce livre que vous publiez donc aux éditions Robert Laffont. Mais d'abord, l'essentiel de l'actualité avec Mélanie Delonnet à 9h20 sur France Info.

7:17
Présentateur

La réponse du gouvernement à la mobilisation contre la précarité étudiante. La ministre de l'Enseignement supérieur annonce sur RTL que la trêve hivernale va s'appliquer dans les cités universitaires. Aussi, la création d'un numéro dédié aux étudiants précaires 11 jours après l'immolation par le feu d'un jeune homme à Lyon. Le poids du camion et la résistance de l'ouvrage au cœur de l'enquête au lendemain de la mort de deux personnes dans l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn en Haute-Garonne. Il faut quasiment exiger que chaque gestionnaire tienne un carnet de santé à jour pour chaque ouvrage d'art.

Estime sur France Info le sénateur Michel Dagbert, co-rapporteur de la mission d'information sur la sécurité des ponts. Un déficit entre 8 et 17 milliards d'euros en 2025 pour notre système de retraite. C'est la conclusion d'un rapport du Conseil d'orientation des retraites que France Info a pu consulter. Emmanuel Macron souhaite un retour à l'équilibre avant l'entrée en vigueur du nouveau régime. Un an après l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon, les enfants de l'ancien patron de Renault-Nissan dénoncent un système juridique cruel et injuste. Il demande un procès équitable. Tribune à lire sur franceinfo.fr. France Info. Et tout est plus clair.

8:32
Invité

Valérie Pécresse, question à l'ancienne ministre de l'enseignement supérieur. Le gouvernement dévoile donc ce matin une première réponse à la crise dans les universités avec ce numéro de téléphone qui sera dédié aux étudiants les plus précaires. C'est l'une des pistes que vous auriez retenue vous aussi.

8:47
Valérie Pécresse

Ce que je constate, ça va bien au-delà des étudiants. Moi je constate une montée très forte de la précarité dans toute la société française. Et aussi une montée en puissance d'une forme de détresse et de souffrance psychique. Et c'est pour ça d'ailleurs que l'année prochaine, nous allons à la région Île-de-France, je proposerai aux conseillers régionaux que notre grande cause régionale sera sur la prévention des suicides. Parce que je sens aujourd'hui monter dans toute une série de professions, on parle des étudiants aujourd'hui avec ce tragique accident du jeune qui s'est immolé par le feu à Lyon.

Mais on a eu aussi des enseignants, on a des personnels soignants, on a des policiers, on a des agriculteurs qui aujourd'hui mettent fin à leur jour. Je pense que la société française est en train de devenir une société brutale. Je pense qu'il y a des problèmes de pouvoir d'achat qui sont complètement sous-estimés. Et je pense que le pays doit se retrousser les manches pour essayer de faire une chaîne de solidarité. Et c'est vrai, ce numéro pour les étudiants sera utile parce qu'il y a des fonds d'aide d'urgence pour les étudiants. Ils ne sont pas toujours connus. Pas toujours connus, pas toujours actionnés.

Et de la même façon, nous avons des dispositifs d'aide d'urgence pour aider, de soutien psychologique. Moi, je finance aujourd'hui, c'est terrible à dire, je finance aujourd'hui un numéro d'appel, d'aide et de soutien pour les personnels soignants, par exemple, qui sont aujourd'hui souvent en burn-out en Ile-de-France. Et c'est eux-mêmes qui ont ressenti le besoin de cette ligne d'écoute. Donc, je pense qu'on a besoin de plus d'écoute. Je pense qu'on a besoin que nos systèmes sociaux soient plus efficaces et surtout qu'ils soient plus accessibles à ceux qui en ont besoin.

10:20
Invité

Plus d'écoute et plus de moyens également pour les étudiants boursiers. Les bourses ont été gelées pendant trois ans avant d'être augmentées d'un peu plus d'un pour cent seulement cette année. Il faut un geste ?

10:29
Valérie Pécresse

Moi, je crois que sur la précarité étudiante, le sujet, c'est vraiment le logement. On a des bourses qui sont relativement élevées. On a des frais d'inscription qui sont très faibles, en tout cas à l'université. Ce que je constate, c'est qu'en revanche, il y a des filières qui sont très chères. L'autre jour, je visitais un centre de jeunes qui veulent se lancer dans les métiers de la mode. Les écoles de mode, c'est 10 000 euros par an. Les écoles d'infirmières, c'est 7 000 euros par an. Donc, il y a un paradoxe. Université, finalement, très peu chère, avec quelques centaines d'euros l'inscription. Et à côté de ça, des écoles pour des métiers de passion qui sont à des prix exorbitants.

Donc, je pense qu'il faut qu'on travaille là-dessus. Et je pense qu'il faut travailler sur le logement étudiant. Les universités ont des terrains. Qu'elles nous les mettent à disposition, ces terrains qu'on pourra construire plus de logements étudiants. Ça s'autofinance, le logement étudiant. Il nous faut juste du terrain.

11:20
Invité

Renaud Delis. Valérie Pécresse, vous publiez donc un livre qui s'intitule « Et c'est cela qui change à tout », qui est publié aux éditions Robert Laffont, dans lequel vous retracez votre parcours politique et puis vous faites un certain nombre de propositions pour l'avenir. Au fil de ce parcours que vous décrivez, on voit, en tout cas c'est ce que vous cherchez à montrer, que vous n'êtes pas forcément celle dont les Français ont l'image, que vous êtes peut-être différente. Selon vous, aujourd'hui, quelle est l'image que les Français ont de vous ? Vous dites que ces caricatures vous ont souffré, en quelque sorte.

11:50
Valérie Pécresse

Non, mais si vous lisez le livre, vous voyez tous les coups, toutes les violences, toutes les épreuves que j'ai dû traverser. Et vous comprenez que, en fait, je me suis construit une espèce de carapace très épaisse pour justement ne pas faire ma petite victime. Parce que j'étais une femme et que je ne voulais pas justement montrer le signe de faiblesse. Vous parlez des universités. Moi, on m'a brûlé en effigie. On m'a brûlé en effigie dans l'amphi de la Sorbonne, quand j'étais ministre et que j'ai fait la réforme des universités.

Alors Alain Juppé, à l'époque, m'avait gentiment appelé et m'avait dit « T'inquiète pas, ça m'est arrivé aussi en 1995, ça fait pas mal quand on nous brûle en effigie. » Non, ça fait pas mal, mais quand même, c'est une violence forte. Se voir brûler en effigie, c'est quand même une violence forte.

12:33
Invité

Violence qui est plus forte parce que vous êtes une femme ?

12:35
Valérie Pécresse

Non, mais que j'ai plus cachée parce que j'étais une femme et que je ne voulais pas qu'on en parle. Vous savez, quand votre fils revient avec un t-shirt déchiré du lycée et qu'il vous dit « Je me suis battue à l'école » et que vous lui dites « Mais ça va pas, tu t'es battue à l'école » et qu'il vous dit « Oui, mais tu comprends, mon petit camarade, il a dit que t'avais couché pour être ministre. » Je pense pas que ça arrive à un homme, vous voyez. Ou quand vous faites votre première émission avec Laurent Ruquier pour présenter un premier ouvrage sur ce que vous pensez en politique et qu'il vous dit « Et vous, Mme Pécresse, avec qui vous avez couché pour en arriver là ?

» Que vous lui répondez « Mais M. Ruquier, est-ce que vous poseriez cette question à Jean-François Copé, à Xavier Bertrand, à François Baroin ? » Et qu'il vous dit « Bien sûr, je le ferai » et que cette partie-là est coupée au montage et que jamais, jamais cette question n'a été posée à un homme. Après tout, soyons égalitaires, soyons pas genrés, posons les mêmes questions aux hommes et aux femmes.

13:26
Invité

Ce sexisme, vous en parlez effectivement dans le livre. Quelle est la phrase la plus sexiste que vous ayez entendue dans le monde politique, de la part d'un politique ? Vous parlez notamment d'un entretien avec l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

13:36
Valérie Pécresse

Oui, non mais c'était peut-être pas le plus sexiste parce que ce qu'il a dit, il le pensait vraiment.

13:40
Invité

Qu'est-ce que vous avez dit ?

13:41
Valérie Pécresse

Mon entretien d'embauche, si je puis dire, quand je suis partie chez Chirac au lendemain de la dissolution ratée parce que je voulais le rejoindre et que je l'admirais profondément, Dominique de Villepin m'a dit deux choses. Il m'a dit d'abord, vous savez que vous êtes favorite pour ce poste uniquement parce que vous êtes une femme. Bon, c'est parce qu'à l'époque, il n'y avait pas de femmes.

14:02
Invité

C'est assez sexiste déjà.

14:02
Valérie Pécresse

Déjà, c'est assez sexiste, mais je lui ai répondu, je n'étais pas déstabilisé. Je lui ai dit, écoutez, ce sera un très bon choix. Et puis, la deuxième phrase qu'il a dite, c'est, mais de toutes les façons, vous ne pourrez jamais faire de la politique parce que vous êtes une femme normale et il n'y a que des névrosés en politique. Il n'y a pas de femme normale. Et après, il a énuméré toutes les femmes qui, effectivement, avaient tout sacrifié à la politique, leurs compagnons, n'avaient pas d'enfants, etc. Mais il l'a dit vraiment. C'est-à-dire qu'en fait, c'était presque un conseil qu'il me donnait.

C'était de me dire, mais vous savez, ne mettez pas le doigt dans cet engrenage-là parce que c'est un engrenage qui broie la famille.

14:38
Invité

Ça veut dire que ça ne change pas ? Cet univers ne change pas ? C'est toujours aussi dur aujourd'hui pour une femme de faire de la politique ? Absolument. Une femme qui a été la conseillère de Jacques Chirac, qui a aussi connu le RPR, qui n'était pas un parti connu sur cette question pour son ouverture d'esprit.

14:49
Valérie Pécresse

Non, c'est vrai. D'ailleurs, Eric Besson, qui était avec moi au gouvernement, qui venait du Parti Socialiste, mais qui était ministre d'ouverture de Nicolas Sarkozy, m'avait dit un jour « Nous, on est sans doute aussi machos au PS, mais on se tait parce qu'on n'osera jamais dire le quart de ce qu'on entend à droite. » Et c'est vrai, les machos s'autocensurent beaucoup plus à gauche. Mais enfin, ils existent quand même. C'est vrai que quand j'ai postulé en 2015 pour être candidate à la région Île-de-France, alors que j'avais déjà conduit la liste en 2010, j'ai quand même entendu « On ne va quand même pas investir une nana. » « On ne va quand même pas investir une nana.

» « J'avais quand même 25 ans de vie politique derrière moi. »

15:28
Invité

« Les choses ne changent pas. » « Ça évolue quand même. » « Ça progresse, non ? » « Ou est-ce qu'aujourd'hui, c'est toujours, encore une fois, aussi difficile ? » « Est-ce que la parité... »

15:36
Valérie Pécresse

« Regardez le gouvernement d'Emmanuel Macron. » « Allez, on va faire le gouvernement d'Emmanuel Macron. »

15:40
Invité

« Il est paritaire. »

15:40
Valérie Pécresse

« Oui. Le Premier ministre, c'est un homme. » « Le Président de l'Assemblée, c'est un homme. » « Le Président du groupe En Marche, c'est un homme. » « Le Président du Parti En Marche, c'est un homme. » « Le ministre de l'Intérieur, c'est un homme. » « Le ministre des Finances, c'est un homme. »

15:53
Invité

« Les Républicains, le patron est un homme. » « Le numéro 2 est un homme. » « Le numéro 3 est un homme. »

15:56
Valérie Pécresse

« Ah oui, non mais attendez, c'est même mieux que ça. » « Je les ai quittés, donc ce n'est plus mon affaire. » « Mais je crois que l'équipe politique, je crois qu'il y a deux tiers ou trois quarts d'hommes. » « Bon. » « Mais c'est classique. » « Alors, à la place qui est la mienne, j'essaye de faire monter des femmes. » « J'essaie de faire monter des femmes en politique et j'essaie de leur donner confiance et d'être une figure d'identification. » « Je voudrais prouver avec ce livre qu'on peut être une femme normale, on peut avoir un homme dans sa vie, on peut avoir des enfants et les élever et en même temps être une femme politique.

» « Mais je raconte aussi à quel point ça a été difficile, y compris quand ils ont attaqué mes enfants, y compris quand ils ont attaqué mon mari. »

16:33
Invité

« Est-ce que ce livre, c'est quasiment un passage obligé, une façon de dire, moi aussi j'ai changé, je suis cabossé, j'ai pris des coups dans la vie, donc je suis prête pour l'échéance suprême qui arrive dans quelques mois, c'est-à-dire la présidentielle ? »

16:42
Valérie Pécresse

« Mais je ne fais pas que le dire, M. Fauvel, je le prouve. Si vous avez lu le livre, vous avez vu qu'effectivement, ma vie n'a pas été un lit de roses. » « Et surtout, ce qui est important, je crois, c'est d'enlever cette carapace. Je suis à un âge de ma vie où je n'ai plus envie de cacher qui je suis, ni de cacher ce que j'ai subi. » Parce que je pense, et certaines femmes me le disent, qui l'ont lu, me disent « Ah ben vous voyez, je suis conseillère municipale dans mon village. Ce que vous avez vécu, je le vis aujourd'hui. Moi aussi, on m'attaque. Moi aussi, on me fait des coups bas. Et le fait que vous témoignez, vous qui êtes président de la région de France, c'est important pour moi. »

17:17
Invité

« Donc vous êtes prête pour 2022, vous le confirmez ? »

17:19
Valérie Pécresse

« Je suis prête en tout cas à essayer de desserrer cet étau entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Parce que tout ce que vous avez dit ce matin sur la montée de la précarité des souffrances, les réformes qui patinent, les problèmes de violence avec ce qu'on a vu encore ce week-end, les Gilets jaunes, eh bien ça montre qu'on a un vrai risque d'arriver des populistes au pouvoir aujourd'hui dans notre pays. Et l'antidote aux populistes, c'est pas les progressistes. Ça n'a jamais été les progressistes. L'antidote aux populistes, c'est une droite ferme sur le régalien et efficace dans ses solutions. »

17:49
Invité

Valérie Pécresse, vous restez avec nous. Dans un instant, on vous demandera si vous soutenez une femme. À la mairie de Paris, c'est Rachida Dati. Mais d'abord, l'essentiel des titres à 8h50 avec Mélanie Delaunay.

17:59
Présentateur

Deux enquêtes administratives et judiciaires. Et une question. Qu'est-ce qui a provoqué l'effondrement du pont suspendu de Mirpoix-sur-Tarn ? La résistance de la structure, le poids du camion en question. Une trentaine de gendarmes sur les lieux aujourd'hui, au lendemain de la mort de deux personnes. Le congrès des maires de France débute à Paris. Discours d'Emmanuel Macron cet après-midi. Le chef de l'État, qui a décoré quatre élus hier, est parlé des gilets jaunes, de la fraternité des ronds-points et des violences qui ont perverti le mouvement, a-t-il dit.

Les plus de 300 000 nounous de France appelés à faire grève contre l'obligation d'inscrire leurs coordonnées sur le site de la CAF atteinte à la protection des données, disent les syndicats d'assistantes maternelles. Gaël Monfils, Benoît Perre, Joe Wilfried Songa et la paire Nicolas Mahut, Pierre-Hugues Herbert. L'équipe de France de tennis entre en compétition aujourd'hui à Madrid. Premier pas dans la Coupe d'Evis, nouvelle formule. France Info, et tout est plus clair.

18:59
Invité

Valérie Pécresse, soutiendrez-vous ? Rachida Dati, la candidate des Républicains dans la course à la mairie de Paris.

19:04
Valérie Pécresse

J'ai, il y a quelques jours, tendu la main à Rachida en lui disant que Libre, le parti que je dirige aujourd'hui, qui a un certain nombre d'élus et de personnalités éminentes sur Paris, était prête à faire un partenariat avec elle parce que je crois qu'il est temps de présenter aujourd'hui un projet d'alternance à Paris.

Vous savez que les Libres ont présenté leur proposition, ils ont un chef de file qui s'appelle Pierre Lissiat qui a écrit un livre sur Paris qui s'appelle La Honte et qui dénonce, j'allais dire, la dégradation des conditions de vie dans Paris pour les familles, pour les personnes les plus pauvres, celles qui habitent dans les arrondissements de l'Est, ceux auxquels on ne parle plus, qu'on n'évoque même plus quand on parle de Paris. Et effectivement, j'ai proposé à Rachida Dati que nous puissions trouver un partenariat... Elle a accepté la main tendue ? Pour Paris. J'attends sa réponse.

19:58
Invité

Pour l'instant, vous ne l'avez pas rencontrée ? Vous ne l'avez pas vue ? Si, si, bien sûr que si. Nous nous sommes vus, bien sûr. Et qu'est-ce qu'elle vous a dit alors ?

20:04
Valérie Pécresse

Vous le saurez quand j'aurai quelque chose à vous dire.

20:07
Invité

La maire de Paris, Anne Hidalgo, n'a pas caché sa colère hier face à la décision du CIO de s'allier avec Airbnb, la plateforme de location de logement qui va devenir l'un des sponsors officiels du CIO et donc des Jeux Olympiques de Paris en 2024. Écoutez ce qu'en dit le premier adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. La maire prend l'engagement d'organiser un référendum auprès des Parisiens immédiatement après les élections, probablement à l'été, de façon, en concertation avec eux, à définir les bonnes conditions d'usage de Airbnb. Et la question sera posée dans chaque quartier parce que, évidemment, la réalité n'est pas la même dans chaque quartier de Paris. Voilà.

Un référendum. Si Anne Hidalgo est réélue à la mairie de Paris, est-ce qu'elle a raison de se fâcher ?

20:48
Valérie Pécresse

Vous savez, la mairie de Paris s'est beaucoup battue pour avoir les Jeux Olympiques. Et la région, là, puissamment soutenue puisqu'on est le deuxième financeur après l'état des Jeux. Ça va être un formidable événement. Maintenant, on a besoin de sponsors privés pour ces Jeux. Et il faut faire attention parce que si on n'a pas de sponsors privés, ça va être les contribuables qui vont payer des sommes exorbitantes parce que les Jeux, ça coûte très cher. Donc, il faut accepter les sponsors privés.

21:13
Invité

Peu importe la nature de ces sponsors, on sait que la mairie de Paris est aussi recusée.

21:17
Valérie Pécresse

Attendez, la nature de ces sponsors. Airbnb ne fait pas travailler les enfants. Pardon de le dire. Non, c'est une société qui a pignon sur rue, qui est partenaire officiel du CIO. Alors, sur Airbnb, moi, ce que je pense, c'est que oui, il faut réguler Airbnb. Oui, il faut réguler les abus d'Airbnb. C'est-à-dire les gens qui deviennent en réalité des bailleurs, des hôteliers, sans les normes, des hôtels. Et qui utilisent Airbnb pour faire de l'hôtellerie. Mais en revanche, moi, je crois qu'Airbnb peut apporter aussi aux Français un supplément de revenu. Et que ce supplément de revenu, dans une économie du partage, il a sa place.

Donc, il faut vraiment essayer de trouver les règles du jeu pour qu'Airbnb ne vide pas Paris des familles, ne vide pas...

22:00
Invité

C'est dans certains quartiers. Aujourd'hui, à Paris et ailleurs.

22:04
Valérie Pécresse

Dans un petit nombre de quartiers. Mais il faut savoir qu'il n'y a que 4% des nuités hôtelières de Paris qui sont faites aujourd'hui par Airbnb. Donc, il ne faut pas surévaluer non plus l'influence du processus. Airbnb sera très utile au moment des jeux. Pourquoi ? Parce que nous allons voir arriver un million de personnes en Ile-de-France. Donc, les hôtels vont être pleins. Et les franciliens qui le souhaiteront pourront mettre en location leur appartement pour accueillir des spectateurs des jeux. Et là, ce sera un supplément, pardon, mais ce sera un supplément de pouvoir d'achat pour de nombreux franciliens. Donc, je pense qu'il faut trouver avec Airbnb le bon accord.

Pas d'hôtellerie sauvage et, j'allais dire, sans aucune norme et sans aucune charge. Pas d'interdiction. Mais pas non plus d'interdiction. Parce que le francilien doit pouvoir échanger son logement sur Airbnb.

22:51
Invité

Un autre sujet qui concerne directement les franciliens et pas seulement d'ailleurs, c'est évidemment la question de la voiture. Il y a des chiffres récents qui ont montré de la semaine dernière que pour la première fois, le trafic automobile quotidien reculait à Paris et dans l'ensemble de la région. Dans la petite couronne, pas dans la grande. Dans la petite couronne, c'est vrai. Pour autant, la voiture continue d'occuper à peu près 50% de la voirie, en tout cas à Paris.

Et parmi les pistes évoquées par Anne Hidalgo, il y a justement l'hypothèse de faire payer le stationnement des automobiles, des voitures au poids, de façon à chasser, en tout cas, peu à peu les SUV qui occupent la voirie de façon assez massive. Est-ce que faire payer au poids le stationnement des véhicules, c'est une bonne piste ?

23:31
Valérie Pécresse

D'abord, il faut se mettre d'accord sur l'objectif. Moi, mon objectif, ce n'est pas de lutter contre la voiture, c'est d'abord de lutter contre la pollution. Et si on veut lutter contre la pollution, le premier objectif qu'on doit avoir, c'est changer la motorisation des véhicules. Donc, il faut absolument faire tout ce qu'on peut. Et de ce point de vue, pourquoi pas une tarification au poids des stationnements ? Il faut faire tout ce qu'on peut pour changer le moteur. Donc, c'est ce que la région a fait. Nous avons mis en place une aide pour les artisans, les commerçants, les TPE, pour qu'ils puissent changer de véhicule et acheter des véhicules électriques ou des véhicules au gaz.

Je vais vous dire, c'est un plébiscite. On avait mis un million d'euros sur la table. On est maintenant à 10 millions d'euros l'année prochaine sur cette aide. On va changer 20 000 véhicules. Et c'est ça, l'urgence. Parce que l'urgence, c'est qu'on respire mieux. Et il y a malheureusement, en Ile-de-France, et je suis leur voix, parce qu'ils n'en ont pas beaucoup de voix qui parlent pour eux, je suis la voix de ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture. Et ceux-là, il faut les aider à changer la motorisation de leur véhicule. Quand les voitures seront silencieuses et non polluantes, je ne vois pas pourquoi on les condamne. Vous voyez, je ne vois pas pourquoi on les attaque.

Il n'y aura pas des transports en commun dans tous les villages d'Ile-de-France. Et Paris vit aussi beaucoup du travail de ces habitants de la Grande Couronne, qui sont aides-soignantes dans nos hôpitaux, qui sont adjoints de sécurité dans la rue, qui viennent travailler dans nos commerces, qui viennent sur les marchés parisiens. Donc il faut que les Parisiens comprennent qu'il doit y avoir une solidarité d'ensemble entre les 12 millions d'habitants de la région.

24:59
Invité

Et ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Invité du 8.30 de France Info ce matin sur la radio. Et le canal 27 réuni comme chaque jour, à tout de suite. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France.