Déclaration de Fabien Roussel sur le second tour de l'élection législative
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les militants, les bénévoles, les soutiens, les maires, les élus locaux, les responsables syndicaux, les présidents d'associations, les chefs d'entreprise, les amis, la famille, toutes celles et ceux qui ont participé activement à cette campagne et qui ont permis cette victoire. Je voudrais bien sûr, avec vous, saluer particulièrement Mathilde, qui est là à côté, qui sera votre député dix. Salir est-il ? C'est adopté ? Et je peux vous dire qu'après ces semaines de campagne que nous avons menées ensemble, je peux vous l'avouer, nous sommes de la même trempe tous les deux. Vous ne serez pas déçus.
Je voudrais bien sûr remercier particulièrement encore de leur soutien défectible, Alain Bocquet et René Cher qui sont là. Je le dis, et je le dis bien sûr avec un peu d'émotion parce que ce sont mes deux pères en politique. Ils sont là ce soir. Il y a aussi mon père qui est là dans la salle. Et j'en profite pour saluer tous les papas et vous souhaiter une bonne fête de père. Je voulais en fait juste dire qu'Alain Bocquet et René Cher ont toujours été présents avec moi depuis plus de 15 ans maintenant. Je leur demande souvent conseils. Ils sont toujours là, toujours présents mais pas pesants. Et je me suis formé à leur côté. Je me suis formé à vos côtés.
Et je sais que je ne serai pas là aujourd'hui si vous n'aviez pas été aussi présents et d'aussi bons conseils à chaque fois. Et aujourd'hui je suis ce que vous avez fait de moi. Alors encore une fois, véritablement du plus profond de mon cœur, je vous remercie beaucoup. Bien sûr, en les saluant, j'ai forcément une pensée, pour ceux qui s'en souviennent, qui ont l'histoire en tête à Arthur Musmeaux, le député du Front populaire, celui qui a été élu en 1936 et à qui Alain Bocquet a succédé en 1978. Et ça nous amène jusqu'à aujourd'hui. Vous voyez ces longues décennies de combats que nous continuons de perpétuer dans cette terre ouvrière qui est la nôtre.
Je voudrais aussi remercier, parce que certains sont là, les maires qui nous ont soutenus au premier tour, au second tour, durant cette campagne, publiquement ou pas, mais qui, dans leur grande diversité, avec beaucoup de responsabilités, ont appelé aussi à voter pour notre candidature. Je vous remercie du fond du cœur, tous et toutes, car pour moi, une élection n'est jamais acquise. Et cette élection était pour moi comme une première élection. Et pour la deuxième fois, vous m'accordez votre confiance, avec 34% des voix, 10 819 voix au premier tour, et cette fois-ci avec 16 439 voix et 54,5%. Bien sûr, il faut rester humble, et nous le sommes devant ce résultat.
Il faut avoir beaucoup d'humilité, nous, vous, car l'abstention reste la première force politique de ce pays, je dirais. Elle est encore excessivement élevée, à plus de 60%, et bien sûr, il y a le poids de l'extrême droite, mais j'y reviendrai. Lors de cette campagne législative, nous avons rencontré énormément de salariés et de retraités qui nous ont parlé de leur niveau de vie, de leur salaire et de leur retraite, de leur difficulté à faire face aux dépenses de la vie courante, malgré leur travail, parfois. Alors ce soir, je pense encore à eux.
Et je leur dis, je vous dis, oui, nous allons mettre toute notre énergie, toute notre force pour faire voter des lois qui vous rendront votre dignité, qui vous redonneront du pouvoir d'achat, qui augmenteront vos salaires, vos retraites, qui bloqueront les prix de première nécessité, les prix des produits alimentaires et de l'énergie. Je pense aussi à tous ces jeunes que nous avons rencontrés pendant la campagne, rencontrés à la fin quand ils passaient les épreuves du bac, tous angoissés par Parcoursup et ces fameux, ces terribles algorithmes. Nous avons été tellement soutenus par la jeunesse dans la campagne que nous avons rencontrés.
Je voudrais leur dire que, oui, nous partageons leurs préoccupations, nous nous battrons avec vous pour le climat, pour un revenu étudiant et pour faire abroger Parcoursup. C'est inscrit et nous déposerons ce texte de loi pour abroger Parcoursup. Nous nous engageons aussi, et je le redis ce soir, pour que l'État redonne des dotations à nos communes, à nos villes, à nos villages, qui sont toujours en première ligne pour répondre aux besoins de nos concitoyens. Je serai, nous serons avec Mathilde, les députés de tous les maires de cette circonscription, quels qu'aient été d'ailleurs leur choix durant cette campagne, et dans le profond respect de leur engagement et de leurs opinions.
Nous prenons l'engagement que nous nous battrons sans relâche, pour construire un État qui protège, un État juste, qui garantit l'accès à des services publics pour tous, à la santé, à une école de qualité, à des transports de proximité. Nous nous engageons à être auprès de vous, pour mener ces combats ensemble, pour les faire gagner, pour défendre, là, des emplois, là, une usine, là, des postes d'enseignants, là, ici, un IRM pour Saint-Amand-les-Eaux, une maison de santé à Écopont, parce que c'est d'actualité. Nous nous battrons pour mettre fin à l'habitat indigne, qui existe encore trop dans notre circonscription.
Nous voulons, avec vous, gagner la bataille pour le climat, et faire en sorte que la France s'engage, enfin, et vraiment, dans la transition écologique. Cela veut dire s'attaquer d'abord aux pollueurs, tout en investissant fortement dans la rénovation des logements, dans la gratuité des transports, ou encore dans un mix énergétique. Nous aurons besoin de vous pour mener ces combats. Et c'est ce que je voulais vous dire ce soir, ce n'est pas terminé. Nous aurons besoin de vous pour mener ces combats ensemble, pour être entendus. La politique, ça ne se réduit pas à une élection, et à élire un député, et sa suppléante. La politique, c'est aussi un rapport de force.
Et nous arriverons à nous faire entendre, et à gagner ces rapports de force, que si nous sommes ensemble, toujours, et unis dans notre diversité. Je voudrais m'adresser d'ailleurs aux 81 458 électrices et électeurs de cette 20e circonscription, et notamment à toutes celles et ceux qui n'ont pas voté, qui se sont abstenus. Et je voudrais m'adresser aussi à celles et ceux qui ont voté pour les autres candidats, et notamment pour les candidats du Rassemblement National. Je voudrais leur dire, leur dire simplement, que je souhaite les convaincre, les convaincre de participer à ces combats, les convaincre de participer à ces actions collectives.
Les élections sont passées, mais l'action doit commencer maintenant. L'abstention, elle est souvent la manifestation d'un ras-le-bol, d'une colère, d'une forme de rejet de la politique. Je les comprends. Je les comprends tellement. Mais comment changer la vie si on ne change pas ces politiques entièrement dédiées à la finance et qui sont menées depuis 40 ans ? Il nous faut retenir de ce scrutin, cette abstention, cette colère, mais aussi la forte progression en faveur du Rassemblement National. Ici, mais comme dans toute la France, je souhaite m'adresser aux électeurs du Rassemblement National.
J'aimerais tant vous convaincre que ce n'est pas le vote en faveur de l'extrême droite qui changera vos vies. Je sais qu'il y a surtout chez eux, chez vous, beaucoup de déceptions vis-à-vis de la classe politique. La classe politique. Quand j'entends ce mot-là, la classe politique. Mais nous, on n'est pas de la classe politique. Nous, on est comme vous. On sait d'où on vient. On sait de quel côté nous sommes. Et nous avons certainement beaucoup de combats à partager ensemble. Nous avons, nous, toujours défendu le monde ouvrier. Le travail pour tous. Le travail qui vous rend votre dignité.
Nous avons toujours défendu l'égalité entre les êtres humains, entre les femmes et les hommes, entre nous tous, quelles que soient nos différences et nos origines. Cette égalité, cette fraternité, cette solidarité indispensable entre les êtres humains, voilà les valeurs que nous voulons mettre au cœur de notre projet pour la France, avec vous, avec vous tous. Face à la guerre en Europe, face à la crise économique qui s'installe, nous avons besoin d'être unis, d'être solides et solidaires entre les peuples et les nations européennes. L'ennemi, ce n'est pas l'étranger. Je le redis, je le dis tout le temps, je le redirai. L'ennemi, ce n'est pas l'étranger.
L'ennemi, c'est autant la spéculation que le repli sur soi et l'individualisme. Alors, à tous les Français, toutes les Françaises et les Français qui souffrent des politiques du pouvoir menées depuis tant d'années et qui n'ont pas voté pour nous, qui n'ont pas voté pour l'alliance des forces de gauche écologiste, je vous le dis, oui, notre porte, elle est grande ouverte. discutons, échangeons, retrouvons-nous, discutons de ce qu'il faut changer en priorité en France, en Europe et discutons des moyens que nous nous donnons pour cela. Je voudrais maintenant dire un mot sur le scrutin national et de ce que nous en connaissons à cette heure-ci.
Pour nous, il était clair, il y avait un objectif, celui de reprendre le pouvoir au président de la République, en l'empêchant d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale et pour construire une nouvelle majorité au service du peuple. Selon les résultats, à cette heure, nous avons rempli une part de la mission, Macron n'aura pas de majorité absolue. Ça, ça, comme on dit, ça, c'est fait. Et le président de la République ne pourra pas se prévaloir du soutien d'une majorité dans ce pays. Ces appels qu'il a lancés dans les derniers jours sur le mode « c'est moi ou le chaos » n'ont suscité aucune mobilisation d'ampleur. Il doit, il va devoir en tenir compte.
Mais si l'alliance des forces de gauche écologiste, en revanche, n'aura pas de majorité à l'Assemblée, je le regrette, l'événement de cette élection, pour autant, c'est le retour d'un grand nombre de députés de gauche et d'écologistes qui, avec leurs quatre groupes à l'Assemblée nationale, seront la première force d'opposition au président. Et ça, c'est une victoire. C'est la première fois, depuis l'inversion du calendrier parlementaire, qu'un président sortant est autant désavoué, que des ministres sont battus, que le président de l'Assemblée nationale est lui-même battu et qu'il ne trouve pas de majorité absolue, c'est bien le signe que sa politique est contestée.
Il devra en tenir compte et ne pas imposer ses lois sans dialogue avec le pays. Il devra travailler, dialoguer avec toutes les composantes politiques et notamment avec la gauche. Ce second tour est de nouveau marqué par une abstention massive, importante, plus importante qu'au premier tour. L'absence réelle de campagnes, de débats et parfois de caricatures même ont favorisé cette abstention. De même, et je le disais tout à l'heure, c'est l'extrême droite qui, aujourd'hui, va faire une entrée en grand à l'Assemblée nationale.
Avec un grand nombre de députés, l'extrême droite va disposer désormais d'une tribune à l'Assemblée pour donner plus d'écho encore à ces discours de haine et de division. Les tergiversations du second tour pour combattre ces candidats auront, peut-être, on le verra, contribué à ce résultat, je le regrette. Je le dis avec gravité, la progression importante de l'extrême droite en nombre de voix lors de l'élection présidentielle puis des élections législatives traduit un enracinement profond et durable de l'extrême droite et de ses idées. Cet ancrage, c'est la manifestation d'une crise politique, démocratique dans laquelle est plongé tout notre pays.
Alors, résultat de cette situation, oui, ils vont faire une entrée en grand à l'Assemblée nationale. Onze candidats communistes affrontaient au second tour les candidats de Marine Le Pen, dont dans cette région. Et je suis fier aujourd'hui qu'ils aient été nombreux à l'emporter face au Front National, comme André Chassaigne, Hubert Mulfranc, Pierre Barreville, Sébastien Junel, mais aussi des nouveaux comme Yannick Monnet qui succède à Jean-Paul Dufresne ou Nicolas Sansu dans le chair. Et enfin, et c'est l'information de la soirée, Jean-Marc Tellier dans le Pas-de-Calais qui a réussi à battre Jean-Marc Tellier qui a réussi à battre un député d'extrême droite sortant.
C'est possible, nous avons réussi à le faire. Et j'ai forcément une pensée aussi pour mon collègue Alain Brunel qui, lui, malheureusement, n'a pas pu l'emporter dans le second tour. L'alliance électorale dans laquelle s'est pleinement inscrite notre parti, ma formation politique, le Parti communiste français pour ses élections législatives, cette alliance électorale avec la nouvelle Union populaire, écologique et sociale, a largement contribué au succès que nous avons remporté partout où nous avons gagné. Cette alliance remporte un très grand nombre de sièges que l'on ne connaît pas encore à cette heure.
La gauche et les écologistes se renforcent ainsi fortement à l'Assemblée et c'est une très bonne nouvelle qui permettra la constitution donc de quatre groupes de gauche écologiste à l'Assemblée nationale. Je salue bien sûr l'ensemble des militants, des citoyens qui se sont mobilisés ces dernières semaines dans toute la France pour porter l'espoir de perspectives nouvelles et de jours heureux pour notre pays. Ces très bons résultats pourtant ne permettent pas à la gauche et aux écologistes d'être majoritaires. Confirmant après l'élection présidentielle qu'au-delà de l'Union il reste beaucoup à faire pour que la gauche convainque et redevienne majoritaire dans le pays. Oui, beaucoup.
Oui, cette alliance électorale même si elle nous permet de conquérir beaucoup de députés même si elle a suscité beaucoup d'espoir n'a pas permis pour autant de l'emporter et d'avoir une majorité de députés à l'Assemblée nationale. Pourquoi ? Qu'est-ce qui a bloqué ? Qu'est-ce qui a empêché des électeurs de franchir le pas ? Il faudra prendre le temps d'y travailler si demain nous voulons être majoritaires. Nous avons donc encore du chemin pour construire une majorité de changements solides et durables. En attendant, l'heure est à la combativité face aux problèmes des Français, face à la crise climatique, face à la guerre en Europe.
Nous ferons tout de notre côté pour construire à chaque fois les rassemblements les plus efficaces, pour produire les votes au Parlement les plus constructifs pour notre pays, pour la paix en Europe. À cette heure, je peux vous annoncer que 13 des 32 communistes présents au second tour sont élus, dont 10 députés sortants. Oui, il y aura un groupe communiste à l'Assemblée nationale rassemblant les députés communistes et je le souhaite en restant ouvert à d'autres, notamment ceux des Outre-mer comme lors de la précédente législature.
Je voudrais féliciter chacun d'entre eux, dire ma satisfaction pour notre pays et pour le monde du travail que l'Assemblée puisse compter sur l'existence d'un groupe communiste durant la prochaine législature. Je veux également féliciter et dire ma fierté à tous les autres candidats qui ne l'ont pas emporté mais qui poursuivront leur engagement auprès des Français comme nous le faisons toujours. Nous serons toujours là.
Avec nos deux groupes à l'Assemblée et au Sénat, les Français pourront compter sur notre détermination dès cet été pour faire entendre de véritables mesures en faveur des salaires et des retraites, nous prendrons toute notre place avec les autres forces de gauche et écologistes pour mener ces combats avec vous, avec le monde du travail et avec la jeunesse. Oui, nous sommes résolus et déterminés à amplifier le travail au Parlement comme sur le terrain et dans toutes les circonscriptions de France pour continuer de rassembler, unir et porter l'espoir d'un changement. Ce n'est pas terminé. Tout commence. Ensemble, nous trouverons la voie pour bâtir des jours heureux en France et dans le monde.
Merci à vous. Merci encore à vous. Vous permettez, je donne la parole à Mathilde qui est votre député bis. Sous-titrage Société Radio-Canada
Fabien Roussel