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interviewLe Média (sur YouTube)· 17 juillet 2026 54 min

« LE PCF DOIT ÊTRE LE LIEN » : LE MESSAGE D’ELSA FAUCILLON À FABIEN ROUSSEL

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mon regret aujourd'hui, c'est que euh le monde politique, en tout cas le monde politique de gauche, soit moins représentatif du monde de du travail qu'il ne l'a été euh dans le passé. Et moi par exemple déjà, je suis la première de ma famille avec mon frère à avoir le bac et à faire des études supérieures. Et donc ça à gauche en fait c'était un peu avant le le profil type.

Je pense qu'il faut que toute la gauche porte une candidature commune. Je suis pas en train de dire que ça va arriver demain, que toutes les conditions sont réunies et favorables. Je je dis moi en tout cas ce que je pense être notre responsabilité face au péril.

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour un nouvel épisode du Fauteuil. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Elsa Fossillon, député des Hautes Scines.

Bienvenue Elsa, dans le fauteuil du médiia. Merci. Euh pour que ce format puisse continuer d'exister, je vous le rappelle, on est en pleine campagne de survie et on a besoin de vous.

Rendez-vous sur cap sur les ledica.v.fr les faire pour permettre à ce format de continuer d'exister et à d'autres de naître.

Ella, bienvenue. Merci. On est bien installé.

Euh oui, ça va, c'est confortable. Très. On a on commence toujours le fauteuil avec une question qu'on aime bien poser à tous les invités.

C'est quoi ton premier moment de politisation ? C'est quoi ton premier rapport avec la politique ? Difficile à dire parce qu'avec deux parents déjà très engagés à la CGT.

À la CGT, exactement. J'imagine dès le plus jeune âge à la fête de l'humain ou en manifestation, mais ça c'est plutôt du souvenir de moment politique. après sur la politisation très certainement plutôt je dirais au collège au moment d'attaque contre contre l'école publique où je commence à comprendre euh des mesures gouvernementales enfin comprendre peut-être pas dans la précision mais où en tout cas je participe à des actions avec les parents d'élèves en tant qu'élève et je pense que c'est là que ça commence et puis après le moment où vraiment euh je dirais je passe un cap parce que c'est aussi le moment où je décide de d'adhérer au PCF, c'est la bataille contre le CPE, contre le contrat première embauche avec une lutte étudiante.

On a bloqué l'UFR. Donc je crois que c'est c'est là le premier vrai moment parce que c'est le passage ensuite à un engagement de long terme. Tu viens de parler de ta famille, c'était la question d'après.

C'était ça t'a marqué dans dans ta jeunesse que le fait que tes parents soient très engagés, c'est quoi tes premiers souvenirs politiques de ça ? euh les soirées à la bourse du travail [rires] où on passait avec mon frère et on y faisait des dessin pendant les réunions des parents puisque les deux pour le coup étaient euh étaient à la CGT euh très engagé les manifestations le weekend à Amien mais parfois aussi même des distributions devant les entreprises avant d'aller à l'école et très jeune tu as baigné là-dedans du coup jeun mais vraiment dans les luttes syndicales plus d'ailleurs que que politiqu Donc des choses très concrètes. Moi je me souviens vraiment de de moments aussi de solidarité avec des luttes.

J'ai en tête, je sais même plus exactement la boîte, mais je crois que c'était une usine textile avec des des femmes qui qui menaient un blocage de leur usine, une grève et donc il y avait des actions de solidarité, des fêtes de solidarité pour ell. Ça c'est vraiment, je trouve des choses en tout cas qui me sont restées dans mon parcours politique aujourd'hui où la question de cette solidarité concrète et de moment aussi de de rapport humain fort, joyeux et cetera, ça compte beaucoup aussi pour moi dans dans mon parcours politique, dans mon engagement. En parlant de parcours, tu as pas fait un parcours disons classique enfin au sens que les gens donnent à ça.

Enfin, tu as pas fait le science poena quoi. Enfin ouais mais tu vois c'est marrant, j'en discutais il y a pas longtemps parce que en fait pour les militants de gauche ou même pour les élus de gauche, ceux qui l'ont fait avant moi, c'était pas un parcours classique les grandes écoles. On était plutôt des syndicalistes, des personnes issues du monde du travail, des gens qui avaient pas forcément fait d'études.

En tout cas, moi dans mon parti politique, il y en avait il y en avait beaucoup. Et moi, je suis d'une génération un peu intermédiaire. Je vais avoir 45 ans cette année.

Et moi par exemple déjà, je suis la première de ma famille avec mon frère à avoir le bac et à faire des études supérieures. Et donc ça à gauche en fait c'était un peu avant le le profil type. Ce qui est vrai c'est que maintenant dans on a une professionnalisation aussi hein des carrières politiques qui amène aussi à des parcours que toi tu appelles classiques aujourd'hui des grandes écoles.

Mais moi d'abord un c'était pas le modèle quand je me suis engagé politiquement ou pas encore tout à fait. Et puis deux dans le milieu d'où je venais, c'était un peu quelque chose qui n'existait pas ces grandes écoles, tu vois. Même si j'ai fait des études supérieur, j'étais à la fac Ouais, j'ai fait médiation culturelle mais je sais même pas si bon j'avais je suis pas sûre que j'avais les notes pour y accéder ou le en tout cas mais même c'est enfin je me je me le serai pas autorisé de toute façon je crois.

Est-ce que tu as l'impression que ça a changé ça parce que ces écoles se sont plus ouvertes ou parce que les profils de ceux qui incarnent la politique de gauche sont différents maintenant ? Ouais, je pense qu'il y a beaucoup de ça. Beaucoup de ça plutôt ?

Ouais. [rires] Mais à la fois euh il y a aussi euh une forme d'efficacité et puis c'est bien aussi que des gens justement de ce milieu de gauche euh investissent ces écoles qu'elles ne reste pas le lieu aussi du d'une élite de droite. Après moi mon regret aujourd'hui c'est que le monde politique soit moins représentatif qu'il ne l'a été. en tout cas, le monde politique de gauche soit moins représentatif du monde de du travail qu'il ne l'a été dans le passé.

H c'est [grognement] c'était surtout un moyen de parler de de ça. Peut-être que là à l'assemblée ou avant tu dois le vivre, mais est-ce que tu as vécu des moments de violence de classe dans ton parcours, de choses qui t'ont qui t'ont qui t'ont marqué ? Alors, j'en ai vécu dans mon parcours scolaire.

Hm hm. Euh ça oui, dans le monde politique ou en tout cas à l'Assemblée nationale, je sais pas si je l'ai vécu directement ou si moi je l'ai intégré. C'est-à-dire que euh souvent je raconte que quand je suis arrivée à l'assemblée, j'avais l'impression de pas avoir assez de vocabulaire.

Hm. Voilà. C'est drôle que tu dises ça toi.

Ouais. J'avais l'impression qu'il me manquait qu'il y avait des mots que des gens utilisaient qui faisaient pas qui que je j'identifiais ces mots-là mais que on avait jamais utiliser dans le champ lexical dans lequel j'ai été élevé. [raclement de gorge] Et pourtant, je le dis, enfin euh mes parents sont des gens qui euh euh vont au spectacle, ont toujours beaucoup lu.

C'est enfin moi j'ai été levé avec un un capital culturel qui était important parce queil y avait une envie de culture, pas parce qu'il connaissait déjà tous les auteurs, déjà tout ça, mais il y avait une envie de culture. Et donc ça c'est un enfin c'est une ouverture sur le monde qui est incroyable et que je souhaite à tous à tous les enfants. Mais pour autant, bah le fait de pas avoir fait les grandes écoles, le fait y compris d'avoir choisi un parcours qui était plutôt un parcours orienté culture mais qui était aussi un parcours professionnalisant, ben en réalité oui, j'avais ce sentiment là quoi de de et donc je pense que ça me limitait aussi dans mes prises de parole.

J'avais peur parfois de pas avoir les bons mots. Je me suis libérée de ça. Voilà, je me suis libérée de ça.

Mais euh le mépris de classe, enfin, je le je le vis pas pour moi. J'entends du mépris de classe à l'Assemblée nationale dans la manière dont on parle des travailleurs ou des travailleuses, mais je ne me sens pas directement visé parce que je suis députée et que en fait les députés de droite et cetera quand quand ils usent de mes prix de classe, ils le font pas vis-à-vis de moi, ils le font vis-à-vis de celles et ceux aujourd'hui qui sont particulièrement agressés par un monde du travail qui les protège moins sans tomber dans l'anti parlementarisme Mais est-ce que tu peux dire un mot de ça de la manière dont tu es perçu sont perçus les travailleurs dans une instance comme l'Assemblée où l'impression qu'il y a une sorte de coupure aussi qui arrive très net surtout pour les gens qui qui sont là-bas depuis longtemps quoi. H ben ça revient un peu à ma question de représentativité c'est que forcément on a beaucoup utilisé le terme de déconnexion.

C'est pas parce que tu parcours la France et que tu vas rencontrer des boulangers régulièrement, des euh j'en sais rien moi, des sudérorguristes, on en a plus beaucoup que tu connais le monde du travail. Et je pense que euh à la fois le fait que bon, il y ait des métiers issus plutôt des classes supérieures qui soient ultra représenté euh le fait aussi que les carrières politiques soient des carrières beaucoup euh même si tout ça a été un petit peu cassé quand même un petit peu avec euh avec Macron puisqueil y a une une arrivée soudaine et puis aussi avec les avec les insoumis puisque c'est deux mouvements politiques plus récents mais c'est vrai que ça se voit plus avec la France insoumise parce qu'il y a plus une représentative activité de métier des classes populaires. Non, moi je sens surtout de la de la déconnexion et puis en fait un une déconsidération de ce que peut être euh la violence la violence patronale, la violence de politique antisociale et cetera.

Ça, je trouve que c'est extrêmement minimisé quoi. Et c'est ça que je trouve méprisant en réalité. Oui.

Mais après parce que techniquement tous les députés deviennent des patrons une fois qu'ils arrivent parce qu'ils ont une équipe sont employeurs. Ouais. Ouais. et je sur employeur de trois quatre personnes et c'est c'est j'ai le rappelle toujours ça des fois et ils ont du mal à l'intégrer le fait que ils sont aussi et que ça peut biaiser d'une certaine manière la vision des des salariés.

Ben, il y avait une député, je sais, je voudrais pas me tromper, mais je crois qu'il y avait une députée qui avait raconté que elle était allée une fois sur un rond-point gilet jaune où les gens étaient très en colère et racontaient leur salaire et étaient en colère contre les députés. Et elle avait dit "Bah oui, mais moi je sais ce que c'est. J'ai enfin donc je pense j'étais être soignante et je gagnais temps et cetera." Et il lui avait répondu "Bah ouais mais maintenant tu es député que tu gagnes 5000 €." Et donc en fait, je pense que et c'était vrai, enfin ils avaient raison, je je dis pas que tu oublies immédiatement ou que tu d'ailleurs que tu oublies du tout euh ce que ce que ça a été puisque je pense qu'il faut plus d'être soignante, plus de boulanger, boulangère, gens du BTP euh à l'Assemblée à l'Assemblée nationale.

Et je crois aussi qu' il faut des mandats députés qui tournent beaucoup pour permettre aussi que en fait tu es pas une carrière politique. Et je le dis en essayant de me à un moment je vais devoir me l'appliquer à moi-même parce que très clairement ça fait longtemps maintenant à la fois que je suis élu mais que j'étais aussi euh embauchée par mon parti avant. Donc voilà.

Mais je une transition pour revenir sur ton parcours parce qu'on a fait un petit aparté. C'est le concept en tout cas. Euh comment tu te retrouves au Parti communiste que qu'est-ce qui te qu'est-ce qui t'attire dans ce mouvement en de ce mouvement de ce parti ?

Excuse-mois que je disais que mes parents étaient à la CGT mais à l'époque il était très courant que quand tu étais membre de la CGT, tu sois aussi membre du parti communiste français souvent. Voilà, donc ils étaient ils étaient les deux et euh et c'est vrai que quand je me suis donc vraiment engagée au moment de la lutte contre contre le CPE euh j'ai senti que j'avais besoin de poursuivre, d'avoir un espace, un lieu pour poursuivre cet engagement parce que en réalité euh je faisais le constat que une fois que bah on avait fait le blocage dans la fac, qu'on avait défilé et qu'on avait y compris gagné, bah cet espace il existait plus, ça redevenait la facou et donc il y avait besoin d'un espace pour euh pour continuer et franchement, je me suis pas posé longtemps la question. Euh [souffle coupé] il y a un camarade qui m'a proposé d'adhérer, j'ai dit oui.

Voilà, c'était pour moi assez évident, mais je pense que je mesurais peut-être pas à ce moment-là en adhérant euh euh ce que c'était d'être dans un parti politique. Pour moi, il y avait un espace pour militer, pour m'engager. Euh il y a beaucoup de gens, par exemple, je sais qui disent "Je veux pas adhérer à un parti parce que je veux pas être enfermé." Hm.

Euh je veux pouvoir penser librement, je veux pas euh ben en fait ça c'est quelque chose dont à auquel je n'ai pas réfléchi du tout euh avant d'ader. C'était pas une question pour moi et je pense que j'ai mesuré ce que pouvait être je sais pas si c'est les désagréments parce que je le vois pas comme ça. En tout cas le fait de devoir débattre, de pouvoir ne pas être d'accord, de de créer de la discussion commune et parfois à la fin tenter d'avoir aussi une position commune, je le vois pas comme un comme un désagrément.

Je comprends que pour des gens ça le soit. Mais en tout cas, c'est pas quelque chose que j'avais que j'avais en tête avant d'adhérer. Donc ça m'a pas bloqué quoi.

Tu deviens député en 2017, tu récupér une circonscription pour le PC qui était pas facile parce qu'il y avait une grosse implantation du PS. C'était comment cette première campagne législative pour toi ? Même si je sais que tu as dû bosser avant vu que tu tu es en charge de la communication pour PC, mais là c'était la première où tu étais elle était folle cette campagne.

On a commencé un an parce qu'en fait c'est une circo qui a très longtemps été au communiste mais qui a été récupérée qui a été prise via la Vagolande par un député socialiste qui effectivement s'était implanté et euh et donc on avait dit OK on reconquête et qui n'est pas le bon plus un bon terme aujourd'hui mais à l'époque faisons comme s'il n'existait pas. Voilà. Et en fait pendant pendant un an, on amené campagne avec le maire de Jeun Villier et les militants.

Mais disons en binô puisque lui il était mon suppléent. On a on a fait toute la CRCO. On a je sais pas combien d'affiches ont été collées.

Euh on a fait on je pense qu'on a inauguré plein de trucs alors qui devaient être inaugurés déjà dans d'autres circonscriptions, mais euh tous les trucs à vélo pour aller dans les quartiers. Ah oui, planter un poser un une enceinte et parler aux gens à la fenêtre, tout ça, ce genre de choses. Et euh sa que ça se faisait pas beaucoup en 2017.

Non. Non. Et pour moi euh tu vois prendre la parole comme ça un micro [rires] devant des gens qui sont censé sortir, c'était vraiment la la grosse angoisse quoi.

Mais du coup bah fallait se dépasser. Il y avait des équipes militantes derrière et tout ça et euh non, ça a été évidemment une super campagne et surtout après bah victoire pas facile mais victoire. Ça a changé quoi dans ta vie de devenir député ?

Comment ça t'a impacté au quotidien ? Surtout que pour même dans ce que tu dis là, fait de prendre la parole à ce momentl c'était pas facile, j'ai toujours l'impression que tu as beaucoup de mal à te mettre en avant. C'est c'est très dur pour toi.

J'ai l'impression de faire c'est un effort. Ouais. Et à la fois, il y a il y a des aspects, c'est une ambiguïté, ça c'est toujours en tension parce que à la fois euh tu vois par exemple les compliments ou les encouragements que les gens dans ma circonscription en particulier peuvent m'adresser, euh c'est très très agréable, tu vois.

Enfin, c'est ça fait beaucoup de bien. Donc c'est aussi cette mise en avant qui permet aussi euh de recueillir euh euh cette amitié, cette tendresse, voilà euh qui arrive. Mais euh mais oui, c'est vrai.

Bah, je pense que je je sais pas, je dirais pas que je suis timide, mais je pense que il y a un truc un peu chez moi qui a un peu peur de d'une trop grande exposition. Voilà. Qu'est-ce que ça a changé ?

Je pense quand même que alors je sais pas si c'est l'âge ou la députation parce que ça s'est déroulé dans une période de la vie entre 35 et 45 ans qui change aussi pas mal de choses. Euh je pense que je suis quelqu peut-être quelqu'un d'un peu plus posé aujourd'hui que je ne l'étais. Euh je sais pas, je pense que j'ai comment dire ?

Je pense que c'est une expérience incroyable quand même. Tu vois les gens intéressants que tu peux rencontrer parce qu'il y a tous les adversaires politiques inintéressants, il y a tous les gens intéressant que tu peux rencontrer. Les le fait que tu apprends énormément tout le temps.

Euh c'est un moment d'élaboration politique permanent et moi c'est ça que j'aime beaucoup. tu es élabores tout le temps. Et donc je raconte souvent que euh je pense que c'est important en permanence de de conserver la rage de départ quand tu fais de la politique euh telle que telle que je la fait, c'est-à-dire une politique qui veut bouleverser un système, qui veut le chambouler.

Je pense qu'il faut conserver cette cette rage de départ, mais elle suffit pas. Faut ensuite élaborer à partir de cette rage parce que la politique, ça ne se fait pas qu'avec cette émotion là. Euh et il faut être en capacité euh non pas de la tempérer, mais de lui donner des perspectives à cette euh à cette rage de départ.

Et je trouve que ce travail politique-là quand tu es député, il est intéressant parce que tu as plein de volets, tu as euh l'ancrage local euh avec des luttes très locales, tu as toutes les luttes nationales que tu peux accompagner, soutenir, porter. tu as euh le travail un peu d'affrontement politique, de de débat en tension et tout ça. Et puis tu as ce travail un peu aussi de de tenter d'améliorer les choses un peu au quotidien.

Je trouve que c'est ass en fait c'est je trouve ça assez complet et donc voilà et après sur le changement de vie, bon bah oui enfin tu as un peu moins de temps pour toi quoi. H bon mais ça ça arrive à plein de gens. Est-ce que euh tu disais tout à l'heure que c'était un effort pour toi de te de te de te mettre en avant ?

C'était que cit pas la timidité mais il y a eu un il y a c'était quoi le travail que tu as dû faire sur toi-même ? C'est il y a eu un déclic. Qu'est-ce qui qu'est-ce que tu as dû faire pour pour te pousser à à aller au devant de la scène ?

Bah des fois tu as pas le choix. Hm. Euh, tu vois quand il faut que Moi les trucs qui m'angoissaient beaucoup, c'est vraiment les prise de parole où tu es censé un peu comment lever la foule quoi.

Ouais. Ce truc qui est très en réalité aujourd'hui qui est encore très euh codifié par le genre masculin. Voilà.

Et donc je sais pas faire. Voilà. Enfin, en tout cas, je pense que je ne sais pas faire et ce n'est pas un exercice qui me fait plaisir.

Voilà. Euh donc tu es mais il y a bien des moment où tu es obligé d'y aller, prendre le micro, tu es en manif, tout ça. C'était quelque chose qui vraiment mais m'angoisse. [rires] Bon ben faut le faire.

Et donc plus tu le fais, c'est un travail quoi. Plus tu le fais, tu t'entraînes, tu te répètes les quelques phrases, machin, faut le faire. Les médias, c'était très très dur.

Je pense qu'il y a eu des fois où j'avais l'impression que ma bouche n'allait pas s'ouvrir tellement elle était sèche, tu vois, de d'angoisse, de stress. Là, ça va. Oui, mais alors il y a d'abord il y a des formats qui sont plus simples que d'autres.

Oui, ici ça va. Non, mais ici ça va aussi parce que tu vois, typiquement, on est dans un mode de conversation. Ça c'est un mode très genre enfin codifié par le genre féminin.

La conversation en réalité. Oui, c'est vrai. Voilà.

Et donc euh je suis plus à l'aise. Hm. Ça c'est sûr.

C'est les plateaux de type Clash BFM un peu qui te qui on va passer sur le travail parce que c'est c'est c'est très lié. Moi je disais que tu avais du mal à te mettre en avant mais c'est parce que au médias on a on t'a on t'a beaucoup invité et c'est très bien mais à chaque fois tu me dis tu me disais des choses non désolé je suis en commission. Non désolé je suis la seule sur ce texte là et cetera.

Et moi je me disais mais c'est la seule députée que quand tu l'invites dans les médias, elle priorise le travail parlementaire classique sur un truc où tu peux pas enfin je sais qu'à l'assemblée, tu peux tu peux t'absenter et faire et faire donner des procurations à quelqu'un d'autre et cetera et toi tu as toujours une priorité au travail parlementaires. Ouais. Alors après, je rappelle que moi, je suis dans un tout petit groupe, donc on n pas beaucoup d'alternatives pour se faire remplacer hein.

On est 17 avec la moitié de députés qui sont des députés venant des territoires dit d'outre mer et qui donc sont pas en permanence à Paris. Donc en fait parfois on est que 8 7 donc voilà il y a ça. Mais après oui, je je comment dire je pense que enfin c'est toujours un débat faut le dans les médias.

Je je type BFM et cetera, pas ici. Euh tu es toujours pareil en réflexion. Est-ce qu'il faut y être pas y être ?

Comment tu utilises ça pour mener la bataille ? Je l'ai fait un temps, je sais pas si je suis comment dire je sais pas si je suis la plus utile euh dans ce type de dans ce type de médi là sur les clashes sur tout ça. C'est c'est pas ma truc c'est pas mon truc.

Voilà. Donc j'ai appris aussi à tenter de privilégier les choses ou des formats ou qui me semblaient moi plus intéressants. Voilà pour moi euh pour ce que je veux je veux dire pour les luttes que j'ai envie de mettre en avant et cetera.

Euh et puis après euh oui, je crois que je suis quelqu'un un peu de besogneux quoi. Il y a j'aime bien. [rires] Juste parler un peu de ton travail parlementaire.

Euh tu as beaucoup travaillé sur les exilés. Tu as été calé récemment d'ailleurs dans le cadre de ton travail sur un rapport parlementaire. Oui.

Euh bah ce dernier déplacement, qu'est-ce que tu en gardes ? On a fait une émission là-dessus juste avant de ton déplacement ici qui est disponible juste là. et des rencontres que tu as pu faire sur place dans ce dernier déplacement ?

Alors, c'était pas le premier, j'en avais déjà fait plusieurs d'ailleurs, c'est ces déplacements qui m'ont poussé à demander àce qu'il y a une commission d'enquête donc sur les conséquences des accords du Touquet. J'étais déjà venu en parler mais en fait pour évaluer les politiques qui se mènent sur le nord de la France du point de vue des exilés euh c'est toujours terrible. Euh c'est de pire en pire.

Là ce qui m'a marqué en allant visiter ce que les assauts appellent des lieux de vie, ce qu'on pourrait appeler des campements. Mais je trouve qu'en pour respecter aussi la dignité des personnes, c'est aussi des lieux où les gens vivent, ils survivent. Ce qui m'a marqué, c'est vraiment l'augmentation du nombre d'enfants et de femmes qui étaient beaucoup moins présent avant.

Et euh et souvent, c'est évoqué par les personnes qui arrivent sur Calé ou sur Dunker. Euh, ils disent "Quand je suis arrivée en France, je pouvais pas penser qu'il y avait ça." Voilà.

Euh ça veut pas dire qu'il se faisait une image grandiose, mais pour eux c'était impossible d'intégrer que après la Libye par exemple, ils allaient trouver ces conditions là euh dans un pays comme la France. Voilà, on ne peut que partager. Euh mais eux le disent comme ça parce que il y en il y en a beaucoup qui disent après l'enfer libien en vrai c'est horrible ici aussi quoi.

Alors toute proportion gardée bien sûr mais regardons quand même enfin quand on va sur sur ces lieux de vie euh les assauts le disent elles se mettent en mode terrain de guerre. Il y a une crise humanitaire qui se déroule qui se déroule en France. elle se déroule sur le littoral nord et et après c'est souvent des images qui restent qui créent toujours un peu de frisson.

C'est-à-dire que ce petit garçon qui avait dû trouver quelque part un masque de Spider-Man sur un campement où il y avait rien, il y avait très peu d'eau, très peu de nourriture, mais il avait son masque de Spider-Man. Donc c'est des trucs un peu qui surgissent comme ça et qui euh viennent te faire une photographie de la misère qui s'y joue et de du de ce monde de l'enfance qu'on voudrait tellement éloigner de ça. On voudrait l'éloigner pour tout le monde mais je dirais en particulier pour pour eux et qui te donne encore plus de motivation pour pour Ouais.

Mais c'est tu sais entretenir la rage de départ c'est ça aussi avec des images. Ouais. En parlant des jeunes, enfin des enfants et des jeunes, on tourne, on est quelques jours avant la niche parlementaire du groupe JD où tu portes une proposition pour protéger les mineurs en alternance.

Ouais. Euh parce que récemment, on on a vu le les chiffres sur euh les accidents de travail qui concernent les mineurs. Euh qu'est-ce qu'elle va qu'est-ce qu'elle peut apporter concrètement cette proposition ?

En gros, l'idée c'est de prioriser la santé et la sécurité au travail. simple, tu vois. Non, mais c'est-à-dire c'est ça devrait être vrai pour tous les travailleurs, hein.

Euh là, moi je me suis intéressée à ce sujet-là parce qu'il y a aussi des questions spécifiques euh chez les jeunes, enfin chez les enfants et puis c'est les plus vulnérables. D'abord, on va le dire, je considère qu'ils ont rien à faire en entreprise, hein, mais là, ils y sont. Et il y a une augmentation du nombre de jeunes qui se retrouvent en situation de travail, que ce soit en bac pro ou que ce soit en alternance.

Précisons aussi que on y retrouve globalement les enfants des milieux populaires h en très très grande majorité, très souvent aussi encore en orientation subie euh et euh et en fait on les protège pas assez, ils ne sont pas assez protégés voire même sous l'air Macron, il y a eu une très forte impulsion pour accentuer enfin pour augmenter l'apprentissage à coût de subvention publique pour les entreprises. Et alors même que depuis les années 2000 y compris sous l'air Macron, il y a eu tout un tas d'assouplissements de normes et de dérogation qui ont fait qu'en fait bah il y a moins de contrôle, moins de prévention, moins de contrôle et donc ben ça met des jeunes en danger tout simplement. Donc l'idée c'est euh redonner de la place à l'inspection du travail pour contrôler euh euh aussi des sanctions aux entreprises euh qui euh qui ont des manquements et et donc proposer que bah ils puissent pas reprendre de stagiaire si euh il y a eu des manquements euh constatés. et puis un volet aussi sur toute la question des violences sexistes et sexuelles au travail pour ces jeunes.

Parce que quand j'ai commencé à travailler sur ce texte, je me suis beaucoup intéressée bah au jeunes garçons qui étaient décédés de dont on entend maintenant parler en me disant bon il y a un sujet c'est à chaque fois traité comme un fait divers. pas possible. On a là un fait social et politique, donc il faut faut le démontrer et il faut travailler dessus.

Et puis euh quand j'ai auditionné, j'ai rencontré des jeunes en parcours pro. Euh ben en fait les filles, elles ont raconté des violences sexistes et sexuelles subies en subies en entreprise et euh et en fait toutes et je les avais pas enfin j'avais pas demandé spécifiquement à faire venir. Donc je me suis dit il y a quand même un un vrai sujet et donc il y a pas que enfin il y avait la question beaucoup de garçons parce que les milieux accidentogènes beaucoup en BTP enfin ce type de secteur mais d'abord il y a aussi des accidents sur les filles.

Elles sont parfois victimes aussi de tous les produits chimiques toxiques dans certains secteurs. Et puis il y a aussi des garçons qui subissent des violences sexistes et sexuelles. Mais disons-le c'est très majoritairement très majoritairement des filles.

Donc il faut pouvoir leur donner l'information, les outils nécessaires parce que je pense que c'est pas assez fait aujourd'hui en en lycée pro ou en ou en CFA. Donc voilà. Puis une mesure aussi qui me semblait qui je pensais existait déjà, c'est que les entreprises qui récidivent sur justement des manquements à la sécurité, à la santé de leur de leurs employés puissent pas accéder au marchés publics, aux appels d'offre des marchés publics.

Je pensais que c'était le cas. Bah ça existe pas ça. Non.

Voilà. Ah donc une entreprise qui a pu violenter des des travailleurs et des mineurs peuvent voilà donc par exemple euh voilà on ce type de proposition dans ce texte de loi. OK je je tu qui a été adopté à l'unanimité à la commission des affaires sociales quand il est passé là.

On espère que d'ici là on pourra mettre le petit bandeau adopté en dessous. On parlait de de de de ces combats que tu portes en ce moment à l'assemblée, mais sur les dernières années, tu es une voix singulière à gauche ou du monde aussi dans ton mouvement politique parce que tu portes un le combat antiraciste, la lutte pour la Palestine, la lutte pour les exilés et les personnes étrangères aussi en en France. Est-ce que tu as l'impression qu'une partie de la gauche veut mettre ses combats sous le tapis ?

Est-ce qu'il y a une stratégie d'évitement de ces sujets-là ? Euh bon, faudra peut-être que j'ai presque envie de t'interroger pour que tu précises quand tu dis une partie de la gauche, mais je [rires] question d'après. Euh bon, d'abord enfin [grognement] c'est des débats vieux comme la gauche tout ça. enfin qui ont toujours traversé toujours traversé la gauche.

Les positionnements sur les luttes d'indépendance, les positionnements sur comment affronter la question du racisme comme un phénomène individuel ou comme un système. Enfin bon, sur la Palestine pareil, parfois pendant un temps les communistes ont été bien seuls sur cette question. Donc si tu veux, c'est vraiment des débats qui ont qui ont traversé qui ont traversé la gauche.

Je pense que euh de là où je parle, c'est-à-dire de la gauche qu'on peut appeler gauche radicale, qu'on pourrait appeler gauche révolutionnaire aussi, euh cette question là, elle est elle est extrêmement importante parce que j'appartiens aussi à un courant qui est un courant qui s'inscrit dans un courant internationaliste. Toutes ces questions en réalité pour nous elles sont ou en tout cas pour moi elles sont aussi importantes que la question de l'exploitation au travail aussi importante que la question de la lutte des classes et y compris on fait l'analyse qu'on ne peut pas les décorréler en réalité on voit bien comment aujourd'hui dans dans l'impérialisme brutal à l'échelle mondiale on voit bien comment la question de à la fois de de d'accaparement des ressources mais aussi combien la question coloniale surgit donc enfin ressurgit ou de manière encore un peu plus violente. Donc en fait pour moi en tout cas ces combats ils sont prioritaires et ils s'articulent avec les autres combats que je viens de citer.

Je pense qu'effectivement c'est tout ça n'est pas vrai pour toute la gauche. H et quand je dis ça, ça veut pas dire que je considère que comment dire un un un courant de gauche est raciste. Mais je pense que par contre c'est une mauvaise analyse [rires] euh ou en tout cas une erreur d'analyse euh des combats qu'il faut mener auprès des classes populaires euh si on veut euh à la fois les unifier euh et permettre aussi d'obtenir des victoires.

Donc ça veut pas et quand je dis ça d'ailleurs je pense que chaque organisation, chaque militant de gauche doit toujours aussi s'interroger, se former sur les questions d'antiracisme parce que on peut nous-même avoir parfois des biais qui existent quoi, comme sur les VSS d'ailleurs. Exactement. Exactement.

Mais en tout cas, alors pour répondre peut-être plus précisément à ta question, je pense aussi que ces questions-là, elles ont souvent été euh des prétextes de division. C'est vrai NFP NUPES ça s'est fracturé sur des sujets du coup qui touchent les personnes racisées, les violence policière pour la NUPES avec euh les les euh les mobilisations qui ont suivi le meurtre de Noël. Euh la pour le NFT, j'ai envie de dire que c'est la Palestine en soit c'est le Ouais, mais ça allait déjà pas bien.

Oui, c'est ça. Tu vois, c'est un prétexte qui est mobilisé. Alors, ça veut pas dire que quand je dis ça, je veux pas mettre sous le tapis les nuances voir divergences qui qui peuvent exister.

Euh je constate juste que ça allait déjà pas bien, que les prises de position de chacun font que d'un seul coup, on dit "Ah bah, vous voyez, c'est impossible." Et puis à partir de là, en réalité, les positions s'éloignent ou hein. C'est-à-dire il y a vraiment un système où à partir du moment où il y en a qui avaient décidé que la NUPES ou le NFP ne devait pas exister, ils se saisissent du moment pour aller gratter les divergences, les nuances et cetera pour dire "Vous voyez, ils sont vraiment affreux, faut pas être avec." Hm euh et ça fonctionne bien et ensuite chacun est embarqué dans la distinction puisque on n'est plus ensemble. faut bien faut bien se différencier.

Euh donc je redis, c'est pas pour enterrer le fait que il y a des divergences, mais je pense qu'elles sont euh comment dire non pas absorbables, mais trait parce que pour moi l'unité c'est pas dire à chaque fois pareil hein. H enfin on appartient à des courants différents, on raconte à certains moments des choses différentes sur certains sujets et en réalité l'unité elle doit permettre à cette diversité d'exister. Sinon, en fait, ben enfin enfin c'est pas une unité, c'est juste un une comment dire une absorption, une fusion.

Et moi je propose pas la fusion. Euh après c'est est-ce que quand on exprime cette le point de vue, il devient l'expression d'un point de vue différent ou la distinction, la différenciation euh et cetera. Puis même des fois on peut se disputer hein enfin sur des sujets.

Moi je pense qu'il faut l'organiser la dispute. Je pense aussi hein mais je pense que d'ailleurs c'est enfin c'est c'était un peu ridicule comme moment parce que ça donnait l'impression qu'au moment de signer l'accord il savait pas qu'ils étaient différents le PS et la FI ou LA FI et le PC ou les écolos. Enfin ils savaient très bien qu'ils étaient qu'ils avaient pas les mêmes les mêmes projets.

Ouais. Ouais. Mais bon la l'ambition peut-être le cadre électoral.

Oui, puis on constate qu'à certains moments en réalité bah d'un seul coup ils sont d'accord, ils étaient d'accord à un moment et puis ils ne le sont plus après. Donc c'est qu'il y a quand même quel enfin sur certains sujets. Oui.

Tu vois, il y a eu des manifes finalement après où tout le monde appelé ensemble pour euh pour la Palestine, tu vois, pour une manive palestine ou après cétait pris un an et demi à peu près mais finalement en essayant de rattraper ceux qui étaient partis plus tôt quoi. Donc voilà. Non, parce que moi par exemple, je trouvais que la France en soumise n'était pas dans une radicalité euh très enfin, il y a eu des mouvements palestiniens qui étaiit plus euh plus clair par exemple dans le soutien à une solution en état ou des choses comme ça. soumise n'était pas sur les nétait pas sur on a vécu un moment enfin c'est un moment exceptionnel de de on n'est pas sorti d'ailleurs mais euh si tu veux moi ce qui m'a beaucoup blessé dans tout ça euh enfin blessé euh c'est que c'est une lutte qu'on mène avec avec d'autres mais que les militants communistes mènent depuis longtemps et où les les prises de position de de notre direction nationale nous ont éloigné des cadres qui se sont mobilisés, des cadres unitaires avec lesquels parfois on était en lien depuis très longtemps et qui donc ont ont un peu mis à l'écart enfin de fait les communistes parfois se sont un peu mis à l'écart de ces mobilisations parce qu'en fait bah il y avait pas la place pour quoi. participait au manif et cetera, mais il y avait des cadres où il n'existait plus et où je trouve ça dommage parce que je pense qu'ils ont à apporter parce que ça fait longtemps et qu'ils ont justement une analyse qui vient de plus loin parce qu'elle est internationaliste.

Ouais. Parce que en fait ben enfin la colonisation elle a pas démarré à partir du 8 octobre quoi, tu vois. Et donc parce que parce que pour beaucoup on vit dans des villes qui sont qui sont jumelées avec avec des villes palestinienne parce que pour beaucoup de militants communistes, des voyages, des délégations se sont déjà rendues là-bas de très longues dates et qui donc connaissent ces ces lieux, savent ce que c'est les checkpoint permanents et cetera et je pense qu'ils ont à apporter dans cette bataille.

Voilà. Et pour le coup, pour avoir travaillé un peu sur la question du prisme du monde arabe, les partis communistes dans le monde arabe qui existent et qui étaient en lien avec le le PC français, ont tous été, on va dire, surpris par les premières positions et se sont peu à peu, je tu me corriges si je me trompe, éloignés euh du parti, du moins que ce soit au Maghreb ou ou dans les Je pense qu'il y avait eu des choses qui étaient déjà entamées d'avant aussi, mais je t'avoue que je ne suis plus comme avant les rencontres qui peuvent avoir lieu entre mon parti et les différents partis d'autres pays parce que je j'appartiens plus à la direction donc j'ai plus ce suivi là mais très certainement en tout cas que il y a eu de l'incompréhension par rapport à ce qu'on avait raconté jusque- là. Je rappelle que euh un an avant, on présentait un texte pour essayer de de faire reconnaître le régime d'aparteil dans Israël.

Donc qui était un mot qui avait suscité beaucoup de débats déjà à l'époque et sur lequel on avait tenu bon. Donc je pense que dans cette période-là, on pouvait aussi euh tenir bon avec nos propres mots qui étaient pas forcément les mêmes que ceux de la France insoumise, mais qui en tout cas n'étaient pas en volonté de distinction et qui par cette volonté de distinction s'éloignait de la solidarité nécessaire avec les Palestiniens et Palestiniennes, quoi. Concrètement, on a l'impression que du coup qu'il y a deux stratégies euh qui se qui s'opposent. ceux qui veulent éviter des sujets spécifiques pour ne pas brusquer un électorat qu'on attribue à l'extrême droite et ceux qui comme toi assume une forme de radicalité ou de d'aspect révolutionnaire euh comme tu peux le tu veux le décrire.

Euh est-ce que tu sens ce clivage et pour toi euh quelle stratégie devrait adopter le PC ? Bah d'abord, je pense que tu vois, il y a des il y a plein de nuances hein. Bien sûr, je vulgarise un peu le Oui.

Oui. Mais c'est important parce que je pense qu'en fait au milieu de tout ça, il y a il y a des gens qui vont peut-être se sentir ou être plus radicaux que moi, même si tu vois, on cherche pas la médaille de la radicalité, mais euh qui peut-être se disent "Ellsa, elle est elle est pas assez révolutionnaire, tu vois." Enfin et très certainement, [rires] [souffle coupé] très certainement.

Mais donc, il y a plein de nuances. La question aujourd'hui si tu veux, moi pendant longtemps au sein du Parti communiste, j'ai milité pour que le Parti communiste contribue à fonder un pôle de radicalité à gauche. Ce qui me semblait important, d'abord, on ne pouvait pas revendiquer seul être dans ce pôle de radicalité, mais incarner à gauche, en France, une gauche qui affirme effectivement de la détermination sur tout un tas de sujets, qui ne négocie pas sur l'affrontement qu'il faut mener à la fois face au capital, mais aussi évidemment face à une tentative d'hégémonie culturelle de l'extrême droite. et cetera.

Bon, aujourd'hui la question pour moi c'est pas tout à fait elle est pas tout à fait identique. Je pense à la fois qu'il faut que cette gauche, elle existe et qu'elle soit très forte parce que je vois combien le capitalisme aujourd'hui euh dans sa forme euh comment dire finissante, ce qui veut pas dire qu'il va mourir dans sa forme finissante euh détruit pour survivre et dans une phase aussi de grande destruction pour survivre. Euh je pense que on ne peut pas mégoter sur le niveau de détermination et d'affrontement euh face aux forces du capital.

Et à la fois, on voit combien aussi cette phase du capitalisme, elle peut rentrer en négociation avec des mouvements fascistes, avec l'extrême droite, bien sûr. Euh et on est pour moi dans une société euh où il y a un risque d'extrême droite extrêmement fort. Donc ma question n'est pas est-ce que on a la gauche ?

Est-ce qu'on a ce pôle de radicalité qui existe ? Est-ce que on décide que d'abord on doit montrer que cette gauche là est la plus forte ? Mais comment on fait face à nos responsabilité dans ce temps présent ?

Je dirais peut-être pas toujours ça et j'ai pas toujours dit ça. Je dis que là si on dit "OK, on plante le drapeau de l'antifascisme", alors on a des responsabilité particulière et donc je peux continuer à penser que le Parti socialiste n'a pas fait ce qu'il fallait là, voire même qu'il a fait une grave erreur politique. En revanche, je pense que il faut allier la forme de détermination dont je viens de parler avec l'éloignement de toute forme de sectarisme possible.

Voilà quelle est ma ligne. [rires] C'est c'est extrêmement bien précis. Mais du coup là, tu me vois venir avec la suite, [rires] ça va être plus dur là.

Je vais peut-être être moins clair. Sur le risque de faschisation, tu en a parlé, on est à la veille de des élections de 2027 euh de la présidentielle et le Congrès du PC d'aboutir sur une stratégie, enfin une proposition de de de résolution issu de la direction. Il y aura des amendements évidemment que vous allez porter.

Euh mais globalement, on a l'impression que ça part sur une candidature euh à la présidentielle de Fabien Rousell. Euh comment on fait pour 2027 euh si euh on a enfin si on se fie en tout cas au sondage euh on a un véritable risque de de l'extrême droite au pouvoir. Donc j'ai déjà un petit peu répondu à ta question puisque je pense qu'il faut que toute la gauche euh porte porte une candidature commune.

Je quand je dis ça, je suis tout à fait lucide, je suis pas en train de dire que ça va arriver demain, que toutes les conditions sont réunies et favorables. Je je dis moi en tout cas ce que je pense être notre responsabilité face au péril. En ce qui concerne les débats au sein du Parti communiste, d'abord, je veux dire que euh on fait que commencer le Congrès.

H euh et que euh j'ai lu là que Fabien Roussell était déterminé à être candidat à la présidentielle. Je dis quand même que je trouve ça un peu étonnant et pas que étonnant mais aussi choquant que le premier secrétaire national alors qu'on est qu'au début du congrès euh annonce en gros qu'il va être candidat puisque ça ne fait pas partie des décisions prises pour le moment. Et donc voilà, ça je trouve que c'est d'abord pas bien.

Euh je dis quand même que le le vote sur nos textes alternatifs à la fois donne pas un score mirobolant au secrétaire national. Je vais je vais le dire avec une forme d'humour, mais un secrétaire national qui fait un texte de du de la direction nationale qui fait moins de 80 %, c'est pas un bon score chez nous. D'accord.

Donc 61 % c'est pas un bon résultat, c'est pas un soutien massif et surtout c'est la chute du nombre d'adhérents qui continuent alors même que Fabien Rousell s'était fait élire secrétaire national sur l'idée PCF isb on va on va refaire réadhérer et cetera. é la stratégie au présidentiel et la stratégie au présidentiel d'avoir un candidat au regard de ce que je viens de te dire sur fascisation risque, moi je pense que avec l'expérience encore plus d'une présidentielle où il y a eu 2 % alors il n'est pas responsable et il est même un problème voir un risque de présenter un candidat à l'élection présidentielle pour le parti communiste. Ça veut pas dire qu'il y a pas de légitimité.

Ça veut dire que là aujourd'hui euh 2 % à la dernière élection présidentielle, pas de signe euh récent qui pourrait dire que d'un seul coup on pourrait avoir un candid une je sais pas un élan, un candidat qui permet ou une candidate euh qui permet d'un seul coup euh d'unir la gauche et de créer de la dynamique. On en est pas là du tout au contraire. Donc ce que je crois c'est que le rôle des communistes aujourd'hui devrait être s'ils en décident évidemment lors du congrès, d'être celles et ceux parce que je pense qu'ils en ont euh là pour le coup la légitimité euh d'être les passerelles, d'être toutes celles et ceux qui se battent justement pour que l'unité existe et qui peuvent le faire. parce que je crois que régulièrement, en tout cas, je l'ai vu euh euh par exemple à l'Assemblée nationale, on est on est le petit groupe au milieu des autres.

Oui, c'est vrai. Mais vous faites le lien entre les et je crois qu'en fait on doit être on doit être on doit chercher à être ce lien. Voilà.

Et je pense que c'est une une sacrée belle campagne qu'on pourrait donner aux communistes. C'est avec le sens, je dirais de de l'histoire qu'on a mais aussi de l'actualité. Mais euh je crois qu'à partir du moment où oui, on dit euh risque fasciste, possibilité d'extrême droite et puis au-delà de ça, euh au-delà de l'élection présidentielle euh une sphère, on peut penser à ce terrain boloré mais d'autres qui agissent sur les consciences hein, qui travaillent à cette fascisation, alors on a une responsabilité et qui est pas qu'une responsabilité historique parce que l'idée c'est pas non plus de de faire un roman là, c'est de lutter très concrètement.

Moi, je crois que les les communistes en tout cas pourraient se fixer cet objectif là de tout faire pour être le lien et de chercher à ce que à ce qu'on s'éparpille pas quoi. Est-ce que ça pourrait exister qu'il réussisse à convaincre Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier de se mettre sur la même table pour discuter d'une candidature commune ou du moins d'un agenda commun pour les présidentiels ? Euh je comprends que ce soit difficile à imaginer.

Je vraiment je le conçois mais il y a eu quand même un sacré gâchi dans la dernière période, un immense gâchi. On a été élu euh les députés qui sont aujourd'hui sur les bandes gauches à l'Assemblée nationale euh parce que des gens nous ont donné le mandat de pas nous défiler face à l'extrême droite. Ils y sont allés pour certains pas parce qu'ils nous adoraient ou parce qu'ils adoraient toutes les lignes de notre programme mais ils voulaient pas voir l'extrême droite au pouvoir.

Moi aujourd'hui, je veux pas trahir ça. Voilà. Donc euh tout ce qui pourra être fait et je pense qu'en plus, je te dis ça, le parti communiste peut aider et servir à ça, il peut être un contributeur efficace de ça.

Alors, fixons-nous cette mission avant de dire c'est pas possible. Fixons-nous euh cette cette campagne, cette lutte euh pour euh pour y arriver. C'était la dernière question reloue.

On va passer à une fin, mais on est quand même toujours très bien dans ce fauteuil. C'est ça l'avantage, c'est qu'il y a des questions relou mais on est bien assis. [rires] Euh, on finit toujours avec une partie un peu plus légère où on parle un peu de culture.

Euh, trois morceaux que tu écoutes en ce moment. Je suis pas une fille originale. C'est pas grave. [rires] Comme tout le monde, totalement conquiste par Bad Bunny.

Tu vois, tu es la première personne qui me donne cette réponse. Vraiment, je [musique] J'aimerais bien aller à un de ces concerts là prochainement. Mais j'ai même pas essayé de prendre des places, tu vois.

Donc mais je me dis juste j'aimerais bien. Il vient en France. OK.

Je sais pas. Quoi d'autre ? Naik.

Waouh ! [musique] [chant] H c'est très Bern. Voilà.

Et puis allez un peu de français ou de française quand même. Feu chatterton. Je recommande plein de leurs morceaux mais moi j'avais été très très touchée quand ils avaient repris la fiche rouge au moment de la pantonisation de de Manouian.

Il ne semblait vous voir français de préférence. Voilà. Et après, il y a toujours plein de choses parce qu'en fait, j'écoute aussi mon mon rap des années 90, tu vois. [rires] Des années 90, tu as pas fait le switch ?

Non, j'ai Alors, j'en écoute mais et en fait, je peux en écouter en soirée avec des amis et cetera, mais dans mes écouteurs tu vas pas rajouter. Ouais. à part quelques-uns, tu vois, j'aime bien SCH, j'aim j'aime bien certains morceaux de quelques-uns, mais mais si je dois être dans ça m'arrive de travailler, d'écrire en écoutant du rap et je vais plutôt faire à l'ancienne dans ces moments-là.

Voilà, je capte, pas de souci. C'est quand ton dernier concert justement ? Alors, il y a vraiment des trucs, tu sais, les les les soirées de ce type, ciné, tout ça, tuabandonn Saint-Levent.

Saint Saint-Levent ? Ouais. à l'Olympia.

Donc l'année dernière, je pense. Non, c'était avant. C'était même bien avant.

Non, non, non, je pense que c'est il y a 1 an et demi parce que j'y étais à ce concert et euh je suis très presque sûr. C'est le concert au Gaza. C'est le concert où il y avait plein d'artistes et ça le voir la OK.

OK. OK. Il est tout seul.

C'est après. Non, je pense que c'est il y a un an. Et sinon, il y a toujours un concert fête de LUMA tout ça.

Je sais plus ce que j'ai fait cette année, je sais plus. OK. Voilà.

Un film ou une série qui t'a plu récemment ? J'espère que je vais le dire dans le bon sens. Los anos Newos, je connais pas.

Série, c'est une série. OK. Qui était dispo sur.

OK. Tu suis euh un couple de sa rencontre à des séparations et cetera. Très très belle série aussi sur l'amour qui dure longtemps mais c'est pas si facile. [rires] C'est très beau.

Ouais. Euh et un bouquin que tu ferais lire à tes adversaires. Alors, petit doute toujours parce que est-ce que on veut leur donner Non, en fait, tu as toujours l'espoir un peu que en éprouvant des choses, ça modifie les gens.

Enfin, moi je crois beaucoup à ça. Voilà. Parce que en fait dans la vie, le fait d'éprouver de l'amour, d'éprouver des humiliations, d'éprouver du mépris de classe, ça te conditionne et ça ça peut te modifier aussi.

Et donc je me dis que c'est un roman, c'est toujours aussi cette expérience là parce que ça te fait éprouver des choses. Moi il y a alors pour le coup pas du tout récent là un roman qui m'a vraiment énormément marqué qui s'appelle America qui est un roman de Tisy Boy et qui est un roman qui suit euh de migrants mexicains aux États-Unis. On veut visiblement pas deux mais en même temps on profite d'eux.

Euh et c'est des conditions de vie extrêmement difficiles. Et à côté, de mémoire, on on suit un mec de la classe bourgeoise dans une résidence euh qui se l'ajoute très libéral lui. Mais en même temps, je crois me souvenir que il y a des gens qui veulent monter des grilles dans la résidence parce qu'ils ont peur des ils ont peur des migrants forcément.

Ouais. Et les grilles évidemment n'empêchent pas les migrants de passer. Par contre, ça rend leur vie très dure et parfois ça mène jusqu'à parfois jusqu'à la mort.

Donc je pense que c'est un roman qui a aussi beaucoup marqué après mes engagements politiques. Ça fera pas changer les fachaud d'avis he ça j'en suis je suis sûre que non. En revanche je me dis adversaire il y a pas que les fachos.

Voilà, je me dis que peut-être euh pour quelques-uns, en tout cas, peut-être que pour quelques heures chez des libéraux euh pour quelques heures au moins, peut-être qu'ils peuvent éprouver euh une forme de doute sur ce qu'ils produisent. J'en sais rien, j'ai envie d'y croire. C'est joliment dit.

En tout cas, euh merci beaucoup àion d'avoir été avec nous et merci à vous de nous avoir suivi. On vous le rappelle, le média est en campagne pour sa survie. On a besoin de vous.

On a besoin de 10000 donateurs mensuels pour continuer d'exister, pour que ce format puisse continuer d'exister et que d'autres puissent naître. Donc rendez-vous sur capsurd 10K.lemediatv.fr. fr [sifflotement]